27.07.2010

30 ans de prison pour Douch: le coup de gueule du Père François Ponchaud

douch.jpgUn verdict qui laisse un goût amer. Pour la première fois, un ex-haut responsable des Khmers rouges a été condamné par un tribunal international.

Ancien professeur de mathématiques, aujourd’hui âgé de 67 ans, Douch était le chef incontesté d’une prison où 15.000 personnes ont été torturées avant d’être mises à mort entre 1975 et 1979. Reconnu coupable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, il a toutefois échappé à la prison à perpétuité.

Lire la suite

17.05.2010

Catholiques et Bouddhistes ensemble pour défendre l’environnement

Le respect de la vie humaine chez les chrétiens et les bouddhistes comme fondement du respect de toute vie. C’est le thème du message adressé aux bouddhistes du monde entier à l’occasion de la fête de Vesakh, par le Conseil Pontifical pour le Dialogue interreligieux.

 

http://img.youtube.com/vi/99Xtgo9XX8I/0.jpg

Fête de Vesakh en Thaïlande


Cette fête de Vesakh est la plus importante pour les Bouddhistes. Elle commémore en effet les principaux événements de la vie de Bouddha. Le Japon l’a déjà fêtée le 8 mars, des pays comme la Corée ou Taiwan, le feront le 21 mai, pour d’autres comme la Thaïlande, le Sri Lanka, le Cambodge ou la Birmanie, ce sera le 28 mai.

Le message du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux se veut un encouragement à favoriser la responsabilité écologique. Il propose ainsi une réflexion sur la crise environnementale qui a déjà causé de notables difficultés et souffrances dans le monde entier. Chrétiens et bouddhistes – peut-on lire - ont en commun l’estime de valeurs - telles que le respect de la nature, la contemplation, l’humilité, la simplicité, la compassion et la générosité. L’Église catholique considère la protection de l’environnement comme intimement liée au thème du développement humain intégral. Elle s’investit non seulement en faveur de la protection de la terre, de l’eau et de l’air comme dons destinés à chacun, mais également pour encourager tout homme et toute femme à s’unir aux efforts de protection de l’humanité contre son autodestruction. Le message souligne alors combien les chrétiens, comme les bouddhistes, ont un profond respect de la vie humaine. Il est donc crucial que les fidèles des deux religions portent leurs efforts sur l’émergence de la responsabilité écologique tout en réaffirmant aussi leurs convictions partagées au sujet de l’inviolabilité de la vie humaine, de la dignité de la personne et de la mission unique de la famille.

 

(Radio Vatican)

 

Vers le texte intégral du message


16.03.2010

Cambodge: Scandale des centres de désintoxication

On devrait les soigner, les aider à décrocher... Mais l’État cambodgien ne donne aucune chance aux 500 000 toxicomanes admis en cure de désintoxication.

Dans une enquête rendue publique le 25 janvier dernier, l’organisation humanitaire Human Rights Watch dénonçait les méthodes utilisées dans les centres de désintoxication du pays. Travaux forcés, sévices physiques et parfois sexuels, ces instituts s’apparentent au bagne. Le rapport est d’autant plus alarmant qu’il met en cause l’Unicef : l’Agence des Nations unies pour la protection des enfants financerait l’une de ces geôles.

 

http://www.hrw.org/en/sites/default/files/imagecache/scale-200x/media/images/photographs/Jean-Marie_officielle.JPG


Jean-Marie Fardeau (photo), directeur du bureau parisien de Human Rights Watch, détaille les conclusions de cette enquête explosive: >>


Dossier réalisé par Thomas Chabolle (Radio Vatican).

23.05.2009

Tous les chemins mènent à Rome. Même ceux qui viennent d'Asie

C'est ce que l'ambassadeur du Japon a expliqué à des diplomates de 16 pays d'Asie, réunis au Vatican pour étudier la politique internationale du Saint-Siège. Parce que la papauté aussi "est une grande puissance", même si elle est spéciale. Voici le texte inédit de sa conférence


par Sandro Magister






ROME, le 22 mai 2009 – Le cours se terminera demain par la remise des diplômes à 17 diplomates de 16 pays d'Asie. Il a commencé le 11 mai à l’Université Pontificale Grégorienne et s’est poursuivi par des sessions dans les palais du Vatican, les intervenants étant les plus illustres représentants de la politique du Saint-Siège.

Le sujet traité était en effet: "L’Eglise catholique et la politique internationale du Saint-Siège".

Lors du cours de 2007, le premier de la série, les élèves venaient de 19 pays musulmans de la Méditerranée et du Moyen-Orient. L’an dernier, ils venaient de 22 pays d'Afrique. Cette année, c’était le tour de l’Asie, avec des diplomates venus d’Afghanistan, d’Australie, du Bangladesh, du Cambodge, de Timor-Est, d’Indonésie, du Japon, de Corée, du Laos, de Malaysia, du Myanmar, des Philippines, du Sri Lanka, de Taïwan, de Thaïlande, du Vietnam.

Manquaient à l’appel les géants du continent: l'Inde et la Chine. Le Pakistan n’était pas présent non plus. Mais les organisateurs – au premier rang desquels le jésuite Franco Imoda, ancien recteur de l’Université Grégorienne – sont quand même satisfaits. Parmi les élèves figurent les représentants de pays asiatiques qui ne brillent pas par le respect de la liberté religieuse et qui n’ont même pas de relations avec le Vatican, mais qui ont tout de même jugé nécessaire d’étudier le sujet directement à la source, au quartier général du catholicisme mondial.

Le cours a été organisé par la Fondation Grégorienne et par l'Institut International Jacques Maritain, avec l’appui de quatre universités: l’Université Pontificale Grégorienne de Rome, la Georgetown University de Washington, la Libera Università Maria Santissima Assunta de Rome et la Sophia University de Tokyo. Le tout sous le patronage du Saint-Siège.

La partie initiale du cours a eu lieu à Rome et la partie finale à Turin, ville de l'industrie automobile où ont vécu de grands saints "sociaux" comme saint Jean Bosco. Les élèves ont pu y visiter des réalisations catholiques dans les domaines les plus variés, comme le Cottolengo pour l'assistance aux handicapés lourds et l'Arsenal de la Paix. Le dernier jour, ils ont fait une excursion au monastère de Bose et rencontré le prieur, Enzo Bianchi.

L'Asie est le continent le plus imperméable au christianisme, qui n’y est présent en masse que dans des lieux bien délimités, alors que dans d’autres endroits il est l’objet d’une forte opposition.

Le programme, très dense, comportait une conférence de l'ambassadeur près le Saint-Siège d’un grand pays asiatique, le Japon.

Son intervention, qui a eu lieu à l’Université Pontificale Grégorienne le 15 mai, est rapportée ci-dessous presque en entier. Elle est d’un grand intérêt parce qu’elle reflète la vision qu’a du Saint-Siège et de la papauté le représentant d’un pays dont la culture et les traditions sont très éloignées du christianisme.

Kagefumi Ueno, l'ambassadeur, est un penseur de formation bouddhiste et shintoïste. Il est en poste à Rome depuis novembre 2006.



L'Asie et le Saint-Siège

par Kagefumi Ueno

 

http://cache.daylife.com/imageserve/07KZetN8yq35B/610x.jpg

 

En Asie, où des religions comme le bouddhisme, l'hindouisme, le taoïsme, le shintoïsme et l'islam sont dominants, le christianisme est généralement perçu comme "étranger" et les chrétiens sont minoritaires, sauf exceptions. Au Japon, par exemple, les catholiques représentent moins de 0,5 % de la population et il est très peu probable que ce chiffre augmente dans un proche avenir.

Dans ces conditions, les pays asiatiques ne donnent pas la priorité à leurs relations diplomatiques avec le Saint-Siège (ou avec le Vatican, terme que j’emploierai souvent pour faire court). Beaucoup d’entre eux n’ont établi de relations avec le Vatican que dans les dernières décennies. Le Japon a été l’un des premiers, puisqu’il l’a fait en 1942. Le Vatican y avait déjà établi un représentant 23 ans auparavant, en 1919, mais seulement pour les affaires religieuses, comme c’est aujourd’hui le cas pour la Malaysia, le Myanmar, Brunei et le Laos. De plus, beaucoup des pays asiatiques qui entretiennent des relations diplomatiques avec le Vatican n’ont pas de représentant à Rome. Ils chargent des relations avec le Vatican leurs ambassadeurs dans des pays proches comme la Suisse ou l’Allemagne. Certains pays asiatiques n’ont toujours pas établi de relations diplomatiques, comme la Malaysia, le Myanmar, le Vietnam, le Laos. Et dans les pays qui ont un représentant à Rome, le poste d’ambassadeur près le Saint-Siège est parmi les moins recherchés.

Pour comprendre les relations entre l’Asie et le Vatican, il est donc inévitable d’analyser les différences religieuses et culturelles. Feu le cardinal Hamao, un Japonais, avait souligné, il y a quelques années, qu’entre l’Asie et le Saint-Siège il y a une grande distance non seulement physique mais morale. Cette distance est-elle franchissable? Je crois qu’il est peu probable que ce sentiment de distance soit substantiellement diminué dans l’avenir proche, parce que les deux parties représentent des civilisations très anciennes et ont peu de motifs de les changer d’urgence.

La question est alors de savoir s’il est justifiable pour les Asiatiques de rendre plus prioritaires leurs relations diplomatiques avec le Vatican, étant entendu que le sentiment d’éloignement religieux entre les deux parties apparaît impossible à combler à brève échéance.

Ma réponse est: "Oui, c’est justifiable". Je vais dire pourquoi.


POURQUOI JE SUIS ARRIVE AU VATICAN


Avant d’aborder le sujet, je voudrais parler un peu de moi. Au cours des 10 ou15 dernières années, j’ai écrit bon nombre d’articles et d’essais dans des journaux et des revues, généralement pour comparer des cultures et des civilisations, et j’ai participé à des conférences et des séminaires au Japon et à l’étranger. En général mes interventions sont fondées sur ma philosophie bouddhiste-shintoïste.

J’ai étudié les cultures parce que je pense que, si nous ne connaissons pas les différences culturelles, et surtout les religions qui ont un impact substantiel sur les relations internationales, nous diplomates ne sommes pas capables de comprendre les pays dans lesquels nous travaillons.

Il y a trois ans, j’ai publié un livre d’études comparatives sur les "civilisations polythéistes" et les "civilisations monothéistes", dans lequel j’ai soutenu que, en général, la vision religieuse a un impact non négligeable sur la politique et la diplomatie.

Par un développement naturel de mon livre, j’ai souhaité discuter de sujets de civilisation avec le clergé de l’Eglise catholique, de préférence au Vatican. Voilà pourquoi, il y a trois ans, j’ai demandé à mon gouvernement de m’envoyer à Rome. "Vous êtes sûr?" m’a demandé avec un air étonné le vice-ministre auquel j’avais adressé ma demande. "Tout à fait sûr" ai-je répondu. Un mois plus tard, j’étais nommé.

Une fois en poste, à chaque fois que je rencontrais un responsable du Vatican, je lui parlais de mon souhait de dialoguer sur des questions de civilisation avec des hommes d’Eglise. Un jour, un cardinal m’a dit: "Mon cher ambassadeur, vous êtes vraiment au bon endroit, parce que c’est nous qui avons créé la civilisation occidentale". En quarante ans de vie diplomatique, c’était la première fois que je rencontrais quelqu’un qui s’exprimait avec autant de franchise.

Au cours des deux ans et demi qui ont suivi, j’ai eu des discussions sur des sujets de civilisation avec des personnalités de l’Eglise, à Rome. J’ai donné des interviews, écrit des essais, donné des cours sur les religions et les cultures. J’en suis satisfait. Mais il y a un problème. Je n’ai pas eu assez de temps pour écrire et étudier. Pourquoi?


SURPRISE. LE VATICAN OCCUPE PLUS QU’ON NE LE CROIT


La raison est que le Vatican mène une telle masse d’activités dont Tokyo doit être informé, que j’ai été occupé au-delà de ce que j’avais prévu. Je ne parle pas des activités religieuses mais des activités non religieuses. Après tout, comme ambassadeur d’un pays non chrétien, je ne suis pas tenu de suivre les affaires religieuses, mais seulement les non religieuses. Pourtant, je suis toujours occupé parce que le pape reçoit souvent des chefs d’état ou de gouvernement, des dirigeants d’organismes internationaux. Beaucoup d’entre eux viennent de pays non chrétiens. Je dois donc rédiger un rapport. Au cours des trois dernières années, par exemple, tous les chefs d’état ou de gouvernement des pays du G8 ont été reçus en audience par le pape, sauf le premier ministre japonais. Leurs rencontres avec le pape font l’objet d’une forte couverture par les médias internationaux, en plus de celle des médias nationaux, publicité qui à son tour encourage d’autres leaders à se rendre chez le pape. De ce point de vue, le Vatican exerce une sorte de magnétisme, il est un centre d’action internationale et de diplomatie. Quelques mois après mon entrée en fonctions, j’étais convaincu que le Vatican est un acteur important de la communauté internationale, même quand les aspects religieux sont laissés de côté.


QUATRE RAISONS POUR QU’UN PAYS AIT DES DIPLOMATES A ROME


D’après mon expérience, il y a au moins quatre raisons de penser que le rôle international du Vatican est élevé et significatif, ce qui justifie que même des pays non chrétiens aient des diplomates en poste ici, à Rome. Je vais exposer ces raisons l’une après l’autre.


Facteur 1. Le pouvoir moral


Début janvier 2007, quelques mois après mon arrivée ici, tous les diplomates, dont moi et mon épouse, ont été invités par le pape à écouter son discours de début d’année sur la situation internationale, dans la Salle Royale du Palais Apostolique, là où trois jeunes représentants japonais rencontrèrent le pape Grégoire XIII en 1595, dix ans à peine avant que le Japon n’interdise le christianisme. Dans la Salle Royale, comme chaque année, le pape s’est adressé aux diplomates en français. Son discours a duré environ trois quarts d’heure. Presque toutes les questions importantes ont été abordées, depuis des sujets globaux comme la pauvreté, le désarmement, les actions de paix, le règlement des conflits, les droits de l’homme, les minorités, les migrations, le changement climatique, jusqu’aux problèmes régionaux en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie du Sud et ainsi de suite. Le pape a traité environ 45 sujets importants. Le lendemain, son message était transmis dans le monde entier, avec un impact sur  la société internationale, tandis que mes services rédigeaient un rapport détaillé pour Tokyo.

A travers son message, j’ai vu la volonté du pape de jouer un rôle de "gardien" de la société internationale. Si l’on écoute son discours sans savoir qui parle, on peut penser que l’auteur est le secrétaire général des Nations Unies. Oui, les deux personnages ont un rôle semblable, en ce sens que le pape et le secrétaire général de l'ONU jouent tous les deux un rôle important de "gardiens de la morale internationale".

Bien sûr, les discours du pape retiennent l’attention du monde parce qu’il représente 1,1 milliard de catholiques. Mais, plus fondamentalement, on pense que son pouvoir moral et son autorité morale ont été renforcés à partir du moment où, en 1870, le Vatican a perdu presque tout son territoire. Jusqu’à cette époque, les possessions du Saint-Siège s’étendaient à la moitié de l’Italie et, en ce sens, il était une puissance temporelle comme l’Espagne et la France. En tant qu’état temporel, il avait des intérêts financiers à protéger. Il avait le devoir de protéger des citoyens et un territoire. Il avait des intérêts nationaux dont il devait prendre soin. Mais la perte de son territoire l’a libéré de ses "intérêts nationaux". Quand on écoute le président des Etats-Unis ou celui de l’Inde, on interprète naturellement leurs discours comme concernant leurs intérêts nationaux. Mais quand le pape parle d’affaires internationales, on n’interprète plus ses discours comme cachant les intérêts nationaux du Vatican. Cela permet au Saint-Siège de parler des questions internationales d’un point de vue humanitaire, éthique, moral. Paradoxalement, en perdant son pouvoir séculier, le Vatican a accru son pouvoir moral.

Compte tenu du fait que les discours du pape sont diffusés par les médias à l’échelle mondiale, on peut aussi dire que le pape est l’un des "opinion leaders" les plus significatifs et les plus efficaces.

Les messages du pape retiennent-ils l'attention des grandes puissances et des autres acteurs internationaux majeurs, sa voix a-t-elle un impact sur eux ? Ma réponse est double. C’est "non" à court terme et "oui" dans une perspective plus longue. On sait que Jean-Paul II avait exprimé avec force ses objections au président Bush avant que celui-ci ne décide d’attaquer l'Irak en 2003. Sur le moment, l'appel du pape n’avait pas été pris en considération par les Etats-Unis, mais cela n’avait pas diminué la valeur des paroles et des actes du pape. En fait, le fait que le pape ait fait une proposition que les Etats-Unis n’ont pas voulu écouter démontre le rôle important du Saint-Siège. Je suis convaincu que la communauté internationale a besoin d’un gardien moral comme lui ou le secrétaire général de l'ONU. Personne d’autre ne peut le remplacer dans ce rôle. En ce sens, le pape doit être considéré comme une ressource, un bien public international. Pas parce qu’il est le chef de l’Eglise catholique, mais parce qu’il est capable de diffuser partout des messages humanitaires, moraux.

En mars 2009, mon gouvernement a invité au Japon Mgr Mamberti, le ministre des Affaires étrangères du Vatican. Il a eu deux heures et demie d’entretien avec le ministre japonais des Affaires étrangères, H. Nakasone, qui a abordé presque toutes les grandes questions internationales. Après l’entretien, Nakasone m’a dit qu’il avait apprécié et aimé le dialogue avec le Vatican, qu’il avait trouvé direct et un peu différent des dialogues avec les états temporels. En particulier, il avait été frappé par la vision qu’avait le Vatican de la crise économique mondiale, à savoir que cette crise avait été causée et aggravée parce que les milieux financiers avaient cherché exagérément leur intérêt, en laissant de côté toute considération morale. La visite de Mgr Mamberti a été d’autant plus importante que c’était la première visite officielle d’un ministre des Affaires étrangères du Vatican au Japon depuis l’établissement des relations diplomatiques, il y a 67 ans.


Facteur 2. Le pouvoir de faire circuler les messages


En novembre 2006, j’ai présenté au pape mes lettres de créance émanant de l'empereur du Japon. Pendant environ un quart d’heure, j’ai eu avec lui une agréable conversation en tête à tête dans sa bibliothèque privée. Notre conversation a porté, entre autres, sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Le jour même et le lendemain, une grande partie des médias du monde, nationaux et internationaux, grands et petits, ont parlé de notre conversation, en donnant bien sûr plus d’importance aux propos du pape. En Corée, c’était le sujet d’ouverture des journaux télévisés du soir, avec mon épouse et moi en kimono. Les reportages de la télévision coréenne ont été retransmis par la télévision japonaise.

La nouvelle a été diffusée non seulement par les grands médias mais aussi par de très nombreux médias catholiques locaux du monde entier, en Asie, dans les deux Amériques, en Europe, etc.

Par la suite, j’ai donné des interviews au quotidien du Saint-Siège, "L'Osservatore Romano" et à des sources comme Zenit, "Inside the Vatican" et EWTN. A nouveau, j’ai constaté que les interviews que j’avais accordées à Rome étaient évoquées et diffusées en de nombreux points de chaque continent par les médias catholiques locaux. Par exemple, le réseau télévisuel EWTN est relié à des centaines de chaînes aux USA et en Amérique latine. Donc, une déclaration faite sur EWTN atteint de nombreux endroits des deux Amériques.

De ce point de vue, j’ai découvert que le Vatican a de bonnes raisons d’être "provoqué" par les diplomates asiatiques.


Facteur 3. Le pouvoir intellectuel


Un autre aspect surprenant est la fréquence des séminaires et colloques organisés par divers organismes et institutions du Vatican, avec la participation de cerveaux du monde entier.

Par exemple, l’académie pontificale des sciences tient son assemblée de chercheurs tous les deux ans. En novembre dernier, elle a tenu une session plénière sur "L'évolution de l'univers et des êtres humains", au cours de laquelle d’éminents savants de nombreux pays ont discuté de ce sujet pendant quatre jours selon différents points de vue scientifiques. Ayant assisté à quelques séances, j’ai été impressionné. Après l'inauguration de la session plénière, le pape a remis une médaille à une douzaine de nouveaux membres, dont un chercheur japonais et trois ou quatre prix Nobel.

Ces deux dernières années, des séminaires qui m’ont intéressé concernaient l'islam, les droits de l’homme, le darwinisme, le soin des enfants, l'eugénisme, etc.

Bref, le Vatican dispose d’un système qui donne au pape accès aux opinions des meilleurs cerveaux du monde, ce qui enrichit encore ses messages et renforce ses pouvoirs moraux.

En ce sens, le Vatican n’est pas qu’un état, c’est aussi un ensemble de "think tanks", eux-mêmes en réseau avec de nombreux "think tanks" éminents du monde entier. Le Saint-Siège fonctionne comme un carrefour d’intellectuels, qui donne à ceux-ci l’occasion de discuter et d’échanger des points de vue. Dans ce contexte aussi, le Vatican offre des biens publics.

A ce sujet, une difficulté devrait être traitée, spécialement en ce qui concerne les diplomates asiatiques : beaucoup de ces séminaires ont lieu uniquement en italien, rarement en anglais. Cela peut décourager certains diplomates asiatiques d’y participer. Si ce système était changé, beaucoup d’entre eux seraient plus attirés et s’y rendraient.


Facteur 4. Le pouvoir de l’information


Parce que l’Eglise catholique est présente presque partout dans le monde en tant qu’Eglise universelle et qu’il y a des prêtres et des religieuses catholiques à peu près partout, l’Eglise catholique en général et le Vatican en tant que son "hub" – passent pour être informés de tout ce qu’il se passe d’important dans le monde.

Beaucoup d’ambassadeurs en poste ici disent que c’est le "poste d’écoute". Par exemple, les Etats-Unis ont établi des relations diplomatiques avec le Saint-Siège en 1984. Pas en 1884! En tout cas, dès le milieu du XIXe siècle, on discutait avec animation, à Washington, pour savoir s’il fallait ou non avoir des relations officielles avec le Vatican. Ceux qui étaient pour affirmaient que, au Vatican, si l’on participait à des dîners et des réceptions tous les soirs, on pouvait être informé de la situation en Europe. La majorité des protestants répugnaient beaucoup à se lancer. Il a encore fallu 130 ans avant que les relations officielles ne soient établies.

Même chose au Japon. Le Vatican ayant établi un délégué à Tokyo pour les affaires religieuses en 1919, on a commencé à y discuter pour savoir s’il fallait ou non établir des relations diplomatiques avec le Saint-Siège. Ceux qui étaient pour assuraient que c’était opportun parce que le Vatican passe pour être une source fiable d’informations. Mais les chefs religieux du bouddhisme et du shintoïsme étaient contre. Il a fallu encore 23 ans avant que les relations diplomatiques ne soient finalement établies.

Mais, même si le Vatican a des "oreilles énormes", cela ne garantit pas que tout le monde ait accès à ses informations. Les diplomates du Vatican ressemblent à la description qu’en font beaucoup d’ambassadeurs: calmes, discrets, prudents, mais surtout précautionneux. Il faut être très habile pour leur faire dire quelque chose de substantiel.


UN MOT POUR CONCLURE


Illustres collègues diplomates, Un ambassadeur occidental m’a dit: "Par la taille, le Vatican est petit comme la Principauté de Monaco, mais par l’influence il est grand comme la Chine". Un autre ambassadeur l’a décrit comme "la plus petite des grandes puissances". Compte tenu de cela, les pays d'Asie qui n’ont pas de relations diplomatiques avec le Saint-Siège ou ceux qui n’ont pas à Rome d’ambassadeur résident sont invités à étudier les avantages de s’établir ici, en dehors de la distance religieuse et culturelle qui les sépare.

On pourrait m’objecter que faire abstraction des éléments religieux du Vatican est trop artificiel. Mais je suis convaincu que ma manière de voir peut s’avérer convaincante, en ce sens qu’elle me permet de démontrer qu’il est opportun que le Vatican ait des liens avec les pays d’Asie, pas en tant que quartier général du catholicisme mais en tant qu’important acteur diplomatique.

Bref, la haute stature internationale du Vatican est une "réalité du présent". Jusqu’à maintenant, beaucoup de pays d’Asie semblent l’avoir négligé ou sous-estimé. Il serait bon qu’ils portent sur cette réalité un regard un peu plus stratégique et qu’ils fassent un net pas en avant.

On pourrait en dire autant à propos du Vatican. Le rôle international accru de beaucoup de pays asiatiques est également une "réalité du présent", que le Vatican semble avoir quelque peu négligé jusqu’à présent. Peut-être parce que le Vatican reste trop eurocentrique, bien qu’il se dise universel. La faible présence et la faible représentativité des diplomates asiatiques en poste ici sont peut-être en partie dues à l’attention limitée (je veux dire l’attention diplomatique) que le Vatican a jusqu’à présent accordée à ce continent. Un exemple symbolique est le fait qu’à ce cours pour diplomates asiatiques il n’y a d’ambassadeur ni de New Delhi ni de Pékin. Dans beaucoup d’autres forums internationaux, les Asiatiques sont beaucoup plus présents.

A cet égard, il serait souhaitable que le Vatican prenne des initiatives pour inviter les diplomates asiatiques à se lier d’amitié. Il serait bon qu’il agisse de plus en plus pour accroître et stimuler l’intérêt des Asiatiques pour le Vatican dans les années à venir. Mais comment?

Il y a deux domaines dans lesquels, à mon avis, le Vatican peut intensifier son approche et, par là, accroître l’intérêt qu’il inspire aux Asiatiques.

Le premier élément-clé est de comprendre plus en profondeur les mentalités des Asiatiques, en étudiant leurs langues et leurs cultures, comme le fit au Japon, il y a plus de quatre siècles, A. Valignano, jésuite et missionnaire italien originaire de Chieti.

Le second est une condition minimum, à introduire au moins dans le milieu diplomatique: passer de l'italien à l’anglais comme langue de travail prioritaire ici à Rome. Un recours excessif à l'italien peut décourager les diplomates asiatiques de chercher des contacts avec le Vatican, alors qu’un recours plus important à l’anglais les faciliterait.

En un mot, si le Saint-Siège n’a pas de rapports plus intenses avec l'Asie, il ne peut pas être vraiment "universel".

Cela dit, je ne pense pas que l’effort pour renforcer les relations n’incombe qu’au Vatican. Des initiatives asiatiques sont également indispensables. Il devrait y avoir une symétrie d’initiatives. Après tout, les relations ne peuvent devenir plus profondes, plus larges et plus rapprochées que quand les deux parties, les Asiatiques et le Vatican, et non une seule partie, font davantage pour renforcer et améliorer leurs relations.

Une dernière remarque avant de terminer. Si je ne me suis pas référé aux dialogues interreligieux menés par le Vatican et d’autres institutions catholiques – dialogues en eux-mêmes tout à fait valables – c’est parce que, pour esquisser un modèle simple et compréhensible hors du Vatican, j’ai jugé raisonnable d’exclure les facteurs religieux et de me concentrer uniquement sur les aspects non religieux.



Les articles consacrés par www.chiesa aux deux cours précédents, en 2007 et 2008:

> Une formation pour les diplomates africains: voilà comment est faite l'Eglise (19.6.2008)

> Les diplomates musulmans vont à l'école. Chez les jésuites (18.6.2007)


Les actes du cours de 2007 ont été publiés en un volume, sous la direction de la Fondation Européenne Dragan:

Franco Imoda, Roberto Papini (éd.), "The Catholic Church and the International Policy of the Holy See / L'Eglise Catholique et la Politique Internationale du Saint-Siège", Editions Nagard, Milan, 2008, 344 pp., 10,00 euros.




Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

28.03.2009

Sida : le pape a scientifiquement raison !

 

 

 

Tout a été dit ou presque ces derniers jours sur la réponse du Pape à une question d'un journaliste de France 2. Le préservatif aggrave-t-il le problème du Sida ? C'est la science et l'expérience qui le disent : le pape a raison. Sur le plan personnel et collectif, seule une sexualité responsable peut enrayer la pandémie. Et les faits montrent que l'Afrique est parfois en avance sur les pays occidentaux dits civilisés. Explication par un chercheur en biologie cellulaire.


COMME D'HABITUDE, une phrase a été sortie de son contexte : qui s'en étonnera ? Les premières réactions maladroites de certains n'ont pas amélioré les choses, en particulier la tentative du service de presse du Vatican d'atténuer les mots du Pape en lui faisant dire que cela "risquait" d'accroître (aumentare en italien) le problème. En revanche il a été fort bien dit, surtout par les Africains eux-mêmes, mais aussi par des Européens, que toute cette affaire relevait d’une forme de racisme.

On ne prétendra jamais qu'un Français par exemple, est incapable s’il le souhaite de respecter scrupuleusement la condamnation du préservatif au nom de la morale catholique. En revanche, tous ceux qui ont réagi en s'en prenant souvent violemment au Pape semblent penser qu'un Africain est trop bête pour y parvenir. De même, il a été rappelé ce que le Pape avait commencé par dire, à savoir que plus d'un quart des malades du SIDA sont soignés par des institutions catholiques, bien plus que toutes les ONG réunies (18% des malades). On pourrait demander combien sont soignés par des organisations antireligieuses, ou bien par une fondation Juppé ou Cohn-Bendit ou... la liste est longue !



Le préservatif aggrave-t-il le problème du SIDA ?

Oui ou non le préservatif aggrave-t-il le problème du SIDA ? Puisque c'est cette phrase qui a été reprise partout, et que tout le reste a été oublié, je voudrais (re)montrer qu'elle est tout simplement vraie. J'examinerai d'abord sa vérité au plan individuel, puis sa portée à l'échelle des populations et enfin sa réalité pour ce qui est de l'épidémie planétaire.

À première vue, on peut penser que le préservatif est efficace pour une personne ne voulant pas devenir séropositive ou ne voulant pas transmettre sa maladie ; je pense en particulier aux couples où l'une des personne est séropositive, et je ne parlerai pas de ce cas en particulier. On peut en effet sans doute démontrer que plus de gens auraient le SIDA aujourd'hui sans le préservatif, dans le climat de laisser-faire sexuel qui est quasiment mondial. Mais on peut encore plus facilement prouver qu'en respectant la morale sexuelle de la loi naturelle, au moins de temps en temps, nul n'est besoin de préservatif.

Cependant, admettons que pour une personne donnée qui décide d'avoir des relations avec une autre personne dont elle ne sait rien, le préservatif soit un pis aller. Pourtant celui-ci n'est efficace qu'à 85% comme contraceptif chez ceux qui l'utilisent systématiquement, et la plupart des méta-analyses indiquent que son efficacité contre le VIH est de l'ordre de 80 à 90 %. Cela signifie que pour 100 personnes qui utilisent systématiquement un préservatif, entre 10 et 20 seront malgré tout contaminées. C'est moins efficace que les méthodes de régulation naturelle des naissances. Pourtant on nous rabâche à longueur de temps que celles-ci ne sont pas fiables, à tel point qu'elles ont été surnommées "roulette vaticane".

Pourtant une sérieuse étude a montré que la méthode symptothermique est fiable à 99,4% sur une durée d'un an pour les femmes ayant respecté scrupuleusement tous les critères, et un taux de 98,2% en moyenne lors de cette étude [1]. En "utilisation parfaite", le préservatif est supposé être fiable à 98% (85% en utilisation normale), tout comme la méthode symptothermique selon le chiffre retenu par l'OMS [2]. Va-t-on pouvoir nous expliquer pourquoi le "risque" d'avoir un enfant dans 2% des cas est jugé inacceptable, alors même qu'on juge tout à fait supportable le risque de contamination par le virus du SIDA dans les mêmes proportions ? Si on ne fait pas confiance à une méthode de régulation naturelle des naissances, il est surréaliste de faire confiance au préservatif.



À l’échelle d’une population

Voyons maintenant ce que disent les statistiques et la littérature scientifique sur l'évolution de l'épidémie de SIDA à l'échelle d'une population. On a récemment appris qu'à Washington, la prévalence de l'infection par le VIH était d'au moins 3%. Manquerait-on de préservatifs à Washington ? Ce chiffre est supérieur à celui de plusieurs pays de l'Afrique sub-saharienne (1,2% au Bénin ; 1,6% au Burkina-Faso ; 1,7 au Libéria ; 3,1 au Nigéria ; 2,1 en Angola, etc.).

La réalité est plus complexe. En effet plusieurs personnalités scientifiques de premier plan ont montré que la première mesure à prendre est la réduction du nombre de partenaires. C'est d'autant plus important si une personne a plusieurs partenaires dans une même période.

Prenons l'individu A qui a deux partenaires B et C. Supposons que B soit séropositif, il peut contaminer non seulement A, mais aussi C. Normalement, B et C ne se connaissant pas, il ne devrait pas y avoir de risque de transmission de la maladie entre eux. Mais les risques augmentent exponentiellement avec le nombre de partenaires simultanés. Au contraire le simple fait d'être fidèle à une personne, au moins pendant un temps, réduit considérablement ce genre de risques. C'est en substance ce que démontre Helen Epstein dans un essai paru en novembre 2008 dans le British Medical Journal [3].

H. Epstein est une journaliste indépendante et spécialiste de santé publique dans les pays en voie de développement, auteur notamment de The Invisible Cure: Why We Are Losing The Fight Against AIDS in Africa. De même, une étude essentielle parue dans Science en 2004 démontre que le succès obtenu en Ouganda a été rendu possible en réduisant considérablement le nombre de partenaires et en retardant l'âge des premières relations [4]. Et cette étude a été confirmée [5]. Autrement dit, fidélité et abstinence sont les clés de la lutte contre l'épidémie de SIDA.

En Ouganda en particulier, la chute de la prévalence de séropositivité a précédé de plusieurs années l'arrivée massive des préservatifs. Les autres pays où une baisse sensible de l'épidémie est directement liée à la réduction du nombre de partenaires incluent le Kenya, Haïti, le Zimbabwe, la Thaïlande et le Cambodge [6]. On pourrait également citer James D. Shelton et son "commentaire" publié dans The Lancet fin 2007 sur les dix mythes de l'épidémie de SIDA parmi lesquels on trouve "les préservatifs sont la solution" [7]. Tout comme Helen Field, Shelton, qui appartient à l'USAID (Agence américaine pour le développement international) recommande avant tout de faire baisser le nombre de partenaires simultanés.

 


Le préservatif donne le goût du risque

Un autre argument a été avancé par Edward C. Green qui est le directeur d'un programme de recherche sur la prévention du SIDA à l'université de Harvard. Il s'est fait remarqué la semaine dernière en prenant fait et cause pour le Pape. Dans un entretien accordé à la revue américaine National Review il a déclaré :

« Le Pape a raison, ou bien disons que tous les indices dont nous disposons vont dans le même sens que ce qu'a dit le Pape [...]. Il a été prouvé que les préservatifs ne sont pas efficaces au niveau d'une population. Il y a un lien récurrent, démontré par nos meilleurs études, y compris les "Demographic Health Surveys" financées par les États-Unis, entre une plus grande disponibilité et utilisation des préservatifs et un taux d'infection au VIH plus élevé (et non moins élevé). Ceci peut être dû en partie au phénomène connu sous le nom de "compensation du risque", ce qui signifie que si quelqu'un utilise une technique de réduction d'un risque comme le préservatif, il perd souvent le bénéfice de cette réduction en compensant, ou prenant plus de risques que s'il n'avait pas utilisé cette technique » [8] (traduction AB).


Cette explication est une des clés pour comprendre pourquoi le préservatif est à long terme une mauvaise solution. Tôt ou tard on se lasse de prendre des précautions, et le résultat se manifeste notamment aujourd'hui à Washington avec une reprise tragique de l'épidémie. Et avant qu'on explique que Green est à la solde du pape, il est bon d'ajouter qu'il est agnostique.

 


À l’échelle de la planète

Passons pour finir à l'échelle de la planète. Nous savons que seuls une réduction drastique du nombre de partenaires, ainsi qu'un âge plus tardif pour le début de l'activité sexuelle sont essentiels pour faire baisser de façon très importante l'épidémie de SIDA. Cela est possible puisqu'en Ouganda on est passé de 25 % à environ 6% de personnes infectées en l'espace de 10-15 ans [4]. Ce qui a pu être fait avec peu de moyens dans un pays souvent en proie à l'instabilité peut être fait ailleurs. L'ennui c'est que pour obtenir l'éradication d'une maladie, il faut que tout le monde joue le jeu. Or il est clair qu'aujourd'hui on ne se donne pas les moyens d'arriver à ce résultat autrement qu'en recherchant des traitements ou un vaccin. En ce sens la promotion du préservatif aggrave donc le problème. Tant que la principale façon de lutter est de promouvoir une solution non fiable dans un cas sur six ou sept au détriment d'un changement de comportement, on n'arrivera jamais à enrayer l'épidémie.

Tous ceux qui s'étonnent que le Pape soit catholique devraient s'apercevoir que son raisonnement, loin d'être idéologique ou simplement moraliste, est scientifiquement le plus valide. Peut-être est-il irréaliste à court terme dans la mesure où la fidélité et l'abstinence sont des valeurs très décriées de nos jours, mais sur le long terme, la seule solution est une prise de conscience de la valeur de la sexualité humaine.

« On ne peut trouver la solution que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l’un envers l’autre, et le second, une amitié vraie, surtout envers ceux qui souffrent, la disponibilité à être avec les malades, au prix aussi de sacrifices et de renoncements personnels (Benoît XVI) [9]. »

27 mars 2009 | Albert Barrois

*Albert Barrois est le pseudonyme d’un scientifique, docteur en biologie cellulaire.

 


[1] Frank-Herrmann et al (2007). « The effectiveness of a fertility awareness based method to avoid pregnancy in relation to a couple’s sexual behaviour during the fertile time: a prospective longitudinal study. » Hum Reprod, 22, 1310-1319.
[2] Document à télécharger (voir le tableau 1).
[3] Epstein H (2008). « AIDS and the irrational. » British Medical Journal, 337, a2638.
[4] Stoneburner & Low-Beer (2004). « Population-level HIV declines and behavioral risk avoidance in Uganda. » Science, 304, 714-718.
[5] Kirby D (2008) « Changes in sexual behaviour leading to the decline in the prevalence of HIV in Uganda : confirmation from multiple sources of evidence », Sex Transm Inf 84; ii35-ii41
[6] Green & Ruark. First Things, avril 2008. First Things est une revue catholique américaine.
[7] Shelton JD (2007). « Ten myths and one truth about generalised HIV epidemics. » The Lancet, 370, 1809-1811.
[8] Dans un article de Kathryn Jean Lopez, publié en ligne le 19 mars.
[9] Suite de la réponse de Benoît XVI.

 

libertepolitique.com

04.08.2008

Cambodge: assistance aux malades en phase terminale

ASIE/CAMBODGE - Commentaire sur un centre catholique qui s’occupe de l’assistance aux malades en phase terminale

 

Phnom Penh (Agence Fides) – Ce sont ces patients parvenus à la dernière phase de leur maladie, celle où la médecine se déclare impuissante et où l’on attend la fin inexorable de la vie : les malades en phase terminale (affectés par le cancer, le Sida ou d’autres maladies incurables) sont souvent abandonnés à eux-mêmes et ne trouvent pas de personnes ni de structures pour les accompagner. Pour tous ces malades, l’Eglise cambodgienne a décidé de s’engager de toutes ses forces, en ouvrant voici un an dans la capitale de Phnom Penh l’ “Elizabeth Health Center”, voué exclusivement à l’assistance et au service de ces patients.

Le service fourni par la structure catholique est totalement gratuit, vu que ces patients sont souvent complètement marginalisés et vivent dans des conditions de mendicité ou de vagabondage. C’est un service qui veut témoigner de l’attention de la communauté chrétienne aux plus pauvres parmi les pauvres, aux exclus, à ceux dont personne ne s’occupe, ni les familles, ni l’Etat.

L’Elizabeth Health Center a ouvert ses portes depuis un an à la paroisse de l’Enfant-Jésus du quartier de Beong Tompon et sa renommée s’est rapidement répandue dans tout le pays : des patients de tout le Cambodge sont venus en effet solliciter l’aide des volontaires du Centre. Ceux-ci, en dispensant les soins et l’assistance aux malades, offrent aussi accueil, sourires, amour entier, accompagnant souvent les malades de leurs paroles d’espérance lors des derniers instants de leur vie. Assez souvent les patients s’informent sur la foi chrétienne.

Actuellement, la structure accueille environ cent patients et recueille les commentaires des citoyens privés, organismes publics, responsables religieux bouddhistes, étant donné son style de gestion, basé sur l’accueil, la miséricorde, le douceur du service. L’hôpital est né de la volonté de prêtres, de religieux et de laïcs de la paroisse de l’Enfant-Jésus et il vit grâce à des dons privés et à de petites contributions de fidèles surtout de l’Europe, de Hong Kong et de l’Australie.

(Agence Fides 31/7/2008)

13:00 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cambodge, sante, vie de l eglise, paroisse | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

02.07.2008

Cambodge: Avec Paul, annoncer l’Evangile

ASIE/CAMBODGE - “Avec Paul, annoncer l’Evangile”: lettre pastorale du vicariat apostolique de Phnom Penh pour l’Année paulinienne

 L'image “http://mission.mepasie.net/img/mep_invites/58.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Phnom Penh (Agence Fides) – “Avec Paul, annoncer l’Evangile”: tel est le titre de la lettre pastorale diffusée par le vicariat apostolique de Phnom Penh à l’occasion de l’Année paulinienne. Son Exc. Mgr Emiles Destombes (voir photo), vicaire apostolique, qui a signé le texte, s’appuie sur un passage de la Lettre de saint Paul aux Corinthiens.
“Annoncer l’Evangile en effet n’est pas pour moi un titre de gloire ; c’est pour moi un devoir : malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile !” (1 Cor 9,16),
exhortant les fidèles à faire leur cette attitude, à l’exemple de l’apôtre Paul.

Le texte s’adresse de manière particulière aux nouvelles générations :
“Je voudrais inviter les jeunes en particulier à trouver un nouvel élan pour être des témoins du Christ, qui est tout en tous. Je demande à chaque communauté paroissiale, à chaque communauté religieuse, à chaque organisation ou institution catholique de notre vicariat de soutenir et stimuler les groupes de jeunes pour qu’ils puissent découvrir l’appel du Seigneur à être responsables de la Parole qu’ils ont reçue”,
poursuit le texte.

Le vicaire souligne également les différents moyens et subventions pour l’animation qui sont à disposition des communautés pour mieux connaître saint Paul : une présentation de l’apôtre élaborée par l’Eglise locale, qui sera envoyée à chaque communauté et un petit commentaire sur les Lettres de Paul. De plus différentes autres rencontres et séminaires de lecture et compréhension des textes de saint Paul sont prévus. Ils seront organisés au cours de l’année ; pour les écoles une vidéo qui raconte la vocation de saint Paul et ses voyages missionnaires est disponible tandis que les prêtres, les religieux et les catéchistes pourront participer à des Journées de formation sur la théologie paulinienne, disposées auparavant au vicariat.

L’année paulinienne, affirme la Lettre, constituera un banc d’essai pour la communauté dans l’annonce de l’Evangile : la vérification de conclusion prévue à la fin de l’Année de saint Paul que Mgr Destombes décrit comme une
“opportunité précieuse pour notre communauté catholique sera effectuée”.
Le souhait de l’évêque est celui-ci :
“Que cette année, sur les traces de l’apôtre Paul soit une année missionnaire, durant laquelle nous puissions évaluer notre annonce de l’Evangile et renouveler cette annonce, pour que notre petite Eglise soit signe de paix et d’amour dans la société cambodgienne”.
(Agence Fides 1/7/2008)
 
Voici le texte intégral : 
 
 
 Annoncer l'Évangile en effet n'est pas pour moi un titre de gloire;

c'est une nécessité qui m'incombe.

Oui, malheur à moi si je n'annonçais pas l'Évangile !

(1 Co 9,16)

 

 

 

Chers Frères et Sœurs dans le Christ Jésus,

 

Annoncer l'Évangile !

 

Ces mots de Saint Paul voudraient être nos mots mêmes pour cette nouvelle année pastorale placée sous le signe de l'Apôtre Paul comme nous y invite notre Pape Benoît XVI à l'occasion du deuxième millénaire de la naissance de l'apôtre.

Au cours de l'année 2007-2008, nous avons essayé de raconter la vie de Jésus dans notre propre vie. Pour l'année 2008-2009, j'invite tout le Vicariat Apostolique de Phnom Penh à revêtir la cuirasse de la foi et de la charité, avec le casque de l'espérance du salut (1 th 5,8) pour renouveler notre manière d'annoncer l'Évangile.

 

« Avec Paul, annoncer l'Évangile ! »

Je voudrais en particulier inviter les enfants et les jeunes à trouver un élan nouveau pour être témoins du Christ qui est tout et en tout (Col 3,11). Je demande à chaque communauté paroissiale, à chaque communauté religieuse, aux organisations et institutions catholiques de notre vicariat de soutenir et stimuler les groupes de jeunes et d'enfants pour qu'ils puissent découvrir l'appel du Seigneur à être responsables de la Parole qu'ils ont reçue. Il faut vous réconforter mutuellement et vous édifier l'un l'autre (1 Th 5,11).

Différents moyens seront mis à notre disposition pour mieux connaître Paul :

 

1-     En Septembre, une fiche de présentation de Paul sera envoyée à chaque communauté.

 

2-     Un petit commentaire de la deuxième lecture du dimanche sera envoyé à chaque communauté tout au long de l'année (Septembre 2008-Juin 2009).

 

3-     Nous lirons quelques lettres de Paul ensemble. Une fois par mois, un extrait d'une lettre de Paul sera envoyé avec un petit guide de lecture.

 

4-     Une édition des lettres de Paul sera publiée ainsi qu'une vidéo retraçant la vocation de Paul et ses trois voyages.

 

5-     Nous organiserons une journée de formation à la théologie paulinienne dans chaque secteur pastoral de notre Vicariat : Phnom Penh, Communautés Vietnamiennes, Kompong Som, Takéo et Kampot. Le programme sera envoyé ultérieurement.

 

6-     Au cours du mois de Novembre 2008, nous enverrons une enquête pour évaluer la façon dont nous annonçons l'Évangile.

 

7-     le 28 Juin 2009, nous clôturerons l'année Saint Paul en prenant des orientations pour les années à venir afin que notre Vicariat annonce l'Évangile avec courage... car je ne rougis pas de l'Évangile : il est force de Dieu pour le salut (Rm 1,16).

 

Ces outils sont là pour nous aider, mais l'essentiel est que chacun de nous prenne du temps pour réfléchir sur la façon dont nous annonçons Jésus mort et ressuscité dans nos communautés et en dehors de nos communautés !

 

Nous avons aussi mis en place un ambitieux programme pour la pastorale des jeunes avec Phon Sophal et Hom Toeur afin de dynamiser les groupes de jeunes et d'enfants.

 

Que cette année placée sous le signe de l'apôtre Paul, soit une année missionnaire durant laquelle nous pourrons évaluer notre annonce de l'Évangile et renouveler cette annonce pour que notre petite Église soit signe de paix et d'amour dans la société cambodgienne.

 

Restez toujours joyeux.

Priez sans cesse.

N'éteignez pas l'Esprit.

Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie totalement.

Que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec vous.

                                                                                                                  (1 Th. 5)

 

Je prie pour chacun et chacune d'entre vous, chers frères et sœurs.


+  Émile Destombes

Votre Évêque

 

20:15 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cambodge, eveques, vie de l eglise, annee saint-paul, evangelisation | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

26.04.2008

Cambodge: Séminaire sur la Parole de Dieu

ASIE/CAMBODGE - Séminaire sur la Parole de Dieu en vue du prochain Synode des Evêques

 En octobre prochain, les évêques se réuniront à Rome autour du Saint-Père pour réfléchir sur la Parole de Dieu et son importance dans la vie de tout chrétien et dans la mission de l’Eglise : Parole de Dieu, source de vie et grâce de rencontre de l'homme avec le Seigneur. A cette occasion, le Grand Séminaire de Phnom Penh a organisé au début de ce mois, un séminaire sur la Parole de Dieu à partir des Lineamenta publiés par le Conseil chargé de la préparation de ce prochain Synode des évêques.

Ce séminaire sur la Parole de Dieu était adressé à tous les prêtres, religieux et religieuses ainsi qu’à tous les laïcs missionnaires présents au Cambodge. Le Père Bruno COSME, recteur du Grand Séminaire, avait invité le Père Lucien LEGRAND, exégète, professeur au Grand Séminaire de Bangalore, Inde, et ancien membre de la Commission Biblique Pontificale.
 
http://mission.mepasie.org/img/mep_invites/36.jpg
 
S.E. Mgr Emile DESTOMBES (voir photo ci-dessus), Vicaire Apostolique de Phnom Penh et Mgr Antonysamy SUSAIRAJ (photo ci-dessous), Préfet Apostolique de Kompong Cham, avaient tenu à participer activement à ce séminaire pendant les quatre jours de sa durée.
 
http://www.catholiccambodia.org/_images/church/kompongcham/kcc-h1.jpg

A travers des interventions suivant les Lineamenta, les conférences ont permis a tous de se retrouver devant la Parole de Dieu, dans la situation particulière de l’Eglise du Cambodge. Les questions proposées par le document préparatoire au Synode ont été l’occasion de mieux réfléchir sur la Parole de Dieu profondément liée à la Liturgie, au Dialogue Interreligieux, à l’Inculturation et aux activités sociales de l’Eglise présente au Cambodge. De plus, chaque jour, des panels permettaient aux prêtres, religieuses et laïcs de montrer combien la Parole de Dieu est présente dans les différents aspects de la mission de chacun.

La conférence Episcopale du Cambodge-Laos a choisi Mgr Louis-Marie LINH, Vice-président, Vicaire Apostolique de Pakse au Laos, pour être son représentant lors du prochain Synode en octobre prochain. Deux prêtres du Laos étaient venus participer à ce séminaire sur la Parole de Dieu.

Il est à noter également que le Grand Séminaire de Phnom Penh, à l’occasion du prochain Synode, prépare un Camp d’été en septembre prochain, pour enfants, sur le thème de la Parole de Dieu. Ce Camp d’été accueillera environ 150 enfants et sera animé par les séminaristes eux-mêmes ainsi que par une trentaine de jeunes étudiants catholiques qui se préparent depuis des mois à ce Camp d’été.
 
(Agence Fides)

06:30 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cambodge, synode, vie de l eglise, eveques, theologie, bible, parole de dieu | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

31.03.2008

Cambodge: 23 baptêmes d'adultes vietnamiens

ASIE/CAMBODGE - A Pâques, 23 baptêmes d’adultes au sein de la communauté vietnamienne du petit village de Svay Pak, connu pour la prostitution, les nombreux malades du SIDA, la drogue et la violence

Svay Pak (Agenzia Fides) - Le petit village de Svay Pak à une quinzaine de kilomètres au nord de Phnom Penh, a célébré la Semaine Sainte et la Fête de Pâques dans la joie d’une Communauté renforcée par la présence de 23 nouveaux baptisés, tous adultes, vietnamiens et cambodgiens. Les Offices du Triduum Pascal ont été suivis avec beaucoup de ferveur dans ce village connu pour la prostitution, adulte ou infantile, le nombre important de personnes malades du Sida, la drogue et la violence familiale. Soixante dix familles catholiques sont présentes dans ce village.

Somnang, 23 ans, était très heureuse de la célébration de son baptême. Cette jeune fille a découvert l’Eglise catholique par le témoignage de ses voisins. Après un période de catéchuménat d’environ trois ans, elle a reçu le baptême comme ses autres amis au cours de la veillée pascale qui a duré près de trois heures.
 
Parmi les nouveaux baptisés, une personne d’une quarantaine d’années, Dara, cambodgienne, habitant à quelques kilomètres de là, sur la route conduisant à Battambang, a connu l’Eglise catholique dans les camps de réfugiés en Thaïlande. Depuis quelques années, elle est devenue une présence fervente au sein de la communauté vietnamienne.
 
Le Père Bruno qui officiait durant toute la semaine sainte dans cette communauté sans prêtre résidant, remarquait combien il est rare de voir autant de baptêmes d’adultes dans une communauté vietnamienne :
« Après 13 ans de présence au Cambodge, c’est la première fois que je suis témoin de cette croissance rayonnante au sein de la paroisse Sainte Marie Madeleine. Généralement, les catholiques vietnamiens demandent le baptême pour les petits enfants, mais nous n’assistons que très rarement à des baptêmes d’adultes. Il y a 7 ans, une dizaine de personnes avaient été baptisées : les aléas de la guerre n’avaient pas permis de le faire plus tôt. Cette fois-ci, nous avons la présence d’un groupe de nouveaux baptisés décidés à prendre une part active dans la vie de la communauté ».
Dans son homélie de Pâques, le Père Bruno soulignait combien le témoignage de la communauté est important pour le village tout entier.
« Il ont pour mission de rayonner autour d’eux le message du Christ ressuscité venu transformer notre vie ».
 
(Agenzia Fides 28/3/2008)
 

10:15 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vie de l eglise, paques, cambodge, vietnam | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |