31.03.2012

Intention Missionnaire pour le mois d'avril 2012

afrique.jpeg« Pour que le Christ ressuscité soit signe d’une réelle espérance pour les hommes et les femmes du continent africain »

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28.09.2011

Après l'Allemagne, le Bénin, pour la remise d'une exhortation aux évêques d'Afrique

pape.jpgBenoît XVI se rendra en visite pastorale au Bénin du 18 au 20 novembre. Le point d’orgue de ce voyage sera la publication de l’exhortation apostolique post-synodale sur l’Afrique, résultat du Synode qui s’est tenu en octobre 2009 au Vatican. Toutes les conférences épiscopales africaines seront représentées. Pendant cette courte visite, le Pape pourra également se recueillir à Ouidah sur la tombe du cardinal Bernardin Gantin, qui a passé 30 ans à la Curie romaine, notamment en temps que préfet de la Congrégation pour les évêques et que Benoît XVI a bien connu personnellement. Le cardinal Gantin est mort en 2008. 

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10.08.2011

Les Camerounais aux JMJ de Madrid : une centaine sur 2000 inscrits

madrid 2011.JPGDes milliers de jeunes des quatre coins du monde ont rendez-vous dans la capitale espagnole du 16 au 21 août prochain. Mais nombreux sont ceux qui, pour pouvoir se rendre aux JMJ, doivent surmonter de multiples obstacles.
Les jeunes camerounais, par exemple, ont dû passer par de nombreux interrogatoires. Sur 2000 jeunes inscrits cette année, seule une centaine pourra se rendre à Madrid. 

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10.05.2011

Première ordination d’un prêtre congolais missionnaire CICM (Scheut) à Hong Kong

Hong Kong (Agence Fides) – Le Père Dominique Mukonda, des missionnaires de Scheut (CICM, Congrégation du Cœur immaculé de Marie), originaire du Congo et arrivé à Hong Kong voici trois ans, a été ordonné prêtre le 30 avril par S.Exc. Mgr John Tong, Ordinaire du Diocèse de Hong Kong. Selon le Kong Ko Bao (le bulletin diocésain en version chinoise), Mgr Tong a encouragé le nouveau prêtre missionnaire à s’impliquer dans l’évangélisation du territoire en présence de près de 400 fidèles.

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04.01.2011

Quel bilan pour Benoît XVI en 2010 ?

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Que s'est-il passé pendant cette année 2010 au Vatican ? Quelques 45 audiences générales se sont tenues sur la parvis de la basilique Saint Pierre ou salle Paul VI ; une assemblée synodale dédiée àa la situation des chrétiens au Moyen Orient fut présidée par le Pape en octobre dernier ; Benoît XVI a convoqué un consistoire et effectué 9 voyages apostoliques dont 5 déplacements hors d’Italie : au Cameroun et en Angola, à Chypre, Malte et au Portugal. Au Royaume-Uni, voyage plus politique, le Pape appela la société civile à ne pas rejeter ou dénigrer la foi catholique.

 

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07.07.2010

Pour Gaston Kelman, « le slogan "black blanc beur" est une arnaque »

Auteur du best-seller, Je suis noir et je n’aime pas le manioc, Gaston Kelman, 56 ans, né au Cameroun, a suivi la déconfiture de l’équipe de France de football. Un échec qui met à mal le slogan du « black blanc beur », porté aux nues en 1998. Pour l’écrivain, ce slogan est « une arnaque ». « En 1998, c’est l’équipe France France France » qui a gagné.

Pour lire l'article cliquer sur l'image du livre:

 

06.05.2010

Benoît XVI invite les prêtres à rechercher la perfection morale

Ce mercredi, à l’audience générale, le Pape a invité les prêtres à rechercher sans cesse la perfection morale.

 

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Devant quelque 15 000 personnes rassemblées sur la place Saint-Pierre, Benoît XVI a proposé une méditation sur le ministère sacerdotal en rappelant que le peuple de Dieu s’attend à juste titre à avoir des prêtres saints – en dépit des faiblesses humaines – capables de sanctifier et de servir de pont entre Dieu et les hommes.

Le Pape a également invité les prêtres à faire du confessionnal le lieu de la Réconciliation et à y être plus présents !

 

 

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Mais ses encouragements s’adressaient aussi aux fidèles qui doivent être proches de leurs prêtres, surtout dans les situations difficiles.

Autre thème évoqué par Benoît XVI : le mariage, instrument de salut pour toute la société. Comme tous les objectifs importants, il exige que l’on soit prêt à sacrifier ses intérêts pour le bien de l’autre. Il requiert des efforts de tolérance et de pardon. Il invite à entretenir et protéger le don d’une vie nouvelle.

Enfin, le Pape s’est dit très heureux de se rendre au Portugal, du 11 au 14 mai, pour le 10 anniversaire de la béatification des petits bergers de Fatima.

Écoutez le résumé de la catéchèse et les paroles que Benoît XVI a adressés aux pèlerins de langue française: >>



 

 

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Résumé de la catéchèse en langue française


 Chers frères et sœurs, le Saint Suaire devant lequel j’ai prié dimanche dernier, nous aide à contempler le Ressuscité dont la mission rédemptrice se poursuit aujourd’hui par le ministère des prêtres. Le prêtre a reçu mission de sanctifier les hommes, surtout par les Sacrements et par le Culte de l’Église. Sanctifier une personne signifie la mettre en contact avec Dieu, avec son être de lumière, de vérité et de pur amour. Et ce contact transforme la personne. Les prêtres doivent être comme des ponts qui favorisent la rencontre avec Dieu. Ils doivent être disponibles, généreux et attentifs à offrir à leurs frères les trésors de la grâce de Dieu dont ils ne sont pas les propriétaires mais les gardiens et les administrateurs. Se rappelant que l’annonce missionnaire et le culte sont inséparables, le prêtre, comme le Curé d’Ars, doit donner la primauté au munus sanctificandi. Puissiez-vous vivre, chers prêtres, avec joie et avec amour la Liturgie et le culte ! Puissiez-vous aussi faire du confessionnal le lieu de la Réconciliation et y être plus présents ! Puissiez-vous enfin célébrer et vivre avec intensité l’Eucharistie qui est le centre de la mission de sanctification ! Quant à vous chers frères et sœurs, priez pour vos prêtres afin qu’ils soient toujours des Pasteurs selon le cœur de Dieu.

Je suis heureux de vous accueillir chers pèlerins francophones particulièrement les étudiants et les paroissiens présents. Je salue aussi chaleureusement les Camerounais qui sont parmi nous. Que Dieu vous bénisse !

 

(Radio Vatican)

28.03.2010

La femme africaine, un pilier de l'agriculture mal considéré

Ce sont les femmes qui assurent la subsistance des familles en Afrique. Cette affirmation se vérifie surtout dans le secteur agricole, le plus important de l’économie du continent.

 

http://www.geo.fr/var/geo/storage/images/media/images/rubrique-environnement/actualite-durable/recolte-du-riz-pres-de-tombouctou-au-mali/167319-1-fre-FR/recolte-du-riz-pres-de-tombouctou-au-mali_940x705.jpg

Récolte du riz près de Tombouctou, au Mali | 19/10/2007 |
© Atlantide Phototravel/Corbis

Les Africaines travaillent ainsi plus que les hommes. Elles assurent ainsi 70 % de la production vivrière et commerciale d’Afrique. Cette position prédominante dans le processus de production ne leur assure pourtant pas les mêmes droits qu’aux hommes. Elles ne peuvent pas hériter de la terre qu’elles cultivent par exemple.


Les différences entre sexes demeurent donc considérables notamment en matière d’échange de technologies ou d’allocation des terres. Pour lutter contre ces inégalités, les politiques sexospécifiques sont lentes à gagner du terrain. Pourtant, l’avenir de l’homme semble bien être la femme en Afrique.


Écoutez le témoignage d’Elisabeth Atangana, camerounaise et présidente de la plateforme régionale des organisations paysannes de l’Afrique centrale: >>

Propos recueillis par Lucas Duran (Radio Vatican)

23.12.2009

"Je pense qu'aujourd'hui aussi l'Eglise devrait ouvrir une cour des Gentils"

"Je pense qu'aujourd'hui aussi l'Eglise devrait ouvrir une cour des Gentils"

C'était la cour du temple de Jérusalem pour les non-juifs. Benoît XVI l'a prise comme symbole du dialogue avec ceux qui sont éloignés de la religion, pour garder vivante en eux la recherche de Dieu. Les passages clés de son discours de Noël à la curie romaine


par Sandro Magister




ROME, le 21 décembre 2009 – Lorsqu’il a souhaité, ce matin, un joyeux Noël à la curie romaine, Benoît XVI s’est en réalité adressé à toute l’Eglise et au monde. Comme les années précédentes, il a voulu mettre en évidence dans son discours de vœux – entièrement de sa main – à la curie les lignes directrices de son pontificat.

En 2005, le thème du discours avait été l'interprétation et la mise en œuvre du concile Vatican II, ainsi que le rapport entre continuité et renouvellement, dans l’Eglise :

> "Réveille-toi, homme..."

En 2006 le pape avait mis au centre de son discours la question de Dieu. De plus, s’appuyant sur son voyage à Istanbul, il avait exprimé de la manière la plus claire sa vision des relations avec l'islam et proposé au monde musulman le parcours déjà accompli par le christianisme en réponse au défi des Lumières :

> Bilan de quatre voyages et d’un an de pontificat

En 2007 Benoît XVI avait traité de l'urgence pour l’Eglise de se mettre en état de mission vers tous les peuples de la terre :

> Surprise: le pape amène la curie au Brésil

En 2008 il avait attiré l'attention sur la plus "oubliée" des personnes de la trinité divine, l’Esprit-Saint "créateur", dont l’empreinte se trouve dans la structure ordonnée du cosmos et de l'homme, qu’il faut admirer et respecter :

> "Veni Creator Spiritus". Pour une écologie de l'homme


Cette année Benoît XVI s’est de nouveau appuyé sur ses derniers voyages, en particulier ceux qu’il a faits en Afrique, en Terre Sainte et en République Tchèque, pour en tirer des leçons originales et parfois surprenantes.

Le pape a dit qu’il avait assisté à une vraie "fête de la foi" au Cameroun et en Angola. Et il a proposé comme exemple à l’Eglise tout entière la joie populaire ainsi que la forte sacralité orientée vers Dieu qu’il a vues magnifiquement exprimées là-bas dans les célébrations liturgiques.

Encore à propos de l'Afrique – à laquelle un synode a été consacré en octobre – le pape a insisté sur la spécificité de l'action de l’Eglise au service de la politique. Il a indiqué que cette spécificité résidait dans la "réconciliation" qui naît de Dieu et se réalise aussi chez les hommes dans le sacrement qui porte ce nom, sacrement tombé en désuétude mais qu’il voudrait faire revivre justement comme "sacrement de l’humanité en tant que telle".

En ce qui concerne son voyage en Terre Sainte, Benoît XVI a insisté sur sa visite à Yad Vashem, symbole du plus profond abîme où soit tombé l’homme et de son plus grand éloignement de Dieu, où cependant le Christ est descendu porter la lumière et la vie, de manière non pas mythique mais réelle.

Enfin, s’appuyant sur son voyage en République Tchèque, pays comportant une majorité d’agnostiques et d’athées, Joseph Ratzinger a lancé une nouvelle évangélisation destinée précisément à ceux qui sont loin de Dieu. Le pape a proposé à l’Eglise d’ouvrir pour eux, comme dans l'ancien temple de Jérusalem, "une sorte de cour des Gentils", où pourraient rester vivantes la recherche et la soif de Dieu.

On trouvera ci-dessous quatre passages clés du discours de vœux adressé par Benoît XVI à la curie romaine le matin du lundi 21 décembre 2009 :



1. AU CAMEROUN ET EN ANGOLA. LA FÊTE DE LA FOI



J’ai été ému par la grande cordialité avec laquelle a été accueilli le successeur de Pierre, le "Vicarius Christi". La joie chaleureuse et l’affection cordiale qui m’ont été manifestées tout au long de mon chemin n’étaient pas simplement destinées à un quelconque hôte fortuit. Rencontrer le pape rendait concrète l’Eglise universelle, la communauté qui englobe le monde et qui est réunie par Dieu à travers le Christ. [...] C’est bien Lui qui est parmi nous, nous l’avons perçu à travers le ministère du successeur de Pierre. Nous étions ainsi élevés au-dessus du simple quotidien. Le ciel était ouvert, c’est ce qui fait d’un jour une fête. Et c’est en même temps quelque chose de durable. Il reste vrai, même dans la vie quotidienne, que le ciel n’est plus fermé ; que Dieu est proche ; que, dans le Christ nous nous appartenons tous les uns aux autres.

Le souvenir des célébrations liturgiques s’est gravé dans ma mémoire de façon particulièrement profonde. Les célébrations de la sainte eucharistie étaient de vraies fêtes de la foi. Je voudrais mentionner deux éléments qui me semblent particulièrement importants. Il y avait tout d’abord une grande joie partagée, qui s’exprimait aussi par le corps, mais de façon disciplinée et orientée par la présence du Dieu vivant. Cela indique déjà le second élément : le sens de la sacralité, du mystère présent du Dieu vivant imprégnait, pour ainsi dire, chaque geste. Le Seigneur est présent, le Créateur, Celui à qui tout appartient, de qui nous provenons et vers qui nous allons. J’ai spontanément repensé aux paroles de saint Cyprien dans son commentaire du Notre Père : "Rappelons-nous que nous sommes sous le regard que Dieu porte sur nous. Nous devons plaire aux yeux de Dieu, à la fois par l’attitude de notre corps et par l’usage de notre voix" ("De dominica oratione" 4 CSEL III 1 p. 269). Oui, il y avait cette conscience d’être en présence de Dieu. Il n’en résulte ni peur ni inhibition, pas même une obéissance extérieure aux rubriques, et cela n’amène pas non plus à se mettre en évidence les uns par rapport aux autres ou à crier de façon indisciplinée. Il y avait plutôt ce que les Pères appelaient "sobria ebrietas" : le fait d’être pleins d’une joie qui en tout cas reste sobre et ordonnée, qui unit les gens de l’intérieur, en les conduisant à la louange communautaire de Dieu, louange qui suscite en même temps l’amour du prochain, la responsabilité réciproque.


2. SYNODE SUR L'AFRIQUE. LE SACREMENT DE LA RÉCONCILIATION



Le synode avait choisi comme thème : l’Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix. C’est un thème théologique et surtout pastoral d’une actualité brûlante, mais on pouvait aussi y voir un thème politique. [...] Les pères synodaux ont-ils réussi à trouver la voie plutôt étroite entre une simple théorie théologique et une action politique immédiate, la voie du "pasteur" ? [...] Des réconciliations sont nécessaires pour une bonne politique, mais elles ne peuvent pas être réalisées uniquement par elle. Ce sont des processus pré-politiques et elles doivent naître d’autres sources.

Le Synode a cherché à examiner en profondeur le concept de réconciliation en tant que devoir pour l’Eglise d’aujourd’hui, en attirant l’attention sur ses diverses dimensions. L’appel de saint Paul aux Corinthiens a aujourd’hui une nouvelle actualité. "Nous sommes en ambassade pour le Christ : c’est comme si Dieu exhortait par nous. Nous vous en supplions au nom du Christ : laissez-vous réconcilier avec Dieu ! " (2 Co 5, 20). Si l’homme n’est pas réconcilié avec Dieu, il est en conflit avec la création aussi. Il n’est pas réconcilié avec lui-même, il voudrait être autre qu’il n’est et il n’est donc pas même réconcilié avec son prochain. Un autre élément de la réconciliation est la capacité à reconnaître sa faute et à demander pardon, à Dieu et à autrui. Enfin le processus de réconciliation comporte la disponibilité à la pénitence, la disponibilité à souffrir jusqu’au bout pour une faute et à se laisser transformer. En fait également partie la gratuité, dont parle souvent l’encyclique "Caritas in veritate" : cette disponibilité à aller au-delà du nécessaire, à ne pas calculer, mais à aller au-delà de ce que les simples conditions juridiques demandent. En fait partie cette générosité dont Dieu lui-même nous a donné l’exemple.

Pensons à la phrase de Jésus : "Si tu présentes ton offrande à l’autel et que là tu te rappelles que ton frère a un grief contre toi, laisse ton offrande devant l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère, puis reviens présenter alors ton offrande" (Mt 5, 23s.). Dieu qui savait que nous ne sommes pas réconciliés, qui voyait que nous avons un grief contre lui, s’est levé et est venu à notre rencontre, bien qu’étant le seul à avoir raison. Il est venu à notre rencontre jusqu’à la croix, pour se réconcilier avec nous. C’est la gratuité : la disponibilité à faire le premier pas. Aller le premier à la rencontre de l’autre, lui offrir la réconciliation, accepter la souffrance éprouvée quand on renonce à avoir raison. Ne pas fléchir dans la volonté de réconciliation : Dieu nous en a donné l’exemple, et c’est la façon de devenir semblables à lui, une attitude dont nous avons un besoin sans cesse renouvelé dans le monde.

Aujourd’hui nous devons acquérir de nouveau la capacité à reconnaître notre faute, nous devons nous débarrasser de l’illusion que nous sommes innocents. Nous devons acquérir la capacité à faire pénitence, à nous laisser transformer, à aller vers l’autre et à nous faire donner par Dieu le courage et la force d’un tel renouvellement. Dans notre monde actuel nous devons redécouvrir le sacrement de la pénitence et de la réconciliation. Le fait que celui-ci ait en grande partie disparu des habitudes de vie des chrétiens est le symptôme d’une perte de véracité vis-à-vis de nous-mêmes et de Dieu ; une perte qui met en danger notre humanité et diminue notre capacité de paix. Saint Bonaventure estimait que le sacrement de pénitence était un sacrement de l’humanité en tant que tel, un sacrement que Dieu avait institué dans son essence tout de suite après le péché originel avec la pénitence imposée à Adam, même s’il n’a pu trouver sa forme complète que dans le Christ, qui est personnellement la force réconciliatrice de Dieu et a pris sur lui notre pénitence.


3. TERRE SAINTE. LA DESCENTE DE DIEU DANS L'ABÎME


La visite à Yad Vashem a été une rencontre bouleversante avec la cruauté de la faute humaine, avec la haine d’une idéologie aveugle qui, sans aucune justification, a livré à la mort des millions d’êtres humains et par là, en dernière analyse, a aussi voulu chasser Dieu du monde, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de Jésus-Christ. C’est donc en premier lieu un monument commémoratif contre la haine, un appel affligé à la purification, au pardon, à l’amour.

C’est ce monument de la faute humaine qui a ensuite rendu bien plus importante la visite aux lieux de mémoire de la foi et fait percevoir leur actualité intacte. En Jordanie nous avons vu l’endroit le plus bas de la terre, près du Jourdain. Comment pourrait-on ne pas se sentir renvoyés à l’expression de la lettre aux Ephésiens, selon laquelle le Christ est "descendu dans les régions inférieures de la terre" (Ep 4, 9). Dans le Christ, Dieu est descendu jusqu’au fin fond de l’être humain, jusqu’à la nuit de la haine et de l’aveuglement, jusqu’à l’obscurité de l’éloignement de l’homme vis-à-vis de Dieu, pour y allumer la lumière de son amour. Il est présent même dans la nuit la plus profonde : "même aux enfers, te voici" ; cette phrase du psaume 139 [138], 8 est devenue une réalité avec la descente de Jésus.

Se rendre sur les lieux du salut, dans l’église de l’annonciation à Nazareth, dans la grotte de la nativité à Bethléem, au lieu de la crucifixion sur le Calvaire, devant le sépulcre vide, témoignage de la résurrection, a donc été comme toucher l’histoire de Dieu avec nous. La foi n’est pas un mythe. C’est une histoire vraie, dont nous pouvons toucher du doigt les traces. Ce réalisme de la foi nous fait particulièrement du bien dans les difficultés actuelles. Dieu s’est vraiment montré. En Jésus-Christ Il s’est vraiment fait chair. En tant que ressuscité Il reste un vrai homme, il ouvre sans cesse notre humanité à Dieu et il est toujours le garant du fait que Dieu est un Dieu proche.


4. PRAGUE. UNE "COUR" POUR CEUX QUI CHERCHENT LE DIEU INCONNU


Les gens qui se considèrent comme agnostiques ou athées doivent aussi avoir une place dans notre cœur de croyants. Peut-être ces gens ont-ils peur quand nous parlons de nouvelle évangélisation. Ils ne veulent pas se voir comme objet de mission, ni renoncer à leur liberté de pensée et de volonté. Mais la question de Dieu continue à exister pour eux aussi, même s’ils ne peuvent pas croire au caractère concret de son attention pour nous. A Paris, j’ai dit que la recherche de Dieu était la cause fondamentale de la naissance du monachisme occidental et, avec lui, de la culture occidentale. Comme premier pas de l’évangélisation, nous devons essayer de maintenir vivante cette recherche ; nous devons faire en sorte que l’homme ne mette pas de côté la question de Dieu comme question essentielle de sa vie. Faire en sorte qu’il accepte cette question et la nostalgie qui s’y cache.

Cela me rappelle la formule empruntée par Jésus au prophète Isaïe, c’est-à-dire que le temple devrait être une maison de prière pour tous les peuples (cf. Is 56, 7 ; Mc 11, 17). Il pensait à ce que l’on appelait la cour des Gentils, qu’il débarrassa d’affaires venues de l’extérieur afin qu’il y ait de l’espace libre pour les Gentils qui voulaient prier là le Dieu unique, même s’ils ne pouvaient pas prendre part au mystère au service duquel l’intérieur du temple était réservé. Un espace de prière pour tous les peuples : on pensait ainsi à ceux qui ne connaissent Dieu, pour ainsi dire, que de loin ; que leurs dieux, leurs rites, leurs mythes ne satisfont pas ; qui désirent le Pur et le Grand, même si Dieu reste pour eux le "Dieu inconnu" (cf. Ac 17, 23). Ils devaient pouvoir prier le Dieu inconnu et ainsi, cependant, être en relation avec le vrai Dieu, même si c’était au milieu d’obscurités de différentes sortes.

Je pense qu’aujourd’hui l’Eglise devrait aussi ouvrir une sorte de "cour des Gentils" où les hommes puissent en quelque s’accrocher à Dieu, sans le connaître et avant d’avoir trouvé l’accès à son mystère, au service duquel est la vie interne de l’Eglise. Au dialogue avec les religions doit aujourd’hui s’ajouter avant tout le dialogue avec ceux à qui la religion est étrangère, à qui Dieu est inconnu et qui, pourtant, ne voudraient pas simplement rester sans Dieu, mais l’approcher au moins en tant qu’Inconnu.



Le texte intégral du discours, sur le site du Vatican :

> La solennità del Santo Natale...



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

14.12.2009

Pourquoi le pape a mauvaise presse...

« Pourquoi le pape a mauvaise presse » : Rencontre avec Bernard Lecomte

Les papes et les media

 

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ROME, Lundi 14 décembre 2009 (ZENIT.org) - « Pourquoi le pape a mauvaise presse » : les éditions DDB ont osé ce titre pour le livre d'entretiens de Bernard Lecomte avec l'éditeur Marc Leboucher. Bernard Lecomte qui a bien voulu expliquer aux lecteurs de Zenit son analyse - en douze chapitres à lire dans l'ordre que l'on préfère ! - du rapport du pape et des media. Un livre récemment cité à la une de L'Osservatore Romano en italien dans un éditorial du directeur Giovanni Maria Vian. 


ZENIT - Dans son introduction, Marc Leboucher parle de l'année 2009 comme d'une « annus horribilis », pourquoi ?  

Bernard Lecomte - Les premiers mois de 2009 ont été marqués par trois grosses affaires médiatiques : l'affaire Williamson, le drame de la fillette de Recife et la « petite phrase » papale sur le préservatif dans l'avion du Cameroun. Chacun de ces événements était désolant, mais, si j'ose dire, ordinaire : l'histoire de l'Eglise fourmille de malentendus ou de maladresses médiatiques ! C'est la succession de ces tempêtes médiatiques, leur accumulation, qui a gravement dégradé l'image du pape Benoît XVI et troublé le monde catholique, particulièrement en France. Et c'est ce qui m'a poussé à écrire ce livre. 


ZENIT - Mais le pape Ratzinger, qui frappe par sa douceur et son attention aux personnes - loin du Panzerkardinal que d'aucuns avaient annoncé -, n'a-t-il pas au contraire conquis les foules par cette délicatesse qui ne s'impose pas, cette intelligence aiguë et puissante qui sait faire comprendre aux simples des choses pourtant complexes ? Pour les Allemands, il reste même un « méridional » (son accent le trahit) et un « spontané », et ceux qui l'approchent, les grands et les petits, se sentent écoutés, reconnus : quel paradoxe ! 

Bernard Lecomte - Le pape Ratzinger, quand il a été élu, avait l'image plutôt sévère, sans doute injuste, de l'ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi qu'il avait été pendant deux décennies. Son voyage en France, en septembre 2008, fut une réussite et eut pour effet positif, chez nous, de redresser cette image. Mais les « affaires » de ce début d'année, en trois mois, en ont fait un personnage archaïque, conservateur et insensible aux détresses de ce monde. C'est ce renversement d'image qu'il fallait contribuer à expliquer et à corriger.   


ZENIT - Les dysfonctionnements de la communication (discours de Ratisbonne, incompréhension sur la levée des excommunications, prise de position dans l'avion du Cameroun, que vous analysez dans des chapitres séparés) viennent donc selon vous d'abord du milieu auquel le pape s'adresse ?  

Bernard Lecomte - La plus importante cause de ces dysfonctionnements, c'est l'évolution des media dans nos sociétés occidentales, qui privilégient tout ce qui est spectaculaire, certes, mais qui tendent surtout à expulser de la scène publique tout ce qui est religieux, à plus forte raison ce qui touche l'Eglise catholique, et encore plus nettement ce qui concerne le Saint-Père. Les journalistes d'aujourd'hui sont simplistes, binaires, ils n'ont plus aucune culture religieuse, et ils traitent par la dérision tout ce qui est institutionnel ou moral - à plus forte raison le pape. Le fond de l'affaire, c'est que les media, fidèles reflets des sociétés contemporaines, passent leur temps à valoriser le pouvoir, à sacraliser le sexe et à adorer l'argent, alors que le message du pape et de l'Eglise va exactement à l'encontre de ce triptyque ! 


ZENIT - On a aussi reproché à l'Eglise de ne pas savoir communiquer... de ne pas savoir « s'adapter » à son auditoire... 

Bernard Lecomte - Les torts sont partagés, en effet. Si l'évolution des media est désolante, l'Eglise doit néanmoins en tenir compte, et s'adapter à la rapidité, l'immédiateté, la mondialisation de l'information, surtout depuis l'essor planétaire d'Internet. Beaucoup d'hommes d'Eglise en sont convaincus, mais il reste nombre de cardinaux ou d'évêques persuadés que « le temps de l'Eglise n'est pas celui des media ». Certes, il n'est pas question que l'Eglise se plie aux modes et aux tendances d'un monde relativiste et changeant, mais il lui faut bien utiliser les media tels qu'ils sont, dans un monde réel, pour faire passer l'annonce l'Evangile ! 


ZENIT - Vous consacrez un chapitre à Pie XII, pourquoi ?  

Bernard Lecomte - Parce que Pie XII a connu, lui aussi, un étonnant renversement d'image. Jusqu'en 1963, il était considéré comme un grand pape, y compris dans le monde juif, et personne ne le traitait alors d'antisémite ou de pronazi. J'ai voulu expliquer, minutieusement, comment la pièce du jeune allemand Hochhut Le Vicaire, en 1963, a brisé ce consensus au point que Pie XII est devenu quarante ans plus tard, dans les media européens, une sorte de « bouc émissaire » de cette période. Il ne s'agit pas pour moi d'occulter le débat sur les « silences » de Pie XII, débat qui est légitime, mais de revenir à la réalité historique. Or les fantasmes médiatiques, politiques et idéologiques ont délibérément occulté, aujourd'hui, cette réalité historique ! 


ZENIT - En somme, Benoît XVI n'a pas le monopole d'une communication difficile : Pie XII donc (à titre posthume), Paul VI et Humane Vitae, mais aussi Jean-Paul II (sa colère pour défendre la famille !), ont aussi eu leur part de « mauvaise presse » ?  

Bernard Lecomte - Bien entendu. On a tort d'opposer, sur ce terrain, le pape Jean-Paul II, ancien comédien et journaliste, champion de la communication, maîtrisant très bien micros et caméras, et Benoît XVI, l'ancien professeur habitué aux amphithéâtres, qui n'aime pas la foule, etc : les deux hommes sont différents, c'est certain, mais il ne faudrait pas oublier que Jean-Paul II a été, lui aussi, victime de nombreux scandales médiatiques : je rappelle, dans Pourquoi le pape a mauvaise presse, les audiences accordées à Yasser Arafat ou Kurt Waldheim, l'affaire du carmel d'Auschwitz, les canonisations du P. Kolbe ou d'Edith Stein, la nomination de Jean-Marie Lustiger à Paris, sans parler de ce qu'il disait, lui aussi, sur la famille, la contraception ou l'avortement !  


ZENIT - Ce qui est en cause, ce n'est pas seulement « l'image » du pape ou l'annonce de l'Evangile. Ces « ratés » de la communication provoquent une vraie souffrance chez les catholiques. Quel serait le remède ? Que les catholiques adoptent une attitude de veille critique face aux informations qui leur parviennent et croisent plusieurs sources avant de se faire une opinion ?  

Bernard Lecomte - Il faudrait d'abord, je crois, que les responsables des media fassent preuve d'un peu plus de respect et de considération pour le chef spirituel de quelque 1,3 milliard de fidèles. Il faudrait aussi que les porte-parole de l'Eglise, notamment les responsables de la Curie et les évêques en général, dialoguent franchement avec les journalistes tels qu'ils sont, avec leurs faiblesses et leurs défauts, voire, parfois, leur hostilité. Je connais bien les media, je connais bien les hommes d'Eglise : prôner un peu plus de respect entre les uns et les autres est-il si utopique ? 

(*) Bernard Lecomte : Pourquoi le pape a mauvaise presse (entretiens avec Marc Leboucher). Desclée de Brouwer, 2009.