22.04.2012

Le Pape lors du Regina Caeli: 'Le Christ nous ouvre au bonheur malgré un monde marqué par la souffrance'

regina.caeli.jpegEn ce dimanche 22 avril, Benoît XVI avait rendez-vous place Saint-Pierre à midi avec les fidèles venus pour la prière mariale du Regina Caeli. Le Pape leur a rappelé que dans un monde marqué par le mal et la souffrance, la douleur et la peur, le Christ aujourd’hui encore, vient donner sa paix. Au cours de la prière mariale, Benoît XVI a également exhorté les prêtres, les parents et les catéchistes à bien préparer les premières communions, qui sont souvent célébrées pendant le temps pascal, avec une grande ferveur mais aussi avec sobriété. Le pape a encore évoqué la béatification la veille au Mexique de Maria Inés Teresa del Santisimo Sacramento, religieuse mexicaine fondatrice des Missionnaires clarisses du très Saint Sacrement. « Rendons grâce à Dieu pour cette fille exemplaire de la terre mexicaine, que j’ai eu la joie de visiter récemment et que je porte encore dans mon cœur », a encore assuré Benoît XVI.

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18.04.2012

CHINE - La célébration de Pâques: récolte des fruits et point de départ de l’Evangélisation de printemps

baptism.china.jpegShi Jia Zhuang (Agence Fides) – La célébration de Pâques au sein des différentes communautés catholiques chinoises a été caractérisée par la récolte des « fruits de l’évangélisation » au travers de l’administration des sacrements de l’initiation chrétienne (baptême, confirmation, Eucharistie) aux catéchumènes et, dans le même temps, par un nouvel élan missionnaire pour le printemps. « L’évangélisation n’est pas une chose impossible mais elle requiert de la conviction, une bonne préparation et la formation dans la foi » : telle est l’expérience d’un catéchiste de la Paroisse de Ba Du dans le Diocèse de Ba Meng en Mongolie intérieure qu’il a voulu partager au cours de l’ouverture des initiatives pour l’Evangélisation de printemps, le 14 avril, en présence de l’Evêque ordinaire, S.Exc. Mgr Du Jiang.

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26.08.2011

Il y a 33 ans était élu le "Pape du sourire"

pape du sourire.jpgIl y a 33 ans, le 26 août 1978, les cardinaux réunis en Conclave choisissaient le Pape du sourire : le Patriarche de Venise, Albino Luciani, devenu Jean-Paul 1er n’allait occuper sa charge que pendant quelques jours et pourtant il a laissé une trace profonde dans l’Église. 
C’est ce que souligne le journaliste et théologien italien Gianni Gennari. Et il parle en connaissance de cause. Quand il venait à Rome le futur Pape logeait au petit séminaire où Gianni Gennari enseignait à l’époque. Ils eurent l’occasion de se rencontrer fréquemment en 1965, à l’occasion de la dernière session du Concile et puis au moment des Synodes convoqués par Paul VI. 

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14.06.2011

Le Pape exhorte le diocèse de Rome à relancer l'évangélisation

rome.JPGBenoît XVI a inauguré, ce lundi soir, le congrès ecclésial diocésain de Rome en la Basilique de Saint-Jean-de-Latran, cathédrale de Rome. Après deux années de réflexion consacrées respectivement à la participation à la messe dominicale et au témoignage de la charité, la réflexion va se focaliser sur l’initiation chrétienne jusqu’en 2012, avec une attention particulière accordée au rôle des familles et à la formation des catéchistes. Ce congrès qui se poursuivra jusqu’à jeudi a pour thème "Ils eurent le cœur transpercé" - La joie d’éveiller à la foi dans l’Eglise de Rome. Un rendez-vous annuel qui, selon le cardinal vicaire, Agostino Vallini, réunit les forces vives et actives de l’Eglise de Rome. 

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13.06.2011

Benoît XVI à Saint-Jean-de-Latran : 'Ils eurent le coeur transpercé'

saint-jean-de-latran.JPGBenoît XVI ouvrira ce lundi soir, à 19h30, le congrès ecclésial diocésain de Rome dans la Basilique de Saint-Jean-de-Latran, cathédrale de Rome. Après deux années de réflexion consacrées respectivement à la participation à la messe du dimanche et au témoignage de la charité, la réflexion va se focaliser sur l’initiation chrétienne jusqu’en 2012, avec une attention particulière accordée au rôle des familles et à la formation des catéchistes.

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29.06.2010

La Congrégation pour l'évangélisation des peuples publie une note de mise au point

Ces dernières semaines, la Congrégation pour l’évangélisation des peuples a été au cœur d’une polémique. Un ancien ministre italien aurait acquis de cette Congrégation un immeuble du centre de Rome à un quart de sa valeur réelle, en échange de faveurs au profit de son ex-préfet le Cardinal Sepe. Le Saint-Siège, tout en respectant le travail de la justice, tient à apporter des précisions sur un organisme important pour l’Église catholique.

Une note a été publiée aujourd’hui en forme de mise au point. Les précisions d’Olivier Tosseri (Radio Vatican): >>


La Congrégation pour l’évangélisation des peuples a un but premier et fondamental : guider et soutenir les jeunes Églises. Une vaste tâche qui comprend notamment la coordination et l’action des missionnaires à travers le monde ou encore la formation des clergés locaux, des catéchistes ou des acteurs pastoraux. Pour accomplir cette mission, la congrégation dirige et entretient à Rome une vaste série de structures destinée à la formation. Des universités et des collèges au service de milliers d’étudiants et de centaines de prêtres, séminaristes, religieux ou laïcs venus des cinq continents. Une œuvre primordiale pour l’avenir de ces jeunes Églises et de l’Église catholique dans son ensemble.

Mais la Congrégation ne néglige nullement le présent. Elle aide à la construction de nouvelles églises, participe financièrement à des programmes d’alphabétisation, d’éducations, de santé dans les pays les plus pauvres. Un financement qui provient principalement de la collecte des dons effectuée lors de la journée mondiale pour les missions et entièrement distribués par les Œuvres Pontificales Missionnaires.

Autre ressource, les revenus du patrimoine financier et immobilier constitué depuis des décennies grâce aux dons de bienfaiteurs. Ces dernières années des structures et des procédures ont été instituées pour garantir une gestion professionnelle. Cette mise au point permet de mieux comprendre l’identité et la valeur profonde d’une institution vitale pour l’Église et qui mérite le soutien de tous ceux qui ont à cœur le bien de l’homme et son développement intégral.

25.04.2010

Benoît XVI invite les prêtres à adhérer à leur propre vocation par une ascèse sévère

En ce dimanche de prière pour les vocations, Benoit XVI lors de la prière du Regina Coeli, à midi Place Saint Pierre, a exhorté les prêtres à adhérer à leur propre vocation et mission à travers une ascèse sévère, et stimulés par l’Année sacerdotale en cours, à s’engager à un témoignage évangélique plus fort et incisif dans le monde d’aujourd’hui, se souvenant que le prêtre poursuit l’œuvre de la Rédemption sur la Terre. Le Pape les a encore incités à se rendre disponibles à l’écoute et au pardon, à l’adoration devant le tabernacle, à la fraternité sacerdotale.

 

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Des paroles qui prennent tout leur sens en ces temps de tourmente pour l’Eglise catholique en proie avec des affaires d’abus sexuels sur mineurs. A noter que lors de cette prière du Regina Coeli le Pape a salué tout particulièrement les membres de l’Association Meter qui depuis une quinzaine d’années promeut la Journée nationale italienne pour les enfants victimes de la violence, de l’exploitation et de l’indifférence. Le Pape en a profité pour féliciter tous ceux qui se consacrent à la prévention et à l’éducation, en particulier les parents, les enseignants, et tant de prêtres, de religieuses, de catéchistes et d’animateurs qui travaillent avec les enfants dans les paroisses dans les écoles et les associations. Nombre d’entre eux étaient présents Place Saint Pierre, la délégation de l’association Meter qui s’occupe notamment de victimes d’abus pédophiles était très bien représentée forte de l’appui reçu par ailleurs ces jours-ci du Président de la République italienne, Giorgio Napolitano qui s’est félicité de cet impératif éthique de la défense des mineurs.


Au terme du Regina Coeli le Pape a remercié tous ceux qui par la prière et l’affection le soutiennent dans son ministère. Ce samedi rappelons que le Pape fêtait les 5 ans du début véritablement de son pontificat. Le Cardinal Bagnasco, président des évêques italiens n’a pas manqué pour l’occasion de renouveler la fidélité de l’Eglise italienne au Pape, dans ce moment d’épreuves et de souffrance.

Mais écoutons le Pape s’adresser aux pèlerins de langue française au sujet de ce dimanche de prière pour les vocations:  >>

 

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C’est la prière la première forme de témoignage qui suscite des vocations. Et il est du devoir des parents de prier pour que le cœur de leurs enfants s’ouvre à l’écoute de l’appel de Dieu, a encore déclaré Benoît XV. Le Pape a pris pour exemple Sainte Monique qui suppliait Dieu avec insistance pour obtenir la grâce de voir son fils Augustin devenir chrétien. Et qui devint ensuite un saint.

 

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Et pour cette Journée de prière pour les vocations, le Pape a cité en exemple pour les prêtres les deux nouveaux bienheureux que sont le carme italien Angelo Paoli et le capucin catalan José Tous i Soler, le premier apôtre de la charité, béatifié ce dimanche à Rome et le second protagoniste d’une intense vie de pénitence et béatifié à Barcelone, en présence du Cardinal Secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone.

 

(Radio Vatican)

05.05.2009

L’identité et le rôle du laïc catéchiste dans l’Eglise Communion et Mission

« L’identité et le rôle du laïc catéchiste dans l’Eglise Communion et Mission » :


Rome (Agence Fides) – La deuxième et dernière Journée d’étude, organisée par le Collège Missionnaire Saint Joseph à l’Université Urbanienne, a été consacrée à l’identité du laïc catéchiste dans une perspective théologique et pédagogique.


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Le matin du 29 avril le point de départ a été le Décret Conciliaire « Lumen Gentium » qui, explique Madame Sandra Mazzolini (photo), professeur à la faculté de Missiologie,

« qualifie l’Eglise comme Mystère de communion, Sacrement et Peuple de Dieu. C’est l’horizon ecclésiologique de fond, dont découlent les fondements de l’identité et du rôle des catéchistes… Dans l’Evangile de Luc, le titre d’Apôtre est utilisé de manière presque exclusive pour les Douze, alors que, dans la prédication de saint Paul, il est utilisé pour préciser un concept d’apôtre différent en partie de celui de Luc, plus proche du modèle de la vocation prophétique, et centré sur l’annonce de l’Evangile. Le concile Vatican II a redonné tout son caractère central à ce modèle, par la valeur du sacerdoce commun de tous les baptisés, qui implique une communication circulaire de tout les biens spirituels. On comprend ainsi comment l’apostolat devient une fonction essentiellement liée à la fondation et à la croissance de chaque nouvelle communauté de croyants dans le Christ ».


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La formation spécifique des catéchistes a été l’objet de l’intervention du professeur Silvestro Paluzzi (photo), professeur de psychologie à l’Institut Supérieur de Catéchèse et de Spiritualité Missionnaire.

« Il est demandé avant tout au catéchiste d’entrer dans un itinéraire de conversion continue et de mise à jour constante, pour une mission plus efficace auprès des hommes. Se configurer au Christ dans l’être et dans l’action, et non seulement apprendre des notions ou se mettre à jour, mais se décider pour le Christ et l’imiter… La formation comprend aussi des éléments fondamentaux de psychologie (structure de la personnalité, psychologie religieuse et autres). Mais la psychologie, à elle seule, n’est pas en mesure d’offrir une vision vraiment intégrale de la personne. Il est nécessaire en revanche de faire la synthèse interdisciplinaire (différente de toute forme de syncrétisme) entre sciences humaines et métapsychologies, et la récupération de cette complexité qui inclut esprit et psyché, vit et foi ».


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Le professeur Luca Pandolfi (photo), Directeur du Centre de Communications Sociales de l’Université Urbanienne, a ouvert la deuxième partie des interventions consacrées aux moyens de communication de masse et aux nouvelles technologies pour la catéchèse. Un parcours « multimédia » réalisé en collaboration avec les étudiants du campus universitaire présente les « sept pas sur le chemin d’Emmaüs », représentation métaphorique des langages qui vont au cœur du témoignage chrétien (silence, écoute, annonce, prophétie). « Le corps humain, dans son intégrité et dans sa complexité, est le centre du processus de communication.

Madame Yolanda Valero Cardenas, catéchiste colombienne, souligne en revanche l’influence des moyens d’information et d’Internet dans l’expérience de foi.

« Il ne fait pas de doute que l’une des tâches de la catéchèse est l’éducation à la vie communautaire, qui se fonde sur les rapports vitaux entre personnes et groupes pour parcourir ensemble un chemin d’interaction et de communion. S’il est vrai que l’espace cyber ne peut remplacer une communauté interpersonnelle authentique, ni même l’annonce directe de l’Evangile, il est non mois vrai le fait qu’il peut servir de complément, en aidant les personnes à vivre pleinement leur foi. Si le Christ est incarné dans notre histoire et a parlé notre langage, alors, aucun catéchiste ne peut penser qu’il peut parler à ses interlocuteurs sans se servir des langues des nouveaux moyens de communication, qu’il faut certainement utiliser avec sagesse et avec prudence, comme le conseille le Magistère de l’Eglise ».


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Dans l’après-midi, le Cardinal Ivan Dias (photo), Préfet de la congrégation pour l’Evangélisation des Peuples, a présidé la Messe concélébrée dans la chapelle de l’Université Urbanienne, et a remis le Mandat Missionnaires aux catéchistes du Collège Saint Joseph. Il leur a déclaré :

« Je vous demande d’approfondir votre foi par l’écoute et par la méditation de la Parole, et de collaborer à la recherche commune pour trouver les voies les meilleurs pour l’inculturation de l’Evangile ».

(Agence Fides, 30 avril 2009)

29.03.2009

Benoît XVI en Afrique : le vrai voyage

Jean Flouriot est géographe, spécialiste de l’Afrique où il séjourne plusieurs mois par an, consultant de plusieurs administrations africaines : il présente le voyage de Benoît XVI en rapprochant les propos du pape de la réalité de la situation locale.


BENOIT XVI est allé en Afrique comme « père » de l’Église universelle : « Je viens parmi vous comme un pasteur, je viens pour confirmer mes frères et sœurs dans la foi. C’est la mission que le Christ a confiée à Pierre à la dernière Cène, et c’est la mission des successeurs de Pierre. »

Le pape vient aussi en messager de la paix sur un continent trop souvent à la une de l’information pour les violences qui s’y perpètrent : « Et maintenant, je viens moi-même pour remettre l’Instrumentum laboris de la Deuxième Assemblée spéciale, qui se tiendra à Rome en octobre prochain. Les Pères du Synode réfléchiront ensemble sur le thème : L'Église en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix : “Vous êtes le sel de la terre… vous êtes la lumière du monde” (Mt 5, 13-14). »

L’évangélisation et la paix par la justice : voilà les deux axes essentiels du voyage de Benoît XVI. Le pape va les décliner devant tous ses interlocuteurs.



Aux évêques, au clergé, aux religieux et religieuses : « annoncer l’Évangile »

Annoncer l’Évangile à tous « car nombreuses sont encore les personnes qui attendent le message d’espérance et d’amour qui leur permettra de connaître la liberté, la gloire des enfants de Dieu ». L’Angola célèbre le 500e anniversaire de son évangélisation : un royaume chrétien occupait le nord du pays aux XVIe et XVIIe siècles. Il a disparu et la pleine évangélisation n’a qu’un peu plus d’un siècle (et, au nord du Cameroun une cinquantaine d’années). Même dans des pays considérés comme « chrétiens » tels l’Angola ou la RD Congo, il n’y a que 50% de baptisés.

« L’annonce de l’Évangile est le propre de l’évêque. » Dans sa mission d’évangélisateur, l’évêque s’appuie sur les prêtres et les personnes consacrées. Envers elles, l’évêque a un devoir de vigilance car « l’authenticité de leur témoignage exige qu’il n’y ait pas d’écart entre ce qu’ils enseignent et ce qu’ils vivent tous les jours ». Le pape se réjouit des nombreuses candidatures au sacerdoce mais demande un « discernement sérieux ». Et surtout, le pape demande aux évêques d’être en communion entre eux et avec leurs prêtres, « d’être pour eux un père et un frère qui les aime, qui les écoute, qui les réconforte dans leurs épreuves, qui porte une attention privilégiée à leur bien-être humain et matériel ». L’évêque n’est pas un « chef », il est un père…

Benoît XVI met aussi en valeur le soutien matériel, moral et spirituel que l’évêque doit apporter aux catéchistes dont le rôle reste essentiel car « par eux se réalise une authentique inculturation de la foi ». Les catéchistes ont été les auxiliaires indispensables des missionnaires, auxquels le pape a rendu hommage, et ils sont encore bien souvent responsables des communautés aussi bien en ville qu’en milieu rural. En effet, les vocations sont nombreuses, les séminaires sont pleins mais il y a encore, proportionnellement, quatre fois moins de prêtres en Afrique qu’en Europe et la moitié des prêtres présents sur le continent sont des étrangers.


Et le travail apostolique est loin d’être terminé. La sorcellerie est omniprésente même chez les chrétiens et, parfois, au sein du clergé :

« Il vous revient, frères et sœurs, dans le sillage des saints et héroïques messagers de Dieu, de présenter le Christ ressuscité à vos concitoyens. Ils sont si nombreux à vivre dans la peur des esprits, des pouvoirs néfastes dont ils se croient menacés ; désorientés, ils en arrivent à condamner les enfants des rues et aussi les anciens, parce que – disent-ils – ce sont des sorciers. Qui ira auprès d’eux pour leur dire que le Christ a vaincu la mort et toutes les puissances des ténèbres (cf. Ep 1, 19-23 ; 6, 10-12) ? »


La beauté et la ferveur des cérémonies liturgiques auront une fois de plus frappé les observateurs et téléspectateurs. Le pape souhaite « que la joie ainsi exprimée ne soit pas un obstacle mais un moyen pour entrer en dialogue et en communion avec Dieu par une réelle intériorisation des structures et des paroles de la liturgie ».

Enfin, « l’Église est une véritable famille de Dieu, réunie dans l’amour fraternel, ce qui exclut tout ethnocentrisme et tout particularisme excessif et contribue à la réconciliation et à la collaboration entre les ethnies pour le bien de tous ». Les rivalités ethniques ne sont pas absentes des structures ecclésiales ; la mission de l’évêque est de « susciter et encourager l’exercice de la charité ».

Aux familles : « la dignité de la femme »

Le 19 mars, fête de saint Joseph, le pape célébrait la messe au stade de Yaoundé devant plusieurs dizaines de milliers de fidèles. Il a axé son homélie sur le rôle de la famille. On remarquera, au passage, que Benoît XVI respecte scrupuleusement la liturgie : ses homélies « expliquent un aspect des lectures scripturaires… de la messe du jour en tenant compte soit du mystère que l’on célèbre, soit des besoins particuliers des auditeurs [1] ».

Comme ailleurs, la famille est menacée :

« La famille connaît effectivement, dans votre pays et dans le reste de l’Afrique, une période difficile... Les rapports entre générations ont évolué de telle manière qu'ils ne favorisent plus comme avant la transmission des connaissances antiques et de la sagesse héritée des aïeux. Trop souvent, on assiste à un exode rural comparable à celui que de très nombreuses périodes humaines ont connu elles aussi. La qualité des liens familiaux s’en trouve profondément affectée. Déracinés et fragilisés, les membres des jeunes générations, souvent — hélas ! — sans véritable travail, cherchent des remèdes à leur mal de vivre dans des paradis éphémères et artificiels importés dont on sait qu’ils ne parviennent jamais à assurer à l’homme un bonheur profond et durable. Parfois aussi l’homme africain est contraint à fuir hors de lui-même et à abandonner tout ce qui faisait sa richesse intérieure. »


Avec Dieu tout est possible. Il faut espérer contre toute espérance :

« Chers pères et chères mères de famille qui m’écoutez, avez-vous confiance en Dieu qui fait de vous les pères et les mères de ses enfants d’adoption ? Acceptez-vous qu’Il compte sur vous pour transmettre à vos enfants les valeurs humaines et spirituelles que vous avez reçues et qui les feront vivre dans l’amour et le respect de son saint Nom ? Aujourd’hui où tant de personnes sans scrupule cherchent à imposer le règne de l’argent au mépris des plus démunis, il vous faut être très attentifs. L’Afrique en général, et le Cameroun, en particulier, sont en danger s’ils ne reconnaissent pas le Véritable Auteur de la Vie ! Frères et sœurs du Cameroun et de l’Afrique, vous qui avez reçu de Dieu tant de qualités humaines, ayez soin de vos âmes ! Ne vous laissez pas fasciner par de fausses gloires et de faux idéaux ! »


Cet encouragement vaut non seulement pour l’Afrique mais pour toutes les familles du monde affrontant les mêmes difficultés.

A Luanda, Benoît XVI a consacré une rencontre spéciale aux mouvements catholiques pour la promotion de la femme. La femme détient « les sources de la vie ». A Yaoundé, le pape a rappelé que « pour l’Écriture Sainte comme pour la meilleure sagesse de votre continent, l’arrivée d’un enfant est une grâce, une bénédiction de Dieu. L’humanité est aujourd’hui conviée à modifier son regard : en effet, tout être humain, tout petit d’homme, aussi pauvre soit-il, est créé “à l’image et à la ressemblance de Dieu” (Gn 1, 27). Il doit vivre ! La mort ne doit pas l’emporter sur la vie ! La mort n’aura jamais le dernier mot ! »

Il y a encore beaucoup à faire pour que soit reconnue l’égale dignité de l’homme et de la femme : « Je vous exhorte tous à une réelle prise de conscience des conditions défavorables auxquelles ont été – et continuent d’être – soumises de nombreuses femmes, en examinant dans quelle mesure la conduite des hommes, leur manque de sensibilité ou de responsabilité peuvent en être la cause. » À Yaoundé, le pape avait donné saint Joseph comme exemple aux pères de famille : « Comme saint Joseph, chers pères de famille, respectez et aimez votre épouse. »

Mais c’est dans son adresse aux hommes politiques que le Saint-Père se fera le plus précis et le plus exigeant :

« Est particulièrement bouleversant le joug opprimant des discriminations qui pèsent sur les femmes et sur les jeunes filles, sans parler de l’innommable pratique de la violence et de l’exploitation sexuelle qui leur cause tant d’humiliations et de traumatismes. Je dois également mentionner un autre grave sujet de préoccupation : les politiques de ceux qui, dans l’illusion de faire progresser l’“édifice social”, en menacent les fondements mêmes. Combien est amère l’ironie de ceux qui promeuvent l’avortement au rang des soins de la santé des “mamans” ! Combien est déconcertante la thèse de ceux qui prétendent que la suppression de la vie serait une question de santé reproductive (cf. Protocole de Maputo, art. 14 [2]) ! »


Aux autorités politiques et au corps diplomatique : "la paix par la justice"

Benoît XVI renvoie aux hommes politiques une image fort sombre du continent. La guerre dévore l’Afrique : « La guerre peut détruire tout ce qui est précieux (cf. 2 Ch 36, 19) : des familles, des communautés entières, le fruit du travail des hommes, les espoirs qui guident et soutiennent leurs vies et leur travail ! Une telle expérience est malheureusement trop familière à l’Afrique tout entière : le pouvoir destructeur de la guerre civile, la chute vertigineuse dans le tourbillon de la haine et de la vengeance, le gaspillage des efforts de générations de personnes honnêtes ».

Mais elle n’est pas le seul fléau qui accable le continent : « Nous pensons au fléau de la guerre, aux conséquences cruelles du tribalisme et des rivalités ethniques, à la cupidité qui corrompt le cœur de l’homme, réduit en esclavage les pauvres et prive les générations futures des ressources dont elles auront besoin pour créer une société plus solidaire et plus juste – une société vraiment et authentiquement africaine dans son génie et dans ses valeurs. Et que dire de l’égoïsme insidieux qui fait se replier les individus sur eux-mêmes, divise les familles et, supplantant les grands idéaux de générosité et de dévouement, conduit inévitablement à l’hédonisme, à la fuite vers de faux paradis à travers l’usage de la drogue, à l’irresponsabilité sexuelle, à l’affaiblissement du lien matrimonial, à la destruction des familles et à l’élimination de vies humaines innocentes par l’avortement. »

Benoît XVI ne manie pas la « langue de buis ». Sa parole est forte pour montrer le chemin de la paix par la justice.

« L’Angola sait qu’est arrivé pour l’Afrique le temps d’être le continent de l’espérance. Tout comportement humain droit est espérance en action. Nos actions ne sont jamais indifférentes devant Dieu ; et elles ne le sont pas non plus pour le développement de l’histoire. Chers amis, avec un cœur intègre, magnanime et plein de compassion, vous pouvez transformer ce continent, libérant votre peuple du fléau de l’avidité, de la violence et du désordre en le conduisant sur le chemin indiqué par les principes indispensables à toute démocratie civile moderne : le respect et la promotion des droits de l’homme, un gouvernement transparent, une magistrature indépendante, des moyens de communication sociale libres, une administration publique honnête, un réseau d’écoles et d’hôpitaux fonctionnant de façon adéquate, et la ferme détermination, basée sur la conversion des cœurs, d’éradiquer une fois pour toutes la corruption… les habitants de ce continent demandent à juste titre une conversion profonde, authentique et durable des cœurs à la fraternité. Leur exigence vis-à-vis de ceux qui œuvrent dans la politique, dans l’administration publique, dans les agences internationales et dans les compagnies multinationales est avant tout celle-ci : soyez à nos côtés de façon vraiment humaine, accompagnez-nous, ainsi que nos familles et nos communautés ! »


Aux Africains de prendre leurs responsabilités mais à la communauté internationale de tenir ses promesses : quand les pays riches réaliseront-ils leur promesse de consacrer 0,7% de leur PIB au développement des pays pauvres ?

Le message du pape a été reçu en Afrique par des foules joyeuses et ferventes bien loin des polémiques européennes. Benoît XVI a donné à l’Afrique un message d’espérance. L’Église qui est en Afrique va maintenant se mettre en route pour le synode du mois d’octobre. L’un des objectifs du voyage était la présentation de l’instrumentum laboris de ce synode. Ce document préparé par le conseil spécial pour l’Afrique du synode des évêques fait un tableau des ombres et des lumières de l’Afrique au sud du Sahara. Il nous dit comment l’Église perçoit l’Afrique et son avenir chrétien. Il mérite une chronique spéciale qui paraîtra prochainement.

 

26 mars 2009 | Jean Flouriot

libertepolitique.com