20/01/2010

Haïti: les religieux se mettent au travail pour aider les rescapés

Tous les évêques sont à pied d'œuvre dans leurs diocèses respectifs par le biais des organes de la pastorale sociale pour accompagner ceux qui en ont besoin, écrit à la MISNA Mgr Guire Poulard (photo), évêque de Les Cayes (à 196 kilomètres au sud-ouest de Port-au-Prince), ville un peu moins éprouvée par le séisme du 12 janvier dernier que la capitale et d'autres communes limitrophes.

 

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La communauté religieuse n'a pas été épargnée elle non plus par le terrible tremblement de terre et les obsèques de l'une de ses victimes les plus emblématiques, Mgr Serge Miot, archevêque de Port-au-Prince, seront célébrées samedi 23 janvier dans la capitale, a indiqué Mgr Poulard.

Au total, plus de 100 religieux et religieuses auraient péri ou seraient toujours portés disparus, selon l'agence Fides, citant père Gabriel Naranjo Salazar, secrétaire général de la Confédération d'Amérique Latine et des Caraïbes des religieux et religieuses (Clar).

Des sources missionnaires de la MISNA à Port-au-Prince fournissent de nouvelles informations sur les dégâts subis par les diverses congrégations et rapportent le décès de père Jean-Baptiste Henri Fils (montfortain), de plusieurs séminaristes (de huit à 12, selon les bilans transmis) et de frère Weedy Alexis (oblat). La maison provinciale et le scolasticat des pères Oblats se sont effondrés, de même que l'école gérée par les sœurs de Sainte Hyacinthe, dont la maison provinciale a par ailleurs été coupée en deux.

Le Conseil épiscopal latino-américain (Celam) a appelé toutes les Conférences épiscopales d'Amérique Latine à promouvoir la solidarité en collaboration avec les organisations sociales et caritatives de l'Église et de la société civile de Haïti et de la République Dominicaine. L'organisation Caritas a déjà fait parvenir des aides dans le pays, notamment des couvertures, des tentes, de l'eau, des vivres et des kits pour l'hygiène ; de plus, des services médicaux ont déjà été mis en place et l'organisation prévoit d'installer six hôpitaux de campagne.

"Maintenant, nous devons construire à nouveau pour pouvoir vivre ensemble. Nous devons le faire d’une manière qui élimine les préjugés et la discrimination et qui engendre la confiance. Nous devons le faire de manière à susciter la solidarité et l’ouverture d’esprit", écrit dans un communiqué Mgr Pierre Dumas, président de Caritas Haïti et évêque d'Anse-à-veaux-Miragoâne.

En attendant, les habitants des petites communes elles aussi affectées par le séisme - comme Gressier, Léogâne (détruite à hauteur de 90%), Petit Goâve et Grand Goâve - craignent d'être oubliés par le réseau des premières aides activé à Port-au-Prince. À Jacmel, à 90 kilomètres au sud de la capitale, père Filippo écrit :

"Au centre de pastorale, nous accueillons depuis les événements plus d'une vingtaine de familles dont les maisons sont détruites ou endommagées. Le soir, ils sont nombreux ceux qui viennent seulement coucher chez nous car ils sont encore choqués et ont peur. Nous avons besoin d'aide".

(CC/CN)

MISNA