01.04.2012

Non pas de la musique sacrée, mais des bruits d'assaut

musique.sacree.jpegAprès le chœur de la Chapelle Sixtine, le conservatoire du Saint-Siège est à son tour sur le point d'être conquis par les responsables de la dérive musicale de ces dernières décennies. Le pape garde le silence ...

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17.06.2011

L'Église et l'art se rencontrent pour les 60 ans de sacerdoce de Benoît XVI

benoit xvi ordination sacerdotale.JPGLe 29 juin prochain, Benoît XVI célèbrera le 60ème anniversaire de son ordination sacerdotale. Le Pape, ordonné prêtre pour le diocèse de Freising, en Allemagne, le 29 juin 1951, inaugurera le 4 juillet 2011, au Vatican, dans l’atrium de la Salle Paul VI, une exposition qui lui rend hommage. Il s’agit d’une initiative inédite voulue par le cardinal Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture, dans le sillage de l’importante rencontre du Pape avec les Artistes qui s’était tenue le 21 novembre 2009 dans la chapelle Sixtine. A cette occasion, Benoît XVI adressera un discours aux artistes.

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30.06.2010

Remise du pallium : témoignages d'archevêques

Sur la place Saint-Pierre, la chaleur est caniculaire. Dans la basilique, le climat est tout autre. Des milliers de fidèles sont venus assister à la messe du pape. La basilique Saint-Pierre est particulièrement grandiose ce 29 juin. C’est jour de fête, les rues de Rome sont vides, l’église est pleine.

 

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Sous le regard impassible de la statue de Saint-Pierre, revêtue pour l’occasion des ornements pontificaux, et au son des voix du chœur de la chapelle Sixtine, les 38 archevêques métropolitains ont reçu des mains du pape le pallium. Charles-François (Radio Vatican) était sur place et a rencontré plusieurs de ces archevêques, parmi ceux-ci, Mgr Samuel Kleda, archevêque de Douala, Mgr Tsarahazana, archevêque de Toamasina à Madagascar, et Mgr Demetrio Fernandez, évêque de Cordoue.

Écoutez son reportage: >>

25.03.2010

Le scandale de la pédophilie

Genèse d'un délit. La révolution des années Soixante

Le scandale de la pédophilie a toujours existé; ce qui lui a donné des proportions énormes, c'est le virage culturel d'il y a un demi-siècle. Benoît XVI l'a écrit dans sa lettre aux catholiques d'Irlande, que commentent deux cardinaux et un sociologue


par Sandro Magister





ROME, le 25 mars 2010 – La loi et la grâce. La main de Dieu parvient là où la justice terrestre n’arrive pas. Dans sa lettre du 19 mars, Benoît XVI a ordonné aux catholiques d'Irlande ce qu’aucun pape de l’époque moderne n’a jamais ordonné à toute l’Église d’un pays.

Il leur a enjoint non seulement de déférer les coupables devant les tribunaux canoniques et civils mais aussi de se mettre collectivement en état de pénitence et de purification. Et cela non pas dans le secret de leurs consciences mais de manière publique, sous les yeux de tous, y compris leurs adversaires les plus implacables et les plus moqueurs. Jeûne, prière, lecture de la Bible et activités caritatives tous les vendredis à partir de maintenant jusqu’à Pâques de l’année prochaine. Confession sacramentelle fréquente. Adoration continuelle de Jésus – lui-même "victime de l’injustice et du péché" – devant la sainte hostie exposée sur les autels des églises. Et pour tous les évêques, prêtres et religieux, sans exception, une période spéciale de "mission", un long et rude parcours d’exercices spirituels pour une révision de vie radicale.

C’est une décision audacieuse qu’a prise là le pape Benoît XVI. Parce que le prophète Jonas lui-même ne croyait plus que Dieu pardonnerait à Ninive pour ses péchés, en dépit de la cendre de la pénitence et des sacs dont tous étaient couverts, depuis le roi jusqu’à la dernière des bêtes.

Et aujourd’hui encore beaucoup de gens concluent que l’Église reste condamnée irrémédiablement, même après la lettre dans laquelle le pape lui-même se déclare plein de honte et de remords à cause des abominations commises sur des enfants par certains prêtres, vis-à-vis desquelles certains évêques ont fait preuve d’une négligence coupable.

Et pourtant le pardon de Dieu est descendu même sur Ninive et le sceptique Jonas a dû revenir sur son opinion.  Ce prophète, Michel-Ange l’a justement représenté sur la partie supérieure du mur derrière l’autel de la Chapelle Sixtine, pour montrer que le pardon de Dieu est la clé de tout, depuis la création du monde jusqu’au jugement dernier.

Dimanche 21 mars, tandis que l’on donnait lecture de sa lettre dans les églises d'Irlande, Benoît XVI a commenté, pour les fidèles réunis sur la place Saint-Pierre au moment de l'Angélus, le pardon de Jésus à la femme adultère : "Il sait ce qu’il y a dans le cœur de chaque être humain, il veut condamner le péché, mais sauver le pécheur et démasquer l'hypocrisie". L'hypocrisie de ceux qui voulaient lapider la femme, bien qu’étant eux-mêmes les premiers à pécher.

Intransigeance vis-à-vis du péché, "en commençant par le nôtre", et miséricorde vis-à-vis des personnes. Telle est la leçon que Joseph Ratzinger veut appliquer à l’affaire irlandaise et, plus largement, à l’Eglise tout entière.

D’un côté, les rigueurs de la loi. Le prix de la justice devra être payé intégralement. Les diocèses, les séminaires, les congrégations religieuses où l’on a laissé se commettre des méfaits sont avertis : des visiteurs apostoliques vont venir du Vatican pour découvrir ce qui s’est passé et, même là où il n’y aura pas lieu de faire intervenir la justice civile, la discipline canonique punira ceux qui auront été négligents.

Mais, en même temps, le pape allume la lumière de la grâce. Il ouvre la porte du pardon de Dieu même à ceux qui se sont rendus coupables des pires abominations, s’ils se repentent sincèrement.

Quant à ceux qui se tiennent au premier rang des accusateurs, ceux qui sont les plus armés de pierres contre l’Église, aucun d’entre eux n’est sans péché. Pour ceux qui exaltent la sexualité comme pur instinct, libre de toute entrave, il est difficile de condamner ensuite tout abus qui en est fait.

La tragédie de certains prêtres et religieux, a écrit Benoît XVI dans sa lettre pastorale, a aussi été de céder à ce genre de "façons de penser" si répandues, au point d’en arriver à justifier l'injustifiable.

Une faiblesse qui ne peut certainement pas être reprochée à Ratzinger évêque et pape, même par ses adversaires les plus acharnés, s’ils sont sincères.



Le commentaire reproduit ci-dessus est publié dans "L'Espresso" n. 13 de 2010, en kiosque depuis le 26 mars.

A la fin, ce commentaire fait référence à un paragraphe précis - le quatrième - de la lettre de Benoît XVI aux catholiques d'Irlande.

C’est le paragraphe dans lequel le pape évoque les raisons qui ont favorisé, à partir des années Soixante du siècle dernier, l'expansion des abus sexuels commis par le clergé et surtout l'incapacité à en comprendre la gravité.

Le voici en entier.


BENOÎT XVI. LE PARAGRAPHE 4 DE SA LETTRE



"Au cours des dernières décennies, l’Église dans votre pays a dû affronter de nouveaux et graves défis à la foi, découlant de la transformation et de la sécularisation rapides de la société irlandaise. Un changement social très rapide a eu lieu, qui a souvent eu des effets contraires à l’adhésion traditionnelle des Irlandais à l’enseignement et aux valeurs catholiques. Très souvent, les pratiques sacramentelles et de dévotion qui soutiennent la foi et lui permettent de croître, comme par exemple la confession fréquente, la prière quotidienne et les retraites annuelles, ont été négligées.

"Au cours de cette période, la tendance, y compris chez certains prêtres et religieux, à adopter des façons de penser et de considérer les réalités séculières sans référence suffisante à l’Évangile, a été déterminante. Le programme de renouveau proposé par le Concile Vatican II a parfois été mal interprété et, à vrai dire, à la lumière des profonds changements sociaux qui avaient lieu, il était très difficile de savoir quelle était la meilleure façon de l’appliquer. En particulier, il y a eu une tendance, dictée par de justes intentions mais erronée, à éviter d’aborder sous l’angle pénal les situations canoniques irrégulières. C’est dans ce contexte général que nous devons chercher à comprendre le problème préoccupant des abus sexuels commis sur des enfants, qui a grandement contribué à l’affaiblissement de la foi et à la perte de respect pour l’Église et pour ses enseignements.

"Ce n’est qu’en examinant avec attention les nombreux éléments qui ont donné naissance à la crise actuelle qu’il est possible d’entreprendre un diagnostic clair de ses causes et de trouver des remèdes efficaces. Il est certain que, parmi les facteurs qui y ont contribué, nous pouvons citer : des procédures inadéquates pour déterminer l’aptitude des candidats au sacerdoce et à la vie religieuse ; une formation humaine, morale, intellectuelle et spirituelle insuffisante dans les séminaires et les noviciats ; une tendance de la société à favoriser le clergé et d’autres figures d’autorité, ainsi qu’une préoccupation hors de propos pour la réputation de l’Église et pour éviter les scandales, qui ont eu pour résultat la non-application des peines canoniques en vigueur et l’absence de protection de la dignité de chaque personne. Il faut agir d’urgence pour traiter ces facteurs, qui ont eu des conséquences si tragiques pour les vies des victimes et de leurs familles et qui ont diminué la lumière de l’Evangile plus gravement qu’au cours des siècles de persécution".


Deux cardinaux et un spécialiste de la sociologie des religions, entre autres, se sont exprimés à propos des facteurs culturels analysés par le pape.


LE COMMENTAIRE DU CARDINAL BAGNASCO


Le premier des deux cardinaux est Angelo Bagnasco, archevêque de Gênes et président de la conférence des évêques d’Italie (CEI).

Voici comment, le lundi 22 mars, dans le discours par lequel il a ouvert les travaux du conseil permanent de la CEI, Bagnasco a conclu le passage consacré à la lettre du pape aux catholiques d'Irlande :

"Différentes personnes, y compris des non-catholiques, ont souligné que, depuis un certain temps déjà, le phénomène de la pédophilie apparaît tragiquement répandu dans divers milieux et dans plusieurs catégories de personnes. Mais ce point, loin d’être mentionné ici pour diminuer ou relativiser la gravité spécifique des faits signalés dans les milieux ecclésiastiques, est plutôt un avertissement incitant à percevoir l’ampleur objective de la tragédie. Au moment même où elle se sent humiliée, l’Église apprend du pape à ne pas avoir peur de la vérité, même quand celle-ci est douloureuse et odieuse, à ne pas la taire, à ne pas la couvrir. Mais cela ne signifie pas subir – quand il y en a – des stratégies de discrédit généralisé.

"En réalité nous devons tous nous interroger, en rejetant désormais tout faux-fuyant, à propos d’une culture qui, de nos jours, règne incontestée et favorisée, et qui tend progressivement à effilocher le tissu conjonctif de toute la société, en se moquant, le cas échéant, de ceux qui résistent et tentent de s’opposer : c’est l’attitude de ceux qui cultivent une autonomie absolue vis-à-vis des critères du jugement moral et qui propagent comme bons et séduisants des comportements inspirés de désirs individuels et d’instincts parfois effrénés. Mais l’exacerbation de la sexualité détachée de son sens anthropologique, l’hédonisme à tout va et le relativisme qui n’admet ni barrières ni sursauts font beaucoup de mal parce qu’ils sont spécieux et parfois, sans que l’on s’en rende compte, omniprésents.

"Alors il faut que nous recommencions tous à appeler les choses par leur nom, toujours et partout, à identifier le mal dans sa gravité croissante et ses manifestations multiples, pour ne pas nous trouver, avec le temps, face à la prétention d’une aberration revendiquée sur le plan des principes".


LE COMMENTAIRE DU CARDINAL RUINI



Le second cardinal est Camillo Ruini, président du comité pour le projet culturel de l’Église italienne, prédécesseur de Bagnasco à la présidence de la CEI et vicaire du pape pour le diocèse de Rome de 1991 à 2008.

Dans une interview accordée au quotidien "il Foglio" du 16 mars, quelques jours avant que le pape ne publie sa lettre, Ruini a déclaré, entre autres :

"À mon avis, la campagne de diffamation contre l’Église catholique et le pape que mènent les médias s’inscrit dans cette stratégie qui est à l’œuvre depuis des siècles et que Friedrich Nietzsche théorisait déjà avec le goût du détail. Selon Nietzsche, l’attaque décisive contre le christianisme ne peut pas être portée sur le plan de la vérité mais sur celui de l’éthique chrétienne, qui serait l’ennemie de la joie de vivre. Alors je voudrais demander à ceux qui lancent les scandales de la pédophilie principalement contre l’Église catholique, en mettant éventuellement sur le tapis le célibat des prêtres, s’il ne serait pas plus honnête et plus réaliste de reconnaître que ces déviations, et d’autres, liées à la sexualité accompagnent certainement toute l’histoire du genre humain mais aussi qu’à notre époque, ces déviations sont encore plus stimulées par la ‘libération sexuelle’ si vantée".

Et aussi :

"Lorsque l’exaltation de la sexualité envahit tout l’espace de la vie et que l’autonomie de l’instinct sexuel par rapport à tout critère moral est revendiquée, il devient difficile de faire comprendre que certains abus déterminés doivent absolument être condamnés. En réalité la sexualité humaine, dès son début, n’est pas simplement instinctive, elle n’est pas identique à celle des autres animaux. Comme tout ce qui est humain, c'est une sexualité ‘pétrie’ de raison et de morale, qui peut être vécue de manière humaine et qui ne rend vraiment heureux que si elle est vécue de cette façon".



LE COMMENTAIRE DU PROFESSEUR INTROVIGNE


Le sociologue est le professeur Massimo Introvigne, président du CESNUR, Center for Studies on New Religion.

Dans un commentaire paru le 22 mars sur l’édition italienne du site de l'agence internationale "Zenit", Introvigne a notamment écrit :

"Ce que les Anglais et les Américains appellent 'the Sixties', les années Soixante, et les Italiens, en se concentrant sur l’année symbolique, 'il Sessantotto', apparaît de plus en plus comme une période de profond bouleversement des mœurs, ayant des effets cruciaux et durables sur la religion.

"Il y a d’ailleurs eu un Soixante-huit dans la société et un Soixante-huit dans l’Église : 1968 est justement l’année du désaccord public avec l’encyclique 'Humanae Vitae' de Paul VI, une contestation qui - selon une étude remarquable et influente du philosophe américain récemment disparu Ralph McInerny, 'Vatican II. Qu’est-ce qui est allé de travers ?' - constitue un point de non-retour dans la crise du principe d’autorité au sein de l’Église catholique. [...]

"Mais pourquoi les années Soixante ? Pour rester dans les îles britanniques, Hugh McLeod a publié sur ce sujet aux éditions Oxford University Press, en 2007, un important ouvrage, 'The Religious Crisis of the 1960s', qui fait le point sur les discussions en cours.

"Deux thèses se sont opposées : celle d’Alan Gilbert, qui pense que la révolution des années 1960 a été déterminée par le boom économique qui a répandu l’esprit de consommation et éloigné les populations des églises ; et celle de Callum Brown, pour qui le facteur décisif a été l’émancipation des femmes, suite à la diffusion de l’idéologie féministe, du divorce, de la pilule anticonceptionnelle et de l’avortement.

"McLeod pense - à juste titre selon moi - qu’une révolution d’une telle portée ne peut pas s’expliquer par un seul facteur. Le boom économique et le féminisme entrent en jeu, mais également des aspects plus strictement culturels, que ce soit à l’extérieur des Églises et communautés chrétiennes (la rencontre entre la psychanalyse et le marxisme) ou à l’intérieur (les 'nouvelles théologies').

"Sans entrer dans les éléments les plus techniques de cette discussion, Benoît XVI montre, avec sa lettre, qu’il est conscient du fait qu’il y a eu dans les années Soixante une authentique révolution – pas moins importante que la Réforme protestante ou la Révolution française – qui a été 'très rapide' et qui a asséné un coup très dur à la 'traditionnelle adhésion du peuple à l’enseignement et aux valeurs catholiques'. [...]

"Dans l’Église catholique on n’a pas tout de suite été suffisamment conscient de la portée de cette révolution. Au contraire, celle-ci a contaminé – estime aujourd’hui Benoît XVI – 'même des prêtres et des religieux', elle a déterminé des malentendus dans l’interprétation du concile et elle a été la cause d’une 'formation humaine, morale et spirituelle insuffisante dans les séminaires et dans les noviciats'.

"Dans ce contexte, les prêtres insuffisamment formés ou contaminés par le climat qui a suivi les années Soixante ne sont certainement pas tous devenus pédophiles, pas même un pourcentage significatif d’entre eux : nous savons par les statistiques que le nombre réel de prêtres pédophiles est très inférieur aux chiffres fournis par certains médias. Cependant ce nombre n’est pas égal à zéro – comme nous le voudrions tous – et cela justifie les propos très sévères du pape. Mais l’étude de la révolution des années Soixante et de 1968 est essentielle pour comprendre ce qui s’est produit par la suite, pédophilie comprise. Et pour trouver de véritables remèdes.

"Si cette révolution, à la différence de celles qui l’ont précédée, est morale et spirituelle, si elle touche à l’intériorité de l’homme, les remèdes ne pourront venir, en définitive, que de la restauration de la moralité, de la vie spirituelle et d’une vérité intégrale sur la personne humaine. Mais pour cela les sociologues, comme toujours, ne suffisent pas : il faut des pères et des maîtres, des éducateurs et des saints. Et nous avons tous grand besoin du pape, de ce pape, qui encore une fois – pour reprendre le titre de sa dernière encyclique – dit la vérité dans la charité et pratique la charité dans la vérité".




La lettre de Benoît XVI aux catholiques d'Irlande :

> "Vous devez en répondre devant Dieu"

Le texte complet du discours du cardinal Bagnasco au conseil permanent de la CEI :

> Prolusione, 22 marzo 2010

L’intégralité de l’interview accordée par le cardinal Ruini à "il Foglio" :

> Ruini contro l'assedio etico al clero

Et tout le commentaire du professeur Introvigne sur le site "Zenit" :

> La lettera del papa e la rivoluzione culturale degli anni Sessanta



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

24.11.2009

L’Église et l’Art, vus par le cardinal Poupard

Quand la foi rencontre l’art, une profonde harmonie se crée, rendant visible l’invisible. C’est le message que Benoît XVI souhaitait transmettre aux artistes qu’il a rencontrés ce samedi 21 novembre dans la Chapelle Sixtine, au Vatican.

 

Benoît XVI rencontre les artistes

Source: SIR/Siciliani Gennari


Des peintres, des écrivains, des poètes, des musiciens, des sculpteurs ou encore des comédiens qui ont répondu présent à l’appel du Pape soucieux de renouveler l’amitié et le dialogue entre l’Église et les artistes. Quarante-cinq ans après la première rencontre de ce type à l’initiative de Paul VI et dix ans après la Lettre de Jean-Paul II aux artistes, quel est aujourd’hui le principal objectif de ce nouveau face à face ?


Hélène Destombes (Radio Vatican) a rencontré le cardinal Paul Poupard, président émérite du Conseil Pontifical de la Culture: >>

22.11.2009

Richard Cocciante commente le discours du Pape aux artistes

Tous les arts étaient représentés ce samedi matin dans la Chapelle Sixtine: la sculpture avec des artistes de renom comme Arnaldo Pomodoro, le cinéma avec un parterre de star comme Peter Greenaway, les frères Taviani et Nanni Moretti, la littérature Claudio Magris, l'architecture avec entre autres Santiago Calatrava et Mario Botta , la musique avec Vincent Paulet, Ennio Morricone, Andrea Bocelli et Richard Cocciante. Venus d'horizons divers, ils ont accueillile discours du Pape par une ovation debout.

 

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Ecoutez la réaction de Richard Cocciante (photo) recueillie par Fabio Colagrande sur Radio Vatican: >>

Benoît XVI aux artistes: la foi n'enlève rien à l'art. Elle l'exalte et le nourrit

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Des peintres, des écrivains, des poètes, mais aussi des musiciens, des sculpteurs ou encore des comédiens, réunis autours du Pape. Un événement de taille, ce samedi matin au Vatican.

 

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Benoît XVI avait donné rendez vous à une délégation de quelque 260 artistes, pour renouveler l’amitié et le dialogue entre l’Eglise et le monde de l’art. La rencontre s’est tenue dans un lieu choisi: la Chapelle Sixtine, "sanctuaire de foi et de créativité humaine", comme l’a dit Benoît XVI, dans son discours, 45 ans après une rencontre similaire voulue par Paul VI, dix ans après la Lettre de Jean-Paul II aux artistes, Benoît XVI a voulu, à son tour, lancer un appel aux « gardiens de la beauté ».

 

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Cliquez pour écouter le compte-rendu de Mathilde Auvillain sur Radio Vatican: >>

18.11.2009

Benoît XVI rappelle que les cathédrales sont la vraie gloire du Moyen Âge

La beauté est peut-être l’itinéraire « le plus attrayant et fascinant pour réussir à rencontrer et aimer Dieu ». C’est ce qu’ a affirmé Benoît XVI ce mercredi matin à l’Audience générale qui a eu lieu dans la salle Paul VI, au Vatican.

 

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Après avoir parlé au cours des semaines passées de la théologie médiévale qui a donné naissance à des chefs-d’œuvre de la littérature, de la pensée et de la foi chrétiennes, le Pape a tenu à rappeler que la foi a aussi inspiré une des créations artistiques les plus élevées de la civilisation universelle : les cathédrales, vraie gloire du Moyen-Age chrétien.


Le Pape s’est également tourné en pensée vers les artistes qu’il rencontrera samedi prochain dans la Chapelle Sixtine au Vatican. À la fin de l’audience, il a lancé un appel en faveur de l’enfance souffrante, vingt ans après l’adoption de la Convention ONU sur les droits de l’enfant.

 

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Écoutez sur Radio Vatican le résumé de la catéchèse et les paroles que Benoît XVI a adressés aux pèlerins de langue française: >>



Résumé de la catéchèse en langue française

 
     Chers Frères et Sœurs,

     La foi chrétienne a inspiré une des créations artistiques les plus élevées de la civilisation universelle : les cathédrales, vraie gloire du Moyen-Âge chrétien. Ce fut surtout grâce à l’ardeur et au zèle spirituel du monachisme que furent élevées des églises abbatiales, où la liturgie pouvait être célébrée avec dignité et solennité et où les fidèles pouvaient s’arrêter pour prier. Ainsi naquirent les églises et les cathédrales romanes. Par la suite, les cathédrales gothiques ont été une synthèse de foi et d’art, exprimée harmonieusement dans le langage universel et fascinant de la beauté, traduisant ainsi l’élancement de l’âme vers Dieu. Tous participaient à la construction et à la décoration de cette maison commune où les croyants étaient instruits dans la foi. Aujourd’hui, ces chefs-d’œuvre nés en Europe sont incompréhensibles si on ne tient pas compte de l’âme religieuse qui les a inspirés. Quand la foi rencontre l’art une profonde harmonie se crée, parce que les deux peuvent et veulent parler de Dieu, rendant visible l’Invisible. C’est ce que je voudrais partager lors de ma rencontre avec les artistes le 21 novembre prochain. Que le Seigneur nous aide à redécouvrir la beauté comme chemin pour aller à la rencontre de Dieu !


     * * *

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     C’est avec plaisir que je vous accueille ce matin chers pèlerins de langue française. Je salue particulièrement les membres de la Conférence des Évêques latins dans les Régions arabes. Que la beauté de la création et des œuvres d’art, si nombreuses à Rome, vous aide tous à rencontrer et à aimer Dieu ! Avec ma Bénédiction Apostolique !

16.11.2009

La grande polyphonie romaine revient à Saint-Pierre

La grande polyphonie romaine revient à Saint-Pierre

Pas en concert mais pendant une messe. Sous la direction de Domenico Bartolucci, le plus génial interprète vivant de la musique de Palestrina. Chassé il y a douze ans de la direction du chœur de la Chapelle Sixtine, il est enfin réhabilité aujourd’hui, sous le pontificat de Benoît XVI


par Sandro Magister




ROME, le 16 novembre 2009 – Parmi les arts qui seront représentés, samedi 21 novembre à la Chapelle Sixtine, à la rencontre très attendue avec le pape Benoît XVI, la musique est peut-être celui qui a le plus souffert du divorce entre les artistes et l’Eglise.

L’Eglise est la première à souffrir en matière de musique. En effet les chefs d’œuvre de la peinture, de la sculpture et de l'architecture chrétiennes restent toujours à la disposition de tous même s’ils sont ignorés et incompris, mais la grande musique disparaît littéralement des églises si plus personne ne la joue.

Et l’on peut effectivement parler d’une disparition quasi générale à propos des trésors de la musique liturgique latine que sont le chant grégorien, la polyphonie, l'orgue.

Heureusement, au moment même où le pape cherchera à renouer avec l'art un rapport fructueux, l'orgue et la grande musique polyphonique donneront à nouveau le meilleur d’eux-mêmes dans les basiliques de Rome.

On les entendra non seulement sous forme de concerts, mais aussi au cœur de l’action liturgique.

Le sommet sera atteint le soir du jeudi 19 novembre, à l’heure où le soleil enflamme l'abside de Saint-Pierre. Ce jour-là verra le retour solennel à la basilique, pour diriger une messe chantée, du plus grand interprète vivant de l’école romaine, celle qui depuis Giovanni Pierluigi da Palestrina – que Giuseppe Verdi appelait le "père éternel" de la musique occidentale – est arrivée jusqu’à nos jours.

Cet interprète d’exception, c’est Domenico Bartolucci, "maître perpétuel" du chœur de la Chapelle Sixtine, celui du pape, pendant des décennies. A 93 ans, il dirige toujours la musique de Palestrina avec un art qui tient du miracle.

Témoin vivant du bannissement de la musique liturgique occidentale mais aussi de sa possible renaissance, Bartolucci a dirigé pour la dernière fois une messe complète de Palestrina à Saint-Pierre en la lointaine année 1963 et le chœur de la Chapelle Sixtine en 1997, année de sa destitution brutale. Après son départ la Sixtine est tombée à un niveau misérable.

Mais voici son retour – puissamment symbolique – à la basilique construite sur la tombe du premier des apôtres.

A la messe du 19 novembre à Saint-Pierre, Bartolucci dirigera non pas des œuvres de Palestrina mais des polyphonies de sa composition, qui alterneront avec le chant grégorien de la messe "des Anges". Ce qui prouvera que l’on peut recourir au trésor de la meilleure tradition musicale latine tout en respectant les canons de la liturgie moderne postconciliaire, comme le veut justement Benoît XVI, à la fois profond théologien de la liturgie et grand connaisseur en musique. Le rêve secret de Bartolucci est bien sûr de rediriger enfin l'emblématique "messe du pape Marcel" de Palestrina lors d’une messe célébrée par Benoît XVI à Saint-Pierre.

On attend désormais avec une impatience croissante qu’un changement de chef du chœur de la Chapelle Sixtine réponde rapidement à ces souhaits.


***



Le cadre dans lequel Bartolucci reviendra diriger une messe à Saint-Pierre est celui du Festival International de Musique et d’Art Sacrés, qui a lieu chaque automne dans les basiliques de Rome et en est cette année à sa VIIIe édition.

Le programme de cette année a deux points focaux : la polyphonie romaine et la musique pour orgue.

L'inauguration aura lieu mercredi 18 novembre à la basilique Saint-Jean de Latran, avec un concert placé sous le signe de Palestrina et dirigé par Bartolucci lui-même.

Un autre moment placé sous le signe de l’école polyphonique romaine, réinterprétée de façon moderne, sera l'oratorio "Paolo e Fruttuoso" composé et dirigé par Valentino Miserachs Grau, chef du chœur de la basilique Sainte-Marie-Majeure et président de l’Institut Pontifical de Musique Sacrée, le "conservatoire" du Vatican.

Second point focal, l'orgue. La Fondation Pro Musica e Arte Sacra vient d’achever la restauration du grand orgue Tamburini de la basilique Saint-Ignace de Loyola à Rome. Son inauguration sera marquée par quatre concerts successifs auxquels participeront les organistes qui ont supervisé la restauration, Goettsche, Paradell et Piermarini, ainsi que des virtuoses de l'orgue mondialement connus comme Leo Krämer et Johannes Skudlik.

L'orgue, instrument-roi de la musique liturgique, est présent dans d’innombrables églises mais il est trop négligé, ce qui est impardonnable. Toutefois la musique non liturgique sera aussi au programme, avec des œuvres de Mendelssohn, Mozart et Schubert. L'octuor de cordes et vents du Wiener Philarmoniker jouera le 20 novembre, à la basilique Sainte-Marie-Majeure, le sublime Octuor en fa majeur de Schubert.

Le Wiener Philarmoniker est toujours présent aux Festivals de Musique et d’Art Sacré. C’est, parmi les grands orchestres mondiaux, celui qui associe le plus la musique sacrée à la musique profane.

Pour le Festival de l’an prochain, le Wiener Philarmoniker s’est déjà engagé à exécuter à la basilique romaine de Saint-Paul Hors les Murs, le 26 octobre 2010, la Neuvième Symphonie de Bruckner et un extrait de "Tristan et Isolde" de Wagner.



Le programme détaillé des concerts dans les basiliques de Rome :

> VIII Festival Internazionale di Musica e Arte Sacra, 18-22 novembre 2009


Un livre tout juste paru, contenant des essais critiques, interviews et documents relatifs au Maestro Bartolucci :

"Domenico Bartolucci e la musica sacra del Novecento", sous la direction d'Enzo Fagiolo, Armelin Musica, Padoue, 2009, 248 pp., 29,00 euros.

Les trois derniers CD qu’il a enregistrés (le troisième est sur le point de sortir), avec des musiques pour chœur a cappella de Palestrina, Victoria, Lassus, Morales et Bartolucci lui-même :

> La polifonia della scuola romana, prima edizione

> La polifonia della scuola romana, seconda edizione

> La polifonia della scuola romana, terza edizione


Tous les articles de www.chiesa à ce sujet :

> Focus ARTS ET MUSIQUE



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

11.09.2009

Benoît XVI à la rencontre de l’art contemporain

Dix ans après la Lettre de Jean-Paul II aux artistes, Benoît XVI rencontrera le monde de l’art contemporain le 21 novembre prochain au Vatican, à l’instar de Paul VI il y a 45 ans.

 

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L’événement, auquel participeront pas moins de 500 musiciens, architectes, sculpteurs, écrivains et réalisateurs, a pour but de refermer « la césure qui s’est ouverte entre l’art contemporain et l’Église », a expliqué Mgr Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture :

« L’art contemporain a son propre langage, sa propre grammaire, qui se distinguent totalement de ceux de l’art classique, a encore expliqué Mgr Ravasi, et un dialogue avec l’Église est selon moi nécessaire ». Cette rencontre inédite a été illustrée lors d’une conférence de presse au Vatican ce jeudi.

Armance Bourgois sur Radio Vatican: >>

À noter que le Saint-Siège participera en 2011 à la Biennale de Venise, l’une des plus célèbres manifestations d’art contemporain, a encore annoncé Mgr Ravasi.

« Nous voudrions inviter une dizaine d’artistes parmi les plus significatifs du monde contemporain, des artistes qui n’ont pas nécessairement un lien direct avec la religion. Nous aimerions les encourager à travailler sur des projets d’art spirituel, symbolique, mais – pour le moment – pas liturgique », a précisé Mgr Ravasi.