20.01.2010

Haïti - Monfortains: 10 séminaristes morts, 1 prêtre disparu

AMÉRIQUE/HAÏTI - Monfortains : 9 séminaristes morts, un prêtre disparu


Port-au-Prince (Agence Fides) – “C’est l’heure des larmes, partout c’est la désolation, et les Montfortains n’ont pas été épargnés”, écrit le P. Maurice, SMM, depuis Haïti, où les Montfortains (Compagnie de Marie) sont présents depuis 1871, avec une douzaine de communautés dans lesquelles œuvrent environ 50 prêtres religieux. A eux, s’ajoute une vingtaine d’étudiants à différents niveaux d’étape dans leur chemin de formation.

Selon les informations adressées à Fides par le P. Alfio, depuis le Secrétariat provincial des Missionnaires Montfortains, 9 séminaristes sont morts et l’on craint pour le sort d’un prêtre, le P. Jean-Baptiste, qui manque à l’appel. Probablement, il a dû rester prisonnier des blocs de ciment, tombés au sol depuis les étages de la maison d’accueil de Baussan, écroulée sur le parking du rez-de-chaussée au moment où le prêtre cherchait à sortir précipitamment de chez lui. Les 9 séminaristes, 8 en théologie, plus un autre récemment rentré du Pérou, participaient à une conférence au Cifor (Institut d’Étude pour les religieux et les religieuses), quand le bâtiment s’est écroulé sur le bus qui occupait tandis qu’ils s’apprêtaient à quitter le lieu : ils sont restés prisonniers des barres de ciment, il a été impossible d’intervenir.

En 1871, les premiers religieux de la Compagnie de Marie, après avoir quitté la France, ont débarqué en Haïti. Ils ont fondé la mission, en dirigeant dans le même temps à Pontchâteau, en France, un séminaire pour la formation des prêtres haïtiens. Aujourd’hui, il y a environ 50 Montfortains haïtiens, aidés dans leur apostolat en Haïti par des missionnaires de France et du Canada. Ils s’occupent de quelques paroisses dans le diocèse de Port-de-Paix dans le nord-ouest du pays, mais ils sont présents aussi dans les diocèses de Port-au-Prince et de Gonaives et une mission aux Bahamas et une autre dans les Antilles françaises. En plus du ministère paroissial, les religieux de la Province dirigent différentes initiatives destinées surtout à l’aide aux plus pauvres. Un religieux de la Province travaille aussi à Nassau, aux Bahamas, dans un Centre d’orientation pour les nombreux réfugiés haïtiens qui vivent dans ces îles. (SL)

(Agence Fides 16/1/2010)


AMERIQUE/HAITI - Monfortains: dix séminaristes sont morts, la mort du prêtre disparu est confirmée


Port-au-Prince (Agence Fides) – Des mises à jour envoyées par le Père Maurice sur la situation des Monfortains à Haïti, il s’avère que dix étudiants sont morts. Tous avaient participé à une conférence au CIFOR (Institut d’études pour les religieux et les religieuses), quand l’immeuble s’est effondré sur le minibus qu’ils occupaient alors qu’ils s’apprêtaient à quitter le lieu. En outre, la mort du Père Jean-Baptiste à Baussan é été confirmée. (SL)

(Agence Fides 18/1/2010)

15.01.2010

Port-au-Prince se réveille - récit d'un missionnaire

Nous publions ci-dessous un message transmis il y a quelques instants à la MISNA par frère Manuel Rivero, vicaire apostolique des Dominicains à Haïti.

 

(AP Photo/Lynne Sladky)




Port-au-Prince, le 15 janvier 2010 (7h30 du matin)

Bonjour,

Cette nuit la terre a encore tremblée. Au collège Sainte Rose de Lima nous avons passé une troisième nuit sur le parking, sans pluie heureusement, car nous n’avons pas de tentes. Toute la population demeure dans la rue jour et nuit, devant leurs maisons. Beaucoup commencent à quitter Port-au-Prince vers les provinces. Encore faut-il avoir de la famille dans les autres villes ou villages.

Des milliers de personnes sont encore sous les décombres. Exemple parmi d’autres, à la Faculté de linguistique, toute proche de chez nous, ceux qui sont vivants continuent d’appeler leurs amis : « Faites quelque chose ». La grande présence de cadavres dans les rues et sous les décombres commence à engendrer des problèmes d'ordre sanitaire.

Compte tenu de l’heure du séisme, mardi à 16h53, beaucoup d’étudiants suivaient des cours au centre ville. Des centaines voire des milliers de jeunes gisent sous le béton et les toitures des facultés et des centres d’enseignement. Devant la Faculté Lumière, en face de chez nos sœurs dominicaines de la rue O, un père pleurait son enfant enseveli sous les pierres : « Mon fils, mon fils ».

Les magasins sont soit fermés par crainte de pillage soit presque vides. Il devient difficile de trouver de la nourriture. Les gens ont faim et soif.

Le peuple haïtien garde tout de même l’espérance. Dans le malheur, les familles se rassemblent pour prier et chanter, surtout la nuit.

Mardi, lors d’une conférence, une partie du CIFOR, centre de formation théologique pour les religieuses et les religieux, s’est effondré. Douze jeunes étudiants, religieux montfortains, sont morts. Des prêtres et des religieuses (aucun bilan des religieux morts dans le séisme n'est encore disponible, Ndlr) seraient morts dans leurs paroisses ou dans leurs couvents.

L’insécurité grandit. Des détenus du Pénitencier se sont échappés lors du séisme. On entend de temps en temps des coups de feu aussi bien le jour que la nuit.

En vous remerciant pour votre soutien, je vous garde avec tous les frères dominicains d’Haïti dans ma prière au Christ.

Fr. Manuel

 

(MISNA)

13.01.2010

L’archevêque de Port-au-Prince est mort

http://www.havelshouseofhistory.com/Miot%20Photo.jpg

 

L’archevêque de Port-au-Prince (photo) a été tué dans le puissant séisme qui a ravagé la capitale d'Haïti. Son corps a été retrouvé sous les décombres de l’archevêché. L’information a été communiquée à l’agence de presse Misna par les missionnaires de la Société de saint Jacques, présents en Haïti depuis plus de quarante ans. Mgr Joseph Serge Miot était archevêque de Port-au-Prince depuis mars 2008. Il était âgé de 64 ans.

 

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photo Reuters


Dans un entretien accordé à l’agence Fides, de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, le nonce apostolique en Haïti, Mgr Bernardito Auza confirme que Port-au-Prince a été entièrement dévasté. La cathédrale, l’archevêché, toutes les grandes églises, tous les séminaires sont réduits à un amas de gravats. Des centaines de séminaristes et de prêtres seraient sous les décombres. Le Cifor, l’institut d’études pour les religieux et les religieuses, s’est effondré. Des étudiants participaient à une conférence à l’intérieur de l’édifice. Tous les ministères, à l’exception du ministère de la culture sont détruits, tout comme le parlement, les écoles, les commerces et le quartier général de la Minustah, la mission de l’ONU. La nonciature est toujours debout. Personne n’a été blessé. Le nonce apostolique a fait part de ses condoléances et de sa solidarité au Président de la République.


(Radio Vatican)