14/04/2010

Medjugorje: les promesses de la commission d’enquête

La Commission internationale d’enquête sur Medjugorje a tenu sa première session le 26 mars dernier. Elle est présidée par le cardinal Camillo Ruini, vicaire général émérite du diocèse de Rome. Les débats se déroulent à huis clos. Les conclusions de la Commission seront soumises à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

Écoutez les explications de Thomas Chabolle (Radio Vatican): >>

 

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Retranscription intégrale du compte rendu 
Cela fait presque trente ans que la question des « apparitions » mariales présumées à Medjugorje suscite dans l’Église de nombreuses interrogations et des avis partagés. Le diocèse de Mostar a toujours été contre. Rome n’a pas encore tranché sans pouvoir cependant ignorer le rayonnement international de ce lieu qui résiste au temps et aux strictes restrictions pastorales. Situé en Bosnie-Herzégovine, Medjugorje revendique plusieurs millions de pèlerins depuis vingt ans. À Medjugorje, la ferveur est authentique, les conversions sont fréquentes, les confessionnaux ne désemplissent pas. Au fil des ans, les relations sont devenues de plus en plus difficiles entre l’évêché de Mostar, convaincu qu’il s’agit d’une supercherie et l’ordre des franciscains, historiquement présents sur les lieux depuis des siècles et qui bénéficient de l’appui de la population. Officiellement les apparitions mariales, qui se poursuivraient selon les voyants, n’ont jamais été authentifiées par l’Église. En 2009, Benoît XVI a même réduit à l’état laïc le directeur spirituel des voyants, le père Vlasic, franciscain, accusé d’« immoralité sexuelle » et de « manipulation des consciences ». Dans ce contexte délicat, le déplacement à Medjugorje du cardinal Schönborn, prélat influent proche de Benoît XVI, avait suscité, en décembre dernier, la colère de l’évêque local. D’autant que l’archevêque de Vienne s’était dit fasciné. Avec la mise en place, en mars dernier, d’une commission composée de cardinaux, d’évêques et d’experts, l’affaire passe de la juridiction de l’évêque local sous celle de Rome qui avait jusqu’ici préféré adopter une position d’attente. Reste à savoir si cela permettra de décrisper le dossier.