02.07.2010

Les évêques espagnols et portugais encouragent l’usage des nouvelles technologies pour la mission

Malaga (Agence Fides) – Les membres des Commissions épiscopales pour les communications sociales du Portugal et d’Espagne, ainsi que le Président du Conseil pontifical pour les communications sociales, Son Exc. Mgr Claudio Maria Celli, se sont réunis à Malaga les 28, 29 et 30 juin pour discuter sur le thème « L’Eglise et les nouvelles technologies de la communication : une opportunité pour la mission pastorale ».

Les participants ont partagé leurs réflexions et ont remercié chacun pour tous ce qui a été fait jusqu’à présent pour insérer la vie de l’Eglise dans la « culture numérique ».


Le document final, qui a aussi été publié par le Service information catholique de la Conférence épiscopale espagnole, présente en 10 points les conclusions de la rencontre. Les dix points concernent : la visite du Saint-Père au Portugal ; la future visite de Benoît XVI en Espagne ; ses paroles au monde de la culture ; la mission évangélisatrice de l’Eglise sur le scénario du monde numérique ; l’importance de l’évangélisation de la culture actuelle (qui est essentiellement médiatique) ; les avantages des nouvelles technologies ; l’exercice du ministère pastoral avec ces instruments de la technologie (en particulier Internet) ; le rôle des parents et des éducateurs ; l’importance des médias pour favoriser la solidarité envers les plus pauvres et pour le bien commun de la société.

(Agence Fides, 01/07/2010)

25.04.2010

"Donner une âme aux flux de communication ininterrompus sur internet"

Le Pape recevait ce samedi les participants au Congrès "Testimoni digitali" (Témoins numériques) organisé à Rome par la Conférence Episcopale Italienne.

 

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Dans son discours Benoît XVI est revenu sur plusieurs points de son message pour la 44e journée mondiale des communications sociales, suggérant de faire de la toile une sorte de "parvis des Gentils" où il soit possible de donner une place aussi à ceux pour qui Dieu est encore un inconnu. Le Pape a également incité les chrétiens à "donner une âme au flux de communications ininterrompu" sur internet.

Pendant trois jours, des responsables de sites internet diocésains, de mouvements, des universitaires et des étudiants en communication venus de toute l'Italie ont évoqué ces défis...


Reportage du père Stéphane Lemessin (Radio Vatican): >>


 Le père Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint Siège avait été invité à intervenir au cours de ce congrès "Testimoni digitali" organisé par la Conférence épiscopale italienne. Dans son intervention, il a évoqué son expérience personnelle et insisté sur les défis posés par l’avènement de l’ère d’internet, notamment sur la dimension de l’exigence de vérité transparence et de crédibilité qu'elle impose.

"Le secret et la réserve, même dans leurs aspects positifs, ne sont plus des valeurs de la culture actuelle. Il faut n’avoir rien à cacher", a ainsi relevé le porte parole de Benoît XVI, "que cela nous plaise ou non, l’expérience que nous vivons, le prix que nous payons, nous disent que notre témoignage doit suivre impérativement la ligne de la rigueur, de la cohérence entre ce que nous disons et faisons, du refus de toute hypocrisie et double discours".

 

(Radio Vatican)

 

Lire aussi :

 

Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien  direct vers cet article...Un congrès pour aider l’Église face aux nouveaux médias

25.01.2010

Réfléchir avec Mgr Celli sur les nouveaux médias

 

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"En ces tragiques jours depuis le séisme dévastateur à Haïti, nous pouvons tous constater le rôle fondamental que les nouvelles technologies continuent d'avoir dans une situation d'urgence si exceptionnelle tant pour la demande de secours que comme moyen de liaison avec le reste du monde. La solidarité aussi trouve en eux des moyens alliés de grande efficacité. C'est peut-être l'autre grande tragédie du tsunami en Indonésie qui a dévoilé jusqu'au bout les immenses potentialités de bien que les nouveaux médias peuvent exercer dans les différents domaines de leurs activités. Une raison de plus pour les utiliser de la bonne manière, au service de la solidarité et du dialogue entre les peuples".


(Mgr Claudio Celli, président du Conseil pontifical des Communications Sociales, dans une interview publiée la semaine dernière par L'Osservatore Romano.)

20.08.2009

La vocation au sacerdoce : témoignage du cardinal américain John Foley

La vocation au sacerdoce : témoignage du cardinal américain John Foley

Ancien président du Conseil pontifical pour les communications sociales

 

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ROME, Mercredi 19 août 2009 (ZENIT.org) - Pour le cardinal John Foley, il n'y a rien de plus important dans la vie que d'enseigner aux gens qui est Jésus et de les aider à grandir dans une plus grande proximité avec Lui.

En cette Année sacerdotale, le pro-grand Maître de l'Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem a accepté de partager une réflexion sur sa vie de prêtre, avec les lecteurs de ZENIT.

L'ancien président du Conseil pontifical pour les communications sociales reconnaît que l'exemple de ses parents et de prêtres qu'il a connus a joué un rôle déterminant dans la découverte de sa vocation, mais il relève également deux évènements marquants dans sa vie.

« Je suis entré deux fois au séminaire », raconte le prélat « une fois après le lycée et une fois après l'université. »

Il poursuit : « Lorsque j'étais en dernière année de lycée, à l'époque de Noël, je suis allé à l'église paroissiale et me suis agenouillé devant la crèche.

« Et j'ai prié : Seigneur, tu m'as donné tout ce que je possède - ma vie, ma famille, ma foi, une excellente éducation - et je veux tout te redonner, absolument tout. »

C'est ainsi qu'à la fin de cette année-là, il entra au noviciat des Jésuites. Au bout de quelques mois, il se dit : « Je crois que je serais plus heureux comme prêtre diocésain. »

John Foley quitta alors les Jésuites et termina ses études supérieures d'histoire à l'université de St. Joseph à Philadelphie, en Pennsylvanie, avec l'idée d'entrer plus tard au séminaire diocésain.

A ce moment-là, confie-t-il, une chose a été « déterminante » : un engagement dans le bénévolat et l'enseignement du catéchisme à des enfants handicapés mentaux.

Le cardinal se souvient : « j'étais en train d'enseigner dans cette école le catéchisme à six enfants, quand la Mère supérieure arriva et demanda : 'Dîtes, les enfants, Mr. Foley vous plaît ?'

« Un garçon répondit 'Non! Non! Nous ‘aimons'  Mr. Foley!' »

« Je pensai que c'était là une merveilleuse distinction faite par une personne porteuse de handicap mental. »

«  'Pourquoi aimez-vous Mr. Foley?' poursuivit la religieuse ».

« Il répondit : 'Nous aimons Mr. Foley parce qu'il nous fait connaître Jésus.' Et je pensai : 'il n'y a rien de plus important dans la vie que d'enseigner Jésus à des gens, de leur amener Jésus.' »

« Ma vocation au sacerdoce s'en trouva renforcée. »

Le cardinal Foley constate : « Je pense que cela a été providentiel pour moi d'avoir dû quitter le séminaire la première fois pour étudier à l'université, où j'ai reçu une excellente éducation et acquis, de surcroît, une très bonne expérience de travail apostolique. »

Parallèlement au catéchisme, il s'impliqua activement dans la Congrégation de Notre Dame, le club de débats, la gouvernance des étudiants - y compris une période comme président du corps estudiantin - et la chorale.

Il entra au séminaire diocésain à la fin de sa dernière année d'université et fut ordonné cinq ans plus tard.



Soutien familial

« Je n'ai pas connu un seul jour malheureux en tant que prêtre. J'aimais le sacerdoce », affirme-t-il.

Le cardinal souligne le rôle que sa famille a joué en soutenant sa vocation et affirme que jamais ses parents ne lui ont dit de devenir prêtre de même qu'ils ne firent aucune objection quand il quitta le séminaire, ou encore quand il y retourna.

« Ils m'ont soutenu dans tout ce que je décidais de faire », affirme le prélat. « Ils ont été merveilleux. »

Il se souvient aussi de la contribution d'une soeur religieuse qui lui offrit un exemplaire de « L'Imitation de Jésus-Christ » quand il était encore à l'école.

Le cardinal ajoute que pendant toutes ses années de lycée, il a lu ce livre, et il continue à le lire et à le méditer.

Après 47 ans de sacerdoce, il témoigne que les principales difficultés auxquelles il a été confronté relèvent de la culture, qui « semble être devenue de plus en plus sécularisée. »

« Il est plus difficile de transmettre un message spirituel aujourd'hui car les gens ne sont peut-être pas aussi ouverts qu'ils l'étaient auparavant, » explique-t-il.

Le cardinal Foley ajoute que les difficultés physiques se multiplient « au fur et à mesure que nous avançons en âge. »

Né dans une banlieue de Philadelphie en 1935, il aura 74 ans en novembre.

L'âge « vous rend plus lent et vous ne pouvez plus faire toutes les choses que vous aimeriez pouvoir faire, » reconnaît-il

Il ajoute, toutefois, que saint Ignace nous enseigne dans ses Exercices spirituels que « nous devons nous donner à Dieu dans la maladie comme dans la santé, dans la pauvreté comme dans la prospérité. »

« C'est pourquoi nous devons être indifférents dans ce sens et utiliser chaque chose uniquement pour la plus grande gloire de Dieu » déclare le prélat.

Il explique que c'est sa devise épiscopale : « ad majorem dei gloriam - pour la plus grande gloire de Dieu. »



Moments inoubliables

En dépit des difficultés naturelles qui se présentent, note le cardinal, il y a eu de grands moments dans sa vie de prêtre.

Il évoque les meilleurs, liés aux deux pontificats sous lesquels il a pu servir à Rome.

Le prélat souligne particulièrement les voyages avec le pape Jean-Paul II en 1979 en Pologne et aux Etats-Unis, ainsi que les visites avec Benoît XVI en Terre Sainte, et aux Etats-Unis l'année dernière.

Un autre grand moment de son ministère sacerdotal est le travail qu'il réalisa pendant 25 ans comme commentateur pour un réseau de télévision lors des cérémonies papales de la Nativité, de Pâques et du Vendredi Saint.

« C'est une façon d'évangéliser » explique le cardinal, « de faire connaître aux gens ce qui se passe dans la liturgie, pour qu'ils puissent être en mesure d'apprécier le culte catholique » et « d'autres personnes peuvent être introduites à ce que nous croyons et à la façon dont nous pratiquons en tant que catholiques. »

En outre, poursuit-il, cela aide les catholiques à « mieux apprécier la messe et la dévotion catholique. »

Comme prêtre, confesse le cardinal Foley « j'ai eu des moments particuliers de réconfort, en aidant les gens à vivre leur engagement dans le mariage ou en accueillant des personnes dans l'Eglise. »

Il se souvient : « Un camarade de classe de l'Université de Colombia m'a demandé il y a quelques années à devenir catholique. Il était juif - juif non-pratiquant.

« De même, les gens auxquels je me suis opposé dans des débats quand j'étais à l'Université, et avec lesquels j'avais eu des discussions théologiques, très souvent finissaient par se convertir au catholicisme.

« Ce sont de grands moments de réconfort personnel de pouvoir ainsi aider à partager ma foi avec d'autres et d'espérer qu'ils recevront, eux aussi, le don de la foi. »

Propos recueillis par Mercedes De La Torre - Rédaction anglaise : Genevieve Pollock - Traduit de l'anglais par Elisabeth de Lavigne

24.06.2009

LA COMMUNICATION DE L’EGLISE - RADIOS CATHOLIQUES ET NOUVELLES TECHNOLOGIES POUR LA MISSION (4)

Le Congrès International des Radios


            Etant donné ses caractéristiques - possibilité d'utilisation, simplicité, utilisation de la parole, facilité pour trouver les moyens nécessaires - la Radio est un instrument qui a été redécouvert aussi par la Mission catholique. Le rapport entre Mission et Radios Catholiques, a été l'objet d'un Congrès, organisé au mois de juin 2008 par le Conseil Pontifical pour les Communications Sociales, sous ce titre significatif : « L'identité de la mission des Radios Catholiques aujourd'hui. De la pensée sur l'homme à une information au service de la personne ». Le Congrès, dont ont été protagonistes plus de 60 Pays des 5 Continents, a été l'occasion pour réfléchir sur le rôle de la Radio dans les Territoires de Mission, et pour présenter les expérience les plus significatives déjà en cours. Les participants au Congrès ont été reçus par le Pape Benoît XVI, qui a mis l'accent sur l'importance de la parole, instrument fondamental pour l'homme de réaliser une des caractéristiques anthropologiques qui le distingue, celle de la communication.

 

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Benoît XVI et Mgr Celli


            La capacité de relation de l'homme se fonde « sur la richesse partagée par une raison créée à l'image et à la ressemblance du Logos Eternel de Dieu, ce Logos par lequel tout a été créé librement et par amour ». Un Logos non étranger à la vie des hommes mais qui, au contraire, dans l'amour révélé par Lui et donné dans le Christ, suscite en eux la possibilité et le désir d'un rapport nouveau avec Lui et entre eux. Le thème de la parole a été central aussi au Synode des Evêques, au mois d'octobre dernier, centré effectivement sur la Parole de Dieu, sur l'écoute, sur la lecture et sur l'amour dont le Verbe doit être l'objet.

            Le Congrès a été pensé comme étant possibilité réelle de contribution et d'échange entre les différentes réalités présentes : pour cela, il a été réparti en groupes qui, durant les différentes journées, ont abordé le rôle des Radios dans la communication de la parole, les potentialités de la Radio selon le message et selon le public auquel on s'adresse, les questions qu'il est le plus urgent d'aborder par la Radio, l'apport des nouvelles technologies pour utiliser la Radio au maximum des possibilités dont elle est faite. Des idées importantes de travail ont été émises par ce Congrès : comme l'a déclaré également le Pape, en rencontrant les membres du Congrès, la conscience d'une manière toujours nouvelle que les Radios Catholiques ont de faire la Mission ; la certitude que l'expérience radiophonique naît elle aussi de la rencontre avec Jésus, et donc, qu'elle a comme mission la diffusion de l'Evangile, vécue dans un contexte spécifique (en fonction des lieux, par exemple) ; la promotion humaine, à laquelle les Radios doivent toujours veiller, surtout dans les endroits les plus difficiles où, même pour utiliser la Radio est problème qui semble impossible ; Et, comme l'a rappelé Mgr Celli, la conscience d'être porteurs du Message d'un Autre plus grand que nous : non seulement, donc, les innovations technologiques ou les capacités personnelles à faire de la Radio un véhicule important pour l'évangélisation, mais surtout la Grâce de Dieu qui se transmet par la Parole.

(fides.org)


23.06.2009

LA COMMUNICATION DE L’EGLISE - RADIOS CATHOLIQUES ET NOUVELLES TECHNOLOGIES POUR LA MISSION (2)

Le Magistère des Papes et la Communication


            La communication de l'Eglise, dans le passé, et surtout dans notre siècle, avec l'avènement de la Radio et de la Télévision, a été confiée en grande partie aux communications des Pontifes : depuis les Lettres, en passant par les Messages, les Encycliques, et jusqu'à l'Angélus, et les nombreux Messages adressées en des occasions particulières. L'Eglise a toujours été extrêmement compréhensive et attentive pour accueillir et pour s'approcher des moyens de communication, même si, souvent, comme dans le cas de Télévision d'abord, et à présent des nouvelles technologies, elle doit en apprendre les propriétés et les problèmes. A chaque époque, l'Eglise a su utiliser tout ce qui pouvait être utile à la diffusion du Message chrétien : il suffit de penser au rapport avec l'imprimerie, qui a rendu possible la diffusion de la Bible, même si ce n'était pas une période simple du point de vue religieux.


            Durant notre siècle, plusieurs Pontifes ont donné un grand élan à la communication de l'Eglise, en apportant des nouveautés significatives et durables. A la fin du 19° siècle, en 1898, il y eut les premières images cinématographiques d'un Pape, Léon XIII, repris alors qu'il se promenait dans les jardins du Vatican. Important aussi l'exemple du Pape Pie XI qui, le 12 février 1931, inaugura Radio Vatican, fondée par Guglielmo Marconi. Aujourd'hui encore, Radio Vatican est la Station de Radio du Saint-Siège ; la Radio a pour tâche d'être un instrument de communication et d'évangélisation, par la diffusion des messages du Souverain Pontife, par les informations sur le Saint-Siège et sur la vie de l'Eglise Catholique dans le monde, en aidant les fidèles dans les problèmes que présente la situation actuelle, en les éclairant avec les Enseignements et avec le Magistère de l'Eglise

            Le 2 avril 1964, avec la Lettre Apostolique Motu Proprio « In fructibus multis », le Pape Paul VI créa la Commission Pontificale pour les Communications Sociales. De cette manière, le Saint-Père donnait une suite à tout ce qui ressortait du Concile Vatican II, et à l'intuition de son Prédécesseur Jean XXIII qui, en 1959, avec le Motu Proprio « Boni Pastoris » avait donné une forme nouvelle à la Commission permanente, en faisant devenir la Commission Pontificale pour le Cinéma, la Radio et la Télévision, un Bureau stable auprès du Saint-Siège. Pendant le Concile, cette Commission prit le nom de Commission Pontificale pour les Communications Sociales, et, aujourd'hui encore - le nom est à présent Conseil Pontifical - c'est l'organisme du Saint-Siège auquel est confiée la tâche de « soutenir de manière adéquate l'action de l'Eglise et des fidèles dans les nombreuses formes de la communication, en suivant les quotidiens catholiques, les publications périodiques, les stations de Radio et de Télévision ».

            Jean Paul II, cela ne fait pas de doute, a été un Pape extrêmement communicatif : en lui, tout a été communication, à partir de ses voyages, en passant par les Journées Mondiales de la Jeunesse, jusqu'aux moments de sa maladie et de mort. Le Pontificat de Jean Paul II s'est déroulé durant la période de développement le plus grand des moyens de communication, et le Pape a bien compris l'importance de ces moyens, et la possibilité d'en faire un usage positif : sous son Pontificat, en 1983, fut créé le Centre de Télévision du Vatican (CTV), devenu ensuite en 1996, un organisme directement rattaché au, Saint-Siège, avec pour but de présenter le Magistère de Pierre par les images. Pendant le Pontificat de Jean Paul II, le « Vatican Information Service » (VIS) fut créé en 1991 : c'est un système, interne à la Salle de Presse du Saint-Siège, qui fournit, du lundi au vendredi, pendant toute l'année, et en quatre langues (italien français, anglais et espagnol), des informations sur les activités du Pape et de la Curie Romaine

            Le Pontificat du Pape Benoît XVI en est encore à ses débuts, mais l'attention pour la communication est très évidente ; en particulier l'accord avec « Youtube », grâce auquel les activités du Saint-Père pourront être suivies dans ce qui est connu comme le « site des vidéos », utilisé par ce que le Pape lui-même a appelé la « digital generation » ; c'est un canal qui contient des « videonews » sur les activités du Pape et sur les événements du Vatican, mis à jour quotidiennement, et disponible en italien, anglais, allemand et espagnol. En outre, dans son Message pour la Journée Mondiale des Communications Sociales de 2009, le Pape Benoît XVI a montré une nouvelle fois sa sensibilité envers la communication, en s'adressant en particulier aux jeunes catholiques, « pour les inviter à apporter dans le monde numérique le témoignage de leur foi ». Le Saint-Père leur déclare : « Au début de l'Église, les Apôtres et leurs disciples ont répandu la Bonne Nouvelle de Jésus dans le monde gréco-romain : comme alors, pour être fructueuse, l'Évangélisation requérait la compréhension attentive de la culture et des coutumes des peuples païens afin d'en toucher les esprits et les cœurs, de même, à présent, l'annonce du Christ dans le monde des nouvelles technologies suppose une connaissance approfondie pour une utilisation cohérente et adéquate. C'est à vous, jeunes, qui vous trouvez presque spontanément en syntonie avec ces nouveaux moyens de communication, qu'incombe, en particulier, la tâche de l'Évangélisation de ce 'continent digital' ».

(fides.org)

24.05.2009

Le Pape s'adresse à la génération digitale

MESSAGE DU SAINT-PÈRE
BENOÎT XVI
POUR LA 43ème JOURNÉE MONDIALE
DES COMMUNICATIONS SOCIALES


"Nouvelles technologies, nouvelles relations.
Promouvoir une culture de respect, de dialogue, d’amitié."

le 24 mai 2009

 

benoit xvi.lettre


Chers frères et sœurs,

à l’approche de la Journée Mondiale des Communications Sociales, c'est avec joie que je m’adresse à vous pour vous exposer quelques-unes de mes réflexions sur le thème choisi cette année : Nouvelles technologies, nouvelles relations. Promouvoir une culture de respect, de dialogue, d'amitié. En effet, les nouvelles technologies digitales déterminent des changements fondamentaux dans les modèles de communication et dans les rapports humains. Ces changements sont particulièrement évidents chez les jeunes dont la croissance est étroitement liée à ces nouvelles techniques de communication. Ils sont donc à leur aise dans un monde digital qui, par contre, semble souvent étranger à ceux d’entre nous, adultes, qui ont dû apprendre à comprendre et à apprécier les opportunités que ce monde offre à la communication. Dans le message de cette année, j’ai donc pensé m’adresser en particulier à ceux qui font partie de cette génération digitale : je voudrais partager avec eux quelques idées sur l’extraordinaire potentiel que détiennent les nouvelles technologies quand elles sont utilisées pour favoriser la compréhension et la solidarité humaine. Ces technologies sont un véritable don pour l'humanité : par conséquent, nous devons faire en sorte que les avantages qu'elles offrent soient mis au service de tous les êtres humains, surtout de ceux qui sont dans le besoin et sont vulnérables, et de toutes les communautés.

L'accessibilité des téléphones portables et des ordinateurs, unie à la portée globale et à la capillarité d'internet, a créé une multiplicité de canaux à travers lesquels il est possible d’envoyer, de manière instantanée, des mots et des images aux angles les plus éloignés et les plus isolés du monde : c’est bien sûr une possibilité qui, pour les générations précédentes, était impensable. Les jeunes, en particulier, ont compris l’énorme capacité des nouveaux médias de favoriser la connexion, la communication et la compréhension entre les individus et les communautés, et ils les utilisent pour communiquer avec leurs propres amis, pour en rencontrer de nouveaux, pour créer des communautés et des réseaux, pour chercher des informations et des nouvelles, pour partager leurs idées et leurs opinions. De nombreux avantages dérivent de cette nouvelle culture de la communication : les familles peuvent rester en contact, même si elles sont séparées par d'énormes distances, les étudiants et les chercheurs peuvent accéder plus facilement et immédiatement aux documents, aux sources et aux découvertes scientifiques et ils peuvent, par conséquent, travailler en équipe à partir de différents lieux ; en outre, la nature interactive des nouveaux médias facilite des formes plus dynamiques d'instruction et de communication, qui contribuent au progrès social.

Bien que soit un motif d’étonnement la vitesse avec laquelle les nouvelles technologies se sont développées eu égard à leur fiabilité et à leur efficacité, leur popularité parmi les usagers ne devrait pas nous surprendre, puisqu'elles répondent au désir fondamental des personnes d'entrer en relation les unes avec les autres. Ce désir de communication et d'amitié est enraciné dans notre propre nature d'êtres humains et ne peut être compris de façon adéquate uniquement comme une réponse aux innovations technologiques. À la lumière du message biblique, ce désir doit plutôt être considéré comme un reflet de notre participation à l’amour communicatif et unifiant de Dieu, qui veut faire de l'humanité entière une seule famille. Lorsque nous sentons le besoin de nous rapprocher d’autres personnes, lorsque nous voulons mieux les connaître et nous faire connaître, nous répondons à l'appel de Dieu - appel qui est inhérent à notre nature d'êtres créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, le Dieu de la communication et de la communion.

Le désir de connexion et l'instinct de communication, qui sont tellement évidents dans la culture contemporaine, ne sont en vérité que des manifestations modernes de la disposition fondamentale et constante des êtres humains à sortir d’eux-mêmes pour entrer en relation avec les autres. En réalité, lorsque nous nous ouvrons aux autres, nous accomplissons entièrement nos besoins les plus profonds et nous devenons plus pleinement humains. Aimer c’est, en effet, ce pour quoi nous avons été engendrés par le Créateur. Naturellement, il ne s’agit pas de relations passagères, superficielles, mais du véritable amour, qui constitue le centre de l'enseignement moral de Jésus : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (cf. Mc 12, 30-31). Sous ce jour, en réfléchissant sur le sens des nouvelles technologies, il est important de considérer non seulement leur indéniable capacité de favoriser le contact entre les personnes, mais aussi la qualité des contenus qu'elles sont appelées à mettre en circulation. Je désire encourager toutes les personnes de bonne volonté qui travaillent dans le monde émergent de la communication digitale, afin qu'elles s'engagent à promouvoir une culture du respect, du dialogue, de l'amitié.

C’est pourquoi, ceux qui opèrent dans le secteur de la production et de la diffusion de contenus des nouveaux médias, ne peuvent pas ne pas se sentir tenus au respect de la dignité et de la valeur de la personne humaine. Si les nouvelles technologies doivent servir au bien des individus et de la société, ceux qui les utilisent doivent éviter l’emploi de mots et d’images dégradants pour l'être humain, et donc exclure ce qui alimente la haine et l'intolérance, avilit la beauté et l'intimité de la sexualité humaine, exploite les personnes faibles et sans défenses.

Les nouvelles technologies ont également ouvert la voie au dialogue entre des personnes de différents pays, cultures et religions. La nouvelle arène digitale, le soi-disant cyberespace, permet de se rencontrer et de connaître les valeurs et les traditions des autres. Toutefois, pour être fécondes, de telles rencontres requièrent des formes d'expression honnêtes et correctes, ainsi qu’une écoute attentive et respectueuse. Le dialogue doit s’enraciner dans une recherche sincère et réciproque de la vérité, afin de promouvoir le développement dans la compréhension et la tolérance. La vie n'est pas une simple succession de faits et d'expériences : elle est plutôt la recherche du vrai, du bien et du beau. C’est précisément dans ce but que nous faisons nos choix, exerçons notre liberté et en eux, c'est-à-dire dans la vérité, dans le bien et dans le beau, nous trouvons bonheur et joie. Encore faut-il ne pas se laisser duper par ceux qui cherchent tout bonnement des consommateurs sur un marché de possibilités indifférenciées, où le choix en lui-même devient le bien, la nouveauté se fait passer pour beauté, l'expérience subjective remplace la vérité.

Le concept d'amitié a bénéficié d’une relance renouvelée dans le vocabulaire des réseaux sociaux digitaux apparus ces dernières années. Ce concept est une des plus nobles conquêtes de la culture humaine. Dans nos amitiés et à travers elles, nous grandissons et nous nous développons en tant qu’êtres humains. C’est précisément pour cela que la véritable amitié a été considérée depuis toujours comme l’une des plus grandes richesses dont puisse jouir l'être humain. C’est pourquoi il faut être attentif à ne pas banaliser le concept et l'expérience de l'amitié. Il serait regrettable que notre désir de consolider et développer des amitiés on-line se réalise au détriment de notre disponibilité envers la famille, envers les voisins et envers ceux que nous rencontrons dans notre existence quotidienne, sur notre lieu de travail, à l’école, pendant nos loisirs. En effet, lorsque le désir de connexion virtuelle devient obsessif, la conséquence en est que la personne s’isole, interrompant ainsi l’interaction sociale réelle. Cela finit par perturber aussi les modèles de repos, de silence et de réflexion nécessaires à un développement humain sain.

L'amitié est un bien humain important, mais il serait privé de valeur, s’il était considéré comme une fin en soi. Les amis doivent se soutenir et s'encourager les uns les autres en développant leurs dons et leurs talents et en les mettant au service de la communauté humaine. Dans ce contexte, il est gratifiant de voir émerger de nouveaux réseaux digitaux qui s’efforcent de promouvoir la solidarité humaine, la paix et la justice, les droits de l’homme et le respect de la vie et le bien de la création. Ces réseaux peuvent faciliter des formes de coopération entre peuples de contextes géographiques et culturels différents, en leur permettant d'approfondir l’humanité commune et le sens de coresponsabilité pour le bien de tous. Il est nécessaire toutefois de veiller à ce que le monde digital, dans lequel ces réseaux peuvent être établis, soit un monde vraiment accessible à tous. Le futur de l'humanité subirait un grave préjudice, si les nouveaux instruments de la communication, qui permettent de partager connaissances et informations de manière plus rapide et efficace, n'étaient pas rendus accessibles à ceux qui sont déjà économiquement et socialement marginalisés ou s’ils ne contribuaient qu’à creuser l’écart qui sépare les pauvres des nouveaux réseaux qui se développent au service de l'information et de la socialisation humaine.

Je voudrais conclure ce message en m’adressant, en particulier, aux jeunes catholiques, pour les exhorter à apporter dans le monde digital le témoignage de leur foi. Très chers jeunes, engagez-vous à introduire dans la culture de ce nouvel espace communicatif et informatif les valeurs sur lesquelles s’appuie votre vie ! Au début de l'Église, les Apôtres et leurs disciples ont répandu la Bonne Nouvelle de Jésus dans le monde gréco-romain : comme alors, pour être fructueuse, l’Évangélisation requérait la compréhension attentive de la culture et des coutumes des peuples païens afin d'en toucher les esprits et les cœurs, de même, à présent, l'annonce du Christ dans le monde des nouvelles technologies suppose une connaissance approfondie pour une utilisation cohérente et adéquate. C’est à vous, jeunes, qui vous trouvez presque spontanément en syntonie avec ces nouveaux moyens de communication, qu’incombe, en particulier, la tâche de l’Évangélisation de ce « continent digital ». Sachez assumer avec enthousiasme la charge d'annoncer l'Évangile à vos contemporains ! Vous connaissez leurs peurs et leurs espoirs, leurs enthousiasmes et leurs déceptions : le don le plus précieux que vous pouvez leur faire est celui de partager avec eux la « Bonne Nouvelle » d'un Dieu qui s’est fait homme, a souffert, est mort et est ressuscité pour sauver l'humanité. Le cœur humain aspire à un monde où règne l'amour, où les dons sont partagés, où se construit l'unité, où la liberté trouve son sens dans la vérité et où l'identité de chacun se réalise dans une communion respectueuse. À ces attentes, la foi peut apporter la réponse : soyez-en les hérauts ! Le Pape vous est proche par sa prière et avec sa bénédiction.

Du Vatican, le janvier 2009.

BENEDICTUS PP. XVI

 

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26.01.2009

Benoît XVI invite les jeunes à évangéliser le continent numérique

Présentation du Message pour la Journée Mondiale des Communications Sociales


ROME, Vendredi 23 janvier 2009 (ZENIT.org) - C'est aux jeunes de la ‘génération numérique' que Benoît XVI a confié le devoir d'évangéliser grâce aux nouvelles technologies. Dans son message pour la Journée Mondiale des Communications Sociales, le pape a aussi salué le « potentiel extraordinaire » de ce monde numérique, à condition de le rendre « vraiment accessible à tous » et de l'utiliser « pour favoriser la compréhension et la solidarité humaine ».

Le Message sur le thème ‘Nouvelles technologies, nouvelles relations. Encourager une culture de respect, de dialogue, d'amitié', a été rendu public ce vendredi 23 janvier.

Le pape a lancé un message aux jeunes, à la « génération dite ‘numérique' », dont la « croissance est étroitement liée à ces nouvelles technologies de communication ». « A vous, jeunes, qui vous trouvez presque spontanément en syntonie avec ces nouveaux moyens de communication, le devoir d'évangélisation de ce ‘continent numérique' vous revient en particulier. Sachez prendre en charge avec enthousiasme l'annonce de l'Évangile à vos contemporains ! », a ajouté Benoît XVI.

Dans ce Message pour la prochaine Journée Mondiale des Communications Sociales, qui aura lieu le 24 mai, le pape a également salué le « potentiel extraordinaire des nouvelles technologies lorsqu'elles sont utilisées pour favoriser la compréhension et la solidarité humaine ».

Ainsi, « si les nouvelles technologies doivent servir au bien des individus et de la société, ceux qui les utilisent doivent éviter le partage de mots et d'images dégradantes pour l'être humain, et exclure ainsi ce qui alimente la haine et l'intolérance, ce qui avilit la beauté et l'intimité de la sexualité humaine, ce qui exploite les faibles et les personnes sans défense », a-t-il poursuivi.

Tout en saluant le « concept d'amitié » qui a « joui d'une nouvelle relance dans le vocabulaire des réseaux sociaux numériques apparus ces dernières années », le pape a également invité dans son Message à « être attentif à ne pas banaliser le concept et l'expérience de l'amitié ».

« Quelle tristesse si notre désir de soutenir et de développer des amitiés on-line se réalisait au prix de notre disponibilité pour la famille, pour les voisins et pour ceux que l'on rencontre dans la réalité quotidienne, sur notre lieu de travail, à l'école, durant le temps libre », écrit-il.

« Lorsque le désir de connexion virtuelle devient obsessionnel, la conséquence est que la personne s'isole, interrompant une réelle interaction sociale. Cela finit même par déranger les moments de repos, de silence et de réflexion nécessaires à un sain développement humain », a mis en garde le pape.

Dans ce Message, Benoît XVI a enfin souhaité que l'on se préoccupe « de faire en sorte que le monde numérique (...) soit un monde vraiment accessible à tous » et particulièrement « à ceux qui sont déjà économiquement et socialement négligés ».

Marine Soreau

25.01.2009

Nouvelles technologies, nouvelles relations - Promouvoir une culture de respect, de dialogue, d’amitié

 

MESSAGE DU SAINT-PÈRE BENOÎT XVI

POUR LA 43ème JOURNÉE MONDIALE

DES COMMUNICATIONS SOCIALES



"Nouvelles technologies, nouvelles relations.

Promouvoir une culture de respect, de dialogue, d’amitié."


le 24 mai 2009


 benoitxvi


Chers frères et sœurs,


à l’approche de la Journée Mondiale des Communications Sociales, c'est avec joie que je m’adresse à vous pour vous exposer quelques-unes de mes réflexions sur le thème choisi cette année : Nouvelles technologies, nouvelles relations. Promouvoir une culture de respect, de dialogue, d'amitié. En effet, les nouvelles technologies digitales déterminent des changements fondamentaux dans les modèles de communication et dans les rapports humains. Ces changements sont particulièrement évidents chez les jeunes dont la croissance est étroitement liée à ces nouvelles techniques de communication. Ils sont donc à leur aise dans un monde digital qui, par contre, semble souvent étranger à ceux d’entre nous, adultes, qui ont dû apprendre à comprendre et à apprécier les opportunités que ce monde offre à la communication. Dans le message de cette année, j’ai donc pensé m’adresser en particulier à ceux qui font partie de cette génération digitale : je voudrais partager avec eux quelques idées sur l’extraordinaire potentiel que détiennent les nouvelles technologies quand elles sont utilisées pour favoriser la compréhension et la solidarité humaine. Ces technologies sont un véritable don pour l'humanité : par conséquent, nous devons faire en sorte que les avantages qu'elles offrent soient mis au service de tous les êtres humains, surtout de ceux qui sont dans le besoin et sont vulnérables, et de toutes les communautés.


L'accessibilité des téléphones portables et des ordinateurs, unie à la portée globale et à la capillarité d'internet, a créé une multiplicité de canaux à travers lesquels il est possible d’envoyer, de manière instantanée, des mots et des images aux angles les plus éloignés et les plus isolés du monde : c’est bien sûr une possibilité qui, pour les générations précédentes, était impensable. Les jeunes, en particulier, ont compris l’énorme capacité des nouveaux médias de favoriser la connexion, la communication et la compréhension entre les individus et les communautés, et ils les utilisent pour communiquer avec leurs propres amis, pour en rencontrer de nouveaux, pour créer des communautés et des réseaux, pour chercher des informations et des nouvelles, pour partager leurs idées et leurs opinions. De nombreux avantages dérivent de cette nouvelle culture de la communication : les familles peuvent rester en contact, même si elles sont séparées par d'énormes distances, les étudiants et les chercheurs peuvent accéder plus facilement et immédiatement aux documents, aux sources et aux découvertes scientifiques et ils peuvent, par conséquent, travailler en équipe à partir de différents lieux ; en outre, la nature interactive des nouveaux médias facilite des formes plus dynamiques d'instruction et de communication, qui contribuent au progrès social.


Bien que soit un motif d’étonnement la vitesse avec laquelle les nouvelles technologies se sont développées eu égard à leur fiabilité et à leur efficacité, leur popularité parmi les usagers ne devrait pas nous surprendre, puisqu'elles répondent au désir fondamental des personnes d'entrer en relation les unes avec les autres. Ce désir de communication et d'amitié est enraciné dans notre propre nature d'êtres humains et ne peut être compris de façon adéquate uniquement comme une réponse aux innovations technologiques. À la lumière du message biblique, ce désir doit plutôt être considéré comme un reflet de notre participation à l’amour communicatif et unifiant de Dieu, qui veut faire de l'humanité entière une seule famille. Lorsque nous sentons le besoin de nous rapprocher d’autres personnes, lorsque nous voulons mieux les connaître et nous faire connaître, nous répondons à l'appel de Dieu - appel qui est inhérent à notre nature d'êtres créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, le Dieu de la communication et de la communion.


Le désir de connexion et l'instinct de communication, qui sont tellement évidents dans la culture contemporaine, ne sont en vérité que des manifestations modernes de la disposition fondamentale et constante des êtres humains à sortir d’eux-mêmes pour entrer en relation avec les autres. En réalité, lorsque nous nous ouvrons aux autres, nous accomplissons entièrement nos besoins les plus profonds et nous devenons plus pleinement humains. Aimer c’est, en effet, ce pour quoi nous avons été engendrés par le Créateur. Naturellement, il ne s’agit pas de relations passagères, superficielles, mais du véritable amour, qui constitue le centre de l'enseignement moral de Jésus : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (cf. Mc 12, 30-31). Sous ce jour, en réfléchissant sur le sens des nouvelles technologies, il est important de considérer non seulement leur indéniable capacité de favoriser le contact entre les personnes, mais aussi la qualité des contenus qu'elles sont appelées à mettre en circulation. Je désire encourager toutes les personnes de bonne volonté qui travaillent dans le monde émergent de la communication digitale, afin qu'elles s'engagent à promouvoir une culture du respect, du dialogue, de l'amitié.


C’est pourquoi, ceux qui opèrent dans le secteur de la production et de la diffusion de contenus des nouveaux médias, ne peuvent pas ne pas se sentir tenus au respect de la dignité et de la valeur de la personne humaine. Si les nouvelles technologies doivent servir au bien des individus et de la société, ceux qui les utilisent doivent éviter l’emploi de mots et d’images dégradants pour l'être humain, et donc exclure ce qui alimente la haine et l'intolérance, avilit la beauté et l'intimité de la sexualité humaine, exploite les personnes faibles et sans défenses.


Les nouvelles technologies ont également ouvert la voie au dialogue entre des personnes de différents pays, cultures et religions. La nouvelle arène digitale, le soi-disant cyberespace, permet de se rencontrer et de connaître les valeurs et les traditions des autres. Toutefois, pour être fécondes, de telles rencontres requièrent des formes d'expression honnêtes et correctes, ainsi qu’une écoute attentive et respectueuse. Le dialogue doit s’enraciner dans une recherche sincère et réciproque de la vérité, afin de promouvoir le développement dans la compréhension et la tolérance. La vie n'est pas une simple succession de faits et d'expériences : elle est plutôt la recherche du vrai, du bien et du beau. C’est précisément dans ce but que nous faisons nos choix, exerçons notre liberté et en eux, c'est-à-dire dans la vérité, dans le bien et dans le beau, nous trouvons bonheur et joie. Encore faut-il ne pas se laisser duper par ceux qui cherchent tout bonnement des consommateurs sur un marché de possibilités indifférenciées, où le choix en lui-même devient le bien, la nouveauté se fait passer pour beauté, l'expérience subjective remplace la vérité.


Le concept d'amitié a bénéficié d’une relance renouvelée dans le vocabulaire des réseaux sociaux digitaux apparus ces dernières années. Ce concept est une des plus nobles conquêtes de la culture humaine. Dans nos amitiés et à travers elles, nous grandissons et nous nous développons en tant qu’êtres humains. C’est précisément pour cela que la véritable amitié a été considérée depuis toujours comme l’une des plus grandes richesses dont puisse jouir l'être humain. C’est pourquoi il faut être attentif à ne pas banaliser le concept et l'expérience de l'amitié. Il serait regrettable que notre désir de consolider et développer des amitiés on-line se réalise au détriment de notre disponibilité envers la famille, envers les voisins et envers ceux que nous rencontrons dans notre existence quotidienne, sur notre lieu de travail, à l’école, pendant nos loisirs. En effet, lorsque le désir de connexion virtuelle devient obsessif, la conséquence en est que la personne s’isole, interrompant ainsi l’interaction sociale réelle. Cela finit par perturber aussi les modèles de repos, de silence et de réflexion nécessaires à un développement humain sain.


L'amitié est un bien humain important, mais il serait privé de valeur, s’il était considéré comme une fin en soi. Les amis doivent se soutenir et s'encourager les uns les autres en développant leurs dons et leurs talents et en les mettant au service de la communauté humaine. Dans ce contexte, il est gratifiant de voir émerger de nouveaux réseaux digitaux qui s’efforcent de promouvoir la solidarité humaine, la paix et la justice, les droits de l’homme et le respect de la vie et le bien de la création. Ces réseaux peuvent faciliter des formes de coopération entre peuples de contextes géographiques et culturels différents, en leur permettant d'approfondir l’humanité commune et le sens de coresponsabilité pour le bien de tous. Il est nécessaire toutefois de veiller à ce que le monde digital, dans lequel ces réseaux peuvent être établis, soit un monde vraiment accessible à tous. Le futur de l'humanité subirait un grave préjudice, si les nouveaux instruments de la communication, qui permettent de partager connaissances et informations de manière plus rapide et efficace, n'étaient pas rendus accessibles à ceux qui sont déjà économiquement et socialement marginalisés ou s’ils ne contribuaient qu’à creuser l’écart qui sépare les pauvres des nouveaux réseaux qui se développent au service de l'information et de la socialisation humaine.


Je voudrais conclure ce message en m’adressant, en particulier, aux jeunes catholiques, pour les exhorter à apporter dans le monde digital le témoignage de leur foi. Très chers jeunes, engagez-vous à introduire dans la culture de ce nouvel espace communicatif et informatif les valeurs sur lesquelles s’appuie votre vie ! Au début de l'Église, les Apôtres et leurs disciples ont répandu la Bonne Nouvelle de Jésus dans le monde gréco-romain : comme alors, pour être fructueuse, l’Évangélisation requérait la compréhension attentive de la culture et des coutumes des peuples païens afin d'en toucher les esprits et les cœurs, de même, à présent, l'annonce du Christ dans le monde des nouvelles technologies suppose une connaissance approfondie pour une utilisation cohérente et adéquate. C’est à vous, jeunes, qui vous trouvez presque spontanément en syntonie avec ces nouveaux moyens de communication, qu’incombe, en particulier, la tâche de l’Évangélisation de ce « continent digital ». Sachez assumer avec enthousiasme la charge d'annoncer l'Évangile à vos contemporains ! Vous connaissez leurs peurs et leurs espoirs, leurs enthousiasmes et leurs déceptions : le don le plus précieux que vous pouvez leur faire est celui de partager avec eux la « Bonne Nouvelle » d'un Dieu qui s’est fait homme, a souffert, est mort et est ressuscité pour sauver l'humanité. Le cœur humain aspire à un monde où règne l'amour, où les dons sont partagés, où se construit l'unité, où la liberté trouve son sens dans la vérité et où l'identité de chacun se réalise dans une communion respectueuse. À ces attentes, la foi peut apporter la réponse : soyez-en les hérauts ! Le Pape vous est proche par sa prière et avec sa bénédiction.


Du Vatican, le janvier 2009.


BENEDICTUS PP. XVI