05.06.2010

Rencontre entre le Pape et Chrysostomos II

Au cours d’un entretien privé entre le Pape et le chef des orthodoxes chypriotes, l'archevêque Chrysostomos II, Benoît XVI a souhaité que «tous les habitants de Chypre aient la sagesse et la force nécessaires pour travailler ensemble à un juste règlement des problèmes restés jusque-là sans solution, pour rechercher la paix et la réconciliation».

 

pape.chypre11


Le Pape a également évoqué «la situation de conflit permanent au Moyen-Orient» et la difficile situation des chrétiens dans ces zones tourmentées, alors que la remise du document de travail concernant le synode pour le Moyen Orient d’octobre prochain au Vatican sera faite ce dimanche lors d’une messe solennelle à Nicosie.

Écoutez les précisions de Xavier Sartre (Radio Vatican): >>


08.05.2010

Homélie 6° dimanche de Pâques année C 2010

Que devons-nous faire dans l’Eglise en cas de divergences d’opinion ? C’est une question à laquelle était déjà confrontée la communauté chrétienne d’Antioche au premier siècle, comme saint Luc le relate dans le Livre des Actes. Contrairement à Jérusalem, Antioche était une ville cosmopolite, car située sur la route commerciale qui reliait les cités portuaires de la Palestine à l’Asie Mineure. Au sein d’une population païenne, composée de Grecs et de Romains y vivait une importante communauté juive. La première annonce de l’Evangile y avait suscité des conversions provenant de ces trois groupes : des Juifs, des Grecs et des Romains.

 

Au fur et à mesure que cette communauté chrétienne prenait de l’importance, un désaccord s’y faisait jour. Parmi les convertis d’origine juive, certains disaient que les païens qui devenaient chrétiens devaient observer la Loi mosaïque – la loi de l’Ancien Testament de la circoncision et les pratiques alimentaires. Mais d’autres étaient d’avis que, puisque le Christ a accompli toutes ces lois en lui-même, il n’était plus nécessaire de les observer. Les dissensions devenaient de plus en plus graves et menaçaient de diviser la communauté.

 

Le Saint Esprit avait-il commis une erreur ? Etait-il parti en vacances, incapable d’inspirer l’Eglise ? Non. Dieu savait que ce genre de désaccords surgiraient parmi les chrétiens, et il avait institué une structure hiérarchique par laquelle le Saint Esprit pourrait les résoudre. Les chrétiens d’Antioche envoient une délégation à Jérusalem, où Pierre et les autres Apôtres séjournent encore à ce moment-là. Pierre rassemble les Apôtres en une sorte de concile pour savoir comment gérer ce désaccord, et il est décidé que les chrétiens d’origine païenne ne devaient pas être soumis à la Loi de Moïse.

 

C’est ce que nous relate le passage des  Actes de ce jour. Il en ressort que les désaccords sont naturels et inévitables, et que, par sa structure hiérarchique, l’Eglise est bien équipée par Dieu pour les résoudre.

 

Une humble obéissance à la véritable Eglise du Christ est le signe d’un véritable amour pour le Christ. Cela se vérifie chez tous les saints dans leur manière de réagir dans les controverses qui n’ont pas manqué à chaque époque. Dans le Haut Moyen Âge, une des controverses majeures a été au sujet de l’Eucharistie. Parmi les chrétiens il y avait une proportion importante de convertis d’origine païenne qui avaient conservé des tendances superstitieuses. Ces tendances ont été la cause d’un déséquilibre dans la dévotion eucharistique des catholiques privés d’une bonne catéchèse. Au lieu de voir dans l’Eucharistie la présence sacramentelle et aimante du Christ, ils la considéraient comme une sorte de quimbois. L’Eglise s’est efforcée de corriger cette erreur. Mais certains théologiens on fait de l’excès de zèle, en exagérant en sens contraire, et disant que le Christ est présent dans l’Eucharistie de manière symbolique seulement. L’Eglise s’est efforcée de corriger cette erreur également.

 

 

thomasdaquin-urbain-iv_Lorenzo.jpg

S. Thomas d'Aquin et le Pape Urbain IV

Lorenzo Lotto, 1508


 

Thomas d’Aquin, l’un des plus grands théologiens de l’Eglise, était plus intelligent et plus instruit que tous les papes de son époque. Et pourtant il a toujours défendu leur enseignement officiel, dans cette controverse, comme en d’autres. Ses dernières paroles en mourant montrent très bien comment une véritable amour du Christ se vérifie dans une humble docilité à l’enseignement du Magistère de l’Eglise du Christ. Voici ce qu’il dit au moment de recevoir la sainte communion pour la dernière fois ...

 

Pour lire la suite de l'homélie, cliquer sur le logo Praedicatho :

 

logo Praedicatho 300pp

05.05.2010

Le prochain Synode veut renforcer les chrétiens du Moyen-Orient dans leur identité

L’Église catholique est confiante : un avenir de paix est possible au Moyen-Orient, malgré les difficultés actuelles, les conflits et l’instabilité qui poussent de nombreux chrétiens à l’exode. Cet avenir passe par la collaboration entre juifs, chrétiens et musulmans pour le bien de tous.

C’est le secrétariat général du Synode des évêques qui l’affirme dans un communiqué. La note a été diffusée à l’issue d’une réunion du Conseil chargé de préparer la prochaine assemblée spéciale pour le Moyen-Orient. Troisième réunion du genre, elle visait notamment à préparer l’Instrumentum laboris, le document de travail de cette assemblée.

Les participants venus du Moyen-Orient ont présenté la situation ecclésiale et le contexte sociopolitique de leurs pays, à l’exception de l’archevêque chaldéen de Bagdad, le cardinal Emmanuel Delly, qui n’avait pu faire le déplacement. L’objectif du prochain Synode est double : confirmer et renforcer les chrétiens dans leur identité et raviver la communion ecclésiale entre les différentes Églises pour offrir un authentique témoignage chrétien, dans une société à majorité musulmane.

 

http://www.iran-press-service.com/ips/bm~pix/a555~s192x384.jpg

 

Écoutez le Patriarche maronite Nasrallah Sfeir (photo), un des présidents délégués ad honorem nommés par le Pape pour cette prochaine assemblée: >>

Pour cette importante assemblée, qui se tiendra du 10 au 24 octobre Benoît XVI a nommé présidents délégués le cardinal Sandri, préfet de la Congrégation pour les Églises orientales et Mgr Ignace Younan, patriarche d’Antioche des Syriens. Le Pape a nommé rapporteur général Mgr Antonios Naguib, patriarche copte d’Alexandrie, et secrétaire spécial Mgr Joseph Soueif, archevêque maronite de Chypre.

Dans le même temps, dimanche, en Irak, un attentat meurtrier a été perpétré contre trois bus transportant des jeunes étudiants chrétiens âgés de 18 à 26 ans, qui se rendaient comme tous les matins à l’université de Mossoul. Le bilan de cette dernière attaque est lourd. La violence antichrétienne ne faiblit pas, entretenue au contraire par le vide de pouvoir qui a suivi les dernières élections. Il ne reste que 550 000 chrétiens, en majorité des chaldéens catholiques, sur les 800 000 qui vivaient en Irak avant l’offensive américaine. L’archevêque siro-catholique de Mossoul, Mgr Georges Casmoussa, a indiqué que la communauté chrétienne avait l’intention de demander une intervention urgente des Nations Unies, puisque les autorités civiles et militaires irakiennes ne font rien pour protéger les chrétiens.

 

(Radio Vatican)

12.03.2010

Benoît XVI reçoit les évêques du Soudan en visite ad limina

Les évêques du Soudan sont en ce moment à Rome pour leur visite ad limina. Les prélats viennent exposer au Pape les enjeux de leur mission ecclésiale, mais aussi les défis politiques et sociaux auxquels ils doivent faire face dans leur pays.

 

dioceses.soudan
Les diocèses du Soudan

Source: http://www.eglisesoudan.org/

 


Le Soudan est le plus grand État d’Afrique. Trente-sept millions de personnes y vivent, une population à 80% musulmane. Le pays est lacéré par les conflits : au Darfour, dans le Sud Soudan, la situation est instable, et sujet d’inquiétude permanente pour les évêques.

Claire Malapert (Radio Vatican): >>

22.01.2010

Réfléchir avec un document 'différent' sur le Moyen-Orient

jerusalem.jpg (640×427)


"Plusieurs conflits existent au Moyen-Orient nés à partir du principal foyer qu’est le conflit israélo-palestinien. Le chrétien a une contribution spéciale à apporter dans le domaine de la justice et de la paix. C’est notre devoir de dénoncer avec courage la violence d’où qu’elle vienne, et d’en suggérer une solution, qui ne peut être que par le dialogue. De plus, tout en exigeant la justice pour l’opprimé, il faut introduire le message de la réconciliation basée sur le pardon mutuel. La force de l’Esprit Saint nous rend capables de pardonner et de demander pardon. Seule cette attitude peut créer une humanité nouvelle. Les pouvoirs politiques ont besoin de cette ouverture spirituelle qu’un apport chrétien humble et désintéressé peut leur apporter. Permettre à l’Esprit de pénétrer dans les cœurs des hommes et des femmes qui souffrent dans notre région de situations conflictuelles, voilà une contribution spécifique du chrétien et le meilleur service qu’il peut rendre à sa société".


(Point n°86 des Lineamenta, document de travail du synode des évêques pour le Moyen-Orient, prévu du 10 au 24 octobre 2010.)

14.10.2009

Audience générale : Benoît XVI s’inspire de Pierre le Vénérable, abbé de Cluny au Moyen Âge

Ouverture au prochain, pardon et recherche de la paix sont depuis toujours les traits distinctifs du style de vie chrétien, d’autant plus important aujourd’hui dans une époque marquée par l’intolérance, l’incommunicabilité et les conflits.

 

audience2


C’est ce qu’a affirmé Benoît XVI, à l’Audience générale place Saint-Pierre, qui s’est inspiré des qualités spirituelles et humaines dont témoigna Pierre le Vénérable, un des grands moines médiévaux de l’abbaye de Cluny.

Écoutez sur Radio Vatican le résumé de la catéchèse et les paroles que Benoît XVI a adressés aux pèlerins de langue française: >>

Résumé de la catéchèse en langue française

Chers Frères et Sœurs,


La personnalité de Pierre le Vénérable nous rappelle la sainteté des grands Abbés de Cluny. Né vers 1094 en Auvergne, après plusieurs années passées à l’abbaye de Sauxillanges, il sera élu Abbé de Cluny en 1122 et il le restera jusqu’à sa mort en 1156. Il demeure un exemple pour notre temps, marqué par un rythme de vie frénétique, où l’intolérance, les divisions et les conflits ne sont pas rares. Son témoignage nous invite à unir l’amour de Dieu et l’amour du prochain, et à ne pas nous lasser de renouer des relations de fraternité et de réconciliation. Grâce à son sens de la mesure et à son réalisme, il réussit à conserver une tranquillité intérieure. L’Eucharistie et la dévotion envers la Vierge Marie étaient chers à ce chercheur de Dieu. Sa théologie plongeait ses racines dans la prière et dans la liturgie. Parmi les mystères du Christ, il privilégiait celui de la Transfiguration. Aussi, sa piété était-elle toute tendue vers la contemplation du visage glorieux du Christ, où il trouvait les raisons de la joie rayonnante qui l’animait et qui illuminait la liturgie du monastère. Que Pierre le Vénérable nous conduise nous aussi sur ce chemin !



* * *

 

audience1


Je suis heureux de saluer les pèlerins francophones, notamment les Petites Sœurs des Pauvres et leurs amis, venus à Rome pour la canonisation de Jeanne Jugan, ainsi que les diocésains de Périgueux et Sarlat, avec leur Évêque, Mgr Michel Mouïsse. Vous aussi, soyez toujours des témoins ardents de la miséricorde de Dieu pour les plus petits et les plus faibles. Avec ma Bénédiction apostolique !

25.07.2009

L’ONU reprend une proposition de Benoît XVI

Sur le rapport entre souveraineté et responsabilité

 

http://eucharistiemisericor.free.fr/galerie/A180408_9.jpg

 


ROME, Vendredi 24 Juillet 2009 (ZENIT.org) - Le document de travail préparé pour le débat sur la « responsabilité de protéger », que l'Assemblée générale des Nations unies célèbre cette semaine à New York, consacre un paragraphe au discours que Benoît XVI a prononcé devant l'Assemblée générale de l'ONU en avril 2008.

Pour ce débat, consacré aux victimes des conflits et à la responsabilité des Etats et de l'ONU de défendre la population, l'assemblée a voulu prendre en considération, parmi d'autres, la pensée de Benoît XVI sur la nécessité que la communauté internationale défende ces droits.

Dans le discours du souverain pontife auquel il est fait référence dans le document de travail, Benoît XVI soulignait que la responsabilité de protéger est la base morale pour le droit d'un gouvernement à exercer l'autorité.

Le pape indiquait alors que le respect de la souveraineté des autres Etats ne consiste pas seulement dans le principe de non-ingérence mais, en positif, s'introduit aussi dans le contexte des catégories politiques de subsidiarité, de solidarité et de fraternité.

Ces idées ont été récupérées dans le débat de ces derniers jours, où l'Assemblée générale discute de la portée de la « responsabilité de protéger », un concept que la plupart des pays interprète comme un devoir pour éviter les génocides et que d'autres considèrent comme une manœuvre couverte d'intervention.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a présenté un rapport avec des idées qui devraient servir de point de départ pour le débat et a souligné que la responsabilité de défendre doit se placer sous la protection de l'ONU et dans le domaine de sa charte.

 


Passer aux faits

Durant le Sommet mondial de 2005, tous les chefs d'Etat et de gouvernement se sont engagés à prévenir le génocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et les crimes contre l'humanité, ainsi que leur incitation.

Toutefois, dans les faits, on continue à violer les droits de l'homme de nombreuses populations en crise, comme cela est arrivé l'année dernière en Géorgie, en Ossétie, en République Démocratique du Congo et au Sri Lanka.

Les situations que la population civile a subi dans ces pays montrent que, même si la responsabilité des Etats de défendre la population est prise comme un principe de droit international, il manque des normes précises de conduite internationale qui contraignent les Etats à protéger les populations de violences graves et systématiques contre les droits de l'homme.

C'est ce qu'a souligné ce jeudi à Radio Vatican l'observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies à New York, Mgr Celestino Migliore.

Sur le thème débattu au Palais de Verre, Mgr Migliore a affirmé qu'il revient en premier lieu à chaque Etat de défendre la population d' « atrocités de masse comme le génocide, les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité ».

« Au cas où un Etat déterminé ne démontrerait pas la volonté et/ou la capacité d'assurer une telle protection, la communauté internationale doit en prendre la charge de manière subsidiaire, en parcourant les modalités pacifiques prédisposées par le droit international », a-t-il ajouté.

« Dans des cas extrêmes, ensuite, on peut se servir de l'utilisation de la force à travers les formes et les lois du chapitre 7 de la charte de l'ONU ».

L'observateur permanent du Saint-Siège a indiqué que « l'utilisation de la force ne devrait jamais être considérée au-delà de la responsabilité première des gouvernants d'assurer la protection de chacun de leur citoyen ».

Mgr Migliore a aussi abordé le concept actuel de sécurité, expliquant que « dès le démantèlement des régimes communistes en Europe, le concept de sécurité mondiale s'était graduellement déplacé des traditionnelles préoccupations géopolitiques et stratégiques vers de nouvelles préoccupations ayant pour objet l'individu et la société ».

Pour le prélat, « la responsabilité de protéger va au-delà de la protection des civils en guerre, prévue dans le droit international humanitaire ».


La communauté internationale comme une famille

L'archevêque s'est par ailleurs référé au discours du pape qui apparaît dans le document de travail préparé pour le débat par le président actuel des sessions de l'Assemblée générale de l'ONU, Miguel d'Escoto.

Le pape, a-t-il expliqué, a souligné que la souveraineté, considérée du point de vue de la protection, montre mieux la double responsabilité qui revient à chaque Etat : la responsabilité externe de respecter la souveraineté des autres Etats et celle, interne, de garantir la dignité et les droits de tous les individus dans l'Etat.

L'observateur permanent du Saint-Siège à l'ONU a aussi souligné que Benoît XVI avait rappelé, à l'époque, que dans la communauté internationale, comme dans une famille, les membres les plus forts doivent prendre soin des plus faibles.

Peu après l'intervention du pape face à l'Assemblée générale de l'ONU à New York, Mgr Migliore avait souhaité que cette visite du pape au siège des Nations unies soit destinée à avoir un impact sur le droit international.

Patricia Navas

18.05.2009

Regna Coeli: le Pape rend grâce

CITE DU VATICAN, 17 MAI 2009 (VIS). Ce dimanche, après le Regina Coeli récité avec les fidèles, Benoît XVI a évoqué son récent pèlerinage en Terre Sainte, remerciant tous ceux qui ont rendu possible "un aussi important voyage", en particulier le Patriarcat latin et les évêques de Terre Sainte, la Custodie, les gouvernements et les forces de l'ordre de Jordanien, d'Israël et des Territoires palestiniens. Mais aussi tous les fidèles qui l'ont accompagné dans la prière:

"Mon pèlerinage aux lieux saints a d'abord été une visite pastorale auprès des communautés locales, mais aussi un service à l'unité des chrétiens et au dialogue avec les juifs et les musulmans, un service à la paix. La Terre Sainte est le symbole de l'amour de Dieu envers son peuple et envers l'humanité, un symbole de la liberté et de la paix qu'il veut pour tous ses fils... L'histoire, aujourd'hui comme hier, montre aussi qu'elle peut devenir le symbole du contre, de la division et de conflits fraternels interminables. Comment est-ce possible? ... alors même qu'un mystérieux dessein divin concerne cette région du monde...où Dieu a envoyé son fils en victime expiatoire de nos péchés".

La Terre Sainte

"a également été appelée Cinquième Evangile car on peut y toucher la réalité de l'histoire de Dieu avec les hommes, des lieux où vécut Abraham à ceux de Jésus... Elle est un microcosme résumant le cheminement de l'humanité aux côtés de Dieu".

 

Puis le Pape a évoqué la dramatique situation srilankaise, assurant de son affection et de sa solidarité les civils otages de la zone des combats.

"Il s'agit de milliers d'enfants, de femmes et de personnes âgées auxquels la guerre a tout pris, des années de vie et d'espérance. Je veux lancer un pressant appel aux belligérants afin qu'ils facilitent l'évacuation" des civils et des blessés, "m'unissant ainsi au Conseil de sécurité qui vient de réclamer des garanties quant à la sécurité de la population locale... Je demande aussi aux institutions humanitaires, y compris les catholiques, de faire tout leur possible pour répondre aux urgences alimentaires et médicales des réfugiés".

(VIS)

14.05.2009

Plus de la moitié des morts à cause de conflits sont africains

AFRIQUE/SENEGAL - Plus de la moitié des morts à cause des conflits dans le monde entier entre 1990 et 2005 sont africains, affirme un rapport de la Banque Africaine de Développement

 

http://api.ning.com/files/2UmWFbpxk4LlJy7zeXHiiNHO-CmzrDxUNqmkaQZ26y-QEfs*aIw7OQnyNa7PGTjbmCX1DV6NmKo6iQADwg0rLRCBKF7MLfGW/afrique_guerre2.gif


Dakar (Agence Fides)- L'Afrique est le continent qui a payé le prix le plus élevé, en victimes et en pertes de possibilités de développement, à cause des guerres. C’est ce qu’affirme le Rapport sur le développement en Afrique 2008-2009 présenté le 10 mai à Dakar (Sénégal).

Le rapport a été rédigé par les experts de la Banque Africaine de Développement (BAD) et examine le coût économique et social des conflits qui ont bouleversé le continent de 1990 à 2005, recommandant certaines suggestions sur les moyens de les surmonter pour rendre possible la reconstruction et le développement économique.

Selon le document, plus de la moitié des morts issus des conflits dans le monde entier entre 1990 et 2005 sont africains.

« Dans la seconde moitié du 20e siècle, le continent africain, plus que toute autre partie du monde, a lourdement souffert à cause des conflits intérieurs et entre les états » affirme le rapport.

La plupart des victimes sont cependant indirectes, c'est-à-dire qu’elles n’ont pas été tuées au cours de batailles, mais sont mortes à cause de maladies, de la faim, de la malnutrition, et suite à la destruction des services médicaux. Autant de dommages provoqués par les conflits, auxquels s’ajoutent la perte de sources de revenu, la destruction d’infrastructures humaines et financières, et la fuite de capitaux.

Parmi les victimes indirectes il y a aussi les pays limitrophes bouleversés par les violences, qui doivent supporter des coûts humains et financiers considérables, soit pour renforcer leurs défenses, soit pour accueillir les réfugiés venant de l’autre côté de la frontière.

Le rapport prend acte que, même si ces dernières années le nombre des conflits violentes a diminué en Afrique et dans le reste du monde (6 pays africains se trouvent en situation de conflit en 2009 par rapport à 14 en 1990), si on regarde les défis de la consolidation de la paix, de la reconstruction des institutions nationales et de la relance des activités économiques, on obtient un tableau peu rassurant.

« Le rapport souligne le rôle crucial d’une politique économique saine pour la promotion de la reprise économique dans l’après-guerre et pour la consolidation de la paix » affirme le président de la BAD, Donald Kaberuka dans sa préface à la publication. « Le rapport souligne l’importance de constituer de fortes institutions nationales pour favoriser une politique économique efficace et la construction de la paix », ajoute Kaberuka, qui souligne que la reconstruction de l’état doit être au centre des efforts internationaux pour aider les pays qui sont sortis d’une situation de conflit à retrouver une stabilité politique et un développement durable.

En 2008 la Banque Africaine de Développement a entrepris la Stratégie pour l’Engagement Accru dans les états fragiles, pour soutenir les institutions locales afin de répondre à quelques-uns de leurs problèmes les plus urgents.

(Agence Fides 12/5/2009)