26.03.2010

Le Vatican souhaite avec Pékin un dialogue respectueux et ouvert

Le Vatican a souhaité aujourd’hui engager avec les autorités chinoises un "dialogue respectueux et ouvert" qui permette de dépasser les difficultés actuelles et de parvenir à une entente féconde.

 

Source: KerkNet


C’est l’essence du communiqué publié ce jeudi par la salle de presse du Saint Siège à l'issue de la troisième réunion de la commission créée par Benoît XVI pour étudier l'action de l'Eglise en Chine..

Créée en 2007, cette commission a réuni de lundi à mercredi les responsables de plusieurs dicastères du Vatican, des représentants de l'épiscopat chinois et des congrégations religieuses.

Bernard Decottignies (Radio Vatican): >>

25.03.2010

Le scandale de la pédophilie

Genèse d'un délit. La révolution des années Soixante

Le scandale de la pédophilie a toujours existé; ce qui lui a donné des proportions énormes, c'est le virage culturel d'il y a un demi-siècle. Benoît XVI l'a écrit dans sa lettre aux catholiques d'Irlande, que commentent deux cardinaux et un sociologue


par Sandro Magister





ROME, le 25 mars 2010 – La loi et la grâce. La main de Dieu parvient là où la justice terrestre n’arrive pas. Dans sa lettre du 19 mars, Benoît XVI a ordonné aux catholiques d'Irlande ce qu’aucun pape de l’époque moderne n’a jamais ordonné à toute l’Église d’un pays.

Il leur a enjoint non seulement de déférer les coupables devant les tribunaux canoniques et civils mais aussi de se mettre collectivement en état de pénitence et de purification. Et cela non pas dans le secret de leurs consciences mais de manière publique, sous les yeux de tous, y compris leurs adversaires les plus implacables et les plus moqueurs. Jeûne, prière, lecture de la Bible et activités caritatives tous les vendredis à partir de maintenant jusqu’à Pâques de l’année prochaine. Confession sacramentelle fréquente. Adoration continuelle de Jésus – lui-même "victime de l’injustice et du péché" – devant la sainte hostie exposée sur les autels des églises. Et pour tous les évêques, prêtres et religieux, sans exception, une période spéciale de "mission", un long et rude parcours d’exercices spirituels pour une révision de vie radicale.

C’est une décision audacieuse qu’a prise là le pape Benoît XVI. Parce que le prophète Jonas lui-même ne croyait plus que Dieu pardonnerait à Ninive pour ses péchés, en dépit de la cendre de la pénitence et des sacs dont tous étaient couverts, depuis le roi jusqu’à la dernière des bêtes.

Et aujourd’hui encore beaucoup de gens concluent que l’Église reste condamnée irrémédiablement, même après la lettre dans laquelle le pape lui-même se déclare plein de honte et de remords à cause des abominations commises sur des enfants par certains prêtres, vis-à-vis desquelles certains évêques ont fait preuve d’une négligence coupable.

Et pourtant le pardon de Dieu est descendu même sur Ninive et le sceptique Jonas a dû revenir sur son opinion.  Ce prophète, Michel-Ange l’a justement représenté sur la partie supérieure du mur derrière l’autel de la Chapelle Sixtine, pour montrer que le pardon de Dieu est la clé de tout, depuis la création du monde jusqu’au jugement dernier.

Dimanche 21 mars, tandis que l’on donnait lecture de sa lettre dans les églises d'Irlande, Benoît XVI a commenté, pour les fidèles réunis sur la place Saint-Pierre au moment de l'Angélus, le pardon de Jésus à la femme adultère : "Il sait ce qu’il y a dans le cœur de chaque être humain, il veut condamner le péché, mais sauver le pécheur et démasquer l'hypocrisie". L'hypocrisie de ceux qui voulaient lapider la femme, bien qu’étant eux-mêmes les premiers à pécher.

Intransigeance vis-à-vis du péché, "en commençant par le nôtre", et miséricorde vis-à-vis des personnes. Telle est la leçon que Joseph Ratzinger veut appliquer à l’affaire irlandaise et, plus largement, à l’Eglise tout entière.

D’un côté, les rigueurs de la loi. Le prix de la justice devra être payé intégralement. Les diocèses, les séminaires, les congrégations religieuses où l’on a laissé se commettre des méfaits sont avertis : des visiteurs apostoliques vont venir du Vatican pour découvrir ce qui s’est passé et, même là où il n’y aura pas lieu de faire intervenir la justice civile, la discipline canonique punira ceux qui auront été négligents.

Mais, en même temps, le pape allume la lumière de la grâce. Il ouvre la porte du pardon de Dieu même à ceux qui se sont rendus coupables des pires abominations, s’ils se repentent sincèrement.

Quant à ceux qui se tiennent au premier rang des accusateurs, ceux qui sont les plus armés de pierres contre l’Église, aucun d’entre eux n’est sans péché. Pour ceux qui exaltent la sexualité comme pur instinct, libre de toute entrave, il est difficile de condamner ensuite tout abus qui en est fait.

La tragédie de certains prêtres et religieux, a écrit Benoît XVI dans sa lettre pastorale, a aussi été de céder à ce genre de "façons de penser" si répandues, au point d’en arriver à justifier l'injustifiable.

Une faiblesse qui ne peut certainement pas être reprochée à Ratzinger évêque et pape, même par ses adversaires les plus acharnés, s’ils sont sincères.



Le commentaire reproduit ci-dessus est publié dans "L'Espresso" n. 13 de 2010, en kiosque depuis le 26 mars.

A la fin, ce commentaire fait référence à un paragraphe précis - le quatrième - de la lettre de Benoît XVI aux catholiques d'Irlande.

C’est le paragraphe dans lequel le pape évoque les raisons qui ont favorisé, à partir des années Soixante du siècle dernier, l'expansion des abus sexuels commis par le clergé et surtout l'incapacité à en comprendre la gravité.

Le voici en entier.


BENOÎT XVI. LE PARAGRAPHE 4 DE SA LETTRE



"Au cours des dernières décennies, l’Église dans votre pays a dû affronter de nouveaux et graves défis à la foi, découlant de la transformation et de la sécularisation rapides de la société irlandaise. Un changement social très rapide a eu lieu, qui a souvent eu des effets contraires à l’adhésion traditionnelle des Irlandais à l’enseignement et aux valeurs catholiques. Très souvent, les pratiques sacramentelles et de dévotion qui soutiennent la foi et lui permettent de croître, comme par exemple la confession fréquente, la prière quotidienne et les retraites annuelles, ont été négligées.

"Au cours de cette période, la tendance, y compris chez certains prêtres et religieux, à adopter des façons de penser et de considérer les réalités séculières sans référence suffisante à l’Évangile, a été déterminante. Le programme de renouveau proposé par le Concile Vatican II a parfois été mal interprété et, à vrai dire, à la lumière des profonds changements sociaux qui avaient lieu, il était très difficile de savoir quelle était la meilleure façon de l’appliquer. En particulier, il y a eu une tendance, dictée par de justes intentions mais erronée, à éviter d’aborder sous l’angle pénal les situations canoniques irrégulières. C’est dans ce contexte général que nous devons chercher à comprendre le problème préoccupant des abus sexuels commis sur des enfants, qui a grandement contribué à l’affaiblissement de la foi et à la perte de respect pour l’Église et pour ses enseignements.

"Ce n’est qu’en examinant avec attention les nombreux éléments qui ont donné naissance à la crise actuelle qu’il est possible d’entreprendre un diagnostic clair de ses causes et de trouver des remèdes efficaces. Il est certain que, parmi les facteurs qui y ont contribué, nous pouvons citer : des procédures inadéquates pour déterminer l’aptitude des candidats au sacerdoce et à la vie religieuse ; une formation humaine, morale, intellectuelle et spirituelle insuffisante dans les séminaires et les noviciats ; une tendance de la société à favoriser le clergé et d’autres figures d’autorité, ainsi qu’une préoccupation hors de propos pour la réputation de l’Église et pour éviter les scandales, qui ont eu pour résultat la non-application des peines canoniques en vigueur et l’absence de protection de la dignité de chaque personne. Il faut agir d’urgence pour traiter ces facteurs, qui ont eu des conséquences si tragiques pour les vies des victimes et de leurs familles et qui ont diminué la lumière de l’Evangile plus gravement qu’au cours des siècles de persécution".


Deux cardinaux et un spécialiste de la sociologie des religions, entre autres, se sont exprimés à propos des facteurs culturels analysés par le pape.


LE COMMENTAIRE DU CARDINAL BAGNASCO


Le premier des deux cardinaux est Angelo Bagnasco, archevêque de Gênes et président de la conférence des évêques d’Italie (CEI).

Voici comment, le lundi 22 mars, dans le discours par lequel il a ouvert les travaux du conseil permanent de la CEI, Bagnasco a conclu le passage consacré à la lettre du pape aux catholiques d'Irlande :

"Différentes personnes, y compris des non-catholiques, ont souligné que, depuis un certain temps déjà, le phénomène de la pédophilie apparaît tragiquement répandu dans divers milieux et dans plusieurs catégories de personnes. Mais ce point, loin d’être mentionné ici pour diminuer ou relativiser la gravité spécifique des faits signalés dans les milieux ecclésiastiques, est plutôt un avertissement incitant à percevoir l’ampleur objective de la tragédie. Au moment même où elle se sent humiliée, l’Église apprend du pape à ne pas avoir peur de la vérité, même quand celle-ci est douloureuse et odieuse, à ne pas la taire, à ne pas la couvrir. Mais cela ne signifie pas subir – quand il y en a – des stratégies de discrédit généralisé.

"En réalité nous devons tous nous interroger, en rejetant désormais tout faux-fuyant, à propos d’une culture qui, de nos jours, règne incontestée et favorisée, et qui tend progressivement à effilocher le tissu conjonctif de toute la société, en se moquant, le cas échéant, de ceux qui résistent et tentent de s’opposer : c’est l’attitude de ceux qui cultivent une autonomie absolue vis-à-vis des critères du jugement moral et qui propagent comme bons et séduisants des comportements inspirés de désirs individuels et d’instincts parfois effrénés. Mais l’exacerbation de la sexualité détachée de son sens anthropologique, l’hédonisme à tout va et le relativisme qui n’admet ni barrières ni sursauts font beaucoup de mal parce qu’ils sont spécieux et parfois, sans que l’on s’en rende compte, omniprésents.

"Alors il faut que nous recommencions tous à appeler les choses par leur nom, toujours et partout, à identifier le mal dans sa gravité croissante et ses manifestations multiples, pour ne pas nous trouver, avec le temps, face à la prétention d’une aberration revendiquée sur le plan des principes".


LE COMMENTAIRE DU CARDINAL RUINI



Le second cardinal est Camillo Ruini, président du comité pour le projet culturel de l’Église italienne, prédécesseur de Bagnasco à la présidence de la CEI et vicaire du pape pour le diocèse de Rome de 1991 à 2008.

Dans une interview accordée au quotidien "il Foglio" du 16 mars, quelques jours avant que le pape ne publie sa lettre, Ruini a déclaré, entre autres :

"À mon avis, la campagne de diffamation contre l’Église catholique et le pape que mènent les médias s’inscrit dans cette stratégie qui est à l’œuvre depuis des siècles et que Friedrich Nietzsche théorisait déjà avec le goût du détail. Selon Nietzsche, l’attaque décisive contre le christianisme ne peut pas être portée sur le plan de la vérité mais sur celui de l’éthique chrétienne, qui serait l’ennemie de la joie de vivre. Alors je voudrais demander à ceux qui lancent les scandales de la pédophilie principalement contre l’Église catholique, en mettant éventuellement sur le tapis le célibat des prêtres, s’il ne serait pas plus honnête et plus réaliste de reconnaître que ces déviations, et d’autres, liées à la sexualité accompagnent certainement toute l’histoire du genre humain mais aussi qu’à notre époque, ces déviations sont encore plus stimulées par la ‘libération sexuelle’ si vantée".

Et aussi :

"Lorsque l’exaltation de la sexualité envahit tout l’espace de la vie et que l’autonomie de l’instinct sexuel par rapport à tout critère moral est revendiquée, il devient difficile de faire comprendre que certains abus déterminés doivent absolument être condamnés. En réalité la sexualité humaine, dès son début, n’est pas simplement instinctive, elle n’est pas identique à celle des autres animaux. Comme tout ce qui est humain, c'est une sexualité ‘pétrie’ de raison et de morale, qui peut être vécue de manière humaine et qui ne rend vraiment heureux que si elle est vécue de cette façon".



LE COMMENTAIRE DU PROFESSEUR INTROVIGNE


Le sociologue est le professeur Massimo Introvigne, président du CESNUR, Center for Studies on New Religion.

Dans un commentaire paru le 22 mars sur l’édition italienne du site de l'agence internationale "Zenit", Introvigne a notamment écrit :

"Ce que les Anglais et les Américains appellent 'the Sixties', les années Soixante, et les Italiens, en se concentrant sur l’année symbolique, 'il Sessantotto', apparaît de plus en plus comme une période de profond bouleversement des mœurs, ayant des effets cruciaux et durables sur la religion.

"Il y a d’ailleurs eu un Soixante-huit dans la société et un Soixante-huit dans l’Église : 1968 est justement l’année du désaccord public avec l’encyclique 'Humanae Vitae' de Paul VI, une contestation qui - selon une étude remarquable et influente du philosophe américain récemment disparu Ralph McInerny, 'Vatican II. Qu’est-ce qui est allé de travers ?' - constitue un point de non-retour dans la crise du principe d’autorité au sein de l’Église catholique. [...]

"Mais pourquoi les années Soixante ? Pour rester dans les îles britanniques, Hugh McLeod a publié sur ce sujet aux éditions Oxford University Press, en 2007, un important ouvrage, 'The Religious Crisis of the 1960s', qui fait le point sur les discussions en cours.

"Deux thèses se sont opposées : celle d’Alan Gilbert, qui pense que la révolution des années 1960 a été déterminée par le boom économique qui a répandu l’esprit de consommation et éloigné les populations des églises ; et celle de Callum Brown, pour qui le facteur décisif a été l’émancipation des femmes, suite à la diffusion de l’idéologie féministe, du divorce, de la pilule anticonceptionnelle et de l’avortement.

"McLeod pense - à juste titre selon moi - qu’une révolution d’une telle portée ne peut pas s’expliquer par un seul facteur. Le boom économique et le féminisme entrent en jeu, mais également des aspects plus strictement culturels, que ce soit à l’extérieur des Églises et communautés chrétiennes (la rencontre entre la psychanalyse et le marxisme) ou à l’intérieur (les 'nouvelles théologies').

"Sans entrer dans les éléments les plus techniques de cette discussion, Benoît XVI montre, avec sa lettre, qu’il est conscient du fait qu’il y a eu dans les années Soixante une authentique révolution – pas moins importante que la Réforme protestante ou la Révolution française – qui a été 'très rapide' et qui a asséné un coup très dur à la 'traditionnelle adhésion du peuple à l’enseignement et aux valeurs catholiques'. [...]

"Dans l’Église catholique on n’a pas tout de suite été suffisamment conscient de la portée de cette révolution. Au contraire, celle-ci a contaminé – estime aujourd’hui Benoît XVI – 'même des prêtres et des religieux', elle a déterminé des malentendus dans l’interprétation du concile et elle a été la cause d’une 'formation humaine, morale et spirituelle insuffisante dans les séminaires et dans les noviciats'.

"Dans ce contexte, les prêtres insuffisamment formés ou contaminés par le climat qui a suivi les années Soixante ne sont certainement pas tous devenus pédophiles, pas même un pourcentage significatif d’entre eux : nous savons par les statistiques que le nombre réel de prêtres pédophiles est très inférieur aux chiffres fournis par certains médias. Cependant ce nombre n’est pas égal à zéro – comme nous le voudrions tous – et cela justifie les propos très sévères du pape. Mais l’étude de la révolution des années Soixante et de 1968 est essentielle pour comprendre ce qui s’est produit par la suite, pédophilie comprise. Et pour trouver de véritables remèdes.

"Si cette révolution, à la différence de celles qui l’ont précédée, est morale et spirituelle, si elle touche à l’intériorité de l’homme, les remèdes ne pourront venir, en définitive, que de la restauration de la moralité, de la vie spirituelle et d’une vérité intégrale sur la personne humaine. Mais pour cela les sociologues, comme toujours, ne suffisent pas : il faut des pères et des maîtres, des éducateurs et des saints. Et nous avons tous grand besoin du pape, de ce pape, qui encore une fois – pour reprendre le titre de sa dernière encyclique – dit la vérité dans la charité et pratique la charité dans la vérité".




La lettre de Benoît XVI aux catholiques d'Irlande :

> "Vous devez en répondre devant Dieu"

Le texte complet du discours du cardinal Bagnasco au conseil permanent de la CEI :

> Prolusione, 22 marzo 2010

L’intégralité de l’interview accordée par le cardinal Ruini à "il Foglio" :

> Ruini contro l'assedio etico al clero

Et tout le commentaire du professeur Introvigne sur le site "Zenit" :

> La lettera del papa e la rivoluzione culturale degli anni Sessanta



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

21.03.2010

Réunion de la commission pour l’Eglise catholique en Chine

Deuxième session consacrée à la formation des cadres


ROME, Samedi 20 mars 2010 (ZENIT.org) - La commission pour l'Eglise catholique en Chine mise en place par Benoît XVI se réunira au Vatican du 22 au 24 mars, indique aujourd'hui un communiqué du Saint-Siège.

La réunion servira « à approfondir le thème de la formation afin qu'en Chine, comme dans le reste du monde, l'action des prêtres et des personnes consacrées aide l'Eglise à incarner l'Evangile et à lui rendre témoignage, y compris face aux défis de l'évolution de la situation sociale et culturelle ».

Car la réunion du 30 mars au 1er avril 2009, la deuxième, avait déjà commencé à examiner le thème de la « formation humaine, intellectuelle, spirituelle et pastorale des séminaristes et des personnes consacrées, ainsi que la formation permanente des prêtres ».

La première réunion a eu lieu les 10-12 mars 2008, et elle s'est centrée sur la Lettre de Benoît XVI aux catholiques de Chine (27 mai 2007), son « accueil » dans et en dehors de l'Eglise, les « principes théologiques » inspirateurs de la Lettre, et les « perspectives » qu'elle ouvre pour les catholiques de Chine.

Cette commission a été instituée par Benoît XVI en 2007 « pour étudier les questions d'une plus grande importance, relatives à la vie de l'Eglise catholique en Chine » : elle réunit des responsables des dicastères romains compétents en la matière et des représentants de l'épiscopat chinois et de congrégations religieuses.

La question de la formation est d'autant plus complexe que l'ancienne frontière traversant des quelques millions de catholiques chinois, entre une « Eglise clandestine » ou une Eglise « officielle », s'estompe, des évêques ayant voulu sortir de la clandestinité tout en restant fidèles à Rome et des évêques « officiels » n'ayant pas moins de loyauté et d'attachement pour le Successeur de Pierre. Des ordinations d'évêques approuvés par le pape ont également eu lieu avec le consentement des autorités.

Anita S. Bourdin

16.09.2009

Vietnam : 2010, année du 300e anniversaire de l’arrivée du christianisme

ASIE/VIETNAM - L’année 2010 sera une année jubilaire pour l’Eglise du Vietnam: un évènement culminant, le Congrès national à Hué

 


Hanoi (Agence Fides) – L’année 2010 sera une année jubilaire pour l’Eglise du Vietnam: comme le communique à l’Agence Fides la Conférence épiscopale du pays, l’Eglise vietnamienne fêtera le 50ème anniversaire de l’institution de la hiérarchie, et en même temps le 300ème anniversaire de l’arrivée du christianisme au Vietnam.

Parmi les initiatives qui rythmeront l’Année jubilaire, l’évènement culminant de l’année a déjà été annoncé et programmé : le Congrès national qui se tiendra à Hué du 7 au 10 octobre 2010. Le Congrès, qui réunira tous les membres de la communauté catholique vietnamienne, sera l’occasion de faire le point sur la vie et sur la mission de l’Eglise au Vietnam, de nouveau marquée, ces derniers mois, par plusieurs évènements dus aux rapports difficiles avec les autorités civiles locales.

Pendant l’année jubilaire, seront évoquées les figures d’éminents missionnaires qui ont offert une importante contribution à l’évangélisation du pays, comme le P. Cardiere, des Missions étrangères de Paris (MEP) et le père jésuite Alessandro De Rhodes, SJ. Comme l’explique Sœur Elisabeth Tran Thi Quynh Giao, des Franciscaines missionnaires de Marie, pour la préparation de cette année, la Conférence épiscopale du Vietnam et le Comité organisateur ont envoyé aux paroisses, aux différentes congrégations religieuses et aux associations une invitation à sensibiliser les fidèles et à préparer cet évènement historique, en relisant leur histoire surtout dans les périodes suivantes : celle des premières missions (1553 – 1659); celle du Vicariat apostolique (1659 – 1960); celle des diocèses (1960 – 2010).

Après cette recherche, les congrégations religieuses pourront offrir une vision d’ensemble sur leurs activités passées, montrant les résultats positifs dans le domaine de la mission, ainsi que les difficultés traversées dans le contexte culturel, social et politique de chaque période. Elles donneront en outre un profil de leurs actions et de leurs stratégies pastorales futures. Tout ce matériel sera recueilli dans un livre, dans le but de présenter les différentes congrégations religieuses et leur mission, de procurer des informations officielles à ceux qui désirent connaître ces congrégations et promouvoir les vocations religieuses et sacerdotales.

(Agence Fides 14/9/2009)

15.06.2009

Vices et vertus de la banque du Vatican

Tout l'argent de Pierre. Vices et vertus de la banque du Vatican

200 millions de dollars pour la "charité du pape". D'où viennent-ils ? A qui vont-ils ? Nouvelles révélations sur les méfaits de l'Institut pour les Œuvres de Religion. Et sur les obstacles à son assainissement

par Sandro Magister




ROME, le 15 juin 2009 – Début juillet, le Vatican publiera comme tous les ans ses comptes pour 2008, en deux chapitres et un appendice.

Le premier chapitre fera apparaître les recettes et dépenses de l'Administration du Patrimoine du Siège Apostolique, APSA, qui gère les biens mobiliers et immobiliers qui lui appartiennent, ceux de la curie, du corps diplomatique, de la maison d'édition, de la radio, de la télévision.

Le second chapitre fera apparaître les recettes et dépenses du gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican: territoire, services, musées, timbres, monnaie.

L'appendice indiquera le montant du Denier de Saint-Pierre, collecte pour le pape faite chaque année dans le monde entier le 29 juin, fête des saints Pierre et Paul, à quoi s’ajoutent les dons faits directement au pape pendant l’année.

En 2007, par exemple, la collecte et les dons ont atteint 94,1 millions de dollars, dont 14,3 millions venant d’un seul donateur qui a voulu rester anonyme.

Voilà ce qui est publié chaque année.

Rien d’autre. Pas une ligne sur les autres recettes qui, en plus du Denier, alimentent la "charité du pape". Et pas une ligne sur l’emploi qui est fait de cette somme.

Un service de la secrétairerie d’Etat s’occupe précisément de cette question. Il a été dirigé pendant des années par Mgr Gianfranco Piovano, remplacé depuis quelques mois par Mgr Alberto Perlasca ; tous deux sont des diplomates de carrière. Cette caisse recueille, en plus du Denier, les contributions que les diocèses du monde entier sont tenus de verser au successeur de Pierre en vertu du canon 1271 du code de droit canonique. Les congrégations religieuses et les fondations envoient également de l’argent. En 2007, d’après un rapport confidentiel envoyé par le Vatican aux diocèses, ces contributions ont atteint 29,5 millions de dollars qui, ajoutés au Denier, font un total de 123,6 millions de dollars.

Ces fonds sont destinés, justement, à la "charité du pape". Dans une conférence faite à des diplomates de différents pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, en mai 2007, à l’Université Pontificale Grégorienne de Rome, le banquier Angelo Caloia, président de l'Institut pour les Œuvres de Religion, l’IOR, la "banque du Vatican", décrivait ainsi l'utilisation de ces fonds:

"Ils sont surtout destinés à subvenir aux besoins matériels de diocèses pauvres, à aider des institutions religieuses et des communautés de fidèles en grandes difficultés: pauvres, enfants, personnes âgées, marginaux, victimes de guerres et de catastrophes naturelles, réfugiés, etc.".

Dans la même conférence, Caloia a aussi cité une autre source de la "charité du pape": les profits de l’IOR. En effet, chaque année en mars, l’IOR met à l’entière disposition du pape la différence entre ses recettes et ses dépenses de l'année précédente. Le montant de cette somme est secret mais on estime qu’il est proche de celui du Denier de Saint-Pierre. C’était du moins le cas pour quatre années dont les chiffres ont filtré : 1992 avec 60,7 milliards de lires de l'époque, 1993 avec 72,5 milliards, 1994 avec 75 milliards et 1995 avec 78,3 milliards. Ces années-là, le Denier de Saint-Pierre était légèrement supérieur à ces montants.

S’il en est ainsi, 2007 aurait apporté à Benoît XVI, pour sa "charité", une somme totale proche de 200 millions de dollars.

La même année, les comptes faisaient apparaître pour l'APSA une perte de 9,1 millions d’euros et pour le gouvernorat un profit de 6,7 millions d’euros. Des miettes, par comparaison

Dans sa conférence aux diplomates, Caloia a peu parlé de l’IOR. Il a souligné que celui-ci "n’a pas de relation fonctionnelle" avec le Saint-Siège. Et il a affirmé que seuls sont autorisés à y déposer de l’argent des "individus ou entités juridiques ayant une légitimité canonique: cardinaux, évêques, prêtres, religieuses, moines, congrégations religieuses, diocèses, chapitres, paroisses, fondations, etc.".

Mais la réalité n’a pas toujours correspondu à ce profil. En 1990, quand Caloia a pris la présidence de la banque vaticane, elle sortait à peine d’une terrible déconfiture, liée au nom de son prédécesseur, l'archevêque Paul Marcinkus, et aux opérations téméraires que celui-ci avait réalisées avec les financiers Michele Sindona et Roberto Calvi, morts tous les deux de mort violente par la suite, dans des circonstances mystérieuses.

Le cardinal Agostino Casaroli, secrétaire d’Etat à l'époque, avait assaini le contentieux en ordonnant de verser aux créanciers 242 millions de dollars à titre de "contribution volontaire". En accord avec le gouvernement italien, il avait confié les recherches sur les agissements de la banque vaticane à deux spécialistes de la finance et du droit administratif, Pellegrino Capaldo et Agostino Gambino, et à un prélat de curie en qui il avait toute confiance. Il s’agissait de Mgr Renato Dardozzi, né en 1922, ordonné prêtre à 51 ans, diplômé en ingénierie, mathématiques, philosophie et théologie, ayant fait une carrière de manager dans les télécommunications et enfin directeur et chancelier de l’Académie Pontificale des Sciences.

Depuis lors et jusqu’à peu d’années avant sa mort en 2003, Dardozzi a continué à assurer un rôle de surveillance sur le fonctionnement de l’IOR, pour le compte de la secrétairerie d’Etat vaticane, avec Casaroli et le successeur de celui-ci, le cardinal Angelo Sodano.

De son travail de surveillance, Dardozzi avait conservé une documentation, qui est maintenant disponible dans un livre écrit par Gianluigi Nuzzi et publié récemment en Italie aux éditions Chiarelettere.

Les documents cités et reproduits dans le livre sont absolument fiables. Ils montrent que la mise à l’écart de Marcinkus et son remplacement par Caloia en 1990 n’ont pas suffi à laver tout de suite l’IOR de sa mauvaise réputation.

En effet Mgr Donato De Bonis, qui tenait le rôle-clé de "prélat" de la banque vaticane, est resté à son poste jusqu’en 1993. Et il avait mis en œuvre, pendant ces années, une sorte de banque occulte parallèle, sous sa direction exclusive, qui a de nouveau failli mettre l’IOR en déconfiture.

Caloia a commencé à soupçonner l’existence d’irrégularités au printemps 1992. Il a ordonné une enquête interne et a découvert que De Bonis disposait en effet de comptes au nom de fondations fictives, qui masquaient en réalité des opérations financières illégales, pour des dizaines de milliards de lires de l'époque.

En août, un rapport détaillé sur ces comptes fictifs est arrivé sur le bureau du secrétaire de Jean-Paul II, Mgr Stanislaw Dziwisz.

En mars 1993, De Bonis a été mis à la porte de l’IOR. Personne ne l’a remplacé dans la charge de "prélat" de la banque, qui est restée vacante. Il a été consacré évêque et nommé chapelain de l’Ordre Souverain et Militaire de Malte, poste qui bénéficie d’immunités diplomatiques.

Mais même après son départ de l’IOR, De Bonis a continué à agir, grâce à des cadres avec qui il était resté lié. Fin juillet, Caloia, inquiet, a écrit au secrétaire d’Etat, le cardinal Sodano:

"... On perçoit de plus en plus clairement les contours d’une activité nettement criminelle exercée consciemment par quelqu’un qui, du fait de son choix de vie et de ses fonctions, aurait dû au contraire être une sévère conscience critique. On a de plus en plus mal à comprendre que perdure une situation où le nommé [De Bonis] continue, à partir d’un poste tout aussi privilégié, à gérer indirectement l'activité de l’IOR...".

Le risque était d’autant plus grave que, justement à cette époque, la magistrature italienne enquêtait sur un pot-de-vin colossal versé illégalement par la société Enimont aux hommes politiques qui l’avaient favorisée. Ces enquêtes menaient aussi à l’IOR, en tant qu’intermédiaire occulte de ces versements, à travers les comptes fictifs manœuvrés par De Bonis.

A l'automne 1993, les magistrats de Milan ont demandé au Vatican, par commission rogatoire, de leur fournir les données relatives aux opérations contestées. Le Vatican s’en est sorti en fournissant le minimum indispensable, moins que ce qu’il avait découvert par ses propres enquêtes. Certains cadres ont été remplacés, les comptes fictifs ont été bloqués et De Bonis n’a pas récupéré une seule lire des sommes déposées.

Le cardinal qui, au Vatican, avait le plus appuyé De Bonis, José Rosalio Castillo Lara, président à la fois de l'APSA et du gouvernorat, a quitté la scène en même temps que lui.

En 1995 Caloia a été reconduit dans ses fonctions de président de l’IOR pour cinq ans. De même en 2000. De même encore en 2006, après un an de prorogation "par intérim", au milieu de rumeurs insistantes à propos de son remplacement imminent. Mais à l’été 2006, avant de transmettre le secrétariat d’Etat à son successeur Tarcisio Bertone, le cardinal Sodano a remis en vigueur la charge de "prélat" de l’IOR, en y nommant son propre secrétaire, Mgr Piero Pioppo.

Aujourd’hui encore, on entend parler de temps à autre d’un changement à la présidence de l’IOR. Mais Caloia, 69 ans, marié à une Anglaise et père de quatre enfants, a en main une nomination qui va jusqu’au 14 mars 2011.

Ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui, grâce à lui, l’IOR est plus proche – comme il ne l’a jamais été dans le passé – de l’image de la banque vertueuse qu’il avait décrite aux diplomates du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord lors de sa conférence, il y a deux ans.

 

 


La conférence sur les finances du Vatican faite par le président de l’IOR à l’école pour diplomates de l’Université Pontificale Grégorienne en 2007 se trouve dans le volume des actes:

Angelo Caloia, "The financial structures of the Holy See", en Franco Imoda, Roberto Papini (éd.), "The Catholic Church and the International Policy of the Holy See / L'Eglise Catholique et la Politique Internationale du Saint-Siège", Nagard, Milan, 2008, pp. 148-151.


Le livre où se trouvent les documents conservés par Mgr Renato Dardozzi:

Gianluigi Nuzzi, "Vaticano SpA", Chiarelettere, Milan, 2009, 282 pp., 15,00 euros.


Sur www.chiesa, les comptes du Vatican et le montant du Denier de Saint-Pierre au cours des cinq dernières années:

> Pour l'argent de Pierre, c'est le calme dans la tempête (30.1.2009)

Toujours sur www.chiesa, à propos de l’IOR et de la présidence d’Angelo Caloia:

> Il banchiere del papa racconta: "Ecco come ho risanato lo IOR" (18.6.2004)



Traduction française par
Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

31.03.2009

VATICAN - Réunion sur l’Eglise en Chine

Rome (Agence Fides) – La Salle de Presse du Saint-Siège a publié le Communiqué suivant:


« Du 30 mars au 1° avril se réunira la Commission instituée en 2007 par le Pape pour étudier la situation de l'Eglise en Chine. "Font partie de la Commission - précise le communiqué de la Salle-de-Presse du Saint-Siège - les supérieurs des dicastères de la Curie Romaine compétents dans ce domaine et quelques représentants de l'épiscopat chinois et de congrégations religieuses."

« Le thème de la première réunion plénière qui a eu lieu du 10 au 12 mars 2008, était la Lettre adressée par Benoît XVI aux catholiques chinois le 27 mai 2007. Au cours des travaux, l'accueil réservé à ce document pontifical dans et hors de la Chine a été examiné. Une réflexion a été faite aussi sur les principes théologiques inspirés de la Lettre Papale, en vue d'analyser les perspectives qui en naissent pour la communauté catholique en Chine. Au cours de la prochaine réunion plénière, quelques aspects de la vie de l'Eglise en Chine seront examinés à la lumière de cette Lettre. Une réflexion aura lieu en particulier sur les questions religieuses actuelles et importantes ».


(Agence Fides, 30 mars 2009)

22:30 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rome, curie, benoit xvi, jean paul ii, vatican, chine, eveques, congregations religieuses | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |