25.06.2009

LA COMMUNICATION DE L’EGLISE - RADIOS CATHOLIQUES ET NOUVELLES TECHNOLOGIES POUR LA MISSION (5)

Entretien avec le Docteur Angelo Scelzo,

Sous-secrétaire du Conseil Pontifical pour les Communications Sociales

 

La création d'un canal sur Youtube, consacré aux activités du Pape et du Vatican, est récente : comment la communication de l'Eglise change-t-elle avec l'utilisation d'Internet ?

            On ne peut dire que la communication de l'Eglise change ; l'Eglise, simplement, utilise toutes ces possibilités pour répandre au mieux le Message, à un public toujours plus articulé, surtout à la génération numérique, aux jeunes. Le message spécifique de l'Eglise ne change pas. L'accord avec Youtube, en effet, ne prévoit pas une production spécifique des activités du Pape, de l'Eglise, de la Curie ; tout simplement, Youtube prend pour soi tout ce que produisent déjà les organismes officiels de l'Eglise. Il n'y a donc pas de variation dans la manière de communication de l'Eglise, mais l'Eglise tient compte de ces nouveaux instruments, parce qu'elle sait qu'elle a un Message à offrir, et elle ne s'arrête pas face aux nouvelles technologies, au contraire, elle reconnaît que ces technologies ont un rôle fondamental dans la diffusion du message. L'Eglise est par elle-même communication, elle a un rôle, qui est celui d'annoncer la Parole, cette Nouvelle qui a changé le monde il y a deux mille ans ; elle l'a fait durant les premières années par la prédication orale, elle le fait à présent avec les instruments que les nouvelles technologies mettent à sa disposition.

 

 

Quelles sont les risques et les possibilités que les nouvelles technologies peuvent apporter à la diffusion du Message évangélique ?

            L'Eglise utilise les nouvelles technologies, mais non pas seulement du point de vue technique. L'utilisation de ces moyens entraîne plusieurs conséquences, et l'Eglise réfléchit sur la meilleure manière pour utiliser ces instruments qui, comme le souligne bien le Message du Pape, peuvent être à la base d'une nouveau réseau de relations, peuvent élargir l'aire dans laquelle naissent le dialogue, les contacts, les nouvelles relations. Et l'objectif c'est que les nouvelles relations soient orientées vers le dialogue, la tolérance, l'amitié, vers toutes ces valeurs positives que, en soi, le réseau n'offre pas, mais qui peuvent découler des nouvelles technologies. Cela ne veut pas dire mettre les risques de côté, ni s'approcher naïvement de ces réalités nouvelles ; on pèse les risques, surtout dans l'utilisation impropre du réseau ; mais le Pape souligne un autre risque fondamental : que ces nouvelles technologies puissent élargir la différence entre les Pays riches et les Pays pauvres, et le déficit de communication des Pays pauvres. Cela est grave, parce que, dans une société développée comme la société actuelle, le manque de communication équivaut au manque d'un bien de première nécessité.

            Un autre risque découle du fait de juger de la valeur des nouvelles technologies seulement du point de vue technique, et non seulement du pont de vue de relation, c'est-à-dire, que l'on puisse créer seulement des communautés virtuelles : la possibilité d'entrer en relation, en contact n'est pas importance de manière exclusive, mais il faut regarder à la qualité de ce contact. L'objectif de l'approche des nouvelles technologies n'est pas d'annuler la valeur et l'importance du contact direct, de la rencontre, des communautés réelles, parce que ce sont elles qui sont le sens ultime de la communication. Les nouvelles technologies sont une occasion, dont il faut s'occuper, qu'il faut compléter, qu'il faut insérer dans un projet plus ample ; c'est la tâche de tous ceux qui travaillent dans les moyens de communication de masse et ont à cœur le bien commun.

 

 

Dans son Message pour la Journée des Communications Sociales de 2009, le Saint-Père parle de « désir de connexion et d'instinct de communication » : quelles caractéristiques doit avoir une bonne communication pour aider le dialogue, l'intégration, le respect réciproque, la recherche de la vérité ?

            Tous les êtres humains ont besoin d'entrer en relation les uns avec les autres ; aujourd'hui, cette nécessité passe par les nouvelles technologies. L'homme n'est pas une île, il ne peut rester tout seul, l'instinct de communication est dans sa nature. Il faut que cette communication soit de qualité. Il ne suffit pas d'être « reliés », désormais, nous sommes tous reliés, mais cela ne suffit pas ; si le problème était seulement la connexion, nous serions submergés par les nouvelles technologies et par les informations qui sont véhiculées dans toutes les parties du monde. Le point de la question n'est pas la connexion, mais donner un sens vrai à la communication, et regarder aux moyens de communication comme une possibilité. Il ne pourra jamais exister une moyen de communication ou un moyen technologique, sans l'apport de l'homme, sans l'intelligence, ou sans les sentiments qui guident la vie de l'homme.

 

 

De nombreuses initiatives montrent que l'Eglise réfléchit sur la puissance des nouvelles technologies, et en montrant qu'elle est actuelle : est-ce un coup dur pour ceux qui considèrent que l'Eglise Catholique est une Institution fermée et vétuste ?

            Par elle-même, l'Eglise est communication. Elle est née sur une annonce, sur un fait ; une annonce et un fait qui n'ont eu aucune difficulté à se propager, même si, à cette époque il n'y avait pas Internet ! L'Eglise est une sorte d' « Internet concret », une connexion ramifiée, faite d'articulations centrales et périphériques ; elle est universelle et vit en chaque territoire. Ceux qui affirment que l'Eglise est une institution vétuste, ne partent pas de la nature même de l'Eglise, née sur une parole - l'Evangile - et sur un fait -, la naissance du Christ - que, par la suite, à chaque époque, l'Eglise n'a jamais cessé de communiquer, parce que son devoir fondamental est celui de l'annonce et de l'évangélisation. L'Eglise ne peut renoncer aux nouvelles technologies, instruments qu'elle utilise pour apporter la Nouvelle de l'annonce, qui est la base sur laquelle l'Eglise peut appuyer sa tâche.

 

 

Avec l'avènement des nouvelles technologies les moyens classiques de communication de masse » classiques ne devront-ils pas repenser à leur rôle, à leur méthodes, et à leurs contenus ?

            A n'en point douter, bien sûr ! Les produits des journaux et des télévisions risquent de devenir vieux avec le temps. Internet et les nouvelles technologies rendent le rythme des nouvelles beaucoup plus rapide. Les moyens classiques maintiennent la primauté de l'approfondissement et de l'analyse, grâce aux jugements des spécialistes, ce qui ne correspond pas aux aptitudes des nouveaux moyens qui misent, en revanche, beaucoup sur la rapidité et sur la participation d'un public plus vaste (par exemple les « blogs »). Mais les moyens classiques se rendent comptent eux aussi de l'importance du réseau : désormais tous les plus grands quotidiens ont une version « en ligne », pour donner au lecteur un flot de nouvelles rapide et continu, une mise à jour « in progress » de tout ce qui se passe.

 

 

S'il est vrai que, en Italie, les système des moyens de communication est en déclin, de quelle manière les catholiques qui travaillent dans ces moyens de communication peuvent-ils témoigner de leur foi sans devoir céder à des compromis et sans manipuler la réalité?

            ²Dans les moyens de communication, les catholiques sont appelés certainement à témoigner de leur foi, mais surtout à accomplir avec compétence leur propre travail. Le fait d'être catholiques et d'avoir la foi, ne rend pas pour cela un journaliste valable ; bien plus, en ce moment, on a besoin de professionnels plus préparés, en mesure de bien faire leur propre métier, dans les différents milieux où les moyens de communication réalisent leur travail. C'est un problème toujours nouveau, parce que les nouvelles technologies imposent de nouveaux approfondissements, des rythmes différents de travail, des jugements différents. Dans le Message pour la Journée des Communications Sociales, le Saint-Père, après s'être adressé aux jeunes, s'adresse aux catholiques, qui sont invités à être au-dedans des problèmes de la communication, non seulement par le témoignage de leur foi, mais surtout par leurs hautes valeurs professionnelles.

 

 

La Radio a-t-elle toujours la force d'être un instrument pour la Mission ? Et, dans ces endroits, ce moyens est-il plus utilisé par les communautés chrétiennes ?

            La Radio aujourd'hui est très différente de celle du passé; elle est entrée pleinement dans le monde des « new media », mais elle reste un moyen de communication très valable : avant tout, dans de nombreuses régions, il suffit de penser à l'Afrique, la Radio est l'unique moyen de communication, utilisé non seulement pour une communication doctrinale, mais aussi comme moyen de communications de service, d'avis, d'alarme, de communication sociale. C'est un moyen qui est la voix de plusieurs communautés qui n'ont pas d'autres moyens pour communiquer. Et puis, la Radio est la colonne sonore de la vie quotidienne, de tous ceux qui restent chez eux, ou exercent d'autres activités tout en l'écoutant. C'est le « medium » qui tient le plus compagnie, qui a une fonction plus humaine que les autres. Pour les Missions, elle est fondamentale, elle est la voix des communautés qui se cherchent, et elle permet à de nombreux groupes d'entrer en contact, d'échanger des nouvelles, des opinions, des commentaires. Dans les Pays de Mission, elle a un rôle très important : il suffit de penser que, en Afrique, se trouve le plus grand développement de radios diocésaines, seul moyen de contact entre les différentes communautés.

 

 

La multiplication des moyens de communication peut-elle offrir un service valable à la communication de l'Eglise, et donc aux fidèles ?

            Certainement, parce que la multiplication des moyens de communication est le développement de nombreuses possibilités qu'a l'Eglise pour atteindre les fidèles là où ils vivent ; elle permet d'avoir plus possibilités pour atteindre les communautés avec différents moyens, et elle pose aussi à l'Eglise le problème d'adapter la présentation du message : ce n'est pas la même chose de parler par radio ou par Internet, ou par l'intermédiaire de la presse. Il y a aussi dans ce cas la nécessité de la part de l'Eglise, de faire attention au fait que les moyens sont eux-mêmes un message, une partie fondamentale du message. L'Eglise s'adresse aux fidèles, mais pas seulement, elle s'adresse à la communauté : la multiplication des moyens de communication permet une présentation adéquate des questions.

 (fides.org)

 

24.05.2009

Le Pape s'adresse à la génération digitale

MESSAGE DU SAINT-PÈRE
BENOÎT XVI
POUR LA 43ème JOURNÉE MONDIALE
DES COMMUNICATIONS SOCIALES


"Nouvelles technologies, nouvelles relations.
Promouvoir une culture de respect, de dialogue, d’amitié."

le 24 mai 2009

 

benoit xvi.lettre


Chers frères et sœurs,

à l’approche de la Journée Mondiale des Communications Sociales, c'est avec joie que je m’adresse à vous pour vous exposer quelques-unes de mes réflexions sur le thème choisi cette année : Nouvelles technologies, nouvelles relations. Promouvoir une culture de respect, de dialogue, d'amitié. En effet, les nouvelles technologies digitales déterminent des changements fondamentaux dans les modèles de communication et dans les rapports humains. Ces changements sont particulièrement évidents chez les jeunes dont la croissance est étroitement liée à ces nouvelles techniques de communication. Ils sont donc à leur aise dans un monde digital qui, par contre, semble souvent étranger à ceux d’entre nous, adultes, qui ont dû apprendre à comprendre et à apprécier les opportunités que ce monde offre à la communication. Dans le message de cette année, j’ai donc pensé m’adresser en particulier à ceux qui font partie de cette génération digitale : je voudrais partager avec eux quelques idées sur l’extraordinaire potentiel que détiennent les nouvelles technologies quand elles sont utilisées pour favoriser la compréhension et la solidarité humaine. Ces technologies sont un véritable don pour l'humanité : par conséquent, nous devons faire en sorte que les avantages qu'elles offrent soient mis au service de tous les êtres humains, surtout de ceux qui sont dans le besoin et sont vulnérables, et de toutes les communautés.

L'accessibilité des téléphones portables et des ordinateurs, unie à la portée globale et à la capillarité d'internet, a créé une multiplicité de canaux à travers lesquels il est possible d’envoyer, de manière instantanée, des mots et des images aux angles les plus éloignés et les plus isolés du monde : c’est bien sûr une possibilité qui, pour les générations précédentes, était impensable. Les jeunes, en particulier, ont compris l’énorme capacité des nouveaux médias de favoriser la connexion, la communication et la compréhension entre les individus et les communautés, et ils les utilisent pour communiquer avec leurs propres amis, pour en rencontrer de nouveaux, pour créer des communautés et des réseaux, pour chercher des informations et des nouvelles, pour partager leurs idées et leurs opinions. De nombreux avantages dérivent de cette nouvelle culture de la communication : les familles peuvent rester en contact, même si elles sont séparées par d'énormes distances, les étudiants et les chercheurs peuvent accéder plus facilement et immédiatement aux documents, aux sources et aux découvertes scientifiques et ils peuvent, par conséquent, travailler en équipe à partir de différents lieux ; en outre, la nature interactive des nouveaux médias facilite des formes plus dynamiques d'instruction et de communication, qui contribuent au progrès social.

Bien que soit un motif d’étonnement la vitesse avec laquelle les nouvelles technologies se sont développées eu égard à leur fiabilité et à leur efficacité, leur popularité parmi les usagers ne devrait pas nous surprendre, puisqu'elles répondent au désir fondamental des personnes d'entrer en relation les unes avec les autres. Ce désir de communication et d'amitié est enraciné dans notre propre nature d'êtres humains et ne peut être compris de façon adéquate uniquement comme une réponse aux innovations technologiques. À la lumière du message biblique, ce désir doit plutôt être considéré comme un reflet de notre participation à l’amour communicatif et unifiant de Dieu, qui veut faire de l'humanité entière une seule famille. Lorsque nous sentons le besoin de nous rapprocher d’autres personnes, lorsque nous voulons mieux les connaître et nous faire connaître, nous répondons à l'appel de Dieu - appel qui est inhérent à notre nature d'êtres créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, le Dieu de la communication et de la communion.

Le désir de connexion et l'instinct de communication, qui sont tellement évidents dans la culture contemporaine, ne sont en vérité que des manifestations modernes de la disposition fondamentale et constante des êtres humains à sortir d’eux-mêmes pour entrer en relation avec les autres. En réalité, lorsque nous nous ouvrons aux autres, nous accomplissons entièrement nos besoins les plus profonds et nous devenons plus pleinement humains. Aimer c’est, en effet, ce pour quoi nous avons été engendrés par le Créateur. Naturellement, il ne s’agit pas de relations passagères, superficielles, mais du véritable amour, qui constitue le centre de l'enseignement moral de Jésus : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (cf. Mc 12, 30-31). Sous ce jour, en réfléchissant sur le sens des nouvelles technologies, il est important de considérer non seulement leur indéniable capacité de favoriser le contact entre les personnes, mais aussi la qualité des contenus qu'elles sont appelées à mettre en circulation. Je désire encourager toutes les personnes de bonne volonté qui travaillent dans le monde émergent de la communication digitale, afin qu'elles s'engagent à promouvoir une culture du respect, du dialogue, de l'amitié.

C’est pourquoi, ceux qui opèrent dans le secteur de la production et de la diffusion de contenus des nouveaux médias, ne peuvent pas ne pas se sentir tenus au respect de la dignité et de la valeur de la personne humaine. Si les nouvelles technologies doivent servir au bien des individus et de la société, ceux qui les utilisent doivent éviter l’emploi de mots et d’images dégradants pour l'être humain, et donc exclure ce qui alimente la haine et l'intolérance, avilit la beauté et l'intimité de la sexualité humaine, exploite les personnes faibles et sans défenses.

Les nouvelles technologies ont également ouvert la voie au dialogue entre des personnes de différents pays, cultures et religions. La nouvelle arène digitale, le soi-disant cyberespace, permet de se rencontrer et de connaître les valeurs et les traditions des autres. Toutefois, pour être fécondes, de telles rencontres requièrent des formes d'expression honnêtes et correctes, ainsi qu’une écoute attentive et respectueuse. Le dialogue doit s’enraciner dans une recherche sincère et réciproque de la vérité, afin de promouvoir le développement dans la compréhension et la tolérance. La vie n'est pas une simple succession de faits et d'expériences : elle est plutôt la recherche du vrai, du bien et du beau. C’est précisément dans ce but que nous faisons nos choix, exerçons notre liberté et en eux, c'est-à-dire dans la vérité, dans le bien et dans le beau, nous trouvons bonheur et joie. Encore faut-il ne pas se laisser duper par ceux qui cherchent tout bonnement des consommateurs sur un marché de possibilités indifférenciées, où le choix en lui-même devient le bien, la nouveauté se fait passer pour beauté, l'expérience subjective remplace la vérité.

Le concept d'amitié a bénéficié d’une relance renouvelée dans le vocabulaire des réseaux sociaux digitaux apparus ces dernières années. Ce concept est une des plus nobles conquêtes de la culture humaine. Dans nos amitiés et à travers elles, nous grandissons et nous nous développons en tant qu’êtres humains. C’est précisément pour cela que la véritable amitié a été considérée depuis toujours comme l’une des plus grandes richesses dont puisse jouir l'être humain. C’est pourquoi il faut être attentif à ne pas banaliser le concept et l'expérience de l'amitié. Il serait regrettable que notre désir de consolider et développer des amitiés on-line se réalise au détriment de notre disponibilité envers la famille, envers les voisins et envers ceux que nous rencontrons dans notre existence quotidienne, sur notre lieu de travail, à l’école, pendant nos loisirs. En effet, lorsque le désir de connexion virtuelle devient obsessif, la conséquence en est que la personne s’isole, interrompant ainsi l’interaction sociale réelle. Cela finit par perturber aussi les modèles de repos, de silence et de réflexion nécessaires à un développement humain sain.

L'amitié est un bien humain important, mais il serait privé de valeur, s’il était considéré comme une fin en soi. Les amis doivent se soutenir et s'encourager les uns les autres en développant leurs dons et leurs talents et en les mettant au service de la communauté humaine. Dans ce contexte, il est gratifiant de voir émerger de nouveaux réseaux digitaux qui s’efforcent de promouvoir la solidarité humaine, la paix et la justice, les droits de l’homme et le respect de la vie et le bien de la création. Ces réseaux peuvent faciliter des formes de coopération entre peuples de contextes géographiques et culturels différents, en leur permettant d'approfondir l’humanité commune et le sens de coresponsabilité pour le bien de tous. Il est nécessaire toutefois de veiller à ce que le monde digital, dans lequel ces réseaux peuvent être établis, soit un monde vraiment accessible à tous. Le futur de l'humanité subirait un grave préjudice, si les nouveaux instruments de la communication, qui permettent de partager connaissances et informations de manière plus rapide et efficace, n'étaient pas rendus accessibles à ceux qui sont déjà économiquement et socialement marginalisés ou s’ils ne contribuaient qu’à creuser l’écart qui sépare les pauvres des nouveaux réseaux qui se développent au service de l'information et de la socialisation humaine.

Je voudrais conclure ce message en m’adressant, en particulier, aux jeunes catholiques, pour les exhorter à apporter dans le monde digital le témoignage de leur foi. Très chers jeunes, engagez-vous à introduire dans la culture de ce nouvel espace communicatif et informatif les valeurs sur lesquelles s’appuie votre vie ! Au début de l'Église, les Apôtres et leurs disciples ont répandu la Bonne Nouvelle de Jésus dans le monde gréco-romain : comme alors, pour être fructueuse, l’Évangélisation requérait la compréhension attentive de la culture et des coutumes des peuples païens afin d'en toucher les esprits et les cœurs, de même, à présent, l'annonce du Christ dans le monde des nouvelles technologies suppose une connaissance approfondie pour une utilisation cohérente et adéquate. C’est à vous, jeunes, qui vous trouvez presque spontanément en syntonie avec ces nouveaux moyens de communication, qu’incombe, en particulier, la tâche de l’Évangélisation de ce « continent digital ». Sachez assumer avec enthousiasme la charge d'annoncer l'Évangile à vos contemporains ! Vous connaissez leurs peurs et leurs espoirs, leurs enthousiasmes et leurs déceptions : le don le plus précieux que vous pouvez leur faire est celui de partager avec eux la « Bonne Nouvelle » d'un Dieu qui s’est fait homme, a souffert, est mort et est ressuscité pour sauver l'humanité. Le cœur humain aspire à un monde où règne l'amour, où les dons sont partagés, où se construit l'unité, où la liberté trouve son sens dans la vérité et où l'identité de chacun se réalise dans une communion respectueuse. À ces attentes, la foi peut apporter la réponse : soyez-en les hérauts ! Le Pape vous est proche par sa prière et avec sa bénédiction.

Du Vatican, le janvier 2009.

BENEDICTUS PP. XVI

 

© Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana

25.01.2009

Nouvelles technologies, nouvelles relations - Promouvoir une culture de respect, de dialogue, d’amitié

 

MESSAGE DU SAINT-PÈRE BENOÎT XVI

POUR LA 43ème JOURNÉE MONDIALE

DES COMMUNICATIONS SOCIALES



"Nouvelles technologies, nouvelles relations.

Promouvoir une culture de respect, de dialogue, d’amitié."


le 24 mai 2009


 benoitxvi


Chers frères et sœurs,


à l’approche de la Journée Mondiale des Communications Sociales, c'est avec joie que je m’adresse à vous pour vous exposer quelques-unes de mes réflexions sur le thème choisi cette année : Nouvelles technologies, nouvelles relations. Promouvoir une culture de respect, de dialogue, d'amitié. En effet, les nouvelles technologies digitales déterminent des changements fondamentaux dans les modèles de communication et dans les rapports humains. Ces changements sont particulièrement évidents chez les jeunes dont la croissance est étroitement liée à ces nouvelles techniques de communication. Ils sont donc à leur aise dans un monde digital qui, par contre, semble souvent étranger à ceux d’entre nous, adultes, qui ont dû apprendre à comprendre et à apprécier les opportunités que ce monde offre à la communication. Dans le message de cette année, j’ai donc pensé m’adresser en particulier à ceux qui font partie de cette génération digitale : je voudrais partager avec eux quelques idées sur l’extraordinaire potentiel que détiennent les nouvelles technologies quand elles sont utilisées pour favoriser la compréhension et la solidarité humaine. Ces technologies sont un véritable don pour l'humanité : par conséquent, nous devons faire en sorte que les avantages qu'elles offrent soient mis au service de tous les êtres humains, surtout de ceux qui sont dans le besoin et sont vulnérables, et de toutes les communautés.


L'accessibilité des téléphones portables et des ordinateurs, unie à la portée globale et à la capillarité d'internet, a créé une multiplicité de canaux à travers lesquels il est possible d’envoyer, de manière instantanée, des mots et des images aux angles les plus éloignés et les plus isolés du monde : c’est bien sûr une possibilité qui, pour les générations précédentes, était impensable. Les jeunes, en particulier, ont compris l’énorme capacité des nouveaux médias de favoriser la connexion, la communication et la compréhension entre les individus et les communautés, et ils les utilisent pour communiquer avec leurs propres amis, pour en rencontrer de nouveaux, pour créer des communautés et des réseaux, pour chercher des informations et des nouvelles, pour partager leurs idées et leurs opinions. De nombreux avantages dérivent de cette nouvelle culture de la communication : les familles peuvent rester en contact, même si elles sont séparées par d'énormes distances, les étudiants et les chercheurs peuvent accéder plus facilement et immédiatement aux documents, aux sources et aux découvertes scientifiques et ils peuvent, par conséquent, travailler en équipe à partir de différents lieux ; en outre, la nature interactive des nouveaux médias facilite des formes plus dynamiques d'instruction et de communication, qui contribuent au progrès social.


Bien que soit un motif d’étonnement la vitesse avec laquelle les nouvelles technologies se sont développées eu égard à leur fiabilité et à leur efficacité, leur popularité parmi les usagers ne devrait pas nous surprendre, puisqu'elles répondent au désir fondamental des personnes d'entrer en relation les unes avec les autres. Ce désir de communication et d'amitié est enraciné dans notre propre nature d'êtres humains et ne peut être compris de façon adéquate uniquement comme une réponse aux innovations technologiques. À la lumière du message biblique, ce désir doit plutôt être considéré comme un reflet de notre participation à l’amour communicatif et unifiant de Dieu, qui veut faire de l'humanité entière une seule famille. Lorsque nous sentons le besoin de nous rapprocher d’autres personnes, lorsque nous voulons mieux les connaître et nous faire connaître, nous répondons à l'appel de Dieu - appel qui est inhérent à notre nature d'êtres créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, le Dieu de la communication et de la communion.


Le désir de connexion et l'instinct de communication, qui sont tellement évidents dans la culture contemporaine, ne sont en vérité que des manifestations modernes de la disposition fondamentale et constante des êtres humains à sortir d’eux-mêmes pour entrer en relation avec les autres. En réalité, lorsque nous nous ouvrons aux autres, nous accomplissons entièrement nos besoins les plus profonds et nous devenons plus pleinement humains. Aimer c’est, en effet, ce pour quoi nous avons été engendrés par le Créateur. Naturellement, il ne s’agit pas de relations passagères, superficielles, mais du véritable amour, qui constitue le centre de l'enseignement moral de Jésus : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (cf. Mc 12, 30-31). Sous ce jour, en réfléchissant sur le sens des nouvelles technologies, il est important de considérer non seulement leur indéniable capacité de favoriser le contact entre les personnes, mais aussi la qualité des contenus qu'elles sont appelées à mettre en circulation. Je désire encourager toutes les personnes de bonne volonté qui travaillent dans le monde émergent de la communication digitale, afin qu'elles s'engagent à promouvoir une culture du respect, du dialogue, de l'amitié.


C’est pourquoi, ceux qui opèrent dans le secteur de la production et de la diffusion de contenus des nouveaux médias, ne peuvent pas ne pas se sentir tenus au respect de la dignité et de la valeur de la personne humaine. Si les nouvelles technologies doivent servir au bien des individus et de la société, ceux qui les utilisent doivent éviter l’emploi de mots et d’images dégradants pour l'être humain, et donc exclure ce qui alimente la haine et l'intolérance, avilit la beauté et l'intimité de la sexualité humaine, exploite les personnes faibles et sans défenses.


Les nouvelles technologies ont également ouvert la voie au dialogue entre des personnes de différents pays, cultures et religions. La nouvelle arène digitale, le soi-disant cyberespace, permet de se rencontrer et de connaître les valeurs et les traditions des autres. Toutefois, pour être fécondes, de telles rencontres requièrent des formes d'expression honnêtes et correctes, ainsi qu’une écoute attentive et respectueuse. Le dialogue doit s’enraciner dans une recherche sincère et réciproque de la vérité, afin de promouvoir le développement dans la compréhension et la tolérance. La vie n'est pas une simple succession de faits et d'expériences : elle est plutôt la recherche du vrai, du bien et du beau. C’est précisément dans ce but que nous faisons nos choix, exerçons notre liberté et en eux, c'est-à-dire dans la vérité, dans le bien et dans le beau, nous trouvons bonheur et joie. Encore faut-il ne pas se laisser duper par ceux qui cherchent tout bonnement des consommateurs sur un marché de possibilités indifférenciées, où le choix en lui-même devient le bien, la nouveauté se fait passer pour beauté, l'expérience subjective remplace la vérité.


Le concept d'amitié a bénéficié d’une relance renouvelée dans le vocabulaire des réseaux sociaux digitaux apparus ces dernières années. Ce concept est une des plus nobles conquêtes de la culture humaine. Dans nos amitiés et à travers elles, nous grandissons et nous nous développons en tant qu’êtres humains. C’est précisément pour cela que la véritable amitié a été considérée depuis toujours comme l’une des plus grandes richesses dont puisse jouir l'être humain. C’est pourquoi il faut être attentif à ne pas banaliser le concept et l'expérience de l'amitié. Il serait regrettable que notre désir de consolider et développer des amitiés on-line se réalise au détriment de notre disponibilité envers la famille, envers les voisins et envers ceux que nous rencontrons dans notre existence quotidienne, sur notre lieu de travail, à l’école, pendant nos loisirs. En effet, lorsque le désir de connexion virtuelle devient obsessif, la conséquence en est que la personne s’isole, interrompant ainsi l’interaction sociale réelle. Cela finit par perturber aussi les modèles de repos, de silence et de réflexion nécessaires à un développement humain sain.


L'amitié est un bien humain important, mais il serait privé de valeur, s’il était considéré comme une fin en soi. Les amis doivent se soutenir et s'encourager les uns les autres en développant leurs dons et leurs talents et en les mettant au service de la communauté humaine. Dans ce contexte, il est gratifiant de voir émerger de nouveaux réseaux digitaux qui s’efforcent de promouvoir la solidarité humaine, la paix et la justice, les droits de l’homme et le respect de la vie et le bien de la création. Ces réseaux peuvent faciliter des formes de coopération entre peuples de contextes géographiques et culturels différents, en leur permettant d'approfondir l’humanité commune et le sens de coresponsabilité pour le bien de tous. Il est nécessaire toutefois de veiller à ce que le monde digital, dans lequel ces réseaux peuvent être établis, soit un monde vraiment accessible à tous. Le futur de l'humanité subirait un grave préjudice, si les nouveaux instruments de la communication, qui permettent de partager connaissances et informations de manière plus rapide et efficace, n'étaient pas rendus accessibles à ceux qui sont déjà économiquement et socialement marginalisés ou s’ils ne contribuaient qu’à creuser l’écart qui sépare les pauvres des nouveaux réseaux qui se développent au service de l'information et de la socialisation humaine.


Je voudrais conclure ce message en m’adressant, en particulier, aux jeunes catholiques, pour les exhorter à apporter dans le monde digital le témoignage de leur foi. Très chers jeunes, engagez-vous à introduire dans la culture de ce nouvel espace communicatif et informatif les valeurs sur lesquelles s’appuie votre vie ! Au début de l'Église, les Apôtres et leurs disciples ont répandu la Bonne Nouvelle de Jésus dans le monde gréco-romain : comme alors, pour être fructueuse, l’Évangélisation requérait la compréhension attentive de la culture et des coutumes des peuples païens afin d'en toucher les esprits et les cœurs, de même, à présent, l'annonce du Christ dans le monde des nouvelles technologies suppose une connaissance approfondie pour une utilisation cohérente et adéquate. C’est à vous, jeunes, qui vous trouvez presque spontanément en syntonie avec ces nouveaux moyens de communication, qu’incombe, en particulier, la tâche de l’Évangélisation de ce « continent digital ». Sachez assumer avec enthousiasme la charge d'annoncer l'Évangile à vos contemporains ! Vous connaissez leurs peurs et leurs espoirs, leurs enthousiasmes et leurs déceptions : le don le plus précieux que vous pouvez leur faire est celui de partager avec eux la « Bonne Nouvelle » d'un Dieu qui s’est fait homme, a souffert, est mort et est ressuscité pour sauver l'humanité. Le cœur humain aspire à un monde où règne l'amour, où les dons sont partagés, où se construit l'unité, où la liberté trouve son sens dans la vérité et où l'identité de chacun se réalise dans une communion respectueuse. À ces attentes, la foi peut apporter la réponse : soyez-en les hérauts ! Le Pape vous est proche par sa prière et avec sa bénédiction.


Du Vatican, le janvier 2009.


BENEDICTUS PP. XVI

 

22.12.2008

Des déboires avec Belgacom ? Consolez-vous !

Vous avez des déboires avec Belgacom ? Consolez-vous : France Telecom, ce n'est guère mieux !

En ce qui concerne ma connexion internet (voir posts précédents), mardi dernier j'ai encore passé toute la matinée au téléphone avec France Telecom (en me faisant "ballader" par les divers "conseillers" d'un numéro à l'autre, comme d'habitude), pour m'entendre dire finalement que la demande de connexion avait été ... annulée !

Eh oui ! Il y avait, m'a-t-on avoué candidement, un problème avec les différentes dénominations du titulaire de la ligne de téléphone du presbytère de ma nouvelle paroisse, et la personne qui était chargée de faire le nécessaire a tout simplement classé la demande sans en informer l'abonné.

J'ai eu l'assurance d'un monsieur qui m'a rappelé par la suite en se présentant comme "superviseur", que l'on allait faire le nécessaire pour faire droit "le plus rapidement possible" à la demande de connexion.

Même si c'était il y a bientôt une semaine déjà, je ne perds pas espoir que d'ici Noël les choses soient enfin entrées dans l'ordre.

D'ici là je remercie tous ceux et toutes celles qui m'ont encouragé, qui ont écrit ou prié à cette intention.

 

A tous et à toutes déjà un JOYEUX NOËL !


Votre Père Walter

 

17:48 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : belgacom, france telecom, internet, connexion, assistance, annulation, merci, noel | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |