08.09.2011

La Parole de Dieu dans la vie spirituelle, chemin vers l'unité

parole de dieu.jpgBenoît XVI a adressé un message au Congrès œcuménique international de spiritualité orthodoxe organisé par le Monastère italien de Bose en collaboration avec les Patriarcats de Constantinople et Moscou. Le Pape souhaite que cette rencontre suscite un nouvel élan de communion spirituelle et de témoignage évangélique. Le thème de ce XIXe colloque, qui rassemble du 7 au 10 septembre d’éminents biblistes et de hauts représentants orthodoxes, est "La Parole de Dieu dans la vie spirituelle". L’objectif est de mettre en lumière l’unité essentielle entre l’Écriture Sainte, l’exégèse et la vie spirituelle, unité qui traverse toute la tradition des Églises d’Orient, et sous des formes différentes les Églises d’Occident. Parmi les axes de réflexions : les herméneutiques de la Bible élaborées par les Pères de l’Eglise et la dimension ecclésiale de la Parole de Dieu. Les participants ont également reçu des messages d’encouragement du Patriarche œcuménique de Constantinople Bartholoméos 1er et du Patriarche de Moscou et de toutes les Russies, Cyrille 1er

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26.01.2011

Benoît XVI encourage à la poursuite du mouvement œcuménique

saint paul hors les murs.jpgL’unité, voulue par le Christ, est encore éloignée mais il ne faut pas céder au pessimisme. Le Pape a présidé, ce mardi 25 janvier, les deuxièmes vêpres de la solennité de la conversion de l'Apôtre Paul. Cette célébration s'est déroulée en la Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs en présence de représentants des autres Églises et communautés ecclésiales présentes à Rome, notamment le métropolite orthodoxe Gennadios, représentant du patriarcat œcuménique de Constantinople, et le révérend David Richardson, directeur du centre anglican de Rome, représentant de l’archevêque de Canterbury, avec la participation d'une délégation de l'Église unie évangélique luthérienne d'Allemagne, et des membres de la commission mixte de dialogue entre l'Église catholique et les anciennes Églises d'Orient.

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18.11.2010

Vers une nouvelle étape du dialogue oecuménique - Entretien avec le cardinal Ricard

"Vers une nouvelle étape du dialogue œcuménique", c’est le thème de l’assemblée plénière du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens qui se tient actuellement au Vatican. La rencontre a été ouverte, ce lundi, par Mgr Kurt Koch, le président de ce dicastère. Parmi les thèmes abordés : l’engagement œcuménique au Moyen-Orient, l’œcuménisme en Afrique, ou encore les rapports avec le judaïsme et l’anglicanisme.

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29.06.2010

L'autorité du Pape : gage de liberté pour l'Église

38 nouveaux archevêques métropolitains ont reçu le pallium des mains du Pape ce mardi matin, en la basilique Saint-Pierre au cours d’une célébration solennelle, à l’occasion de la fête des Saints Pierre et Paul, patrons de l’Église de Rome.

 

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Parmi eux l’archevêque de Malines-Bruxelles, Mgr Léonard, l’archevêque de Hanoï ou encore le nouveau primat de Pologne. 38 archevêques d’une Église secouée ces derniers mois par des crises à répétition, mais d'une Eglise qui ne sombre pas, car Dieu la libère des puissances négatives. «Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle». C’était le sens de l’homélie prononcée par Benoît XVI.

 

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Compte-rendu, Romilda Ferrauto (Radio Vatican): >>

 

 

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Et Benoît XVI a chaleureusement salué la délégation du Patriarcat œcuménique de Constantinople venue participer aux festivités des Saints Pierre et Paul.


Benoît XVI annonce la création d'un conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation


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C’est confirmé : Benoît XVI a décidé de créer un nouvel organisme, un conseil pontifical chargé de promouvoir une évangélisation renouvelée dans les pays d’ancienne tradition chrétienne, dont les sociétés connaissent une sécularisation progressive et une sorte d’éclipse du sens de Dieu.

 

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Le Pape a choisi d’annoncer la création de ce nouveau dicastère au cours de la célébration des Vêpres, ce lundi soir, en la basilique romaine Saint-Paul-hors-les murs, à la veille de la fête des Saints Pierre et Paul, patrons de la ville de Rome, en présence d’une délégation du Patriarcat œcuménique de Constantinople.

 

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Dans son homélie, Benoît XVI a insisté sur la vocation missionnaire de l’Eglise qui a animé ses prédécesseurs Paul VI et Jean-Paul II ainsi que les Pères du Concile. Au cours des derniers siècles, dans les pays où l’Evangile a donné lieu depuis longtemps à une tradition chrétienne authentique, le processus de sécularisation a produit une grave crise du sens de la foi chrétienne et de l’appartenance à l’Eglise. Or – a martelé le Pape - l’homme du troisième millénaire aspire lui aussi à une vie authentique et pleine. Il a besoin de vérité, de liberté profonde, d’amour gratuit. Même dans les déserts du monde sécularisé, l’âme humaine a soif de Dieu, du Dieu vivant. Pour Benoît XVI, le défi de la nouvelle évangélisation interpelle l’Eglise universelle et nous pousse à promouvoir l’unité de tous les chrétiens.

 

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(Radio Vatican)

03.06.2010

L’archevêque orthodoxe de Chypre prend la défense de Benoît XVI

Il réagit aux voix critiques qui s’élèvent au sein de son Eglise

 


ROME, Mercredi 2 juin 2010 (ZENIT.org) - En ces derniers jours précédant la prochaine visite apostolique de Benoît XVI à Chypre, l'archevêque orthodoxe de Nouvelle Justinienne et de tout Chypre, sa Béatitude Chrysostome II, a cherché à éviter un éventuel scandale : en effet, certains membres orthodoxes de l'Eglise de Chypre avec, à leur tête, le métropolite de Limassol, Mgr Athanase, ont accusé le successeur de Pierre d'être « hérétique ». Ce groupe refuse tout dialogue avec l'Eglise catholique, au motif que le papisme enseigne une fausse doctrine.

Mgr Athanase a déconseillé au pape d'effectuer ce voyage qui, selon lui, n'est rien d'autre qu'une provocation contre les chrétiens orthodoxes, pour lesquels le pape est en dehors de l'Eglise, et donc pas même un évêque. Selon certains articles de la presse chypriote, ces opposants au dialogue se préparent à boycotter la visite du pape.

« Il aurait été préférable pour lui de ne pas venir, parce que je crois que nous n'en tirerons aucun bénéfice, a déclaré le métropolite Athanase, le 23 mai dernier, dans le quotidien chypriote « Phileleftheros ». Je n'ai pas encore vu la moindre intervention positive de la part du Vatican au sujet de nos problèmes nationaux. Il a déjà suscité une grande inquiétude, dont nous n'avons pas besoin en ce moment ».

L'archevêque Chrysostome a réagi durement à ces attaques, déclarant que celui qui s'oppose à la visite devra participer à l'accueil du pape, ou rester tranquillement chez lui. Le métropolite de Limassol, Athanase, qui était auparavant l'higoumène (abbé) du monastère de la Panagia tou Machera, a été élu de justesse, en 2006, chef de l'Eglise orthodoxe chypriote au moment où Sa Béatitude Chrysostome était consacré à son poste. Celui-ci, en revanche, partage la ligne du patriarche oecuménique de Constantinople, Bartholomaios Ier, davantage orientée vers la réforme et le dialogue.

En février dernier, pendant le Carême, le patriarche Bartholomaios 1er a publié une déclaration dans laquelle il refuse clairement la note critique oecuménique, signée par de nombreux évêques.

« Frères bien-aimés - avait-il écrit - l'orthodoxie n'a besoin ni de fanatisme ni d'intolérance pour se protéger. Celui qui croit que l'orthodoxie possède la vérité ne redoute pas le dialogue, car jamais la vérité n'a été menacée par le dialogue ».

L'opposition aux oecuméniques de la part de milieux orthodoxes n'est pas une nouveauté, et pas seulement en Grèce. En avril de l'année dernière, un certain nombre d'orthodoxes, qui s'étaient auto-proclamés gardiens de la foi, ont publié un document intitulé : « Une Confession de foi contre l'oecuménisme ».

Mais la préoccupation des signataires ne se limitait pas au dialogue avec le pape Benoît XVI : « Ce profond syncrétisme inter chrétien - affirmaient-ils - est désormais élargi au syncrétisme interreligieux, qui met à égalité toutes les religions qui ont une connaissance et une vénération pour Dieu et un style de vie semblable au Christ, et tout ce qui révèle la grandeur du Christ ».

« En conséquence - lit-on encore dans la déclaration commune - en établissant un rapport avec les diverses hérésies, il rejette non seulement le dogme de l'Eglise une, sainte, catholique et apostolique, mais aussi le dogme fondamental de la seule révélation et du seul salut des hommes par Jésus-Christ, car on établit un rapport avec les autres religions du monde. C'est la pire des tromperies, la plus grande hérésie de tous les temps ».

Le pape Benoît XVI visitera la République de Chypre du 4 au 6 juin, à l'invitation de l'archevêque Chrysostome et du président communiste Dimitris Christofias. Le pape s'arrêtera à Paphos devant la colonne sur laquelle, selon la tradition, saint Paul a été flagellé. Un autre moment fort sera la remise de l'« Instrumentum Laboris » (document de travail) pour le Synode spécial sur le Moyen-Orient qui se tiendra à Rome en octobre.

Michaela Koller

28.05.2010

Rencontre historique des Patriarches de Moscou et de Constantinople

«Nous nous félicitons des bons rapports entre l’Église orthodoxe russe et l’État », a déclaré le patriarche œcuménique de Constantinople, actuellement en visite à Moscou. Selon Bartholomé 1er, les autorités publiques et ecclésiales russes sont en train d’écrire un nouveau chapitre de l’histoire.

Le patriarche œcuménique de Constantinople et le patriarche de l’Église orthodoxe russe Kirill Ier, qui cherchent à surmonter des années de tensions, ont rencontré ce mercredi au Kremlin le président russe Dmitri Medvedev qui s’est félicité de cette visite de Bartholomé Ier. Une visite que Kirill Ier a qualifié d’événement "de grande importance pour les relations bilatérales".

 

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Le père dominicain Hyacinthe Destivelle (photo, à droite), directeur du centre d’études et de la revue Istina, spécialisés dans les relations avec le monde orthodoxe, revient de Moscou et nous parle de ce climat de fraternité retrouvée, il est interrogé par Faustine Prévot (Radio Vatican): >>


02.12.2009

Benoît XVI prêt à discuter de la question du ministère de Pierre

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Le Pape aborde la question du ministère de Pierre sans détours dans une lettre remise ce lundi 30 novembre au Patriarche de Constantinople, Bartholoméos Ier. Le Pape souhaite que soit trouvé un modèle permettant à l’Évêque de Rome d’exercer un ministère reconnu par tous les chrétiens, une idée qui était déjà exprimée dans l’encyclique de Jean-Paul II « Ut unum sint ». Le Pape renouvelle cette proposition dans son message adressé à l’occasion de la fête de saint André, patron du patriarcat œcuménique de Constantinople.

Comme chaque année à la même date, une délégation du Saint-Siège s’est rendue en Turquie pour participer aux festivités. Elle est guidée par le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens qui a remis au Patriarche le message de Benoît XVI.

Écoutez le compte-rendu de Xavier Sartre (Radio Vatican): >>

27.08.2009

Erdogan et les chrétiens. Peu de promesses, aucun fait

Erdogan et les chrétiens. Peu de promesses, aucun fait

Visite surprise du premier ministre turc à Bartholomée Ier. Mais elle risque de rester sans suite, comme d'autres gestes de détente dans le passé. Les réserves de Benoît XVI sur l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne. La prudence de la diplomatie vaticane

par Sandro Magister

 

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ROME, le 27 août 2009 – Samuel Huntington a défini la Turquie comme "un Janus aux deux visages", dont on ne sait jamais s’il est ami ou adversaire de l'Occident.

Bartholomée Ier, patriarche œcuménique de Constantinople, a dû penser la même chose en accueillant, le 15 août, le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, venu visiter l’orphelinat et le monastère de Saint-Georges de Kudunas sur l'île des Princes, dans la mer de Marmara.

C’était la première fois qu’un premier ministre turc se rendait à l'île des Princes, traditionnellement habitée par des chrétiens, et dans un bâtiment, l'orphelinat, dont la propriété, réquisitionnée par les autorités turques, a été attribuée en juin 2008 au patriarcat œcuménique par la Cour de Strasbourg.

Lors de cette visite, Erdogan, accompagné de quatre ministres, a déjeuné avec Bartholomée Ier et les représentants des minorités religieuses de Turquie - grecs, arméniens, juifs, syro-orthodoxes et catholiques - auxquels il a assuré des garanties contre toute discrimination religieuse et ethnique.

"Je dois rencontrer mon prochain avec amour parce qu’il est lui aussi une créature de Dieu", a dit Erdogan, citant une maxime d’une confrérie chiite, les mevlevis, fondée à Konya au XIIIe siècle et dont certaines particularités viennent du christianisme.

Prié de faire un commentaire, Bartholomée Ier a déclaré à Asia News :

"La présence d’Erdogan nous a honorés et nous a donné l’occasion de lui exposer directement nos problèmes, même s’il les connaissait déjà. Nous avons invité le premier ministre au siège du patriarcat œcuménique et à Halki, ce dont Erdogan nous a remerciés".


Halki est une autre île, où se trouve le séminaire de formation théologique du patriarcat œcuménique, fermé par les autorités turques en 1971. Le 10 juin, à Bruxelles, Olli Rehn, chargé de l’élargissement de l'Union Européenne et donc d’une éventuelle entrée de la Turquie, a déclaré que cette entrée dépendait aussi de la réouverture de Halki.

D’ici à décembre 2009, Erdogan devra présenter aux autorités de Bruxelles un compte-rendu des progrès accomplis par la Turquie afin d’atteindre les standards voulus pour entrer dans l'Union. C’est une raison de plus, pour le patriarcat, d’espérer que le séminaire théologique de Halki rouvrira enfin ses portes et reprendra ses activités.

Malheureusement, il est arrivé plusieurs fois que "Janus" déjoue les attentes et  montre aux orthodoxes et aux autres minorités religieuses de Turquie un visage non pas amical mais hostile.

En ce qui concerne le patriarcat, par exemple, l’Etat turc continue à ne pas en reconnaître l’"œcuménicité" religieuse et le traite comme un organisme local préposé au culte des gréco-orthodoxes, dirigé par un chef qui doit être citoyen turc de naissance, dépourvu de personnalité juridique et donc de droits de propriété. L'anéantissement du patriarcat - qui ne compte guère plus de 3 000 fidèles en Turquie aujourd’hui - n’a jusqu’à présent fait entrevoir aucune marche arrière sérieuse.

Cela vaut aussi pour les autres minorités chrétiennes. La communauté la plus importante, les Arméniens, a été exterminée, il y a moins d’un siècle, par un génocide que les autorités d’Ankara refusent de reconnaître ; aujourd’hui il en reste quelques dizaines de milliers, sur une population turque de plus de 70 millions d’habitants, presque tous musulmans. Les catholiques sont environ 25 000, avec six évêques, les syro-orthodoxes 10 000, les protestants de diverses dénominations 3 000.

Comme Erdogan, mais pas pour les mêmes raisons, toutes ces minorités religieuses comptent ardemment sur une entrée de la Turquie dans l'Union Européenne. Pour elles, cela comporterait la reconnaissance d’un espace de liberté que, dans le cas contraire, elles craignent de voir rester très limité.

Mais, en Europe même, leurs raisons sont peu prises en considération. Certains gouvernements, dont l'italien et l’allemand, sont favorables à l’entrée de la Turquie dans l'Union, alors que d’autres, comme le gouvernement français, sont contre. Mais les uns et les autres raisonnent en termes d’intérêt national. Les calculs sur les oléoducs et les gazoducs qui viennent des pays d'Asie centrale turcophones et musulmans à travers la Turquie passent avant ceux qui concernent la liberté religieuse.


***

Dans ce cadre, la position du Saint-Siège paraît elle aussi avoir un double visage.

D’une part, la diplomatie vaticane tient compte des attentes des catholiques et des autres minorités religieuses de Turquie, mais aussi des équilibres géopolitiques qui pousseraient à l’entrée de ce pays dans l'Union. C’est le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’état, qui a exprimé de la manière la plus explicite, dans une interview à "La Documentation Catholique" au début de 2007, cette orientation qui n’exclut prudemment aucune solution.

Ayant posé en préalable que l’Eglise catholique n’a pas de "pouvoir particulier pour favoriser l'entrée de la Turquie en Europe ou pour y opposer un veto", Bertone a déclaré dans cette interview que "sans la Turquie, l'Europe ne bénéficierait plus du pont entre l'Orient et l'Occident que ce pays a toujours constitué au cours de l’histoire. [...] Par ailleurs, laisser la Turquie hors de l'Europe risque de favoriser le fondamentalisme islamiste à l’intérieur de ce pays".

Mais, d’autre part, les autorités de l’Eglise sont également sensibles aux dangers d’un genre opposé que l’entrée de la Turquie dans l'Union Européenne pourrait comporter : non pas une intégration bénéfique de la Turquie dans l’Europe, mais une "catastrophe" pour un continent qui a abdiqué son identité chrétienne.

Le mot "catastrophe" figure dans le titre d’un livre qui est la synthèse la plus efficace de ces objections. Paru cette année en Italie, il a pour auteur Roberto de Mattei, historien, vice-président du Conseil National de la Recherche et directeur de la revue "Radici Cristiane", Racines Chrétiennes. Intitulé : "La Turquie en Europe : bienfait ou catastrophe ?", il choisit nettement la seconde hypothèse.

En effet les précédents historiques ne sont pas encourageants. La Turquie actuelle a été l’une des zones les plus importantes du christianisme des premiers siècles et elle gardait encore au début du XXe siècle, après des siècles de domination ottomane, de fortes traces de son identité chrétienne, avec de nombreux fidèles. En quelques décennies, même ces traces ont été presque anéanties par la pression conjointe du laïcisme forcené d’un Kemal Atatürk et de la renaissance islamiste enfin parvenue au pouvoir avec Erdogan.

Benoît XVI est pleinement conscient de ces dangers. Quand il s’est rendu en Turquie, en novembre 2006, cela faisait à peine quelques mois qu’un prêtre catholique, Andrea Santoro, avait été frappé à mort par un islamiste fanatique alors qu’il priait à genoux dans la petite église de Trabzon.

Pendant son voyage en Turquie, Benoît XVI n’a pas dit un mot à propos de l’entrée de ce pays dans l'Union Européenne. La presse internationale a interprété ce silence comme une approbation, confirmée par certains commentaires d’Erdogan après sa rencontre avec le pape. Mais rien ne fait penser que Joseph Ratzinger ait atténué, comme pape, les fortes réserves qu’il avait exprimées sur ce sujet avant d’être élu successeur de Pierre.

Ratzinger s’était exprimé à ce sujet dans deux interventions pendant l’été 2004. La première est une interview accordée à Sophie de Ravinel pour “Le Figaro Magazine” du 13 août :


“L'Europe est un continent culturel et non pas géographique. C'est sa culture qui lui donne une identité commune. Les racines qui ont formé et permis la formation de ce continent sont celles du christianisme. [...] Dans ce sens, la Turquie a toujours représenté un autre continent au cours de l'histoire, en contraste permanent avec l'Europe. Il y a eu les guerres avec l'Empire byzantin, pensez aussi à la chute de Constantinople, aux guerres balkaniques et à la menace pour Vienne et l'Autriche... Je pense donc ceci : identifier les deux continents serait une erreur. Il s'agirait d'une perte de richesse, de la disparition du culturel au profit de l'économie. La Turquie, qui se considère comme un État laïc, mais sur le fondement de l'islam, pourrait tenter de mettre en place un continent culturel avec des pays arabes voisins et devenir ainsi le protagoniste d'une culture possédant sa propre identité, mais en communion avec les grandes valeurs humanistes que nous tous devrions reconnaître. Cette idée ne s'oppose pas à des formes d'associations et de collaboration étroite et amicale avec l'Europe et permettrait l'émergence d'une force unie s'opposant à toute forme de fondamentalisme".


La seconde est un discours aux responsables de la pastorale du diocèse de Velletri, le 18 septembre :


"Historiquement et culturellement, la Turquie partage très peu avec l’Europe et l’englober dans l'Union Européenne serait donc une grande erreur. Il vaudrait mieux que la Turquie serve de pont entre l’Europe et le monde arabe ou forme avec ce dernier son propre continent culturel. L'Europe n’est pas un concept géographique mais culturel, qui s’est formé au cours de l’histoire, parfois conflictuelle, fondé sur la foi chrétienne. C’est un fait que l’Empire ottoman a toujours été en opposition à l’Europe. Bien que Kemal Atatürk ait bâti une Turquie laïque dans les années 20, elle reste le noyau de l’ancien Empire ottoman. Elle est donc très différente de l’Europe, qui est aussi un ensemble d’États laïcs, mais avec des bases chrétiennes, même si l’on tente injustement de le nier. Par conséquent, l’entrée de la Turquie dans l’UE serait antihistorique”.


En tant que pape, Benoît XVI a toujours montré qu’il avait à cœur, plus que le destin politique de la Turquie, le sort des chrétiens de ce pays et les efforts de réconciliation entre l’Eglise de Rome et le patriarcat œcuménique, avec lequel ses rapports sont excellents.

Cependant le Saint-Siège est aussi un acteur politique. Et en ce qui concerne l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne, il y a aussi, entre les pour et les contre, une voie moyenne que le Vatican paraît plus enclin à favoriser.

C’est celle que le cardinal Bertone a laissé entrevoir dans son interview, citée plus haut, à "La Documentation Catholique" : pas d’intégration totale de la Turquie dans l'Europe, mais sa participation uniquement au niveau économique.



Le livre :

Roberto de Mattei, "La Turchia in Europa : beneficio o catastrofe?", Sugarco, Milan, 2009, 152 pp., 15,00 euros.


L'agence en ligne de l’Institut Pontifical des Missions Etrangères est une source d'informations très fiable sur les rapports entre le patriarcat œcuménique de Constantinople et la Turquie :

> Asia News


Pour les précédents articles de www.chiesa à propos de la Turquie et du patriarcat œcuménique de Constantinople, voir :

> Focus ISLAM

> Focus ÉGLISES ORIENTALES


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

30.06.2009

Exhortation de Benoît XVI aux Romains

Angélus du 29 juin, solennité des SS. Pierre et Paul

 

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ROME, Lundi 29 juin 2009 (ZENIT.org) - En ce jour de fête de leurs saints patrons, Pierre et Paul, Benoît XVI s'est spécialement adressé aux « Romains » lors de l'angélus de ce 29 juin, leur demandant la fidélité à leur héritage chrétien.

Le pape a ensuite souligné la dimension « universelle » de cette célébration, après la messe de remise du pallium à 34 archevêques du monde entier, célébrée en la basilique Saint-Pierre, en présence d'une délégation du patriarcat de Constantinople.

***

Chers frères et sœurs,

Nous célébrons aujourd'hui solennellement les saints apôtres Pierre et Paul, patrons spéciaux de l'Eglise de Rome : Pierre, le pêcheur de Galilée, qui « a été le premier à confesser la foi dans le Christ (...) et a constitué la première communauté avec les justes d'Israël » ; Paul, l'ancien persécuteur des chrétiens, « qui a éclairé les profondeur du mystère (...) le maître et le docteur, qui a annoncé le salut à toutes les nations » (cf. Préface de la messe d'aujourd'hui). Dans une de ses homélies à la communauté de Rome, le pape saint Léon le Grand affirmait : « Voici tes Pères et tes vrais Pasteurs, qui t'ont fondée afin que tu sois introduite dans le Royaume céleste » (Sermon I, in Nat. App Petri et Pauli, PL 54, 422).

A l'occasion de cette fête je voudrais adresser une salutation chaleureuse et spéciale, avec mes souhaits fervents, à la communauté diocésaine de Rome, que la Providence divine a confiée à mes soins, en tant que Successeur de l'apôtre Pierre. J'étends volontiers cette salutation à tous les habitants de notre métropole et aux pèlerins et aux touristes qui la visite en ces jours, également en concomitance avec la clôture de l'Année Paulinienne.

Chers frères et sœurs, que le Seigneur vous bénisse et vous protège par l'intercession des saints Pierre et Paul ! En tant que votre pasteur, je vous exhorte à rester fidèles à la vocation chrétienne et à ne pas vous conformer à la mentalité de ce monde - comme l'écrivait l'Apôtre des gentils, justement aux chrétiens de Rome - , mais à vous laisser toujours transformer et renouveler par l'Evangile, pour suivre ce qui est vraiment bon et agréable à Dieu (cf. Rm 12,2).

C'est pourquoi je prie constamment afin que Rome garde vivante sa vocation chrétienne non seulement en conservant inaltéré son immense patrimoine spirituel et culturel, mais aussi afin que ses habitants puissent traduire la beauté de la foi reçue dans des façons de penser et d'agir concrets, et offrent ainsi à ceux qui, pour différentes raisons, viennent en cette ville, une atmosphère chargée d'humanité et de valeurs évangéliques. C'est pourquoi, avec les paroles de saint Pierre, je vous invite, chers frères et sœurs, disciples du Christ, à être des « pierres vivantes », assemblées autour de lui, qui est la « pierre vivante rejetée par les hommes mais choisis et précieuse devant Dieu » (cf. 1 Pi 2,4).

La solennité d'aujourd'hui revêt aussi un caractère universel : elle exprime l'unité et la catholicité de l'Eglise. Voilà pourquoi chaque année, à cette date, les nouveaux archevêques métropolitains viennent à Rome pour recevoir le pallium, symbole de communion avec le Successeur de Pierre. Je renouvelle par conséquent ma salutation aux frères dans l'épiscopat qui ont accompli ce geste ce matin dans la basilique et aux fidèles qui les ont accompagnés.

Je salue également avec une vive cordialité la délégation du patriarcat de Constantinople qui, comme chaque année, est venue à Rome pour la célébration de la Saint-Pierre Saint-Paul. Que notre commune vénération de ces martyrs soit le gage chez les chrétiens de toutes les régions du monde d'une communion toujours plus pleine et plus consciente.

Invoquons pour cela l'intercession maternelle de Marie, la Mère de l'unique Eglise du Christ, par la traditionnelle prière de l'Angélus.

© Copyright du texte original plurilingue : Librairie Editrice du Vatican

Traduction : Zenit