08.01.2012

Même "débaptisé", la grâce demeure

bapteme1.jpgLa débaptisation est un sujet qui est revenu à la une de l'actualité en France, suite à « l’Affaire de Coutances ». Dans cette bataille juridique, le diocèse de Coutances (en Normandie) s'oppose à René Lebouvier, libre-penseur, militant depuis 2001 pour que son nom soit définitivement rayé du registre de baptême dans lequel il figurait depuis près de 70 ans.

Mgr Stanislas Lalanne, évêque du lieu a fait appel de la décision du Tribunal de Coutances, qui le sommait de rayer le nom du plaignant du registre, au nom des principes garantissant la vie privée. Ils seraient environ un millier en France à demander chaque année la débaptisation, une manière pour beaucoup de se dissocier des prises de position de l’Eglise sur le préservatif, la contraception ou l’homosexualité.

Quelles sont les conséquences religieuses de cette démarche ? La mention du baptême constitue-t-elle effectivement une atteinte à la vie privée ? Éléments de réponse avec Bernard Callebat, professeur de droit civil et de droit canon, vice-doyen de la faculté de droit canonique de Toulouse : >> RealAudioMP3 

Des propos recueillis par Manuella Affejee (Radio Vatican)


Lire aussi :

Débaptiser qu'ils disent !

12.05.2011

L'archevêque de Paris réagit à la mise en place du pass-contraception

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Accompagner les adolescents dans la découverte d’une sexualité équilibrée

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13.12.2010

"J'étais franc-maçon", de Maurice Caillet

« Né dans une famille athée et anticléricale, chirurgien urologue et gynécologue, rationaliste, scientiste, membre du Planning familial, pionnier de la contraception et de l'avortement, attiré par l'ésotérisme et l'occultisme, franc-maçon ». Voilà l’ancien Maurice Caillet.

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Charles-François Brejon s’est entretenu avec l’auteur du livre « J’étais franc-maçon », paru aux éditions Salvator.

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01.09.2010

ONU et promotion de l'avortement

nations_unies.jpgDans son édition du 23-24 août, l'Osservatore Romano souligne que des organismes internationaux, comme l'UNFPA (Fond des Nations Unies pour la population), essaient de faire passer l'avortement comme un droit de l'homme. Cela coïncide avec l'inauguration de l'année internationale des jeunes par l'ONU le 12 août 2010. Le quotidien du Vatican note que "sur le site en ligne de l'UNFPA, on remarque que plusieurs initiatives de l'ONU pour les jeunes encouragent ‘l'accès universel aux services de santé sexuelle et reproductive', langage connu qui sous-entend la contraception et l'avortement ainsi que la promotion d'une éducation sexuelle émancipée".

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12.04.2010

Contraception : une campagne provocatrice pour les hommes

France - Une campagne sur la contraception a été lancée le 8 avril 2010 par le ministère de la Santé et l'Inpes (Institut national de prévention et d'éducation pour la santé) pour "informer les adolescents de 13 à 19 ans sur les conséquences et les problèmes liés à une grossesse non désirée".

 

 


Intitulée "Faut-il que les garçons soient enceintes pour que la contraception nous concerne tous ?", cette campagne vise "à sensibiliser les garçons autant que les filles", et à "impliquer davantage les hommes dans le choix de la méthode contraceptive".

Quatre vidéos diffusées sur des sites Internet visités par les adolescents "mettent en scène des jeunes hommes dans des situations décalées [...] telles que l'accouchement, les conséquences d'une grossesse non désirée ou encore l'annonce de la grossesse à sa partenaire". Les vidéos renvoient vers une page web du site choisirsacontraception.fr intitulée "Trop tôt pour avoir un bébé".

Cette campagne prolonge le programme annoncé par Roselyne Bachelot après la remise du rapport de l'IGAS concernant l'IVG, la contraception et la prévention des grossesses non désirées (Cf. Synthèse de presse du 2/02/10). En 2007, 12 650 filles entre 15 et 17 ans, et 850 filles de moins de 15 ans ont avorté.

Aux Etats-Unis, la lutte contre les grossesses des adolescentes est incarnée par Bristol Palin - la fille de Sarah Palin, l'ancienne candidate républicaine à la vice-présidence et gouverneur de l'Alaska - qui a eu un enfant à l'âge de 18 ans. Elle apparaît dans un spot télévisé organisé par une fondation privée, la Candie's Foundation, pour recommander l'abstinence sexuelle avec le slogan : "
Réfléchis avant de jouer".

 

 


Un rapport du Centre de Contrôle des maladies (CDC) publié le 6 avril 2010 montre que "le taux de grossesses chez les jeunes filles américaines de 15 à 19 ans a chuté de 2% pour s'établir à 41,5 pour 1.000".

 

Le Parisien.fr 07/04/10 - Le Quotidien du médecin 12/04/10 - Rtbf.be 08/04/10

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04.03.2010

France: Sondage IFOP 'Les femmes et l’IVG'

Pour une autre prévention de l’avortement

 

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ROME, Jeudi 4 mars 2010 (ZENIT.org) - Les résultats d'un sondage IFOP de février 2010, sur « Les femmes et l'IVG » soulignent notamment que les femmes veulent « une autre prévention de l'avortement » en France.

Tugdual Derville, délégué général de l'Alliance pour les Droits de la Vie, analyse les résutats du sondage.

A la suite du rapport français de l'Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS), rendu public en février 2010, l'Alliance pour les Droits de la Vie a voulu connaître l'avis des Françaises sur le sujet sensible de l'avortement, qui la mobilise sur le terrain de l'aide aux femmes enceintes ou ayant déjà vécu l'IVG.

Elle a commandité un sondage détaillé à l'IFOP, réalisé du 19 au 23 février 2010 auprès d'un échantillon représentatif de 1006 femmes âgées de 18 ans et plus.

L'Alliance en tire quatre enseignements majeurs :

1/ L'avortement n'a rien d'anodin pour les femmes : la plupart des Françaises estiment qu'il y en a trop, qu'il a des conséquences difficiles à vivre et aimeraient que la société les aide à l'éviter.

Les Françaises se disent très majoritairement favorables à un « droit à l'avortement » (85%). Ce n'est pas l'avis de l'Alliance qui se retrouve clairement du côté des 7% des sondées qui n'y sont pas favorables. Mais ce constat ne clôt pas le débat, car l'Alliance se retrouve sur d'autres questions avec une nette majorité des Françaises :

-          pour 61% des Françaises (contre 33%) « il y a trop d'avortements dans notre pays » ;

-          pour 83%, « l'avortement laisse des traces psychologiques difficiles à vivre pour les femmes » ;

-          pour 60% (contre 33%) « la société devrait davantage aider les femmes à éviter le recours à l'IVG ».

Pour l'Alliance pour les Droits de la Vie, l'avortement est un drame personnel et un échec social, et les pouvoirs publics ont raison de s'en préoccuper. On ne peut pas se satisfaire que près de 4 Françaises sur 10 aient recours à l'IVG au moins une fois dans leur vie féconde (donnée de l'Institut national d'études démographiques).

A ce titre, les Françaises ne suivent donc pas les associations qui affirment que le fort taux d'IVG ne pose pas de problème et qu'il ne faut pas en faire un drame. Et 54% désapprouvent leur action quand elles « organisent des solutions pour que les femmes puissent avorter à l'étranger au-delà du délai légal ». L'Alliance pour les Droits de la Vie conteste également ces filières d'avortement tardif ouvertement revendiquées, qui ont fait scandale en Espagne ces derniers temps.

2/ Les Françaises sont favorables à une autre politique de prévention de l'avortement, qui ne se réduise pas à « prévenir les grossesses non souhaitées » mais qui tende à aider les femmes enceintes à éviter l'IVG.

Alors que les pouvoirs publics reconnaissent qu'il y a un nombre élevé d'IVG, les solutions qu'ils proposent se bornent à renforcer la contraception - alors que la France est l'un des pays au monde où elle est le plus répandue - ou à augmenter encore les prescripteurs de l'IVG. C'est le sens des récentes annonces du ministère de la Santé.

Or, selon le « paradoxe contraceptif français », 72% des femmes recourant à l'IVG utilisaient une méthode de contraception lorsqu'elles se sont retrouvées enceintes. L'Alliance a donc voulu connaître l'avis des Françaises sur la grande absente des politiques de prévention : l'aide aux femmes enceintes leur permettant d'éviter l'IVG. La plupart des Françaises soutiennent cette perspective :

-          47% (et jusqu'à 58% des 18-24 ans) notent que sa « situation matérielle » est « l'influence principale qui pousse une femme à recourir à l'IVG ». Dans un pays développé, dont le système social est réputé performant, on peut pointer les efforts qui restent à faire pour qu'aucune femme ne se sente contrainte à avorter en raison de problèmes économiques. Seulement 13% des femmes affirment que celles qui décident de recourir à l'IVG ne subissent aucune influence. L'expérience d'écoute de l'Alliance confirme que des avis extérieurs (compagnon, proches, professionnels) poussent souvent une femme à avorter à contrecœur.

-          Confirmation : pour 55% des Françaises, « un soutien psychologique pour se protéger des influences extérieures » pourrait aider une femme qui découvre qu'elle est enceinte sans l'avoir souhaité à éviter une Interruption Volontaire de Grossesse.

-          54% évoquent « Une information sur les aides matérielles auxquelles elle a droit ».

-          A noter que 27% d'entres elles ajoutent « l'assurance de ne pas être discriminée dans son emploi », un problème récemment soulevé par la Halde qui a lancé en janvier une campagne sur le droit des femmes enceintes.

-          Par ailleurs, la moitié des sondées évoquent « une discussion avec des professionnels de santé sur les conséquences de ce choix ».

Ces réponses montrent qu'il y a une place pour éviter trop de décisions hâtives, sous diverses contraintes et qui font de l'IVG - dans bien des cas selon l'expérience de l'Alliance pour les Droits de la Vie - une issue automatique que les femmes auraient pu et voulu éviter.

Ces réponses sont également cohérentes avec l'avis des Françaises sur le livret d'information remis à la consultation pré-IVG :

-          83% d'entre elles (contre seulement 13%) sont favorables à ce qu'y figure « le détail des aides aux femmes enceintes et aux jeunes mères ». L'Alliance dénonce le glissement progressif qui a effacé du dispositif de l'IVG, sous la pression de certaines associations, l'ensemble de ces informations.

La pétition qu'elle a lancée en févier 2010 www.auxlarmescitoyennes.org se trouve cautionnée par ce sondage. C'est une question de justice sociale.

3/ Faire connaître la possibilité de confier un enfant à l'adoption : une perspective ouverte.

L'Alliance a l'expérience de l'accompagnement de femmes enceintes qui se posent la question de confier leur bébé dès la naissance, car elles ne se sentent pas capables de l'élever, en raison de leur situation psychoaffective. Elle sait que c'est un sujet délicat sur lequel il faut éviter tout automatisme, et notamment ne pas cautionner l'idée que la précarité matérielle doive pousser une femme à renoncer à élever son enfant.

Toutefois, l'Alliance voulait clarifier une contradiction : alors que l'IVG n'encourt que peu de « réprobation sociale » officielle (même si de nombreuses femmes s'en culpabilisent) l'idée de « l'abandon d'enfant » est largement l'objet d'une telle réprobation. On a tendance à considérer le traumatisme de l'IVG comme moins lourd que celui de confier un enfant à l'adoption, qui, certes, intervient plus tardivement. Telle n'est pas l'expérience de l'Alliance, qui, pour autant, ne néglige pas le caractère dramatique de certaines séparations néonatales, et la nécessité de les accompagner.

Le sondage exprime sur ce point un avis clair des sondées :

-          pour 67% (et jusqu'à 76% des moins de 35 ans) « cela serait une bonne chose de mieux faire connaître à certaines femmes enceintes qui auront de lourdes difficultés personnelles pour élever leur enfant, la possibilité de le confier à l'adoption dès sa naissance ».

L'adoption est-elle pour autant une alternative évidente à l'IVG ? Pas immédiatement ni automatiquement, mais en perspective. Pour le moment, la décision de confier l'enfant intervient plutôt en fin de grossesse, longtemps après que celle de ne pas avorter a été prise. Cette décision de confier un enfant est en balance avec celle de l'élever soi-même. Mais il pourrait en être autrement si on considérait davantage qu'on peut confier un enfant « pour son bien », comme ce fut le cas dans d'autres phases de l'Histoire. Cette analyse est confirmée par les travaux de psychanalystes qui estiment « l'abandon néonatal » injustement dénigré.

4/ Oser dire que les relations sexuelles trop précoces sont la cause majeure de l'IVG chez les adolescentes.

La croissance forte de l'IVG chez les mineures (+30% entre 2001 et 2007) préoccupe à juste titre les pouvoirs publics. Mais les solutions préconisées, jusqu'au niveau gouvernemental restent dans la ligne d'une surenchère d'information à connotation hygiéniste (sexualité réduite à la technique et à la promotion des modes de prévention sanitaires), qui nous semble en décalage avec les besoins réels des plus jeunes. On tend à rendre cette information de plus en plus précoce (désormais « dès la maternelle ») au risque d'escamoter la période de latence de l'enfant et d'installer l'idée illusoire d'une dissociation totale entre sexualité, affectivité et procréation.

-          51% des Françaises estiment que « les relations sexuelles trop précoces » sont parmi les deux raisons principales qui expliquent le taux d'IVG chez les mineures.

Précisons que l'échantillon de plus de 1 000 femmes proposé par l'IFOP ne comprend que des majeures qui, pour un certain nombre, se réfèrent sans doute à leur propre expérience. A ce titre, les experts de l'IGAS ont justement noté qu'il y a un décalage entre les attentes des garçons et celles des filles, au moment de la toute première relation. La DREES a décrit en 2009 ce malentendu : les filles engagent volontiers tout leur être, et leur affectivité alors que, pour les garçons, c'est « une simple étape de jeunesse ». L'Alliance constate même que les filles se trouvent souvent psychiquement violentées par des gestes qui les instrumentalisent.

Le sondage nous encourage à promouvoir une autre forme d'éducation sexuelle, impliquant les parents, et n'encourageant pas les plus jeunes à des relations sexuelles immatures, souvent traumatisante et par ailleurs risquées. Elles sont en effet pourvoyeuses de nombreuses IVG particulièrement dures à vivre pour les plus jeunes. Or, commencer sa vie sexuelle par un avortement est lourd de conséquence.

Notons à ce titre que la diffusion massive des préservatifs, lors de l'irruption de la pandémie du SIDA s'est accompagnée de la croissance de l'IVG chez les plus jeunes en raison d'utilisations maladroites et de nombreuses ruptures. C'est pourquoi l'Alliance n'est pas en accord avec l'idée qu'il faille augmenter encore ce type de diffusion dont l'effet boomerang est démontré.

Consciente que des parents sont défaillants, elle demeure attachée à ce qu'ils ne soient pas écartés systématiquement par les pouvoirs publics de l'éducation sexuelle et de tout ce qui touche à l'IVG comme c'est le cas actuellement. Comment, d'un côté, dénoncer le manque de repères et l'irresponsabilité parentale et, de l'autre, exclure les parents d'une compétence qui relève au premier chef de leur responsabilité éducative ?

© Alliance pour les Droits de la Vie

 

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07.02.2010

Aux larmes, citoyennes !

France : Des moyens pour aider les femmes à éviter l’avortement


Pétition pour une véritable politique de prévention


ROME, Vendredi 5 février 2010 (ZENIT.org) - En France, le taux d'avortement est deux fois plus élevé que celui de l'Allemagne, souligne l'Alliance pour les Droits de la Vie (ADV), qui demande des moyens pour aider les femmes à « éviter l'avortement » et lance une pétition nationale en ligne à cet effet, avec ce slogan provocateur : « Aux larmes citoyennes ! » qui dit bien la détresse - souvent secrète - engendrée par le traumatisme de l'avortement.

On peut signer et faire signer l'appel à cette adresse en ligne: www.auxlarmescitoyennes.org

En quelques heures, la pétition a recueilli plus de 7900 signatures en ligne.

En effet, le ministère français de la Santé, après la remise du rapport de l'Inspection générale des Affaires Sociales, sur l'interruption volontaire de grossesse et la « prévention des grossesses non désirées », et sous la pression du « Mouvement Français pour le Planning familial » annonce au contraire « encore plus de moyens pour l'avortement », déplore l'ADV.

« En France, fait observer l'ADV, le taux de recours à l'avortement est deux fois supérieur à celui de l'Allemagne. Il augmente fortement chez les mineures. Et voilà que Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, veut céder aux nouvelles revendications du Mouvement Français pour le Planning familial. Il est temps d'aider les femmes à éviter l'avortement ».

L'Alliance pour les Droits de la Vie préconise en effet la « prévention » de l'avortement et adresse au ministre français de la Santé deux demandes précises.

« Au lieu de surenchérir sur les revendications du Mouvement Français pour le Planning Familial, qui n'ont aucunement fait baisser le nombre d'interruptions volontaires de grossesses en France, l'Alliance propose au gouvernement d'aider les femmes à éviter l'IVG. Elle demande l'instauration d'une véritable politique de prévention qui ose se démarquer des incessantes campagnes d'information qui ont fait la preuve de leur inefficacité en se centrant uniquement sur la contraception ».

Voici le texte de la pétition :

« La situation de l'avortement dans notre pays me bouleverse et je vous demande de toute urgence : 

1/ De faire modifier le livret officiel d'information remis aux femmes enceintes en difficulté.

Au lieu de prôner l'IVG comme l'issue évidente de leur grossesse, il doit intégrer :

-          le détail des aides permettant aux femmes d'éviter le recours à l'avortement ;

-          un avertissement honnête sur les répercussions psychologiques de l'avortement.

2/ De lancer des campagnes gouvernementales pour promouvoir les droits des femmes enceintes, notamment en matière d'emploi et de protection face à toute violence ou pression économique, conjugale ou familiale. »

Pour Caroline Roux, secrétaire générale de l'Alliance pour les Droits de la Vie : « Aucune préconisation n'est faite pour aider les femmes enceintes face à une grossesse imprévue. Pourtant un espace de prévention existe si on sait écouter leur désir profond et leur faire connaître leur droit contre les pressions qui s'exercent sur elles au moment des grossesses surprises. Les femmes sont trop souvent laissées seules face à leur souffrance, c'est ce que nous signifions par l'expression « aux larmes, citoyennes ! ». 


28 janvier 2010 : des femmes protestent devant le Conseil régional d’Ile-de-France



IVG : non à la politique de l’autruche
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14.12.2009

Pourquoi le pape a mauvaise presse...

« Pourquoi le pape a mauvaise presse » : Rencontre avec Bernard Lecomte

Les papes et les media

 

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ROME, Lundi 14 décembre 2009 (ZENIT.org) - « Pourquoi le pape a mauvaise presse » : les éditions DDB ont osé ce titre pour le livre d'entretiens de Bernard Lecomte avec l'éditeur Marc Leboucher. Bernard Lecomte qui a bien voulu expliquer aux lecteurs de Zenit son analyse - en douze chapitres à lire dans l'ordre que l'on préfère ! - du rapport du pape et des media. Un livre récemment cité à la une de L'Osservatore Romano en italien dans un éditorial du directeur Giovanni Maria Vian. 


ZENIT - Dans son introduction, Marc Leboucher parle de l'année 2009 comme d'une « annus horribilis », pourquoi ?  

Bernard Lecomte - Les premiers mois de 2009 ont été marqués par trois grosses affaires médiatiques : l'affaire Williamson, le drame de la fillette de Recife et la « petite phrase » papale sur le préservatif dans l'avion du Cameroun. Chacun de ces événements était désolant, mais, si j'ose dire, ordinaire : l'histoire de l'Eglise fourmille de malentendus ou de maladresses médiatiques ! C'est la succession de ces tempêtes médiatiques, leur accumulation, qui a gravement dégradé l'image du pape Benoît XVI et troublé le monde catholique, particulièrement en France. Et c'est ce qui m'a poussé à écrire ce livre. 


ZENIT - Mais le pape Ratzinger, qui frappe par sa douceur et son attention aux personnes - loin du Panzerkardinal que d'aucuns avaient annoncé -, n'a-t-il pas au contraire conquis les foules par cette délicatesse qui ne s'impose pas, cette intelligence aiguë et puissante qui sait faire comprendre aux simples des choses pourtant complexes ? Pour les Allemands, il reste même un « méridional » (son accent le trahit) et un « spontané », et ceux qui l'approchent, les grands et les petits, se sentent écoutés, reconnus : quel paradoxe ! 

Bernard Lecomte - Le pape Ratzinger, quand il a été élu, avait l'image plutôt sévère, sans doute injuste, de l'ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi qu'il avait été pendant deux décennies. Son voyage en France, en septembre 2008, fut une réussite et eut pour effet positif, chez nous, de redresser cette image. Mais les « affaires » de ce début d'année, en trois mois, en ont fait un personnage archaïque, conservateur et insensible aux détresses de ce monde. C'est ce renversement d'image qu'il fallait contribuer à expliquer et à corriger.   


ZENIT - Les dysfonctionnements de la communication (discours de Ratisbonne, incompréhension sur la levée des excommunications, prise de position dans l'avion du Cameroun, que vous analysez dans des chapitres séparés) viennent donc selon vous d'abord du milieu auquel le pape s'adresse ?  

Bernard Lecomte - La plus importante cause de ces dysfonctionnements, c'est l'évolution des media dans nos sociétés occidentales, qui privilégient tout ce qui est spectaculaire, certes, mais qui tendent surtout à expulser de la scène publique tout ce qui est religieux, à plus forte raison ce qui touche l'Eglise catholique, et encore plus nettement ce qui concerne le Saint-Père. Les journalistes d'aujourd'hui sont simplistes, binaires, ils n'ont plus aucune culture religieuse, et ils traitent par la dérision tout ce qui est institutionnel ou moral - à plus forte raison le pape. Le fond de l'affaire, c'est que les media, fidèles reflets des sociétés contemporaines, passent leur temps à valoriser le pouvoir, à sacraliser le sexe et à adorer l'argent, alors que le message du pape et de l'Eglise va exactement à l'encontre de ce triptyque ! 


ZENIT - On a aussi reproché à l'Eglise de ne pas savoir communiquer... de ne pas savoir « s'adapter » à son auditoire... 

Bernard Lecomte - Les torts sont partagés, en effet. Si l'évolution des media est désolante, l'Eglise doit néanmoins en tenir compte, et s'adapter à la rapidité, l'immédiateté, la mondialisation de l'information, surtout depuis l'essor planétaire d'Internet. Beaucoup d'hommes d'Eglise en sont convaincus, mais il reste nombre de cardinaux ou d'évêques persuadés que « le temps de l'Eglise n'est pas celui des media ». Certes, il n'est pas question que l'Eglise se plie aux modes et aux tendances d'un monde relativiste et changeant, mais il lui faut bien utiliser les media tels qu'ils sont, dans un monde réel, pour faire passer l'annonce l'Evangile ! 


ZENIT - Vous consacrez un chapitre à Pie XII, pourquoi ?  

Bernard Lecomte - Parce que Pie XII a connu, lui aussi, un étonnant renversement d'image. Jusqu'en 1963, il était considéré comme un grand pape, y compris dans le monde juif, et personne ne le traitait alors d'antisémite ou de pronazi. J'ai voulu expliquer, minutieusement, comment la pièce du jeune allemand Hochhut Le Vicaire, en 1963, a brisé ce consensus au point que Pie XII est devenu quarante ans plus tard, dans les media européens, une sorte de « bouc émissaire » de cette période. Il ne s'agit pas pour moi d'occulter le débat sur les « silences » de Pie XII, débat qui est légitime, mais de revenir à la réalité historique. Or les fantasmes médiatiques, politiques et idéologiques ont délibérément occulté, aujourd'hui, cette réalité historique ! 


ZENIT - En somme, Benoît XVI n'a pas le monopole d'une communication difficile : Pie XII donc (à titre posthume), Paul VI et Humane Vitae, mais aussi Jean-Paul II (sa colère pour défendre la famille !), ont aussi eu leur part de « mauvaise presse » ?  

Bernard Lecomte - Bien entendu. On a tort d'opposer, sur ce terrain, le pape Jean-Paul II, ancien comédien et journaliste, champion de la communication, maîtrisant très bien micros et caméras, et Benoît XVI, l'ancien professeur habitué aux amphithéâtres, qui n'aime pas la foule, etc : les deux hommes sont différents, c'est certain, mais il ne faudrait pas oublier que Jean-Paul II a été, lui aussi, victime de nombreux scandales médiatiques : je rappelle, dans Pourquoi le pape a mauvaise presse, les audiences accordées à Yasser Arafat ou Kurt Waldheim, l'affaire du carmel d'Auschwitz, les canonisations du P. Kolbe ou d'Edith Stein, la nomination de Jean-Marie Lustiger à Paris, sans parler de ce qu'il disait, lui aussi, sur la famille, la contraception ou l'avortement !  


ZENIT - Ce qui est en cause, ce n'est pas seulement « l'image » du pape ou l'annonce de l'Evangile. Ces « ratés » de la communication provoquent une vraie souffrance chez les catholiques. Quel serait le remède ? Que les catholiques adoptent une attitude de veille critique face aux informations qui leur parviennent et croisent plusieurs sources avant de se faire une opinion ?  

Bernard Lecomte - Il faudrait d'abord, je crois, que les responsables des media fassent preuve d'un peu plus de respect et de considération pour le chef spirituel de quelque 1,3 milliard de fidèles. Il faudrait aussi que les porte-parole de l'Eglise, notamment les responsables de la Curie et les évêques en général, dialoguent franchement avec les journalistes tels qu'ils sont, avec leurs faiblesses et leurs défauts, voire, parfois, leur hostilité. Je connais bien les media, je connais bien les hommes d'Eglise : prôner un peu plus de respect entre les uns et les autres est-il si utopique ? 

(*) Bernard Lecomte : Pourquoi le pape a mauvaise presse (entretiens avec Marc Leboucher). Desclée de Brouwer, 2009.

14.10.2009

La théorie du genre préoccupe les pères synodaux, par Mgr Tony Anatrella (2)

La théorie du genre préoccupe les pères synodaux, par Mgr Tony Anatrella (2)

Elle s’impose progressivement y compris grâce à certaines Institutions chrétiennes

 

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ROME, Mardi 13 octobre 2009 (ZENIT.org) - « La théorie du genre préoccupe les pères synodaux » : Mgr Tony Anatrella (photo), psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale, a bien voulu évoquer pour Zenit les problèmes que soulève cette nouvelle idéologie et ses incidences sur la famille et la société dans la mesure où elle se répand en Afrique.

Il explique : "En Afrique, grâce à l'action de certaines Institutions chrétiennes, la théorie du genre s'impose progressivement dans la société et dans l'Eglise".

Mgr Anatrella reçoit en consultations et enseigne la psychologie à Paris. Il est consulteur du conseil pontifical pour la Famille et du conseil pontifical pour la Pastorale de la Santé. Il travaille, entre autres, les questions relatives à la théorie du genre auprès de plusieurs dicastères romains. Il vient de publier un ouvrage sur ce thème : « La tentation de Capoue, Anthropologie du mariage et de la filiation, éditions Cujas ».

En effet, Mgr Sarah est intervenu pendant le débat du synode des évêque spour l'Afrique sur ce thème. L'archevêque a évoqué cette théorie "irréaliste et désincarnée" et même "meurtrière", étrangère aux valeurs africaines. Nous avons demandé à Mgr Anatrella d'expliquer ces termes et de préciser comment cette idéologie s'infiltre en Afrique - sans que les présupposés ne soient annoncés - et comment, « l'échanges de dons entre l'Afrique et l'Occident » pourrait permettre d'élaborer des « anticorps ». Nous publions aujourd'hui le second et dernier volet de cet entretien exclusif (cf. Zenit du 12 octobre pour le premier volet). Il souligne notamment que « les Africains ne veulent pas être colonisés par des idéologies occidentales » et déplore que « la plupart des thèmes de la théorie du genre continuent de se répandre largement dans l'Église ».


Zenit : Mais si cette théorie est tellement étrangère aux valeurs africaines, comment s'infiltre-t-elle, par quel canal?

Mgr Tony Anatrella : Elle s'infiltre de façon inquiétante. La théorie du genre se diffuse tout particulièrement en Afrique, comme l'a évoqué devant le Synode le cardinal Ennio Antonelli, président du conseil pontifical pour la Famille, par l'intermédiaire d'Institutions chrétiennes qui sont en lien avec les Institutions internationales et leurs Agences (ONU, OMS, UNICEF, UNESCO) et des ONGs (Organisations non gouvernementales). Elles sont ainsi le relais de cette idéologie à travers des sessions de formation en direction des prêtres, des religieux, des religieuses et des laïcs chrétiens. En effet, pour recevoir des aides internationales (dans les domaines financiers, sanitaires et éducatifs), la plupart des pays africains sont soumis, par le biais de diverses associations, au discours du genre quand on se préoccupe, par exemple de la santé et du suivi médical des femmes qui se traduit uniquement en termes de « santé reproductive ». Cette notion est très problématique puisqu'il s'agit de banaliser la contraception et l'avortement, et de remettre en question les valeurs familiales en excluant l'homme des relations de coopération avec la femme, et de la procréation.

En Afrique, les militants du genre entreprennent des actions en dehors des représentants démocratiquement élus au sein des Parlements nationaux. Ils sont présents à travers les Organismes internationaux et les ONGs. Ils se saisissent de problèmes particuliers pour apporter leurs solutions qui s'inscrivent dans la perspective idéologique du genre et ensuite, ils s'efforcent de convaincre les députés de voter des lois en faveur des orientations qu'ils préconisent.

Le problème principal que ces organismes veulent soulever en montrant la discrimination de genre à l'égard des femmes est celui des enfants non-désirés qui aliènent les femmes, entraînent une surmortalité infantile, la famine, une mauvaise nutrition et surtout une surpopulation qui mettrait en péril les équilibres démographiques et économiques.

Les militants du genre laissent entendre que dans la culture africaine, les gens n'étaient pas habitués à concevoir un nombre aussi important d'enfants. Cette affirmation est gratuite et sans fondement. Il s'agit d'une erreur d'appréciation puisqu'en Afrique, où la culture du sens de la famille est très prononcée, la volonté de donner la vie à de nombreux enfants est inhérente à la culture de ce continent. Les enfants sont la richesse d'une famille et de la société. Mais les spécialistes conditionnés par la théorie du genre affirment avec leurs préjugés d'occidentaux, que trois enfants par femme est un chiffre trop élevé qu'il faut donc réduire. Que nous disent les Africains : C'est l'enfant qui est l'avenir de l'homme !


Zenit : La théorie du genre apparaît donc comme le Cheval de Troie sans que les présupposés ne soient annoncés ?

Mgr Tony Anatrella : En effet, les théoriciens du genre entrent par la voie de problèmes dits de société comme experts auprès des gouvernements africains et tentent de les influencer en dehors de l'instance des Parlements car la plupart des députés, proches du peuple, n'acceptent pas cette idéologie occidentale. Paradoxalement, dans plusieurs pays africains, ces spécialistes ont ainsi favorisé la création de Ministère du Plan, chargé de la planification et de la limitation des naissances, et la création de Ministère du genre. Très souvent, ces deux ministères agissent de concert pour organiser diverses actions auprès des femmes en dehors de la présence des hommes. Ils prétendent qu'il faut donner tout le pouvoir du contrôle de la procréation aux femmes ce qui revient à en exclure les hommes.

Il faudrait s'interroger sur ce que peut signifier un Ministère du genre dans un gouvernement ? Ce type de Ministère a surtout un sens idéologique qui, de façon masquée et pernicieuse, introduit cette nouvelle idéologie sur le sens du couple et de la famille en désolidarisant l'homme de la femme et en séparant la procréation de la sexualité.

On prend aussi le prétexte que les femmes sont les victimes de violences conjugales de la part de leur mari, ou de la violence des hommes qui leur imposent des relations sexuelles, ou encore des femmes qui sont les premières victimes des guerres à travers les viols sexuels commis par des militaires. Elles peuvent se retrouver enceintes à la suite de toutes ces maltraitances, et donc donner naissance à des enfants qu'elles n'ont pas désirés. On cherche ainsi à prouver que les femmes sont les victimes des hommes pour donner raison à l'idéologie du genre.

Forts de tous ces examens, les théoriciens du genre, constitués par divers spécialistes occidentaux, proposent aux associations chrétiennes et aux ministres de la santé, du plan et du genre de pays africains, de se rassembler lors de réunions régionales afin d'envisager ce qu'il convient d'entreprendre. Sur la base de ces études, des déclarations sont faites afin de se tourner vers les députés des différents Parlements nationaux pour leur demander de légiférer et de promulguer des lois dans le sens voulu par le genre. Pour l'instant, la plupart des députés résistent à cette vision du couple, de la famille et de la procréation qui ne correspond pas aux valeurs africaines. Malheureusement ces idées du genre et les comportements qu'ils inspirent progressent malgré tout en Afrique.

D'autre part, les pays africains sont également sous la pression des pays occidentaux qui, au nom de l'égalité des orientations sexuelles, cherchent à présenter l'homosexualité comme un modèle qui peut être légalisé à travers la vie de couple et le mariage.

Plus grave encore en Afrique, grâce à l'action de certaines Institutions chrétiennes, la théorie du genre s'impose progressivement dans la société et dans l'Église. Il en va de même en Occident avec des théologiens moralistes qui trouvent dans la théorie du genre. Certains utilisent ces concepts pour organiser la vie de l'Église, restructurer le fonctionnement de ses services et de la pastorale à partir de cette théorie. une source de concepts qui leur semblent intéressant à utiliser. On observe que des Commissions épiscopales sur la pastorale de la famille, mais aussi des associations caritatives chrétiennes et des structures ecclésiales s'inspirent des idées et de l'idéologie sociologisante de la théorie du genre.

Malheureusement il se confirme, au vu de nombreux faits, que la plupart des thèmes de la théorie du genre continuent de se répandre largement dans l'Église. On utilise un néo-langage qui, en s'appuyant sur les concepts chrétiens, tente de leur donner une autre signification, en particulier celui qui concerne le sens de l'égalité (on parle de l'égalité de genre au lieu de parler de l'égalité en dignité de l'homme et de la femme). L'Église a toujours soutenu l'égalité de l'homme et de la femme dans une relation de complémentarité et le respect des enfants. Elle n'a jamais accepté les mariages forcés, les mariages de jeunes mineures, et apporte son soutien à travers tous ses membres et ses diverses institutions pour lutter contre l'exploitation des enfants dans le travail, les agressions sexuelles, la prostitution juvénile, les enfants-soldats sans avoir à entrer dans les concepts et les arguties de l'idéologie du genre qui oppose le masculin au féminin.


Zenit : Le cardinal Vingt-Trois parle d'échanges de dons entre l'Afrique et l'Occident: l'Afrique a-t-elle des anticorps à cette théorie et peut-elle nous les communiquer?

Mgr Tony Anatrella : En effet le cardinal Vingt-Trois a évoqué l'échange séculaire entre les Églises européennes et les Églises africaines. Les relations se développent dans un véritable échange de dons à bien des égards. Ainsi de très nombreux prêtres étudiants africains rendent des services considérables dans plusieurs diocèses en France. Ils nous témoignent leur richesse spirituelle et leur façon de vivre avec le Christ au cœur de ce monde. Leur dynamisme est un exemple mais aussi leur présence dans la vie publique. Ce sont deux anticorps importants auxquels s'ajoute un regard réaliste sur le fait que seuls un homme et une femme forment un couple et une famille avec leurs enfants. Si en Europe, les communautés chrétiennes restent timides et peu critiques vis-à-vis des questions relatives à la famille et acceptent souvent les clichés à la mode au point de s'y identifier, les africains sont plus déterminés et réactifs. Mgr Ouédraogo, archevêque de Ouagadougou, a souligné lors du Synode « Nos communautés humaines et religieuses africaines, dans l'ensemble, rejettent les pratiques légalement codifiées dans bon nombre de pays de l'Occident. Elles ont en estime la promotion des valeurs relatives à la famille et à la vie» (Cf. Zenit du 9 octobre 2009).

Le cardinal Ricard suite à un entretien avec le Président de la République Française a déclaré dans le journal La Croix du 4 octobre 2009 : « Nous avons parlé des lois qui posent des questions autour de la protection de la vie, de la famille, du mariage, comme par exemple le principe de non-discrimination qui ouvre le droit aux mariages homosexuels. Notre point de vue pourrait être mieux entendu si la mobilisation était plus importante. La voix des seuls évêques ne suffit pas : nous avons besoin de mobiliser les opinions catholiques. D'où la question de savoir comment mieux sensibiliser les chrétiens européens à l'action politique ». Les chrétiens sont invités à sortir de la torpeur et la presse catholique a sans doute un rôle plus important à jouer pour éviter cette dérive légale en matière familiale, à commencer par ce problématique statut de beau-parent, comme je l'ai déjà souligné ici.

Le Pape, lors de son homélie du dimanche 4 octobre 2009, a insisté sur le rôle spirituel de l'Afrique qui pourrait inspirer l'Occident délétère : « L'Afrique représente un « immense poumon » spirituel, pour une humanité qui semble en crise de foi et d'espérance. Mais ce « poumon » peut aussi tomber malade. ... Le soi-disant « premier » monde a parfois exporté et continue d'exporter des déchets spirituels toxiques qui contaminent les populations des autres continents, parmi lesquels justement les populations africaines. C'est dans ce sens que le colonialisme, qui a pris fin au plan politique n'est jamais tout à fait terminé ». Fort heureusement les Églises africaines essaient d'avoir du recul et de rester lucides face à l'offensive des nouvelles idéologies qui polluent le sens des réalités comme la théorie du genre. Elle fera sans doute son temps avant de dépérir comme toutes les autres, mais en attendant que de dommages directs et collatéraux en son nom ! Les Africains n'oublient pas leurs racines puisque c'est en fonction d'elles qu'ils peuvent analyser et critiquer des constructions irréalistes et asexuelles du couple et de la famille.

En résumé : les anticorps idéologiques que nous pouvons développer sont : l'enracinement dans une relation au Christ au sein de son Église, présence et engagement dans la vie publique pour le bien commun du mariage entre un homme et une femme et le respect du principe d'humanité de la famille, détermination et réactivité pour agir en ce sens, lucidité et recul anthropologiques face aux idées à la mode portées par des vagues médiatiques et l'électoralisme politique. Les chrétiens doivent savoir exiger des responsables politiques qui se présentent aux élections de préciser leur position sur le couple et la famille et choisir leur candidat en conséquence. Malheureusement, il arrive souvent que les élus ne soient pas fidèles à leurs électeurs et fassent de la politique en regardant le programme du voisin dans l'espoir de lui ravir un électorat. Est-ce ainsi que l'on sert le bien commun ?

L'ouvrage du Conseil Pontifical pour la Famille, Lexique sur les termes controversés au sujet de la famille et de la vie, publié en français aux éditions Téqui, a été voulu pour donner des éléments conceptuels afin que les chrétiens puissent penser et agir à l'égard de la théorie du genre. Il serait bien et utile qu'ils s'y réfèrent dans le contexte actuel. Le dialogue avec les productions intellectuelles de l'époque ne se résume pas à toutes les accepter, voire pour certains de les substituer aux principes universels de la sagesse des peuples et de l'anthropologie chrétienne, mais de rester critiques, d'en montrer les impasses et de signifier la réalité conjugale et familiale à partir de l'engagement d'un homme avec une femme.

Propos recueillis par Anita S. Bourdin

25.07.2009

Mort du cardinal Margéot, une sentinelle pour la vie

Le cardinal Jean Margéot est mort ce 17 juillet. L’évêque émérite de Port-Louis, à l’île Maurice, était âgé de 93 ans. Son expérience pastorale fut à l’origine d’Humanae vitae.

Dans les années soixante, l’Ile Maurice, via des « experts » anglais, s’inquiétait d’un risque de surpopulation et se posa la question de la régulation des naissances. Derrière cette question se profilaient les pratiques de la contraception et l’avortement. Jean Margéot, alors vicaire général, prit une position publique pour la vie et mit en œuvre l’Action familiale, une méthode de régulation naturelle des naissances qui aujourd’hui s’est développé et constitue l’un des mouvements les plus importants en Afrique [1].

Cette attitude positive lui valut de siéger dans la commission pour la famille lors du concile Vatican II. Le témoignage de son expérience à Maurice tant auprès de la Commission qu’auprès des cardinaux responsables fut à l’origine de la décision de Paul VI de publier l’encyclique Humanae vitæ, avec l’appui des travaux menés par un certain Karol Wojtyla.

Ce combat de tous les jours a valu sa barrette au cardinal et, plus tard, le voyage de Jean Paul II à Maurice et Rodrigues en 1989. Le cardinal se plaisait souvent à raconter comment plus de vingt ans après le Concile, Jean Paul II l’approcha dans la sacristie de la Basilique Saint-Pierre à Rome et lui dit : « Et la famille ? »

Sentinelle, il veilla jusqu’à sa mort sur ces questions qui agitent encore l’île avec un projet de légiférer sur la dépénalisation de l’avortement. Dernièrement, il rappelait ce que Jean Paul II lui avait dit publiquement à Port Louis :


« Vous avez consacré tous vos moyens et toutes vos forces à faire en sorte que votre diocèse tout entier travaille à la cause de la famille, notamment à son unité, à l’éducation des enfants et à la stabilité du mariage, en même temps vous avez énergiquement défendu le droit à la vie des enfants à naître et vous avez dénoncé les crimes abominables de l’avortement.»



Apprenant le rappel à Dieu du cardinal Margéot, le pape Benoît XVI a rendu grâce à Dieu « pour le ministère de ce pasteur ardent, donnant le meilleur de lui-même pour que le Christ soit annoncé, particulièrement à travers un engagement généreux au service de la défense et la promotion de la famille »

 

(libertepolitique.com)

 

24 juillet 2009 | Daniel Facérias
© Photo : www.jeanmargeot.com
[1] Mauricienne, la présidente de ce mouvement international est aujourd’hui Dany Sauvage.