13.05.2012
Le mauvais temps bouscule le programme du Pape en Toscane
En raison du mauvais temps, ce dimanche, Benoît XVI a été contraint de renoncer à la 2° étape de sa visite en Toscane : le sanctuaire franciscain de l’Averne, situé à plus de mille mètres d’altitude, où Saint François a reçu les stigmates en 1224, deux ans avant sa mort.
Le Pape s’est rendu directement à Sansepolcro, une ville historique fondée il y a mille ans par deux pèlerins de retour de Jérusalem et dont la cathédrale abrite la Sainte Face, un crucifix en bois d’origine carolingienne. A son arrivée, les cloches ont sonné à toute volée. Malgré le mauvais temps, nos cœurs sont pleins de lumière et de joie, a-t-il dit à la population déclenchant un tonnerre d’applaudissements. La foule ne s’était pas laisser décourager par la pluie.
21:41 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mauvais temps, dimanche, pape, benoit xvi, toscane, italie, visite apostolique, alverne, saint francois, sitgmates, sansepolcro, jerusalemn, crucifix, sainte face, pluie, jeunes, courage, bien commun, societe, honnetete, altruisme, politique, laics, ethique, arezzo, jongleurs, drapeaux, artistes, renaissance |
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12.08.2011
Le Vatican adresse une série de recommandations aux recteurs de sanctuaires (mis à jour)
A l’occasion de la solennité de l’Assomption, la Congrégation pour le Clergé a adressé un message d’encouragement aux recteurs de sanctuaires. Les Sanctuaires ont été dans l’histoire des lieux de conversion, de soutien et de réconfort. Aujourd’hui encore ils peuvent éclairer de nombreuses personnes, contribuer à endiguer la sécularisation, relancer la pratique religieuse.
18:10 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : assomption, congregation pour le clerge, sanctuaires, secularisation, pratique religieuse, pretres, resteurs, pastorale, parole de dieu, liturgie, priere, catechese, predication, confessions, sacrements, art sacre, adorations nocturnes, veilles de priere, pelerins, pape, benoit xvi, vie de l'eglise, christ, piete populaire, spiritualite, culture, foi, rosaire, chemin de croix, processions, devotion, sacrement de penitence, confessionnaux, morale, bioethique, mariage, tabernacle, autel, crucifix, nouvelle evangelisation |
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19.12.2010
Benoît XVI remercie l'Italie pour avoir défendu le crucifix dans les lieux publics
12:16 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : pape, benoit xvi, ambassadeurs, francesco mario greco, italie, vatican, histoire, culture, eglise catholique, latran, villa madame, siege apostolique, liberte religieuse, famille, religions, social, signes religieux, crucifix, laicite, societe |
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25.06.2010
Les crucifix italiens devant le gouvernement des juges
Les crucifix italiens reviennent devant les juges européens. Condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), l’Italie a fait appel. L’enjeu est simple : les nations européennes sont-elles maîtresses de leurs fondements culturels et de leurs symboles ? Ou bien doivent-elles soumettre la liberté d’expression de leur identité et de leur histoire à l’appréciation de magistrats supranationaux ?

L’affaire « Lautsi », autrement dit l’affaire des crucifix dans les écoles italiennes, va se résoudre dans cette alternative binaire le 30 juin prochain, date à laquelle la Grande Chambre, formation suprême de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), doit se réunir. Le 3 novembre dernier, statuant en première instance à la demande de Mme Lautsi, la deuxième section de la CEDH avait condamné l’Italie pour avoir laissé subsister l’obligation d’apposer des crucifix dans les salles de classe des écoles publiques.
La décision a fait grand bruit. D’abord en Italie où elle a été rejetée à la quasi-unanimité (à l’exception remarquable des ex-communistes), mais aussi dans de nombreux États qui ne se sont pas privés de la critiquer. L’Italie a donc fait appel. Pour la première fois dans l’histoire de la CEDH, dix États (dont la Russie) ont demandé à intervenir comme tierce partie (ce que la Convention permet lorsqu’une affaire comporte des enjeux dépassant le seul litige), ainsi qu’une douzaine d’ONG — tous en faveur de l’Italie.
Les failles juridiques du premier jugement
La Cour devait répondre à la question suivante : « Est-ce que la liberté religieuse de l’élève et le droit de ses parents à ce que leur enfant soit élevé dans le respect de leurs convictions ont été violés ? » Si l’on s’en tient aux faits, c’est loin d’être évident dans la mesure où nul ne conteste que le contenu de l’enseignement et les pratiques du corps professoral italiens respectent la neutralité requise. Or la présence d’un crucifix dans les salles de classe d’une école publique ne viole pas le for externe des élèves car elle ne les contraint pas d’agir contre leurs convictions et ne les empêche pas d’agir conformément à celles-ci. En outre, elle ne porte pas davantage atteinte au for interne car, en raison de son caractère passif, elle ne constitue ni une forme d’endoctrinement, ni une manifestation de prosélytisme.
S’en tenant à la Convention et conformément à sa jurisprudence, la Cour aurait dû s’arrêter là. Mais elle a modifié l’objet de la requête en lui substituant la question suivante : « La présence du crucifix est-elle, par elle-même, compatible avec la conception que la Cour se fait de ce que doit être l’environnement scolaire ? » Elle a donc élaboré une théorie en vertu de laquelle la liberté de ne croire en aucune religion nécessite une protection spécifique qui implique l’absence de symbole religieux dans un lieu scolaire public. Les juges prétendent également que a requérante subissait une « perturbation émotionnelle » excessive en raison des « efforts et du sacrifice disproportionnés » qui lui étaient imposés par cette seule présence.
L’État italien avait pourtant fait valoir l’ancienneté de la tradition et montré ses fondements bien établis, jusque dans le droit constitutionnel. Rome rappelait l’importance que la religion catholique avait eue dans la formation de l’identité italienne, sans que cela implique une quelconque prise de position officielle en sa faveur, de sorte que l’apposition des crucifix ressortit bien au substrat culturel de la nation.
L’enjeu politique sur l’identité culturelle
Cela n’a pas empêché la deuxième section de se lancer dans une construction prétorienne qui constitue l’enjeu de la décision que rendra la Grande Chambre. En s’arrogeant un tel pouvoir d’appréciation, la CEDH se propulserait au cœur d’une question politique clé : lorsque sont en balance les fondements culturels d’une nation et les symboles qui l’expriment, quelles sont les limites des pouvoirs attribués au juge international ?
Il fut un temps, pas si lointain, où l’on se méfiait du « gouvernement des juges ». Encore aujourd’hui, les cours constitutionnelles nationales ne se départissent pas d’une certaine prudence dans leurs appréciations : les organes de la souveraineté demeurent assez proches pour qu’elles n’oublient pas qu’elles ont, peu ou prou, des comptes à rendre puisqu’elles jugent au nom du peuple dont elles émanent.
Ce n’est pas le cas des juridictions internationales : fascinées par le concept d’ « état de droit », elles sont de plus en plus tentées de juger dans l’absolu implacable de leur propre logique. Or elles n’ont de compte à rendre à personne, prononçant des décisions sans recours à l’abri des traités qui les ont instituées. Le moment est venu de tirer le signal d’alarme. À force de pénétrer dans un champ politique qui n’est pas le leur, elles courent le risque de susciter une contestation de principe qui remettrait en cause leur existence même pour abus de pouvoir.
22:49 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cour europeenne des droits de l homme, for externe, symboles, communistes, russie, italie, liberte religieuse, union europeenne, crucifix, cedh, culture, histoire, lautsi, ecoles, for interne, proselytisme, jurisprudence, rome, politique |
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04.03.2010
La Cour européenne des droits de l’homme accepte de revoir la copie de l’Union sur les crucifix en classe
La Cour européenne des droits de l’homme a accepté d’examiner en appel un recours de l’Italie qui avait été condamnée pour la présence de crucifix dans les salles de classes. Cette décision a suscité une vive satisfaction dans l’Église catholique.

Dans un communiqué, le cardinal Erdo, président du Conseil des Conférences épiscopales d’Europe, réaffirme que les questions religieuses doivent être affrontées au niveau national, conformément au principe de subsidiarité, car la sensibilité religieuse et la perception de la laïcité varient d’un pays à l’autre. Le cardinal Erdo estime que la Grande Chambre ferait preuve d’une grande sagesse si elle acceptait ce principe. Cela contribuerait, selon lui, à accroître la confiance dans les institutions européennes de la part des nombreux ressortissants européens, chrétiens, croyants et laïcs, qui se sont sentis profondément lésés par cette sentence.
L’observateur permanent du Saint-Siège auprès du Conseil de l’Europe à Strasbourg a lui aussi exprimé sa satisfaction. Pour Mgr Aldo Giordano, il s’agit d’une bonne nouvelle qui répond aux attentes de millions de personnes, comme l’a révélé le vif débat suscité par la sentence. Cette affaire prouve que certains points de la Convention posent de sérieux problèmes d’interprétation. L’observateur permanent du Saint-Siège préconise une nouvelle sentence, éclairée, fondée sur le principe de subsidiarité, qui respecte la marge d’appréciation des États. Cela est essentiel pour susciter la confiance des européens à l’égard de la Cour européenne des droits de l’homme, du Conseil de l’Europe et des autres institutions européennes. Mgr Giordano espère aussi que ce débat favorise la redécouverte du sens profond de la Croix. L’humanité – a-t-il commenté – a un besoin urgent de ce symbole de réconciliation, de respect de l’autre et d’espérance pour tant de personnes blessées par la vie.
L’affaire sera donc examinée en appel par la Grande Chambre qui se prononcera de manière définitive par un arrêt. La procédure prendra plusieurs mois.
(Radio Vatican)
06:00 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : italie, cour eurpeenne des droits de l homme, crucifix, salles de classe, eglise catholique, cardinal erdo, conseil des conferences episcopales d europe, prinicipe de subsidiarite, laicite, grande chambre, chretiens, croyants, lai, institutions eurpeennes |
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24.02.2010
Le rabbin qui étudiait Jésus
Ce juif Jésus qui changea la vie du grand rabbin de Rome
Il la changea au point que celui-ci se fit baptiser dans l'Église catholique. Son livre "Le Nazaréen" a été réédité et a fait dans "L'Osservatore Romano" l'objet d'une critique signée par une chercheuse juive. Au même moment, le second volume du "Jésus de Nazareth" du pape va être imprimé
par Sandro Magister

ROME, le 24 février 2010 – Le premier à qui il a annoncé qu’il avait fini d’écrire son livre sur Jésus a été un rabbin juif. C’était le jour après sa visite à la synagogue de Rome, le 18 janvier dernier.
Le rabbin, c’est l'Américain Jacob Neusner ; l'auteur du livre, c’est Benoît XVI.
Le premier volume du "Jésus de Nazareth" du pape Joseph Ratzinger a été publié il y a trois ans. Le second et dernier volume de cet ouvrage, consacré à la passion et à la résurrection de Jésus et aux Évangiles de l'enfance, est maintenant prêt à être traduit et imprimé.
Mais au même moment, par une coïncidence significative, la réimpression d’un autre livre important sur Jésus, intitulé "Il Nazareno" et écrit il y a plus de 70 ans par un grand rabbin italien, est sortie ces jours-ci en Italie.
Ce n’est pas tout. Le 20 février, "L'Osservatore Romano" a publié, sous la signature d’une chercheuse réputée, Anna Foa, professeur d’histoire à l'Université de Rome "La Sapienza" et juive, une critique très positive de cette nouvelle édition du livre.
Cette critique marque aussi un changement important. L'auteur du livre, Israel Zoller, fut grand rabbin de la communauté juive de Rome et, en 1945, il se convertit à la foi catholique.
Sa conversion retentissante troubla fortement la communauté juive de Rome et d’Italie. Qui laissa tomber sur lui un silence qui a duré des décennies.
Par sa critique dans le "journal du pape", Anna Foa a définitivement mis fin à ce silence, mais elle a aussi indiqué que déjà "une reconnaissance de la messianité du Christ semblait paraître entre les lignes" de ce livre, même s’il avait été écrit plusieurs années avant la conversion de son auteur.
***
Israel Zoller naît en 1881 à Brody, alors village de la Galicie austro-hongroise et aujourd’hui situé en territoire polonais. À 6 ans, il émigre avec sa famille à Stanislavov, l'actuelle Ivano-Frankovsk, en Ukraine. Il étudie à Lviv puis à Florence. Il s’installe en Italie et change son nom en Zolli. Il devient grand rabbin de Trieste et enseigne la littérature juive à l'université de Padoue. S’étant installé à Rome, il est élu grand rabbin et directeur du collège rabbinique. Il démissionne au début de 1945 et demande en février de cette année à être baptisé dans l’Église catholique, sous le prénom d’Eugenio, celui du pape d’alors, Pie XII. Il meurt en 1956.
Son autobiographie, écrite en 1947 et réimprimée en Italie il y a six ans, aide beaucoup à comprendre le parcours et la signification de sa conversion à la foi chrétienne.
Dès l’enfance, pour lui, Jésus était présent avec tout son mystère, dans un monde rappelant les tableaux de Chagall, le peintre juif qui est né et a aussi vécu dans les régions aux confins de l'Europe orientale et de la Russie (photo) : il y a le village, la synagogue, le maïs sur la neige, l’école juive avec son maître sévère, les coqs sur les toits... Et beaucoup de figures volantes dans le ciel étoilé : les personnages de la Bible.
Mais, justement, il y a aussi Jésus, dès le début. Il y a le crucifix dans la maison du camarade de classe :
"Pourquoi a-t-il été crucifié, Lui ? Pourquoi nous, garçons, devenons-nous si différents devant Lui ? Non, non, Il ne peut pas avoir été méchant. Peut-être était-il, peut-être n’était-il pas – qui sait ? – le Serviteur de Dieu dont nous avons lu les chants à l’école. Je ne sais rien, mais je suis sûr d’une chose : Lui, il était bon, et alors... Et alors, pourquoi l’ont-ils crucifié?".
Il y a dès le début les Évangiles et le Nouveau Testament :
"Tout seul, je lisais l’Évangile et j’en éprouvais un plaisir infini. Quelle surprise pour moi au milieu du pré verdoyant : 'Mais moi je vous dis : aimez vos ennemis'. Et du haut de la croix : 'Père, pardonne-leur'. Le Nouveau Testament est vraiment un testament... nouveau ! Tout cela me paraissait extraordinairement important. Des enseignements du type : 'Bienheureux les cœurs purs' et la prière sur la croix traçaient une ligne de démarcation entre le monde des idées anciennes et un nouveau cosmos moral. Eh oui ! Ici surgit un monde nouveau. Les formes sublimes du Royaume des Cieux se dessinent, celles des persécutés qui n’ont pas persécuté, mais aimé".
Le baptême viendra plusieurs années après. Et il apparaît dans l'autobiographie comme la floraison messianique naturelle d’une souche juive restée vivace, riche en destinée dès l’origine.
Israel Zoller, devenu ensuite Eugenio Zolli, a préfiguré dans sa vie l’apparition d’une relation fraternelle entre christianisme et judaïsme qui est aujourd’hui devenue le programme du chef suprême de l’Église.
Une relation fraternelle qui se joue entièrement sur la différence capitale entre les deux croyances : la reconnaissance de Jésus comme "mon Seigneur et mon Dieu".
Cette même différence est mise en lumière par Benoît XVI dans le chapitre relatif au Discours sur la Montagne du premier volume de son "Jésus de Nazareth", où son ami le rabbin Jacob Neusner symbolise le juif pieux qui refuse d’accepter la divinité de Jésus, alors comme aujourd’hui.
Mais voici, ci-dessous, la critique d’"Il Nazareno" du rabbin Zolli par Anna Foa, juive, publiée dans "L'Osservatore Romano" du 20 février 2010.
Le rabbin qui étudiait Jésus
par Anna Foa
Le livre "Il Nazareno" d’Eugenio Zolli a été publié en 1938, par l'Istituto delle Edizioni Accademiche d’Udine. Israel Zolli, qui deviendra ensuite Eugenio, était alors grand rabbin de Trieste et n’avait pas encore succédé – ce serait un an plus tard – comme grand rabbin de Rome au rabbin David Prato, chassé en 1938 parce que sioniste. Quelques mois après la publication de ce livre, les lois racistes de Mussolini firent de Zolli - né à Brody, en Galicie, mais qui avait grandi en Italie - un apatride et le jetèrent dans les dures années de la persécution. Sept ans plus tard, en février 1945, Israel Zolli se convertit au catholicisme, provoquant un grand scandale dans le monde juif italien et aussi beaucoup de bruit chez les non-juifs. Il prit comme prénom de baptême celui du pape Pacelli et devint ainsi Eugenio Zolli.
Il s’agit donc d’un livre sur Jésus-Christ écrit par un rabbin de premier plan qui était destiné à devenir peu après - malgré ce livre et malgré le vague parfum d’hérésie qui l’entourait depuis plusieurs années - grand rabbin de la communauté juive de Rome.
Le livre est-il une préfiguration du parcours postérieur de l'auteur, une anticipation de son baptême ultérieur ? Ou reflète-t-il un parcours d’études exégétiques largement répandu dans le monde juif, avec cette attention portée à la figure de Jésus-Christ qui caractérise une grande partie de la pensée exégétique juive européenne à partir de la seconde moitié du XIXe siècle ?
C’est dans cette seconde perspective qu’Alberto Latorre, l’éditeur du livre, place celui-ci lorsqu’il analyse, dans son ample et précieuse postface, les études juives et chrétiennes sur le Christ au cours des décennies cruciales du début du XXe siècle et qu’il replace le travail de Zolli dans ce contexte.
Le rabbin de Trieste parle de Jésus et des rapports entre le premier christianisme et la culture rabbinique de l’époque avec des accents et des thèses qui ne diffèrent pas de celles de Chayes et Margulies, ses maîtres du collège rabbinique de Florence. Il a suscité bien moins de polémiques que le livre de Joseph Klausner sur "Jésus le Nazaréen" qui fut attaqué, lors de sa parution en hébreu à Jérusalem en 1921, à la fois par les juifs orthodoxes et par les chrétiens, comme l’écrivain Amos Oz, petit-neveu de Klausner, le rappelle dans un intéressant passage de l’un de ses romans que Latorre reprend dans sa postface.
Ce domaine d’études était abondamment abordé par les chercheurs juifs de toute l’Europe, en particulier ceux de la zone allemande, héritiers de la Science du Judaïsme et liés aux courants réformés, qui soulignaient fortement la judéité de Jésus et mettaient en relief les correspondances entre le judaïsme rabbinique et le premier christianisme. Mais il était également privilégié par les chercheurs chrétiens, protestants en particulier, dans l’Allemagne du XIXe siècle, au sein de l’école de Tubingen et des écoles de théologie libérale ultérieures, et, au début du nouveau siècle, les chercheurs catholiques modernistes se l’étaient approprié.
Ce contexte était lié à la méthode historico-critique d’exégèse biblique, qui intéressait vivement les deux parties.
Si tel était le climat culturel dans lequel est né le puissant ouvrage de Zolli, il faut aussi dire que c’est un climat qui recevait très peu d’apports du monde juif italien. Font exception le collège rabbinique de Livourne où Élie Benamozegh enseigna pendant la seconde moitié du XIXe siècle, celui de Florence avec son noyau de professeurs venus de Galicie et Trieste, ville de l’empire des Habsbourg culturellement et jusqu’en 1918 politiquement, ouverte à tous les courants culturels de la Mitteleuropa, dont le courant psychanalytique, avec Weiss, n’était pas le moindre. Zolli, qui avait fait ses études à Florence et avait été rabbin pendant vingt ans à Trieste, eut des rapports très étroits avec ces deux villes.
Mais la culture juive italienne était loin de ces courants culturels plus vastes, liés à l'expérience des études allemandes et à l'empreinte que leur a laissée le mouvement réformé juif.
Elle ne partageait pas leur intérêt pour la figure historique de Jésus, pour les catégories juives de sa prédication et, en général, pour les racines juives du christianisme. Son approche était plus traditionnelle et locale ; à ce moment de l’histoire, elle réunissait judaïsme italien et études exégétiques catholiques, elles aussi très éloignées - sauf pour quelques personnalités plus liées au modernisme - du système exégétique historico-critique répandu dans le reste de l'Europe.
Dans son livre, qui réunissait des contributions déjà en partie publiées dans la revue de Raffaele Pettazzoni, "Studi e materiali di storia delle religioni" [Études et matériaux d’histoire des religions], et dans celle du moderniste Ernesto Buonaiuti, "Ricerche religiose" [Recherches religieuses], Zolli utilisait, en plus de la méthode historico-critique, l'analyse comparative des religions.
Dans ses conclusions, il s’écartait significativement à la fois de l'exégèse juive consolidée et des dogmes de l’Église catholique. Il soulignait fortement la ressemblance de la prédication de Jésus avec le judaïsme, il affirmait l’existence d’une rédaction originelle des Évangiles en hébreu et en araméen, il disait que le terme nazaréen ne venait pas de Nazareth – argument utilisé par les tenants de la non-historicité de Jésus – et il faisait dériver l'eucharistie d’une évolution du "seder" pascal juif.
De plus, dans le texte, une reconnaissance de la messianité du Christ semblait paraître entre les lignes. Sûrement, il y aurait eu de quoi susciter les réactions opposées des juifs et des catholiques. Mais ces réactions ne se sont pas produites. Selon l’éditeur du livre, Latorre, le monde catholique ne souhaitait pas attirer l'attention sur un livre "si difficile à déchiffrer et à classer", à un moment où la crise moderniste s’était calmée depuis peu et où le climat antisémite rendait dangereux tout débat sur des sujets aussi brûlants.
L’Église préféra donc passer le livre sous silence ou presque (si l’on excepte les critiques globalement positives des jésuites de "La Civiltà Cattolica"), allant jusqu’à renoncer à faire un usage apologétique d’un texte dans lequel un rabbin connu semblait admettre de manière voilée la messianité du Christ.
En ce qui concerne l’absence d’objections du côté juif, le contexte historique de la parution du livre - celui des lois raciales de 1938 - n’incitait pas à poser des questions si délicates, surtout dans les mois cruciaux de 1938-1939 où il y avait dans l’Église des gens qui, comme le père Agostino Gemelli, semblaient souhaiter une rencontre entre les doctrines racistes et l’Église catholique.
En revanche le livre fut très apprécié par le monde universitaire, en Italie et à l’étranger. En novembre 1938, Ernesto Buonaiuti en publia une critique enthousiaste dans "Ricerche Religiose".
Au-delà des questions strictement exégétiques, le livre met sous les yeux du lecteur actuel de nombreux points strictement historiques et renvoie de nombreuses questions sur l’histoire d’Israel/Eugenio Zolli et sur la nature même de sa conversion.
Cette conversion a certainement été le fruit d’un choix médité, le résultat d’un parcours long et difficile. C’est aussi une conversion qui s’est limitée à accentuer et à mettre en valeur d’autres points mais n’a pas paru changer profondément la qualité de son discours de base : une analyse rigoureusement critique des textes bibliques, qui le mettait au-dessus de toute orthodoxie, qui le conduisait à accentuer les liens historiques entre judaïsme rabbinique et christianisme et à trouver dans la figure du juif Jésus la clé de ce moment complexe de passage et de transformation.
"Le Nazaréen" appartient à la phase juive des travaux de recherche de Zolli, mais les changements introduits par la conversion dans ses travaux de critique ultérieurs ont été très rares et peut-être motivés uniquement par des raisons d’obéissance et de prudence.
Ainsi se démêlait, entre Wissenschaft juive et modernisme chrétien, le parcours religieux et scientifique, deux moments indissolublement entrelacés, de l'œuvre de Zolli.
Un personnage-frontière que les juifs, blessés à juste titre par sa défection, n’ont pas compris, et que l’Eglise de l’après-guerre, à une époque qui était encore à des années-lumière des ouvertures judéo-chrétiennes, a préféré laisser de côté.
"Le Nazaréen" est le fruit le plus élevé de cet être qui se situait aux confins, parmi les diverses orthodoxies.
Le livre :
Eugenio Zolli, "Il Nazareno. Studi di esegesi neotestamentaria alla luce dell'aramaico e del pensiero rabbinico", sous la direction d’Alberto Latorre, San Paolo, Milan, 2009, 618 pages, 42,00 euros.
Le journal du Saint-Siège qui a publié, le 20 février, la critique du livre de Zolli par Anna Foa :
> L'Osservatore Romano
A propos de ces sujets, sur www.chiesa :
> Focus JUIFS
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
www.chiesa
14:38 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jesus, college rabbinique, jacob neusner, rabbins, juifs, pape, benoit xvi, jesus de nazareth, passion, resurrection, evangile, evangiles de l enfance, il nazareno, italie, osservatore romano, anna foa, universite de rome, rome, la sapienza, livres a lire, israel zoller, conversion, messianite, messie, christ, brody, galicie, autriche, hongrie, stanislavov, ivano-frankovsk, ukraine, lviv, florence, trieste, grand rabbins, bapteme, pie xii, histoire, autobiographie, chagall, peintres, russie, synagogue, bible, crucifix, nouveau testament, croix, royaume des cieux, persecutions |
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10.02.2010
Audience générale : soyez sensibles aux pauvres à l’image de saint Antoine de Padoue
La catéchèse de Benoît XVI à l’audience générale de ce matin, qui a eu lieu dans la salle Paul VI au Vatican, a été entièrement dédiée à Antoine de Padoue, contemporain de saint François et défini par le Pape « un des saints les plus populaires dans toute l’Église catholique ». Le Pape a souligné son extraordinaire talent de prédicateur, qui lui valut le titre de Docteur de l’Église par Pie XII en 1946.

À l’exemple de saint Antoine de Padoue, Benoît XVI a invité croyants et non-croyants à voir dans le crucifix le « miroir » de la dignité humaine et à accueillir les pauvres sur terre parce que ce seront eux qui nous accueillerons au ciel.
Écoutez le résumé de la catéchèse et les paroles que Benoît XVI a adressés aux pèlerins de langue française : >>
Résumé de la catéchèse en langue française
Chers frères et sœurs,
Antoine de Padoue, né à Lisbonne vers 1195, est l’un des saints les plus populaires de l'Église. Bouleversé par le martyre, au Maroc, de cinq missionnaires franciscains, il quitta les Chanoines augustiniens pour devenir frère mineur. Il montra de tels dons de science et d’éloquence que saint François, qu’il rencontra au Chapitre des nattes, lui donna pour mission d’« enseigner la théologie aux frères ».
Antoine posa les bases de la théologie franciscaine par ses commentaires si vivants de l’Écriture. Ses écrits pleins de la fraîcheur et de la beauté de l’Évangile proposaient à chacun un vrai chemin de vie chrétienne : il lui valurent le titre de « Docteur évangélique ».
Antoine nous rappelle que la prière est comme une relation d’amour avec le Seigneur. Elle a besoin d’une atmosphère de silence qui n’est pas seulement absence de bruit mais expérience intérieure qui éloigne les distractions. Il s’agit d’ouvrir son cœur à Dieu dans la confiance, de Lui parler, de Lui présenter nos besoins, de Le louer et de Le remercier. Seul celui qui prie progresse dans la vie spirituelle.
Antoine mit toujours le Christ au centre de sa vie et de sa prédication. Qu’il intercède pour les prêtres et les diacres afin qu’ils accomplissent avec sollicitude leur ministère d’annonce et d’actualisation de la Parole de Dieu !
* * *

Je suis heureux d’accueillir les pèlerins francophones, en particulier les élèves et les professeurs de différents collèges de Montaigu, Séverac-le Château et Paris, ainsi que les paroissiens venus en pèlerinage à Rome. Puisse le Seigneur Jésus vous accompagner dans votre vie ! Que Dieu vous bénisse !
16:24 Écrit par Père Walter dans Catéchèses du Pape | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pie xii, croyants, pauvres, lisbonne, maroc, martyre, chapitre des nattes, diacres, franciscains, benoit xvi, antoine de padoue, saint antoine de padoue, saint francois d assise, priere, rome, crucifix, catechese, pape, francois d assise, predication, predicateur, docteur de l eglise, non-croyants, dignite humaine, pauvrete, missionnaires, theologie, ecriture, evangile, docteur evangelique, silence, pretres, ministere, parole de dieu, pelerins, francophones, montaigu, severac-le-chateau, paris, paroissiens, pelerinage |
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