22.05.2012

Oecuménisme au Festival de Cannes

ca0a225e1d.gifROME, mardi 22 mai 2012 (ZENIT.org) – La prière a sa place au 65e Festival du cinéma de Cannes, sous le signe de l’unité des chrétiens : une célébration œcuménique aura lieu demain, 23 mai, à 16 h, en l’église du Prado de Cannes, indique le site du « Jury œcuménique ». Une messe et un culte ont été célébrés dimanche avant un verre de l’amitié.

La célébration de ce mercredi sera présidée par Mgr Jean Gautheron, curé de la paroisse Saint-Nicolas,  et par le Pasteur Paolo Morlacchetti. La prédication est confiée au pasteur Claude Schwab. Elle sera suivie d’une réception offerte par la Ville de Cannes.

Un évêque français participe au festival : Mgr Hervé Giraud, évêque de Soissons et président du Conseil pour la communication de la Conférence des évêques de France.

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15.04.2012

Benoît XVI espère avoir la force d'accomplir sa mission

mercy.vaticanum.jpegA quelques jours du 7° anniversaire de son élection au siège de Pierre, le 19 avril 2005, Benoît XVI a demandé aux fidèles de prier pour lui, afin que le Seigneur lui donne la force d’accomplir la mission qu’Il lui a confiée. Le Pape s’adressait aux pèlerins francophones à l’occasion de la prière du Regina Coeli qui rassemble tous les dimanches des milliers de personnes sur la place Saint-Pierre.

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06.05.2010

Benoît XVI invite les prêtres à rechercher la perfection morale

Ce mercredi, à l’audience générale, le Pape a invité les prêtres à rechercher sans cesse la perfection morale.

 

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Devant quelque 15 000 personnes rassemblées sur la place Saint-Pierre, Benoît XVI a proposé une méditation sur le ministère sacerdotal en rappelant que le peuple de Dieu s’attend à juste titre à avoir des prêtres saints – en dépit des faiblesses humaines – capables de sanctifier et de servir de pont entre Dieu et les hommes.

Le Pape a également invité les prêtres à faire du confessionnal le lieu de la Réconciliation et à y être plus présents !

 

 

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Mais ses encouragements s’adressaient aussi aux fidèles qui doivent être proches de leurs prêtres, surtout dans les situations difficiles.

Autre thème évoqué par Benoît XVI : le mariage, instrument de salut pour toute la société. Comme tous les objectifs importants, il exige que l’on soit prêt à sacrifier ses intérêts pour le bien de l’autre. Il requiert des efforts de tolérance et de pardon. Il invite à entretenir et protéger le don d’une vie nouvelle.

Enfin, le Pape s’est dit très heureux de se rendre au Portugal, du 11 au 14 mai, pour le 10 anniversaire de la béatification des petits bergers de Fatima.

Écoutez le résumé de la catéchèse et les paroles que Benoît XVI a adressés aux pèlerins de langue française: >>



 

 

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Résumé de la catéchèse en langue française


 Chers frères et sœurs, le Saint Suaire devant lequel j’ai prié dimanche dernier, nous aide à contempler le Ressuscité dont la mission rédemptrice se poursuit aujourd’hui par le ministère des prêtres. Le prêtre a reçu mission de sanctifier les hommes, surtout par les Sacrements et par le Culte de l’Église. Sanctifier une personne signifie la mettre en contact avec Dieu, avec son être de lumière, de vérité et de pur amour. Et ce contact transforme la personne. Les prêtres doivent être comme des ponts qui favorisent la rencontre avec Dieu. Ils doivent être disponibles, généreux et attentifs à offrir à leurs frères les trésors de la grâce de Dieu dont ils ne sont pas les propriétaires mais les gardiens et les administrateurs. Se rappelant que l’annonce missionnaire et le culte sont inséparables, le prêtre, comme le Curé d’Ars, doit donner la primauté au munus sanctificandi. Puissiez-vous vivre, chers prêtres, avec joie et avec amour la Liturgie et le culte ! Puissiez-vous aussi faire du confessionnal le lieu de la Réconciliation et y être plus présents ! Puissiez-vous enfin célébrer et vivre avec intensité l’Eucharistie qui est le centre de la mission de sanctification ! Quant à vous chers frères et sœurs, priez pour vos prêtres afin qu’ils soient toujours des Pasteurs selon le cœur de Dieu.

Je suis heureux de vous accueillir chers pèlerins francophones particulièrement les étudiants et les paroissiens présents. Je salue aussi chaleureusement les Camerounais qui sont parmi nous. Que Dieu vous bénisse !

 

(Radio Vatican)

17.09.2009

'Dieu nous a montré gratuitement son Visage'

VATICAN - Messe du Pape Benoît XVI en présence de ses anciens élèves: « Si nous réfléchissons sur la perplexité du monde face aux grandes questions du présent et du futur, alors, devrait naître au-dedans de nous la joie pour le fait que Dieu nous a montré gratuitement son Visage, sa volonté, Lui-même »

 

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Castel Gandolfo (Agence Fides) – La question de la pureté de l’homme devant Dieu, un des thèmes fondamentaux de l’histoire religieuse de l’humanité », a été au centre de l’homélie du Pape Benoît XVI lors de la Messe célébrée en présence de ses anciens élèves, le dimanche 30 août, à Castel Gandolfo. Le texte a été publié ce jour par la Salle de Presse du Saint-Siège.

Partant de l’Evangile du Dimanche, le Saint-Père a déclaré:

« Quand il tourne son regard vers Dieu, l’homme reconnaît qu’il est ‘souillé’, et qu’il se trouve dans une condition dans laquelle il ne peut approcher du Saint. Et ainsi se présente la demande la question : comme peut-il devenir pur, se libérer de la ‘souillure’ qui le sépare de Dieu. C’est ainsi que sont nés dans ce but les rites de purification dans les différentes religions. Même ceux qui sont enracinés dans la tradition de l’Ancien Testament, dont parle l’Evangile du dimanche, ne servaient que pour faire que l’homme s’ouvrît à Dieu ; ils n’étaient plus des chemins de purification et de salut, étant donné que le cœur de l’homme n’était plus touché.
« L’exégèse libérale dit que, dans cet Evangile, se révèlerait le fait que Jésus aurait substitué le culte avec la morale. Il aurait mis de côté le culte avec toutes ses pratiques inutiles. Le rapport entre l’homme et Dieu se fonderait à présent uniquement sur la morale. S’il en était ainsi, cela voudrait dire que le Christianisme, dans son essence, est une moralité, c’est-à-dire que c’est nous-mêmes qui nous rendons purs et bons, par notre action morale. Si nous réfléchissons plus profondément sur cette opinion, il apparaît clairement que ce ne peut être la réponse complète de Jésus sur la question concernant la pureté ». Il faut donc « entendre et comprendre dans sa plénitude le message du Seigneur… En d’autres termes, nous devons lire entièrement les Evangiles, tout le Nouveau Testament et L’Ancien Testament avec lui ».

Dans le commentaire de la première Lecture de la Messe, tirée du Livre du Deutéronome, le Saint-Père souligne qu’Israël « est invité par Dieu lui-même à être reconnaissant, et à ressentir une fierté humble pour le fait de connaître la volonté de Dieu, et d’être ainsi sage ». Dans cette période, l’humanité

« cherchait à comprendre ce qui comptait… La sagesse est une connaissance de l’essentiel… La Lecture tirée du Deutéronome souligne le fait que la sagesse, en dernière analyse, est identique à la Torah – à la Parole de Dieu qui nous révèle ce qui est essentiel, pour quelle fin et de quelle manière nous devons vivre. Ainsi, la Loi n’apparaît pas comme un esclavage, mais est … la cause d’une grande joie : nous n’allons pas à tâtons dans l’obscurité, nous n’allons en errant en vain à la recherche de ce qui pourrait être droit, nous ne sommes pas comme des brebis sans pasteur, qui ne savent où est la voie juste… Deux choses nous sont dites par Dieu : d’une part, qu’Il s’est manifesté, et qu’Il nous indique la voie juste ; de l’autre, que Dieu est un Dieu qui écoute, qui est proche, qui nous répond et qui nous guide. Avec cela, on touche aussi le thème de la pureté : sa volonté nous purifie, sa proximité nous guide ».

A propos de « la joie d’Israël face au fait de connaître la volonté de Dieu, et d’avoir ainsi reçu en don la sagesse qui nous guérit, et que nous ne pouvons trouver tout seuls », le Saint-Père s’est demandé :

« Existe-t-il chez nous, dans l’Eglise d’aujourd’hui, un sentiment semblable de joie devant la proximité de Dieu, et pour le don de sa Parole?... Si nous réfléchissons sur la perplexité du monde face aux grandes questions du présent et du futur, alors, devrait naître au-dedans de nous la joie pour le fait que Dieu nous a montré gratuitement son Visage, sa volonté, Lui-même. Si cette joie resurgit en nous, elle touchera aussi le cœur des non-croyants. Sans cette joie, nous ne sommes pas convaincants. Mais, là où cette joie est présente, même sans le vouloir, elle possède une force missionnaire. Elle suscite en effet chez les hommes la question de savoir si ce n’est pas là que se trouve pas là la voie – si cette joie ne guide pas probablement effectivement sur les traces de Dieu lui-même ».

Le passage de la deuxième Lecture de la Messe, était extrait de la Lettre de Saint Jacques, que le Saint-Père a déclaré aimer « surtout parce que, grâce à elle, nous pouvons nous faire une idée de la dévotion de la famille de Jésus ». C’était une famille fidèle, pratiquante, dans le sens

« qu’elle vivait la joie deutéronomique en raison de la proximité de Dieu, qui nous est donnée dans sa Parole et dans son commandement… Pour Saint Jacques, la Loi n’est pas une exigence qui prétend trop de nous, qui se trouve devant nous, de l’extérieur, et ne peut jamais être satisfaite… Dans le Christ ? Dieu nous a tout dit, Il s’est manifesté complètement. Nous ne sommes plus des serviteurs, mais des amis. Et la Loi n’est plus une prescription pour des personnes non libres, mais le contact avec l’Amour de Dieu – être introduits pour faire partie de sa famille, acte qui nous rend libres et parfaits… La Loi, comme parole de l’Amour, n’est pas une contradiction pour la liberté, mais un renouveau de l’intérieur grâce à l’amitié avec Dieu… Ce n’est pas nous qui créons ce qui est bon – cela serait un simple moralisme, mais c’est la Vérité qui vient à notre rencontre. Il est Lui-même la Vérité, la Vérité en personne. La pureté est un événement de dialogue. Elle commence avec le fait qu’Il vient à notre rencontre, Lui, qui est la Vérité et l’Amour, il nous prend par la main, il pénètre tout notre être. Dans la mesure où nous nous laissons toucher par Lui, où la rencontre devient amitié et amour, nous devenons nous-mêmes, à partir de sa pureté, des personnes pures qui aiment avec son Amour, des personnes qui font entrer aussi les autres dans sa pureté et dans son amour ».

(Agence Fides, 15 septembre 2009)

04.09.2009

L’esprit de pardon et de paix contre l’absurdité de la guerre

 

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Dans une époque de grande fragilité, c’est la bonté du cœur de Dieu qui transforme le monde et le rend imperméable à ses vices C’est l’enseignement d’un moine médiéval français, saint Odon, que Benoît XVI a proposé d’appliquer à notre époque contemporaine. Le Pape en a parlé lors de l’Audience générale de ce matin, qui s’est tenue dans la salle Paul VI devant pas moins de 8 000 personnes. Après la pause de cet été, il a donc repris ses catéchèses sur les grands auteurs de l’Église antique. Rappelant « l’absurdité » de la Seconde Guerre mondiale, le Pape a également prié pour que l’esprit de pardon et de paix « pénètre le cœur des hommes ».

Écoutez sur Radio Vatican le résumé de la catéchèse et les paroles que Benoît XVI a adressés aux pèlerins de langue française. >>


Résumé de la catéchèse en langue française


     Chers Frères et Sœurs,

     Saint Odon, né vers l’an 880, se trouve au cœur de la prodigieuse floraison de monastères qui, s’inspirant de la Règle de Saint Benoît, ont donné à l’Europe un esprit et une sensibilité chrétiennes profondes. Il fut le 2e Abbé de Cluny, une abbaye qui eut un rayonnement extraordinaire durant le Moyen-Age par la ferveur avec laquelle les moines se livraient à l’ascèse comme à l’étude et surtout au culte divin plein de beauté.
     Par la Vierge Marie, « Mère de Miséricorde », Odon, encore adolescent, fut introduit dans un nouvel espace intérieur qui, peu après, s’illuminera avec la Règle de Saint Benoît qu’il découvre et aime au point de quitter sa Touraine natale. Abbé de Cluny, il exerça une forte influence sur les monastères d’Europe dont certains suivirent sa réforme. L’idéal monastique se trouvait, pour lui, dans l’expérience de Marie de Magdala, assise aux pieds du Maître pour l’écouter et se détacher du tumulte des soucis du monde. Son amour de la Parole du Seigneur illuminait sa foi et sa dévotion au Corps et au Sang du Christ. Sainteté du mystère du Corps du Seigneur qui invite à une conversion radicale toujours possible par la puissance de la miséricorde divine. De sa contemplation du Christ miséricordieux, jaillissait en lui une joie et une bonté qui entraînaient sur la voie de la perfection chrétienne non seulement ses frères moines mais aussi les fidèles laïcs de son temps.


               * * *


     J’accueille avec joie les pèlerins francophones. Je salue particulièrement les séminaristes de Brugge, en Belgique, et leurs accompagnateurs ainsi que les nombreux pèlerins du diocèse de Kaolack, au Sénégal, avec leur Evêque Mgr Ndiaye. Puissiez-vous tous suivre généreusement le Christ chaque jour. Que Dieu vous bénisse !

16.08.2009

Dieu veut te parler - Homélie 20° dimanche du Temps Ordinaire B




Quand Jésus dit qu’il est “le pain vivant qui est descend du ciel”, ce n’est pas pour faire de la poésie. Il nous parle du sacrament de l’Eucharistie, par lequel il se rend vraiment present – corps, sang, âme et divinité – sous les apparences du pain et du vin.

Les autres sacrements nous donnent la grâce de Dieu, mais le sacrement de l’Eucharistie nous donne Dieu lui-même en nourriture. Voilà ce que Jésus veut dire quand il dit :

« Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. »

Jésus répète ce message à sept reprises en l’espace de sept versets, comme pour enfoncer le clou. L’Eucharistie est la nourriture « super-substantielle » qui nous soutient dans la voie difficile du salut et du « développement durable ».

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ».

Ce court passage du discours du Seigneur, dans lequel il met l’accent sur la centralité de l’Eucharistie dans la vie du chrétien, nous aide à vraiment comprendre le commandement de l’Eglise de participer à la Messe chaque dimanche et jour d’obligation. Aujourd’hui l’on aurait facilement tendance à considérer ce commandement comme arbitraire et vieux-jeu, comme si l’Eglise voulait en fait exercer son contrôle, son pouvoir, sur ses « adeptes »....

 

Pour lire la suite de l'homélie :


Le prêtre, garant d’un culte objectif

30.03.2009

'Les évangéliques à la conquête du monde', enquête de Patrice de Plunkett

Les leçons à tirer de ce voyage sur les ailes d’un réveil évangélique

ROME, Lundi 30 mars 2009 (ZENIT.org) - « Les évangéliques à la conquête du monde » (Perrin, pour télécharger un extrait) : c'est le titre de la nouvelle enquête passionnante de Patrice de Plunkett. L'auteur explique aux lecteurs de Zenit l'enjeu d'une prise de conscience d'un phénomène complexe et les leçons à tirer de ce voyage sur les ailes d'un réveil évangélique.  


 
Zenit : Patrice de Plunkett, qu'est-ce qui a motivé votre enquête ?  

Patrice de Plunkett : L'ampleur et le dynamisme du phénomène des protestants évangéliques sur les cinq continents, et notamment en France !  D'où vient que les assemblées évangéliques dans l'Hexagone attirent un public nombreux, croissant, jeune, venant des milieux pauvres, alors que beaucoup de paroisses catholiques françaises ont une fréquentation déclinante, âgée et bourgeoise ? Comment se fait-il que le public des cultes évangéliques soit si chaleureux, alors que le public catholique (en France) est souvent froid ? Comment se fait-il que les évangéliques fassent tant de conversions en prêchant sur le péché, les souffrances de la Passion de Jésus, le Ciel et même l'enfer : sujets qu'une certaine pastorale catholique des années 1970-1980 avait éloignés, les jugeant  « rebutants pour l'homme et la femme d'aujourd'hui » ? Est-ce que nous ne nous étions pas trompés à ce moment-là sur les attentes de nos contemporains ?

Je me suis donc lancé dans cette enquête de terrain, et j'ai passé des mois à assister aux cultes évangéliques dans toutes les régions françaises, en discutant avec des convertis. J'ai enquêté à l'étranger, au Brésil, en Corée, aux Etats-Unis. Et aussi dans le passé, pour comprendre d'où vient la spiritualité évangélique avec ses nuances et ses contradictions - qui prennent leur source dès l'époque de Calvin, dont le 500e anniversaire est célébré cette année.

 
Zenit : Il n'y a donc pas seulement la réalité américaine de son influence sur les autres continents ? Quelles sont les origines de l'évangélisme ?  

Patrice de Plunkett : Elles sont en Europe et dès le début de la Réforme. Celle-ci renonce à la Présence réelle eucharistique, qui est le cœur du catholicisme et qui saisit l'homme tout entier, corps, âme et esprit. Pour pallier ce « manque » radical, Calvin propose une religion du Texte et de la prédestination. Mais, tout de suite, une branche du protestantisme cherche autre chose : une religion du Cœur et du choix personnel...  C'est l'aventure des « anabaptistes », d'abord persécutés, donc guerriers, puis écrasés mais renaissant aussitôt sous une nouvelle forme, pacifique... Au fil des siècles, c'est la floraison d'un nombre infini de courants différents, jusqu'à l'incroyable diversité des innombrables Eglises évangéliques en 2009 sur toute la planète. Mais j'insiste : l'évangélisme a des racines historiques anciennes et profondes chez nous. Témoin le phénomène extraordinaire des « petits prophètes » des Cévennes, pendant la guerre des Camisards au tout début du XVIIIe siècle : une explosion de charismes humainement inexplicables, et dont les manifestations ressembleront étonnamment à ce qui se passe dans le pentecôtisme d'aujourd'hui, partout dans le monde.

Bien sûr, mon enquête étudie ce qui s'est passé aux Etats-Unis : le premier Réveil évangélique au XVIIIe siècle, sous l'influence de prédicateurs dont certains venaient d'Angleterre, où Wesley faisait sa révolution en propageant une religion du Cœur et de l'illumination... Puis le XIXe avec de nouveaux Réveils... Puis la genèse du pentecôtisme, qui surgit en 1900, et la « religion américaine », au XXe, avec ses implications politiques particulièrement visibles à l'époque de G. W. Bush. Et maintenant, l'apparition de nouvelles formes évangéliques en rupture avec le conservatisme « bushien » : des évangéliques contestataires, sociaux, écologiques, expérimentaux. C'est le très intéressant mouvement des « emerging churches », que les catholiques ont intérêt à étudier de près. 

Zenit : Comment les évangéliques dont vous parlez s'insèrent-ils dans le  dialogue œcuménique? Proposent-ils un second baptême, lorsque d'autres baptisés les rejoignent? Car, depuis le concile notamment, le baptême est reconnu comme le sacrement de l'unité par excellence...  

Patrice de Plunkett : L'évangélisme est un phénomène gigantesque et contradictoire. Certains courants sont anti-œcuméniques. D'autres sont oecuméniques : on l'a vu par exemple au Forum chrétien mondial de Nairobi (2007), qui a ouvert un domaine de rencontre inédit axé sur l'échange spirituel. Beaucoup d'évangéliques sont « anabaptistes » : ils rebaptisent leurs convertis ex-catholiques, parce qu'ils voient le baptême comme une manifestation du choix de l'adulte ayant « accepté Christ comme Sauveur » - et c'est le contraire de la théologie du baptême selon Rome, mais aussi selon Calvin, qui était partisan du baptême des petits enfants ! Dans certains cultes évangéliques, le pasteur annonce que la Sainte Cène est réservée à ceux qui ont été baptisés adultes par immersion. Dans d'autres, la Sainte Cène est proposée à tous les assistants, sans discrimination... C'est d'ailleurs avec ce dernier courant que les catholiques dialoguent difficilement, parce que ce courant ne comprend pas pourquoi l'Eucharistie catholique est réservée aux catholiques ! Il faut avoir fait l'expérience de ce butoir (pénible pour les deux parties mais incontournable), pour savoir combien douloureux peut être le dialogue sincère. J'en suis témoin, et je le raconte dans le livre. 

Zenit : Un évêque a récemment déploré l'influence des évangéliques  en Irak : doit-on y voir une nouvelle forme de colonialisme, disons,  « ingénue », qui a dû mal à comprendre les anciennes Eglises  orientales ? Ou faut-il y discerner une stratégie politique calculée pour contrôler le pays ?  

Patrice de Plunkett : Il y a une part de manipulation du religieux par la politique de Washington. En revanche, il y a aussi un prosélytisme très sincère de la part des agences missionnaires évangéliques, qui souvent ne sont plus américaines, mais coréennes ou brésiliennes ! En Algérie, où j'ai enquêté, les Kabyles convertis au protestantisme évangélique - je suis en contact avec plusieurs d'entre eux - ne sont nullement des agents de l'étranger (américain ou « sioniste », comme dit le gouvernement d'Alger) : ce sont d'authentiques Algériens, convertis pour des raisons spirituelles... Mais ils sont mis en danger par les déclarations belliqueuses d'agences protestantes américaines, qui divaguent à l'encontre de « l'islam satanique » sans penser une minute à la sécurité des musulmans devenus chrétiens.

 
Zenit : Il y déjà quelques années, mais l'autorité de l'observateur vaut qu'on s'en souvienne, de retour d'Amérique latine, le cardinal Godfried Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles, avait  déploré le développement de « sectes » chrétiennes, surtout au Brésil,  « à coups de dollars », comme faisant partie d'une volonté délibérée de limiter l'influence de l'Eglise catholique, surtout dans le domaine de  la contraception... qui représente un marché milliardaire. On peut parler aujourd'hui d'une instrumentalisation « commerciale » ?  

Patrice de Plunkett : Au Brésil on voit, sans doute, certaines « Eglises » déplaisantes : à peine chrétiennes, prêchant « l'Evangile de la prospérité » (« si tu es pauvre ou malade, c'est que tu ne pries pas assez et que tu ne donnes pas assez à ton Eglise »). Mais on voit aussi des agences missionnaires très sincères, qui envoient des groupes de jeunes évangéliser dans la rue jusqu'en Angleterre, pour « rechristianiser l'Europe devenue païenne » ! Gardons-nous de mélanger les uns et les autres. Je raconte que j'ai vu en Seine Saint-Denis des « Eglises » effrayantes, prêchant une religion qui n'a plus de rapport avec l'évangile, et même injuriant le catholicisme pendant leurs cultes. Mais j'ai vu d'autres assemblées très sympathiques, vraiment chrétiennes, ouvertes à l'œcuménisme. Il faut que les catholiques s'informent pour savoir se repérer dans cet univers étrange. C'est la raison pour laquelle j'ai écrit ce livre.

 
Zenit : Les phénomènes religieux que vous relevez ont eu et ont une influence positive aussi sur le Renouveau charismatique catholique et les fruits de conversion et d'évangélisation sont  indéniables. Il n'y a pas si longtemps, à la Sorbonne (Paris IV), seuls  les Evangélistes (GBU) proposaient la Bible aux étudiants et témoignaient ouvertement de leur foi.... Et les évangéliques suisses, par exemple, témoignent de la charité du Christ dans des assemblées fraternelles qu'on rêverait de voir dans certaines paroisses....  

Patrice de Plunkett : Oui, et j'en sais quelque chose puisque je suis un converti de Paray-le-Monial dans les années 1985-1990 ! Les évangéliques réveillent les catholiques. Il y a beaucoup de choses à prendre chez eux. Mais les catholiques doivent veiller à ne pas se tromper : le trésor catholique est la Présence réelle eucharistique, cœur de la paroisse ; c'est à partir de là que la paroisse peut ressusciter, se revitaliser, devenir un véritable creuset d'amitié et de solidarité effective, de vie sociale ! C'est en redécouvrant l'adoration eucharistique - charisme de Paray - que la paroisse catholique perdra sa froideur actuelle, deviendra aussi chaleureuse que les communautés évangéliques, et attirera les conversions. J'ai discuté avec beaucoup de jeunes devenus chrétiens par la découverte d'assemblées évangéliques ; beaucoup d'entre eux avaient commencé par tenter une paroisse catholique, et avaient pris la fuite parce que (disent-ils) « les gens ne se parlaient pas et ne me parlaient pas ». Pour le lecteur catholique, c'est la grande leçon de cette enquête : il faut que nous la méditions tous. 

Propos recueillis par Anita S. Bourdin