23.01.2010
Dieu veut te parler - Homélie 3° dimanche du Temps Ordinaire C

La communauté chrétienne de la cité grecque de Corinthe, à laquelle saint Paul adresse la lettre dont nous avons entendu un passage (cf. deuxième lecture), était celle d’une grande ville, bourdonnante d’activités, la capitale de la région. Elle devait aussi affronter un grave problème : celui de la division. Certains parmi les chrétiens étaient d’origine juive, tandis que d’autres étaient d’origine païenne. Certains s’enorgueillissaient d’avoir reçu la foi de saint Paul, d’autres de saint Pierre, d’autres encore d’un prédicateur renommé de l’époque, Apollos. Cela donnait lieu à des factions à l’intérieur de l’Eglise. Chaque fois qu’une question ou un problème se présentait, ces factions se disputaient. Cette division sans cesse aggravée déchirait la jeune communauté, et contaminait aussi les communautés chrétiennes environnantes. Bref, c’était ce qu’on appelle une crise.
Diviser les gens et les communautés, c’est la tactique du démon. Le péché divise toujours. Le tout premier péché au Jardin d’Eden en est un exemple type. Il a causé un antagonisme entre l’humanité et Dieu (Adam et Eve se sont cachés devant Dieu) ; Il a causé un antagonisme entre Adam et Eve (Ils se sont cachés l’un devant l’autre) ; et il a causé un antagonisme entre l’humanité et le reste de la création (Eve est condamnée à enfanter dans la douleur et Adam à gagner son pain à la sueur de son front).
La division est l’œuvre du diable – le mot même "diable" vient du mot grec qui veut dire accusateur (Διάβολος), dont le sens littéral est "jeté à travers" (dia – à travers, bollein – jeter), comme, par exemple, dans jeter un obstacle sur le passage de quelqu’un, pour l’empêcher d’atteindre son but, ou comme semer des obstacles entre deux personnes, pour les diviser.
Le diable veut nous séparer de Dieu, et il veut nous séparer les uns des autres. C’est tout le mystère du mal. Dieu, source de tout ce qui est bon, est essentiellement une communion de personnes, l’unité du Père, du Fils et du Saint Esprit. Dans le mot "Trinité“ il y a "unité“ (tri-unité). Nous avons été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Par conséquent, quand le démon sème la division et la discorde entre nous, c’est une manière pour le démon d’insulter Dieu, pour qui il n’éprouve que de la haine...
Pour lire la suite de l'homélie :
La tactique préférée du démon
17:27 Écrit par Père Walter dans Homélies 2009-2010 (année C) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : evangile, ecriture, bible, liturgie, dimanche, temps ordinaire, unite, demon, diable, division, faction |
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06.11.2009
Allemagne, la difficile réunification des mémoires
Le 9 novembre prochain, l’Allemagne et toute l’Europe célébreront la chute du mur de Berlin. Pour toute une génération d’Allemands, « République fédérale d’Allemagne » et « République démocratique d’Allemagne » ne sont que des mots et le Mur de l’histoire.
Vingt ans après sa chute, l’unité entre « Ossis », les Allemands de l’Est, et « Wessis », les Allemands de l’Ouest, n’est toujours pas acquise. Si l’Allemagne réunifiée s’est aujourd’hui penchée sur son passé national-socialiste, elle n’a toujours pas effectué un travail de mémoire sur la division qui l’a marquée pendant un demi-siècle.

Gilbert Casasus (photo) est professeur en études européennes à l’université bilingue de Fribourg. Il revient sur cette unification encore imparfaite sur Radio Vatican: >>

Propos recueillis par Thomas Chabolle.
15:22 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : allemagne, europe, mur de berlin, chute du mur de berlin, republique federale d allemagne, republique democratique d allemagne, histoire, ossos, wessis, unite, allemagne reunifiee, national-socialiste, travail de memoire, division, gilbert casasus, fribourg, suisse, universite, professeur, unification |
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27.06.2009
Intention de prière missionnaire du mois de juillet - commentaire
INTENTION MISSIONNAIRE - « Pour que l’Eglise soit germe et noyau d’une humanité réconciliée et réunie dans l’unique famille de Dieu, grâce au témoignage de tous les fidèles dans chaque pays du monde » - Commentaire de l’Intention missionnaire proposée par le Saint-Père pour le mois de juillet 2009

C’est pourquoi une partie importante de la mission rédemptrice du Christ est de réunir, d’unifier. En premier lieu le Christ réunit « les enfant de Dieu dispersés ». Jésus est « le Bon Pasteur », qui réunit les brebis dispersées d’Israël. Cependant cette mission unificatrice n’est pas limitée au seul Israël. Elle s’adresse à tous les peuples de la terre. Saint Paul affirme qu’« il n’y a plus juif ni gentil, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme, car nous sommes tous un dans le Christ Jésus ». Cette unité se manifeste et se réalise dans l’Eucharistie, car « nous formons tous un seul Corps puisque nous mangeons un seul pain ».
Puisque le péché a produit une double séparation (il a séparé l’homme de Dieu et de ses frères), la nouvelle naissance dans le Christ présente un double aspect : elle nous réconcilie avec Dieu dans son Sang, et elle fait de nous un seul corps.
L’histoire de l’Eglise a été témoin de nombreuses divisions et schismes, depuis ses origines. Mais la séparation de nos frères orthodoxes et protestants s’avère particulièrement douloureuse. En même temps, la société civile a été marquée par des luttes fratricides et des incompréhensions entre les peuples.
Récemment, on a enregistré dans différents pays des guerres entre ethnies, qui ont provoqué de nombreuses victimes. Aujourd’hui encore, comme toujours, le cœur de l’homme continue à avoir besoin d’un Rédempteur qui extirpe de lui le germe de la haine et de la séparation, fruit du péché. L’Eglise du Christ, à la fois sainte et ayant besoin de salut, a le devoir de poursuivre cette mission rédemptrice, d’être dans le monde signe d’unité et source de communion.
Le Pape Benoît XVI affirme: « Etre ensemble a été la condition mise par Jésus pour accueillir le don de l’Esprit Saint; le présupposé de leur entente a été une prière prolongée. Nous trouvons de cette façon ébauchée une formidable leçon pour toute communauté chrétienne. On pense parfois que l’efficacité missionnaire dépend principalement d’une programmation attentive et ensuite d’une intelligente mise en œuvre par un engagement concret. Certes, le Seigneur demande notre collaboration, mais avant toute réponse de notre part, son initiative est nécessaire : c’est son Esprit le vrai protagoniste de l’Eglise » (Homélie, 4 juin 2006).
Saint Luc écrit que le jour de la Pentecôte les apôtres se trouvaient réunis avec Marie. Dans la prière avec Elle, par la puissance de l’Esprit, se manifeste la force unificatrice de l’Eglise. Pour que grandisse la conscience que les hommes de toutes les nations sont une famille, il est nécessaire qu’ils prennent conscience d’être des enfants de Dieu. Au-dessus de toute distinction de culture, de condition sociale, de race ou de nation, il y a la vérité qui rend tous les hommes égaux : nous sommes des enfants de Dieu, créés à son image et à sa ressemblance, rachetés par le sang du Christ.
Tous les fidèles chrétiens, dispersés sur toute la terre, vivant leur filiation divine, se convertissent en témoin et en créateurs de l’unité. L’Eglise, dont le modèle et l’exemple est Marie, doit apprendre d’Elle à avoir un cœur de plus en plus ouvert à tous. Sa maternité doit se refléter dans la maternité de l’Eglise.
Quand le Seigneur ressuscité se présente aux disciples après la Résurrection, il souffle sur eux pour leur donner le don de l’Esprit, et dit : « A qui vous pardonnerez les péchés, ils seront pardonnés, à qui vous ne les pardonnerez pas, ils ne seront pas pardonnés ». Pour qu’un homme puisse être instrument de réconciliation, il doit avoir expérimenté dans son cœur la joie d’avoir été réconcilié avec Dieu dans le Christ, d’avoir reçu le pardon des péchés. Seuls ceux qui vivent en communion de vie avec Dieu peuvent être source de communion. Seul celui qui a été réconcilié peut être source de réconciliation au milieu d’une unité divisée dans la profondeur du cœur. Comme le dit le Seigneur : c’est du cœur de l’homme que sortent les homicides, les vols, etc. C’est le cœur de l’homme qui a besoin d’être réconcilié, unifié, guéri. C’est pourquoi la mission de l’Eglise est d’offrir la réconciliation de Dieu avec les hommes, dans le Christ, en annonçant comme saint Paul : « Au nom du Christ nous vous supplions : laissez-vous réconcilier avec Dieu ».
15:57 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : priere, mission, eglise, reconcilaition, humanite, saint pere, pape, juillet 2009, peche, genese, bible, division, christ, bon pasteur, saint paul, histoire de l eglise, schisme, orthodoxes, protestants, ethnies, guerres, haine, benoit xvi, communion, esprit saint, saint luc, pentecote, vierge marie, famille, culture, condition sociale, race, nation, verite, resurrection, pardon, homicides, vols, guerison |
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12.05.2009
Le pape en Israël. Premier jour, double surprise
Le monde l'attendait au passage sur les questions les plus explosives: l'antisémitisme, la guerre. Mais Benoît XVI a agi à sa façon. Il a tiré deux mots de la Bible. Avec le premier, il a expliqué les conditions de la paix. Avec le second, il a éclairé le mystère de la Shoah
par Sandro Magister

ROME, le 12 mai 2009 – A peine arrivé en terre d'Israël, lundi, Benoît XVI a immédiatement abordé de front les questions les plus controversées: d’abord la paix et la sécurité, puis la Shoah et l'antisémitisme.
Sur ces deux points, il était attendu au passage. Soumis à des pressions incessantes et pas toujours loyales. Pour beaucoup de ceux qui le critiquent, le scénario était déjà écrit et ils attendaient seulement de pouvoir juger si et comment le pape allait le respecter.
Mais Benoît XVI a procédé avec une surprenante originalité. Dans un cas comme dans l’autre.
L'obtention de la paix, il l'a liée indissolublement à cette "recherche de Dieu" qui avait déjà été le thème dominant de son mémorable discours de Paris au monde de la culture, l’un des discours essentiels de son pontificat. Quant au thème de la sécurité – névralgique pour Israël – il l’a traité à partir du mot biblique "betah", qui veut dire sécurité, certes, mais aussi confiance et l'une ne va pas sans l'autre.
Lors de la visite à Yad Vashem – le mémorial des victimes de la Shoah dont les noms sont inscrits par millions – le pape a ensuite expliqué le sens d’un autre mot biblique: le "nom". Les noms de tous "sont inscrits de manière indélébile dans la mémoire de Dieu Tout-puissant". Et donc "on ne peut jamais enlever son nom à un autre être humain", pas même quand on veut tout lui enlever. Le cri de ceux qui ont été tués monte de la terre comme au temps d’Abel, contre toute effusion de sang innocent, et Dieu écoute tout le monde, parce que "ses miséricordes ne sont pas épuisées". Ces derniers mots, tirés du livre des Lamentations, le pape les a écrits quand il a signé le livre d’or.
Le discours de Benoît XVI à Yad Vashem et celui qu’il a prononcé auparavant, sur la paix et la sécurité, pendant sa visite au président Shimon Peres, sont reproduits ci-dessous. Ils sont tous les deux du lundi 11 mai 2009, premier jour de sa visite en Israël.
"Cherchez Dieu et la paix vous sera donnée"
par Benoît XVI
Monsieur le Président, [...] cet après-midi je souhaite vous redire, à vous-même [...] ainsi qu’à tout le peuple de l’État d’Israël, que le pèlerinage que j’accomplis aux Lieux Saints, est une démarche de prière pour le don précieux de l’unité et de la paix pour le Moyen-Orient et pour toute l’humanité. Oui, je prie chaque jour pour que la paix, née de la justice, revienne en Terre Sainte et dans toute la région, apportant la sécurité et une espérance renouvelée pour tous.
La paix est avant tout un don divin. Car la paix est la promesse du Tout-Puissant à l’humanité et elle est porteuse d’unité. Dans le Livre du prophète Jérémie nous lisons : « Car je sais, moi – c’est le Seigneur qui parle – les desseins que je forme pour vous, desseins de paix et non de malheur, pour vous donner un avenir et une espérance » (29, 11). Le prophète nous rappelle la promesse du Tout-Puissant, disant qu’Il « se laisse trouver », qu’Il « écoutera », et qu’Il « nous rassemblera ». Mais il y a une condition : nous devons « le chercher » et le « chercher de tout notre coeur » (cf. ibid. 12-14).
Aux Chefs religieux qui sont ici présents, je souhaite dire que la contribution spécifique des religions à la recherche de la paix se trouve essentiellement dans une recherche de Dieu authentique, ardente et unifiée. Il nous revient de proclamer - et d’en être les témoins -, que le Tout-Puissant est présent, qu’Il peut être connu même s’il semble caché à notre regard, qu’Il agit dans notre monde pour notre bien et que l’avenir de la société est marqué du sceau de l’espérance quand elle se met en syntonie avec l’ordre divin.
C’est la présence dynamique de Dieu qui pousse les coeurs à se rassembler et qui assure l’unité. En effet, le fondement ultime de l’unité entre les personnes se trouve dans la parfaite unité et universalité de Dieu, qui a créé l’homme et la femme à son image et à sa ressemblance afin de nous attirer dans sa propre vie divine pour que tous soient un.
Les Chefs religieux doivent donc être attentifs au fait que toute division ou tension, toute tendance au repliement sur soi ou à la suspicion parmi les croyants ou entre des communautés, peut facilement conduire à une contradiction qui masque l’unité du Tout-Puissant, trahit notre propre unité et s’oppose à l’Unique qui se révèle lui-même comme Celui qui est « riche en grâce et en fidélité » (Ex 34, 6 ; Ps 138, 2 ; Ps 85, 11). Mes amis : Jérusalem, qui a longtemps été un carrefour pour de nombreux peuples d’origines différentes, est une cité qui permet aux Juifs, aux Chrétiens et aux Musulmans aussi bien d’assumer le devoir et de jouir du privilège de témoigner ensemble de la coexistence pacifique depuis si longtemps désirée par ceux qui adorent le Dieu unique ; de mettre en évidence le dessein du Tout-Puissant sur l’unité de la famille humaine annoncée à Abraham ; et de proclamer la nature véritable de l’homme qui est d’être un chercheur de Dieu. Prenons la résolution de faire en sorte que, à travers l’enseignement et l’orientation que nous donnons à nos communautés respectives, nous aidions leurs membres à être fidèles à ce qu’ils sont en tant que croyants, toujours plus conscients de la bonté infinie de Dieu, de l’inviolable dignité de tout être humain et de l’unité de la famille humaine tout entière.
La Sainte Écriture nous offre aussi une manière de comprendre la sécurité. Selon l’usage juif, la sécurité – "batah" – naît de la confiance, elle ne fait pas seulement référence à l’absence de menace, mais aussi au sentiment de quiétude et de confiance. Dans le Livre du prophète Isaïe nous lisons ce qui a trait à une période de bénédiction divine : « Une fois encore, se répand sur nous l’Esprit d’en haut… Dans le désert s’établira le droit et la justice habitera le verger. Le fruit de la justice sera la paix, et l’effet de la justice repos et sécurité à jamais » (32, 15-17). La sécurité, le droit, la justice et la paix ! Dans le dessein de Dieu sur le monde, tout cela est inséparable. Loin d’être le simple fruit des efforts de l’homme, ce sont des valeurs qui jaillissent de la relation fondamentale de Dieu avec l’homme et qui demeurent comme un patrimoine commun dans le coeur de chaque personne.
Il n’y a qu’une manière de protéger et de promouvoir ces valeurs : les mettre en pratique ! En vivre ! Aucune personne, famille, communauté ou nation n’est exemptée du devoir de vivre selon la justice et de travailler à la paix. Il va de soi que l’on attend des dirigeants civils et politiques qu’ils assurent une sécurité juste et convenable aux personnes qu’ils ont mission de servir.
Cet objectif fait partie de la promotion authentique des valeurs communes à l’humanité et ne peut donc pas entrer en conflit avec l’unité de la famille humaine. Les valeurs authentiques et les buts d’une société, qui protègent toujours la dignité humaine, sont indivisibles, universels et interdépendants (cf. Allocution aux Nations Unies, 18 avril 2008). Ils ne peuvent plus être respectés quand ils deviennent la proie d’intérêts particuliers ou de politiques sectorisées. Le véritable intérêt d’une nation est toujours servi par la recherche de la justice pour tous.
Mesdames et Messieurs, la question de la sécurité durable repose sur la confiance, elle s’alimente aux sources de la justice et du droit, et elle est scellée par la conversion des coeurs qui nous pousse à regarder l’autre dans les yeux et à reconnaître le « Toi » comme mon égal, mon frère, ma soeur. N’est-ce pas de cette manière que la société elle-même devient le « verger » (Is 32,15) où fleurissent non pas des blocs opposés et l’obstruction, mais la cohésion et l’accord ? Ne peut-elle pas devenir une communauté ayant de nobles aspirations où tous peuvent avoir un accès sans restriction à l’éducation, à un toit, à un travail, une société décidée à construire sur les fondements solides de l’espérance,
En concluant, je voudrais me tourner vers les familles simples de cette ville et de cette terre. Quels sont les parents qui pourraient vouloir la violence, l’insécurité ou la désunion pour leur fils ou leur fille ? Quel but politique humain peut-il être jamais servi par le conflit et la violence ? J’entends le cri de ceux qui vivent dans ce pays et qui réclament la justice, la paix, le respect de leur dignité, la sécurité durable, une vie quotidienne sans crainte des menaces venant de l’extérieur ou d’une violence aveugle. Et je sais qu’un nombre important d’hommes et de femmes, de jeunes aussi, travaillent en faveur de la paix et de la solidarité à travers des programmes culturels et des initiatives qui manifestent concrètement compassion et souci de l’autre ; ils sont assez humbles pour savoir pardonner, ils ont le courage de saisir le rêve auquel ils ont droit.
Monsieur le Président, je vous remercie de votre courtoisie à mon égard et je vous assure encore de ma prière pour le Gouvernement et pour tous les citoyens de cet État. Puisse une authentique conversion de tous les coeurs conduire à un engagement toujours plus résolu et fort en faveur de la paix et de la sécurité à travers la justice pour chacun ! Shalom !
"Leurs noms sont inscrits de manière indélébile dans la mémoire de Dieu"
par Benoît XVI
« Je leur donnerai dans ma maison et dans mes remparts un monument et un nom (…) ; je leur donnerai un nom éternel qui jamais ne sera effacé » (Is 56, 5).
Ce passage du Livre du prophète Isaïe offre les deux mots simples qui expriment solennellement le sens profond de ce lieu vénéré : "yad", mémorial; "shem", nom. Je suis venu pour rester en silence devant ce monument, érigé pour honorer la mémoire de millions de personnes tuées dans l’horrible tragédie de la Shoah. Elles ont perdu leurs vies mais elles ne perdront jamais leurs noms, car ils sont profondément gravés dans le coeur de ceux qui les aiment, de leurs compagnons de détention qui ont survécus et de tous ceux qui sont déterminés à ne plus jamais permettre qu’une telle atrocité déshonore à nouveau l’humanité. Plus que tout, leurs noms est à jamais inscrits dans la mémoire du Dieu Tout-puissant.
Il est possible de dérober à un voisin ce qu’il possède, son avenir ou sa liberté. Il est possible de tisser un réseau insidieux de mensonges pour convaincre les autres que certains groupes ne méritent pas d’être respectés. Néanmoins, quoique vous fassiez, il est impossible d’enlever son nom à un être humain.
L’Écriture Sainte nous enseigne l’importance du nom pour conférer à une personne une mission unique ou un don spécial. Dieu appelle Abram, « Abraham », car il va devenir le « Père d’une multitude de nations » (Gn 17, 5). Jacob fut appelé « Israël » car il avait « été fort contre Dieu et contre les hommes et il l’avait emporté » (cf. Gn 32, 29). Les noms inscrits dans ce sanctuaire auront toujours une place sacrée parmi les descendants innombrables d’Abraham.
Comme lui, leur foi a été éprouvée. Comme Jacob, ils ont été plongés dans le combat pour discerner les desseins du Très-Haut. Que les noms de ces victimes ne périssent jamais ! Que leur souffrance ne soit jamais niée, discréditée ou oubliée ! Et que toutes les personnes de bonne volonté demeurent attentives à déraciner du coeur de l’homme tout ce qui peut conduire à de telles tragédies !
L’Église catholique, professant les enseignements de Jésus et attentive à imiter son amour pour tous les hommes, a une profonde compassion pour les victimes dont il est fait mémoire ici. De même, elle se fait proche de tous ceux qui, aujourd’hui, sont objet de persécution à cause de leur race, de leur couleur, de leur condition de vie ou de leur religion – leurs souffrances sont les siennes, et sienne est leur espérance de justice. En tant qu’Évêque de Rome et Successeur de l’Apôtre Pierre, je réaffirme l’engagement de l’Église à prier et à travailler sans cesse pour faire en sorte que cette haine ne règne plus jamais dans le coeur des hommes. Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob est le Dieu de la paix (cf. Ps 85, 9).
Les Écritures enseignent que nous avons le devoir de rappeler au monde que ce Dieu est vivant, même s’il nous est parfois difficile de comprendre ses chemins mystérieux et impénétrables. Il s’est révélé lui-même et il continue d’agir dans l’histoire humaine. Il est le seul à gouverner le monde avec justice et à se prononcer sur toutes les nations avec droiture (cf. Ps 9, 9).
En regardant les visages qui se reflètent à la surface de la nappe d’eau immobile à l’intérieur de ce mémorial, on ne peut pas ne pas se rappeler que chacun d’eux porte un nom. Je peux seulement imaginer la joyeuse attente de leurs parents alors qu’ils se préparaient avec impatience à accueillir la naissance de leurs enfants. Quel nom donnerons-nous à cet enfant ? Qu’adviendrat-il de lui ou d’elle ? Qui pouvait imaginer qu’ils auraient été condamnés à un sort aussi déplorable !
Tandis que nous sommes ici, en silence, leur cri résonne encore dans nos coeurs. C’est un cri élevé contre tout acte d’injustice et de violence. C’est le reproche continuel du sang innocent versé. C’est le cri d’Abel montant de la terre vers le Très-Haut. En professant fermement notre foi en Dieu, nous faisons monter ce cri en utilisant les mots du Livre des Lamentations qui sont si pleins de sens pour les Juifs comme pour les Chrétiens.
« Les faveurs du Seigneur ne sont pas finies, ni ses compassions épuisées ; elles se renouvellent chaque matin, grande est sa fidélité ! Ma part, c’est Dieu ! dit mon âme, c’est pourquoi j’espère en lui. » Le Seigneur est bon pour qui se fie à lui, Pour l’âme qui le cherche. Il est bon d’attendre en silence le salut de Dieu ». (Lm 3, 22-26).
Chers amis, je suis profondément reconnaissant envers Dieu et envers vous de cette occasion qui m’a été donnée de m’arrêter ici, en silence : silence pour se souvenir, silence pour prier, silence pour espérer.
Le programme, les discours, les homélies du voyage de Benoît XVI:
> Pélerinage en Terre-Sainte, 8-15-mai 2009
Tous les articles de www.chiesa à propos des relations entre l’Eglise catholique et le judaïsme:
> Focus JUIFS
(www.chiesa)
16:46 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dignite humaine, sainte ecriture, isaie, benediction, droit, nations unies, insecurite, pardon, courage, conversion, shalom, jacob, paris, betah, confiance, pressions, respect, humilite, pape, benoit xvi, antisemitisme, guerre, bible, paix, shoah, israel, recherche de dieu, securite, yad vashem, abel, livre des lamentations, shimon peres, pelerinage, priere, unite, moyen-orient, justice, jeremie, societe, esperance, division, tension, suspicion, jerusalem, juifs, musulmans, chretiens, catholiques, adoration, abraham |
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