25/04/2008

Europe: La crise de la famille - dossier

Dossier - LA CRISE DE LA FAMILLE EN EUROPE (1p.)


(Première partie)

La population européenne

Le vieillissement

La natalité.

L’avortement

L’âge de la maternité

Les dépenses sociales

La pauvreté des familles

La pauvreté des enfants

La destruction de l’institut matrimonial

L’adoption d’enfants mineurs, même par des personnes seules

La famille chrétienne.

 

 L'image “http://www.la-croix.com/mm/illustrations/Multimedia/Actu/2007/5/10/famille1.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Une famille italienne, au sortir des urnes après le référendum sur la fécondation assistée organisé en juin 2005, qui avait vu la mobilisation de l'épiscopat italien

(Photo Solaro/AFP)

 

La population européenne

 

Rome (Agence Fides) - Au mois de mai 2007 le "Réseau Européen de l'Institut de la Politique de la Famille (IPF) a présenté au Parlement Européen un rapport élaboré par une équipe multidisciplinaire d'experts, qui contenait des statistiques et des informations données par des organismes internationaux, pour les années 1980-2005. Ce Rapport est le dernier, l'étude la plus digne de foi, sur la situation de la famille en Europe.

            Sur les données concernant la population, le Rapport note une croissance lente de la population européenne, même si elle est plus grande dans les années 2002-2007, que dans les cinq années précédentes. A la fin de 2006, la population européenne s'élevait à 500 millions de personnes. L'Irlande (avec une croissance de 16,3%), le Luxembourg (11, 6%), et l'Espagne (11%), sont les Pays qui présentent une croissance plus grande. En revanche, l'Allemagne (avec une croissance de 0,8%), la Suède (2,4%), et la Finlande (2,7%) sont les Pays qui présentent la croissance la plus faible.

            Entre 1994 et 2006, la population européenne s'est accrue de 19 millions de personnes. 80% de la croissance de la population dans cette période, est due à la présence de 15 millions d'immigrés, et non par la croissance naturelle qui est restés stationnaire (seulement 310.000 personnes par an environ), inférieure de beaucoup à celle des Etats-Unis d'Amérique où la croissance de la population est 12 fois supérieure à la croissance européenne. Seles la France et la Hollande présentent une croissance naturelle supérieure à leur propre immigration.

            Le Rapport estime que, à partir de 2005, l'Europe commencera lentement à se dépeupler, alors que les Etats-Unis continueront à croître et, aux rythmes annuels, en 2060, l'Europe et les Etats-Unis auront le même nombre de population, environ 454 millions d'habitants.

 

 

Le vieillissement

 

            En Europe, il y a plus de personnes âgées que d'enfants. Alors que, e, 1980, il y avait 36 millions d'enfants de plus que de personnes âgées, en2004, le nombre des personnes âgées dépassait le nombre des jeunes de moins de 14 ans, avec une perte de 23 millions en 25 ans, ce qui représente une diminution de 21%, et 10% dans les dix dernières années. La population des moins de 14 ans représente seulement 16,2% de l'ensemble de la population (80 millions de personnes dans l'Union Européenne de 27 pays)

            L'augmentation de plus de 18 millions des personnes âgées en 25 ans représente un pourcentage de 29%. Les 81,7 millions de personnes ayant plus de 65 ans correspondent à un sixième du total. Le nombre des personnes ayant plus de 80 ans a augmenté de 84%, et elles représentent un totale de 18,8 millions (1 habitant de la Communauté européenne sur 25). Seul 1 Italien sur 7 (14,5%) est jeune. L'Espagne avec 44% de baisse, le Portugal avec 40%, et l'Italie avec 37%  sont les Pays qui ont perdu le plus grand nombre de jeunes (de moins de 14 ans) de 1980 à 1905. L'Italie (avec près de 20%), l'Allemagne et la Grèce, sont les Pays qui compte le plus grand nombre de personnes âgées.

            Une des contradictions les plus profondes de la politique européenne, vient du fait que le travail ne s'adapte pas au vieillissement de la population. L'âge de la retraite, en effet, continue à diminuer dans toute l'Europe Occidentale. Aux Etats-Unis, en revanche, la participation à la force de travail de ceux qui sont proches de la soixantaine, dépasse par exemple la participation des Italiens, de 30% environ. On peut dire la même chose pour des Pays comme le Japon et la Corée du Sud, par rapport à leurs concurrents européens, comme la France et l'Allemagne. Pour faire face de manière convenable et adaptée à cette question, il serait nécessaire de repenser le système du bien-être et du marché du travail, en privatisant graduellement les systèmes des retraites, pour assure une liberté plus grande de choix aux travailleurs.

            Il faudrait aussi, considérant les effets du vieillissement de la population, adopter une nouvelle approche vers la santé, en abandonnant la vision de la santé considérée comme une simple question de coûts sociaux ou d'assistance, pour l'interpréter plutôt comme investissement.

            Il faut considérer également, pour ce qui concerne le problème du vieillissement, les données liées au handicap. Le vieillissement de la population et l'augmentation de la longévité des personnes, entraînera, sur la base des statistiques, une augmentation du nombre des personnes âgées handicapées, et de soins de longe durée. Le nombre des personnes handicapées en Europe s'élève à plus de 50 millions, et représentent 10% de la population européenne. Il y a un rapport étroit entre le handicap et l'âge avancé ; le problème suivant s'ajoute aussi aux autres problèmes qui concernent les handicaps : l'exclusion des personnes  handicapées, du marché du travail, de manière excessive ; les inégalités encore plus marquées pour les femmes aptes selon leurs possibilités ; des possibilités moindres d'insertion dans le domaine social et dans celui du travail pour les personnes qui pré »sentent des handicaps intellectifs ou des difficultés d'apprentissage. Ce sont là des problèmes qui, étant donné la situation actuelle, restent, dans de nombreux Pays européens, à la charge des familles. La politique européenne le sait, mais ne procède pas aux choix nécessaires pour résoudre les problèmes des familles européennes, en les rendant « ouverts » à la vie.

 

 

La natalité

 

            De moins en mois d'enfants naissent en Europe: en 2006, on a enregistré 5.100.000 naissances. La situation est stationnaire de 1995 à 2006, avec une augmentation seulement de 1,1% entre 2005 et 2006. Ce que l'on appelle, le niveau de « remplacement des générations », fixé à un pourcentage de 2,1 enfants par femme, est assez éloigné. En 2005, i a été de 1,38 dans l'Union européenne. La France (1,94%), et l'Irlande (1,88%) sont les deux seuls Pays ayant le meilleur indice de natalité. La Grèce (1,28%), l'Espagne (1,34%), l'Italie (1,34%) sont les Pays où l'indice de natalité est considéré comme critique.

            Lors de l'audience accordée aux membres du Congrès organisé par la Commission des Episcopats de la Communauté Européenne (COMECE) sur les valeurs et les perspectives de l'Europe, le 24 mars 2007, Le Pape benoît XVI déclarait : « Sous le profils démographique, on doit malheureusement constater que l'Europe semble se trouver sur une voie qui pourrait la conduire au renvoi de l'histoire. Ceci, en plus de mettre en péril la croissance économique, peut aussi causer des difficultés énormes à la cohésion sociale, et surtout, favoriser un individualisme dangereux, inattentif aux conséquences pour l'avenir. On pourrait presque penser que le Continent Européen perd de fait confiance en son propre avenir ».

            François Dumont, professeur à La Sorbonne a parlé d'un « hiver démographique » à propos de l'Europe, se référant à cette situation qui ne permet la substitution des générations. Dans les pays les plus en danger dans ce domaine, l'Italie et l'Espagne, 100 femmes d'aujourd'hui seront remplacées demain par 70 femmes seulement, avec une baisse de 30% de la natalité. La baisse démographique et le vieillissement de la population ont des conséquences également de caractère économique, parce que la richesse d'un Pays dépend aussi du nombre de ses habitants. La Belgique, par exemple, qui présente une forte baisse de la population active, est un Pays qui crée six fois moins de richesse que l'Italie, parce qu'elle a six moins de population. Aux conséquences de caractère économique, s'ajoutent aussi les conséquences de caractère social, chez les jeunes et dans la population de plus de 65 ans, qui sera toujours plus nombreuse, et qui déterminera les politiques sociales.

            En Europe, on tend à aborder le problème du vieillissement de population, en éludant le facteur culturel, qui est le cœur du problème, qui alimente la crainte d'engendrer, et la désaffection à l'égard de la famille. Toujours d'après Dumont, la cause première du déclin démographique est la transformation profonde qu'a connue la famille à partir des années 1960 : « Une transformation, dit-il, qui a touché la femme et la durée de l'union, la dimension et la composition des noyaux, le rôle des parents et le lien entre les générations. La structure traditionnelle composée d'un père qui travaille et pourvoit aux besoins économiques, une mère éducatrice et une famille nombreuse, a presque entièrement disparu en Europe, pour faire place à des formes dites modernes, qui ont leur origine en Europe du Nord, et qui reposent que le ‘respect' des choix individuels de l'autre, sur l'égalité des rôles entre l'homme et la femme, sur le sentiment, comme base de la formation des couples et du rapport entre parents et enfants ; c'est une transformation soutenue et accompagnée par la révolution féministe. Le résultat a été  d'avoir des familles plus ‘vivaces', mais beaucoup plus fragiles et instables, incapables de se maintenir sans des politiques de soutien... Quand ce soutien se montre insuffisant, la natalité diminue en conséquence... Nous avons aujourd'hui une situation dans laquelle le nombre des mariages diminue, et, en même temps, et où ils sont plus fragiles ; le nombre des unions de fait est en augmentation, mais elles sont encore moins stables, et la décision d'avoir des enfants est retardée au-delà de 30 ans. Tout cela ne favorise pas les naissances ! ».

            D'après l'avis de l'historien français, ce qui se passe aujourd'hui en Europe n'est pas différent de ce qui s'est passé en d'autres époques historiques pour d'autres civilisations qui se sont éteintes. L'extinction a toujours respecté un schéma : dénatalité, vieillissement, déclin, et enfin, décadence. La nouveauté de ce qui se passe est l'intensité et la durée de la chute de la fertilité, qui a concerné tout d'abord l'Europe du Nord, puis s'est étendue à la Méditerranée, en changeant toute la structure de la consommation, en ayant des répercussions sur le système économique, n'encourageant pas la recherche et les investissements dans des produits nouveaux. Pour toutes ces raisons, il faut retrouver un dynamisme démographique en mesure d'abaisser l'âge moyen de la population. Et, dans cette perspective, il faut alors des mesures importantes pour aider la famille et les jeunes. De nombreux Pays européens, toujours selon l'historien français, tendent à confondre la politique sociale et la politique de la famille. La première est une politique de solidarité momentanée pour aider un sujet à satisfaire un de ses besoins. La politique de la famille, en revanche, est une politique de solidarité entre les générations, une affirmation de durée dans une société dominée par la consommation immédiate. « Considérer la famille comme un simple objet d'une politique sociale, déclare Dumont, veut dire faire de la famille un objet de pitié et transmettre une image très triste. La politique de la famille, en revanche, doit permettre à la famille de prendre librement ses propres responsabilités. Et tout pouvoir public qui veut avoir une influence sur la vie des familles, doit tendre à cela, à partir de la publicité jusqu'au monde du travail

 

 

L'avortement

 

            Chaque 25 secondes un avortement a lieu dans l'Europe à 27 Pays, et, chaque jour, on ferme trois écoles par manque d'enfants. En 2004, le nombre des avortements a été de 1.235.517, avec une moyenne de 3.385 par jour. 19,5% des grossesses se sont terminées par un avortement, un enfant à naître sur cinq

            L'Espagne est le Pays dans lequel le nombre des avortements a augmenté le plus dans les dix dernières années, avec une augmentation de 75% ; elle est suivie par la Belgique avec 50%, et la Hollande avec 45%.

            L'avortement est la première cause de mortalité en Europe, et a fait plus e victimes que les maladies de cœur, que les maladies cardiovasculaires, que les accidents de la route, la drogue, l'alcool, les suicides. Le nombre des avortements est aussi supérieur au nombre des décès par maladie. Avec la décision du Portugal, au mois d'avril 2007, de rendre possible l'avortement dans les dix premières semaines de la grossesse ; dans trois Pays seulement en Europe, l'avortement est toujours illégal : en Irlande, à Malte et en Pologne.

            Ce sont les Institutions européennes qui encouragent et favorisent l'avortement qui est considéré comme « un droit européen ». Une résolution approuvée par le Parlement Européen en 2002 sur « les droits sexuels et de reproduction » a déclaré que « l'interruption de grossesse devait être légale, sûre et accessible à tous », en demandant aux gouvernements de « s'abstenir dans tous les cas de poursuivre les femmes qui se sont soumises à l'avortement illégal », en demandant la distribution de contraceptifs, et des services pour la santé sexuelle « à titre gratuit ou à un coût très bas pour les groupes de gens les plus démunis », en se prononçant pour un accès aux méthodes contraceptives d'urgence, comme la pilule du jour après « à des prix accessibles », en assurant une éducation sexuelle, et la possibilité de disposer de contraceptifs pour les enfants, sans le consentement de leurs parents.

 

 

 

L'âge de la maternité

 

            L'âge moyen de la maternité en Europe est retardé jusqu'à l'âge de 30 ans. Les femmes espagnoles sont celles qui des enfants le plus tard (30,84) ; viennent suite celles d'Irlande (30,6, de Hollande (30,4), du Danemark (30,1). Dns tous les Pays de l'Europe Occidentale, sauf la Grèce, la Norvège et l'Italie, - où l'on attend son introduction sur le marché, la pilule RU486 se trouve dans le commerce et est devenue le système le plus important de contrôle des naissances.

 

 

Les dépenses sociales

 

            Sur les 27% du PIL que l'Europe destine, en moyenne, aux dépenses sociales, seuls 2,1% sont en faveur des politiques familiales qui ne sont pas considérées comme étant une priorité. L'Europe destine  moins d'une euro à la famille, par rapport aux 13 euros destinés aux dépenses sociales. Au Luxembourg, au Danemark, en Suède et en Irlande, on attribue en moyenne pour les politiques familiales, 1.400 euros par personne et par an (trois fois plus que la moyenne européenne) ; la Pologne, la Lituanie, la Lettonie, Malte et l'Espagne, 82 euros. Près de la moitié des Pays n'ont pas augmenté les aides pour le premier ou le deuxième enfant en 2006, par rapport à l'inflation, et cela entraîne des discriminations entre pays.

            L'Espagne, l'Italie, le Portugal et la Grèce sont les Pays qui aident le moins les familles, ce qui entraîne aussi le risque de pauvreté pour les enfants mineurs, « parce l'impact des aides aux familles, écrit le rapport de l'IPF, ne sert pas seulement à leur permettre d'exercer leur droit d'avoir les enfants qu'ils désirent, mais a une influence décisive sur la situation des enfants mineurs ». Il y a un rapport très étroit entre insuffisance des dépenses sociales en faveur de la famille et les indices démographiques. Toutes les études montrent que les Pays européens, comme l'Italie et l'Espagne, qui attribuent aux politiques familiales des ressources moindres, sont aussi ceux qui ont les indices les plus faibles de natalité.

            Après la mobilisation du Forum des Associations Familiales qui, au mois de mai 2007, a amené à l'organisation du « Family Day » - des millions de personnes y ont participé à Rome avec le slogan « Plus pour la Famille : ce qui est bien pour la Famille est bien pour le Pays » - au mois de février de cette année, les cinquante organisations  qui adhèrent au Forum, ont organisé une deuxième manifestation nationale, sur les thèmes relatifs à un fisc juste pour les familles et sur les politiques régionales pour la famille.

            Pour les promoteurs de la manifestation, il faut introduire un système fiscal fondé non seulement sur l'équité verticale (celui qui a plus, paie plus), mais aussi sur l'équité horizontale selon laquelle, à égalité de revenu, ceux qui ont des enfants à élever ne doit pas payer les mêmes impôts que ceux qui n'en ont pas. Le revenu imposable doit être ainsi calculé non seulement sur la base du revenu perçu, mais aussi sur la base des membres de la famille. Il a été demandé, par cette manifestation, un système de déductions du revenu égales au coût réel des dépenses nécessaires pour l'éducation de chaque sujet à charge, sur la base des échelles d'équivalence, indépendantes du revenu.

       Ce système maintient intact le caractère progressif du prélèvement, et peut remplacer en l'améliorant le système actuel compliqué des détractions. Le problème de ceux qui ne profiteraient pas des déductions, à cause de revenus trop bas, les non-imposables, peut facilement se résoudre, en introduisant l'impôt négatif, une intégration au revenu égale à la déduction non attribuée. « De cette manière, ont déclaré les organisateurs de la manifestation, dans le cadre d'une future réforme globale du système fiscal, il sera possible de prévoir aussi l'introduction d'instruments, comme le quotient familial, qui auraient à la base, comme sujet imposable, non plus l'individu, mais le noyau familial ».

 

 

La pauvreté des familles

 

            L'Institut des Etudes et Analyses Economiques (ISAE) a publié au mois de juillet 2007, une étude sur la pauvreté subjective en Europe. Avec la pauvreté subjective, on note la perception des individus sur l'inaptitude de leur propre revenu familial pour mener une vie considérée comme digne, c'est-à-dire « sans luxe, mais sa se priver du nécessaire » : une variété de facteurs joue donc dans l'évaluation, car one ne peut les exprimer tous en chiffres directement, de type culturel, social, psychologique, comme le style de vie et les habitudes de consommation, la perception du coût de la vie, les attentes.

            Les enquêtes de « l'Eurostat European Community Household Panel (ECHP) » - jusqu'en 2001, et de « l'European Community Statistics on Income and Living Conditions (EU-SILC) - à partir de 2004, permettent d'analyser aussi la pauvreté dans l'Union européenne par les perceptions subjectives du malaise. L'Enquête EU-SILC a été faite par l'EUROSTAT sur un échantillonnage de 113.000 unités familiales pour 13 Pays de l'Union, et, tout comme ECHP, elle contient une masse d'informations qui permettent de confronter la perception subjective du malaise dans les sociétés avancées.

            Dans les analyses faites par l'ISAE, les informations se réfèrent au moment de l'Enquête faite en 2004, alors que les revenus se réfèrent à 2003. La question posée pour mesurer la pauvreté subjective st la suivante : D'après vous, quel est le revenu mensuel moyen que votre famille devrait percevoir pour arriver à la fin du mois ? ». Les noyaux familiaux qui déclarent un revenu nécessaire supérieur au revenu effectif, indiquent une perception subjective d'inadaptation par rapport au standard désiré.

            L'incidence de la pauvreté subjective est généralement plus grand dans les Pays méditerranéens, et moins importante dans les Pays nordiques. Le pourcentage des familles qui ressentent un état de malaise est très élevé en Grèce (76%), en Italie (63%), et en Espagne (60%), alors que le Portugal présente une incidence inférieure (47,5%), mais toute même assez élevé si on le compare avec celui de la Suède, du Danemark et de la Finlande où la moyenne des familles subjectivement pauvres va de 11% à 16%, ou encore en Norvège et au Luxembourg où il est plus bas encore. L'incidence de la pauvreté subjective est cohérente avec la distribution du revenu : dans les quintiles les plus bas, son concentre le nombre les plus élevé de familles vivant dans la gêne. Cette donnée se retrouve dans tous les pays considérés, même si on notre des différences importantes dans l'incidence de la pauvreté par quintiles. Si l'on regarde aux classes le splus pauvres par le revenu (premier quintile), on passe, en effet, d'un minimum de 27% au Danemark à un maximum de 99% en Italie. Dans plusieurs Pays, et surtout dans la région méditerranéenne, l'incidence de la pauvreté subjective est élevée même dans le dernier quintile (aux environs de 20%).

            Plusieurs caractéristiques de la famille (dimension et typologie familiale, intensité de travail, possession de l'habitation), influent de manière importante sur la perception de la gêne. On observe par exemple que, dans la totalité des pays, l'incidence la plus grande des familles subjectivement pauvres, se rencontre chez celles qui ont un seul enfant, avec l'exception de la Belgique où on la trouve parmi les familles les plus nombreuses (5 enfants ou plus). Presque partout, viennent ensuite les familles composées de couples et, dans certains cas (Finlande et Suède), de quatre enfants (en Italie, en revanche, les plus nombreuses).

            Dans tous ces pays, la probabilité de déclarer un écart négatif entre le revenu effectif et le revenu nécessaire, est plus élevée chez les familles comprenant un seul parent avec un ou plusieurs enfants à charge (de 85,5% en Italie, à 38,6% au Danemark) ; en Autriche et en Finlande, les familles comprenant un seul enfant présentent l'incidence la plus grande (respectivement 31% et 22%). Parmi les typologies « faibles », se placent aussi celles qui comprennent les familles nombreuses (un couple avec 3 enfants ou plus à charge, en Belgique surtout, où cette typologie présente l'incidence la plus élevée, et dans les pays de l'Europe méridionale, avec une incidence autour de 70%

            L'enquête de l'EUTOSTAT permet aussi de confronter les profils de pauvreté selon l'intensité de l'état de travail de la famille, variable qui représente une caractéristique importante et déterminante de la gêne. Les données montrent que dans tous les pays, à l'exception du Danemark, le nombre des familles qui déclarent être pauvres est plus élevé chez celles qui ont des enfants à charge, et avec un index d'intensité du travail égal à zéro. Cette situation montre une condition de gêne toute particulière, en raison soit de la présence d'une charge familiale, soit par l'absence de membres qui exercent une activité, un travail. La pauvreté subjective est plus répandue quand l'intensité du travail est nulle, même dans les familles sans enfants à charge, en Suède, en France, en Espagne, en Autriche et en Finlande, ou quand elle est basse mains pas nulle (entre 0 et 0,5) en Belgique, en Irlande, en Italie et au Portugal. Dans les pays de la région méridionale, en outre, l'incidence est élevée même dans les familles à haute intensité de travail -égal à 1), surtout parmi celles qui ont des enfants à charge.

Un autre aspect qui influe sur la perception de gêne, concerne l'habitation et, en particulier, le titre de jouissance de ‘habitation de résidence. L'incidence la plus grande se rencontre chez eux qui paient les loyers, surtout les loyers au prix du marché, en particulier en Italie, en Espagne et au Portugal (environ 70%), en Belgique et en Autriche, et pour ceux qui déclarent la propriété en Grèce (77%) , alors que, en France et en Irlande, le problème touche principalement les familles qui bénéficient de l'habitation à titre gratuit ; dans ce dernier cas, il pourrait s'agir de noyaux familiaux dans des conditions de particulière indigence, qui, précisément en raison de cela, disposent d'un logement attribué par l'Etat.

            Avec l'enquête EU-SILC, on recueille aussi des informations qui permettent d'analyser plusieurs aspects des multiples dimensions de la gêne. En particulier, on demande aux personnes interrogées d'indiquer le niveau des difficultés qu'elles rencontrent pour faire face aux dépenses relatives à la maison (chauffage, factures, loyer, emprunt), à la personne (vacances, alimentation), aux dépenses imprévues et aux charges financières (pour l'habitation et pour l'ensemble des autres dettes). En outre, on prend en considération les conditions de l'habitation de résidence (luminosité, manque de services d'hygiène dans l'habitation, présence d'humilité et de dégâts), qui ont été reconnues au conseil Européen de Laeken au mois de décembre 2001, comme étant une dimension importante de la pauvreté e de l'exclusion sociale.

            On a tenu compte, enfin de la possession de biens durables (téléphone, télévision ordinateurs, lave-vaisselle, auto). En particulier, l'enquête permet de distinguer le manque d'un bien dû à un choix qui fait suite à l'incapacité de faire face à son coût. Ce dernier cas a été considéré comme une indication d'une inaptitude vis-à-vis du standard de vie du pays. Pour chacun  de ces points, dans l'enquête de l'ISAE, on calcule un indicateur de gêne, donné par le rapport entre le nombre de ceux qui déclarent avoir rencontré des difficultés chez les pauvres, et le même nombre sur le total des familles. Les indicateurs permettent de discerner les dépenses et les consommations pour lesquelles les noyaux pauvres éprouvent une inadéquation plus grande par rapport aux autres. Si l'indicateur est égal à un, le niveau de difficulté des familles pauvres est identique à celui de la population tout entière ; plus la valeur est grande, plus grande est la gêne par rapport aux autres familles. Généralement, les difficultés pour faire face aux dépenses essentielles devraient être plus grandes pour les familles qui considèrent que leurs propres ressources sont insuffisantes. Toutefois, parce que la perception de la pauvreté subjective comprend les attentes personnelles sur le standard de vie, il est possible que la déclaration d'inadéquation se réfère aussi à des besoins qui ne sont pas de subsistance.

            En particulier, si l'on considère les dépenses qui peuvent être retenus comme essentielles (loyer/ emprunt, alimentation, factures, chauffage), l'indicateur de la gêne est particulièrement élevé pour presque tous les éléments dans les pays nordiques, avec plusieurs « pics » qui concernent en particulier l'alimentation au Danemark, le loyer ou l'emprunt ou les factures, en Finlande et en suède.

            On note des niveaux semblables dans d'autres pays : en Irlande, les pauvres subjectifs rencontrent les difficultés les plus grandes dans les dépenses essentielles relatives à la personne (à la personne), en Belgique et en Autriche, ils se préoccupent surtout pour la gestion ordinaire de la maison (factures quittances). Dans les pays méridionaux, en revanche, là où la pauvreté subjective st la plus répandue, les indicateurs ne sont pas très loin de l'unité : évidemment, le revenu considéré comme nécessaire prend alors une signification différente et plus vaste, moins lié à des éléments évidents de difficulté pour faire face aux dépenses essentielles de consommation. La France se trouve dans une position intermédiaire (mais, de la même manière, dans la région méditerranéenne, les indicateurs relatives aux différents points ne présentent pas de différence importante).

            Pour les dépenses classifiées comme moins essentielles (vacances, dépenses inattendues et autres formes d'endettement), il faut noter que les indicateurs montrent toutefois des valeurs élevées, mais avec des niveaux maximum inférieurs à ceux de l'autre groupe. Même dans ce cas, en Europe méridionale, les indicateurs restent généralement plus bas par rapport aux autre pays, et proches de l'unité. Dans la plus grande partie des pays, les familles subjectivement pauvres rencontre des difficultés plus grandes, en particulier pour faire face aux dépenses imprévues ; en Suède, en Finlande et en France, en revanche, pour faire face aux dépenses pour les vacances. Pour ce qui concerne les difficultés relatives à la gravité de l'endettement, on observe que le problème le relativement plus ressenti par les sujets pauvres, est celui des coûts liés à l'habitation en suède, au Danemark, en Grèce et en Espagne, alors que, dans les autres pays, prévaut le poids financier concernant d'autres formes d'endettement.

            On analyse enfin les évaluations des individus par rapport aux conditions de l'habitation, et les déclarations sur la possession de biens durables, tous deux facteurs qui contribuent à définir le caractère multidimensionnel de la gêne. Le degré de difficulté relative, par rapport aux conditions de l'habitation, est plutôt semblable entre les pays : dans de nombreux cas, c'est le manque de services d'hygiène qui touche particulièrement les subjectivement pauvres ; en particulier, la Finlande enregistre des indicateurs très élevés par rapport à la présence d'une toilette dans l'habitation, suivie par l'Autriche, l'Espagne, l'Italie et la Belgique.

            L'enquête contient encore des questions qui permettent d'estimer la privation par rapport à un ensemble de biens durables, dont la possession est considérée comme étant plutôt répandue dans les pays considérés. Les indicateurs de gêne relative montrent plusieurs différences. En particulier, on observe les indicateurs plus élevés concernant la possession de la machine à laver en Norvège et en Finlande, à l'automobile en suède, au téléphone en Autriche, en Irlande et en Belgique ; du téléviseur en couleurs en France, en Italie, au Portugal et en Espagne.

 

 

La pauvreté des enfants

 

            L'Union européenne compte 97.500.000 enfants de moins de 17 ans, dont 19 millions sont en danger de pauvreté. La moyenne européenne de pauvreté infantile est environ de 19%. C'est ce qui ressort du rapport de la commission Européenne sur la « Protection Sociale ». En Italie, sur quatre enfants, un risque de vivre sous le seuil de pauvreté. La situation de l'Italie est analogue à celle des nouveaux membres, comme la Lituanie, la Hongrie, la Roumanie, la Lettonie et la Pologne. En Allemagne, le pourcentage de pauvreté des enfants est de 12%, en France de 13%, en Hollande de 14%, au Danemark de 10%, en Espagne et au Royaume-Uni il est de 24%. Dans 10% des cas, un enfant est pauvre parce que ses parents et sa famille sont chômeurs : dans 13% des cas, parce que el travail ne permet pas un gain suffisant. « Les adultes, déclare la Commission, sont souvent moins pauvres que les enfants, parce que le système d'aides, dans la plus grande partie des Etats membres ne compense pas l'arrivée d'un enfant ». En Finlande, par exemple, les subsides résolvent 70% des cas, en Italie 22%, pour une moyenne européenne de 42%. Les pays qui ont un taux élevé de pauvreté des enfants, d'après le rapport, « auraient besoin d'adopter des stratégies globales pour soutenir les revenus des familles et pour faciliter ‘accès aux travaux de qualité, surtout pour la deuxième personne qui travaille

 

 

La violence domestique

 

            Au niveau mondial, la violence domestique est la première cause de mort pour les femmes de 16 à 44 ans. Le mari, le fiancé, l'amant, parfois même les enfants, tuent plus que le cancer, que les accidents de la route et que les guerres. En Europe, les délits contre les femmes  dans une famille, concernent 5,84 femmes sur un million, d'après les données d'une recherche récente espagnole.

            Au Portugal, les femmes qui déclarent avoir subi des violences de la part de leur mari, de leur amant, ou d'un concubin, représentent 52,8%. En Allemagne, chaque année, on dénonce près de trois cents cas de femmes assassinées par ceux avec qui elles vivent : trois victimes chaque quatre jours. Au Royaume- Uni, on en compte une chaque trois jours ; en Espagne, une chaque quatre jours, une centaine à peu près par an. En France, six femmes chaque mois, une chaque cinq jours, meurent des violences d'un homme habitant avec elles : un tiers, frappé à cous de couteau, un tiers tué avec des armes à feu, et les autres, étranglées (20%), ou battues à mort (10%). En France, les agresseurs sont en majorité des hommes qui ont un certain pouvoir grâce à leur fonction professionnelle. Parmi eux, on note une proportion très élevée de dirigeants (67%), de spécialistes du monde sanitaire (25%), et d'officiers de police ou de l'armée (Rapport Henrion, Ministère de la Santé, Paris, février 2001).

            En tout, dans les 15 Etats de l'Union européenne (avant l'élargissement à 25), près de 600 femmes (un peu moins de deux chaque jour) ont perdu la vie en famille.

Dans un rapport du Conseil de l'Europe, on lit : « On pourrait même dire que l'incidence de la violence domestique augmente en proportion directe du revenu et du niveau d'instruction ». Et l'on souligne que, en Hollande, « près de la moitié des auteurs d'actes de violence contre les femmes, ont un titre d'études de niveau universitaire » (Olga Keltosova, Rapport à l'Assemblée du Conseil de l'Europe, septembre 2002).

            La Roumanie est le pays où la violence domestique est la plus grave, avec 12,62 cas d'homicides de ce genre par an, pour un millions de femmes. Chaque année, 8,65 femmes par million de Finlandaises sont assassinées chez elles. Viennent ensuite la Norvège (6,58), le Luxembourg (5,56), le Danemark (5,42), et la Suède (4,59).

 

 

La destruction de l'institution matrimoniale

 

            En 25 ans, le nombre des mariages en Europe a diminué de 692.000, avec une perte de 22,3%, avec une chute du taux de nuptialité, qui est passé de 6,75 en 1980 à 4,88 en 2005, malgré une augmentation de 33 millions en plus de personnes. Sur deux mariages célébrés en Europe, un se brise.

            L'âge des mariages est toujours plus élevé : les hommes dépassent 30 ans, les femmes 28 ans. Chaque année, près de deux millions d'enfants naissent hors du mariage, 1.893.000 en 2005. Dans plusieurs pays, cela concerne la moitié du nombre des enfants : Suède (55,4%), Bulgarie (49,04%), Danemark (45,4%), France 45,2%), Royaume-Uni (42,3%). Dans plusieurs autres pays, ces pourcentages se sont aggravés dans les dernières années. Les données du Bureau national de statistiques indiquent que, en2007, en France, le pourcentage des enfants nés hors du mariage a été de 50,5%.

            Dans l'Union européenne, un mariage se casse chaque 30 secondes, et l'on dépasse le million de divorces. Le nombre des ruptures matrimoniales a augmenté de 369.365 de 1980 à 2005, avec une augmentation de 55%. L'Espagne, avec une augmentation de 183% est le pays où l'on enregistre l'augmentation la plus grande des ruptures matrimoniales, de 1995 à 2005 ; viennent ensuite le Portugal (89%), l'Italie (62%). Les enfants victimes des divorces sont au nombre de 21 millions. L'Espagne, dans les années 1990-2001, a enregistré le plus grand nombre de divorces : 326%. Le pourcentage a été de 226% dans les années 2001-2006.

            Le Document intitulé « Nouvelles stratégies de l'Union européenne pour e soutien du Couple et du Mariage », approuvé par l'Assemblée des Evêques de l'Union européenne au mois de novembre 2007, met bien en évidence comment les crises familiales engendrent la pauvreté chez les enfants contraints de vivre dans des familles monoparentales, pour les femmes dont 85% sont à la tête d'une famille monoparentale, mais aussi pour les personnes âgées et les handicapés qui ont ainsi moins de possibilités d'assistance, et pour qui augmente leur dépendance vis-à-vis des mécanismes de la protection sociale. « Pour cela, déclare le Document, le taux élevé des divorces dans l'Union européenne devrait préoccuper sérieusement les hommes politiques ».

            La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de l'ONU, le 10 décembre 1948, déclare : « La famille est le noyau naturel et fondamental de la société, et elle a le droit d'être protégée par la société et par l'Etat (article 16, 3). Malgré cela, c'est une donné objective que les politiques européennes des Etats de l'Union européenne vont dans un sens diamétralement opposé à cette indication, qui est tout à fait inobservée. On ne parle plus de droits et de responsabilités de la famille en tant que telle, mais de droits et de responsabilités des individus dans la famille, et, en conséquence, le droit positif abandonne la notion de « responsabilité de la famille », faisant ainsi disparaître la reconnaissance de son rôle social. En deuxième lieu, la famille est assimilée à n'importe lequel des choix des relations inter-sociales, qui sont considérées en référence aux goûts, aux options et aux arrangements privés. Le concept de famille, enfin, devient pour ainsi dire indéterminé. Dans les délibérations communautaires tout comme dans les législations nationales, on accorde de vastes reconnaissances et bénéfices à des formes de cohabitation quotidienne, expression de formes de vie en commun qui sont une alternative objective à la famille. Les institutions et les législations européennes la considèrent la famille, mais comme un héritage historique, et non pas comme une institution qui puisse appartenir au futur. On tend ainsi à restreindre les formes stables de protection et de promotion sociale, fondées sur le mariage hétérosexuel, en faveur d'une protection croissante qui se développe envers les autres formes de cohabitation.

            En 2003, le Parlement européen a demandé aux Etats membres de reconnaître les mêmes droits aux couples du même sexe, et, dans le même temps, la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne (Nice 2001) a interdit toute forme de discrimination de type sexuel, en reconnaissant à tous les droit de se marier et de construire une famille (art. 9 : « le droit de se marier et de constituer une famille sont garantis selon les lois nationales qui en règlent la pratique »).

            De l'article 12 de la Charte Européenne des Droits de l'Homme, qui protégeait le mariage et la famille, en indiquant par ce terme l'union de personnes de sexe opposé, on est passé à une norme qui, en garantissant le droit de se marier et de fonder famille, entend par cela la simple union de deux sujets avec le but de partager leur vie familiale et affective ; l'article, en effet, renvoie aux seules législations nationales, en éliminant  toute référence à la nécessité de diversité de sexe entre les deux sujets. La norme de la Charte de Nice, à côté du droit de se marier, prévoit le droit de fonder une famille, et cela laisse penser que l'Union européenne favorise aussi des formes ultérieures d'unions par rapport au mariage. Il n'existe pas seulement un droit à contracter le mariage, mais aussi celui de former une famille, sans recourir aux liens matrimoniaux.

            De nombreux Etats européens, à côté du mariage traditionnel, prévoient des formes institutionnalisées de reconnaisse de liens entre personnes du même sexe, avec des effets substantiellement para-matrimoniaux. Même si c'est dans la diversité de disciplines juridiques, les unions enregistrées, revêtant une certaine publicité, ont été introduites au Danemark en 1989, puis en Suède, en Norvège, en Finlande, en Allemagne, au Luxembourg, au Royaume-Uni. La Frances a choisis avec le PACS la forme de contrat de lien, et le Portugal, avec la loi de 2001 a opté pour un système prévu, dans lequel on reconnaît aux concubins des droits déterminés indépendamment de la signature d'un acte formel. D'autres Etats (Belgique, Hollande, Espagne) ont ouvert le mariage également aux homosexuels. En somme, en Europe Occidentale, seules l'Autriche, la Grèce, l'Irlande et l'Italie n'ont pas de législation sur les unions civiles, même pour les personnes du même sexe. Dans certaines situations, il arrive, en suivant la législation française, les PACS, que des pactes relatifs aux unions civiles soient établis pour une raison de convenance fiscale : dans ce Pays, ne pas être une famille, mais un couple de concubins, permet de ne pas cumuler des revenus, et donc de payer moins d'impôts. Cet avantage est plus grand pour ceux qui touchent des revenus élevés, pour les riches.

 

 

L'adoption d'enfants mineurs y compris par des personnes seules

 

            Tout laisse penser que, dans le mois de mai prochain, le Conseil de l'Europe approuvera le nouveau texte de la Convention Européenne sur l'adoption d'enfants mineurs. Si cela se produit, les personnes seules pourront avoir le droit d'adopter un enfant, et tous les Etats européens devront modifier leurs lois nationales, pour les adapter à ce principe. Maud de Boer-Buquicchio, vice-secrétaire général du Conseil de l'Europe a déclaré : « Le droit des personnes seules est un droit plénier, et les Etats seront obligés de modifier leurs lois ».

            Il reviendra à la discrétion des Etats, de prendre la décision de faire accéder à ce « droit plénier » même les couples de fait et ceux du même sexe, qu'ils soient enregistrés ou simplement concubins. D'autre part, ces mois derniers, la Cour européenne des Droits de l'Homme, a considéré comme « forme de discrimination sur une base sexuelle », l'interdiction de la part des autorités françaises de permettre à un homosexuel déclaré et militant, d'adopter un enfant. Le refus des autorités de avait été motivé par l'absence d'une figure paternelle dans la famille où l'enfant devrait vivre. Les juges européens ont noté que le droit français autorise l'adoption par une personne seule, même si c'est à des conditions bien précises, et l'interdiction a été considérée comme discriminatoire vis-à-vis des orientations sexuelles de chacun, fondé sur des considérations concernant la vie sexuelle de chacun.

 

 

La famille chrétienne

 

Plus de deux millions de personnes se sont réunies au mois de janvier 2008 sur la Plaza Colón de Madrid, pour s'exprimer en faveur de la « famille chrétienne », manifestation organisée par l'Archidiocèse de la Capitale espagnole avec l'appui des mouvements ecclésiaux et des organisations de soutien à la famille et à la vie.

            Avant la récitation de l'Angélus, le 6 janvier à Rome, la Pape Benoît XVCI a envoyé son salut aux manifestants, en les encourageant à « témoigner à la face du monde, la beauté de l'amour humain, du  mariage et de la famille, fondée sur l'union indissoluble entre un homme et une femme, qui est le milieu privilégié où la vie humaine est acceptée et protégée, dès son début jusqu'à sa fin naturelle ».

            La manifestation de Madrid a rassemblé la plus grande partie des Cardinaux et des Evêques espagnols, les dirigeants des mouvements et autres organisations laïques, comme le « Forum de la Famille ». Le Cardinal Antonio María Ruoco a prononcé une homélie dans laquelle il a déclaré : « La famille se présente comme le problème objectivement le plus grave et le plus inquiétant, devant lequel se trouvent les sociétés européennes. L'Archevêque de Madrid a constaté que l'on relativisait « l'idée du mariage et de la famille », en fomentant « dès le plus jeune âge des pratiques et des styles de vie » qui sont « opposés à la valeur de l'amour indissoluble entre un homme et une femme » ; ajoutant aussi que, en Espagne, « les décisions juridiques ont fait marche arrière par rapport à la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme des Nations-Unies », qui reconnaît et établit « que la famille est le noyau naturel et fondamental de la société, et a droit d'être protégée par la société et par l'Etat ».

            « Des initiatives politiques » destinées à prévenir les divorces, à concilier la vie professionnelle et familiale, à combattre la violence domestique, à protéger le choix de veiller à temps pleine sur ses propres enfants jusqu'à l'âge de trois ans, de réduire la TVA sur les produits pour les soins donnés aux enfants : telles sont quelques-unes des indications contenues dans la « Proposition pour une stratégie de l'Union Européenne pour le soutien à apporter aux couples et au mariage », rédigée par le secrétariats de la Commission des Episcopats de la communauté européenne (COMECE), présentée le 5 novembre 2007 à Bruxelles. Le Document, lit-on dans l'introduction, « n'a pas l'intention de mettre en discussion l'accord actuel dans l'Union E sur les compétences de Etats membres, en matière de droit de la famille et de politiques familiales européennes ». Au contraire, elle entend promouvoir un débat sur tout ce que les institutions communautaires « peuvent faire dans le cadre de leurs propres compétences ».

            L'action de l'Union Européenne, en matière de droit familial, précise le texte, consiste principalement dans ‘échange de bonnes pratiques et dans la promotion de nouvelles approches. Elle peut donner forme aux actions des Etats Membres, et introduire des seuils minimum de protection sociale ». L'implosion démographique et la crise de la famille, déclare encore la COMECE, présentent des risques sérieux et des coûts élevés, émotifs, sociaux et financiers pour la société européenne » » : il est donc « dans l'intérêt général de l'Europe de soutenir et de renforcer cette relation stable entre un homme et une femme  dont le mariage est l'expression idéale ». Aider les couples mariés dans leur vie de relation » et « soutenir les parents dans leurs tâches éducatives » sont les objectifs indiqués par le Document comme « engagement commun » souhaitable des Pays de l'Union européenne. En Europe, de 1980 à 2005, note le texte, « le nombre des divorces a augmenté de plus de 50%, et plus de 13 ? 5 millions de divorces ont touché dans les 15 dernières années plus de 21 millions d'enfants ». D'où l'importance d'une bonne « formation pour les fiancés, et de programmes de communication entre les époux, pour améliorer le dialogue et la capacité de surmonter les moments de crise ». Pour la COMECE, en outre, « la révision de la Stratégie de Lisbonne, devrait être une occasion pour renforcer sa propre dimension  sociale, par l'introduction d'initiatives qui réconcilient la vie familiale et la vie professionnelle ». Pour combattre le risque de pauvreté de nombreux couples, surtout les jeunes, « les politiques régionales de l'Union européenne » ne devraient pas exclure « l'utilisation des fonds européens pour des initiatives destinées à améliorer les conditions générales de logement pour les couples ayant une revenu peu élevé ».

            Mais la violence domestique est elle aussi une cause de déstabilisation des liens familiaux : d'où la nécessité de « trouver des contremesures  au, plan européen », dans le but aussi de prévenir « la délinquance des jeunes », qui est souvent la conséquence de « modèles familiaux de comportement ». Le texte insiste en outre sur l'importance de « soutenir les associations locales et les organisations de volontariat, qui sont engagées dans l' »assistance aux familles », et il invite à « inclure dans le débat européen sur la mobilité des travailleurs, les problèmes que pose aux familles le problème de la migration alternante ». « Dans le processus de révision de la Stratégie de Lisbonne, il faudrait donner à l'opinion publique cette affirmation forte que, rester chez soi en s'occupant de ses propres enfants petits (au moins jusqu'à l'âge de trois ans), est une contribution souhaitable pour le bien-être de tous les citoyens de l'Union  Européenne » : d'où, pour la COMECE, l'importance d'éliminer les discriminations « en matière de traitement fiscal ou de droits à la pension » vis-à-vis de ceux qui font « ce choix ». « L'Union européenne est compétente dans le cadre de l'imposition indirecte », note encore la COMECE, qui propose une réduction des frais de TVA pour les « produits essentiels pour les soins et pour la croissance des enfants ».

            Pour éviter les risques auxquels ils sont exposés, il faut « bannir les jeux-vidéos les plus violents », par « des instruments législatifs spécifiques » et « aider les parents à contrôler l'utilisation par les parents, des téléphones portables et d'Internet ». Mais le bien-être des petits est lié aussi à l'alimentation : « Dans l'Union européenne, une enfant sur quatre est en dessous de son poids normal » déclare texte, en soulignant le « caractère central du rôle des parents dans structuration des comportements alimentaires des enfants ». Rôle essentiel également « dans la prévention der l'abus d'alcool et des drogues de la part des adolescents ». La COMECE invite en outre la Commission Européenne à prévoir un plus  grand « soutien aux personnes touchées par des pathologies mentales (2 millions en Europe » ou de « handicaps », et souhaite, enfin, des facilités pour le regroupement des familles immigrées, « qu'il faut considérer comme un problème clef pur l'intégration »

            « Les Evêques européens, a déclaré le 16 février 2008 à Rimini, S. Exc. Mgr Giampaolo Crepaldi, Secrétaire du Conseil Pontifical Justice et Paix, dans son intervention intitulée Famille et bien commun, n'ont pas demandé toutefois les politiques traditionnelles, et génériques, pour la famille, mais ils ont demandé une politique de promotion culturelle de la famille fondée sur le mariage, et des politiques de soutien à la vie de couple, et à l'éducation des enfants, politique qui comporte une prévention des crises matrimoniales, et une éducation des jeunes afin que, à leurs yeux, la famille et le mariage deviennent de nouveau quelque chose qui attire. Cela me semble être un changement significatif de tendance. Nous avons besoin, c'est vrai, de politiques pour la maison, ou d'un système fiscal qui ne fasse d'un enfant un luxe, mais avant tout, nous avons besoin de promouvoir aux yeux des jeunes générations, la vérité de la famille ».

 

Dossier réalisé par D.Q. - Agence Fides 29/3/2008; Directeur Luca de Mata

06:45 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, famille, societe, dossier, morale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | | | Pin it! |