10.03.2010

Le Saint-Siège publie une note au sujet des débats sur les abus sexuels

À la suite de l’avalanche de révélations concernant des abus sexuels commis sur des mineurs par des membres du clergé, en Irlande, puis en Allemagne, en Autriche et aux Pays-Bas, et à la suite des accusations portées parfois de manière inopportune, le Saint-Siège a décidé de sortir de sa réserve. Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a publié ce mardi un long texte présenté comme une série de réflexions.

L’Église – reconnaît-il – traverse une période difficile, mais ce qui est dit sur son compte n’est pas toujours vrai ou juste. De plus, elle n’est pas la seule institution concernée et il serait contre-productif de se limiter aux seuls cas attribués à des membres du clergé.

Claire Malapert (Radio Vatican): >>

 

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Vous trouverez ci-après l'intégrale de la note du père Federico Lombardi (photo) :

Depuis quelques mois, le grave problème des abus sexuels sur mineurs dans des institutions gérées par des organismes ecclésiastiques et par des personnes ayant des responsabilités dans l'Église, en particulier des prêtres, touche l'Église et la société irlandaise. Récemment, le Saint-Père a montré son intérêt, notamment au cours de deux rencontres, d'abord avec les plus hauts représentants de l'épiscopat, ensuite avec tous les évêques ordinaires, et prépare la publication d'une lettre sur ce sujet pour l'Église en Irlande.

Toutefois, au cours de ces dernières semaines, le débat sur les abus sexuels sur mineurs touche aussi l'Église dans certains pays d'Europe centrale (Allemagne, Autriche, Pays Bas). Quelques simples considération peuvent être faites sur ce sujet.


Les principales institutions ecclésiastiques concernées (la Province des jésuites allemands – première à être concernée par le cas du Collège Casinius de Berlin –,la Conférence épiscopale allemande, la Conférence épiscopale autrichienne, la Conférence épiscopale hollandaise...) ont décidé de réagir à ce problème avec rapidité et fermeté. Donnant la preuve d'une volonté de transparence, elles ont, dans un certain sens, accéléré la mise à jour du problème en invitant les victimes à parler, même dans des cas assez anciens. Elles ont ainsi affronté les questions de la bonne façon en commençant par reconnaître ce qui s'est passé, se préoccuper des victimes et des conséquences des actes accomplis contre elles. En outre, elles se sont basées sur les directives déjà existantes et ont prévu de nouvelles orientations pour décider d'une stratégie de prévention, afin de tout mettre en œuvre pour qu'à l'avenir de tels faits ne se reproduisent plus.

Ces faits mobilisent l'Église dans l'élaboration de réponses appropriées et s'insèrent dans un contexte et une problématique plus large concernant la protection des enfants et des jeunes contre les abus sexuels dans la société. Les fautes commises dans les institutions et par des responsables ecclésiaux sont évidemment particulièrement répréhensibles, au vu de la responsabilité éducative et morale de l'Église. Mais toutes les personnes objectives et informées savent que le problème est beaucoup plus large, et qu'il n'est pas juste de concentrer ces accusations sur l'Église seulement. Ainsi, par exemple, des statistiques récemment fournies par les autorités compétentes en Autriche disent que, sur une même période de temps, les cas avérés dans les institutions dirigées par l'Église étaient au nombre de 17, alors que 150 autres étaient recensés dans d'autres institutions. Il serait bon de se préoccuper aussi de ceux-là.

D'ailleurs, en Allemagne, des initiatives ont été prises, promues par le Ministère de la famille, pour convoquer une table ronde des divers pôles éducatifs et sociaux, pour affronter le sujet dans une perspective complexe et adéquate. L'Église est naturellement prête à y participer et à s'y engager. Sa douloureuse expérience peut être un apport utile pour les autres. Le Chancelier, Mme Merkel, a justement donné acte à l'Église en Allemagne pour son engagement sérieux et constructif.

En plus de ces considérations, rappelons encore que l'Église est insérée dans la société civile dans laquelle elle y assume ses responsabilités, mais qu'elle a aussi un ordonnancement spécifique distinct, canonique, qui répond à sa nature spirituelle et sacramentelle, et dont les procédures judiciaires et pénales sont d'une autre nature (par exemple, elle ne prévoit pas de peines pécuniaires ou de privation de liberté, mais l'empêchement d'exercer le ministère, la privation des droits dans le cadre ecclésiastique, etc.). En droit canonique, le crime d'abus sexuels sur mineurs a toujours été considéré comme un des plus graves entre tous, ce que les normes canoniques ont constamment réaffirmé, en particulier la Lettre « De delictis gravioribus » de 2001, souvent citée de façon inopportune comme la cause d'une « culture du silence ». Qui sait et comprend de quoi il s'agit, sait qu'elle a été un signal déterminant pour rappeler la gravité du problème à l'épiscopat et donner une impulsion réelle à l'élaboration de directives sur ce sujet.

En conclusion, il est évident que l'Église traverse actuellement un grave problème et il ne faut pas renoncer à faire tout ce qui est possible pour obtenir enfin des résultats positifs en vue d'une meilleure protection de l'enfance et de la jeunesse dans l'Église et dans la société et de purification pour l'Église.

(Traduction : Vatican Information Service)

18.08.2009

Nouveau changement au sommet de la Secrétairerie d'Etat du Saint-Siège

Le nouveau Sous-Secrétaire du Saint-Siège pour les Rapports avec les Etats est un italien âgé de 43 ans. Mgr Ettore Balestrero a été choisi par le Pape pour succéder à Mgr Pietro Parolin, lui-même nommé nonce apostolique au Venezuela. C’est un homme du sérail qui connaît bien les dossiers.

 

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Cela fait 8 ans que Mgr Balestrero (photo) travaille comme conseiller de nonciature auprès de la Secrétairerie d’Etat, au sein de cette même section pour les rapports avec les Etats, que l’on présente souvent comme le ministère des affaires étrangères du Saint-Siège.


Le nouveau Sous-Secrétaire, autrement dit le plus proche collaborateur de Mgr Dominique Mamberti, a fait des études de droit, puis il a obtenu sa licence en théologie et son doctorat en droit canonique à l’Université pontificale Grégorienne. Il a exercé son apostolat dans une paroisse de la banlieue romaine avant d’être affecté au service diplomatique du Siège Apostolique, en Corée et Mongolie, puis aux Pays-Bas. En 2001, il a été rappelé à Rome. Depuis il a représenté le Saint Siège dans de nombreuses rencontres internationales.

Ces dernières années il s’est distingué par sa gestion des dossiers européens et en particulier concernant la présence de l’Eglise dans la société européenne sécularisée. Ce qui ne l’a pas empêché de continuer d’exercer son ministère pastoral, notamment auprès d’une maison de retraite pour personnes âgées abandonnées. On dit de lui qu’il est animé par une passion missionnaire, fidèle au Magistère de l’Eglise et ouvert aux signes des temps.
Mgr Pietro Parolin, qui occupait ce poste depuis 2002 quitte donc Rome pour la nonciature de Caracas. Il fait partie des nouveaux nonces qui recevront l’ordination épiscopale des mains de Benoit XVI le 12 septembre prochain
Il y a un mois un autre changement important avait été annoncé au sommet de la Secrétairerie d’Etat: un américain de 46 ans, Mgr Peter Brian Wells avait été nommé assesseur pour les affaires générales en remplacement de Mgr Gabriele Caccia, nommé nonce apostolique au Liban

15.06.2009

Vices et vertus de la banque du Vatican

Tout l'argent de Pierre. Vices et vertus de la banque du Vatican

200 millions de dollars pour la "charité du pape". D'où viennent-ils ? A qui vont-ils ? Nouvelles révélations sur les méfaits de l'Institut pour les Œuvres de Religion. Et sur les obstacles à son assainissement

par Sandro Magister




ROME, le 15 juin 2009 – Début juillet, le Vatican publiera comme tous les ans ses comptes pour 2008, en deux chapitres et un appendice.

Le premier chapitre fera apparaître les recettes et dépenses de l'Administration du Patrimoine du Siège Apostolique, APSA, qui gère les biens mobiliers et immobiliers qui lui appartiennent, ceux de la curie, du corps diplomatique, de la maison d'édition, de la radio, de la télévision.

Le second chapitre fera apparaître les recettes et dépenses du gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican: territoire, services, musées, timbres, monnaie.

L'appendice indiquera le montant du Denier de Saint-Pierre, collecte pour le pape faite chaque année dans le monde entier le 29 juin, fête des saints Pierre et Paul, à quoi s’ajoutent les dons faits directement au pape pendant l’année.

En 2007, par exemple, la collecte et les dons ont atteint 94,1 millions de dollars, dont 14,3 millions venant d’un seul donateur qui a voulu rester anonyme.

Voilà ce qui est publié chaque année.

Rien d’autre. Pas une ligne sur les autres recettes qui, en plus du Denier, alimentent la "charité du pape". Et pas une ligne sur l’emploi qui est fait de cette somme.

Un service de la secrétairerie d’Etat s’occupe précisément de cette question. Il a été dirigé pendant des années par Mgr Gianfranco Piovano, remplacé depuis quelques mois par Mgr Alberto Perlasca ; tous deux sont des diplomates de carrière. Cette caisse recueille, en plus du Denier, les contributions que les diocèses du monde entier sont tenus de verser au successeur de Pierre en vertu du canon 1271 du code de droit canonique. Les congrégations religieuses et les fondations envoient également de l’argent. En 2007, d’après un rapport confidentiel envoyé par le Vatican aux diocèses, ces contributions ont atteint 29,5 millions de dollars qui, ajoutés au Denier, font un total de 123,6 millions de dollars.

Ces fonds sont destinés, justement, à la "charité du pape". Dans une conférence faite à des diplomates de différents pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, en mai 2007, à l’Université Pontificale Grégorienne de Rome, le banquier Angelo Caloia, président de l'Institut pour les Œuvres de Religion, l’IOR, la "banque du Vatican", décrivait ainsi l'utilisation de ces fonds:

"Ils sont surtout destinés à subvenir aux besoins matériels de diocèses pauvres, à aider des institutions religieuses et des communautés de fidèles en grandes difficultés: pauvres, enfants, personnes âgées, marginaux, victimes de guerres et de catastrophes naturelles, réfugiés, etc.".

Dans la même conférence, Caloia a aussi cité une autre source de la "charité du pape": les profits de l’IOR. En effet, chaque année en mars, l’IOR met à l’entière disposition du pape la différence entre ses recettes et ses dépenses de l'année précédente. Le montant de cette somme est secret mais on estime qu’il est proche de celui du Denier de Saint-Pierre. C’était du moins le cas pour quatre années dont les chiffres ont filtré : 1992 avec 60,7 milliards de lires de l'époque, 1993 avec 72,5 milliards, 1994 avec 75 milliards et 1995 avec 78,3 milliards. Ces années-là, le Denier de Saint-Pierre était légèrement supérieur à ces montants.

S’il en est ainsi, 2007 aurait apporté à Benoît XVI, pour sa "charité", une somme totale proche de 200 millions de dollars.

La même année, les comptes faisaient apparaître pour l'APSA une perte de 9,1 millions d’euros et pour le gouvernorat un profit de 6,7 millions d’euros. Des miettes, par comparaison

Dans sa conférence aux diplomates, Caloia a peu parlé de l’IOR. Il a souligné que celui-ci "n’a pas de relation fonctionnelle" avec le Saint-Siège. Et il a affirmé que seuls sont autorisés à y déposer de l’argent des "individus ou entités juridiques ayant une légitimité canonique: cardinaux, évêques, prêtres, religieuses, moines, congrégations religieuses, diocèses, chapitres, paroisses, fondations, etc.".

Mais la réalité n’a pas toujours correspondu à ce profil. En 1990, quand Caloia a pris la présidence de la banque vaticane, elle sortait à peine d’une terrible déconfiture, liée au nom de son prédécesseur, l'archevêque Paul Marcinkus, et aux opérations téméraires que celui-ci avait réalisées avec les financiers Michele Sindona et Roberto Calvi, morts tous les deux de mort violente par la suite, dans des circonstances mystérieuses.

Le cardinal Agostino Casaroli, secrétaire d’Etat à l'époque, avait assaini le contentieux en ordonnant de verser aux créanciers 242 millions de dollars à titre de "contribution volontaire". En accord avec le gouvernement italien, il avait confié les recherches sur les agissements de la banque vaticane à deux spécialistes de la finance et du droit administratif, Pellegrino Capaldo et Agostino Gambino, et à un prélat de curie en qui il avait toute confiance. Il s’agissait de Mgr Renato Dardozzi, né en 1922, ordonné prêtre à 51 ans, diplômé en ingénierie, mathématiques, philosophie et théologie, ayant fait une carrière de manager dans les télécommunications et enfin directeur et chancelier de l’Académie Pontificale des Sciences.

Depuis lors et jusqu’à peu d’années avant sa mort en 2003, Dardozzi a continué à assurer un rôle de surveillance sur le fonctionnement de l’IOR, pour le compte de la secrétairerie d’Etat vaticane, avec Casaroli et le successeur de celui-ci, le cardinal Angelo Sodano.

De son travail de surveillance, Dardozzi avait conservé une documentation, qui est maintenant disponible dans un livre écrit par Gianluigi Nuzzi et publié récemment en Italie aux éditions Chiarelettere.

Les documents cités et reproduits dans le livre sont absolument fiables. Ils montrent que la mise à l’écart de Marcinkus et son remplacement par Caloia en 1990 n’ont pas suffi à laver tout de suite l’IOR de sa mauvaise réputation.

En effet Mgr Donato De Bonis, qui tenait le rôle-clé de "prélat" de la banque vaticane, est resté à son poste jusqu’en 1993. Et il avait mis en œuvre, pendant ces années, une sorte de banque occulte parallèle, sous sa direction exclusive, qui a de nouveau failli mettre l’IOR en déconfiture.

Caloia a commencé à soupçonner l’existence d’irrégularités au printemps 1992. Il a ordonné une enquête interne et a découvert que De Bonis disposait en effet de comptes au nom de fondations fictives, qui masquaient en réalité des opérations financières illégales, pour des dizaines de milliards de lires de l'époque.

En août, un rapport détaillé sur ces comptes fictifs est arrivé sur le bureau du secrétaire de Jean-Paul II, Mgr Stanislaw Dziwisz.

En mars 1993, De Bonis a été mis à la porte de l’IOR. Personne ne l’a remplacé dans la charge de "prélat" de la banque, qui est restée vacante. Il a été consacré évêque et nommé chapelain de l’Ordre Souverain et Militaire de Malte, poste qui bénéficie d’immunités diplomatiques.

Mais même après son départ de l’IOR, De Bonis a continué à agir, grâce à des cadres avec qui il était resté lié. Fin juillet, Caloia, inquiet, a écrit au secrétaire d’Etat, le cardinal Sodano:

"... On perçoit de plus en plus clairement les contours d’une activité nettement criminelle exercée consciemment par quelqu’un qui, du fait de son choix de vie et de ses fonctions, aurait dû au contraire être une sévère conscience critique. On a de plus en plus mal à comprendre que perdure une situation où le nommé [De Bonis] continue, à partir d’un poste tout aussi privilégié, à gérer indirectement l'activité de l’IOR...".

Le risque était d’autant plus grave que, justement à cette époque, la magistrature italienne enquêtait sur un pot-de-vin colossal versé illégalement par la société Enimont aux hommes politiques qui l’avaient favorisée. Ces enquêtes menaient aussi à l’IOR, en tant qu’intermédiaire occulte de ces versements, à travers les comptes fictifs manœuvrés par De Bonis.

A l'automne 1993, les magistrats de Milan ont demandé au Vatican, par commission rogatoire, de leur fournir les données relatives aux opérations contestées. Le Vatican s’en est sorti en fournissant le minimum indispensable, moins que ce qu’il avait découvert par ses propres enquêtes. Certains cadres ont été remplacés, les comptes fictifs ont été bloqués et De Bonis n’a pas récupéré une seule lire des sommes déposées.

Le cardinal qui, au Vatican, avait le plus appuyé De Bonis, José Rosalio Castillo Lara, président à la fois de l'APSA et du gouvernorat, a quitté la scène en même temps que lui.

En 1995 Caloia a été reconduit dans ses fonctions de président de l’IOR pour cinq ans. De même en 2000. De même encore en 2006, après un an de prorogation "par intérim", au milieu de rumeurs insistantes à propos de son remplacement imminent. Mais à l’été 2006, avant de transmettre le secrétariat d’Etat à son successeur Tarcisio Bertone, le cardinal Sodano a remis en vigueur la charge de "prélat" de l’IOR, en y nommant son propre secrétaire, Mgr Piero Pioppo.

Aujourd’hui encore, on entend parler de temps à autre d’un changement à la présidence de l’IOR. Mais Caloia, 69 ans, marié à une Anglaise et père de quatre enfants, a en main une nomination qui va jusqu’au 14 mars 2011.

Ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui, grâce à lui, l’IOR est plus proche – comme il ne l’a jamais été dans le passé – de l’image de la banque vertueuse qu’il avait décrite aux diplomates du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord lors de sa conférence, il y a deux ans.

 

 


La conférence sur les finances du Vatican faite par le président de l’IOR à l’école pour diplomates de l’Université Pontificale Grégorienne en 2007 se trouve dans le volume des actes:

Angelo Caloia, "The financial structures of the Holy See", en Franco Imoda, Roberto Papini (éd.), "The Catholic Church and the International Policy of the Holy See / L'Eglise Catholique et la Politique Internationale du Saint-Siège", Nagard, Milan, 2008, pp. 148-151.


Le livre où se trouvent les documents conservés par Mgr Renato Dardozzi:

Gianluigi Nuzzi, "Vaticano SpA", Chiarelettere, Milan, 2009, 282 pp., 15,00 euros.


Sur www.chiesa, les comptes du Vatican et le montant du Denier de Saint-Pierre au cours des cinq dernières années:

> Pour l'argent de Pierre, c'est le calme dans la tempête (30.1.2009)

Toujours sur www.chiesa, à propos de l’IOR et de la présidence d’Angelo Caloia:

> Il banchiere del papa racconta: "Ecco come ho risanato lo IOR" (18.6.2004)



Traduction française par
Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

28.01.2008

Le Pape favorable à un aggiornamento du Code de droit canon

Le droit canon protège les faibles et défend les valeurs de la foi et de la grâce. Il doit être aimé et appliqué par tous les fidèles. Il faut donc savoir le présenter au peuple de Dieu et aux nouvelles générations.

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Le pape l’a affirmé ce vendredi matin en recevant en audience les quelque 700 participants à un colloque organisé à l’occasion du 25e anniversaire de la promulgation du nouveau Code de droit canon par Jean Paul II. Benoît XVI a insisté sur le lien concret qui existe entre la loi et la vie de l’Eglise. Mais cette loi doit être d’une part liée aux fondements théologiques qui lui donnent son bien-fondé et de l’autre correspondre aux mutations de l’histoire.
Compléments d’information avec Laure Stéphan
 
 (Source : Radio Vatican)
 

 LOI CANONIQUE ET VIE ECCLESIALE

 
CITE DU VATICAN, 25 JAN 2008 (VIS). Benoît XVI a reçu ce midi les participants au congrès organisé par le Conseil pontifical pour les textes législatifs à l'occasion 25 anniversaire du Code de droit canonique, rappelant d'emblée que le droit de l'Eglise n'est pas un simple ensemble de normes édictées par le législateur ecclésial pour le Peuple de Dieu.
"L'indication des droits et devoirs du fidèle se fonde dans les sacrements, eux-mêmes institués par le Christ".
 
  Rappelant l'expression du bienheureux Antonio Rosmini à propos des droits humains,
"la personne humaine est l'essence de son droit", le Saint-Père a souligné qu'à plus forte raison le droit canonique trouve son essence en la personne du chrétien au sein de l'Eglise... L'Eglise reconnaît à sa loi - a ajouté le Pape - une nature et une fonction pastorale dont la finalité est la tutelle de la Salus Animarum... Pour que la loi canonique ait cet usage précis, elle doit avant tout être bien structurée, unie au fondement théologique qui lui donne sa rationalité et sa légitimité ecclésiale, et ensuite s'adapter aux circonstances évolutives de l'histoire du Peuple de Dieu".
 
  La loi canonique doit donc, a-t-il précisé,
"être clairement formulée, sans place à l'ambiguïté, toujours en harmonie avec les autres lois de l'Eglise. Il faut pour ce abroger toutes les normes dépassées, modifier celles que l'on peut améliorer, interpréter à la lumière du Magistère les cas douteux afin de combler d'éventuelles lacunes législatives".
 
  Puis Benoît XVI a souligné la place importante du Conseil des textes législatifs, qui doit veiller aussi à ce que les différents organismes édictant des normes à l'attention des fidèles respectent l'unité et la communion de l'Eglise.
"La loi de l'Eglise - a conclu le Saint-Père - est avant tout une Lex Libertatis, qui nous rend libres pour adhérer au Christ. Il faut donc savoir la présenter aux fidèles, aux jeunes et à tous ceux qui sont tenus de respecter la loi canonique, car celle-ci est le lien qui rattache tout croyant à la vie de l'Eglise, protège tout ce qui est dû à Dieu mais aussi les droits des plus faibles, de ce qui n'auraient pas la force de les faire valoir, défend les dons précieux que chaque baptisé a reçu librement telles la foi et la grâce, qui dans l'Eglise ne sauraient être sans protection du droit".

 

07:30 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pape, vie de l eglise, droit canonique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

23.01.2008

Anniversaire du Code de Droit Canonique

Hier à midi près la Salle-de-Presse du Saint-Siège, Mgr. Francesco Coccopalmierio, Président du Conseil pontifical pour les textes législatifs, et Mgr. Juan Ignacio Arrieta, Secrétaire, ont présenté le congrès commémorant le 25 anniversaire du Code de droit canonique (25 janvier 1983) et intitulé: "La loi canonique dans la vie de l'Eglise. Etude et perspectives dans le cadre du magistère pontifical récent". 

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  "Il y a 25 ans - a d'abord rappelé Mgr.Coccopalmierio - s'achevait un long travail de révision du code promulgué en 1917, annoncé en même tant que la convocation du Concile par Jean XXIII... Il s'agissait de réviser le corps législatif de l'Eglise en accord avec les apports doctrinaux conciliaires".
Ensuite, le prélat a indiqué ce qui différencie le Code de droit canon et les codes nationaux. Si les seconds représentent le droit d'un état particulier, le premier exprime le droit de l'Eglise. Son nom vient du mot canon qui correspond au mot article des codes étatiques. Mais
"le Code de droit canonique n'est un simple ensemble de normes voulues par le législateur ecclésial".
Il indique "les droits et devoirs des fidèles et des institutions de l'Eglise découlant de la volonté du Christ". Ayant fixé ces droits et devoirs fondamentaux, le législateur "définit les normes destinées à les préciser, à les appliquer et à les protéger".
  "La loi de l'Eglise constitue un vaste tableau dans lequel fidèles et communautés voient inscrites leurs mission et identité respectives. Le législateur n'est que le peintre de ce tableau",
et son modèle n'est autre que "la doctrine de l'Eglise et en dernier lieu l'enseignement conciliaire comme le rappelait Jean-Paul II en promulgant le Code" de 1983.
 
  Puis Mgr.Coccopalmierio a cité parmi les nouveautés le canon 208, qu'il a qualifié de programmatique car en découlent de nombreuses conséquences pour l'ensemble des fidèles, les laïcs tout spécialement, eux aussi appelés à agir dans l'Eglise. Autres nouveautés,
"l'exposé de ce qui revient au Souverain Pontife, au Collège épiscopal, au Synode des évêques et aux Conférences épiscopales".
Pour le Président du Conseil législatif, le Code de 1983 est une réussite, même s'il est perfectible à l'instar de toute oeuvre humaine. Il convient donc d'identifier les points sujets à corrections.
 
  Enfin, il a énuméré les compétences de son dicastère: "Apporter aide au législateur suprême qu'est le Pape dans le maintien de la loi ecclésiastique et son perfectionnement..., contrôler la juste application des mesures législatives" et assister le Pape "dans leur délicate interprétation".
 
  Ensuite, Mgr.Arrieta a souligné que le but du congrès est d'entreprendre une analyse générale, quoique initiale, de la mise en application du Code et du corps normatif produit ces 25 dernières années par la Curie Romaine et les autres organismes d'Eglise. Le congrès devra évaluer le phénomène dans son ensemble sous les auspices du Cardinal Julián Herranz, Président émérite de ce Conseil et mémoire historique de la matière pour avoir suivi tout le processus depuis le Concile. Le Secrétaire du Conseil législatif a précisé qu'étant donnée la brièveté des assises, il a été nécessaire de limiter l'approche au fonctionnement de certains dicastères. Ainsi le Cardinal Ivan Dias, Préfet de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples, traitera-t-il de : "Réception et mise en oeuvre du droit canonique en terre de mission. Aspect culturel et limites pratiques".
 
  Le Cardinal Giovanni Battista Re, Préfet de la Congrégation pour les évêques, traitera de : "Loi universelle et production normative dans les Eglises particulières, les Conférences épiscopales et les Conseils particuliers". Tandis que le Cardinal Zenon Grocholewski, Préfet de la Congrégation pour l'éducation catholique, envisagera "l'évolution de la discipline relative à la formation canonique dans les séminaires et facultés de théologie. Difficultés et solutions". Le Cardinal Paul Josef Cordes, Président du Conseil pontifical Cor Unum, traitera de la "spontanéité caritative, des exigences et limites des cadres normatifs".
 
  Vendredi matin, avant l'audience du Pape, le Cardinal Franc Rodé, CM, Préfet de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, prononcera un discours consacré à "la vie consacrée face à la loi, entre norme générale et statut particulier", tandis que le Cardinal Peter Erdö, Archevêque de Budapest (Hongrie) et Président du Conseil des Conférences épiscopales européennes, parlera de la "rigidité et de la souplesse des structures canoniques du dialogue oecuménique". Après un bref débat, le Cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d'Etat, clôturera les travaux. Son intervention aura pour thème: "Loi canonique et gouvernement pastoral de l'Eglise. Le rôle du Conseil pontifical pour les textes législatifs".
 
  Le congrès, qui se déroulera dans la Salle du Synode les 24 et 25 janvier, rassemblera membres de conférences épiscopales, professeurs de droit canonique venus du monde entier, et chercheurs principalement italiens.
 
(Source : VIS)
 

12:15 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vatican, vie de l eglise, droit canonique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |