08.09.2011

La Parole de Dieu dans la vie spirituelle, chemin vers l'unité

parole de dieu.jpgBenoît XVI a adressé un message au Congrès œcuménique international de spiritualité orthodoxe organisé par le Monastère italien de Bose en collaboration avec les Patriarcats de Constantinople et Moscou. Le Pape souhaite que cette rencontre suscite un nouvel élan de communion spirituelle et de témoignage évangélique. Le thème de ce XIXe colloque, qui rassemble du 7 au 10 septembre d’éminents biblistes et de hauts représentants orthodoxes, est "La Parole de Dieu dans la vie spirituelle". L’objectif est de mettre en lumière l’unité essentielle entre l’Écriture Sainte, l’exégèse et la vie spirituelle, unité qui traverse toute la tradition des Églises d’Orient, et sous des formes différentes les Églises d’Occident. Parmi les axes de réflexions : les herméneutiques de la Bible élaborées par les Pères de l’Eglise et la dimension ecclésiale de la Parole de Dieu. Les participants ont également reçu des messages d’encouragement du Patriarche œcuménique de Constantinople Bartholoméos 1er et du Patriarche de Moscou et de toutes les Russies, Cyrille 1er

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04.02.2010

Audience générale : l’étude et la prière de saint Dominique pour le succès de la mission évangélisatrice

C’est à saint Dominique que Benoît XVI a consacré sa catéchèse lors de l’audience générale qui s’est tenue, ce mercredi, dans la salle Paul VI au Vatican.

 

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« Ce grand saint – a-t-il dit – nous rappelle qu’un feu missionnaire doit toujours brûler dans le cœur de l’Église ; un feu qui pousse sans cesse à porter la première annonce de l’Évangile et, là où cela est nécessaire, à une nouvelle évangélisation : le Christ est le bien le plus précieux que les hommes et les femmes, en tous temps et en tous lieux, ont le droit de connaître et d’aimer ! Et il est consolant de voir, dans l’Église d’aujourd’hui, combien sont nombreux les pasteurs, les fidèles laïcs, les membres d’antiques ordres religieux et de nouveaux mouvements ecclésiaux, qui consacrent avec joie leur vie à cet idéal suprême : annoncer et témoigner l’Évangile! ».

 

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Écoutez le résumé de la catéchèse et les paroles que Benoît XVI a adressés aux pèlerins de langue française: >>

 

Résumé de la catéchèse en langue française

     Chers frères et sœurs,
    
     Contemporain de saint François, saint Dominique a apporté lui aussi un renouveau fondamental à l’Église de son temps en fondant l’Ordre des Prêcheurs ou Dominicains. Né en Espagne, Dominique Guzman se distingua très tôt par son intérêt pour l’étude de l’Écriture Sainte. Devenu prêtre, il fut remarqué pour ses qualités spirituelles et il reçut avec détachement les charges confiées comme un service à rendre avec dévouement et humilité. Il lutta contre l’hérésie albigeoise répandue dans le Sud de la France, par le témoignage de sa vie pauvre et austère, par l’annonce de l’Évangile et les débats publics. Avec ses frères mendiants, il mit l’accent sur la vie commune dans la pauvreté, sur l’étude et sur la prière pour le succès de la mission évangélisatrice. Parler toujours avec Dieu et de Dieu : voilà son idéal ! Une joie profonde naît de la contemplation de la beauté de la vérité qui vient de Dieu, toujours actuelle et vivante. Ceux qui annoncent la Parole de Dieu doivent être bien préparés. En cette année sacerdotale, j’invite les prêtres et les séminaristes à estimer, à la suite de saint Dominique, la valeur spirituelle de l’étude des vérités révélées dont dépend la qualité de leur ministère presbytéral.


    
     ***
    

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     J’accueille avec joie les pèlerins francophones particulièrement les élèves et les professeurs des collèges Fénelon et du Sacré-Cœur, et ceux de l’Institut Saint Dominique, de Rome. Que Notre Dame du Rosaire, patronne le l’Ordre Dominicain, vous aide à découvrir la présence du Christ dans votre vie et à le suivre généreusement chaque jour. Que Dieu vous bénisse !

20.08.2009

Jean Eudes et le curé d'Ars, exemples de sainteté sacerdotale

Jean Eudes et le curé d'Ars, exemples de sainteté sacerdotale


Catéchèse de Benoît XVI pour l’Année sacerdotale (1)


ROME, Mercredi 19 août 2009 (ZENIT.org) - « Les saints sont la véritable interprétation de l'Ecriture Sainte », a déclaré Benoît XVI dans le cadre de l'année sacerdotale en évoquant la spiritualité de saint Jean Eudes, dont c'est aujourd'hui la fête liturgique.

 

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Dans sa catéchèse du mercredi, à Castel Gandolfo, le pape Benoît XVI a évoqué ceux que le pape Pie IX a proclamé saints ensemble, le 31 mai 1925, Jean Eudes et le curé d'Ars, « offrant à l'Eglise et au monde entier deux exemples extraordinaires de sainteté sacerdotale ».

« Dans le contexte de l'Année sacerdotale, j'ai à cœur de m'arrêter pour souligner le zèle apostolique de saint Jean Eudes, particulièrement tourné vers la formation du clergé diocésain », a expliqué le pape.

« Les saints sont la véritable interprétation de l'Ecriture Sainte. Les saints ont éprouvé, dans l'expérience de leur vie, la vérité de l'Evangile ; ainsi, ils nous introduisent dans la connaissance et la compréhension de l'Evangile », a ajouté Benoît XVI.

Benoît XVI a évoqué le cadre historique des intuitions de saint Jean Eudes : « Le Concile de Trente, en 1563, avait promulgué des normes pour l'érection des séminaires diocésains et pour la formation des prêtres, dans la mesure où le Concile était tout à fait conscient que toute la crise de la réforme était également conditionnée par une formation insuffisante des prêtres, qui n'étaient pas préparés pour le sacerdoce de manière juste, intellectuellement et spirituellement, dans leur cœur et dans leur âme ».

Le pape souligne la clairvoyance du saint :

« Cela eut lieu en 1563 ; mais comme l'application et la réalisation des normes tardaient aussi bien en Allemagne qu'en France, saint Jean Eudes comprit  les conséquences de ce retard. Animé par la conscience lucide du grave besoin d'aide spirituelle, dont les âmes étaient victimes également en raison du manque de préparation d'une grande partie du clergé, le saint, qui était un curé, institua une Congrégation consacrée de manière spécifique à la formation des prêtres ».

Le pape évoque la fondation du premier séminaire « dans la ville universitaire de Caen », et cette expérience fut tellement « appréciée », qu'elle « se diffusa bientôt largement dans d'autres diocèses ».

Au niveau spirituel, Benoît XVI souligne que « le chemin de sainteté, qu'il parcourut et qu'il proposa à ses disciples, avait pour fondement une solide confiance dans l'amour que Dieu a révélé à l'humanité dans le Cœur sacerdotal du Christ et dans le Cœur maternel de Marie ».

Et d'expliquer cet itinéraire intérieur vers le Coeur du Christ:

« A cette époque de cruauté, de perte d'intériorité, il s'adressa au cœur, pour dire au cœur une parole des Psaumes très bien interprétée par saint Augustin. Il voulait attirer à nouveau au cœur  les personnes, les hommes et surtout les futurs prêtres, en montrant le cœur sacerdotal du Christ et le cœur maternel de Marie. Chaque prêtre doit être témoin et apôtre de cet amour du cœur du Christ et de Marie ».

Anita S. Bourdin

02.06.2009

Benoît XVI: Je n’aurais jamais pensé devenir pape

Benoît XVI répond aux enfants de l’Enfance missionnaire


« Je n’aurais jamais pensé devenir pape »



ROME, Lundi 1er juin 2009 (ZENIT.org) - « Je n'aurais jamais pensé devenir pape, parce que, comme je l'ai déjà dit, j'ai été un garçon assez ingénu dans un petit village très loin des centres, dans une province oubliée », a confié Benoît XVI en répondant aux enfants italiens de l'Enfance missionnaire. 

 


Le Pape avec les enfants de l'Enfance Missionnaire
source: PhK


Benoît XVI a rencontré, samedi 30 mai, dans la salle Paul VI au Vatican près de 7000 enfants de l'Enfance missionnaire auxquels il a répondu d'abondance du coeur. 

Le pape a été accueilli par le cardinal-préfet de la congrégation pour l'évangélisation des peuples, Ivan Dias.  
 

Première question - Je m'appelle Anna Filippone, j'ai 12 ans, je suis servante de messe, je viens de Calabre, du diocèse d'Oppido Mamertina-Palmi. Pape Benoît, mon ami Giovanni a un papa italien et une maman de l'Equateur, et il est très heureux. Tu penses que les différentes cultures pourront un jour vivre sans se disputer au Nom de Jésus ? 

Benoît XVI - J'ai compris que vous voulez savoir comment nous, lorsque nous étions enfants, nous avons fait pour nous aider réciproquement. Je dois dire que j'ai vécu mes années d'école élémentaire dans un petit village de 400 habitants, très loin des grands centres. Nous étions donc un peu ingénus et dans ce village, il y avait d'une part les agriculteurs très riches et d'autres moins riches, mais à l'aise, et d'autre part, des employés pauvres, des artisans.

Un peu avant le début de l'école élémentaire, notre famille était arrivée dans ce village provenant d' un autre village, donc nous étions un peu des étrangers, le dialecte aussi était différent. Dans cette école, se reflétaient des situations sociales très différentes. Cependant il y avait entre nous une belle communion.

Ils m'ont enseigné leur dialecte, que je ne connaissais pas encore. Nous avons bien collaboré, et je dois dire que parfois naturellement, nous nous sommes aussi disputés, mais ensuite, nous nous sommes réconciliés et nous avons oublié ce qui était arrivé. Cela me semble important. Parfois, dans la vie humaine, il semble inévitable de se disputer ; mais ce qui est important, de toute façon, c'est l'art de se réconcilier, le pardon, le fait de recommencer et de ne pas garder d'amertume dans le cœur. Je me souviens avec gratitude de la façon dont nous avons tous collaboré : l'un aidait l'autre et l'on marchait ensemble sur notre route.

Nous étions tous catholiques, et ceci, naturellement, était d'une grande aide. Nous avons ainsi appris ensemble à connaître la Bible, en commençant par la création jusqu'au sacrifice de Jésus sur la croix, et aussi les débuts de l'Eglise. Nous avons appris le catéchisme ensemble, nous avons appris ensemble à prier, nous nous sommes préparés ensemble à la première confession, pour la première communion : ce jour-là a été splendide. Nous avons compris que Jésus lui-même vient chez nous, qu'il n'est pas un Dieu lointain : il entre dans ma vie, dans mon âme. Et si le même Jésus entre en chacun de nous, nous sommes frères, sœurs, amis et nous devons donc nous comporter en tant que tels. Pour nous, cette préparation à la première confession comme purification de notre conscience, de notre vie, et ensuite aussi à la première communion, comme rencontre concrète avec Jésus qui vient chez moi, qui vient chez nous tous, ont été des facteurs qui ont contribué à former nos communautés. Ils nous ont aidés à marcher ensemble, à apprendre ensemble à se réconcilier lorsque c'était nécessaire. Nous avons fait aussi des petits spectacles : il est important aussi de collaborer, de montrer de l'attention les uns envers les autres.

Puis, à huit ou neuf ans, je suis devenu enfant de chœur. A cette époque il n'y avait pas encore de filles, mais les filles lisaient mieux que nous. Elles faisaient donc les lectures de la liturgie et nous nous faisions les enfants de chœur. A cette époque, il y avait encore de nombreux textes en latin à apprendre, et chacun a eu ainsi sa part de fatigue.

Comme je l'ai dit, nous n'étions pas des saints : nous avons eu nos disputes, mais cependant, il y avait une belle communion, dans laquelle les distinctions entre riches et pauvres, intelligents et moins intelligents ne comptaient pas. C'était la communion avec Jésus sur le chemin de la foi commune et dans la responsabilité commune, dans les jeux, dans le travail commun. Nous avons trouvé la capacité de vivre ensemble, d'être amis, et bien qu'à partir de 1937, c'est-à-dire depuis plus de 70 ans, je n'ai plus été dans ce village, nous sommes restés amis. Nous avons donc appris à nous accepter l'un l'autre, à porter le poids l'un de l'autre. Cela me semble important : en dépit de nos faiblesses, nous nous acceptons et avec Jésus Christ, avec l'Eglise, nous trouvons ensemble la route de la paix, et nous apprenons à bien vivre. 


Deuxième question - Je m'appelle Letizia et je voulais te poser une question. Cher pape Benoît XVI, qu'est-ce que cela voulait dire pour toi lorsque tu étais enfant la formule : « Les enfants aident les enfants ». Est-ce que tu as jamais pensé à devenir pape ? 

Benoît XVI - A dire la vérité, je n'aurais jamais pensé devenir pape, parce que, comme je l'ai déjà dit, j'ai été un garçon assez ingénu dans un petit village très loin des centres, dans une province oubliée. On était heureux d'être dans cette province et nous ne pensions pas à autre chose. Naturellement, nous avons connu, vénéré et aimé le pape - c'était Pie XI - mais pour nous, il était à une hauteur impossible à atteindre, quasi dans un autre monde : un père pour nous, mais cependant une réalité très supérieure à nous tous. Et je dois dire qu'aujourd'hui encore, j'ai du mal à comprendre comment le Seigneur a bien pu penser à moi, me destiner à ce ministère. Mais je l'accepte de ses mains, même si c'est une chose surprenante et qui me semble bien au-delà de mes forces. Mais le Seigneur m'aide. 


Troisième question - Cher pape Benoît, je suis Alessandro. Je voulais te demander : tu es le premier missionnaire, nous, enfants, comment pouvons-nous t'aider à annoncer l'Evangile 

Benoît XVI -   Je dirais qu'une première façon est la suivante : collaborer avec l'Œuvre pontificale de l'Enfance missionnaire. Vous faites ainsi partie d'une grande famille, qui apporte l'Evangile au monde. Vous appartenez ainsi à un grand réseau. Nous voyons ici comment se reflète une famille de peuples différents. Vous êtes dans cette grande famille : chacun fait sa part, et ensemble vous êtes missionnaires, porteurs de l'œuvre missionnaire de l'Eglise. Vous avez un beau programme, indiqué par votre porte-parole : écouter, prier, connaître, partager, être solidaire. Ce sont des éléments essentiels qui sont réellement une façon d'être missionnaire, de faire grandir l'Eglise et la présence de l'Evangile dans le monde. Je voudrais souligner certains de ces points.

Avant tout prier. La prière est une réalité : Dieu nous écoute, et, lorsque nous prions, Dieu entre dans notre vie, devient présent au milieu de nous, agissant. Prier est une chose très importante, qui peut changer le monde, parce que cela rend présente la force de Dieu. Et il est important de s'aider à prier : prions ensemble dans la liturgie, prions ensemble en famille. Et je dirais qu'il est important de commencer la journée par une petite prière et aussi de finir la journée par une petite prière : se souvenir de nos parents dans la prière. Prier avant le déjeuner, avant le dîner, et à l'occasion de la célébration commune du dimanche. Un dimanche sans messe, la grande prière commune de l'Eglise, n'est pas un vrai dimanche : il manque le cœur même du dimanche et ainsi aussi la lumière pour la semaine. Et vous pouvez aussi aider les autres - spécialement lorsque peut-être on ne prie pas à la maison, qu'on ne connaît pas la prière - enseigner aux autres à prier : prier avec eux et ainsi introduire les autres dans la communion avec Dieu.

Et puis écouter, c'est-à-dire apprendre réellement qu'est-ce que Jésus nous dit. En outre, connaître l'Ecriture Sainte, la Bible. Dans l'histoire de Jésus, nous apprenons - comme l'a dit le cardinal - le visage de Dieu, on apprend comment est Dieu. Il est important de connaître Jésus profondément, personnellement. Ainsi, il entre dans notre vie, il entre dans le monde.

Et aussi partager, ne pas vouloir les choses seulement pour soi, mais pour tous ; partager avec les autres. Et si nous voyons l'autre qui peut-être est dans le besoin, qui est moins doué, nous devons l'aider et rendre ainsi l'amour de Dieu présent sans grandes paroles, dans notre petit monde personnel, qui fait partie du grand monde. Et ainsi, on devient ensemble une famille, où chacun respecte l'autre : supporter l'autre dans son diversité, accepter justement même ceux que l'on aime moins, ne pas laisser l'autre être marginalisé, mais l'aider à s'unir à la communauté.

Tout ceci veut simplement dire vivre dans cette grande famille de l'Eglise, dans cette grande famille missionnaire. Vivre les points essentiels comme le partage, la connaissance de Jésus, la prière, l'écoute réciproque, et la solidarité, est une œuvre missionnaire, parce que cela aide à faire en sorte que l'Evangile devienne réalité dans notre monde.

31.05.2009

L’Esprit Saint libère de la peur, explique Benoît XVI

Homélie de la messe de Pentecôte


ROME, Dimanche 31 mai 2009 (ZENIT.org) - « L'Esprit de Dieu (...) chasse la peur ; il nous fait connaître et sentir que nous sommes entre les mains d'une Toute-Puissance d'amour : quoi qu'il arrive, son amour infini ne nous abandonne pas », affirme Benoît XVI dans son homélie de la Pentecôte.

Benoît XVI a présidé ce matin, à 10 h en la basilique saint-Pierre, la messe de la solennité de la Pentecôte. La liturgie était embellie par la présence du Chœur de la cathédrale de Cologne et de l'Orchestre de chambre de Cologne qui ont accompagné la prière par l'interprétation de la dernière messe - messe brève - de Joseph Haydn, « Harmoniemesse », dans le cadre du bicentenaire de la mort du grand compositeur.

Le pape fait observer que l'Esprit Saint libère les apôtres de la peur de la mort : « A la Pentecôte, lorsque l'Esprit Saint se posa sur eux, ces hommes sortirent sans peur et commencèrent à annoncer à tous la bonne nouvelle du Christ crucifié et ressuscité. Ils n'avaient pas peur, parce qu'ils se sentaient entre les mains du plus fort ».

Après avoir évoqué l'Esprit Saint qui libère de la pollution de l'esprit et du cœur à l'instar d'un grand vent qui permet de respirer à pleins poumons, Benoît XVI a développé l'image du feu de l'Esprit Saint.

Mais le Christ lui-même a apporté ce feu dans le don de lui-même, non comme Prométhée du mythe antique qui l'arrachait aux dieux.

Pourtant en quelque sorte le pape dénonçait un usage prométhéen du feu, citant les tragédies comme Hiroshima et Nagasaki, ou d'autres événements plus quotidiens : « On pourrait, disait-il, trouver de nombreux exemples, moins graves et pourtant tout aussi symptomatiques dans la réalité de chaque jour ».

Il a fait observer que « l'Ecriture Sainte nous révèle que l'énergie capable de mettre le monde en mouvement n'est pas une force anonyme et aveugle, mais l'action de 'l'Esprit de Dieu qui planait sur les eaux' (Gn 1, 2) au début de la création ».

Voici donc le don fait par le Christ : « Jésus Christ a 'apporté sur la terre' non pas la force vitale qui l'habitait déjà, mais l'Esprit Saint,  c'est-à-dire l'amour de Dieu qui 'renouvelle la face de la terre' en la purifiant du mal et en la libérant de la domination de la mort. Ce 'feu' pur, essentiel et personnel, le feu de l'amour est descendu sur les apôtres, réunis dans la prière avec Marie au Cénacle, pour faire de l'Eglise le prolongement de l'œuvre rénovatrice du Christ ».

 

Anita S. Bourdin

 

homélie de la Pentecôte: texte ingégral

08.05.2007

"Jésus de Nazareth" de Benoît XVI: dialogue aves Jacob Neusner

VATICAN - Une première approche du livre « Gesù di Nazareth » du Pape Benoît XVI

Jacob Neusner (Suzanne DeChillo/The New York Times)

Il y a quatorze ans, sortait un essai du plus grand spécialiste au monde du judaïsme des premiers siècles de l’ère chrétienne, Jacob Neusner. Intitulé « « A Rabbi talks with Jesus », le Cardinal Joseph Ratzinger le considéra alors comme l’ouvrage le plus important des dix dernières années pour le dialogue entre juifs et chrétiens. Il notait entre autres choses que l’honnêteté intellectuelle absolue, la précision de l’analyse, le respect pour l’autre partie, uni à une loyauté profonde envers sa propre position, caractérisait ce livre en en faisait un défi, spécialement pour les chrétiens, qui auraient dû bien réfléchir sur la différence entre Moïse et Jésus. Les questions que l’auteur nous adressait à nous, chrétiens, sont fondées et, précisément pour cela, elles sont fructueuses. En outre, le Cardinal avait apprécié l’approche de l’auteur qui ne se tournait pas, en fin de compte, vers Jésus comme vers une figure historique fictive, mais mettait toujours à sa juste place la figure réelle de Jésus, comme elle nous est présentée dans l’évangile de Mathieu.

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A notre avis, ce jugement, « mutatis mutandis », peut s’appliquer au livre « Gesù di Nazaret » : pour le contenu et pour la méthode. Il est donc souhaitable que la sortie de ce livre du Pape amène à revoir cette présentation marquée de pluralisme relativiste, qui caractérise souvent les confrontations, étant donné que ce n’est pas une méthode scientifique, mais seulement une méthode qui se réfère à elle-même et « politically correct », ni même méthode ecclésiale, parce qu’elle n’aide pas, dirait saint Pierre, « à donner une réponse à ceux qui demandent raison de notre espérance ».

Et alors, étant donné que l’urgence de présenter Jésus dans son activité publique est destinée, comme le déclare l’Auteur dans les Prémisses « à favoriser chez le lecteur la croissance d’un rapport vivant avec Lui » (page 20), il faut placer l’ouvrage dans le contexte bimillénaire de la réflexion sur Jésus de Nazareth. Au deuxième siècle de notre ère, entendre parler de la résurrection de la chair, du corps et de l’âme de l’être humain, était beaucoup plus antithétique que l’on puisse le penser, étant donné la mentalité. Et si le Christ était une ressemblance de Dieu, dirent de nombreux chrétiens, quand les apôtres étaient encore en vie ; est-il possible que Dieu soit venu dans la chair ? Et Jean répond : « Tout esprit qui confesse Jésus venu dans la chair, est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus, n’est pas de Dieu : c’est là l’esprit de l’Antéchrist » (1 Jean 4, 2-3). Avec son Evangile, l’Apôtre, témoin oculaire, s’oppose à l’hérésie, appelée « docétisme » (du grec « dokêin »)

Deux siècles plus tard, d’autres chrétiens disciples du prêtre Arius, diront que le Christ est seulement un homme ; d’autres, au contraire diront qu’il est seulement Dieu. Le débat christologique semblait être terminé au 5° siècle avec le Concile de Chalcédoine ; mais, en réalité, il s’est poursuivi, avec des hauts et des bas, jusqu’à Bultmann et aux théologiens rationalistes, et à tous les autres qui ont distingué et/ou séparé le « Jésus historique » du « Jésus de la foi ».

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Et aujourd’hui encore, on retrouve la même situation. Il y a ceux qui voudraient abolir ou réduire l’incarnation et la divinité du Christ, pour mieux dialoguer avec les juifs et avec les musulmans. Quand on pense que, pour soutenir la foi en l’Incarnation, Athanase fut plusieurs fois exilé, que Cyrille, Ambroise, Pierre Chrysologue ont supporté des insultes, le mépris et des persécutions ! A présent, Benoît XVI ne cache pas que sa tentative « est une tentative de présenter le Jésus des Evangiles comme le Jésus réel, comme le ‘Jésus historique’ au sens vrai et propre » (page 18).

A ce point, il est nécessaire de dire quelque chose à propos de l’exégèse actuelle de la Sainte Ecriture. C’est une idée néo-gnostique bien répandue que, pour faire de l’histoire, il faut se libérer de toute précompréhension ou interprétation en philosophique, en particulier s’il s’agit de foi. Un homme de foi ne peut être un historien sérieux ! Mais la foi biblique présuppose des faits réellement survenus, parce qu’elle n’est pas mythique, y compris les interventions de Dieu et les théophanies : pour en rester au seul Nouveau Testament, de la naissance de Jésus né de la Vierge Marie, à l’institution de l’Eucharistie lors de la dernière Cène, de la Résurrection corporelle de Jésus à la descente du Saint-Esprit. Cela n’exclut pas qu’il y ait des aspects particuliers qu’il faut éclaircir et approfondir.

En somme, revient la question de savoir si la foi est une manière pour connaître au même titre que la raison. On ne comprend pas pourquoi elle ne devrait pas l’être, étant donné que c’est admis dans les sciences naturelles qui, sur la base du soi-disant principe d’indétermination de Werner Heisenberg, l’homme connaît la réalité soit dans son objectivité, soit à partir de la position subjective et avec sa capacité de compréhension.

Et donc, la foi elle aussi connaît. Cette foi n’est pas seulement individuelle, mais celle du Peuple de Dieu en marche dans l’histoire, et les exégètes qui mettent souvent en exergue le rôle pour la formation et pour la compréhension des Ecritures, inspirées par Dieu à des auteurs de son peuple, devraient raisonnablement l’inclure dans la compréhension du Livre.

Un point encore. Le résultat de l’exégèse historico-critique et ses présupposés d’historicité et d’homogénéité, finissent par paralyser. Par exemple, on en est arrivé à considérer que les livres bibliques sont moins crédibles que les inscriptions des Pharaons, que l’on a retrouvées, ou celles de Gilgamesh ; mais les découvertes archéologiques ne « prouvent » pas la Bible ; tout au plus ajoutent-elles une évidence tangible à celle des textes, sans lesquels les premières seraient des blocs erratiques. Sinon, on fait de la Bible un livre fermé, dont l’interprétation toujours problématique requiert une compétence technique qui en fait un domaine réservé à quelques spécialistes. C’est à eux que s’applique la phrase de l’Evangile : « Vous avez enlevé la clef de la science ! Vous-mêmes n’êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les avez empêchés » (Luc 11, 52 ; cf. Mathieu 23, 13).

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Le Père de Lubac, dans « Histoire et Esprit », sur l’œuvre exégétique d’Origène, sans mépriser la précision critico-historico-philologique, déclare que l’Ecriture est d’une certaine manière le corps du Christ, la parole de Dieu. Tout comme dans le Christ il y a une nature humaine et une nature divine, de même, dans son corps biblique il y a un sens littéral « la chair », et un sens spirituel « l’esprit » qui correspond à la divinité de la parole. Tout le cosmos, la vie et l’homme ont leur origine et se concentrent dans l’unité du Verbe : selon la pensée des Pères de l’Eglise, toute l’histoire est une genèse du Christ.

La Sainte Ecriture vaut surtout grâce à l’Esprit qui, dans la lettre, se manifeste selon une compréhension qui traverse en diagonale l’espace et le temps, depuis sa formation jusqu’à nos jours. Elle est donc Parole de Dieu, étant donné qu’elle se répercute dans un Corps vivant qui est l’Eglise, en lui donnant la voix et en lui ouvrant le chemin pour comprendre les mystères du Seigneur qui, sans cela, resteraient scellés, fermés et incompréhensibles. Vraiment, « ignorer les Ecritures, c’est ignorer le Christ, dit Saint Jérôme… Que dirai-je de sa doctrine sur la physique, sur l’éthique et sur la logique ». Les lire de manière individuelle ou en opposition à l’Eglise dans l’histoire a conduit aux courants ésotériques et aux hérésies.

Benoît XVI consacre à l’interprétation de l’Ecriture, ce passage de son livre, au chapitre 2°, sur les tentations de Jésus : « Pour attirer Jésus dans le piège, le Diable cite la Sainte Ecriture… il se présente comme théologien… Vladimir Solov’ëv a repris ce thème dans son ‘Récit de l’Antéchrist’ ; l’Antéchrist reçoit le titre de ‘docteur honoris causa’ en théologie, de l’Université de Tübingen ; c’est un grand expert de la Bible. Par ce récit, Solov’ëv a voulu exprimer de manière drastique son scepticisme vis-à-vis d’un certain type d’exégèse érudite de son époque. Il ne s’agit pas d’un ‘non’ à l’interprétation scientifique de la Bible en tant que telle, mais plutôt d’un avertissement hautement salutaire et nécessaire face aux voies erronées qu’elle peut prendre. L’interprétation de la Bible peut effectivement devenir un instrument de l’Antéchrist. Solov’ëv n’est pas le seul à le dire, c’est ce que montre implicitement le récit même des tentations. Les pires livres qui ont voulu détruire la figure de Jésus, des destructeurs de la foi, ont été forgés avec de soi-disant résultats de l’exégèse » (page 57-58).

Giuseppe Ricciotti, l’auteur de la plus célèbre « Vie de Jésus-Christ », écrite en 1941 et qui a été rééditée et réimprimés jusqu’à nos jours, écrit :

« Les Evangiles racontent que Jésus, scellé dans la tombe par les pharisiens est ressuscité. L’histoire raconte que le Jésus tué mille fois par la suite, a montré à chaque fois qu’il était plus vivant qu’auparavant. A présent, s’agissant de la même tactique, il y a toute raison de croire qu’il en sera de même avec le Jésus remis en croix par la critique historique ».

Il a eu raison, mais il ne pouvait pas imaginer qu’un Pape, un penseur d’exception, aurait été un des artisans de la nouvelle « résurrection », avec la publication du livre « Gesù di Nazaret » qui marquera l’existence des lecteurs, qu’ils soient croyants, qu’ils soient laïcs, favorables ou contraires.

Ainsi, Vittorio Messori a raison de remarquer que le livre de Joseph Ratzinger « veut être un instrument pour ‘recommencer depuis le début’ pour aller de l’avant dans cette ré-évangélisation déjà si vivement souhaitée par Jean Paul II ». Non pas toutefois dans l’équivoque du « nouveau début », qui a souvent conditionné même l’interprétation du Concile Vatican II, mais dans la certitude joyeuse de la continuité bimillénaire de l’Eglise, qui a toujours besoins de réforme, et gardienne, humble et certaine, de la Vérité de Dieu.

(Source: Agence Fides)

17:21 Écrit par Père Walter dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pape, livrs a lire, ecriture sainte, evangile, dogme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |