27.11.2010

Les catholiques prient pour la vie (mis à jour)

la vie.JPGÀ la veille de l’ouverture de l’Avent, Benoît XVI présidera ce samedi soir en la Basilique Saint-Pierre, une veillée de prière pour la vie naissante. Cette célébration coïncidera avec les premières Vêpres du premier dimanche de l’Avent, qui marque l’ouverture de l’année liturgique. Une initiative inédite : parce que l’aide de Dieu est devenue nécessaire – relève le président de l’Académie pontificale pour la Vie, Mgr Carrasco de Paula. La célébration qui débutera à 17h30 a été organisée par le Conseil pontifical pour la Famille. La préparation à la fête de Noël – a expliqué le Pape – est un temps propice pour invoquer la protection divine sur tout être humain appelé à l’existence, et pour rendre grâce à Dieu pour le don de la vie qui nous a été fait.

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26.11.2010

Veillée pour la vie naissante: une initiative inédite

La vie est un beau cadeau

la vie est un beau cadeau.JPGA la veille de l’ouverture de l’Avent, Benoît XVI présidera samedi soir en la Basilique Saint-Pierre, une veillée de prière pour la vie naissante. Cette célébration coïncidera avec les premières Vêpres du premier dimanche de l’Avent, qui marque l’ouverture de l’année liturgique. Une initiative inédite : parce que l’aide de Dieu est devenue nécessaire – relève le président de l’Académie pontificale pour la Vie, Mgr Carrasco de Paula.

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04.03.2010

Assistance médicale à la procréation : les ambivalences du féminisme

La Revue française de science politique d’avril 2009 a publié un article d’Isabelle Engeli, intitulé "La problématisation de la procréation médicalement assistée en France et en Suisse. Les aléas de la mobilisation féministe".

 

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Isabelle Engeli (photo), docteur en sciences politiques, se livre à une analyse comparée de l’évolution des mouvements féministes et leur impact sur le développement de l’assistance médicale à la procréation (AMP) en France et en Suisse. Elle montre que le discours féministe a eu une influence contrastée relative au contexte social dans lequel il s’est inscrit. Les discours de revendications sociales n’ont en effet aucune chance d’influencer le débat public s’ils n’entrent pas en résonance avec "le système de valeurs et de représentations de sens socialement partagées".


L’ambivalence des féministes

La procréation médicalement assistée et l’avortement, "en se situant chacun à des extrémités opposés du processus reproductif" ont, pour reprendre une expression de Marie-Josèphe Dhavernas lors du colloque L’ovaire-dose, "semé le désordre dans l’ordre reproductif" en perturbant profondément le cadre normatif traditionnel de la reproduction". Ce désordre a permis la remise en question de l’ordre traditionnel de genre "fondé sur la biologisation de la fonction sociale de la femme" destinée à la maternité. L’avortement et l’AMP ont donc posé deux défis importants à la société et aux féministes.


Après la revendication politique de l’avortement au nom du libre choix de la "non maternité", l’avènement des "nouvelles technologies de reproduction a frappé les courants féministes de plein fouet en posant cette fois la question de la réalisation de la maternité", sans qu’ils puissent y apporter une réponse unifiée. Initialement, les techniques d’AMP furent accueillies favorablement et de manière unanime : les féministes y voyaient le moyen de gommer définitivement les différences sexuelles et libérer la femme de la maternité. Rapidement, cependant les positions divergèrent. Pour les radicales et les éco-féministes, le développement des nouvelles technologies renforçait la domination masculine qui prenait les traits du pouvoir médical. Celui-ci accentuait à nouveau l’obligation sociale de maternité et de sexualité pour les femmes. Mais pour les libérales et les post-modernes, l’AMP était dans la continuité directe du contrôle des femmes sur la décision de maternité, inauguré avec la légalisation de l’avortement. Elle portait par ailleurs un fort potentiel de transformation des relations de genre et des structures familiales.


France : échec de la pensée radicale

En France, les courants féministes ont été confrontés à ces contradictions internes. Lors des discussions sur l’AMP au cours de l’élaboration de la loi de bioéthique de 1994, le débat public s’est concentré sur la notion de "désir d’enfant", rejoignant en cela une partie des féministes. Mais peu à peu, le discours féministe dominant s’est articulé autour de l’instrumentalisation du corps de la femme par les nouvelles technologies reproductives. Une telle thèse était en parfaite contradiction avec la consultation publique et le corps médical qui estimaient primordial que la médecine réponde à la souffrance des couples stériles. Leur discours devint "radical" : il allait "à l’encontre du système". Il va alors s’estomper progressivement jusqu’à "être largement oublié durant la suite du processus de décision qui mena aux lois de bioéthique de 1994". La législation adoptée, libérale en matière d’AMP, marque donc un échec du féminisme français à se faire entendre sur la scène législative.


Suisse : jeu des alliances
Alors que l’avènement des nouvelles technologies avait été accueilli avec enthousiasme en France, c’est un scepticisme inquiet de possibles dérives eugéniques qui prévalut en Suisse. Une vaste initiative populaire lancée par un magazine et intitulée "
Contre l’application abusive des techniques de reproduction et de manipulation génétique" fut rapidement rejointe par les mouvements pro-vie et les associations catholiques. La réflexion se fondait sur deux principes : le "respect de la dignité humaine" et la "protection de la famille". Les initiateurs du débat ne tardèrent pas à propulser les féministes radicales et écologistes sous le feu des projecteurs : elles luttaient pour "l’interdiction du don d’ovules et d’embryons en dénonçant l’instrumentalisation du corps de la femme par la médecine, ainsi que la pression maternelle imposée aux femmes stériles". Elles se retrouvaient ainsi en résonance avec un débat beaucoup plus large auquel ne s’opposait que le corps médical, qui passa rapidement d’une position pro-active à une position défensive. Face à cette montée en puissance, les courants féministes libéraux se démobilisèrent très vite. La réflexion des radicales et des éco-féministes, en revanche, s’intensifia rapidement : elle rejoint le Réseau international des femmes contre la procréation médicalement assistée (FINNRAGE) qui regroupe des associations féminines de toutes tendances. Lors de la deuxième phase de l’élaboration de la loi d’application sur la procréation médicalement assistée, leurs idées influencèrent largement le débat parlementaire, reprises par tous les partisans d’une politique restrictive, mais aussi par leurs adversaires. La loi fut finalement "placée sous le sceau d’une large interdiction [bannissant] la plupart des techniques de procréation médicalement assistée, et notamment le don d’ovule ainsi que le don d’embryon". L’assurance maladie ne couvre aucun des frais qui y sont relatifs.

 

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26.05.2009

Obama diplômé à Notre Dame. Mais les évêques lui font repasser l'examen

La conférence des évêques des Etats-Unis veut que, dans la lutte contre l'avortement, le président passe des promesses aux faits. Beaucoup de catholiques n'ont pas confiance en lui et accusent aussi le Vatican de céder. Ont-ils raison? Une analyse à contre-courant par le théologien Robert Imbelli


Par Sandro Magister





ROME, le 26 mai 2009 – Le diplôme "honoris causa" remis, la semaine dernière, au président Barack Obama par l'université catholique de Notre Dame, à South Bend, dans l’Indiana, a provoqué un nouveau sursaut de protestations.

Mais elle a aussi donné des motifs de réflexion et d’action plus calmes.

Les protestataires les plus sévères ont été les chefs de file de la pensée catholique néoconservatrice: Michael Novak, George Weigel, Deal Hudson.

Leur protestation a surtout visé le Vatican et "L'Osservatore Romano", accusés d’être trop indulgents pour Obama malgré ses positions contraires à la doctrine de l’Eglise en matière de bioéthique.

Deal Hudson, depuis le site "Insidecatholic.com" dont il est le fondateur, a demandé la tête de Giovanni Maria Vian, directeur du quotidien du Saint-Siège et il a invité ses lecteurs à en réclamer la destitution en écrivant au secrétaire d’état du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone. D’après Hudson il faudrait aussi renvoyer le père Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Vatican.

George Weigel, sur "National Review Online", a dit que "L'Osservatore Romano" n’exprime pas automatiquement à chaque ligne les positions du Saint-Siège mais qu’il a en tout cas démontré, par son attitude dans cette affaire, la présence au Vatican d’un fort courant pro-Obama et une "triste ignorance de l’histoire américaine récente" et de l'attaque du nouveau président contre la doctrine de l’Eglise en matière de vie.

Michael Novak, dans un commentaire publié par le quotidien italien "Liberal", a lui aussi accusé "L'Osservatore Romano" de ne pas comprendre la réalité américaine, ce qui fait qu’il "s’est mis du côté des pro-avortement et contre la minorité marginalisée des fidèles catholiques pratiquants". C’est comme si les papes qui ont qualifié l'avortement de "mal intrinsèque" avaient parlé en vain: "Nous avons demandé du pain à Rome et 'L'Osservatore Romano' nous a donné des pierres".

Hudson, Weigel et Novak n’ont montré aucune confiance en l’offre de dialogue lancée par Obama aux défenseurs de la vie naissante, dans son discours du 17 mai à l'université de Notre Dame. Selon eux, le nouveau président reste ferme sur ses positions pro-avortement. Aux "pro life" et à eux seuls il demande d’accepter des compromis: ainsi, en fin de compte, ce qu’il appelle dialogue "n’est qu’une demande de reddition sans conditions".


***


Certains évêques – parmi ceux qui, à plus de 70, avaient critiqué avant le 17 mai la décision de l'université catholique de Notre Dame de récompenser le président "pro-avortement" – ont aussi réagi négativement à l’offre de dialogue lancée par Obama dans son discours à la cérémonie de remise de diplômes.

Au contraire les dirigeants de la conférence des évêques des Etats-Unis ont montré qu’ils trouvaient dans le discours d’Obama des éléments positifs, tout en gardant de fortes réserves sur certaines décisions déjà prises par le président.

Dans une note officielle du 22 mai, le président de la conférence, le cardinal Francis E. George, archevêque de Chicago, a remercié le président de ce qu’il avait dit à propos du droit à l'objection de conscience pour les opérateurs sanitaires opposés à l’avortement. Il a ajouté que personne ne doit être obligé de financer les avortements avec l’argent de ses impôts. Il l’a invité à concrétiser ses promesses et l’a assuré de la volonté de la conférence des évêques de "travailler avec l'administration et les législateurs" pour réduire le plus possible les avortements.

Le même jour, le secrétaire général de la conférence des évêques, Mgr David Malloy a de nouveau critiqué le décret par lequel, le 9 mars, Obama a levé l’interdiction de détruire des embryons à des fins de recherche: une décision dans laquelle "ni la science ni l'éthique n’ont été prises en compte".

"L'Osservatore Romano", dans son édition du 24 mai, a parlé de ces deux prises de position, sous le titre, repris en première page: "Les évêques des Etats-Unis parlent de recherche et d’objection de conscience. Les limites infranchissables du dialogue avec la Maison Blanche et le Congrès en matière d’éthique".


***


La note du 22 mai du cardinal George fait donc naître cette question naturelle: qu’a dit précisément Obama dans son discours à Notre Dame, pour amener le président des évêques des Etats-Unis à lui faire confiance, même si c’est avec prudence et dans des limites "infranchissables"?

En effet, dans le feu des polémiques, le discours d’Obama a été peu lu et analysé. Il doit pourtant s’y trouver quelque chose de significatif pour qu’en Italie un commentateur au-dessus de tout soupçon comme Giuliano Ferrara – le plus "ratzingerien" des défenseurs laïcs de la vie naissante – l'ait publié intégralement dans le quotidien "il Foglio" qu’il dirige et qu’il y ait reconnu un terrain commun sur lequel "pro life" et "pro choice" puissent agir ensemble pour réduire le nombre de femmes qui cherchent à avorter.

Un autre discours important du 17 mai à Notre Dame a été encore moins lu et analysé: celui du juge John T. Noonan, qui a reçu en 1984 la plus haute distinction de cette université catholique, la médaille "Laetare".

La note ci-dessous comble ce manque. Elle analyse les discours d’Obama et de Noonan. Elle en fait ressortir les éléments de conflit mais surtout d’espoir. Avec des observations aiguës et surprenantes.

Son auteur, Robert Imbelli, prêtre du diocèse de New-York, enseigne la théologie au Boston College.

Mais il écrit aussi pour "L'Osservatore Romano". Le 28 janvier 2009, il y a publié un commentaire du discours de prise de fonctions du nouveau président, intitulé "Obama, Lincoln et les anges", qui se terminait ainsi:

"Cela reste l’espérance et la prière de l'Amérique. Mais nous prions aussi pour que les anges des enfants conçus mais pas encore nés ne soient pas négligés. Nous prions pour que les liens d'amour du pays aillent jusqu’à eux. Pour qu’ils ne soient pas exclus du pacte de citoyenneté".

Précédemment, le 12 août 2008, toujours dans "L'Osservatore Romano", Imbelli avait fait un compte-rendu favorable du livre "Render Unto Caesar" de l'archevêque de Denver, Charles J. Chaput, qui est aujourd’hui l’un des critiques les plus sévères de la présidence Obama.

C’est donc un commentateur équitable qui écrit...



Conflit et espoir à l'université de Notre Dame

par Robert Imbelli



Cette année, la cérémonie de remise des diplômes à l'université de Notre Dame, dans l'Indiana, a été l’une des plus controversées de la prestigieuse histoire de cette éminente université catholique. Le motif: Barack Obama, le nouveau président des Etats-Unis, a été invité à faire un discours aux diplômés et à recevoir un diplôme "honoris causa" en droit. Ce qui a provoqué une explosion de critiques, c’est notamment l’attribution d’une récompense honorifique à un président dont la politique défend le droit à l’avortement et soutient la recherche sur les cellules souches embryonnaires.

En un blâme public sans précédent, plus de 70 évêques catholiques des Etats-Unis ont sévèrement reproché à Notre Dame d’avoir violé les indications de la conférence des évêques sur l’attribution de récompenses honorifiques à ceux qui s’opposent à l'enseignement de l’Eglise catholique sur des points fondamentaux. L’évêque du diocèse où se trouve Notre Dame a boycotté la cérémonie en signe de protestation. De plus, Mary Ann Glendon, ex-ambassadeur près le Saint-Siège et professeur de droit à Harvard, qui avait été choisie pour recevoir la médaille "Laetare", la plus haute récompense à Notre Dame, l’a refusée en raison de la désobéissance de Notre Dame à la directive des évêques.

La polémique, ayant fait rage pendant plusieurs semaines avant la cérémonie, a été l’objet d’une large couverture par les médias laïcs et religieux. Puis le débat a continué avec la même vigueur sur des sites web catholiques, des journaux et des revues. Je propose ici quelques réflexions inspirées à la fois par le discours du président et par celui qu’a prononcé, pour la médaille "Laetare", John Noonan, juge à la cour d'appel des Etats-Unis, ancien professeur de droit à Notre Dame et auteur apprécié de nombreux essais sur le développement de l’enseignement moral catholique.

Comme on pouvait s’y attendre, le président Obama a fait un discours à la rhétorique puissante et efficace. Il a combiné d’émouvantes références à son histoire personnelle et un appel passionné à la courtoisie et au dialogue, notamment quand des citoyens ont des croyances et des points de vue différents. Il en a fait une condition préalable pour un échange constructif dans une démocratie et pour créer un "terrain commun". Il a mis en garde contre la tentation de diaboliser ceux avec qui l’on n’est pas d’accord.

Obama a dit que, jeune travailleur social à Chicago, il avait été inspiré par feu le cardinal Joseph Bernardin, qu’il a qualifié d’"homme gentil, bon et sage". Il a aussi indiqué combien il avait été impressionné par les Eglises chrétiennes qui, dans la zone de Chicago, travaillaient ensemble au service des pauvres et des marginaux. C’est leur témoignage qui l’a incité à devenir membre de l’une des paroisses protestantes.

Même ceux qui ont critiqué l’invitation de Notre Dame et le discours du président reconnaissent qu’il a fait des gestes en direction des préoccupations de ceux qui le critiquent. Il a parlé d’un effort commun pour réduire le nombre d’avortements, promouvoir l'adoption d’enfants en bas âge et protéger par une "clause de conscience" les médecins et infirmiers opposés à l’avortement. Ce serait des pas significatifs, s’ils entraient en vigueur.

Mais les critiques soulignent que l'appel du président au dialogue, s’il est habile stratégiquement, sert à camoufler des questions d’une importance considérable. Selon eux, son appel à une discussion courtoise masque un soutien inflexible au droit à l’avortement, qui frappe le droit à la vie des plus vulnérables créatures de Dieu. Et, clairement, l'invitation à continuer le dialogue peut être un expédient commode puisque, en définitive, le pouvoir de décision et de mise en œuvre est uniquement aux mains de celui qui lance l'appel et détient l’impressionnant pouvoir de la présidence.

Alors, dans cette impasse apparente, où se trouve l’espoir? Je voudrais attirer l'attention sur trois points du discours présidentiel qui ont été peu commentés jusqu’à présent. D’abord, il n’a pas simplement dit que, grâce au témoignage de chrétiens socialement engagés, il était devenu membre d’une Eglise. Il a dit une chose plus remarquable: que, grâce à leur témoignage, "il avait été conduit au Christ". Aller au Christ, bien sûr, comporte des conséquences morales, mais, au-delà de la morale, cela implique un nouvel ordre de relations et une conversion permanente.

Deuxième point: est-ce à la lumière de cette venue au Christ que le président Obama a pu parler, de façon presque augustinienne, de "péché originel"? Je ne me souviens pas d’avoir entendu le concept de péché originel dans la bouche d’un précédent président américain et sûrement pas avec la force et la conviction dont Obama a fait preuve. Il a parlé de "notre égoïsme, notre orgueil, notre obstination, notre volonté de posséder, nos incertitudes, nos egos", tout ce qui nous atteint tous, brouille notre intelligence et diminue notre amour.

Enfin, le président Obama a fait appel à la "loi qui unit tous les peuples croyants et incroyants... C’est bien sûr la règle d’or: l'appel à traiter l'autre comme nous voulons être traités, l'appel à l'amour, l'appel à servir". Même s’il n’a pas employé le mot, c’est ce que dit la tradition catholique quand elle parle de la loi naturelle inscrite dans le cœur des hommes par leur Créateur.

Donc, si à un premier niveau le président a paru se concentrer surtout sur un dialogue respectueux et sur des "mots impartiaux", à un niveau plus profond il a semblé chercher des principes unificateurs, peut-être même différents de ses positions précédemment exprimées. En effet ces principes, s’ils étaient pleinement développés, pourraient même amener le président – non sans sacrifices personnels – à revoir certaines des pratiques qu’il soutient actuellement.

En un généreux hommage, le président Obama a appelé Notre Dame un "phare spécifique, qui apporte les lumières de la sagesse de la tradition catholique". Un bel exemple de cette sagesse catholique est le juge John Noonan, qui a fait le discours "Laetare" à la place de l'ambassadeur Glendon. Il est regrettable que son discours mesuré n’ait presque pas été cité dans les comptes-rendus des médias, obsédés par les célébrités et les polémiques. Mais ses propos, concis, respectueux, mais ciblés, méritent une grande attention. Il a parlé d’une voix douce et calme, comme un murmure de la conscience.

Le juge Noonan a parlé du développement de la sensibilité morale de l’homme, qui a amené le monde civilisé à dénoncer les génocides, les tortures, l’esclavage comme d’inqualifiables maux moraux. Mais il a bien montré que cette netteté morale est le fruit de siècles de conflits, d’expériences, d’intuitions douloureuses et "de la lumière qu’irradie l’Evangile". Et il a insisté sur le fait que, si la "conscience" doit être toujours respectée et jamais contrainte, toutes les consciences ne sont pas aussi éclairées moralement et aussi droites.

De manière significative, Noonan a choisi un exemple frappant pour expliquer sa pensée: le débat entre le président Abraham Lincoln et l'ancien esclave Frederick Douglass. La clarté morale et la conviction de Douglass contribuèrent à guider la démarche morale de Lincoln jusqu’à ce qu’il publie la "Proclamation d’émancipation" qui donna la liberté aux esclaves dans les Etats sécessionnistes. Cela implique, de manière subtile mais tout à fait claire, que le président Obama peut, comme Lincoln qu’il vénère, parvenir à plus de clarté à propos de la grave question morale de l'avortement.

Un autre aspect du discours du juge Noonan, qui a échappé même à ceux qui ont pris la peine de l’écouter, est la référence implicite à John Henry Newman. Dans une phrase qui fait écho à Newman à la fois quant au fond et à la forme, Noonan a dit: "Par la conscience nous percevons ce que Dieu attend de nous... Ce guide mystérieux, impalpable, imprescriptible, indestructible et indispensable gouverne notre vie morale". Pour Newman comme pour Noonan, la conscience n’est ni un besoin atavique, ni une impulsion émotionnelle, ni une création de l’homme, mais la voix de Dieu. Ainsi comprise, la conscience est, pour reprendre la forte formule de Newman, "le premier de tous les vicaires du Christ". Comme Newman l’écrivit dans sa célèbre lettre au duc de Norfolk: "La conscience a des droits parce qu’elle a des devoirs; mais aujourd’hui, pour bien des gens, la conscience a tout à fait le droit et la liberté de faire abstraction de la conscience, de ne pas tenir compte du Législateur et Juge, de se libérer des obligations invisibles".

L’enjeu du conflit sur l’avortement, aux Etats-Unis et ailleurs, est de savoir quelle forme de conscience prévaudra: la conscience comme volonté de Dieu ou comme volonté personnelle? L’espoir qui soutient ceux qui ont été formés dans la tradition de la sagesse catholique est la formule inscrite sur la médaille "Laetare", citée par le juge Noonan en conclusion de son discours: "Magna est Veritas et praevalebit", la Vérité est grande et elle prévaudra.

Mais il y a un autre espoir, tissé presque imperceptiblement dans le tissu des toges académiques de Notre Dame, y compris celle que portait le président Obama pour recevoir son diplôme honoraire. Trois mots latins - Vita, Dulcedo, Spes - qui viennent, bien sûr, de la vieille prière à la Vierge, le "Salve Regina". Marie est vie, douceur et espérance, trois valeurs incarnées dans le fruit de ses entrailles et des entrailles de toutes les mères: "benedictum fructum ventris". Puisse la Mère de Dieu, Siège de la Sagesse, guider et inspirer son université afin que la Vérité de l’Evangile puisse effectivement prévaloir.


Le texte intégral du discours d’Obama à l'université de Notre Dame:

> Commencement Address


Et celui du juge John T. Noonan:

> "Laetare" Remarks


Trois commentaires critiques contre le Vatican et "L'Osservatore Romano". Celui de Deal Hudson sur "Insidecatholic.com":

> "L'Osservatore Romano" Needs a New Editor

Celui de George Weigel sur "National Review Online":

> Parsing the Vatican Newspaper

Celui de Michael Novak dans le quotidien italien "Liberal":

> Osservatore traditore


La note (22 mai) du cardinal Francis E. George, président de la conférence des évêques des Etats-Unis:

> Cardinal George grateful for Obama promise...


Et celle du secrétaire de la conférence, David Malloy:

> USCCB General Secretary urges respect for human life...


Le commentaire de Robert Imbelli sur le discours de prise de fonctions d’Obama, dans "L'Osservatore Romano" du 28 janvier 2009:

> Obama, Lincoln e gli angeli

Et son analyse du livre "Render Unto Caesar" de l'archevêque de Denver, Charles J. Chaput, dans "L'Osservatore Romano" du 12 août 2008:

> Comment faire de la politique quand on est catholique. L'aide-mémoire de Denver


A propos d’Obama, Notre Dame et "L'Osservatore Romano", le précédent article de www.chiesa:

> Ange ou démon? Au Vatican, Obama est l'un et l'autre (8.5.2009)



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

11.03.2009

Etats-Unis: les évêques déplorent l'utilisation de l'argent public pour détruire les vies humaines

AMERIQUE/ETATS-UNIS - A propos de la recherche sur les cellules staminales embryonnaires, les évêques déplorent l’utilisation de l’argent public pour détruire des vies humaines

 

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Washington (Agence Fides) – Le Cardinal Justin Rigali, (photo) chef du Comité d’activités pro-vie de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis (USCCB), à travers un communiqué, a déploré la décision du président Barack Obama de permettre la recherche sur les cellules staminales embryonnaires, définissant la décision de « triste victoire de la politique sur la science et sur l’éthique ».

Comme on l’apprend par le communiqué, c’est la première fois dans l’histoire des Etats-Unis qu’on utilise de l’argent public pour détruire des vies humaines à travers ce type de recherche scientifique.

Selon le Card. Rigali, l’action d’Obama « est moralement incorrecte car elle encourage la destruction de vies innocentes, traitant des êtres humains vulnérables comme de simples produits que l’on récolte. D’autre part, il dénigre les valeurs de millions de contribuables américains qui s’opposent à une recherche demandant la perte de vies humaines ».

En outre, continue le texte, « il ignore le fait que d’ici peu des moyens éthiquement corrects pourront être disponibles, grâce à l’avancée de la recherche sur les cellules staminales, qui nécessiteront un plus grand soutien ».

La note de l’USCCB rappelle aussi une lettre récente du 16 janvier signée par le Cardinal Francis George, président de l’Episcopat américain, dans laquelle étaient présentées trois raisons contre ce type de recherche, encouragée désormais par le président Obama, et expliquant pourquoi elle n’est pas nécessaire et est immorale. Parmi ces trois raisons il y a le succès de la recherche à partir des cellules staminales adultes, qui a fait que « les cellules staminales embryonnaires ne sont pas importantes pour le progrès médical », car les cellules adultes obtenues par le cordon ombilical « ont une grande universalité et sont de plus en plus utilisées pour venir à bout de graves maladies, aidant même à reconstruire des organes endommagés ».

« Si le gouvernement veut investir sur les soins et promouvoir une science éthique, il doit utiliser l’argent des impôts pour une recherche dans laquelle tous puissent vivre, à toutes les étapes du développement humain” conclut le communiqué.

(Agence Fides 10/3/2009)

Corée du Sud: Campagne pour la vie par l'image

ASIE/COREE DU SUD - Campagne pour la vie à travers des films, des courts-métrages et des vidéos

 

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Cathédrale de Myeongdong, église prinicpale de la Corée du Sud


Séoul (Agence Fides) – La campagne pour le respect de la vie humaine depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle passe par une sensibilisation de la population coréenne et par une prise de conscience de l’opinion publique, qui doit nécessairement utiliser les nouveaux médias. C’est pourquoi l’Eglise de Corée a décidé de lancer une campagne pour la vie à travers des instruments de communication comme des films, des courts-métrages et des vidéos, qui seront diffusés dans tout le pays, à l’échelle nationale.

La culture de l’image et des vidéos est désormais prédominante, notamment dans la croissance et dans l’apprentissage des jeunes: les stimulations et les exhortations du Pape Benoît XVI dans le Message pour la Journée mondiale des communications sociales 2009 ne laissent pas de doutes sur l’urgence d’évangéliser par l’intermédiaire des nouveaux médias et des nouvelles technologies: partant de ces considérations, la Commission „Justice et paix” de la Conférence épiscopale de Corée et la Commission pour la vie de l’Archidiocèse de Séoul ont imaginé ce projet qui entend trouver des fonds pour la production de films courts à diffuser de différentes façons: dans des salles de communautés, dans des paroisses et des associations chrétiennes et non chrétiennes, sur les télévisions à caractère national, à travers le réseau Internet.

Le thème central de ces films – pour lesquels nous serons appelés auteurs et producteurs experts dans le domaine chrétien - est de promouvoir la culture de la vie dans le langage et dans la communication vidéo. On prêtera attention à la vie naissante, avec des histoires concernant le thème de l’avortement et celui de la manipulation d’embryons, en expliquant les bases et les motivations de la doctrine de l’Eglise dans le domaine de la bioéthique.

Il y aura d’autres films qui seront centrés sur l’euthanasie, sur la fin de la vie et sur la peine de mort, renforçant la campagne pour l’abolition définitive de la peine capitale. Une présentation de tous les films et vidéos produits est attendue pour le 10 octobre 2009, Journée internationale pour l’abolition de la peine de mort.

L’Eglise coréenne continue à réfléchir, à investir en ressources et attention sur les questions de bioéthique, sur la défense et sur la promotion de la vie humaine. En 2008 elle a annoncé sa volonté d’instituer une „Académie internationale pour la vie” qui unisse les efforts en Asie orientale et fonctionne comme une locomotive pour la recherche médicale et scientifique. Sur le plan pastoral, les fidèles sont appelés à promouvoir activement dans leur expérience quotidienne et dans toute la société coréenne une culture de la vie, s’opposant à la „culture de mort” envahissante.

(Agence Fides 9/3/2009)