05/05/2009

Apprendre à voir, dans l’Eglise, la présence de Dieu, sa beauté, sa présence dans le monde

VATICAN - Discours du Pape Benoît XVI à l’audience générale hebdomadaire: « Prions Dieu pour qu’il nous enseigne à voir, dans l’Eglise, sa présence, sa beauté, à voir sa présence dans le monde, et pour qu’il nous aide à être nous aussi transparents à sa lumière »

 

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Rome (Agence Fides) - La catéchèse du Pape Benoît XVI, à l’occasion de l’audience générale hebdomadaire de ce mercredi 29 avril, a été consacrée à Saint Germain de Constantinople. Le Saint-Père a rappelé à son sujet : « Il n’appartient pas aux figures les plus représentatives du monde chrétien oriental de langue grecque, et toutefois son nom apparaît avec une certaine solennité dans la liste des grands défenseurs des images sacrées ».

Le Saint-Père a donné ensuite quelques éléments principaux de la vie de Saint Germain : « Pendant le Patriarcat de Germain (715-730), la Capitale de l’Empire Byzantin, Constantinople, subit un assaut très dangereux de la part des Sarrasins. A cette occasion (717-718) fut organisée une procession solennelle dans la ville, avec l’ostension de l’Image de la Mère de Dieu, la Theotokos, et de la Relique de la Sainte Croix, pour invoquer d’En-Haut la défense de la ville. De fait, Constantinople fut libérée de ce siège… Le Patriarche Germain, après cet événement, eut la conviction que l’intervention de Dieu devait être considérée comme une approbation évidente de la piété manifestée par le peuple envers les Saintes Icônes. L’Empereur Léon III fut d’un avis complètement différent, et, à partir de cette année précisément (717), il s’installa comme Empereur indiscuté dans la Capitale sur laquelle il régna jusqu’en 741. Après la libération de Constantinople et après une série de victoires, l’Empereur chrétien commença à manifester toujours plus ouvertement sa conviction que le renforcement de l’Empire devait commencer précisément par une réforme des manifestations de la foi, en se référant particulièrement au risque d’idolâtrie auquel, à son avis, le peuple était exposé en raison du culte excessif des Icônes. Les rappels du Patriarche Germain à la tradition de l’Eglise et à l’efficacité effective de certaines images, qui étaient reconnues uniquement comme étant ‘miraculeuses’, n’eurent aucun effet ».

Le 7 janvier 730, l’Empereur prit position contre le culte des images, et Germain, qui ne voulut en aucune manière se plier au vouloir de l’Empereur, fut contraint de donner sa démission de Patriarche, se condamnant ainsi lui-même à l’exil dans un monastère où il mourut oublié presque de tous. C’est seulement à l’occasion du Deuxième Concile de Nicée (787), que les Pères orthodoxes reconnurent les mérites de Germain.

Le Patriarche Germain avait grand soin des cérémonies liturgiques ; en outre « plusieurs de ses œuvres eurent une certaine résonnance en raison surtout de certaines de ses intuitions sur la ‘mariologie’. On a conservé de lui, en effet, plusieurs homélies sur des thèmes mariaux, et plusieurs d’entre elles ont marqué profondément la piété de générations entières de fidèles, en Orient et en Occident ».
Un de ces textes fut cité par le Pape Pie XII, dans la Constitution Apostolique « Munificentissimus Deus » (1950), par laquelle il déclara le dogme de foi de l’Assomption de Marie. Ce texte fut présenté par le Pape comme un des arguments en faveur de la foi permanente de l’Eglise sur l’Assomption corporelle de Marie au Ciel. Le Patriarche Germain a été reconnu, selon la tradition byzantine, comme un de ceux qui avaient beaucoup contribué à maintenir vivante la conviction que la « beauté de la parole, du langage, et la beauté de l’édifice sacré et de la musique, devaient coïncider ».

Si l’on se pose la question de savoir quel enseignement nous pouvons tirer aujourd’hui de la vie et des œuvres de ce Saint, « chronologiquement et aussi culturellement assez éloigné de nous », le Pape Benoît XVI a indiqué trois points : Le premier, c’est une certaine visibilité de Dieu dans le monde, dans l’Eglise, que nous devons apprendre à percevoir. Dieu a créé l’homme à son image, mais cette image a été recouverte la grande souillure du péché, en conséquence de laquelle Dieu ne transparaissait presque plus. Aussi, le Fils de Dieu s’est fait vrai homme, image parfaite de Dieu : dans le Christ, nous pouvons ainsi contempler aussi le visage de Dieu, et apprendre à être nous-mêmes de vrais hommes, de vraies images de Dieu. Le Christ nous invite à L’imiter, en sorte que, en chaque homme, transparaisse de nouveau le visage de Dieu… La deuxième chose est la beauté et la dignité de la liturgie. Célébrer la liturgie en ayant conscience de la présence de Dieu, avec cette dignité et cette beauté qui en fasse voir un peu la splendeur, est la tâche de tout chrétien formé dans sa foi. La troisième chose, c’est aimer l’Eglise. Et précisément, à propos de l’Eglise, nous, les hommes, nous sommes portés à voir surtout les péchés, le négatif ; mais, avec l’aide de la foi, qui nous rend capables de voir de manière authentique, nous pouvons également, aujourd’hui et toujours, redécouvrir en elle la beauté divine ».

Puis le Saint-Père a conclu sa catéchèse par cette invitation : « Prions Dieu pour qu’il nous enseigne à voir, dans l’Eglise, sa présence, sa beauté, à voir sa présence dans le monde, et nous aide nous aussi à être transparents à sa lumière ».

(Agence Fides, 30 avril 2009)