08.05.2012

La personne n'est pas une marchandise : un congrès contre la traite à Rome

esclavage.JPGLe trafic des personnes est l’activité illégale la plus lucrative dans le monde après le commerce illégal des armes et implique 2,4 millions de personnes par an : un défi de taille pour la communauté internationale. La question a été abordée lors d’une conférence internationale ce mardi à Rome, organisée par la Conférence des évêques catholiques d’Angleterre et du Pays de Galles, sous les auspices du Conseil pontifical Justice et Paix, et avec la participation du Conseil pour les Migrants et les personnes en déplacement. 70 personnes environ venues d’une vingtaine de pays : des officiers de police, des diplomates, des humanitaires, des religieux, unis pour lutter contre ce fléau.

Lire la suite

12.02.2011

Le ciel et l'enfer existent

6 TOA ev

 

 

Dans l’évangile de ce jour, Jésus parle de la géhenne. Le mot est la transcription de l'hébreu Ge-Hinnon (Val de Hinnon) vallée située au sud de Jérusalem, où l'on avait pratiqué des sacrifices d'enfants en l'honneur du dieu Moloch. Quand les juifs ont décidé de mettre fin à ses pratiques, ils en ont fait un lieu d’incinération (à ciel ouvert !) des immondices. Mais le feu de ces sacrifices humains était resté le symbole du châtiment de ceux qui refusent le salut de Dieu, et la Géhenne, dans le Nouveau Testament, est synonyme de lieu de malédiction. La symbolique de la Géhenne est souvent liée à celle de l’enfer.


Le fait que le Christ fait souvent mention de l’enfer dans les évangiles a fait dire à certains critiques que l’Eglise a manipulé les hommes faibles et les superstitieux par une peur irrationnelle. Ces reproches sont totalement infondés. Les mises en garde du Christ sont celles d’un ami. Jésus sait que nous ne pouvons connaître le bonheur de l’éternité que dans l’amitié avec Dieu. Il veut ce bonheur pour tous les hommes, et donc, il nous met en garde contre tout ce qui pourrait mettre en péril ou détruire cette amitié, et finalement nous entraîner à l’éternité sans Dieu.


C’est donc une perspective vraiment très douloureuse, car l’être humain a été créé pour vivre en union avec Dieu ; l’éternité sans Dieu, c’est la frustration par excellence.


Puisque Jésus nous aime, il nous dit la vérité, même si elle est dure. Mais il y a une autre facette de cette vérité. C’est ce deuxième aspect auquel se réfère saint Paul dans la deuxième lecture de ce dimanche.

 

Pour lire la suite de l'homélie, cliquer sur le logo Praedicatho :

 

logo Praedicatho 300pp.gif


04.05.2010

Le diable et le philosophe – second volet

Quelles formes prend aujourd’hui Satan, et quel est son sexe, s’il en a un ? Depuis l’iconographie médiévale il est représenté comme un monstre humain, griffu avec de longues oreilles pointues, une poitrine de femme, des pieds fourchus et une longue queue. Mais doit-on parler du « maître de l’enfer » au féminin ou au masculin ?

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/42/Fabrice_Hadjadj.jpg


Écoutez Fabrice Hadjadj, philosophe et auteur de « La foi des démons ou l’athéisme dépassé » aux éditions Salvator: >>

Gros plan réalisé par Thomas Chabolle.

11.08.2009

L’homme ne peut jamais se substituer à Dieu

L’homme ne doit jamais se substituer à Dieu. C’est l’avertissement lancé par le Pape, ce dimanche, à l’Angélus. Selon Benoît XVI, l’athéisme et le nihilisme, qui n'ont cessé de gagner du terrain dans l'histoire récente, ont abouti à l’enfer des camps d’extermination.

 

pope castelgandolfo angelus Pictures, Images and Photos


Quelque milliers de personnes se pressaient, ce dimanche, dans la petite cour intérieure du Palais apostolique de Castelgandolfo pour écouter le Pape, à l’occasion de la prière de l’Angélus. Dans le contexte de l’année sacerdotale, Benoît XVI s’est livré au même exercice que la semaine dernière, en évoquant des vies de saints dont on célèbre ces jours-ci la mémoire liturgique. Et en particulier celles de deux martyrs tués à Auschwitz: sainte Thérèse Bénédicte de la Croix, dans le siècle Edith Stein, une juive convertie au christianisme et devenue carmélite, et saint Maximilien Kolbe, franciscain polonais. L’occasion pour le Pape de développer une réflexion sur le mal symbolisé par les camps nazis.

Pour Benoît XVI le mal découle de la négation de Dieu. "Les camps d’extermination nazis, comme tous les autres camps d’extermination - a-t-il dit - peuvent être considérés comme des symboles extrêmes du mal, de l’enfer qui s’ouvre sur la terre quand l’homme oublie Dieu, quand il se substitue à Lui, en lui usurpant le droit de décider de ce qui est bien et de ce qui est mal, de donner la vie et la mort". Mais pour Benoit XVI ce triste phénomène n’est pas limité aux camps d’extermination. Ceux-ci - a-t-il dit - représentent plutôt le pic culminant d’une réalité plus vaste et diffuse, dont les contours sont souvent flous.


Les saints nous aident à réfléchir sur les profondes divergences qui existent entre l’humanisme athée et l’humanisme chrétien.

"Il s’agit d’une antithèse qui traverse toute l’histoire et qui a atteint un point crucial à la fin du second millénaire avec le nihilisme contemporain. Les événements l’ont d’ailleurs largement démontré".

Le Pape a déploré les courants idéologiques et philosophiques, mais aussi, toujours plus, des façons de penser et d’agir qui exaltent la liberté comme principe unique pour l’homme en alternative à Dieu. De cette manière – explique Benoît XVI - on transforme l’homme en un dieu, mais c’est un faux dieu qui fait de l’arbitraire sa propre règle de vie. Les saints au contraire, montrent le vrai visage de Dieu qui est Amour, et dans le même temps, le visage authentique de l’homme créé à l’image de Dieu

Benoit XVI a demandé que l’on prie pour que tous les fidèles et en particulier les prêtres suivent l’exemple des saints, témoins héroïques de la foi jusqu’au martyre, afin d’offrir une réponse crédible et exhaustive à la crise profonde du monde contemporain. Cette réponse c'est celle de la charité dans la vérité.

Comme chaque semaine, le Pape s'est exprimé en plusieurs langues dont le Français.

Ecoutez Radio Vatican: >>

30.03.2009

'Les évangéliques à la conquête du monde', enquête de Patrice de Plunkett

Les leçons à tirer de ce voyage sur les ailes d’un réveil évangélique

ROME, Lundi 30 mars 2009 (ZENIT.org) - « Les évangéliques à la conquête du monde » (Perrin, pour télécharger un extrait) : c'est le titre de la nouvelle enquête passionnante de Patrice de Plunkett. L'auteur explique aux lecteurs de Zenit l'enjeu d'une prise de conscience d'un phénomène complexe et les leçons à tirer de ce voyage sur les ailes d'un réveil évangélique.  


 
Zenit : Patrice de Plunkett, qu'est-ce qui a motivé votre enquête ?  

Patrice de Plunkett : L'ampleur et le dynamisme du phénomène des protestants évangéliques sur les cinq continents, et notamment en France !  D'où vient que les assemblées évangéliques dans l'Hexagone attirent un public nombreux, croissant, jeune, venant des milieux pauvres, alors que beaucoup de paroisses catholiques françaises ont une fréquentation déclinante, âgée et bourgeoise ? Comment se fait-il que le public des cultes évangéliques soit si chaleureux, alors que le public catholique (en France) est souvent froid ? Comment se fait-il que les évangéliques fassent tant de conversions en prêchant sur le péché, les souffrances de la Passion de Jésus, le Ciel et même l'enfer : sujets qu'une certaine pastorale catholique des années 1970-1980 avait éloignés, les jugeant  « rebutants pour l'homme et la femme d'aujourd'hui » ? Est-ce que nous ne nous étions pas trompés à ce moment-là sur les attentes de nos contemporains ?

Je me suis donc lancé dans cette enquête de terrain, et j'ai passé des mois à assister aux cultes évangéliques dans toutes les régions françaises, en discutant avec des convertis. J'ai enquêté à l'étranger, au Brésil, en Corée, aux Etats-Unis. Et aussi dans le passé, pour comprendre d'où vient la spiritualité évangélique avec ses nuances et ses contradictions - qui prennent leur source dès l'époque de Calvin, dont le 500e anniversaire est célébré cette année.

 
Zenit : Il n'y a donc pas seulement la réalité américaine de son influence sur les autres continents ? Quelles sont les origines de l'évangélisme ?  

Patrice de Plunkett : Elles sont en Europe et dès le début de la Réforme. Celle-ci renonce à la Présence réelle eucharistique, qui est le cœur du catholicisme et qui saisit l'homme tout entier, corps, âme et esprit. Pour pallier ce « manque » radical, Calvin propose une religion du Texte et de la prédestination. Mais, tout de suite, une branche du protestantisme cherche autre chose : une religion du Cœur et du choix personnel...  C'est l'aventure des « anabaptistes », d'abord persécutés, donc guerriers, puis écrasés mais renaissant aussitôt sous une nouvelle forme, pacifique... Au fil des siècles, c'est la floraison d'un nombre infini de courants différents, jusqu'à l'incroyable diversité des innombrables Eglises évangéliques en 2009 sur toute la planète. Mais j'insiste : l'évangélisme a des racines historiques anciennes et profondes chez nous. Témoin le phénomène extraordinaire des « petits prophètes » des Cévennes, pendant la guerre des Camisards au tout début du XVIIIe siècle : une explosion de charismes humainement inexplicables, et dont les manifestations ressembleront étonnamment à ce qui se passe dans le pentecôtisme d'aujourd'hui, partout dans le monde.

Bien sûr, mon enquête étudie ce qui s'est passé aux Etats-Unis : le premier Réveil évangélique au XVIIIe siècle, sous l'influence de prédicateurs dont certains venaient d'Angleterre, où Wesley faisait sa révolution en propageant une religion du Cœur et de l'illumination... Puis le XIXe avec de nouveaux Réveils... Puis la genèse du pentecôtisme, qui surgit en 1900, et la « religion américaine », au XXe, avec ses implications politiques particulièrement visibles à l'époque de G. W. Bush. Et maintenant, l'apparition de nouvelles formes évangéliques en rupture avec le conservatisme « bushien » : des évangéliques contestataires, sociaux, écologiques, expérimentaux. C'est le très intéressant mouvement des « emerging churches », que les catholiques ont intérêt à étudier de près. 

Zenit : Comment les évangéliques dont vous parlez s'insèrent-ils dans le  dialogue œcuménique? Proposent-ils un second baptême, lorsque d'autres baptisés les rejoignent? Car, depuis le concile notamment, le baptême est reconnu comme le sacrement de l'unité par excellence...  

Patrice de Plunkett : L'évangélisme est un phénomène gigantesque et contradictoire. Certains courants sont anti-œcuméniques. D'autres sont oecuméniques : on l'a vu par exemple au Forum chrétien mondial de Nairobi (2007), qui a ouvert un domaine de rencontre inédit axé sur l'échange spirituel. Beaucoup d'évangéliques sont « anabaptistes » : ils rebaptisent leurs convertis ex-catholiques, parce qu'ils voient le baptême comme une manifestation du choix de l'adulte ayant « accepté Christ comme Sauveur » - et c'est le contraire de la théologie du baptême selon Rome, mais aussi selon Calvin, qui était partisan du baptême des petits enfants ! Dans certains cultes évangéliques, le pasteur annonce que la Sainte Cène est réservée à ceux qui ont été baptisés adultes par immersion. Dans d'autres, la Sainte Cène est proposée à tous les assistants, sans discrimination... C'est d'ailleurs avec ce dernier courant que les catholiques dialoguent difficilement, parce que ce courant ne comprend pas pourquoi l'Eucharistie catholique est réservée aux catholiques ! Il faut avoir fait l'expérience de ce butoir (pénible pour les deux parties mais incontournable), pour savoir combien douloureux peut être le dialogue sincère. J'en suis témoin, et je le raconte dans le livre. 

Zenit : Un évêque a récemment déploré l'influence des évangéliques  en Irak : doit-on y voir une nouvelle forme de colonialisme, disons,  « ingénue », qui a dû mal à comprendre les anciennes Eglises  orientales ? Ou faut-il y discerner une stratégie politique calculée pour contrôler le pays ?  

Patrice de Plunkett : Il y a une part de manipulation du religieux par la politique de Washington. En revanche, il y a aussi un prosélytisme très sincère de la part des agences missionnaires évangéliques, qui souvent ne sont plus américaines, mais coréennes ou brésiliennes ! En Algérie, où j'ai enquêté, les Kabyles convertis au protestantisme évangélique - je suis en contact avec plusieurs d'entre eux - ne sont nullement des agents de l'étranger (américain ou « sioniste », comme dit le gouvernement d'Alger) : ce sont d'authentiques Algériens, convertis pour des raisons spirituelles... Mais ils sont mis en danger par les déclarations belliqueuses d'agences protestantes américaines, qui divaguent à l'encontre de « l'islam satanique » sans penser une minute à la sécurité des musulmans devenus chrétiens.

 
Zenit : Il y déjà quelques années, mais l'autorité de l'observateur vaut qu'on s'en souvienne, de retour d'Amérique latine, le cardinal Godfried Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles, avait  déploré le développement de « sectes » chrétiennes, surtout au Brésil,  « à coups de dollars », comme faisant partie d'une volonté délibérée de limiter l'influence de l'Eglise catholique, surtout dans le domaine de  la contraception... qui représente un marché milliardaire. On peut parler aujourd'hui d'une instrumentalisation « commerciale » ?  

Patrice de Plunkett : Au Brésil on voit, sans doute, certaines « Eglises » déplaisantes : à peine chrétiennes, prêchant « l'Evangile de la prospérité » (« si tu es pauvre ou malade, c'est que tu ne pries pas assez et que tu ne donnes pas assez à ton Eglise »). Mais on voit aussi des agences missionnaires très sincères, qui envoient des groupes de jeunes évangéliser dans la rue jusqu'en Angleterre, pour « rechristianiser l'Europe devenue païenne » ! Gardons-nous de mélanger les uns et les autres. Je raconte que j'ai vu en Seine Saint-Denis des « Eglises » effrayantes, prêchant une religion qui n'a plus de rapport avec l'évangile, et même injuriant le catholicisme pendant leurs cultes. Mais j'ai vu d'autres assemblées très sympathiques, vraiment chrétiennes, ouvertes à l'œcuménisme. Il faut que les catholiques s'informent pour savoir se repérer dans cet univers étrange. C'est la raison pour laquelle j'ai écrit ce livre.

 
Zenit : Les phénomènes religieux que vous relevez ont eu et ont une influence positive aussi sur le Renouveau charismatique catholique et les fruits de conversion et d'évangélisation sont  indéniables. Il n'y a pas si longtemps, à la Sorbonne (Paris IV), seuls  les Evangélistes (GBU) proposaient la Bible aux étudiants et témoignaient ouvertement de leur foi.... Et les évangéliques suisses, par exemple, témoignent de la charité du Christ dans des assemblées fraternelles qu'on rêverait de voir dans certaines paroisses....  

Patrice de Plunkett : Oui, et j'en sais quelque chose puisque je suis un converti de Paray-le-Monial dans les années 1985-1990 ! Les évangéliques réveillent les catholiques. Il y a beaucoup de choses à prendre chez eux. Mais les catholiques doivent veiller à ne pas se tromper : le trésor catholique est la Présence réelle eucharistique, cœur de la paroisse ; c'est à partir de là que la paroisse peut ressusciter, se revitaliser, devenir un véritable creuset d'amitié et de solidarité effective, de vie sociale ! C'est en redécouvrant l'adoration eucharistique - charisme de Paray - que la paroisse catholique perdra sa froideur actuelle, deviendra aussi chaleureuse que les communautés évangéliques, et attirera les conversions. J'ai discuté avec beaucoup de jeunes devenus chrétiens par la découverte d'assemblées évangéliques ; beaucoup d'entre eux avaient commencé par tenter une paroisse catholique, et avaient pris la fuite parce que (disent-ils) « les gens ne se parlaient pas et ne me parlaient pas ». Pour le lecteur catholique, c'est la grande leçon de cette enquête : il faut que nous la méditions tous. 

Propos recueillis par Anita S. Bourdin