08.05.2012

La personne n'est pas une marchandise : un congrès contre la traite à Rome

esclavage.JPGLe trafic des personnes est l’activité illégale la plus lucrative dans le monde après le commerce illégal des armes et implique 2,4 millions de personnes par an : un défi de taille pour la communauté internationale. La question a été abordée lors d’une conférence internationale ce mardi à Rome, organisée par la Conférence des évêques catholiques d’Angleterre et du Pays de Galles, sous les auspices du Conseil pontifical Justice et Paix, et avec la participation du Conseil pour les Migrants et les personnes en déplacement. 70 personnes environ venues d’une vingtaine de pays : des officiers de police, des diplomates, des humanitaires, des religieux, unis pour lutter contre ce fléau.

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28.03.2012

Notre Dame de la Charité d'El Cobre, patronne de Cuba

virgen de la caridad del cobre.jpegL’histoire du sanctuaire de Notre Dame de la Charité où s'est rendu Benoît XVI ce mardi est intimement lié à l’histoire politique et sociale de Cuba. Si l’origine du lieu remonte au XVII ème siècle, plusieurs légendes sont rapportées pour en expliquer les racines historiques.

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18.06.2010

L’esclavage moderne au Brésil, le témoignage d'un frère dominicain

Au Brésil, les grands propriétaires terriens sont rois : des cultures gigantesques, travaillées par des centaines d’ouvriers agricoles. Vivant dans des conditions déplorables, ces immigrés qui proviennent pour la plupart du nord du pays, sont trop souvent exploités, non payés parfois, ou une misère. Des esclaves modernes en somme.

 

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Un coupeur de canne à sucre dans une immense propriété située à 300 km de São Paulo.

(Reuters)


Réélu en octobre 2006 à la tète du pays pour un second mandat, Lula avait promis d’éradiquer ce fléau du travail esclave. Quatre ans plus tard, c’est un demi constat d’échec qui est fait. Des choses bougent dans la société mais les lobbies des grands propriétaires sont puissants.

Le frère dominicain Xavier Plassat travaille depuis 27 ans avec la Commission Pastorale de la Terre. Coordinateur de la campagne nationale contre le travail esclave au Brésil, il revient sur la situation dans le pays. Il est interrogé par Charles-François Brejon (Radio Vatican): >>


15.01.2010

Haïti: le séisme et la communauté des 'Restavecs'

Caché dans les décombres du séisme qui a frappé mardi soir Haïti figure également le triste sort des Restavecs ou Restaveks - du français "reste avec" -, constitués par plus de 225.000 enfants de familles extrêmement pauvres qui les ont envoyés vivre et travailler dans des foyers un peu moins pauvres pour gagner de quoi manger.

 

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De nombreux rapports et sondages publiés ces dernières années par la Fondation panaméricaine sur le développement (Padf) ont largement dénoncé ce phénomène, précisant notamment que les deux tiers de ces "jeunes nouveaux esclaves" sont constitués de fillettes âgées de six à 12 ans. Un rapport de la Padf intitulé "Enfance Perdue" décrit dans le détail la journée caractéristique des jeunes Restaveks, qui sont les premiers à se réveiller le matin et les derniers à se coucher le soir, qui travaillent de 12 à 16 heures par jour, ne vont pas l'école et doivent effectuer des travaux de toute sorte : puiser de l'eau, faire le ménage, aller au marché, accompagner d'autres enfants à l'école ; ils peuvent même être battus voire tués. Le recrutement de ces enfants, parfois véritablement réduits à l'esclavage - précise le rapport -, est dû à la pauvreté extrême de larges franges de la population dans un pays où de 70 à 80% des habitants vivent avec moins de deux dollars par jour. Il est assez facile d'imaginer que le séisme a contribué à détériorer davantage les conditions d'existence des enfants restaveks rescapés.

 

MISNA

06.07.2009

Bienvenue à Obama. Le Vatican lui joue un prélude de fête

A la veille de la visite du président des Etats-Unis au pape, le cardinal Cottier, théologien officiel de la maison pontificale pendant de nombreuses années, écrit à son sujet un commentaire enthousiaste. Obama répond par une interview très amicale. Mais les points de conflit subsistent



par Sandro Magister

 



ROME, le 5 juillet 2009 – Pour préparer la rencontre qu’il va avoir avec Benoît XVI au Vatican, dans l’après-midi du vendredi 10 juillet, le président des Etats-Unis, Barack Obama, a réuni à la Maison Blanche six journalistes représentant autant de journaux catholiques américains : "Catholic News Service", "America", "National Catholic Reporter", "Catholic Digest", "National Catholic Register", "Commonweal". Il y avait aussi le journaliste chargé des questions religieuses au "Washington Post" et une seule journaliste étrangère, Elena Molinari, pour Radio Vatican et "Avvenire", le quotidien de la conférence des évêques d'Italie, le pays qui accueille le G8.

L'interview a eu lieu le matin du jeudi 2 juillet et les questions n’avaient pas été communiquées d’avance. Le lendemain, à Rome, "Avvenire" l'a reproduite presque intégralement, en lui donnant beaucoup d’importance.

Obama a dit qu’il comptait bien trouver une convergence de vues avec le pape sur des sujets comme la paix au Moyen-Orient, la lutte contre la pauvreté, la sauvegarde du climat, la politique d’immigration.

Mais il n’a éludé aucun des sujets – en premier lieu l’avortement – sur lesquels il y a conflit entre lui et une part importante de l’Eglise catholique américaine, avec au premier rang le cardinal Francis George, président de la conférence des évêques des Etats-Unis et archevêque de sa ville, Chicago.

Au conflit entre Obama et un bon tiers des évêques des Etats-Unis s’est ajoutée, au cours des derniers mois, une autre ligne de fracture entre ces évêques et le Vatican, qu’ils jugent trop conciliant envers la politique du nouveau président.

On trouvera ci-dessous les passages de l'interview qui concernent les sujets les plus controversés, de l’avortement à l'homosexualité. Dans ses réponses, Obama tend un rameau d’olivier à l’Eglise, comme il avait déjà essayé de le faire, le 17 mai, dans son discours à l'université catholique Notre Dame. Mais il indique aussi les points sur lesquels il n’y a et il n’y aura pas d’accord.

 



***

 



Mais Obama n’est pas le seul à se préparer à l’audience pontificale. Le Vatican aussi joue un prélude à sa façon.

Le jour même où le président des Etats-Unis accordait l'interview aux journalistes religieux, à Rome, un cardinal faisant autorité publiait un commentaire simplement enthousiaste des discours prononcés par Obama le 17 mai à l'université Notre Dame et le 4 juin à l'université al-Azhar, au Caire.

Il s’agit du cardinal Georges Cottier, 87 ans, suisse, dominicain, présent à la curie depuis des années comme théologien officiel de la maison pontificale. Il a publié son commentaire dans une revue catholique en six langues, "30 Giorni", très liée aux milieux diplomatiques de la curie et très attentive à la politique de l’Eglise dans le monde, envoyée gratuitement à des évêques et à des monastères du monde entier, dirigée par Giulio Andreotti, ancien président du conseil et ministre des Affaires étrangères italien.

Le savant cardinal trouve la vision d’Obama très proche de celle du catholicisme, à commencer par la conscience du péché originel. Il lui reconnaît de bonnes et constructives intentions même sur le terrain miné de l’avortement. Il dit qu’Obama ne peut être considéré comme un "partisan de l’avortement" et, au contraire, il lui reconnaît la volonté de "tout faire pour que le nombre d’avortements soit le plus faible possible", comme le firent "les premiers législateurs chrétiens qui n’abrogèrent pas tout de suite les lois romaines tolérantes envers des pratiques non conformes ou même contraires à la loi naturelle, comme le concubinage et l’esclavage". Il appelle en renfort saint Thomas d'Aquin, selon qui "l’Etat ne doit pas créer de lois trop  sévères et exigeantes, parce qu’elles seront méprisées par les gens qui ne seront pas capables de les appliquer". Il applaudit "L'Osservatore Romano" justement pour l'article pro-Obama du 19 mai qui avait irrité tant d’évêques américains.

Le cardinal Cottier paraît presque glorifier Obama comme un nouveau Constantin, chef d’un empire moderne lui aussi utile pour l’Eglise.

Les passages du commentaire de Cottier relatifs à la question de l'avortement sont reproduits ci-dessous.

On trouvera, tout de suite après, un extrait de l'interview accordée par Obama aux journalistes religieux, tiré principalement d’"Avvenire", avec des compléments notés par d’autres journalistes présents.


 

1. "Obama me rappelle les premiers législateurs chrétiens..."

par Georges Cottier



[...] J’ai été frappé par le fait que, dans son discours à l’université Notre Dame, Obama n’a pas évité d’aborder la question la plus épineuse, celle de l’avortement, à propos de laquelle il avait reçu tant de critiques, y compris des évêques américains. D’une part ces réactions sont justifiées : des valeurs non négociables sont impliquées dans les décisions politiques concernant l’avortement. Pour nous, ce qui est en jeu, c’est la défense de l’être humain et de ses droits inaliénables, dont le premier est justement le droit à la vie. Mais, dans la société pluraliste, il y a des divergences radicales sur ce point. Il y a ceux qui, comme nous, considèrent l’avortement comme un "intrinsece malum", ceux qui l’acceptent, et même quelques-uns qui le revendiquent come un droit. Le président n’adopte jamais cette dernière opinion. Au contraire, il me paraît faire des suggestions positives - "L’Osservatore Romano" l’a également souligné dans son numéro du 19 mai - en proposant de chercher, dans ce cas aussi, un terrain d’entente. Dans cette recherche - avertit Obama - personne ne doit censurer ses propres convictions, mais au contraire les soutenir devant tous et les défendre. Son relativisme n’est pas du tout celui, mal compris, des gens qui disent qu’il s’agit d’opinions opposées à d’autres opinions, que toutes les opinions personnelles sont incertaines et subjectives, et donc qu’il faut les laisser de côté quand on parle de ces sujets.

De plus, Obama reconnaît que le problème est d’une gravité tragique. Que la décision d’avorter "déchire le cœur de toute femme". Le terrain d’entente qu’il propose, c’est de travailler tous ensemble à réduire le nombre de femmes qui cherchent à avorter. Et il ajoute que toute législation en la matière doit garantir de manière absolue l’objection de conscience au personnel sanitaire qui ne veut pas prêter son concours à des pratiques abortives.

Ce qu’il dit va dans le sens d’une diminution du mal. Le gouvernement et l’Etat doivent tout faire pour que le nombre d’avortements soit le plus faible possible. Ce n’est qu’un "minimum", certes, mais un minimum précieux. Cela me rappelle l’attitude des premiers législateurs chrétiens qui n’abrogèrent pas tout de suite les lois romaines tolérantes envers des pratiques non conformes ou même contraires à la loi naturelle, comme le concubinage et l’esclavage. Le changement s’est fait selon un cheminement lent, souvent marqué par des régressions, au fur et à mesure de l’augmentation du nombre de chrétiens dans la population et, avec eux, l’impact du sens de la dignité de l’être humain. Au début, pour assurer le consensus des citoyens et sauvegarder la paix sociale, on maintint en vigueur les "lois imparfaites", qui évitaient de poursuivre des actes et comportements contraires à la loi naturelle. Saint Thomas d’Aquin lui-même, bien que convaincu que la loi devait être morale, ajoute que l’Etat ne doit pas créer de lois trop sévères et exigeantes, parce qu’elles seront méprisées par les gens qui ne seront pas capables de les appliquer.

Le réalisme de l’homme politique distingue le mal et l’appelle par son nom. Il admet qu’il faut être humble et patient, combattre le mal sans prétendre l’éradiquer de l’histoire humaine au moyen d’instruments de coercition légale. C’est la parabole de l’ivraie, également valable en politique. D’autre part, cela ne devient pas, chez lui, une raison pour être cynique ou indifférent. L’effort pour réduire le mal autant que possible est maintenu. C’est un devoir.

L’Eglise, elle aussi, a toujours perçu comme lointaine et dangereuse l’illusion selon laquelle on peut éliminer totalement le mal de l’histoire par voie légale, politique ou religieuse. L’histoire, y compris récente, est pleine de catastrophes dues au fanatisme de gens qui prétendaient tarir les sources du mal dans l’histoire des hommes et finissaient par tout transformer en un grand cimetière. Les régimes communistes suivaient exactement cette logique. Même chose pour le terrorisme religieux, qui tue précisément au nom de Dieu. Et lorsqu’un médecin pratiquant l’avortement est tué par des militants anti-avortement – c’est arrivé récemment aux USA – il faut admettre que même les élans d’idéal les plus élevés, comme la sacrosainte défense de la valeur absolue de la vie humaine, peuvent se corrompre et se transformer en leur contraire, devenant des mots d’ordre à la disposition d’une idéologie aberrante.

Dans le monde les chrétiens sont porteurs d’une espérance temporelle réaliste, pas d’un vain rêve utopique, même quand ils témoignent de leur fidélité à des valeurs absolues comme la vie. Sainte Gianna Beretta Molla, la doctoresse morte pour avoir refusé les soins qui auraient pu faire du mal à l’enfant dont elle était enceinte, ne touche pas que le cœur des chrétiens par son héroïsme ordinaire et silencieux ; elle rappelle à tous le destin commun vers lequel nous tendons. C’est une forme prophétique du style évangélique du témoignage chrétien.

Dans son discours à l’université Notre Dame, Obama fait justement une allusion très importante à cet aspect. Il raconte comment il fut impliqué dans un projet d’assistance sociale pour les quartiers pauvres de Chicago - financé par des paroisses catholiques - auquel participaient aussi des volontaires protestants et juifs. A cette occasion, il lui est arrivé de rencontrer des gens accueillants et compréhensifs. Il a vu le spectacle des bonnes œuvres alimentées par le Seigneur. Et à cause de ce spectacle il fut "attiré par l’idée de faire partie de l’Eglise. C’est à travers ce service", conclut-il, "que j’ai été conduit au Christ". Il fait aussi un éloge émouvant du grand cardinal Joseph Bernardin, alors archevêque de Chicago, qu’il définit comme "un phare et un carrefour", aimable dans sa façon de persuader et dans son effort continu pour "rapprocher les gens et trouver un terrain d’entente". A travers cette expérience, dit Obama, "les mots et les actes des gens avec qui j’ai travaillé dans les paroisses de Chicago ont touché mon cœur et mon esprit".

Le spectacle de la charité, qui vient de Dieu, a la force de toucher et d’attirer l’esprit et le cœur des hommes. C’est là l’unique germe de changement réel dans l’histoire des hommes. Obama cite aussi Martin Luther King, dont il se sent un disciple. Qu’il soit président des Etats-Unis seulement 41 ans après l’assassinat de King est un signe et une preuve de l’efficacité historique de la confiance en la force de la vérité. [...]

2. "Je défendrai toujours avec force le droit des évêques de me critiquer..."

Interview de Barack Obama



Q. – Les évêques catholiques américains ont exprimé leurs critiques et leurs préoccupations quant à vos positions sur le respect de la vie et sur le mariage. Comment pensez-vous répondre à ces critiques? Ou pensez-vous que vous finirez par faire comme si elles n’existaient pas ?

R. – Tout d’abord, l’une des forces de notre démocratie est que chacun est libre d’exprimer ses opinions politiques. Il n’y aura jamais un moment où je déciderai de faire comme si les critiques des évêques catholiques n’existaient pas, parce que je suis le président de tous les Américains et pas seulement de ceux qui, par hasard, sont d’accord avec moi. Je prends très au sérieux les opinions des autres et les évêques américains ont une influence profonde sur l’Eglise et sur la communauté nationale. Plusieurs évêques ont été généreux dans leurs opinions et encourageants à mon égard, même s’il reste des divergences sur certaines questions. En ce sens les évêques américains représentent un carrefour d’opinions comme c’est le cas dans d’autres groupes. Je défendrai toujours avec force le droit des évêques de me critiquer, même sur un ton passionné. Et je serais heureux de les recevoir ici, à la Maison Blanche, pour parler des sujets qui nous unissent et de ceux qui nous séparent, en une série de tables rondes. Je pense qu’il y aura encore des domaines dans lesquels nous sommes profondément d’accord et d’autres dans lesquels il ne sera pas possible de trouver un plein accord. C’est sain.

Q. – Vous avez formé un groupe de travail, composé de représentants pro-life et d’autres qui soutiennent le droit à l’avortement, dont l’objectif est de trouver des positions communes. Quelles sont vos attentes réalistes quant au résultat des travaux ?

R. – Ce groupe devra me fournir un rapport final dans le courant de l’été et je n’ai pas l’illusion qu’il parviendra à supprimer les divergences rien que par la discussion. Je sais qu’il y a des points sur lesquels le conflit ne peut être réglé. Mais je peux vous dire qu’il y a des gens de bonne volonté des deux côtés et je serais surpris qu’ils ne trouvent pas des points significatifs sur lesquels ils puissent travailler ensemble. Par exemple, la nécessité d’aider les jeunes à prendre des décisions intelligentes de manière à éviter les grossesses non désirées, l’importance de renforcer l’accès à l’adoption comme alternative à l’avortement, ou le devoir de prendre soin des femmes enceintes et de les aider à élever leurs enfants. Mais il y a des points, comme la contraception, sur lesquels les divergences sont profondes. Mon opinion personnelle est qu’il faut associer une solide éducation morale et sexuelle à la mise à disposition de contraceptifs, pour prévenir les grossesses non désirées. Je reconnais que c’est en contradiction avec la doctrine de l’Eglise catholique et je ne m’attends donc pas à ce que ceux pour qui c’est vraiment une question de foi puissent être d’accord avec moi sur ce point, mais c’est mon opinion personnelle. Je serais étonné que les partisans du droit à l’avortement ne soient pas d’accord avec l’idée qu’il faut limiter les circonstances où une femme décide d’interrompre sa grossesse. Si c’était le cas, je ne serais pas d’accord avec eux. Je ne connais pas de circonstances où l'avortement soit une décision heureuse et, si l’on peut aider une femme à éviter de se trouver dans une situation où cela devient une possibilité, je pense que c’est une bonne chose. Mais, je le répète, c’est mon opinion.

Q. – Certains catholiques louent votre contribution à la promotion de questions de justice sociale, tandis que d’autres critiquent vos positions sur les questions de la vie, depuis l’avortement jusqu’à la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Y voyez-vous une contradiction ?

R. – Cette tension du monde catholique existait bien avant mon arrivée à la Maison Blanche. Quand j’ai commencé à m’intéresser à la justice sociale, à Chicago, les évêques catholiques parlaient d’immigration, de nucléaire, des pauvres, de politique étrangère. Puis, à un certain moment, l’attention de l’Eglise catholique s’est déplacée vers l’avortement, ce qui a eu le pouvoir de déplacer l’opinion du congrès et du pays dans la même direction. Ce sont des sujets auxquels je pense beaucoup, mais, puisque je ne suis pas catholique, ce n’est pas à moi de chercher à résoudre ces tensions. Mais j’ai vu comment on peut tenter une conciliation. Le cardinal Joseph Bernardin, que j’ai connu à Chicago, parlait de manière claire et explicite en faveur de la vie. Mais il la considérait comme un "vêtement sans coutures" et il y incluait, de manière cohérente, une gamme de questions faisant partie de ce qu’il pensait être pro-life et sur quoi il s’engageait, comme la lutte contre la pauvreté, le soin de l’enfance, la peine de mort, la politique étrangère. Cette partie de la tradition catholique est quelque chose qui m’inspire continuellement. Et je pense qu’il y a eu des moments, au cours des deux dernières décennies, où cette tradition plus inclusive s’est trouvée comme enterrée sous le débat sur l’avortement. Je désire au contraire qu’elle reste au premier plan dans le débat national.

Q. – Bien des gens - pas seulement des médecins - qui exercent leur activité dans des institutions non gouvernementales s’inquiètent beaucoup de ne pas pouvoir faire jouer l’objection de conscience dans des domaines éthiquement sensibles. La position de votre administration à ce sujet n’est pas tout à fait claire...

R. – Ma position personnelle a toujours été cohérente : je suis fermement convaincu que l'objection de conscience doit être garantie. J’ai défendu une forte objection de conscience dans l’Illinois pour les hôpitaux catholiques et les structures sanitaires, j’en ai discuté récemment avec le cardinal Francis George lors d’une rencontre dans le Bureau Ovale et je l’ai répété dans mon intervention à l’université Notre Dame. Je comprends qu’il y a des gens qui s’attendent toujours au pire de ma part, sans que j’aie rien dit ou fait, mais c’est plus un préjugé qu’une opinion justifiée par une "ligne dure" que nous chercherions à imposer. Je pense que la seule raison pour laquelle ma position peut ne pas paraître claire est que nous avons changé une mesure relative à l’objection de conscience approuvée à la dernière minute, à la onzième heure, par la précédente administration et que nous avons décidé de l’annuler parce qu’elle n’était pas bien formulée. Mais nous sommes en train de réexaminer la question et nous avons demandé aux gens leur avis à ce sujet ; nous avons reçu des centaines de milliers de réponses. Je peux vous assurer que, quand ce nouvel examen sera terminé, une forte objection de conscience entrera en vigueur. Elle pourra ne pas répondre aux critères de toutes les critiques possibles de notre approche, mais elle ne sûrement pas plus faible que celle qui existait avant que le changement ne soit fait.

Q. – Comment conciliez-vous votre foi chrétienne avec les promesses faites aux homosexuels pendant la campagne électorale ?

R. – En ce qui concerne la communauté gay et lesbienne de ce pays, je crois qu’elle est blessée par certains enseignements de l’Eglise catholique et par la doctrine chrétienne en général. En tant que chrétien, je combats sans cesse entre ma foi et mes devoirs et mes préoccupations à propos des gays et lesbiennes. Et souvent je découvre qu’il y a beaucoup de passion des deux côtés, même chez ceux que je considère comme des gens très bien. D’autre part, je m’en tiens à ce que j’ai dit au Caire : toute opinion qui liquide de manière automatique les convictions religieuses et la croyance d’autrui comme intolérantes ne comprend pas le pouvoir de la foi et le bien que celle-ci accomplit dans le monde. En tout cas, en tant que croyants, nous devons examiner nos convictions et nous demander si parfois nous ne faisons pas souffrir les autres. Je pense que tous, quelle que soit notre foi, nous devrions admettre qu’il y a eu des cas où la religion n’a pas été mise au service du bien. C’est à nous, je pense, d’accomplir une profonde réflexion et d’être prêts à nous demander si nous agissons en cohérence non seulement avec les enseignements de l’Eglise, mais aussi avec ce que Jésus-Christ, notre Seigneur, nous a demandé de faire : traiter les autres comme nous voudrions être traités.
> La politica, la morale et il peccato originale

Pour le moment, l'article est paru dans les éditions italienne et anglaise de "30 Giorni". Dans les semaines à venir, il paraîtra aussi dans les éditions française, allemande, espagnole et portugaise de la revue.


L'interview d’Obama dans la longue transcription qu’Elena Molinari a publiée dans "Avvenire" du 3 juillet 2009 :

> Obama : une collaboration avec le pape pour aider le monde



Sur www.chiesa, les articles relatifs aux hauts et bas entre Obama et l’Eglise catholique :

> Obama diplômé à Notre Dame. Mais les évêques lui font repasser l'examen
(26.5.2009)

> Ange ou démon? Au Vatican, Obama est l'un et l'autre
(8.5.2009)


Traduction française par
Charles de Pechpeyrou.


 



Le texte intégral de l'article du cardinal Cottier, dans "30 Giorni" n° 5, 2009 :

www.chiesa

12.06.2009

Religieuses contre la traite des êtres humains

CITE DU VATICAN, 12 JUI 2009 (VIS). Ce matin près la Salle-de-Presse du Saint- Siège a été présenté le congrès "Religieuses contre la traite des êtres humains", organisé par l'Union internationale des supérieures générales et l'Organisation internationale des migrations.

La conférence de presse a été animée par le P. Eusebio Hernández Sola, OAR, chef de bureau de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, Soeur Victoria Gonzáles de Castejón, RSCJ, Secrétaire générale de l'UISG, Mme Carmela Godeau, Chef de mission adjointe de l'OMI, Soeur Bernadette Sangma, FMA, et M. Stefano Volpicelli, OIM.

Le problème de la traite, a dit le P. Hernández Sola, "constitue une nouvelle forme d'esclavage qui atteint à la dignité et à la liberté de nombreuses femmes et jeunes filles des pays les plus pauvres... Ces nouvelles formes de pauvreté rappellent que la vocation religieuse implique une mission prophétique au sein de la société comme de l'Eglise. Une nouvelle conception de la charité doit conduire la vie consacrée vers de nouvelles frontières d'évangélisation, vers les nouvelles pauvretés dont la plus grave est la perte de la dignité".

Soeur Bernadette ensuite a expliqué que la prise de conscience d'un trafic qui s'est fortement accru ces derniers temps que les chapitres de certaines congrégations ont décidé de lutter contre ce fléau, engagement qu'ont fait leur certains ordres masculins... La complexité des facteurs oblige à une action en réseau qui n'est pas une option mais une obligation de combat stratégique. Les circuits criminels qui enlèvent femmes et jeunes filles sont très organisés d'un bout à l'autre de la planète. Une stratégie de réseau doit débuter dans les pays d'origine ou de transfert des victimes, où il sera possible de mettre en place des moyens d'action afin d'empêcher que les individus les plus faibles et les plus vulnérables ne deviennent pas une marchandise".

Les six dernières années, a ensuite souligné Soeur Victoria, le projet de collaboration UISG OIM a constitué "une bonne occasion de mettre en oeuvre le projet de l'Union et de développer des actions ponctuelles de lutte contre la traite par les congrégation féminines... Le travail déjà accompli démontre la richesse des échanges et la complémentarité des organismes publics et privés, du laïcat et de l'action religieuse dans la défense commune des personnes vivant dans la grande pauvreté ou dans la marginalité".


(VIS)


27.02.2009

Pour comprendre la crise à la Guadeloupe (et à la Maritinique)

 

Une grave crise sociale bouleverse la Guadeloupe depuis maintenant cinq semaines. La Martinique est touchée aussi, depuis moins longtemps, de façon moins abrupte, mais pour les mêmes raisons. Entre désordres objectifs, racisme et manipulations, analyse de la situation depuis Pointe-à-Pitre par un Français d'origine créole, correspondant de Liberté politique.


Rappelons que la Guadeloupe et la Martinique sont françaises depuis 1635. Que le peuplement est hétérogène, composé de Blancs originaires de la métropole, dès l'origine (pour la plupart des descendants d'engagés, des “36 mois” comme on les appelait, qui ont fait souche, et quelques familles aristocratiques ; de Noirs, descendants d'Africains achetés en Afrique à des Africains, et importés, comme esclaves par le moyen du commerce triangulaire, la Traite, jusqu'à l'interdiction de celle-ci dans la première moitié du XIXe siècle ; d'Indiens (des Indes) depuis 1852, pour pallier à des problèmes de main d'œuvre, et qui se sont établis dans les îles, où ils composent une ethnie parfaitement assimilée ; des Syro-libanais et des émigrés italiens depuis un siècle, etc.

De la rencontre de tous ces groupes sont issus les métis qui constituent la grande majorité des habitants de la Guadeloupe. La représentation binaire « Blancs/Noirs » est fausse.



Rappel historique

L'esclavage a été aboli définitivement en 1848. Les îles sont demeurées des colonies jusqu'à la loi de départementalisation de 1946, qui fut passionnément réclamée par les autochtones, et dont le rapporteur à l'Assemblée nationale en 1946, fut Aimé Césaire.

La départementalisation des « vieilles colonies » entraîna de grands changements sur place.

En 1946, le retard de développement des îles, situées, de plus, à des milliers de kilomètres de l'hexagone, à une époque où les moyens de déplacement et de télécommunications étaient fort différents de ce qu'ils sont devenus, et alors que la France en ruines, au sortir de la guerre, devait tout entière se reconstruire, ne pouvait se rattraper en quelques incantations.

La départementalisation s'est donc effectuée par étapes : politique, sociale, économique.

En théorie, elle est, en 2009, à peu près achevée. Dans la pratique, il reste encore à faire, il demeure des dysfonctionnements, des habitudes, et des mentalités, héritées du passé, et ceci dans toutes les catégories sociales (qui coïncident aussi, parfois, moins qu'on ne le dit ces jours-ci, mais tout de même partiellement, avec des catégories ethniques : la partie blanche de la population pesant, par exemple, d'un poids économique plus important que sa représentation démographique). Concluons ce trop bref, et indispensable rappel historique, par le constat que de vieilles colonies, à l'économie archaïque, et aux mentalités « traditionnelles », sont entrées il y a soixante ans, d'un seul coup, dans ce grand courant de la « modernité » qui secoue et déstructure des sociétés bien plus vastes et organisées. D'où certaines difficultés parfois, à suivre le mouvement ou à s'y adapter.



Les soubassements d'une crise

La crise en cours, depuis le 21 janvier dernier, a éclaté à l'initiative du collectif Liyannaj Kont Pwofitasyon - LKP (c'est-à-dire Association contre l'exploitation), qui fédère une cinquantaine de syndicats et d'associations, de très inégale importance, dont le plus influent est le très musclé (et politiquement indépendantiste) UGTG (Union générale des travailleurs guadeloupéens) dont l'actuel président Elie Domota, est aussi le président de Liyannaj.

Les revendications, sont au nombre d'environ 140, dont certaines très farfelues (par exemple « l'arrêt immédiat de toute violence faite aux femmes » !).

La plus importante, celle qui vaut au Collectif, une certaine popularité auprès de gens qui n'ont, par ailleurs, aucune velléité séparatiste, est la baisse du coût de la vie, et l'élévation, « immédiate », de tous les salaires, d'au moins deux cents euros (net). La protestation contre la vie chère ne peut qu'être populaire.

Certes ! la position des départements d'outre-mer, sur les plans économiques, social, sanitaire, etc., suscite l'envie de tout l'arc antillais. En témoigne l'afflux d'immigrants dans nos DOM de milliers et milliers d'Haïtiens, Dominicains, Dominicais, Sainte-Luciens, etc.

Mais la plus grande cherté de la vie en Guadeloupe (et en Martinique) qu'en métropole est incontestable. Il y a à cela des causes objectives.

D'abord le handicap de l'insularité (la Guadeloupe est à 6700 km de Paris). Il y a aussi des abus de position dominante, et la recherche du gain maximum, sans suffisamment de considération pour le bien commun de certains secteurs de la grande distribution, ou du raffinage et de la distribution d'essence, dont le monopole, réservé à une société (la SARA) mérite que le gouvernement et les élus locaux s'y intéressent de plus près et procèdent aux aménagements et réformes qui s'imposent.

Il y a la survivance de taxes, datant de l'époque coloniale, comme l'octroi de mer dont le maintien ne s'impose pas aux yeux de beaucoup : cette taxe est née au XVIIe siècle pour accorder une certaine indépendance commerciale et protéger la production locale. Portant sur les produits importés, elle est censée, aujourd'hui, contribuer au financement des communes, et est votée par les Conseils généraux. Taxe sur les produits importés, elle contribue au renchérissement de la vie. Interdite par le traité de la CCE, elle est provisoirement prorogée.

Cette cherté de la vie est d'ailleurs reconnue officiellement, notamment par la surrémunération des fonctionnaires (de 40 % par rapport à leurs homologues de la France métropolitaine) qui crée une société à deux vitesses, les fonctionnaires nantis, et les autres, salariés du secteur privé, par l'abattement, également, de 30 % sur les revenus imposables par rapport au reste de la France.

Il faut ajouter que les productions traditionnelles des îles, la fabrication et l'exportation du sucre et du rhum, (qui ont fait jadis leur prospérité, et celle de la métropole : Bordeaux, Nantes, La Rochelle, etc.) sont en très grande régression, confrontées à la concurrence des pays d'Amérique centrale, du Sud, ou d'Afrique, où les conditions de rémunération sont celles de l'esclavage ancien, ce qui ajoute aux difficultés. Pas de ressources minières aux îles, pas de pétrole. Mais de grandes possibilités par le développement du tourisme qui pourrait devenir l'industrie salvatrice, si elle était suffisamment prise au sérieux et voulue par les Guadeloupéens dans leur ensemble (et non sabotée comme il en est présentement par des comportements, disons... irréfléchis!).

Tel est le terrain favorable qui explique (sans les justifier) les évènements de ces dernières semaines.



La récupération séparatiste

Car, comme dit plus haut, la Guadeloupe (comme la Martinique), ne veut pas l'indépendance, la rupture avec la France. Les partis politiques séparatistes n'ont jamais obtenu la confiance de l'électorat quant à leurs revendications séparatistes. Quand, il y à peine plus de cinq ans, en décembre 2003, un projet de changement de statut fut proposé aux populations par referendum, tendant soit au maintien du statu quo départemental, soit à un statut d'autonomie (même pas l'indépendance), les deux îles répondirent pour le maintien du statut actuel. En Guadeloupe, le refus du changement de statut se chiffra à 75 % de l'électorat !

Les 25 % restants se divisant d'ailleurs en partisans durs de l'indépendance radicale (pour eux, il s'agissait d'une étape) et en « autonomistes » préférant une évolution dans la République, dans le cadre de l'article 74 de la Constitution.

Ce qui complique la situation présente, c'est l'ambiguïté du LKP et de son leader (séparatiste), fort habile agitateur, bon connaisseur des techniques de manipulation des masses. Trop intelligent pour se heurter de front à une opinion qu'il sait ne pas être « mûre » (adjectif utilisé il y deux jours sur une radio, par un universitaire partisan du mouvement), Elie Domota joue sur les éléments du mécontentement évoquée ci-dessus.

Il s'appuie sur une organisation syndicale, qui s'est puissamment organisée, au fil des années, qui utilise des arguments musclés lors des conflits dans les entreprises. « Arguments » qui vont jusqu'à la limite du terrorisme : quadrillage des quartiers ces jours-ci dans les villes de Guadeloupe, et même dans les campagnes, menaces et coups, etc. Ses commandos sont comparés par certains à ceux des « tontons macoutes » de sinistre réputation en Haïti.

Il s'appuie aussi sur une patiente infiltration des milieux médiatiques, qu'il contrôle presque totalement depuis plus d'un mois. Il dispose de relais influents et actifs (mais on retrouve cela aussi en métropole) dans l'Éducation nationale, où toute activité est arrêtée depuis 35 jours (les professeurs qui veulent travailler en sont physiquement empêchés) sans souci des examens qui approchent.

On répète sur les antennes des radios, y compris sur les antennes nationales que la Guadeloupe est en grève générale. En fait il n'en est rien. La Guadeloupe est empêchée de travailler, parce que les stations d'essence sont contrôlées par le LKP, parce que les militants de ce collectif obstruent les routes par des barrages, et par des groupes de militants violents et excités.

Les dirigeants du collectif tentent aussi d'allumer une guerre raciale.

Les Antillais ne sont pas plus racistes que d'autres. Mais l'histoire, fait que chez eux une sensibilité particulière existe dans le domaine des rapports interraciaux. « La Révolution, a dit quelqu'un, est un soulèvement de l'humeur. » Or les esclaves ont été des Noirs, et il subsiste chez beaucoup une susceptibilité, compréhensible, sur ce terrain psychologique, un ressentiment latent que des spécialistes de l'action subversive tentent d'utiliser au profit de leurs ambitions.

D'où la prudence avec laquelle les autorités doivent gérer le maintien de l'ordre public, et les droits des citoyens, à travailler, à circuler librement, à s'exprimer librement, à être informés honnêtement.

Jusqu'à cette heure (23 février) cette tâche a été accomplie avec adresse par le préfet et les forces de l'ordre.



La politique du gouvernement

La gestion de la crise par le gouvernement, en revanche, est beaucoup plus discutable. L'on reproche, peut-être avec raison, au président de la République d'avoir trop tardé à s'intéresser au problème.

On reproche avec encore plus de raisons au secrétaire d'État chargé des DOM-TOM, M.Yves Jégo, d'avoir été trop fluctuant, hésitant, et finalement partisan, puisque prenant partie, il y a déjà dix jours, pour une des parties prenantes (le LKP) dans la négociation entre LKP et patronat, après avoir pris des engagements au nom du gouvernement sans en avoir été mandaté. Il a d'ailleurs été « recadré » par le Premier ministre.

En Guadeloupe, on dit qu'il a été « domotisé ».

Les discussions continuent, ce 23 février. Toute négociation implique des concessions mutuelles. Mais le LKP reste intransigeant (et sur quel ton!), alors que, comme le rappelait le jeune président du Medef-Guadeloupe, M. Willy Angèle, l'augmentation de 200 € net de tous les salaires est impossible pour les petites entreprises de Guadeloupe (moins de 10 salariés), près de 90 % d'entre elles. Cela reviendrait à une augmentation de 15 % de la masse salariale.

Chacun espère une médiation active de l'État, cet État que M. Domota n'appelle jamais autrement que l'État « fwancé ».

Étrange logique !


26 février 2009 | Edouard Boulogne*


source : libertepolitique.com


* Édouard Boulogne est professeur de philosophie, résident en Guadeloupe. Il anime le blog Le scrutateur.com, tribune d'expression de citoyens français d'origine créole, de sensibilité chrétienne, qui se veulent libres à l'égard des modes, notamment idéologiques.

20.10.2008

Contradictions et fanatismes vident l’héritage de Gandhi, par Vittorio E. Parsi

La plus grande démocratie du monde. Voilà la définition courante de l’Inde. Il serait aujourd’hui injuste et en tout cas erroné d’oublier cette définition ou de la remettre radicalement en question. Pourtant, il semble nécessaire de s’interroger sur la qualité de cette démocratie et sur la direction qu’elle est en train de prendre.




L’Union indienne est caractérisée par la séparation des pouvoirs, l’indépendance de la justice, un multipartisme qui n’est pas de façade et la presse y est libre. Parallèlement, cependant, la corruption très répandue et la vie politique de type mafieux et clientéliste au niveau des états, ainsi que la très large impunité dont bénéficient les violences des formations extrémistes, risquent de vider la démocratie indienne de son sens concret.

Le développement de la violence sectaire est particulièrement alarmant. Elle prend surtout pour cibles les chrétiens – coupables d’aider les dhalits, les hors-castes, véritable base esclavagiste de la pyramide que constitue traditionnellement la société hindoue – mais aussi les musulmans et les bouddhistes.

Ce qui se passe en Inde – avec une fréquence et une intensité préoccupantes – constitue le revers de la médaille d’une conquête de l’indépendance éclairée par l‘action non-violente du Mahatma Gandhi, dont la parabole existentielle – avec sa conclusion tragique – renferme symboliquement le poids des contradictions de ce pays extraordinaire: depuis la redécouverte de la culture traditionnelle et de l’économie de village, jusqu’au choix de vivre comme le dernier des derniers, à la tentative de préserver l’unité et la pluralité religieuse de l’ancien Raj britannique, à la mort violente par la main d’un extrémiste hindou.

Plus de 60 ans après l’indépendance, ce sont justement les positions en faveur d’une Inde uniquement et exclusivement hindoue qui font le plus de prosélytes. Des mouvements tels que la Rashtriya Swayamsevak Sangh sont l’expression d’une culture aux relents nazis, qui prêche par la violence la fausse équation entre Indiens et hindous, bien qu’il y ait plus de musulmans en Inde que dans de nombreux pays islamiques. Bien sûr, l’hégémonie hindoue au sein du système politique indien a toujours existé, mais elle avait été en quelque sorte affaiblie par le fait que les premiers protagonistes de la vie de la République, de Nehru à Indira Gandhi – appartenant tous au Parti du Congrès – avaient une vision essentiellement laïque de la politique et finissaient donc par geler les conséquences les plus dévastatrices de cette contradiction.

L’actuel "esprit du temps" ricaneur, dans lequel les fondamentalismes et l’abus politique de la religion semblent ressurgir, et la dérive radicale du Pakistan voisin ont probablement contribué au succès de mouvements tels que la Rashtriya Swayamsevak Sangh et d’un parti tel que le Bharatiya Janata. Mais - comme l’a justement fait remarquer le cardinal Jean-Louis Tauran - il y a aussi dans l’hindouisme une montée de l’intolérance et du fanatisme, qui est d’autant plus grave qu’elle est trop peu connue et trop souvent niée.

A côté de ce paradoxe politique, il y a le paradoxe économique. L’Inde est le "bureau" du monde, au moins autant que la Chine est son "usine". Et une société qui produit chaque année des dizaines de milliers d’ingénieurs anglophones tout en vivant encore dans le mythe ghandien de l’économie de village, c’est-à-dire de cette structure ossifiée qui ôte toute espérance aux "derniers" – dans cette vie comme dans toute autre – et qui alimente le système des castes avec son lot de violences quotidiennes. Les chrétiens offrent de l’espérance aux "derniers", dans cette vie comme dans toute autre: voilà la responsabilité qu’on leur fait porter. Une responsabilité dont ils ont accepté la charge, jusqu’au martyre, comme dans l’Orissa.

Dernier élément de réflexion: le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine sont considérés, avec l’Afrique du Sud, comme les grands pays qui devraient contrebalancer la surpuissance de l’Occident et rendre la gouvernance du monde un peu plus multilatérale. Il faut commencer à réfléchir au fait que, mis à part le Brésil, aucun de ces pays ne semble en voie de combler les lourds déficits de démocratie interne, et sur les conséquences que cela implique pour la gouvernance internationale.

(www.chiesa)

18:15 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : inde, politique, castes, esclavage, chretiens, democratie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

17.02.2008

Forum contre la traite des êtes humains

EUROPE/AUTRICHE - Forum contre la traite des êtres humains : « Le Saint-Siège encourage tout type d’initiative destinée à éradiquer ce phénomène criminel et immoral »

« Le Saint-Siège apprécie les efforts entrepris à différents niveaux pour combattre le trafic d’êtres humains qui est un problème multidimensionnel, l’un des plus honteux phénomènes de notre époque… c’est une terrible offense à la dignité de la personne humaine que la Doctrine de l’Eglise considère comme fondement des droits de l’homme… Le Saint-Siège encourage tout type d’initiative destinée à éradiquer ce phénomène criminel et immoral et à promouvoir le bien-être des victimes ».

http://www.webdiocesi.chiesacattolica.it/cci_new/PagineDiocesi/AllegatiTools/222/Marchetto%20Agostino.JPG
 
C’est ce qu’a affirmé l’Archevêque Agostino Marchetto, Secrétaire du Conseil pontifical des migrants et des itinérants, dans son intervention pendant les travaux du premier Forum global pour combattre le trafic d’êtres humains, qui se déroule à Vienne du 13 au 15 février. Convoqué par l’« Initiative mondiale des Nations Unies pour la lutte contre le trafic d’êtres humains » (UN.GIFT), qui se fonde sur le principe que le trafic d’êtres humains prend de nombreuses formes et qu’une approche unie et coordonnée est nécessaire, le forum a réuni 1.200 experts, législateurs, membres de la police, industriels, représentants d’organisations non gouvernementales et victimes du trafic, venant de 116 pays.

Il y a environ 2 millions et demi de personnes victimes de la traite des êtres humains dans le monde, qui implique des individus venant de 127 pays, dirigés vers 137 états : ils sont principalement utilisés pour le trafic d’organes, les travaux forcés, la prostitution mais aussi les adoptions et les mariages forcés. Le phénomène se présente sous de nombreuses variantes, liées souvent à l’immigration clandestine, à la pédophilie et à l’exploitation des enfants. Ce honteux phénomène alimente un cercle d’affaires illicites de presque 32 millions de dollars.

Le forum s’est fixé trois objectifs : analyser les facteurs « réversibles » qui ont rendu la population vulnérable au trafic d’êtres humains (pauvreté, violences, marginalisation raciale et religieuse, situations de conflit et de discrimination) ; l’impact du trafic d’êtres humains sur la vie des individus et de leurs communautés, y compris la violence à laquelle ils sont souvent soumis, les menaces à la santé comme celle du VIH/SIDA, les traumatismes psychologiques et émotionnels et la stigmatisation sociale ; les actions nécessaires pour éliminer le trafic d’êtres humains.

Le Saint-Siège a toujours été conscient de la gravité du problème: en 1970 le pape Paul VI a institué la Commission pontificale (maintenant Conseil pontifical) pour la pastorale des migrants et des itinérants, avec entre autres l’objectif de surveiller la situation des victimes du trafic d’êtres humains, considérés comme « les esclaves des temps modernes ». Plusieurs Conférences épiscopales (par exemple le Nigeria, l’Irlande et l’Espagne), suite à l’impulsion du Conseil Pontifical, ont publié des lettres pastorales focalisant ces thématiques en se basant sur les situations locales. Dans des nations qui ont subi les violences de longs conflits (R.D. Congo, Sierra Leone, Liberia), l’Eglise catholique s’est occupé des ex-enfants soldats exposés au risque d’être vendus après avoir quitté les troupes armées. Nombreuses sont les initiatives parties des congrégations religieuses pour assurer non seulement leur intégration sociale et économique, mais aussi pour guérir leurs blessures et soutenir leur retour dans leurs familles et dans leurs communautés d’origine.
 

« Nous devons admettre qu’il n’existe aucune solution facile pour combattre la plaie du trafic des personnes - a affirmé l’Archevêque Marchetto dans son intervention. Affronter ces violations des droits de l’homme demande une approche cohérente et intégrale qui ne tienne pas compte seulement de l’intérêt des victimes mais aussi de la juste punition à infliger à ceux qui en tirent profit et de l’introduction de mesures préventives, comme accroître la connaissance, la conscience et l’analyse des causes à la racine du phénomène, parmi lesquelles la dimension macroéconomique, qui ne peut certainement pas être sous-évaluée »

(Source : Agence Fides 15/2/2008)

 

Texte intégral de l’intervention de l’Archevêque Marchetto, en anglais



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