06.07.2011

Trêve estivale pour Benoît XVI à Castelgandolfo

pape castelgandolfo.JPGIl n’y aura d’audience générale pendant tout le mois de juillet. Benoît XVI est en vacances et il en a profité pour visiter, pendant plus de trois quart d’heure, ce mercredi 6 juillet, une exposition consacrée à Jean-Paul II, inaugurée le 28 avril dernier à la galerie Charlemagne, située à gauche de la place Saint-Pierre. Une visite à caractère privé à quelques heures de son départ pour Castelgandolfo. 

Lire la suite

04.02.2010

Audience générale : l’étude et la prière de saint Dominique pour le succès de la mission évangélisatrice

C’est à saint Dominique que Benoît XVI a consacré sa catéchèse lors de l’audience générale qui s’est tenue, ce mercredi, dans la salle Paul VI au Vatican.

 

pape.foto_01


« Ce grand saint – a-t-il dit – nous rappelle qu’un feu missionnaire doit toujours brûler dans le cœur de l’Église ; un feu qui pousse sans cesse à porter la première annonce de l’Évangile et, là où cela est nécessaire, à une nouvelle évangélisation : le Christ est le bien le plus précieux que les hommes et les femmes, en tous temps et en tous lieux, ont le droit de connaître et d’aimer ! Et il est consolant de voir, dans l’Église d’aujourd’hui, combien sont nombreux les pasteurs, les fidèles laïcs, les membres d’antiques ordres religieux et de nouveaux mouvements ecclésiaux, qui consacrent avec joie leur vie à cet idéal suprême : annoncer et témoigner l’Évangile! ».

 

pape.foto_06

 

Écoutez le résumé de la catéchèse et les paroles que Benoît XVI a adressés aux pèlerins de langue française: >>

 

Résumé de la catéchèse en langue française

     Chers frères et sœurs,
    
     Contemporain de saint François, saint Dominique a apporté lui aussi un renouveau fondamental à l’Église de son temps en fondant l’Ordre des Prêcheurs ou Dominicains. Né en Espagne, Dominique Guzman se distingua très tôt par son intérêt pour l’étude de l’Écriture Sainte. Devenu prêtre, il fut remarqué pour ses qualités spirituelles et il reçut avec détachement les charges confiées comme un service à rendre avec dévouement et humilité. Il lutta contre l’hérésie albigeoise répandue dans le Sud de la France, par le témoignage de sa vie pauvre et austère, par l’annonce de l’Évangile et les débats publics. Avec ses frères mendiants, il mit l’accent sur la vie commune dans la pauvreté, sur l’étude et sur la prière pour le succès de la mission évangélisatrice. Parler toujours avec Dieu et de Dieu : voilà son idéal ! Une joie profonde naît de la contemplation de la beauté de la vérité qui vient de Dieu, toujours actuelle et vivante. Ceux qui annoncent la Parole de Dieu doivent être bien préparés. En cette année sacerdotale, j’invite les prêtres et les séminaristes à estimer, à la suite de saint Dominique, la valeur spirituelle de l’étude des vérités révélées dont dépend la qualité de leur ministère presbytéral.


    
     ***
    

pape.foto_04


     J’accueille avec joie les pèlerins francophones particulièrement les élèves et les professeurs des collèges Fénelon et du Sacré-Cœur, et ceux de l’Institut Saint Dominique, de Rome. Que Notre Dame du Rosaire, patronne le l’Ordre Dominicain, vous aide à découvrir la présence du Christ dans votre vie et à le suivre généreusement chaque jour. Que Dieu vous bénisse !

04.09.2009

L’esprit de pardon et de paix contre l’absurdité de la guerre

 

foto_02

 

Dans une époque de grande fragilité, c’est la bonté du cœur de Dieu qui transforme le monde et le rend imperméable à ses vices C’est l’enseignement d’un moine médiéval français, saint Odon, que Benoît XVI a proposé d’appliquer à notre époque contemporaine. Le Pape en a parlé lors de l’Audience générale de ce matin, qui s’est tenue dans la salle Paul VI devant pas moins de 8 000 personnes. Après la pause de cet été, il a donc repris ses catéchèses sur les grands auteurs de l’Église antique. Rappelant « l’absurdité » de la Seconde Guerre mondiale, le Pape a également prié pour que l’esprit de pardon et de paix « pénètre le cœur des hommes ».

Écoutez sur Radio Vatican le résumé de la catéchèse et les paroles que Benoît XVI a adressés aux pèlerins de langue française. >>


Résumé de la catéchèse en langue française


     Chers Frères et Sœurs,

     Saint Odon, né vers l’an 880, se trouve au cœur de la prodigieuse floraison de monastères qui, s’inspirant de la Règle de Saint Benoît, ont donné à l’Europe un esprit et une sensibilité chrétiennes profondes. Il fut le 2e Abbé de Cluny, une abbaye qui eut un rayonnement extraordinaire durant le Moyen-Age par la ferveur avec laquelle les moines se livraient à l’ascèse comme à l’étude et surtout au culte divin plein de beauté.
     Par la Vierge Marie, « Mère de Miséricorde », Odon, encore adolescent, fut introduit dans un nouvel espace intérieur qui, peu après, s’illuminera avec la Règle de Saint Benoît qu’il découvre et aime au point de quitter sa Touraine natale. Abbé de Cluny, il exerça une forte influence sur les monastères d’Europe dont certains suivirent sa réforme. L’idéal monastique se trouvait, pour lui, dans l’expérience de Marie de Magdala, assise aux pieds du Maître pour l’écouter et se détacher du tumulte des soucis du monde. Son amour de la Parole du Seigneur illuminait sa foi et sa dévotion au Corps et au Sang du Christ. Sainteté du mystère du Corps du Seigneur qui invite à une conversion radicale toujours possible par la puissance de la miséricorde divine. De sa contemplation du Christ miséricordieux, jaillissait en lui une joie et une bonté qui entraînaient sur la voie de la perfection chrétienne non seulement ses frères moines mais aussi les fidèles laïcs de son temps.


               * * *


     J’accueille avec joie les pèlerins francophones. Je salue particulièrement les séminaristes de Brugge, en Belgique, et leurs accompagnateurs ainsi que les nombreux pèlerins du diocèse de Kaolack, au Sénégal, avec leur Evêque Mgr Ndiaye. Puissiez-vous tous suivre généreusement le Christ chaque jour. Que Dieu vous bénisse !

12.06.2009

Belgique : une évaluation de la politique d’euthanasie

 

[Bruxelles, IEB] — L’euthanasie a été dépénalisée en Belgique par une loi du 28 mai 2002. Les sept années écoulées depuis lors procurent un recul raisonnable pour évaluer l’application de la loi.

L’Institut européen de bioéthique (IEB) rapporte les grandes lignes d’une étude d’évaluation qui vient d’être réalisée par le professeur Raphaël Cohen-Almagor, de l’Université de Hull (Royaume-Uni) et publiée sous le titre « Euthanasia Policy and Practice in Belgium : Critical Observations and Suggestions for Improvement », dans la revue Issues in Law & Medicine (volume 24, number 3, 2009, p. 187-218). L’étude s’appuie sur les nombreux entretiens réalisés par l’auteur avec des médecins belges (partisans ou critiques de la loi) et les visites effectuées auprès des principaux hôpitaux du pays. Les intervenants ont relu l’ensemble de l’étude, clôturée en janvier 2009.

Sur la base de ces entretiens, le professeur Cohen-Almagor souligne certaines difficultés rencontrées par des médecins dans l’application de la loi dépénalisant l’euthanasie en Belgique. En voici quelques-unes qui, aux yeux de l’auteur, illustrent non seulement certaines imperfections de la loi belge, mais aussi de possibles dérives.



1/ La Commission d’évaluation est-elle vraiment un organe de contrôle ?

La Commission d’évaluation qui a été chargée par le législateur de veiller à la bonne application de la loi n’a pas a priori connaissance de l’identité du médecin qui aurait pratiqué l’euthanasie. Cet anonymat ne peut être levé, par un vote à la majorité, que si la Commission suspecte le non-respect des conditions prévues par la loi. L’étude s’interroge sur l’opportunité de maintenir le caractère confidentiel du deuxième volet de la déclaration d’euthanasie, remplie par le médecin. Elle souligne que, n’ayant pas accès à toute l’information entourant l’acte d’euthanasie, la Commission ne peut juger du bien-fondé et de la licité de cet acte.



2/ La sédation n’est-elle pas une euthanasie déguisée ?

Un médecin, cité dans l’étude, souligne que la moitié des personnes décédées à l’hôpital meurent en état de sédation terminale. Alors que l’euthanasie résulte d’une demande expresse du patient, l’acte de sédation n’est pas forcément demandé par le patient. Elle ne fait l’objet d’aucune déclaration ni document signé. Aucune loi ne règle cette pratique de plus en plus courante de la sédation. L’auteur de l’étude pose alors la question de savoir si bon nombre de sédations ne sont pas des euthanasies déguisées, avec le facteur aggravant que le patient n’aurait pas été consulté et n’aurait pas lui-même formulé cette demande. Le Professeur Cohen-Almagor souligne ainsi l’urgence de mettre au point des consignes strictes eu égard à la sédation terminale.



3/ La demande du patient est-elle libre ?

La loi dépénalisant l’euthanasie précise que la demande d’euthanasie doit être volontaire, réfléchie et répétée. Par ailleurs, le patient ne doit subir aucune pression extérieure, de ses proches notamment. Après interview de différents médecins, l’auteur de l’étude souligne que la loi devrait spécifier le mécanisme garantissant que la requête d’euthanasie présente dans la réalité ces trois qualités garantissant le libre choix de la personne.



4/ Le médecin peut-il proposer lui-même l’euthanasie à son patient ?

Ayant entendu le témoignage de médecins, le Professeur Cohen-Almagor se penche aussi sur la relation patient-médecin et pose la question de l’influence qu’aurait ce dernier s’il en venait à proposer lui-même l’acte d’euthanasie à son patient. L’auteur est interpellé par le fait que peu se posent la question de savoir si, évoquer l’euthanasie avec le patient, n’engendre pas une certaine pression sur la personne malade, influençant ainsi de façon évidente le choix que celle-ci ferait, guidée par la relation de confiance en « son » médecin traitant. La volonté du législateur, qui souligne la liberté de choix du malade, serait ainsi inévitablement compromise. Proposer l’euthanasie ne revient-il pas, bien souvent, à ruiner la volonté de vivre et d’explorer des voies alternatives qui seraient encore ouvertes, s’interroge l’auteur de l’étude ?



5/ Indépendance du médecin à qui s’adresse la demande d’euthanasie par rapport au médecin « consultant »

Dans le cas de patients qui ne sont pas en fin de vie et pour lesquels l’avis d’un deuxième praticien est requis, le Professeur Cohen-Almagor met en évidence la réponse troublante des médecins ayant participé volontairement à son étude : il arrive que le médecin consulté rende son avis par téléphone et n’examine pas la personne malade. Un autre point plus troublant concerne le choix de ce second médecin : l’auteur laisse entendre que les médecins font naturellement appel à des confrères, souvent les mêmes, connus pour leur ouverture à la pratique de l’euthanasie. Se rendre ainsi mutuellement service ne pose-t-il pas problème ? Le législateur ne devrait-il pas fixer certaines règles quant au choix du second médecin consulté ? L’auteur de l’étude s’interroge ainsi sur le nombre de cas pour lesquels le second avis a été divergent de celui du médecin qui l’appelait. Il pose également la question de savoir ce qui est prévu en cas d’avis divergents. La loi n’aborde en effet pas cet aspect des choses.



6/ Les soins palliatifs, discriminés par rapport à l’euthanasie ?

Le Professeur Cohen-Almagor estime aussi que les soins palliatifs en Belgique sont discriminés par rapport à la pratique de l’euthanasie. Il constate que beaucoup de médecins n’ont pas de formation en soins palliatifs et ne consultent pas les spécialistes en la matière. Le filtre palliatif proposé dans la loi semble donc inopérant.


***


En conclusion de son étude de terrain, l’auteur, soulignant le déficit de contrôle et le laxisme dans certaines pratiques, invite le législateur à instaurer des mécanismes pour éviter les abus. Il rappelle, au passage, la responsabilité des pharmaciens à qui il revient de contrôler la délivrance des substances létales. Ces derniers devraient garder un registre nominatif des ventes et des retours des produits non utilisés après une euthanasie.

Le Professeur Cohen-Almagor lance un appel aux associations de médecins pour mettre en place un comité dont le rôle serait d’enquêter sur les faits litigieux rapportés et d’imposer une peine sévère s’il s’avérait que le médecin contrevenait à la loi.

L’IEB signale qu’en effet, plusieurs cas litigieux sont connus en Belgique, sans que la justice n’ait à ce jour prononcé la moindre condamnation.


© Institut Européen de Bioéthique, 2 juin 2009.

libertepolitique.com