18.04.2012

Les Archives Secrètes Vaticanes : un congrès célèbre leur 4° centenaire

pie.xii.jpegA l'occasion du 4° centenaire de la fondation des Archives Secrètes du Vatican, un congrès d'études intitulé « Religiosa Archivorum Custodia » se tient les 17 et 18 avril au Vatican, avec la participation de nombreux chercheurs et experts. Le cardinal Raffaele Farina et Mgr Sergio Pagano, respectivement Archiviste et Préfet des Archives Secrètes du Vatican vont évoquer l'identité particulière et l'histoire des archives. On veut éviter, affirme le cardinal Farina, les autocélébrations et les repropositions de thèmes de l'histoire des archives, déjà objet de discussions dans le passé. Le congrès est structuré de manière à faire le point avec la contribution des collaborateurs aux archives, sur les travaux réalisés ces trente dernières années sur les fonds anciens et nouveaux. De nouveaux documents sont venus compléter les archives grâce à des donations ou des acquisitions. Le congrès permettra également une remise en ordre plus attentive des anciens fonds (par exemple ceux de l'époque napoléonienne ou des fonds concernant le nouveau classement du matériel de la Secrétairerie d'Etat à l'époque contemporaine). Ainsi pour la première fois sera présentée une catégorie de nouveaux fonds avec les archives de la Commission pontificale pour l'art sacré en Italie, instituée en 1924 et opérationnelle jusqu'en 1988. Enfin le point sera fait sur la réorganisation des archives du Concile Vatican II.

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07.03.2010

Pourquoi Pie XII a-t-il décidé de ne plus parler ouvertement?

L’exemple hollandais ou antibolchevisme ?

 

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ROME, Vendredi 5 mars 2010 (ZENIT.org) - L'Osservatore Romano se montre attentif aux interventions des intellectuels français, en particulier lorsqu'il s'agit de relations avec le judaïsme. Après la publication dans ses colonnes de l'article de Bernard-Henri Lévy, publié initialement par Il Corriere della Sera, L'Osservatore du 6 mars 2010 fait état de l'interview de Serge Klarsfeld dans Le Point, et de l'interview, dans cette même revue, de l'historien franco-israélien Saul Friedländer par François-Guillaume Lorrain.

Ceci pour nuancer un propos de l'historien à propos de Pie XII. Après les représailles entraînées par l'intervention des évêques hollandais - 26 juillet 1942 -, Pie XII a décidé d'agir sans plus élever la voix.

Le futur Pie XII, Eugenio Pacelli, n'a pas attendu l'invasion de la Pologne, en 1939, pour avertir du danger et condamner le racisme nazi. L'encyclique « Mit brennender Sorge » avait, dès 1937, condamné le nazisme, et notamment son « Mythe du Sang et de la Race ». On sait qu'elle est due en grande partie à Pacelli, alors secrétaire d'Etat de Pie XI.

Friedländer, souligne L'Osservatore Romano, se défend de vouloir faire, comme d'autres, de Pie XII « le pape de Hitler » : il sait l'aversion du pape Pacelli pour le nazisme et sa contribution décisive à la condamnation de 1937.

Mais Saul Friedländer a cette réflexion qui attire l'attention de L'Osservatore : « S'il avait parlé, même s'il y avait eu des représailles, on se serait souvenu de la grandeur de l'Eglise ».

Pie XII préféra donner des ordres à ses nonces (particulièrement actifs en Hongrie, en Roumanie, en Grèce notamment) et aux religieux qui ouvrirent leurs couvents, et abriter de nombreux juifs au Vatican et à Castel Gandolfo, de façon à sauver des vies, n'ayant cure de son « image » ou celle de l'Eglise, mais craignant désormais qu'une parole envoie à la mort ceux qu'il voulait sauver.

Le nonce à Budapest, Mgr Angelo Rotta, a été déclaré « Juste parmi les Nations », et son secrétaire de nonciature, Mgr Gennaro Verolino, a reçu le « Prix Anger » en 2004. Rotta était en contact constant avec le Vatican.

Aux Pays-Bas, les responsables protestants avaient eux-mêmes, devant la menace de rétorsions, renoncé à la protestation programmée pour le même dimanche que les catholiques : Pie XII leur donna raison implicitement, a posteriori.

Pourtant, l'historien croit voir ailleurs la raison de la décision de Pie XII de ne plus parler : son antibolchevisme.

Or, L'Osservatore Romano, sous la plume de Raffaele Alessandrini, fait valoir deux arguments pour réfuter cette interprétation : d'une part, la seconde guerre mondiale « tellement crainte et condamnée par le pape » avait justement éclaté après le pacte Molotov-Ribbentrop, et, d'autre part, après l'agression nazie contre l'Union soviétique, Pie XII est « intervenu pour convaincre les catholiques américains de ne pas s'opposer à une alliance contre Hitler de l'administration américaine avec les soviétiques ».

Anita S. Bourdin

23.12.2009

La légende noire sur Pie XII expliquée

Communisme et fractures idéologiques expliquent la légende noire sur Pie XII

Entretien avec le directeur de L´Osservatore Romano

 

ROME, Mardi 23 juin 2009 (ZENIT.org) - La « légende noire » sur le pape Pie XII (Eugenio Pacelli), accusé de complicité avec le nazisme, a deux causes, selon le directeur de "L'Osservatore Romano" : la propagande communiste et les divisions récurrentes au sein de l'Eglise.

Giovanni Maria Vian les expose dans une interview accordée à ZENIT à l'occasion de la publication, sous sa direction, du livre intitulé « In difesa di Pio XII. Le ragioni della storia » (Pour défendre Pie XII. Les raisons de l'histoire), Venise, Marsilio, 2009, 168 pages, 13,00 euros).

 

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Le livre a été présenté le 10 juin par le cardinal secrétaire d'Etat, Tarcisio Bertone, le président de Marsilio Editori, Cesare De Michelis (Université de Padoue), et par les historiens Giorgio Israel (Université de Roma La Sapienza), Paolo Mieli (Université de Milan), par deux fois directeur du « Corriere della sera », et Roberto Pertici (Université de Bergame).

Le directeur du quotidien du Vatican, historien, n'hésite pas à reprendre l'expression « légende noire » , car le pape Pacelli qui, à sa mort en 1958, avait été unanimement encensé pour l'œuvre qu'il avait accomplie pendant la Seconde guerre mondiale, fut ensuite véritablement « diabolisé ». 

Comment une telle déformation de son image a-t-elle été possible, en quelques années, plus ou moins à partir de 1963 ? 


Propagande communiste 

Vian attribue cette campagne contre le pape en premier lieu à la propagande communiste qui s'est intensifiée à l'époque de la guerre froide.

Il fait remarquer que « la ligne adoptée dans les années de guerre par le pape et par le Saint-Siège, hostile aux totalitarismes mais traditionnellement neutre, se révéla en revanche, dans les faits, favorable à l'alliance contre Hitler, se caractérisant par un effort humanitaire sans précédent, qui a sauvé de très nombreuses vies humaines ». 

« Cette ligne fut de toute façon anti-communiste, ce qui explique que, déjà durant la guerre, le pape était pointé du doigt par la propagande communiste comme complice du nazisme et de ses atrocités ». 

L'historien considère que « même si Eugenio Pacelli a toujours été anti-communiste, il n'a jamais pensé que le nazisme pouvait être utile pour stopper le communisme, bien au contraire », et il en apporte la preuve en se fondant sur des faits historiques. 

Tout d'abord, « entre l'automne de 1939 et le printemps de 1940, dans les premiers mois de la guerre, le pape appuya la tentative de coup d'Etat contre le régime hitlérien fomenté par certains cercles militaires allemands en contact avec les Britanniques ». 

Ensuite, affirme G.M. Vian, après l'attaque de l'Allemagne contre l'Union soviétique au milieu de l'année 1941, Pie XII refusa dans un premier temps l'alignement du Saint-Siège sur la « croisade » contre le communisme, comme elle était présentée, et ensuite il a beaucoup fait pour tempérer l'opposition de nombreux catholiques américains à l'alliance des Etats-Unis avec l'Union soviétique stalinienne. 

La propagande soviétique, rappelle le spécialiste, a été efficacement reprise dans la pièce « Le Vicaire » ("Der Stellvertreter ") de Rolf Hochhuth, jouée pour la première fois à Berlin le 20 février 1963, et qui présentait le silence du pape comme de l'indifférence face à l'extermination des juifs. 

Déjà alors, constate G. M. Vian, on a considéré que ce drame relance nombre des accusations portées par Mikhail Markovich Scheinmann dans son livre Der Vatican im Zweiten Weltkrieg (« Le Vatican dans la seconde guerre mondiale »), d'abord publié en russe par l'Institut historique de l'Académie soviétique des sciences, organe de propagande de l'idéologie communiste. 

Et, nouvelle preuve de l'opposition de Pie XII au nazisme : le fait que les chefs du Troisième Reich aient considéré le pape comme un authentique ennemi, ainsi que l'attestent les documents des archives allemandes qui, non par hasard, avaient été fermées au public par l'Allemagne communiste et n'ont été que depuis peu rouvertes et étudiées, comme l'a souligné un article de Marco Ansaldo dans "la Repubblica" du 29 mars 2007

Le livre édité par G. M. Vian reprend successivement un texte du journaliste et historien Paolo Mieli, un écrit posthume de Saul Israël, biologiste, médecin et écrivain juif, des articles de Andrea Riccardi, historien et fondateur de la Communauté de Sant'Egidio, des archevêques Rino Fisichella, président de l'Académie pontificale pour la vie, et de Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical pour la culture, du cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat au Vatican et, enfin, l'homélie et les deux discours de Benoît XVI prononcés en mémoire de son prédécesseur Pie XII. 


Division ecclésiale 

Bien des gens ont contribué à ce discrédit de Pie XII, y compris au sein de l'Eglise catholique, en raison de la division entre progressistes et conservateurs, qui s'accentua pendant et après le Concile Vatican II, annoncé en 1959 et clos en 1965, affirme le directeur de L'Osservatore Romano.

« Son successeur, Jean XXIII, Angelo Giuseppe Roncalli, fut très vite salué comme 'le bon pape' que, sans nuances, on opposait de plus en plus à son prédécesseur : en raison de son caractère et de son style radicalement différents, mais aussi de sa décision inattendue et retentissante de convoquer un concile ». 

Les critiques catholiques contre le pape Pacelli avaient été précédées, dès 1939, des questions et accusations du philosophe catholique français Emmanuel Mounier, reprochant au pape son « silence » à propos de l'agression italienne en Albanie. 

Pie XII fut, en outre, critiqué par des « cercles de Polonais en exil », qui lui reprochaient son silence face à l'occupation allemande. 

C'est ainsi que, lorsque la polarisation s'accrut dans l'Eglise à partir des années soixante, tous ceux qui s'opposaient aux conservateurs attaquaient Pie XII, considéré comme un symbole de ces derniers, alimentant ou utilisant des arguments repris de la « légende noire ». 


Justice historique

Le directeur de « L'Osservatore Romano » souligne que ce livre n'est pas né de l'intention de prendre la défense a priori du pape, « car Pie XII n'a que faire d'apologistes qui n'aident pas à clarifier la question historique ». 

En ce qui concerne les silences de Pie XII, non seulement sur la persécution des juifs (dénoncée sans bruit mais sans équivoque dans son message de Noël en 1942 et dans son allocution aux cardinaux du 2 juin 1943), mais aussi face aux autres crimes des nazis, l'historien souligne que cette ligne de conduite visait à ne pas aggraver la situation des victimes, tandis que le souverain Pontife se mobilisait pour les aider sur le terrain. 

« Pacelli lui-même s'interrogea à plusieurs reprises sur son attitude. Ce fut donc un choix conscient et difficile que de chercher à sauver le plus grand nombre possible de vies humaines au lieu de dénoncer continuellement le mal avec le risque réel de provoquer des horreurs encore plus grandes », explique G. M. Vian. 

Dans son livre, Paolo Mieli, d'origine juive, affirme dans ce sens : « Prendre pour argent comptant les accusations contre Pacelli, c'est comme traîner sur le banc des coupables présumés, avec les mêmes chefs d'accusation, Roosevelt et Churchill, en les accusant de ne pas avoir parlé plus clairement des persécutions antisémites ». 

Rappelant que des membres de sa famille sont morts dans l'Holocauste, Paolo Mieli a déclaré textuellement : « Je refuse d'imputer la mort des miens à une personne qui n'en est pas responsable ». 

Le livre publie aussi un texte inédit de Saul Israel écrit en 1944 lorsque, avec d'autres juifs, il avait trouvé refuge dans le couvent de San Antonio, via Merulana, à Rome. 

Son fils, Giorgio Israel, qui a participé à la présentation du livre, a ajouté : « Ce ne fut pas tel ou tel couvent ou le geste de compassion de quelques-uns, et personne ne peut penser que toute cette solidarité dont témoignèrent les églises et les couvents, ait pu avoir lieu à l'insu du pape, voire sans son consentement. La légende de Pie XII est la plus absurde de toutes celles qui circulent ». 


Au-delà de la légende noire

G. M. Vian explique ensuite que le livre édité sous sa responsabilité n'a pas l'intention de se focaliser sur la légende noire, mais que, « un demi siècle après la mort de Pie XII (9 octobre 1958) et soixante ans après son élection (2 mars 1939), un nouveau consensus historiographique semble se dessiner sur l'importance historique de la figure et du pontificat de Eugenio Pacelli ». 

L'objectif du livre est surtout de contribuer à restituer à l'histoire et à la mémoire des catholiques un pape et un pontificat d'une importance capitale sous maints aspects qui, dans l'opinion publique, sont encore éclipsés par la polémique suscitée par la « légende noire ».

Propos recueillis par Jesús Colina

Traduit de l'italien par Elisabeth de Lavigne

Radio Moscou a créé la 'légende noire' contre Pie XII- Des révélations de 'La Civiltà cattolica'

Radio Moscou a créé la « légende noire » contre Pie XII

Des révélations de « La Civiltà cattolica »

 

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ROME, Dimanche 19 juin 2005 (ZENIT.org) – « La légende noire contre le pape Pie XII fut lancée par Radio Moscou à la fin de la deuxième guerre mondiale, conclut une enquête publiée par la revue italienne « La Civiltà cattolica ».

Pie XII, qui à sa mort reçut l’hommage des chefs d’Etats démocratiques et des plus hauts représentants juifs, a été présenté par certaines publications lors des décennies qui suivirent, comme un allié des régimes totalitaires, mettant en particulier en accusation son « silence » face aux crimes du nazisme.

L’article du bi-mensuel, signé par Giovanni Sale, s.j., analyse la réaction de la radio communiste à l’allocution prononcée par le pape Eugenio Pacelli, le 2 juin 1945, fête de saint Eugène.

Le 7 juin 1945, la radio diffusa une émission qui « prit une valeur, pour ainsi dire, paradigmatique, dans le sens où elle résumait bien le point de vue de la gauche radicale sur l’activité du Saint-Siège pendant la période de la guerre ».

« Qui a entendu le discours du pape à l’occasion de la fête de saint Eugène – disait Radio Moscou – a été extrêmement étonné d’apprendre que le Vatican, pendant les années de la domination d’Hitler en Europe, a agi avec courage et audace contre les délinquants nazis. En revanche, les faits et actions véritables du Vatican disent le contraire ».

« Du reste, si le Vatican a agi de cette manière, il l’a fait pour poursuivre la politique vigilante de protection d’Hitler et de Mussolini » ajoutait la radio communiste.

« Aucune des atrocités commises par les hommes d’Hitler n’a suscité le mépris et l’indignation du Vatican. Il s’est tu alors qu’oeuvraient les machines de mort allemandes, quand fumaient les cheminées des fours crématoires, quand étaient lancées sur la population pacifique de Londres des centaines de bombes, quand la doctrine hitlérienne d’élimination et d’extermination des nations et des peuples se transformait en une dure réalité ».

« Maintenant en revanche – poursuivait-elle – le pape remplissait son discours d’allusions contre l’Union soviétique et le communisme international pour provoquer des divergences et semer la méfiance parmi les alliés ».

L’auteur de l’article constate que « la presse communiste internationale, et pas seulement elle, s’était alignée passivement sur les directives de Moscou, à ce sujet ».

« Ainsi commença la légende noire d’un Pie XII ami et allié des nazis, qui est d’une certaine façon arrivée jusqu’à nos jours ; un pape qui soutenait, pour des raisons d’intérêt politique, des régimes totalitaires fascistes et ennemi juré de la démocratie populaire ».

24.07.2009

"Blessed" G.K. Chesterton?

Interview on Possible Beatification of English Author


By Antonio Gaspari

 

 

 

 

ROME, JULY 14, 2009 (Zenit.org).- Gilbert Keith Chesterton (1874-1936) is well known for his clever and humorous writing, and his thought-provoking paradoxes. But he might also become known as a saint, if a proposal to launch his cause of beatification goes forward.

ZENIT spoke with Paolo Gulisano, author of the first Italian-language biography of the great English writer ("Chesterton & Belloc: Apologia e Profezia," Edizioni Ancora), about the origins of this proposal. Here, Gulisano explains why Chesterton might merit recognition as a saint.

ZENIT: Who is promoting this cause of beatification?

Gulisano: The cultural association dedicated to him, the Chesterton Society, founded in England in 1974 on the occasion of the 100th anniversary of the great author's birth, with the idea of spreading awareness of the work, thought and figure of this extraordinary personality. For years now, there has been talk of a possible cause of beatification, and a few days ago, during an international conference organized in Oxford on "The Holiness of G.K. Chesterton" -- with the participation of the best exponents in the field of Chesterton studies -- it was decided to go ahead with this proposal.

ZENIT: Why a beatification?

Gulisano: Many people feel there is clear evidence of Chesterton's sanctity: Testimonies about him speak of a person of great goodness and humility, a man without enemies, who proposed the faith without compromises but also without confrontation, a defender of Truth and Charity. His greatness is also in the fact that he knew how to present Christianity to a wide public, made up of Christians and secular people. His books, ranging from "Orthodoxy" to "St. Francis of Assisi," from "Father Brown" to "The Ball and the Cross," are brilliant presentations of the Christian faith, witnessed with clarity and valor before the world.

According to the ancient categories of the Church, we could define Chesterton as a "confessor of the faith." He was not just an apologist, but also a type of prophet who glimpsed far ahead of time the dramatic character of modern issues like eugenics. The English Dominican Aidan Nichols sustains that Chesterton should be seen as nothing less than a possible "father of the Church" of the 20th century.

ZENIT: What are his heroic virtues?

Gulisano: Faith, hope and charity: These were Chesterton's fundamental virtues. Moreover, he was innocent, simple, profoundly humble. Though having personally experienced sorrow, he was a chorister of Christian joy. Chesterton's work is a type of medicine for the soul, or better, it can more precisely be defined as an antidote. The writer himself had actually used the metaphor of antidote to define the effect of sanctity on the world: The saint has the objective of being a sign of contradiction and of restoring mental sanity to a world gone crazy.

ZENIT: What is the cultural, literary and moral contribution that Chesterton has left to British society and to Christianity?

Gulisano: When Pope Pius XI was informed of the death of the great writer, he sent a telegram of condolences through his secretary of state, Cardinal Eugenio Pacelli. In the telegram, he mourned the loss of a "devout son of the Holy Church, rich defender of the gifts of the Catholic faith." This was the second time in history that a Pontiff would attribute the title "defender of the faith" to an Englishman. Perhaps the secretary of state did not realize the ironic parallelism, which would have sparked in Gilbert one of his proverbial guffaws -- but the other Englishman was Henry VIII, the man who inflicted on the Church in England its gravest and deepest wound. Chesterton tried to again bring England, and also the world, closer to God, the faith, reason.

ZENIT: What is your opinion on all this?

Gulisano: Reading Chesterton, whether his novels or his essays, always leaves the reader with great serenity and a sense of hope, which certainly does not come from an immature and worldly optimistic vision of life -- which in reality couldn't be farther from the thought of Chesterton, who carefully denounced all the aberrations of modernity -- but rather from a Christian conception, the virile strength of the religious experience.

Chesterton's proposal is to take all of reality seriously, beginning with the interior reality of man, and to confidently make use of the intellect, that is to say, of common sense, in its original sanity, purified of every ideological incrustation.

One rarely reads pages that speak of faith, conversion and doctrine that are so clear and incisive, while being free of every sentimental or moralistic excess. This comes from Chesterton's attentive reading of reality; he knew that the most harmful consequence of de-Christianization has not been the grave ethical straying but rather the straying of reason, synthesized in this critique of his: The modern world has suffered a mental fall much greater than the moral one.

Faced to this reality, Chesterton chose Catholicism, and affirms that there are at least 10,000 reasons to justify this choice, every one of them valid and well-founded, but able to be boiled down to one reason: That Catholicism is true. The responsibility and the task of the Church then consist in this: In the courage to believe, in the first place, and therefore to denounce the paths that lead to nothingness or destruction, to a blind wall or a prejudice. An undoubtedly holy work, and the holiness of Gilbert Chesterton, which I hope the Church will recognize, already shines and sparkles before the world.

[Translation by Kathleen Naab]

13.03.2009

Le service de la Primauté pour l’unité de l’Eglise

VATICAN - LES PAROLES DE LA DOCTRINE par l’Abbé Nicola Bux et l’Abbé Salvatore Vitiello - Le service de la Primauté pour l’unité de l’Eglise

 

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Rome (Agence Fides) – Il y a soixante-dix ans, le Cardinal Eugenio Pacelli était élu Pape et prenait le nom de Pie XII. Personne alors ne pouvait concevoir que le collège des Cardinaux et le Collège Episcopal ne doivent être « tous unanimes dans le langage, selon les paroles de l’Apôtre, pour qu’il n’y ait pas de divisions entre vous, mais que vous soyez en parfaite union de pensée et d’intentions » (1 Corinthiens 1, 11).

Jean XXIII lui aussi, dans son discours d’ouverture du Concile, pouvait parler « d’adhésion nouvelle ; sereine et tranquille à tout l’enseignement de l’Eglise, dans son intégrité et dans sa précision, tout comme elle brille encore dans les actes conciliaires, de Trente à Vatican I ».

Pourrait-on imaginer en effet que l’Eglise, Corps Mystique du Christ, s’exprimât de manière incohérente ? Pourrait-on concevoir l’ecclésiologie de communion, en oubliant ce que le Concile a déclaré sur la Primauté (cf. Lumen Gentium 13, 22 e 23) ?

Alors il faut que tous, dans l’Eglise, Evêques, prêtres et fidèles, réfléchissent sur les paroles humbles et bien fondées de notre Saint-Père le Pape Benoît XVI prononcées au Grand Séminaire de Rome et à l’occasion de l’Angélus du 22 février, et fassent cesser les polémiques qui
« naissent là où la foi dégénère en intellectualisme, et où l’humilité est remplacée par l’arrogance d’être meilleurs que l’autre… C’est là une caricature de l’Eglise qui devrait former un seul cœur et une seule âme ».

Ces paroles manifestent l’exercice de la Primauté dans la patience, et à cette Primauté doit correspondre la docilité humble de tous les catholiques.

Le Saint-Père sait que la Primauté a une ‘structure martyrologique’, parce que « la Parole de Dieu n’est pas enchaînée » (2 Timothée 2, 9), et cela vaut pour chaque Pape. La Primauté Pétrinienne existe et œuvre, parce que la communion ecclésiale ne peut être destructrice, au contraire, le Credo la déclare ‘Catholique’. Il convient d’aller, à ce sujet, à tout ce qu’il a écrit, en tant que théologien dans « Introduzione al Cristianesimo » (Introduction au Christianisme) :

« Une idée fondamentale est documentaire, dès le début, comme déterminante ; par cette parole on se réfère à l’unité de lieu : c’est seulement la communauté unie à l’Evêque qui est ‘Eglise Catholique’, et non pas les groupes partiels qui, pour n’importe quelle raison, s’en sont détachés.
En deuxième lieu, est rappelée ici l’unité des Eglises locales entre elles, qui ne peuvent se fermer sur elles-mêmes, mais ne peuvent rester Eglise qu’en se maintenant ouvertes l’une vers l’autre, formant une unique Eglise […]. Dans l’adjectif ‘catholique’ s’expriment la structure épiscopale de l’Eglise, et la nécessité de l’unité de tous les Evêques entre eux […] » ((ed. Queriniana-Vaticana, 2005, p 335).

Après avoir observé que cela n’était pas l’élément premier, il déclare, comme un rappel :

« Les éléments fondamentaux de l’Eglise apparaissent plutôt être le pardon, la conversion, la pénitence, la Communion Eucharistique, et à partir de cette dernière, la pluralité et l’unité : pluralité des Eglises locales, qui restent toutefois Eglise uniquement par leur insertion dans l’organisme de l’unique Eglise […]. La constitution épiscopale apparaît sur le fond comme un moyen de cette unité […].
Un autre stade, toujours dans l’ordre des moyens, sera constitué ensuite pas le service de l’Evêque de Rome.
Une chose est claire : l’Eglise ne doit pas être pensée en partant de son organisation, mais c’est l’organisation qui doit être comprise en partant de l’Eglise. Toutefois, il est clair dans le même temps que, pour l’Eglise visible, l’unité visible est quelque chose de plus que la simple ‘organisation’ […]. C’est seulement en tant que ‘catholique, c’est-à-dire visiblement Une malgré sa multiplicité, qu’elle correspond à tout ce requiert le Symbole. Dans le monde déchiré et divisé, l’Eglise doit être un signe et un instrument d’unité ; elle doit dépasser les barrières, et réunir les Nations, les races et les classes. Jusqu’à quel point, y compris dans cette tâche, a-t-elle manqué à son devoir, nous le savons assez bien […].
Malgré tout… au lieu de nous limiter à dénigrer le passé, nous devrions surtout nous montrer prêts à accueillir l’appel du présent, en cherchant à ne pas nous limiter à confesser la catholicité du Credo, mais de la réaliser dans la vie de notre monde déchiré » (Ibid. p 336-337).

(Agence Fides, 12 mars 2009)