14.04.2012

Koekelberg - Solennité en l'Honneur du Christ Miséricordieux

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Dimanche 15 avril 2012 à 15h - fin 17.30h:

Solennité en l'Honneur du Christ Miséricordieux

Eucharistie en latin et dans les trois langues nationales (néerlandais, français, allemand)

suivie de l'adoration et de la récitation du chapelet de la divine miséricorde.

Confessions à partir de 13h.

Puisque cette célébration est organisée pour la treizième fois, elle est placée sous le signe de Notre-Dame de Fatima.

Lien vers le site de la basilique

09.07.2010

Soyez en forme pour la finale du Mondial

A quelques heures de la petite et de la grande finale du Mondial 2010 en Afrique du Sud, il est temps de mettre au point son vocabulaire de la langue française.


http://www.football365.fr/medias/foot/Football365_664x376/divers/trophees/76364_COUPEMONDE_TROPHEE.jpg


Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, il existe un site dédié : France Terme.

Voici donc quelques exemples dans le domaine du football :


Journal officiel du 22/09/2000

coup de pied de coin

Domaine : Sports/Football

Définition : Remise en jeu effectuée au bénéfice de l'équipe attaquante, à partir d'un des angles de la surface du terrain.

Note :
1. Le terme « coup de pied de coin » est notamment utilisé dans les règles de la Fédération française de football.
2. Les abréviations « coup de pied » et « coup » sont également employées lorsque le contexte ne permet aucune ambiguïté.

Équivalent admis : corner (en)

Source : Arrêté du 21 décembre 1990



Journal officiel du 25/05/2008

marché des transferts

Domaine : Sports

Définition : Ensemble des transactions permettant le passage de joueurs d'un club professionnel à un autre, durant des périodes prévues à cet effet.

Équivalent étranger : mercato (it)



Journal officiel du 22/09/2000

taclen.m.

Domaine : Sports/Football

Définition : Action de reprendre avec le pied le ballon en possession de l'adversaire.

Note : Sur « tacle » sont construits : tacler, tacleur, tacleuse.

Équivalent étranger : tackling (en)

Source : Arrêté du 18 février 1988



Journal officiel du 22/09/2000

tir de réparation

Domaine : Sports

Définition : Pénalité sanctionnant une faute commise par l'équipe défendante dans la surface de réparation.

Note : En football, le tir de réparation est également nommé « coup de pied de réparation » ou « onze mètres ».

Voir aussi : tirs au but

Équivalent étranger : penalty (en)

Source : Arrêté du 11 décembre 1992



Journal officiel du 22/09/2000

tirs au but

Domaine : Sports/Football-Handball

Définition : Épreuve complémentaire appliquée lors de certaines rencontres pour départager deux équipes restées à égalité à l'issue du temps de jeu imparti.

Note : Le terme « épreuve de penalties » pour « épreuve de tirs au but » est impropre.

Voir aussi : tir de réparation

Équivalent étranger : penalties (en)

Source : Arrêté du 21 décembre 1990



 

Pour rester dans l'acutalité....

 

http://www.sport-decouverte.com/stage-pilotage/produit/15377/maxi/Randonnee-Quad-Courchevel-Savoie-Rhone-Alpes-73.jpg


L'été revient, et avec lui les sports de plein air. Bicyclettes et planches à roulettes pour les amoureux de la nature et, pour les autres, divers équipements pétaradants et assoiffés de pétrole. À ces derniers, l'aimable industrie propose des engins variés de forme et de taille : petites motos de poche sur lesquelles on peut s'amuser et frimer, quadricycles à très larges pneus qui permettent d'aller partout et de slalomer sur les plages entre les dévots du soleil, voire motomarines, sorte de scooters des mers qui fendent les vagues et effraient les nageurs.


Ces minimotos et ces quads ne permettent pas, fort heureusement, de se lancer dans de périlleux motorodéos qui laissent trop souvent les casse-cous de l'acrobatie et leurs victimes à la charge des compagnies d'assurance et des hôpitaux.


Bruit, vitesse et risque s'accompagnent ainsi d'une fine odeur d'essence brûlée, pour la joie de certains, le désagrément des autres et le réchauffement de la planète...


Voir les termes : minimoto , motorodéo , quad 

05.02.2010

Publication du message de Benoît XVI pour le Carême 2010 : un appel à la justice de Dieu

Moment fort de l’année liturgique, le Carême qui s’ouvrira le 17 février prochain, mercredi des cendres, culminera pendant les fêtes de Pâques, cœur de la foi chrétienne.

 

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Temps de conversion, à travers la pénitence et le partage, le Carême a pour thème cette année un passage de l’Épître aux Romains : « La justice de Dieu s’est manifestée moyennant la foi au Christ » (Rm 3, 21-22).

Le traditionnel message de Carême de Benoît XVI publié en 7 langues (allemand, anglais, espagnol, français, italien, polonais, portugais), a été rendu public ce jeudi. Olivier Bonnel assistait à la présentation du message: >>

 

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Un invité de marque était présent, ce jeudi matin, au Bureau de presse du Saint-Siège, Hans Gert Pöttering, (photo) ancien président du parlement européen. Cette figure de la démocratie chrétienne-allemande préside aujourd’hui le PPE, le Parti Populaire Européen, premier groupe de parlementaires de l’Union. Il a salué le message du Pape et rappelé l’importance de la voix de l’Église dans les débats politiques européens d’aujourd’hui: >>

Propos recueillis par Olivier Bonnel (Radio Vatican).

 

Lire le Message intégral

04.02.2010

Chine: La trompette de Zen et la cloche de Bertone

Chine. La trompette de Zen et la cloche de Bertone

Deux points de vue s’opposent en ce qui concerne l'avenir de l'Eglise catholique chinoise, celui du cardinal de Hong-Kong et celui de la diplomatie vaticane. Un dossier du mensuel "30 Giorni" donne la parole à la seconde. Avec une interview d'un intellectuel proche du gouvernement de Pékin


par Sandro Magister




ROME, le 4 février 2010 – Le cardinal Joseph Zen Zekiun, évêque émérite de Hong-Kong et stratège passionné de l’Église catholique en Chine, n’a jamais ménagé ses critiques contre la diplomatie vaticane, qu’il trouve trop accommodante vis-à-vis du régime communiste de Pékin, ni aux prêtres et évêques qui lui paraissent trop soumis.

La dernière polémique – relatée par www.chiesa dans un précédent article – a porté sur l’affaire de l’évêque coadjuteur du diocèse Baoding, Joseph An Shuxin, rendu à la liberté après dix années passées en prison et qui s’est inscrit à l’Association Patriotique gouvernementale, geste que beaucoup ont interprété comme une reddition à l’ennemi.

D’après le cardinal Zen, la faiblesse de l’évêque de Baoding et d’autres comme lui serait encouragée de façon coupable par les autorités vaticanes qui considèrent que la période héroïque de l’Église clandestine est terminée et que ses évêques et ses prêtres devraient tous entrer dans l’Église officielle reconnue par le régime.

Mais en est-il vraiment ainsi ? Selon les autorités vaticanes, non : la situation n’est pas du tout celle que décrivent le cardinal Zen et l'agence "Asia News" dirigée par le père Bernardo Cervellera, de l’Institut Pontifical des Missions Étrangères.


***


La diplomatie vaticane ne s’exprime pas directement mais, pour connaître ses prises de position, il suffit de lire la revue qui reflète le mieux sa pensée : le mensuel international en six langues "30 Giorni", édité à Rome et dirigé par le vieux sénateur Giulio Andreotti, plusieurs fois président du conseil et ministre des Affaires étrangères de la république italienne, de tout temps très introduit à la curie.

 

 

 

 

Dans son dernier numéro, "30 Giorni" consacre un dossier à l’Église chinoise. Mais ce n’est pas tout. Il annonce aussi la diffusion en Chine, à un grand nombre d’exemplaires, d’un livret de prières intitulé "Qui prie est sauvé" (voir photo ci-dessus), traduit pour la première fois en mandarin et préfacé par l’évêque de Shanghai, Aloysius Jin Luxian, celui des évêques reconnus à la fois par le régime et par l’Église de Rome qui fait le plus autorité (et par le cardinal Joseph Ratzinger? ndlr).

Pour le moment, le nouveau numéro de "30 Giorni" n’a été publié qu’en italien. Mais bientôt il sortira aussi en anglais, français, espagnol, portugais et allemand, avec la possibilité pour tous de lire intégralement le dossier.

Celui-ci comprend une grande enquête de Gianni Valente qui reconstitue l’affaire de l’évêque de Baoding, avec des détails qui démentent la "trahison" de ce dernier et prouvent sa rectitude. Mais il fournit aussi deux documents d’un grand intérêt, qui appuient cette reconstitution des faits.

Le premier document est une lettre du 29 juin 2008, écrite par le cardinal Ivan Dias, préfet de la congrégation vaticane Propaganda Fide, aux prêtres, aux religieux et aux fidèles du diocèse de Baoding.

Dans cette lettre, le cardinal Dias – dont dépendent formellement les diocèses de Chine – défend pleinement les choix faits par l’évêque An Shuxin après sa sortie de prison et il enjoint au clergé et aux fidèles de faire preuve envers lui de respect et d’obéissance :


"Tout le monde doit savoir que l’estimé évêque jouit de la faveur et de la confiance totale du Saint-Siège. Personne ne peut donc se permettre de suspecter sa sincérité ou de s’opposer à son autorité, en diffusant des jugements inconsidérés qui troublent les fidèles. Non seulement cela réjouit beaucoup les ennemis de l’Église, mais c’est un grave manque de charité devant Dieu et devant l’Église ".


Le second document, datant de novembre dernier, est un long interrogatoire de l’évêque An Shuxin par un prêtre chinois en désaccord avec lui, diffusé par un site web lié à des groupes de l’Église catholique clandestine : www.ccccn.org.

La traduction intégrale du texte chinois de l'interrogatoire sera bientôt disponible sur le site web de "30 Giorni".

Le dossier de la revue comporte de graves critiques contre le cardinal Zen, accusé de se présenter abusivement comme le seul interprète véridique de la lettre adressée par Benoît XVI aux catholiques chinois en 2007, c’est-à-dire du document essentiel pour l’Église catholique de Chine.

Il défend également avec vigueur le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’état et donc chef de la diplomatie du Vatican.

Curieusement, Bertone et Zen sont salésiens l’un et l’autre mais se disputent même lors des réunions confidentielles de la commission créée par le Vatican pour suivre la mise en œuvre de la lettre-programme de Benoît XVI en Chine, commission dont ils font partie tous les deux.

On trouvera ci-dessous le texte intégral d’une autre pièce majeure du dossier di "30 Giorni" : l'interview accordée à Gianni Valente par le professeur Ren Yanli. Celui-ci, membre de l’académie chinoise des sciences sociales et de l’institut de recherches sur les religions mondiales, suit depuis des décennies la vie de l’Église catholique chinoise et les rapports entre la Chine et le Vatican.

Ren Yanli exprime le côté "soft" des positions des autorités chinoises en ce qui concerne l’Église catholique.

Mais, bien sûr, d’autres expriment le côté "hard". La Chine aussi a ses Bertone et ses Zen.



Hu Jintao et le pape. Cette audience manquée de peu

Interview de Ren Yanli



Q. – Professeur Ren Yanli, des opinions contradictoires circulent à propos de la situation de l’Église catholique chinoise...

R. – Les catholiques chinois sont des catholiques comme tous les autres. Ils ont la même foi, lisent la même Bible, vont librement à l’église pour la messe, pour prier et recevoir les sacrements. Ils aiment leur patrie, comme les autres catholiques, et ils veulent participer à la vie et à la modernisation de la Chine.

Q. – D’où viennent donc les problèmes ?

R. – Il y a eu un temps où, pour différentes raisons, il ne semblait pas possible d’aimer en même temps la patrie et l’Église. Quand la République Populaire de Chine est née, le Vatican était considéré comme un ennemi politique de la nouvelle Chine communiste. Ainsi, à la fin des années Cinquante, au plus fort du mouvement anti-impérialiste qui dominait alors la politique chinoise, les relations avec le Saint-Siège ont été rompues et l’Église chinoise a été poussée vers la ligne politique de l’indépendance et de la nomination autonome des évêques. Mais déjà alors, ceux qui, par patriotisme ou seulement en paroles, avaient adhéré à cette ligne ont fini par perdre leur tranquillité spirituelle. Ils semblaient profondément partagés. Comment une Église qui n’a pas de lien avec le siège apostolique peut-elle être catholique ? Et en effet, après la malheureuse période de la Révolution Culturelle, le souci principal des catholiques chinois, lors de la réouverture de la Chine réalisée par Deng Xiaoping, a été de rétablir, dans les temps et selon les modalités qui leur étaient possibles, les relations avec le Saint-Siège, le pape et l’Église catholique universelle.

Q. – Un désir qui a trouvé pour se réaliser des voies diverses.

R. – Certains ont serré les rangs autour des évêques ordonnés clandestinement qui étaient en communion avec le pape et qui refusaient tout rapport avec le pouvoir politique et tout contrôle de sa part. Mais les évêques qui avaient été ordonnés sans le consentement du siège apostolique ont commencé eux aussi à prendre cette voie et ont demandé à être reconnus et légitimés par le pape. Eux aussi, de fait, se sont détachés de la perspective de l’indépendance. Cela a été un phénomène général et on doit le considérer dans sa globalité.

Q. – Comment expliquez-vous ce phénomène ? Quelles en sont les causes profondes ?

R. – Il est de plus en plus clair pour moi que le facteur décisif a été la foi des catholiques chinois elle-même, qu’il s’agisse des laïcs ou du clergé. Aujourd’hui les prêtres ne sont pas disposés à devenir évêques si leur nomination ne vient pas du pape et si le mandat apostolique manque. Beaucoup de nouveaux évêques ont voulu, au début et à la fin de leur consécration, montrer en public la lettre de nomination reçue du pape, ne serait-ce que parce qu’ils savent très bien que les fidèles n’écouteront jamais des pasteurs élus et consacrés de façon autonome, sans le consentement du pape. Les derniers évêques nommés sans mandat pontifical restent isolés et personne ne veut recevoir l’eucharistie de leurs mains pendant la messe. Bref, s’il est vrai que certains ont eu par le passé quelque tentation de faire carrière dans une Église indépendante, la foi du peuple a aidé tout le monde à rendre irréalisable ce projet d’indépendance. Et cela a aidé le gouvernement à réorienter sa ligne d’action.

Q. – Où voyez-vous cette réorientation ? Il y a des gens qui disent que la position du pouvoir chinois reste rigoureusement la même.

R. – Le gouvernement a compris que, s’il veut que les évêques soient des pasteurs estimés et suivis par les fidèles et qu’ils ne soient pas perçus comme des fonctionnaires isolés et imposés de l’extérieur, il doit admettre - ce qu’il fait maintenant - que la nomination venant du pape et la pleine communion avec lui sont des éléments absolument indispensables. Cela veut dire que, dans les faits, l’idée d’imposer à l’Église une indépendance qui serait une séparation du pape et de l’Église universelle a été abandonnée. Le processus qui mène à une affirmation de plus en plus explicite de la communion des évêques chinois avec le pape – et de tout ce que cela comporte – est irréversible. Sur cette voie il ne pourra y avoir de retour en arrière.

Q. – Comment voyez-vous la phase récente des rapports entre la Chine et le Vatican ?

R. – Selon moi, continuer à parler de dégel n’a pas de sens parce que la glace est brisée depuis longtemps : il y a des années que les deux parties ont commencé à avoir des contacts directs. Mais il reste entre elles un climat d’agression-riposte : chaque fois qu’une partie considère les initiatives de l’autre comme des tentatives unilatérales pour se débarrasser d’elle, elle répond par des actions qui peuvent être interprétées comme des contre-attaques.

Q. – Un exemple ?

R. – Partons de 2005. Tous les évêques ordonnés cette année-là avaient déjà en poche, avant leur consécration, la nomination du pape. Cette année-là s’est entièrement déroulée dans la paix. En 2006, l’évêque de Hong-Kong, Joseph Zen, a été créé cardinal : aussitôt, en avril et en novembre, l’élection d’évêques sans mandat pontifical a recommencé en Chine. Un nouvel échange de déclarations sévères s’est alors ouvert entre le gouvernement chinois et la curie romaine. Mais en janvier 2007, quand la nouvelle que Benoît XVI allait envoyer une lettre pastorale à l’Église de Chine s’est répandue, les consécrations d’évêques non autorisés par Rome ont cessé. Cette année-là, le nouvel évêque de Pékin a été élu avec le consentement du pape. Mais ensuite le cinquantième anniversaire de l’Association Patriotique et des premières nominations épiscopales sans mandat pontifical qui avaient eu lieu en 1958, a été célébré en grande pompe en Chine. Au cours des cérémonies, les dirigeants politiques ont rappelé la ligne indépendantiste à laquelle doit se tenir l’Église chinoise.

Q. – Bref, un signal de raidissement, un énième retour en arrière.

R. – Dans ce contexte, le Saint-Siège a publié le "Compendium" de la Lettre écrite par Benoît XVI en 2007. Dans un appendice de ce nouveau document, il est indiqué que le Saint-Siège pourra, si c’est nécessaire, concéder de nouveau aux évêques chinois la faculté de consacrer d’autres évêques en demandant l’approbation pontificale dans un second temps. Concrètement, on avertit que les facultés spéciales qui avaient été révoquées par la lettre du Pape pourront être à nouveau attribuées aux communautés clandestines.

Q. – Quelles ont été les réactions du côté chinois ?

R. – On pouvait craindre le début d’une nouvelle phase de conflits. Mais ensuite, quand [en 2009] Hu Jintao est venu en Italie pour participer au G8, le pape lui a fait savoir qu’il serait heureux de le recevoir au Vatican. La rencontre n’a pas pu avoir lieu mais l’invitation du Pape a été appréciée.

Q. – Et maintenant ? Que se passe-t-il ?

R. – Le huitième congrès des catholiques chinois aurait dû se tenir ces derniers mois. Il s’agit de l’assemblée des délégués des diocèses enregistrés auprès de l’administration d’État des affaires religieuses, qui a aussi pour tâche de distribuer les charges à la tête des organismes officiels de l’Église de Chine, comme l’Association Patriotique et le collège des évêques, charges restées vacantes depuis que les évêques qui les occupaient sont morts. Mais les autorités politiques ont décidé de renvoyer le congrès à 2010.

Q. – Comment interprétez-vous ce renvoi ?

R. – Il est possible que l’on ne souhaite pas forcer la main. On a compris à Pékin que les chefs des organismes officiels doivent, pour être vraiment reconnus et respectés, être des évêques en communion avec le pape. Et les évêques légitimes, qui sont déjà un peu réticents, auraient du mal à assumer leur charge s’il y avait une opposition explicite du Saint-Siège. Il faut du temps pour organiser les choses de manière à ce que le choix tombe sur l’homme qui convient et que tout se passe bien. Les hommes politiques chinois d’aujourd’hui sont pragmatiques et tendent à résoudre les problèmes un par un. Sans changements de cap ostentatoires. Cela dit, ma crainte est que, si l’on ne commence pas par résoudre certains problèmes de fond, d’exténuantes phases d’un conflit désormais dépassé ne s’ouvrent à nouveau, ce qui nuirait à tout le monde.

Q. – Que faudrait-il faire en ce moment pour interrompre cette spirale d’actions-réactions que vous avez décrite ?

R. – Le Saint-Siège ferait bien, en ce qui le concerne, de tenir compte de l’Église chinoise et de l’impliquer dans les problèmes actuels : comme je l’ai dit, pendant tout ce temps, la fidélité des catholiques chinois à la foi des apôtres a été le facteur décisif, entre autres dans l’évolution des rapports avec les dirigeants politiques du pays.

Q. – Et qu’attendez-vous des leaders politiques chinois ?

R. – En mai dernier, une personnalité chinoise anonyme mais influente a signalé dans un journal de Hong-Kong que les autorités de Pékin pourraient proposer une révision des catégories d’autonomie, d’indépendance et d’autogouvernement telles qu’elles sont appliquées à l’Église locale. Ce sujet est déjà traité depuis quelque temps dans des séminaires d’étude réservés aux responsables politiques. La question est de savoir comment trouver une nouvelle définition de l’indépendance qui distingue l’aspect ecclésial et celui de la foi de l’aspect politique. Le concept d’indépendance ne peut plus être appliqué aux aspects de la vie de l’Église qui concernent la foi et ne doit être considéré que dans sa perspective politique.

Q. – Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ? Pouvez-vous donner un exemple concret ?

R. – Le gouvernement veut avoir la garantie que l’Église ne se comporte pas comme un corps politique ; que les évêques chinois sont indépendants d’éventuelles orientations politiques et géopolitiques de la curie romaine. Pratiquement, on veut éviter qu’un évêque ou un nonce puisse attaquer la politique du gouvernement. C’est pourquoi il y a à Pékin des gens qui s’obstinent à vouloir maintenir un certain contrôle sur la nomination des évêques.



L'édition italienne de la revue qui a publié le dossier, avec les liens vers les éditions en d’autres langues

> 30 Giorni


La lettre adressée le 27 mai 2007 par Benoît XVI aux catholiques chinois :

> Lettre du Pape...


Son "Compendium" par questions et réponses, diffusé le 23 mai 2009 :

> Compendium of the Letter of the Holy Father...


Et le guide de lecture de la lettre papale diffusé par le cardinal Zen le 18 novembre 2009 :

> An Aid for Reading the Holy Father's Letter to the Church in China



Tous les articles de www.chiesa sur ce thème :

> Focus CHINE



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

26.10.2009

Nouveau numéro de Sed Contra

Permettez-moi de vous signaler le numéro de sedcontra.fr qui vient d’être mis en ligne, avec une réflexion d’actualité sur l’identité française et un index complet des sujets traités depuis le mois de mai 2008.
Merci à ceux d’entre vous qui continuent de soutenir le site des “chercheurs de sens” en  mobilisant leurs carnets d’adresses électroniques et en s’abonnant.


EDITORIAL
Etre Français aujourd’hui
“Qu’est-ce qu’être Français aujourd’hui ?” Eric Besson demande aux préfets d’organiser sur ce thème un débat public, pour le conclure juste avant les élections régionales de mars 2010… Sous la manœuvre évidente et grossière de récupération des voix de la droite nationale, si maltraitées par son gouvernement, il pose quand même une véritable question. […]

Lire la suite : http://www.sedcontra.fr/Editorial/Haro-sur-les-patrons.html


MOT DU JOUR
La conviction du sens, l’inquiétude du beau
Sedcontra.fr est un site de réflexion et d’auto-formation intellectuelle qui ne revendique aucune impossible “neutralité” doctrinale. Il est né en mai 2008 et entend bien grandir aujourd'hui dans la conviction très forte que les choses qui nous entourent, les événements que nous vivons, portent un sens…Un sens profond qui se rattache à l’être et pas seulement comme le pensent les idéalistes et les révolutionnaires aux constructions toutes-puissantes de l’esprit humain… Un sens qui résiste parfois aux assauts de l’esprit parce qu’il nous est extérieur, mais qui peut et doit aussi nous devenir intérieur si nous savons l’approcher… Un sens auquel nous résistons souvent pour de mauvaises raisons […]

Lire la suite : http://www.sedcontra.fr/Mot-du-jour/Rehabiliter-lattentio...

ÉDUCATION
Sedcontra.fr : index par thèmes et par noms
Sedcontra.fr, le “site des chercheurs de sens”, est en ligne depuis le 28 mai 2008. L’originalité de sa ligne éditoriale a été soulignée par beaucoup… De nombreux sites et blogs amis renvoient régulièrement à nos analyses, preuve que nous sommes en train de nous tailler une place dans le combat des idées. C’est l’occasion de  fournir à nos lecteurs un moyen de fouiller plus aisément dans les centaines de questions déjà traités. L’index que nous publions ci-dessous, classé par thèmes et par noms, les y aidera certainement : en cliquant sur le titre de l’article, vous accédez directement en ligne à son contenu. N’hésitez pas à soutenir notre initiative, en faisant circuler. […]

Lire la suite : http://www.sedcontra.fr/La-Une/Les-propagandes-homophiles...

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08.09.2009

Lourdes : Lecture de La Bible Jour et Nuit

Lourdes : Lecture de La Bible

Jour et nuit (26 septembre-1er octobre 2009)

 

Lourdes


ROME, Lundi 7 septembre 2009 (ZENIT.org) - Le sanctuaire de Lourdes organise une lecture de la Bible, jour et nuit, du 26 septembre au 1er octobre 2009,en italien, français, espagnol et anglais. 

Et l'on peut participer à cette lecture de la Bible en continu qui se déroulera dans les sanctuaires de Notre-Dame de Lourdes, en s'inscrivant en ligne sur le site :  

http://www.unitalsilabibbiagiornoenotte.it/main/fr-FR/ind... 


Durant 130 heures (6 jours et 5 nuits), la Bible sera lue de façon ininterrompue. Le début et la fin de la lecture se feront à la Grotte ; dans le temps intermédiaire la lecture se fera à la chapelle Notre-Dame. 

L'U.N.I.T.A.L.S.I. (Union nationale italienne de transport des malades à Lourdes et dans les sanctuaires internationaux - la plus grande association européenne pour le pèlerinage des personnes malades et handicapées) organise cette lecture en collaboration avec Mgr Jacques Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes, et les sanctuaires Notre-Dame de Lourdes. Cette initiative est placée sous le patronage de la ville de Rome. 

Cette « lecture jour et nuit » impliquera, indique Antonio Diella, président national de l'U.N.I.T.A.L.S.I., « des personnes de langues et de provenances géographiques diverses mais aussi des personnes ayant des expériences culturelles et religieuses différentes. Elle sera faite par des personnes de tous âges et de toutes catégories sociales, en particulier par des hospitaliers et des malades. Dans ce lieu évocateur et riche, la Parole sera lue, avec amour et respect ». 

Cet événement sera retransmis intégralement en direct sur les sites Internet :  

www.unitalsilabibbiagiornoenotte.it www.lourdes-france.org (via le canal T.V Lourdes)

L'événement sera également suivi de près par la télévision italienne - la Rai -: pour la première fois une expérience semblable avait été lancée à Rome, en octobre 2008, à l'occasion du synode des évêques sur la Parole de Dieu.

L'islam aussi a ses Luther. Mais une réforme est lointaine

L'islam aussi a ses Luther. Mais une réforme est lointaine

Au cœur de l'actuelle crise du monde musulman, les différentes conceptions de la tradition. Et le refus de lire le Coran en utilisant des méthodes scientifiques en plus des méthodes théologiques. La leçon d'un grand islamologue, Michel Cuypers


par Sandro Magister




ROME, le 7 septembre 2009 – La fondation Oasis a consacré sa dernière rencontre annuelle d’études à la question des traditions religieuses chrétienne et musulmane : comment les interpréter et les vivre dans leurs communautés respectives, surtout en situation minoritaire, dans les pays musulmans pour les chrétiens, en Europe pour les musulmans.

Environ 70 spécialistes musulmans et chrétiens, occidentaux et orientaux – ainsi que des cardinaux et des évêques – ont pris part à cette rencontre qui a eu lieu à Venise.

La question de la tradition – et donc aussi celles de l'éducation, de la transmission du patrimoine de foi aux nouvelles générations – est de celles qui sont cruciales pour les chrétiens et les catholiques. C’est ainsi que la conférence des évêques d’Italie l'a mise au centre de son programme pour les dix prochaines années. Le pontificat même de Benoît XVI agit et est jugé à la lumière de la tradition, qui est à son tour l’objet de querelles.

Mais la question paraît encore plus brûlante pour l'islam. Elle est étroitement liée à celle de l'interprétation du Coran. Les courants fondamentalistes inspirés par les Frères Musulmans, par exemple, idéalisent l'islam des origines, le prennent comme modèle unique et refusent d’appliquer au Coran des critères de lecture scientifiques en plus des critères théologiques.

Les musulmans qui lisent le Coran selon des méthodes analogues à celles que l'exégèse chrétienne applique à la Bible sont rares et isolés. Les grands centres théologiques musulmans, comme l’université al-Azhar au Caire, sont très méfiants envers les méthodes modernes d’analyse littéraire. Les fruits d’une lecture critique du Coran viennent presque exclusivement de spécialistes non musulmans.

 

http://www.oasiscenter.eu/files/Prof.%20Michel%20Cuypers%20ok.jpg

 

 

Parmi ces derniers, Michel Cuypers, (photo)  67 ans, belge, qui fait partie des Petits Frères de Jésus, la communauté religieuse fondée au XXe siècle sous l’inspiration de Charles de Foucauld.

Cuypers a passé 12 ans en Iran, d’abord à Tabriz dans une léproserie, puis à Téhéran où il a étudié la langue et la littérature persane. En 1983, il a obtenu un doctorat en littérature persane à l’Université de Téhéran. Il a ensuite étudié l’arabe en Syrie et en Egypte et, en 1989, il s’est installé au Caire, où il réside.

Il est chercheur à l'Institut Dominicain d’Etudes Orientales, fondé au Caire il y a un demi-siècle par les dominicains islamologues Georges Anawati, Jacques Jomier et Serge de Beaurecueil.

Depuis 1994, Cuypers a entièrement concentré ses travaux sur la composition du texte du Coran, en adoptant la méthode de l’analyse rhétorique. Ses articles et essais sont de plus en plus appréciés, y compris par des spécialistes musulmans. Il y a deux ans, il a publié en France, chez Lethielleux, un livre très suggestif, consacré à l'analyse d’un chapitre du Coran : "Le festin: une lecture de la sourate al-Mâ’ida", avec une préface de l’éminent spécialiste musulman Mohamed-Ali Amir-Moezzi.

 

http://www.decitre.fr/gi/14/9782283612514FS.gif

 

 

Au récent colloque de la fondation Oasis, Cuypers a fait une conférence précisément sur le rôle de la tradition dans le monde musulman d’hier et d’aujourd’hui.

Cette conférence est reproduite ci-dessous. A la fin, Cuypers montre combien il est important que le monde musulman s’ouvre à une lecture critique du Coran. En particulier, une telle lecture montrerait clairement que les versets les plus belliqueux du texte sacré de l'islam n’"abrogent" pas du tout ceux qui sont plus tolérants et pacifiques, contrairement à ce que prétendent les partisans de la guerre sainte.

Née à Venise, en 2004, d’une initiative du cardinal Angelo Scola, Oasis publie sous ce nom une revue semestrielle en quatre éditions et cinq langues : italien, anglais, français, arabe et ourdou. Elle imprime des livres et gère un site web également multilingue, ainsi qu’une newsletter.

Les activités et les réflexions d’Oasis se développent dans trois domaines principaux : les Eglises chrétiennes d'Orient, l'islam, et l'actuel processus de mélange des peuples, défini par la formule "métissage de civilisations et de cultures" chère au cardinal Scola.

"L'Osservatore Romano" du 13-14 juillet a également évoqué la rencontre d’études d’Oasis et reproduit la conférence de Cuypers. Le journal du Saint-Siège est très attentif à ce qui se passe dans le monde musulman, dans le domaine culturel. L’an dernier, un chercheur musulman estimé, le "moderniste" Khaled Fouad Allam, était devenu l’un de ses commentateurs de première page, ce qui avait suscité un vif intérêt. Mais après un premier article – le 30 novembre 2008 – sa signature a disparu. En effet la secrétairerie d’état du Vatican, très prudente dans ce domaine, ne veut en aucun cas impliquer le Saint-Siège dans des controverses internes à l'islam, ne serait-ce qu’en donnant l'impression de soutenir un auteur musulman contre d’autres en publiant ses écrits.

En revanche, les autorités vaticanes ne voient pas d’inconvénients à ce que les mêmes choses soient dites avec prudence – dans le journal du Saint-Siège – par un spécialiste catholique. Comme Cuypers, dans le texte qui suit :




La tradition vue par la foi musulmane, hier et aujourd’hui

par Michel Cuypers



La religion musulmane, du point de vue de la foi et du droit, repose sur deux sources normatives fondamentales : le Coran et la tradition, la sunna. Bien que le Coran soit premier en tant que révélation divine, la tradition en est l’indissociable complément, en tant qu’explication et développement prophétique. Elle contient en effet les paroles et les actes, les hadîths, du prophète de l'islam et, en second lieu, de ses compagnons, transmettant ainsi l’enseignement et le mode de vie du prophète et de la première génération des croyants. C’est, en somme, un commentaire vivant du Coran. Les hadîths auraient été recueillis par les compagnons du prophète et par quelques-uns de ses proches – ses femmes, ses familiers – puis transmis oralement par une chaîne de transmetteurs, isnad, à travers les générations, jusqu’à leur rédaction par ceux qui ont recueilli les hadîths, les "traditionnistes".

La constitution du corpus écrit des traditions a été bien plus lente et hésitante que celle du Coran. Après un premier siècle de transmission orale, c’est seulement au IIe siècle de l'hégire que, sur ordre du calife Omar II, la compilation écrite des traditions a commencé. Mais le IIIe siècle de l'hégire est le grand siècle des compilations de traditions, réunies en vastes recueils dont deux seront considérés comme des références incontestables dans la suite de l’histoire musulmane : celui de Bukhârî – qui rassemble 7 275 hadîths – et celui de Muslim – 3 033 hadîths – qui seront appelés les "deux authentiques", sahihayn, parce qu’ils ne contiennent que des hadîths considérés comme authentiques. En effet, parallèlement à la pieuse effervescence des traditions aux IIe et IIIe siècles de l'hégire, et pour réunir partout le plus grand nombre de hadîths possible – Bukhârî en aurait recueilli 600 000 – une "science du hadîth" s’est constituée. Elle précise les règles qui permettent de distinguer les traditions authentiques de celles qui sont apocryphes, élaborées sur mesure pour soutenir n’importe quelle prétention politique, idéologique ou partisane. Nous y reviendrons ultérieurement.

Bien que le Coran soit donc la source première et fondamentale de la foi et du droit, la tradition n’est pas moins importante dans l'organisation de la foi et de la pratique musulmane, parce qu’elle se présente comme une illustration des règles et des valeurs de la révélation coranique, enseignées et vécues par le prophète, modèle parfait de l'idéal musulman que tout croyant cherche à imiter.

Les croyants se nourrissent sans cesse de la tradition, à travers laquelle ils se sentent en union vivante avec le fondateur de l'islam. Elle forme littéralement leur conscience religieuse. Le culte, la prédication et l’enseignement s’y réfèrent continuellement.

Elle constitue aussi, avec le Coran, une référence indispensable pour les sciences religieuses. Elle fournit à l'exégèse coranique un trésor d'interprétations et d’asbâb al-nuzûl, ces "occasions de la révélation" qui donnent la raison historique pour laquelle tel ou tel verset aurait été révélé. Elle fournit des règles pour la théologie, kalâm, et le droit canonique, fiqh. La règle coranique s’impose avant tout. Mais, en l’absence d’une règle révélée, c’est la tradition qui fait autorité. Si la tradition n’est pas explicite sur un sujet, on recourt à deux autres sources secondaires du droit qui ont été acceptées ou refusées diversement selon les écoles juridiques, en raison de leur origine humaine : le consensus communautaire, ijmâ, difficilement praticable, et l’effort de réflexion, ijtihâd, qui ne peut être imposé à tous, en raison de sa part de subjectivité.

Mais la tradition alimente aussi de manière plus large l'imaginaire collectif musulman, en fournissant des références historiques et culturelles et en faisant revivre la première génération, exemplaire, de croyants. Elle joue ainsi un rôle important dans l’actuelle réislamisation du monde musulman, soucieux de retrouver sa pureté originelle.

A ce sujet, il faut signaler l'importance de la Sîra, la "vie du prophète", écrite par Ibn Ishâq (mort en 678) et remaniée par Ibn Hisham (mort en 833). Bien que ne faisant pas partie du corpus des hadîths, cette biographie jouit d'un statut presque canonique et joue un rôle considérable dans la dévotion des croyants envers le prophète et la première communauté musulmane. Faisant une large place aux faits d’armes du prophète, la Sîra décrit aussi en détail son mode de vie quotidien, de telle sorte que sa "voie," sunna, peut servir de modèle au croyant dans son comportement matériel, moral et spirituel.

Tout ce que nous avons dit concerne directement la majorité orthodoxe sunnite de l'islam. Le chiisme a aussi une tradition, mais elle ne se réfère pas au même corpus ni aux mêmes chaînes de transmetteurs. Les paroles et les actions racontées ne sont pas seulement celles du prophète, mais plus généralement celle des "gens de la maison", ahl al-bayt – c’est-à-dire le prophète, sa fille Fatima et son mari Ali, et leurs deux fils Hassan et Hussein – et des imams suivants. Les transmetteurs doivent eux aussi faire partie de la descendance du prophète. Le principal recueil de traditions chiites est celui de Kulayni (mort en 940) qui compte plus de 16 000 citations.

Dès les premières tentatives pour mettre les hadîths sous forme écrite, les savants musulmans ont éprouvé le besoin de s’assurer de leur authenticité, ce qui a fait naître une "science du hadîth" qui a surtout développé une critique externe, centrée sur la validité de la chaîne des transmetteurs, isnâd. Les questions posées dans ce domaine sont du genre : les divers transmetteurs ont-ils vraiment été en contact, de manière à pouvoir transmettre la parole en une chaîne continue, depuis les compagnons et jusqu’aux compilateurs du corpus ? Etaient-ils fiables moralement et intellectuellement ? Ne servaient-ils pas une cause sectaire ou politique déviante ?

Cette science a donc pris la forme d'une étude biographique de tous les personnages inclus dans les chaînes de transmetteurs des recueils de hadîths, parmi lesquels se détachent en premier lieu les compagnons du prophète, premiers témoins. Un classique du genre, le "Livre des Classes", Kitâb al-tabaqât, du traditionniste Ibn Sa'd (mort en 845) réunit environ 4 250 notices biographiques.

La critique en est arrivée à classer les hadîths selon leur plus ou moins grande validité, en partant des hadîths solides, ou sains, pour passer aux bons, acceptables, passables et jusqu’à ceux qui sont faibles ou franchement faux, apocryphes. Le succès des recueils de Bûkhârî et de Muslim tient précisément au grand nombre de hadîths solides qu’ils contiennent. Les hadîths considérés comme les plus solides – et donc unanimement acceptés – sont ceux qui sont transmis de manière identique par de nombreux compagnons du prophète et à travers un grand nombre de chaînes de garants concordantes.

Si la chaîne de transmetteurs était solide, le traditionniste se montrait enclin à admettre un hadîth, quelle que soit la vraisemblance de son contenu. La critique interne portait essentiellement sur l'accord entre le ton du texte, matn, du hadîth et le Coran. En cas d'incompatibilité entre les deux, le hadîth devait en principe être considéré comme faux. Cependant une école marginale – le zâhirisme – n’hésita pas à admettre qu’un hadîth puisse abroger le Coran, en raison du caractère inspiré des paroles du prophète.

Il faudra attendre Ibn Khaldûn (mort en 1406) pour que soit proposée une inversion de la méthode critique, donnant plus d’importance au texte même du hadîth qu’à la chaîne des transmetteurs : "Il ne faut pas utiliser cette dernière méthode (la validation de l'isnâd) sinon après avoir étudié le récit en lui-même, pour savoir si les faits qu’il contient sont plausibles ou non".

Depuis la fin du XIXe siècle, on peut distinguer dans l'islam deux attitudes principales en ce qui concerne la critique de la tradition.

D’une part quelques institutions officielles perpétuent, jusqu’à nos jours, les positions classiques. Citons Ali Merad, un auteur musulman moderniste : "Dans beaucoup d’universités musulmanes, le rôle du corps enseignant semble se limiter à assurer la continuité d'un savoir validé par une sorte de consensus communautaire. En ce qui concerne la tradition (et aussi la biographie du prophète) la quasi sacralisation des autorités anciennes en la matière est la règle. Discuter ces autorités, ouvrir de nouvelles pistes de recherche, signifie rompre avec un modèle culturel qui a fonctionné pendant plus d'un millénaire et qui renvoie à la communauté l'image de son identité, de son équilibre socioculturel, dans la continuité de ses sources premières".

Mais d’autre part un courant réformiste émerge avec Sayyid Ahmad Khân (mort en 1898) en Inde, al-Afghânî (mort en 1897) et Muhammad 'Abduh (mort en 1905) en Egypte, et leurs disciples. Au nom de la pureté de la foi, pour laquelle Dieu est le seul législateur, ces penseurs ne gardent que deux sources normatives dans l'islam, le Coran et la tradition, excluant ainsi le consensus et l'ijtihâd. Ils soumettent la tradition à une critique plus sévère des chaînes de transmetteurs et surtout du texte lui-même. Ils ne gardent qu’un petit nombre de hadîths, refusant les traditions qui heurtent la raison ou le bon sens. Ils valorisent le modèle des anciens, les salafs – les trois premières générations de musulmans – pour redonner du dynamisme à la religion, sans toutefois l’enfermer dans son passé : leur but est de laisser l'islam trouver son identité et son indépendance dans un monde moderne en pleine mutation.

La position réformiste a ensuite évolué dans deux directions divergentes : un néo-fondamentalisme légaliste et un modernisme laïciste, qui abandonne la tradition comme source normative.

Selon les premiers, ne pas tenir compte des deux sources normatives secondaires – le consensus et l’effort de réflexion – conduit à accroître le rôle normatif de la tradition et en même temps à idéaliser les anciens, les salafs, premiers transmetteurs des traditions.  En réaction contre la modernité – dont seuls les progrès matériels sont acceptés – l'époque originelle idéalisée devient le modèle à imiter, en un repli identitaire. Les Frères Musulmans (fondés en 1929) sont les principaux représentants de cette tendance.

Selon les seconds, la tradition perd son caractère normatif : l'authenticité de la plupart des traditions, soumises à une critique rationnelle plus sévère, est mise en doute (sur le modèle de ce qu’a fait le célèbre islamologue Ignaz Goldziher, mort en 1921). En alternative, on en retient seulement l'aspect éthique et spirituel, à titre de sagesse et de source d'inspiration. Le Coran devient donc la seule source vraiment normative de l'islam. Une "seule Ecriture" qui ne manque pas d'influences provenant du modèle protestant (certains modernistes sont volontiers appelés les "Luther de l'islam"). Cette façon de se libérer des mailles de la tradition permet d'envisager une nouvelle exégèse du Coran, demandée aujourd’hui par certains intellectuels musulmans. Les "occasions de la révélation", tirées des hadîths, ne sont plus la méthode privilégiée d'exégèse, comme dans le passé. Une exégèse critique est désormais possible.

Cette position ouverte a toutefois comme contrepartie de mettre les intellectuels musulmans modernistes en marge du courant général de l'islam, qui reste massivement lié à la sunna comme norme de foi et de droit, organiquement associée au Coran. On comprend alors que les différentes conceptions des musulmans quant à la tradition soient au cœur de la crise actuelle de l'islam.

J’ajoute, en conclusion, deux observations personnelles, tirées de mes recherches personnelles sur le Coran.

En premier lieu, l’étude critique du texte du Coran amène à comprendre certains versets importants de manière totalement différente de celle développée au cours des siècles dans la tradition exégétique musulmane. Un exemple particulièrement significatif est le verset dit de l'abrogation : "Nous n'abrogerons aucun verset, nous n'en ferons oublier aucun, sans le remplacer par un autre qui soit meilleur ou équivalent" (Coran 2, 106). Ce verset a toujours été compris, dans la tradition exégétique classique, comme signifiant qu’un verset du Coran peut en abroger un autre avec lequel il est en contradiction, le verset abrogeant étant évidemment censé être postérieur à celui qui est abrogé.

Mais si on le lit dans son contexte littéraire, il devient tout à fait clair que ce verset ne parle pas de l'abrogation du Coran par le Coran, mais de l'abrogation de certains versets de la Torah juive – et pas de la Torah tout entière – par le Coran. La question passe donc du contexte du droit musulman (quelles sont les règles coraniques abrogées par d’autres, chronologiquement plus tardives ?) aux problèmes concernant les relations entre l'islam et le judaïsme et leurs Ecritures respectives. La théorie de l'abrogation du Coran par lui-même, développée par les juristes, fuqahâ, n’a aucun fondement coranique.

En second lieu, la tradition exégétique du Coran s’est toujours montrée très méfiante envers toute référence à des textes antérieurs, à une tradition précédant le Coran. Aux premières générations, certains commentateurs du Coran ont eu recours aux "sources juives", les isrâ'îliyyât, mais ensuite elles ont été rejetées comme suspectes, en raison de la prétendue falsification, tahrîf, de la Torah. Et du reste, étant donné que la révélation est conçue comme directement dictée par Dieu, tout recours à des Ecritures antérieures devient superflu.

En réalité, l'actuelle étude textuelle montre de plus en plus combien est étroit le lien entre le texte coranique et tout un contexte culturel extrêmement riche et varié, dont la connaissance se révèle indispensable pour comprendre toutes les subtilités sémantiques du texte coranique.


Le lien vers la fondation internationale Oasis, en italien, anglais, français, arabe et ourdou, avec la newsletter, la revue, les livres:

> Oasis

A propos d’un livre récemment publié par Oasis, sous l’impulsion du cardinal Angelo Scola:

> Le patriarche de Venise a fait un rêve : le métissage de civilisations

Parmi ses multiples activités, Oasis met en ligne chaque lundi, traduite en arabe, la catéchèse de Benoît XVI à l'audience générale du mercredi précédent.



www.chiesa a également reproduit l’interview accordée par Michel Cuypers à "Il Regno", sur l'application, au livre sacré de l'islam, des méthodes d’analyse littéraire déjà appliquées à la Bible:

> Pour une lecture du Coran renouvelée : la leçon d'un grand islamologue



A propos de ces questions, sur www.chiesa:

> Focus ISLAM



Benoît XVI a adressé à la commission biblique pontificale, le 23 avril 2009, un important discours sur la nécessité de lire la Sainte Ecriture à la lumière de la tradition de l’Eglise:

> L'inspiration et la vérité de la Bible



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

11.08.2009

Moins de télé, plus de livres... le sage conseil d'un prêtre "médiatique"

Trois heures et vingt-sept minutes les yeux rivés sur le petit écran. C'est, en moyenne, le temps passé par les Français chaque jour devant la télévision. La télévision peut distraire, amuser, instruire, elle n'est pas nécessairement mauvaise. Mais le problème survient lorsqu'on passe trop de temps en sa compagnie.

 

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L’abbé Alain de la Morandais, docteur en théologie, participe depuis plusieurs années à de nombreuses émissions de télévision. Il nous explique qu’une consommation excessive de ce média peut être le signe d’une addiction.


Ecoutez-le sur Radio Vatican au micro de Marc Ollivier: >>

17:01 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alain de la morandais, medias, television, livres, francais, addiction | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |