06.04.2012

Vendredi Saint : célébration de la Passion et Chemin de Croix dédié à la famille

pape.colisee.jpegDans le monde entier, les chrétiens prient et méditent ce vendredi sur le mystère de la mort du Christ et la journée de Benoît XVI est, elle aussi, entièrement consacrée à ce moment central de la foi chrétienne. A 17heures, le Pape présidera en la Basilique Saint Pierre la célébration de la Passion du Seigneur dont la prédication a été confiée au père Raniero Catalamessa, le prédicateur pontifical. Plus tard dans la soirée, le Pape se déplacera au Colisée dans le centre de Rome (photo de l'Osservatore Romano prise l'an dernier au Colisée). Il y présidera, à 21h15, le rite du Chemin de Croix qui est tout particulièrement dédié cette année à la famille. Ainsi, cinq familles venues d’Italie, d’Irlande, du Pérou et du Burkina Faso porteront la Croix en procession à tour de rôle, ce vendredi soir, avant de la laisser entre les mains de deux frères franciscains, puis du cardinal Vallini, le Vicaire du Pape pour la ville de Rome, qui la portera à la première et à la dernière des 14 stations du Chemin de Croix.

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Suivez le Triduum Pascal 2012 à Jérusalem en vidéo

custodia.pngEn ce Vendredi Saint je vous propose de découvrir le site de la Custodie de Terre Sainte, géré par les Franciscains. Vous y pourrez y suivre notamment le chemin de Croix en plein coeur de Jérusalem et une visite virtuelle panoramique 360° de la Basilique dite du Saint-Sépulcre parmi bien d'autres choses...

Une occasion aussi de prier pour nos frères chrétiens de Terre Sainte et de le soutenir financièrement. A votre bon coeur... Onschuldig

Sanctuaire Saint-Sépulchre

14.04.2010

Medjugorje: les promesses de la commission d’enquête

La Commission internationale d’enquête sur Medjugorje a tenu sa première session le 26 mars dernier. Elle est présidée par le cardinal Camillo Ruini, vicaire général émérite du diocèse de Rome. Les débats se déroulent à huis clos. Les conclusions de la Commission seront soumises à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

Écoutez les explications de Thomas Chabolle (Radio Vatican): >>

 

http://www.medjugorje.ws/data/olm/images/secdocs/apparitions/medjugorje-map-mostar.jpg

 

Retranscription intégrale du compte rendu 
Cela fait presque trente ans que la question des « apparitions » mariales présumées à Medjugorje suscite dans l’Église de nombreuses interrogations et des avis partagés. Le diocèse de Mostar a toujours été contre. Rome n’a pas encore tranché sans pouvoir cependant ignorer le rayonnement international de ce lieu qui résiste au temps et aux strictes restrictions pastorales. Situé en Bosnie-Herzégovine, Medjugorje revendique plusieurs millions de pèlerins depuis vingt ans. À Medjugorje, la ferveur est authentique, les conversions sont fréquentes, les confessionnaux ne désemplissent pas. Au fil des ans, les relations sont devenues de plus en plus difficiles entre l’évêché de Mostar, convaincu qu’il s’agit d’une supercherie et l’ordre des franciscains, historiquement présents sur les lieux depuis des siècles et qui bénéficient de l’appui de la population. Officiellement les apparitions mariales, qui se poursuivraient selon les voyants, n’ont jamais été authentifiées par l’Église. En 2009, Benoît XVI a même réduit à l’état laïc le directeur spirituel des voyants, le père Vlasic, franciscain, accusé d’« immoralité sexuelle » et de « manipulation des consciences ». Dans ce contexte délicat, le déplacement à Medjugorje du cardinal Schönborn, prélat influent proche de Benoît XVI, avait suscité, en décembre dernier, la colère de l’évêque local. D’autant que l’archevêque de Vienne s’était dit fasciné. Avec la mise en place, en mars dernier, d’une commission composée de cardinaux, d’évêques et d’experts, l’affaire passe de la juridiction de l’évêque local sous celle de Rome qui avait jusqu’ici préféré adopter une position d’attente. Reste à savoir si cela permettra de décrisper le dossier.

18.03.2010

Comment piloter l'Église dans la tempête. Une leçon

Elle a été donnée par Benoît XVI lors d'une audience générale, à l'encontre de ceux qui désirent un nouveau début du christianisme, sans hiérarchie ni dogmes. Le secret d'un bon gouvernement, a-t-il dit, "est surtout de réfléchir et de prier"


par Sandro Magister





ROME, le 18 mars – Peu de gens l’ont remarqué, mais au plus fort de la tempête qui a frappé l’Église catholique parce qu’un certain nombre de ses prêtres ont scandalisé des "petits", Joseph Ratzinger a relevé le défi d’une manière toute personnelle. Par une surprenante leçon de théologie de l’histoire, comportant des références à sa propre vie de théologien et de pape.

Cette leçon, il l’a donnée aux pèlerins qui se pressaient dans la salle des audiences générales, le matin du mercredi 10 mars.

A plusieurs reprises, le pape a levé les yeux de son texte écrit et il a improvisé. On trouvera ci-dessous la transcription intégrale de ses propos. Elle mérite d’être lue d’un bout à l’autre. Mais il faut tout de suite en souligner certains éléments.

Au centre de la leçon se détache la figure de saint Bonaventure de Bagnoregio, docteur de l’Église, qui fut l’un des premiers successeurs de saint François d’Assise à la tête de l'ordre que celui-ci avait fondé.

Voilà le premier des éléments autobiographiques. En effet c’est précisément à la théologie de l’histoire de saint Bonaventure que le jeune Joseph Ratzinger consacra sa thèse d’habilitation en théologie, publiée en 1959 et récemment réimprimée.

La nouveauté de cette œuvre de jeunesse est qu’elle confrontait, pour la première fois, la théologie de l’histoire de saint Bonaventure avec celle, très influente, de Joachim de Flore.

L'influence de Joachim de Flore sur la pensée de ce siècle et celle des siècles suivants - chrétienne ou athée - a été très grande, jusqu’à nos jours. Le théologien Henri de Lubac lui a consacré, il y a trente ans, un mémorable essai en deux volumes intitulé : "La postérité spirituelle de Joachim de Flore".

Lorsque aujourd’hui, en réaction au scandale créé par certains prêtres, on demande une fois encore une purification radicale de l’Eglise pour ouvrir une nouvelle  époque, que l’on désire un nouveau concile qui soit "un nouveau début et une rupture", que l’on souhaite un christianisme spirituel fait de l’Évangile seul, sans hiérarchies ni dogmes, que demande-t-on, sinon l'âge de l’Esprit annoncé par Joachim de Flore ?

Dans sa leçon du 10 mars, Benoît XVI a décrit et actualisé avec une rare clarté l’opposition entre Joachim et Bonaventure. Il a montré que l'utopie de Joachim a trouvé dans le concile Vatican II un terrain fertile pour se reproduire à nouveau mais qu’elle a été victorieusement contestée par "les sages timoniers de la barque de Pierre", c’est-à-dire les papes qui ont su défendre à la fois la nouveauté du Concile et la continuité de l’Église.

Du spiritualisme à l'anarchie il n’y a qu’un pas, a averti Benoît XVI. Il en était ainsi au siècle de saint Bonaventure, il en est ainsi aujourd’hui. Pour être gouvernée, l’Église a besoin de structures hiérarchiques, mais il faut donner à celles-ci une base théologique évidente. C’est ce qu’a fait saint Bonaventure lorsqu’il gouvernait l'ordre franciscain. Pour lui "gouverner n'était pas simplement un acte mais signifiait surtout penser et prier. A la base de son gouvernement nous trouvons toujours la prière et la pensée ; toutes ses décisions résultent de la réflexion, de la pensée éclairée par la prière".

Il doit en être de même – a dit le pape – dans le gouvernement de l’Église universelle : "c'est-à-dire gouverner non seulement par les ordres et les structures, mais en guidant et en éclairant les âmes, en les orientant vers le Christ".

C’est là le deuxième élément autobiographique, décisif, de la leçon du 10 mars, dans laquelle Benoît XVI a indiqué comment il entend gouverner l’Eglise. Il l’a dit avec la douce humilité qui lui est propre, en se plaçant dans l'ombre d’un saint.

Pour saint Bonaventure les textes théologiques et mystiques étaient "l'âme du gouvernement" ; il en est de même pour le pape actuel. L'âme de son gouvernement, ce sont les homélies liturgiques, l'enseignement aux fidèles et au monde, le livre qu’il a consacré à Jésus, autrement dit la "pensée éclairée par la prière". C’est là que la structure hiérarchique de l’Église romaine et ses actes de gouvernement trouvent leur base et leur nourriture. C’est là que l’Église du pape Benoît XVI puise la guérison des péchés commis par ses fils et la réponse aux attaques – pas innocentes – lancées contre elle de l’extérieur et de l’intérieur.

Mais laissons-lui la parole. Voici sa catéchèse du mercredi 10 mars 2010 :



"Il n'y a pas un autre Évangile, il n'y a pas une autre Église à attendre..."

par Benoît XVI



Chers frères et sœurs, [...] saint Bonaventure a eu, entre autres mérites, celui d'interpréter de façon authentique et fidèle la figure de saint François d'Assise, qu'il a vénéré et étudié avec beaucoup d’amour.

En particulier, à l'époque de saint Bonaventure, un courant de Frères mineurs, les "spirituels", soutenait qu'une phase entièrement nouvelle de l'histoire avait été inaugurée avec saint François et que l'"Evangile éternel" dont parle l'Apocalypse allait apparaître et remplacer le Nouveau Testament.

Ce groupe affirmait que l'Église avait désormais achevé son rôle historique et qu’elle était remplacée par une communauté charismatique d'hommes libres, guidés intérieurement par l'Esprit, les "Franciscains spirituels".

A la base des idées de ce groupe, il y avait les écrits d'un abbé cistercien, Joachim de Flore, mort en 1202. Dans ses œuvres, il affirmait l'existence d'un rythme trinitaire de l'histoire. Il considérait l'Ancien Testament comme l'ère du Père, suivie par l’ère du Fils, qui était le temps de l'Église. Il fallait encore attendre la troisième ère, celle de l'Esprit Saint.

Ainsi l’histoire tout entière devait être interprétée comme une histoire de progrès : de la sévérité de l'Ancien Testament à la relative liberté de l’ère du Fils dans l'Église, jusqu'à la pleine liberté des Fils de Dieu au cours de l’ère de l'Esprit Saint, qui devait aussi être, enfin, l’ère de la paix entre les hommes, de la réconciliation des peuples et des religions.

Joachim de Flore avait suscité l'espoir que le début du temps nouveau serait né d'un nouveau monachisme. Il est donc compréhensible qu'un groupe de franciscains ait cru reconnaître en saint François d'Assise l'initiateur du temps nouveau et en son Ordre la communauté de la période nouvelle - la communauté de l’ère de l'Esprit Saint - qui laissait derrière elle l'Église hiérarchique pour commencer la nouvelle Église de l'Esprit, détachée des anciennes structures.

Il y avait donc un risque de très grave malentendu sur le message de saint François, sur son humble fidélité à l'Évangile et à l'Église, et cette équivoque comportait une conception erronée du christianisme dans son ensemble.

Saint Bonaventure, qui devint ministre général de l'Ordre franciscain en 1257, se trouva face à une grave tension au sein de cet Ordre, due précisément aux partisans du courant que j’ai cité, les "Franciscains spirituels", qui se référait à Joachim de Flore. C'est justement pour répondre à ce groupe et pour rendre son unité à l'Ordre que saint Bonaventure étudia avec soin les écrits authentiques de Joachim de Flore et ceux qui lui étaient attribués et qu’il voulut, en tenant compte de la nécessité de présenter correctement la figure et le message de son bien-aimé saint François, donner une juste présentation de la théologie de l'histoire.

Saint Bonaventure traita le problème précisément dans sa dernière œuvre - un recueil de conférences aux moines qui étudiaient à Paris, demeuré incomplet et qui nous est parvenu à travers les transcriptions faites par les auditeurs - intitulée "Hexaemeron", c'est-à-dire une explication allégorique des six jours de la création.

Les Pères de l'Eglise considéraient les six ou sept jours du récit de la création comme une prophétie de l'histoire du monde et de l'humanité. Les sept jours représentaient pour eux sept périodes de l'histoire, également interprétées plus tard comme sept millénaires. Avec le Christ, on devait entrer dans le dernier, c'est-à-dire dans la sixième période de l'histoire, à laquelle devait succéder ensuite le grand sabbat de Dieu. Saint Bonaventure conçoit cette interprétation historique du rapport avec les jours de la création, mais de façon très libre et innovatrice.

Pour lui, deux phénomènes de son époque rendent nécessaire une nouvelle interprétation du cours de l'histoire.

Le premier : la figure de saint François, l'homme totalement uni au Christ jusqu'à la communion des stigmates, presque un "alter Christus", et avec saint François la nouvelle communauté qu'il avait créée, différente du monachisme que l’on avait connu jusqu'alors. Ce phénomène exigeait une nouvelle interprétation, comme nouveauté de Dieu apparue à ce moment.

Le deuxième : la position de Joachim de Flore - qui annonçait un nouveau monachisme et une période totalement nouvelle de l'histoire, allant au-delà de la révélation du Nouveau Testament - exigeait une réponse.

En tant que ministre général de l'Ordre des franciscains, saint Bonaventure avait immédiatement vu qu'avec la conception spiritualiste, inspirée par Joachim de Flore, l'Ordre n'était pas gouvernable, mais allait logiquement vers l'anarchie.

Deux conséquences en découlaient selon lui.

La première : la nécessité pratique de structures et d'une insertion dans la réalité de l'Église hiérarchique, de l'Église réelle, rendait nécessaire une base théologique, notamment parce que les autres, ceux qui suivaient la conception spiritualiste, présentaient une base théologique apparente.

La seconde : tout en tenant compte du réalisme nécessaire, il ne fallait pas laisser de côté la nouveauté de la figure de saint François.

Comment saint Bonaventure a-t-il répondu à cette exigence pratique et théorique ? Je ne peux donner ici, en quelques points, qu'un résumé très schématique et incomplet sur certains points de sa réponse.

Saint Bonaventure rejette l'idée du rythme trinitaire de l'histoire. Dieu est un pour toute l'histoire et il ne se divise pas en trois divinités. En conséquence, l'histoire est une, même si elle est un chemin et – selon saint Bonaventure – un chemin de progrès.

Jésus-Christ est la dernière parole de Dieu - en Lui Dieu a tout dit, se donnant et se disant lui-même. Dieu ne peut pas dire ni donner plus que lui-même. L'Esprit Saint est l'Esprit du Père et du Fils. Le Christ lui-même dit de l'Esprit Saint : "il vous rappellera tout ce que je vous ai dit" (Jn 14, 26) ; "c’est de mon bien qu’il prendra pour vous en faire part" (Jn 16, 15).

Il n'y a donc pas un autre Evangile plus haut, il n'y a pas une autre Eglise à attendre. L'Ordre de saint François doit donc lui aussi s'insérer dans cette Eglise, dans sa foi, dans son organisation hiérarchique.

Cela ne signifie pas que l'Eglise soit immobile, fixée dans le passé, et qu'il ne puisse pas y avoir de nouveauté en elle. "Opera Christi non deficiunt, sed proficiunt", les œuvres du Christ ne reculent pas, ne manquent pas, mais elles progressent, dit le saint dans la lettre "De tribus quaestionibus".

Ainsi, saint Bonaventure formule explicitement l'idée du progrès : c’est une nouveauté par rapport aux Pères de l'Eglise et à une grande partie de ses contemporains. Pour saint Bonaventure le Christ n'est plus la fin de l'histoire, comme pour les Pères de l'Eglise, mais il est son centre ; avec le Christ, l'histoire ne finit pas, elle commence une nouvelle période.

Il y a une autre conséquence : jusqu'alors l'idée que les Pères de l'Eglise avaient été le sommet absolu de la théologie était dominante, toutes les générations suivantes ne pouvant être que leurs disciples. Saint Bonaventure reconnaît lui aussi les Pères comme des maîtres pour toujours, mais le phénomène de saint François lui donne la certitude que la richesse de la parole du Christ est inépuisable et que de nouvelles lumières peuvent aussi apparaître dans les nouvelles générations. L’unicité du Christ garantit également des nouveautés et un renouvellement à toutes les périodes de l'histoire.

Assurément – souligne-t-il – l'Ordre franciscain appartient à l'Église de Jésus-Christ, à l'Église apostolique, et il ne peut pas se construire dans un spiritualisme utopique. Mais, en même temps, la nouveauté de cet Ordre par rapport au monachisme classique est valable, et saint Bonaventure [...] a défendu cette nouveauté contre les attaques du clergé séculier de Paris : les franciscains n'ont pas de monastère fixe, ils peuvent être présents partout pour annoncer l'Évangile. C'est précisément la rupture avec la stabilité, caractéristique du monachisme, en faveur d'une nouvelle flexibilité, qui a restitué à l'Eglise le dynamisme missionnaire.

A ce point, il est peut-être utile de dire qu'aujourd'hui encore, il y a des gens qui pensent que toute l'histoire de l'Église au deuxième millénaire a été un déclin permanent ; certains voient déjà le déclin juste après le Nouveau Testament.

En réalité, "opera Christi non deficiunt, sed proficiunt", les œuvres du Christ ne reculent pas, mais elles progressent. Que serait l'Église sans la nouvelle spiritualité des cisterciens, des franciscains et des dominicains, la spiritualité de sainte Thérèse d'Avila et de saint Jean de la Croix, et ainsi de suite ?

Aujourd'hui encore l'affirmation : "Opera Christi non deficiunt, sed proficiunt", elles vont de l'avant, reste valable. Saint Bonaventure nous enseigne l'ensemble du discernement nécessaire, même sévère, du réalisme sobre et de l'ouverture à de nouveaux charismes donnés par le Christ, dans l'Esprit Saint, à son Eglise.

Et alors que cette idée du déclin se répète, il y a aussi l'autre idée, cet "utopisme spiritualiste", qui se répète. Nous savons, en effet, qu'après le concile Vatican II certains étaient convaincus que tout était nouveau, qu'il y avait une autre Eglise, que l'Eglise préconciliaire était finie et que nous allions en avoir une autre, totalement "autre". Un utopisme anarchique ! Et grâce à Dieu, les sages timoniers de la barque de Pierre, le pape Paul VI et le pape Jean-Paul II, ont défendu d'une part la nouveauté du Concile et, en même temps, l'unicité et la continuité de l'Église, qui est toujours une Église de pécheurs et toujours un lieu de grâce.

En ce sens, saint Bonaventure, en tant que ministre général des franciscains, a suivi une ligne de gouvernement selon laquelle il était bien clair que le nouvel Ordre ne pouvait pas, en tant que communauté, vivre à la même "hauteur eschatologique" que saint François, en qui il voit l’anticipation du monde futur, mais – guidé à la fois par son sain réalisme et par son courage spirituel - il devait s'approcher le plus possible de la réalisation maximale du Sermon sur la montagne, qui pour saint François avait été la règle, tout en tenant compte des limites de l'homme, marqué par le péché originel.

Nous voyons ainsi que, pour saint Bonaventure, gouverner ce n'était pas simplement agir, mais surtout réfléchir et prier. A la base de son gouvernement nous trouvons toujours la prière et la réflexion ; toutes ses décisions résultent de la réflexion, de la pensée éclairée par la prière. Son contact intime avec le Christ a toujours accompagné son travail de ministre général. C'est pourquoi il a composé une série d'écrits théologico-mystiques, qui expriment l'esprit de son gouvernement et manifestent l'intention de conduire l'Ordre intérieurement, c'est-à-dire de gouverner non seulement par les ordres et les structures, mais en guidant et en éclairant les âmes, en les orientant vers le Christ.

De ces écrits, qui sont l'âme de son gouvernement et qui montrent à l'individu comme à la communauté la route à parcourir, je ne voudrais citer qu'un seul, son chef-d'œuvre, l'"Itinerarium mentis in Deum", qui est un "manuel" de contemplation mystique.

Ce livre a été conçu en un lieu de profonde spiritualité : le mont de l'Alverne, où saint François avait reçu les stigmates. Dans son introduction, l'auteur décrit les circonstances qui avaient été à l'origine de ce texte : "Tandis que je méditais sur les possibilités qu’avait l'âme d'accéder à Dieu, je me représentai, entre autres, l’événement merveilleux qui advint en ce lieu au bienheureux François, la vision du Séraphin ailé en forme de Crucifié. Et méditant sur cela, je me rendis compte tout de suite que cette vision m'offrait l'extase contemplative de notre père François et en même temps la voie qui y conduit" ("Itinéraire de l'esprit en Dieu", Prologue, 2 in "Opere di San Bonaventura. Opuscoli Teologici", 1, Rome, 1993, p. 499).

Les six ailes du Séraphin deviennent ainsi le symbole des six étapes qui conduisent progressivement l'homme, à partir de la connaissance de Dieu à travers l'observation du monde et des créatures et à travers l'exploration de l'âme elle-même avec ses facultés, jusqu'à l'union gratifiante avec la Trinité par l'intermédiaire du Christ, à l'imitation de saint François d'Assise.

Les dernières paroles de l'"Itinerarium" de saint Bonaventure, qui répondent à la question sur la manière dont on peut atteindre cette communion mystique avec Dieu, devraient descendre profondément dans nos cœurs : "Si maintenant tu aspires à savoir comment cela peut advenir (la communion mystique avec Dieu), interroge la grâce, non la doctrine ; le désir, non l'intellect ; le murmure de la prière, non l'étude des lettres ; l'époux, non le maître ; Dieu, non l'homme  ; les ténèbres, non la clarté ; non la lumière, mais le feu qui enflamme tout et qui transporte en Dieu avec les fortes onctions et les très ardentes affections... Entrons donc dans les ténèbres, étouffons les angoisses, les passions et les fantômes ; passons avec le Christ crucifié de ce monde au Père, afin qu'après l'avoir vu, nous disions avec Philippe : cela me suffit" (ibid., VII, 6).

Chers frères et sœurs, accueillons l'invitation qui nous est adressée par saint Bonaventure, le Docteur Séraphique, et mettons-nous à l'école du divin Maître : écoutons sa Parole de vie et de vérité, qui résonne dans l'intimité de notre âme. Purifions nos pensées et nos actions, afin qu'Il puisse habiter en nous et que nous puissions entendre sa Voix divine, qui nous attire vers le vrai bonheur.



La catéchèse reproduite ci-dessus est la deuxième d’une trilogie que Benoît XVI a consacrée à saint Bonaventure de Bagnoregio, lors des audiences générales de trois mercredis consécutifs.

Voici les liens vers les première et troisième catéchèses, prononcées respectivement les 3 mars et 17 mars 2010 :

> Saint Bonaventure 1

> Saint Bonaventure 3

A la fin de cette catéchèse, Benoît XVI a annoncé la publication imminente d’une lettre adressée à l’Église d'Irlande, secouée par le scandale des prêtres pédophiles :

"Comme vous le savez, au cours des derniers mois l’Église a été durement secouée en Irlande par la crise des abus sexuels sur des mineurs. En signe de ma profonde préoccupation j’ai écrit une lettre pastorale traitant de cette situation douloureuse. Je la signerai le jour de la fête de Saint Joseph, gardien de la Sainte Famille et patron de l’Église universelle, et je l’enverrai très vite après. Je vous demande à tous de la lire personnellement, avec un cœur ouvert et dans un esprit de foi. J’espère qu’elle pourra être utile dans le processus de repentance, de guérison et de renouvellement".


POST SCRIPTUM – La clôture de la visite apostolique effectuée chez les Légionnaires du Christ a été présentée par les médias de la congrégation de manière à demi dissimulée et imprécise.

A ce jour, 18 mars, le seul endroit où l’information ait été publiée est une page de la version espagnole du site en ligne de Regnum Christi, la branche laïque de la Légion :

> Inicia nueva etapa de la visita apostólica

Toutefois ce que l’on peut lire dans cette note correspond davantage à un "wishful thinking", à un désir insatisfait, qu’à la vérité des faits.

A en croire Regnum Christi, il semblerait que la visite apostolique ne se soit pas achevée le 15 mars – or c’est bien ce qui s’est passé - mais qu’elle demande encore du temps. Le motif allégué est que les cinq visiteurs auraient encore besoin de "plusieurs mois" et de "nouveaux échanges" avec le Saint-Siège pour rédiger leurs rapports.

Mais ce n’est pas exact. Les visiteurs ont remis leurs rapports finaux le 15 mars. Et ils seront à Rome le 30 mars pour les présenter aux autorités vaticanes. Ce sont ces dernières, et pas les visiteurs, qui auront besoin d’un laps de temps pour prendre les décisions qui en résulteront.




Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

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10.03.2010

Audience générale: l’Église n’est pas un anarchisme utopique, elle est faite de pécheurs mais est toujours un lieu de grâce

Dans sa catéchèse, lors de l’audience générale de ce mercredi, le Pape a parlé de saint Bonaventure et de sa réponse aux théories de Jean de Flore qui soutenait le début d’une nouvelle phase de l’histoire avec l'avènement d’une Église de l’Esprit succédant à l’Église hiérarchique.

 

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Cette utopie spiritualiste – a dit le Pape – se répète souvent, par exemple, après le Concile Vatican II, qui marquait pour certains un renouveau de l’Église en rupture avec l’Église préconciliaire. Grâce à Dieu – continue-t-il – Paul VI et Jean-Paul II ont autant défendu la nouveauté du Concile que l’unité et la continuité de l’Église « qui est toujours une Église de pécheurs et toujours un lieu de grâce ».

 

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Écoutez le résumé de la catéchèse et les paroles que Benoît XVI a adressés aux pèlerins de langue française: >>


Résumé de la catéchèse en langue française

     Chers Frères et Sœurs,

     Nous poursuivons aujourd’hui notre catéchèse sur Saint Bonaventure, en nous arrêtant à sa doctrine. Devenu Ministre Général de l’Ordre Franciscain, en 1257, il se trouva face à une grave tension due au ‘courant des Franciscains spirituels’ inspirés par la doctrine de Joachim de Flore. Pour assurer l’unité, Bonaventure prit comme ligne de gouvernement que l’Ordre devait se rapprocher le plus possible de la réalisation du Sermon sur la montagne, qui fut pour saint François la règle par excellence, tout en tenant compte des limites de l’homme marqué par le péché originel. Dans son chef d’œuvre de contemplation mystique, l’Itinerarium mentis in Deum, Bonaventure indique les étapes qui conduisent progressivement l’homme à la connaissance de Dieu. Cet itinéraire demande une discipline intérieure faite de justice, pour purifier les passions, de prière fervente, pour renouveler l’âme, et de méditation, pour illuminer la connaissance, afin d’atteindre la contemplation de Dieu qui remplit de joie la vie d’une personne. Enfin, dans un autre traité, intitulé La triple voie, Bonaventure illustre le chemin intérieur qui conduit à l’union avec Dieu : la voie de la purification, celle de l’illumination et celle de l’union. J’invite donc les directeurs spirituels, dont l’Église a tant besoin, à ne pas oublier l’enseignement de saint Bonaventure et à approfondir la lecture de ses traités spirituels.


     * * *

 

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     Je suis heureux de vous accueillir chers pèlerins de langue française venant de France et du Canada. Je salue en particulier les professeurs et les élèves du collège Stanislas de Paris. Puissiez-vous maintenir ferme l’espérance chrétienne et en être les témoins quotidiens. N’hésitez pas à mettre le Christ au centre de votre vie. Que Dieu vous bénisse !

 

(Radio Vatican)

03.03.2010

Benoît XVI à l’audience générale : puisse l’idéal de Saint Bonaventure être un programme pour l’Église du troisième millénaire

Au cours de l’audience générale de ce mercredi, qui s’est tenue devant huit mille fidèles rassemblés salle Paul VI au Vatican, le Pape a appelé l’Église à adopter un style de vie chaste, modeste et obéissant. Benoît XVI a dédié sa catéchèse à saint Bonaventure de Bagnoregio, docteur de l’Église, qui sut harmoniser la spiritualité franciscaine avec la réflexion théologique.

 

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Au moment des saluts, la Pape a rappelé la figure de Frédéric Chopin, à l’occasion du bicentenaire de sa naissance, et a exhorté les Églises locales à s’engager toujours plus efficacement en faveur des Tsiganes.

 

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Écoutez le résumé de la catéchèse et les paroles que Benoît XVI a adressés aux pèlerins de langue française: >>



Résumé de la catéchèse en langue française

     Chers Frères et Sœurs,

     Saint Bonaventure a vécu au treizième siècle. Homme d’action et de contemplation, de profonde piété et de prudence, il a contribué à former l’harmonie entre la foi et la culture. Étudiant à Paris, il fut fasciné par la ferveur et la radicalité évangélique des Frères Mineurs, il demanda à entrer dans la famille des disciples de saint François. Puis, il poursuivit ses études à la faculté de théologie de l’Université de Paris, et il devint l’un des plus importants théologiens de l’histoire de l’Église. Toute sa pensée fut profondément christologique. Dans un écrit intitulé La perfection évangélique, il montra que l’Église est rendue plus belle par la fidélité de ses fils et de ses filles qui, par la grâce de Dieu, sont appelés à observer les conseils évangéliques et à témoigner ainsi que l’Évangile est source de joie et de perfection. Lorsque Bonaventure fut élu Ministre Général, l’Ordre des Frères Mineurs comptait 30 000 membres, répartis dans tout l’Occident. Pour en assurer la communion, il présenta l’authentique charisme de François et son enseignement dans une biographie où nous trouvons le portrait le plus fidèle du saint Fondateur. Pour Bonaventure, François est un homme qui a cherché passionnément le Christ et qui s’est entièrement conformé à lui. Puisse cet idéal être aussi un programme pour l’Église du troisième millénaire et pour chaque chrétien !


     * * *

 


source: Siciliani Gennari/SIR


     Je suis heureux de vous accueillir chers pèlerins de langue française, en particulier le groupe ‘Chrétiens en grandes écoles’, de Paris et les servants d’autel, de Versailles. Que ce temps du Carême soit pour vous tous une occasion de rechercher le véritable visage du Christ, pour lui conformer votre existence ! Que Dieu vous bénisse !

 

(Radio Vatican)

10.02.2010

Audience générale : soyez sensibles aux pauvres à l’image de saint Antoine de Padoue

La catéchèse de Benoît XVI à l’audience générale de ce matin, qui a eu lieu dans la salle Paul VI au Vatican, a été entièrement dédiée à Antoine de Padoue, contemporain de saint François et défini par le Pape « un des saints les plus populaires dans toute l’Église catholique ». Le Pape a souligné son extraordinaire talent de prédicateur, qui lui valut le titre de Docteur de l’Église par Pie XII en 1946.

 

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À l’exemple de saint Antoine de Padoue, Benoît XVI a invité croyants et non-croyants à voir dans le crucifix le « miroir » de la dignité humaine et à accueillir les pauvres sur terre parce que ce seront eux qui nous accueillerons au ciel.

Écoutez le résumé de la catéchèse et les paroles que Benoît XVI a adressés aux pèlerins de langue française : >>



Résumé de la catéchèse en langue française

     Chers frères et sœurs,

     Antoine de Padoue, né à Lisbonne vers 1195, est l’un des saints les plus populaires de l'Église. Bouleversé par le martyre, au Maroc, de cinq missionnaires franciscains, il quitta les Chanoines augustiniens pour devenir frère mineur. Il montra de tels dons de science et d’éloquence que saint François, qu’il rencontra au Chapitre des nattes, lui donna pour mission d’« enseigner la théologie aux frères ».

Antoine posa les bases de la théologie franciscaine par ses commentaires si vivants de l’Écriture. Ses écrits pleins de la fraîcheur et de la beauté de l’Évangile proposaient à chacun un vrai chemin de vie chrétienne : il lui valurent le titre de « Docteur évangélique ».

Antoine nous rappelle que la prière est comme une relation d’amour avec le Seigneur. Elle a besoin d’une atmosphère de silence qui n’est pas seulement absence de bruit mais expérience intérieure qui éloigne les distractions. Il s’agit d’ouvrir son cœur à Dieu dans la confiance, de Lui parler, de Lui présenter nos besoins, de Le louer et de Le remercier. Seul celui qui prie progresse dans la vie spirituelle.

Antoine mit toujours le Christ au centre de sa vie et de sa prédication. Qu’il intercède pour les prêtres et les diacres afin qu’ils accomplissent avec sollicitude leur ministère d’annonce et d’actualisation de la Parole de Dieu !



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     Je suis heureux d’accueillir les pèlerins francophones, en particulier les élèves et les professeurs de différents collèges de Montaigu, Séverac-le Château et Paris, ainsi que les paroissiens venus en pèlerinage à Rome. Puisse le Seigneur Jésus vous accompagner dans votre vie ! Que Dieu vous bénisse !

30.07.2009

La perte de l'état clérical du P. Vlasic n'est pas un jugement sur Medjugorje

La perte de l'état clérical du P. Vlasic n'est pas un jugement sur Medjugorje


Explications du procureur général de l'Ordre des Frères mineurs (Franciscains)


ROME, Mercredi 29 juillet 2009 (ZENIT.org) - L'acceptation, par Benoît XVI, de la perte de l'état clérical du père Tomislav Vlasic (photo), ne constitue pas un jugement sur les témoignages d'apparition de Marie à Medjugorje, a expliqué le procureur général de l'Ordre des Frères mineurs (Franciscains).

 

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Dans une déclaration à ZENIT, le P. Francesco Bravi, ofm, a affirmé que cette mesure n'a pas été imposée par le Saint-Siège mais qu'il s'agit de la conséquence de la demande présentée par le P. Vlasic, qui était jusqu'à présent membre de l'Ordre des Frères mineurs, d'être dispensé non seulement du célibat sacerdotal mais aussi des voeux religieux.

« C'est lui qui l'a demandé », a déclaré le P. Bravi.

Le procureur général de l'Ordre des Frères mineurs a par ailleurs précisé que s'il est vrai que le P. Vlasic était vicaire à la paroisse de Medjugorje à l'époque des premiers témoignages des apparitions (1981), il vivait en Italie depuis plus de vingt ans (depuis 1985).

Le P. Vlasic était religieux de la province franciscaine de San Bernardino di Siena (L'Aquila) et avait fondé la communauté « Kraljice mira potsuno Tvoji - po Mariji k Isusu » (Reine de la Paix, tous à toi - à Jésus par Marie).

Le P. Bravi a expliqué que le P. Vlasic a demandé au Saint-Siège d'être dispensé des obligations du ministère sacerdotal, car il refuse d'accepter les sanctions que lui avait imposé la Congrégation pour la doctrine de la foi par le décret (prot. 144/1985) du 25 janvier 2008, signé par le cardinal William Levada, préfet, et par Mgr Angelo Amato, secrétaire de la Congrégation.

Le décret fut publié, à la demande de la Congrégation pour la doctrine de la foi, par Mgr Ratko Peric, évêque de Mostar-Duvno, diocèse dans lequel est située la ville de Medjugorje. Il explique que les sanctions ont été imposées suite à des accusations portées contre le P. Vlasic. Il était notamment accusé de « diffusion d'une doctrine douteuse, de manipulation des consciences, de mysticisme suspect, de désobéissance à des ordres donnés de façon légitime ». Il était également accusé d'avoir violé le sixième commandement (actes impurs).

Le décret établissait cinq sanctions, dont l'obligation de demeurer dans une maison de l'Ordre franciscain de la région de Lombardie, en Italie, choisie par le ministre général de l'Ordre, le P. José R. Carballo, et l'interdiction de maintenir des liens avec la communauté Reine de la paix, et avec ses membres.

Le décret interdisait d'effectuer « des accords juridiques et d'agir dans des organismes administratifs » sans autorisation écrite du ministre général de l'Ordre. Il établissait par ailleurs l'obligation de suivre une formation théologique et spirituelle avec une évaluation finale, et l'émission de la profession de foi, avec l'approbation de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Le décret interdisait enfin « l'exercice du 'soin des âmes', la prédication, les interventions publiques et révoquait la faculté de confesser ».

Le P. Francesco Bravi a expliqué à ZENIT que le P. Vlasic refusait de reconnaître les accusations portées contre lui et qu'il refusait donc également les sanctions. Comme conséquence de ce rejet, il a demandé à être dispensé de l'exercice de son ministère sacerdotal et de sa condition de religieux. Il lui est en même temps interdit d'exercer toute forme d'apostolat et de faire des déclarations, spécialement sur Medjugorje.

Il lui est arrivé de proposer, publiquement et par écrit, des interprétations des messages reçus par les voyants, mais celles-ci ont parfois été contredites par les voyants eux-mêmes. Il a notamment affirmé que la communauté « Reine de la Paix », qu'il avait fondée, était née à la demande explicite de la Vierge, ce que la voyante Majija Pavlovic a nié dans une lettre adressée au Saint-Siège.

L'évêque de Mostar a affirmé publiquement qu'il ne croyait pas à la véracité des apparitions de Medjugorje mais le dossier est actuellement examiné par la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Dans son ouvrage publié en 2007 en italien « L'ultima veggente di Fatima » (La dernière voyante de Fatima), le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat et ancien secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi, écrit :

« Les déclarations de l'évêque de Mostar reflètent une opinion personnelle, elles ne sont pas un jugement définitif et officiel de l'Eglise. Tout est renvoyé à la déclaration de Zara des évêques de l'ex-Yougoslavie, du 10 avril 1991, qui laisse la porte ouverte à de futures enquêtes. La vérification doit donc se poursuivre. En attendant, les pèlerinages privés avec un accompagnement pastoral des fidèles, sont autorisés. Enfin, tous les pèlerins catholiques peuvent se rendre à Medjugorje, lieu de culte marial où il est possible de s'exprimer à travers toutes les formes de dévotion ».

Jesús Colina