23.05.2012

L'Eglise engagée en faveur d’une couverture de santé universelle

1_0_590335.jpegMgr Zygmunt Zimowski, chef de la Délégation du Saint-Siège à la 65e Assemblée mondiale de la santé, qui se tient actuellement à Genève, rappelle l’engagement de l’Église en faveur d’une couverture de santé universelle. Dans un discours prononcé ce mercredi, le Président du Conseil pontifical pour la Pastorale des Services de la Santé, a reclamé un effort supplémentaire de la part de la communauté internationale en matière de couverture sanitaire, notamment en soutenant les institutions sanitaires de l’Église. Il en existe 120.000 dans le monde a affirmé le prélat. L’Église catholique constitue ainsi dans de nombreux pays pauvres, un partenaire significatif de l’État dans la fourniture de services de santé. Elle opère aussi dans les régions éloignées, en faveur des couches les plus défavorisées de la population, mettant ainsi à leur disposition des prestations sanitaires qui, sans cette aide, seraient hors de leur portée. Mgr Zimowski a ainsi demandé aux États de consentir à ces organisations et institutions d’apporter leur contribution à l’universalisation de l’accès aux soins et ce sans qu’elles soient obligées de développer des activités pour elles moralement inadmissibles.

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22.05.2012

Oecuménisme au Festival de Cannes

ca0a225e1d.gifROME, mardi 22 mai 2012 (ZENIT.org) – La prière a sa place au 65e Festival du cinéma de Cannes, sous le signe de l’unité des chrétiens : une célébration œcuménique aura lieu demain, 23 mai, à 16 h, en l’église du Prado de Cannes, indique le site du « Jury œcuménique ». Une messe et un culte ont été célébrés dimanche avant un verre de l’amitié.

La célébration de ce mercredi sera présidée par Mgr Jean Gautheron, curé de la paroisse Saint-Nicolas,  et par le Pasteur Paolo Morlacchetti. La prédication est confiée au pasteur Claude Schwab. Elle sera suivie d’une réception offerte par la Ville de Cannes.

Un évêque français participe au festival : Mgr Hervé Giraud, évêque de Soissons et président du Conseil pour la communication de la Conférence des évêques de France.

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15.03.2012

Message de condoléance du Pape après le tragique accident d'autocar en Suisse

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Benoît XVI, dans un télégramme signé du cardinal secrétaire d'État Tarcisio Bertone et adressé à Mgr Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles, exprime toute sa tristesse après l'accident de la route qui a causé la mort de 28 personnes dont 22 enfants ce mardi en Suisse. Le Pape dit s'associer par la prière à la peine des familles endueillées. De leur côté, les évêques de Belgique ont indiqué être consternés par la nouvelle de cet accident, exprimant leur proximité pour les familles dramatiquement plongées ainsi dans le deuil. Ce mercredi, Mgr Léonard et Mgr Giacinto Berloco, Nonce Apostolique en Belgique, ont présidé une veillée de prière dans la paroisse de Sint-Pieterskerk à Louvain. 

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20.06.2011

Jean-Paul II, le Pape des droits de l'homme

pape, jean paul ii, geneve, nations unies, droits de l'homme, cardinaux, philippe barbarin, lyonUn colloque sur le thème « Jean Paul II et les droits de l’Homme » se tient le lundi 20 juin au siège des Nations Unies à Genève. Pour cet hommage rendu à Jean Paul II, plusieurs invités interviendront : des politiques, des diplomates, ainsi que le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, que nous avons joint par téléphone : >> RealAudioMP3 

Des propos recueillis par Charles Le Bourgeois (Radio Vatican)

02.03.2011

Audience générale : la recherche de la liberté ne doit pas passer par la violence

pape audience generale.JPGLors de l’audience générale ce mercredi matin, Benoît XVI a appelé les chrétiens à ne pas rechercher la liberté en passant par la violence, une attitude particulièrement répandue actuellement. L’obéissance au contraire, a précisé le pape, n’est pas incompatible avec la liberté

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17.01.2011

Un microbiologiste suisse à la tête de l’Académie Pontificale des Sciences

werner arber.JPGBenoît XVI a nommé ce samedi Werner Arber, microbiologiste suisse, président de l’Académie Pontificale des Sciences. Né le 3 juin 1929, à Gränichen en Suisse, Werner Arber a obtenu en 1978 le Prix Nobel de médecine avec les Américains Daniel Nathans et Hamilton O. Smith, pour la découverte des enzymes de restriction et l'utilisation de ces enzymes en génétique moléculaire.

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28.11.2010

Vote sur les renvois des criminels étrangers en Suisse : "la dignité humaine n'est pas garantie" selon Mgr Farine

renvois criminels suisse.JPGLes Suisses sont appelés dimanche à se prononcer sur un durcissement des renvois de criminels étrangers. L’initiative est de l’UDC, parti de droite populiste, qui fut également à l’origine de l’interdiction des minarets en novembre 2009. Le texte prévoit un retrait automatique du droit de séjour des étrangers coupables de délits graves comme d’abus de l’aide sociale.

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21.01.2010

Audience générale : Benoît XVI appelle à prier pour l’unité des chrétiens

C’est un appel adressé à tous les chrétiens qu’a lancé ce mercredi Benoît XVI, lors de l’audience générale entièrement dédiée à la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Le Pape a lancé cet appel pour que tous les chrétiens progressent vers l’unité afin de donner au monde un témoignage commun de fidélité au Christ.

 

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De grands progrès ont été faits dans l’œcuménisme – a-t-il rappelé – malgré des problèmes qui restent toujours présents.

Écoutez le résumé de la catéchèse et les paroles que Benoît XVI a adressés aux pèlerins de langue française. >>


Résumé de la catéchèse en langue française

     Chers Frères et Sœurs,

     L’appel persévérant à la prière pour la pleine communion entre les disciples du Seigneur manifeste l’orientation la plus authentique et la plus profonde de toute la recherche œcuménique, car l’unité est avant tout un don de Dieu. En cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens, le rappel de l’exigence d’un témoignage commun rendu au Christ souligne l’importance pour ses disciples de grandir dans la profession de foi commune et dans le témoignage unanime au Seigneur ressuscité, malgré une communion encore partielle. Le mouvement œcuménique favorise non seulement les relations fraternelles entre les Églises et les Communautés ecclésiales, mais il stimule aussi la recherche théologique. De plus, il implique la vie concrète dans des domaines qui touchent la vie pastorale et sacramentelle. Depuis le concile Vatican II, l’Église catholique est entrée en relations fraternelles avec toutes les Églises et Communautés ecclésiales, organisant avec la plus grande partie d’entre elles des dialogues théologiques qui ont conduit à trouver des convergences ou des consensus sur divers points, approfondissant ainsi les liens de communion. Au cours de l’année passée, ces dialogues ont fait des pas positifs. Que le Seigneur écoute notre prière afin que les chrétiens de notre temps puissent donner ensemble un témoignage renouvelé de fidélité au Christ !


* * *

 

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     Je suis heureux d’accueillir les pèlerins de langue française, en particulier les prêtres de l’archidiocèse de Poitiers et le groupe de la basilique Notre-Dame, de Genève, avec le Cardinal Georges Cottier. Par toute votre existence témoignez de l’unité des disciples du Christ, afin que le monde croie en Celui que le Père a envoyé ! Que Dieu vous bénisse !

06.08.2009

Les chrétiens pakistanais demandent l'abolition des lois anti-blasphème

L’horreur au Pakistan dans le village de Gojra, dans l'État du Punjab : huit chrétiens, dont un bébé et quatre femmes ont été brûlés vifs samedi par des fondamentalistes musulmans. C’est bien en tant que chrétiens que les membres de cette communauté ont été attaqués. Un drame condamné par les autorités du pays.

 

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Les écoles et universités chrétiennes ont fermé leurs portes, en signe de deuil, pour trois jours, en mémoire des victimes de ces attaques au Pendjab. L’évêque de Karachi a annoncé que les chrétiens allaient exprimer pacifiquement leur colère et leur inquiétude. Islamabad a annoncé la mise en place d’une commission d’enquête spéciale. L’Italie a demandé l’intervention de l’Union européenne.


Retour sur ces événements avec Emmanuel Derville. Ecoutez Radio Vatican : >>

Le Pape a évoqué ce drame dans son intention missionnaire du mois d’août. Il invite à prier pour les chrétiens qui sont discriminés et persécutés à cause du nom du Christ, afin que leur soit reconnus droits de l’homme, égalité et liberté religieuse. À la suite de ces émeutes le cardinal-secrétaire d’État Tarcisio Bertone a également fait parvenir lundi 3 août au nom de Benoît XVI, le télégramme de condoléances suivant à l’évêque du diocèse de Faisalabad :

À Son Excellence Joseph Coutts
Évêque de Faisalabad

Le Saint-Père a été profondément attristé d’apprendre la nouvelle de l’attaque privée de sens contre la communauté chrétienne de Gojra qui a causé la mort tragique d’hommes, de femmes et d’enfants innocents, ainsi que de grandes destructions. Il vous prie de transmettre ses sincères condoléances aux familles des victimes et d’exprimer sa solidarité à tous ceux qui ont été touchés par cet acte gratuit. Sa Sainteté vous charge par la même occasion d’ encourager vivement toute la communauté diocésaine et tous les chrétiens du Pakistan à ne pas relâcher leurs efforts pour la construction d’une société qui, avec une profonde confiance dans les valeurs religieuses et humaines, soit fondée sur le respect mutuel entre tous ses membres. Au nom de Dieu, il appelle chacun à renoncer à la violence, cause de trop nombreuses souffrances, et à s’engager sur la voie de la paix. Aux familles et à tous ceux qui pleurent leurs morts, dans la foi et l’espérance qui tire sa certitude de la Résurrection, le Saint-Père donne sa Bénédiction apostolique, comme promesse de consolation et de force dans le Seigneur.

Cardinal Tarcisio Bertone
Secrétaire d’État.



Enfin, les chrétiens accusent les autorités locales de négligence. Ils demandent au gouvernement pakistanais de leur garantir une meilleure protection et de punir les auteurs de ces attaques. Profaner le Coran est passible de la peine de mort au Pakistan, où l'islam est la religion dominante. Interrogé sur notre antenne, le nonce apostolique au Pakistan a dénoncé les lois anti-blasphème. Mgr Adolfo Yllana. Ecoutez sur Radio Vatican : >>

Au Pakistan, « les attaques antichrétiennes sont préméditées. Mais on ne peut pas parler pour autant de plan orchestré visant à éliminer les chrétiens ». C’est l’archevêque de Lahore qui l’a affirmé, réagissant au nouveau pogrom antichrétien perpétré samedi dans la petite ville de Gojra. L’Eglise catholique – a-t-il annoncé – entend réclamer l’abolition de la loi anti-blasphème, instrumentalisée par des groupes qui veulent assujettir la minorité chrétienne. A Genève, le Conseil œcuménique des Eglises a lancé, de son coté, un appel au président pakistanais afin que l’Etat protège davantage les chrétiens.
Le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du COE, estime que les violences de samedi auraient pu être évitées si la police et les forces de sécurité avaient pris des mesures contre les groupes de militants islamistes qui ne cessent de menacer les minorités chrétiennes.

07.05.2009

Le plus difficile pour le Pape en Terre Sainte

Le plus difficile pour le pape en Terre Sainte: conquérir les chrétiens

Les Israéliens l'ont invité, les musulmans l'ont demandé. Mais pas ses fidèles locaux, qui ont exprimé les plus importantes oppositions à son voyage. Les motifs de leur refus. Et les inconnues

par Sandro Magister





ROME, le 6 mai 2009 – Le dimanche précédant son départ pour la Terre Sainte, sur la place Saint-Pierre pleine de fidèles, Benoît XVI a indiqué en quelques mots le but de son voyage:


"Par ma visite, je me propose de soutenir et d’encourager les chrétiens de Terre Sainte, qui sont confrontés chaque jour à de nombreuses difficultés. En tant que successeur de l’apôtre Pierre, je leur ferai sentir la proximité et l’appui de tout le corps de l’Eglise. Je me ferai aussi pèlerin de paix, au nom du Dieu unique, Père de tous les hommes. Je témoignerai de l’engagement de l’Eglise catholique en faveur de ceux qui cherchent à pratiquer le dialogue et la réconciliation, pour arriver à une paix stable et durable dans la justice et le respect mutuel. Enfin ce voyage ne pourra pas ne pas avoir une grande importance œcuménique et interreligieuse. Jérusalem est, à cet égard, la ville-symbole par excellence: c’est là que le Christ est mort pour réunir tous les enfants de Dieu dispersés".

D’après ces propos – répétés à l'audience générale du mercredi 6 mai – le pape compte d’abord, pour promouvoir en Terre Sainte la paix et le dialogue entre les peuples et les religions, sur les chrétiens qui vivent là-bas.

Un pari audacieux. D’une part parce que, dans cette région, les chrétiens sont une infime minorité, moins de 2% de la population juive et arabe. Mais aussi parce que ces chrétiens locaux sont ceux qui ont montré le plus de scepticisme à l'annonce du voyage du pape. Beaucoup, y compris des prêtres et des évêques, ont contesté l'opportunité de sa visite.

Il a fallu un gros travail pour adoucir ce front du refus. Le patriarche latin de Jérusalem, Fouad Twal, l'a confirmé dans une interview: les raisons des opposants ont été exposées à Benoît XVI lui-même.

La grande crainte des opposants était que le voyage du pape – y compris en raison de ses positions très avancées dans le dialogue religieux avec le judaïsme – ne tourne à l’avantage politique d’Israël.

Benoît XVI a fermement résisté. De son côté, la diplomatie vaticane a tout fait pour tranquilliser les opposants.

Voilà qui explique, par exemple, la bienveillance témoignée par le Vatican au grand ennemi d’Israël, l'Iran, pendant et après la très controversée conférence de Genève sur le racisme, bienveillance que beaucoup d’observateurs ont jugée excessive.

Cela explique peut-être aussi le silence des autorités vaticanes et du pape lui-même à propos de la pendaison furtive de la jeune iranienne Delara Dalabi à Téhéran. Dans ces cas à retentissement mondial, le Saint-Siège prend presque toujours la parole pour défendre les victimes de violations des droits de l’homme: cette fois, il a décidé de se taire.


***


A noter que l'Iran traite à son tour le Saint-Siège avec une bienveillance inhabituelle. En avril 2008, recevant le nouveau nonce apostolique à Téhéran, l'archevêque Jean-Paul Gobel, le président Ahmadinejad a défini le Vatican comme une force positive pour la justice et la paix dans le monde.

Peu après il a envoyé à Rome une délégation de haut niveau dirigée par un descendant direct du prophète Mahomet, Mahdi Mostafavi, président de l'Islamic Culture and Relations Organization de Téhéran et ancien vice-ministre des Affaires étrangères, un homme de confiance et "conseiller spirituel" qu’il rencontre "au moins deux fois par semaine".

Pendant trois jours, du 28 au 30 avril, cette délégation iranienne a eu avec une délégation vaticane compétente des entretiens à huis clos sur le thème "Foi et raison dans le christianisme et dans l'islam", qui se sont conclus par une rencontre avec Benoît XVI.

Il y a en Iran une toute petite communauté catholique, soumise à un contrôle étouffant. Cela aussi explique le "réalisme" que manifeste la diplomatie vaticane dans ce pays, comme dans d’autres pays musulmans. Pour sauver ce qui peut l’être, la réserve est jugée plus efficace que la protestation ouverte.

Par exemple, le Vatican n’a stigmatisé les anathèmes répétés d’Ahmadinejad contre l'existence d’Israël qu’une fois, à mots couverts, dans un communiqué de la salle de presse, le 28 octobre 2005. Depuis cette date lointaine, silence.

Mais le "réalisme" diplomatique n’explique pas tout. Les anathèmes antijuifs d’Ahmadinejad sont familiers à une partie significative des chrétiens arabes qui vivent en Terre Sainte. Pour eux aussi, l'existence même d’Israël est la cause de tous les maux.

Il faut se rappeler que de telles idées existent non seulement chez les chrétiens arabes, mais aussi chez des représentants connus de l’Eglise catholique qui vivent hors de la Terre Sainte et à Rome.

L’un d’eux, par exemple, est le jésuite Samir Khalil Samir, égyptien de naissance, islamologue des plus écoutés au Vatican, qui a écrit, il y a deux ans, dans un "décalogue" pour la paix au Moyen-Orient:


"La racine du problème israélo-palestinien n’est ni religieuse ni ethnique, elle est purement politique. Le problème remonte à la création de l’état d’Israël et au partage de la Palestine en 1948 – après la persécution organisée systématiquement contre les juifs – décidé par les grandes puissances sans tenir compte des populations présentes en Terre Sainte. Voilà la vraie cause de toutes les guerres qui ont suivi. Pour remédier à une grave injustice commise en Europe contre un tiers de la population juive mondiale, l’Europe elle-même, appuyée par les autres nations les plus puissantes, a décidé et commis une nouvelle injustice contre la population palestinienne, innocente du martyre des juifs".


Cela dit, le père Samir affirme en tout cas que l'existence d’Israël est aujourd’hui un fait indéniable, indépendamment de son péché originel. C’est aussi la position officielle du Saint-Siège, depuis longtemps favorable à ce qu’il y ait deux états, israélien et palestinien.

Ce n’est pas tout. D’après le père Samir, les chrétiens arabes qui vivent en Terre Sainte sont, bien que peu nombreux, "les seuls qui puissent promouvoir la paix dans la région, parce qu’ils ne veulent pas aborder la question en termes religieux, mais en termes de justice et de légalité".

En effet, selon le père Samir, le conflit arabo-israélien ne cessera pas tant qu’il continuera à être une guerre religieuse entre le judaïsme et l’islam. Ce n’est qu’en le ramenant à ses aspects politiques et "laïcs" que l’on pourra parvenir à la paix. Et les chrétiens sont les mieux outillés pour cela.


***


A la veille du voyage de Benoît XVI en Terre Sainte, le père Samir a développé ces idées quant au rôle des chrétiens dans la région dans une interview à l’hebdomadaire italien "Tempi".

Il a notamment dit:

"Déjà la Nahdah, la renaissance arabe qui a eu lieu au XIXe siècle et au début du XXe, a été essentiellement l’œuvre des chrétiens. Aujourd’hui, un siècle plus tard, cela recommence, même si les chrétiens sont minoritaires dans les pays arabes. Aujourd’hui le 'nouveau' dans la pensée arabe provient du Liban, où l’interaction entre chrétiens et musulmans est plus vive. Il y a ici cinq universités catholiques, en plus des universités islamiques et d’état. Des radios, des télévisions, des journaux et revues chrétiens fonctionnent, où s’expriment musulmans, laïcs et chrétiens. Aujourd’hui l’impact culturel des chrétiens au Moyen-Orient passe par les moyens de communication: le Liban est devenu le plus grand centre de publication de livres de tout le monde arabe; on y imprime des livres saoudiens, marocains… Les musulmans eux-mêmes comprennent que les chrétiens sont les groupes les plus actifs et les éléments les plus dynamiques culturellement, comme c’est souvent le cas pour les minorités. Les chrétiens du Liban ou des autres pays du Moyen-Orient ont aussi des liens et des contacts avec l’Occident, ce qui rend fondamental leur rôle culturel. Au Liban, en Jordanie, mais aussi en Arabie Saoudite, de nombreux musulmans, y compris des leaders faisant autorité, l’ont dit publiquement: nous ne voulons pas que les chrétiens s’en aillent de nos pays parce qu’ils sont une partie essentielle de nos sociétés".

A cette vision optimiste le père Samir ajoute naturellement un avertissement: dans les pays musulmans, les chrétiens sont presque partout menacés. A commencer par l'Arabie Saoudite, autre état vis-à-vis duquel le Saint Siège mène sans préjugés une politique "réaliste" dont le point culminant a été, le 6 novembre 2007, l'accueil de son roi au Vatican avec tous les honneurs, en passant sous silence les violations systématiques des droits de l’homme dans ce pays.

Pour revenir au dossier israélo-palestinien, un autre grand connaisseur de la région, le franciscain Pierbattista Pizzaballa, Custode de Terre Sainte, porte un jugement plus pessimiste sur le rôle des chrétiens. Aujourd’hui, selon lui, "politiquement, les chrétiens ne comptent plus" dans le conflit israélo-palestinien.

De plus, ils sont les plus froids dans leur réaction à la visite du pape, bien que celui-ci les ait mis en tête des objectifs de son voyage.

Une tâche difficile attend Benoît XVI en Terre Sainte. Plus que les Israéliens qui l’ont invité, plus que la monarchie jordanienne qui lui ouvre grand les portes, il devra surtout conquérir les chrétiens locaux.



Le programme du voyage de Benoît XVI en Terre Sainte, minute par minute, sur le site du Vatican:

> Pélerinage 8-15 mai 2009. Programme



A propos des rapports politiques entre le Vatican et Israël, sur www.chiesa:

> A Gaza le Vatican hisse le drapeau blanc (4.1.2009)

Et entre le Vatican et l'Iran:

> Quand les turbans iraniens rendent hommage au pasteur de Rome (7.5.2008)



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa