08.12.2007

Congo RD: changement dans la crise des Grands Lacs

AFRIQUE/CONGO RD - “Il semble qu’il y ait un changement de route de la communauté internationale sur la crise des Grands Lacs” dit à Fides un missionnaire après le Sommet d’Addis Abeba

Les soldats gouvernementaux sont retournés à Goma en chantant, en signe de victoire. Mais nous savons qu’ils ont subi de nombreuses pertes,
rapportent à l’Agence Fides les sources missionnaires de l’Est de la République Démocratique du Congo, où est en cours une offensive de l’armée régulière contre les hommes du général rebelle Laurent Nkunda. Selon un porte-parole de l’armée congolaise, dans les combats, concentrés dans une zone autour du village de Mushake, à 40 km du chef-lieu du Nord du Kivu, Goma, sont morts 13 soldats gouvernementaux.
L’offensive est limitée au Nord du Kivu : au Sud du Kivu la situation est tranquille,
confirment les sources de Fides.
Dans la zone concernée par les affrontements la population est en fuite. De jour en jour le nombre des réfugiés augmente, leur situation est dramatique : ils sont privés d’assistance, et dans les montagnes de l’Est du Congo il fait froid parce que nous sommes à la saison des pluies.
Les réfugiés sont plus de 400.000 selon la Croix Rouge internationale, qui a lancé un appel aux combattants pour que la vie des civils soit épargnée. L’organisme humanitaire dénonce en outre le grand nombre de violences sexuelles commises contre les femmes de la région.

Au cours de la réunion d’Addis Abeba, en Ethiopie, avec les leaders des pays des Grands Lacs, le secrétaire d’état américain, Condoleezza Rice, a affirmé qu’il fallait renforcer de façon urgente les capacités des forces de sécurité congolaises pour les mettre en mesure de faire face aux “forces négatives”, les groupes de guérilla basés dans l’Est du pays qui sèment l’instabilité dans la zone entière. Parmi ces forces, sont explicitement nommées les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), un groupe rwandais dissident formé d’ex-membres des Interhamwe (les milices responsables du génocide rwandais de 1994).
Il semble en effet qu’il y ait un changement de route de communauté internationale sur la crise des Grands Lacs,
dit à Fides un missionnaire, qui désire ne pas être cité par son nom pour des raisons de sécurité.
 
http://www.mineralinfo.org/Lettres/L2003/Img0307_4.jpg
Il faut cependant rappeler que la cause principale du drame de l’Est de la République Démocratique du Congo, ce sont ses richesses naturelles. On affirme que le problème vient des forces négatives, en particulier des milices rwandaises responsables du génocide de 1994. Mais comment est-il possible que ces hommes en fuite, recherchés par la justice internationale, dans une région où sont présents les casques bleus de l’ONU, soient parfaitement équipés ? Ils ont des armes meilleures que celles de l’armée congolaise régulière, disposent de médicaments, d’uniformes et de bottes neuves, de nourriture en boîte et de lait en poudre. À qui appartiennent les hélicoptères qui survolent les régions où sont présentes ces milices et qui probablement les fournissent ? Ces hélicoptères reviennent-ils vides ou sont-ils chargés de minéraux ?
se demande le missionnaire.
 
(Source : Agence Fides)
 
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06:30 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : congo, grands lacs, societe | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

07.12.2007

Sommet d'Addis Abeba sur les Grands Lacs

AFRIQUE/CONGO RD - Ouverture du sommet sur les Grands Lacs; pour la presse congolaise les USA sont en première ligne dans la recherche de la paix

“La Pax americana”, “Nkunda défie Bush: la guerre totale dans le Nord du Kivu”. Ce sont quelques titres de la presse congolaise qui met en exergue le Sommet d’Addis Abeba, en Éthiopie, consacré à la crise des Grands Lacs, et aux opérations militaires conduites par l’armée congolaise dans l’Est de la RDC contre le général rebelle Laurent Nkunda.

La réunion qui s'est ouverte ce 5 décembre, à Africa Hall, le siège historique où en 1964 a été fondée l’Organisation de l’Union Africaine (précurseur de l’actuelle Union Africaine), prévoyait la participation de 4 présidents africains : le congolais Joseph Kabila, l’ougandais Yoweri Museveni, le rwandais Paul Kagame et le Burundais Pierre Nkurunzinza. Mais c’est surtout la présence du secrétaire d’État américain, Condoleezza Rice, qui attire l’attention des observateurs des questions africaines.
 
Afrique de l'Est: Sommet d'Addis Abeba, quitte ou double
 
 
La presse congolaise souligne que Washington, en réunissant les 4 chefs d’État africains (cependant le président congolais Kabila ne pourra pas participer au sommet, d’après ce qu’a dit un fonctionnaire qui voyage avec Mme Rice), a désormais décidé de donner la plus grande importance à la résolution de la crise de la région des Grands Lacs.

Deux raisons principales ont poussé le gouvernement américain à intervenir dans cette crise de dix ans : la volonté d’effectuer un déploiement stratégique dans une région qui risque de devenir à long terme une source d’instabilité, entre autre parce qu’elle est voisine de la poudrière somalienne, et le désir de l’administration Bush de terminer son mandat avec des succès diplomatiques.

Les plans américains à long terme prévoient l’élimination des dites “forces négatives”, les groupes de guérilla qui opèrent dans la région à cheval sur la RDC, le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda. Il s’agit en particulier des ex-membres des milices rwandais responsables du génocide de 1994. Congo et Rwanda ont signé en Novembre à Nairobi (Kenya), un accord, sponsorisé par Washington, pour rendre sûres les frontières et désarmer les guérilleros rwandais. En échange Kinshasa a obtenu la voie libre pour frapper les rebelles du général Nkunda, auquel l’administration américaine avait offert la possibilité de l’exil.

Nkunda ne semble cependant pas avoir l’intention de se rendre facilement, et maintenant dans Nord du Kivu c’est la guerre ouverte entre ses troupes et celles de l’armée congolaise. Les hommes de Nkunda se sont emparés des villages de Kikuku et Nyanzale (à 100-130 km du chef-lieu Goma), contraignant à la fuite 40.000 civils.
 
(Source : Agence Fides)


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