23.01.2011

Benoît XVI rappelle l'importance de la préparation au mariage

tribunal de la rote.JPGLe Pape demande davantage de rigueur dans la préparation au mariage ainsi que dans les déclarations de nullité, coeur du discours qu'il a adressé ce samedi matin aux représentants du Tribunal de la Rote romaine, reçus en audience au Vatican à l'occasion de l'inauguration de l'année judiciaire. Le mariage est, constitutionnellement, un lien juridique entre un homme et une femme a réaffirmé Benoît XVI. Il a demandé que soit accordé le plus grand soin à la préparation au mariage. Personne ne peut se prévaloir d'un droit à se marier à l'église – a-t-il dit

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23.06.2010

'L'homme qui vit selon l'Esprit devient une icône de Dieu'

 


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«La foi chrétienne, lorsqu’on considère le mystère de l’Incarnation, en est renforcée». «L’espoir s’élève encore plus confiant à la pensée que le Fils de Dieu est venu parmi nous, comme l’un de nous, pour communiquer aux hommes sa propre divinité».

C’est ce qu’a affirmé ce matin le Pape à l’audience générale, dans la salle Paul VI, en basant une fois encore sa catéchèse sur Saint Thomas d’Aquin.

 

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«La Charité – a dit le Pape - est ravivée parce qu’il n’y a pas de signe plus évident que l’amour de Dieu pour nous, que de voir le Créateur de l’univers se faire lui-même créature».


Écoutez le résumé de la catéchèse et les paroles que Benoît XVI a adressées aux pèlerins de langue française (Radio Vatican): >>


 

 

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«Chers Frères et Sœurs, continuant aujourd’hui la catéchèse sur saint Thomas d’Aquin, je désire m’arrêter sur la Somme théologique. Bien qu’inachevée, elle constitue son chef d’œuvre. En recourant à la pensée des philosophes de l’Antiquité et surtout d’Aristote, saint Thomas explore l’enseignement qui vient de l’Écriture Sainte et des Pères de l’Église, notamment de saint Augustin. La Somme est structurée en trois parties correspondant aux trois modes de l’existence de Dieu.

Premièrement, Dieu existe en lui-même et il constitue le principe et la fin de toutes les créatures. Le Docteur Angélique expose ensuite le Mystère trinitaire et réfléchit sur l’authentique réalité de l’être humain.

La seconde partie de l’ouvrage aborde la présence de Dieu à travers sa grâce dans la vie et l’action des hommes. Saint Thomas dessine la physionomie de l’homme qui vit selon l’Esprit, devenant ainsi une icône de Dieu.

La troisième partie est consacrée au Mystère du Christ, Vie et Vérité, présent de façon très particulière dans les Sacrements. Le développement important qu’il accorde au Mystère de l’Eucharistie nous révèle l’intelligence d’un théologien qui prie et qui nous aide à aimer ce Sacrement et à en vivre.

Saint Thomas nous indique ce que nous devons croire : le Credo, ce que nous devons prier : le Notre Père, et ce que nous devons vivre : la Loi d’Amour de Dieu et du prochain, et les Dix Commandements.

 

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Je salue les pèlerins francophones, particulièrement les jeunes collégiens et les Vietnamiens présents. Puissions-nous suivre avec générosité le chemin que saint Thomas d’Aquin nous indique ! Que la Vierge Marie vous accompagne ! Bon pèlerinage à tous !

 

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18.09.2009

Menace sur le respect du mariage au Luxembourg

Le programme du gouvernement luxembourgeois présenté le 29 juillet dernier prévoit l’ouverture du mariage « aux personnes de même sexe ». Les intellectuels et dirigeants catholiques du Cercle Beaumont réagissent, stupéfaits par ce projet soutenu par des chrétiens sociaux.

LE CERCLE BEAUMONT constate tout d’abord que la question de l’ouverture du mariage aux « personnes de même sexe » n’a pas été abordée pendant sa campagne électorale par le principal parti de la coalition, à savoir le CSV (Chrëschtlech Sozial Vollekspartei-Parti populaire chrétien social). L’annonce du 29 juillet 2009 ne reflète donc en aucun cas l’opinion des électeurs, et en particulier ceux du CSV. Le Cercle Beaumont s’interroge par conséquent sur les motivations de la direction de ce parti.

Si elle paraît actuellement en vogue, du moins en certaines régions, la proposition visant à autoriser les personnes de même sexe (c’est-à-dire les personnes homosexuelles) à contracter mariage dénature radicalement la réalité du mariage et ce qui en constitue la caractéristique principale, à savoir la différence sexuelle. Le Cercle Beaumont réaffirme la définition, classique, du mariage : l’union stable d’un homme et d’une femme.

À cet égard, le Cercle Beaumont rejoint le constat formulé par l’anthropologue structuraliste Françoise Héritier, peu suspecte de sympathie pour la pensée judéo-chrétienne, qui note : « Il n’y a pas de sociétés qui aient jamais été fondées en donnant le même poids à des unions homosexuelles et à des unions hétérosexuelles. C’est une simple constatation que font les historiens ou les anthropologues » (entretien accordé à la Radio France-Culture, repris par les Editions de l’Aube en 2008).
 
Loin de faire l’unanimité, la légalisation du « mariage homosexuel » est en butte à des très fortes oppositions dans de nombreuses juridictions. Aux États-Unis même, territoire emblématique, tous les référendums populaires réaffirment avec régularité la définition du mariage comme l’union d’un homme et d’une femme. D’autres pays ont décidé d’inscrire dans leur constitution cette définition afin de couper court à toute initiative « politiquement correcte ». Allant plus loin, certains États ont même décidé d’interdire l’adoption d’enfants par des ressortissants de juridictions ayant légalisé le « mariage homosexuel ».  

Le Cercle Beaumont note qu’au-delà de la question du « mariage homosexuel », le programme gouvernemental envisage d’introduire la « dimension du genre… comme axe horizontal et vertical dans les formations universitaires et les activités de recherche de l’Université du Luxembourg » (point 4 b) du programme défini pour le ministère de l’Égalité des chances). Cette proposition n’est pas anodine : en effet, selon l’idéologie du genre, la différence sexuelle n’est pas d’abord physique ni biologique, mais culturelle. Le sexe n’étant que construction culturelle, les catégories « homme » et « femme » peuvent tomber.

Le Cercle Beaumont attire l’attention du public et des décideurs sur les dérives possibles auxquelles peut donner la diffusion des concepts liés à cette idéologie.

Une forme subtile de discrimination tend à se répandre et à s’imposer. Alors que les institutions publiques, et en premier lieu, l’État, reconnaissent diverses formes d’union et de cohabitation (mariage, concubinage, partenariat sous la forme du « pacs », union libre), elles imposent le mariage civil préalable aux couples qui veulent se marier religieusement. En d’autres termes, et à titre d’exemple, un couple en situation de partenariat ne peut obtenir un mariage religieux.

Le Cercle Beaumont en appelle à l’ouverture intellectuelle de la classe politique pour qu’au Luxembourg, comme dans plusieurs autres pays européens, le mariage prononcé par les autorités religieuses soit reconnu par les autorités civiles.

Enfin, la loi disant, hélas, de moins en moins le droit et acceptant de plus en plus l’inacceptable, le Cercle Beaumont lance un appel citoyen au public pour s’opposer au projet de la coalition gouvernementale. Il soutient dès à présent toute initiative défendant et promouvant le mariage.  

Luxembourg, le 8 septembre 2009.

 

18 septembre 2009 | Christian Descoups

libertepolitique.com

02.07.2009

Le nouveau numéro de Sed Contra

 

 

EDITORIAL


Sous les péchés véniels du Président Sarkozy
Dans son interview-fleuve du Nouvel Observateur, le Président Sarkozy se charge de beaucoup de péchés véniels liés à son tempérament : la soirée au Fouquet’s, les répliques trop cinglantes aux mises en cause personnelles des journalistes, le “casse-toi, pauv’con” du salon le l’Agriculture… La seule erreur de nature politique qu’il se reconnaisse ne serait pas vraiment la sienne mais celle de toute la “droite”, dans son opposition à la loi sur le Pacs imposée en 1999 par le gouvernement Jospin… […]

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MOT DU JOUR


Droit naturel, droit positif
On appelle droit naturel, en philosophie politique, les principes d’équité fondamentale qui dérivent de la nature même du sujet auquel il s’applique. Le droit de l’enfant conçu à naître, celui de l’homme ou de la femme à se marier, fonder une famille, éduquer ses enfants selon ses convictions, s’associer aux autres, créer des richesses, les mettre en héritage, défendre les siens – pour ne citer que ceux-là – ces droits sont innés, universels et inaliénables dans toutes les sociétés civilisées. […]

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Ad Vitam… (plaidoyer perdu d’avance sur “l’espace vital masculin”)
De mémoire “d’homo sapiens”, personne n’y a rien pu comprendre depuis la nuit des temps : il suffit que l’homme s’unisse à une femme, fût-ce d’amour tendre et longuement partagé, pour qu’il ne se retrouve plus jamais vraiment chez soi... lorsqu’elle rentre chez elle, ou qu’il revient chez lui ![…]

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01.07.2009

Saint Paul : La complémentarité, un principe vital de la vie ecclésiale


Saint Paul : La complémentarité,
un principe vital de la vie ecclésiale

P. Hermann Geissler FSO




Le plan de Dieu avec les hommes

I. L'Eglise, Corps du Christ

L'unité dans la diversité

L'unité dans le Christ

L'unité dans la complémentarité



II. Vivre la complémentarité

« Avoir soin les uns des autres »

« Distribuant les dons à chacun en particulier »

« Pour l'utilité commune »

« Ne pas comparer, mais discerner »

« Souffrir avec - se réjouir avec »

 « Une voie excellente entre toutes »

« Portez les fardeaux les uns des autres »



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«L'union fait la force!» comme nous l'apprend une maxime connue. De nos jours on parle souvent d'unité et de communauté. De nombreuses personnes se rendent à nouveau compte combien nous dépendons les uns des autres, combien nous avons impérativement besoin les uns des autres, combien la collaboration et l'entraide réciproques sont importantes. Cette conscience nouvelle, qui, certes, ne surgit pas partout avec la même intensité et qui va à l'encontre du penchant de maintes personnes vers l'individualisme, correspond à ce que le Créateur à déposé dans la nature humaine.


Le plan de Dieu avec les hommes

« Et Dieu créa l'homme à son image; il le créa à l'image de Dieu: il les créa mâle et femelle » (Gn 1,27). La création de la personne humaine couronne la création. Dieu a tout créé pour les hommes et l'homme a été créé pour reconnaître et aimer Dieu et pour gérer la terre en son nom, de façon responsable.

De cette grande tâche l'homme doit s'acquitter dans la complémentarité. La Bible le montre clairement avec les mots suivants: « Il n'est pas bon que l'homme soit seul; je lui ferai une aide semblable à lui » (Gn 2, 18). La femme, que Dieu façonna en la tirant d'une côte de l'homme et qu'il amena à l'homme, le faisant s'écrier plein d'admiration et d'amour : « Celle-ci cette fois est os de mes os et chair de ma chair! » Selon le plan de Dieu les hommes et les femmes doivent exister les uns pour les autres. Cette complémentarité se montre particu­lièrement dans le mariage, qui porte fruits dans les enfants et qui pose le fondement de la société. Il s'agit néanmoins d'un principe qui est d'une importance fondamentale pour la vie commune en général et à tous les niveaux.

Il est vrai que le péché originel, par lequel l'homme a perdu l'amitié avec Dieu, a sérieusement compliqué la complémentarité entre les hommes. La vie commune de l'homme et de la femme n'est plus marquée par l'harmonie originelle, mais par la concupiscence et la domination (cf. Gn 3, 16). Le lien entre les hommes n'est plus caractérisé uniquement par l'amour et le respect, il l'est aussi par l'envie et la jalousie, de sorte que Caïn tue son frère Abel (cf. Gn 4). Les hommes sont devenus orgueilleux; ils veulent construire une tour dont le sommet touche le ciel. Mais Dieu rejette leur langage. Ils ne se comprennent plus et deviennent des ennemis les uns des autres (cf. Gn 11). L'histoire entière montre combien la concorde entre les hommes et les peuples est difficile et combien il s'agit souvent plutôt d'une simple coexistence, oui, même souvent d'un état de conflit.

Dieu n'a toutefois pas abandonné les hommes après le péché originel. Il a élu la famille d'Abraham et plus tard le peuple d'Israël, pour attirer les hommes à nouveau à lui et pour leur révéler sa volonté. Quand la plénitude des temps arriva Il envoya son Fils, parce qu'Il voulut réconcilier les hommes et les rassembler dans une famille. Cette famille, c'est l'Église. Dans son sein, la complémentarité par la grâce de la Rédemption n'est non seulement possible, mais elle est aussi une source de bénédictions multiples. Cela nécessite, certes, une foi profonde et la volonté de se laisser renouveler con­tinuellement.

Dans les réflexions suivantes, qui résument l'en­seignement de l'Église sur la complémentarité, quelques conseils pratiques nous sont donnés. Nous nous lais­sons surtout guider par l'apôtre Saint Paul. En même temps nous écoutons quelques paroles de Mère Julia, Fondatrice de la Famille Spirituelle « L'Œuvre ». Elle a souvent rappelé l'importance de la complémentarité.


I. L'Eglise, Corps du Christ

Saint Paul utilise plusieurs images pour rendre le mystère de l'Église intelligible. Dans ses épîtres, il la compare à un corps, dont la tête est le Christ et dont nous, les fidèles, sommes les membres. Que signifie cette comparaison?


L'unité dans la diversité


Le corps humain est composé de différents membres qui ont des tâches différentes. « Ainsi le corps n'est pas un seul membre, mais il est formé de plusieurs. Si le pied disait: "Puisque je ne suis pas la main, je ne suis pas du corps," en serait-il moins du corps pour cela? Et si l'oreille disait: "Puisque je ne suis pas l'œil, je ne suis pas du corps," en serait-elle moins du corps pour cela? » (1 Co 12, 14-16). Cette diversité des membres est vitale pour le corps. « Si tout le corps était œil, où serait l'ouïe? S'il était tout entier ouïe, où serait l'odorat? Mais Dieu a placé chacun des membres dans le corps, comme il l'a voulu. Si tous étaient un seul et même membre, où serait le corps? Il y a donc plusieurs membres et un seul corps » (1 Co 12, 17-20). Même s'il y en a beaucoup, tous les membres du corps s'appartiennent et forment « un seul corps » (1 Co 12, 12).

L'apôtre applique ces pensées à l'Église. La diversité des membres s'y montre par la variété des peuples, des milieux, des langues et des classes: « soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres » (1 Co 12, 13). L'Eglise est ouverte à tous les hommes, races et nations. La spé­cificité des hommes n'est pas abolie, mais purifiée et sanctifiée. Dans l'Église il y a aussi une pluralité de services et de grâces que Dieu accorde dans sa bonté. Il a « établi dans l'Eglise premièrement des apôtres, deu­xièmement des prophètes, troisièmement des docteurs, ensuite ceux qui ont les dons de guérir, d'assister, de gouverner » (1 Co 12, 28). La plupart des membres de l'Église vivent en tant que croyants laïques au milieu du monde; certains servent l'édification du corps dans une tâche hiérarchique (pape, évêques, prêtres et diacres): d'autres sont appelés à suivre Jésus dans la vie con­sacrée; partout le Seigneur offre une plénitude de talents, de dons et de charismes, dont plusieurs sont visibles, d'autres deviennent moins visibles, mais n'en sont pas moins importants pour autant.

Cette diversité est nécessaire pour le Corps du Christ. Si l'Église excluait certains peuples, milieux ou professi­ons, elle ne serait plus vraiment catholique. Si dans son sein il n'y avait plus de fidèles laïques elle ne pourrait plus pénétrer le monde du levain de l'Evangile. Sans officiants les sacrements vitaux ne seraient plus admini­strés. Sans femmes et hommes consacrés il nous man­querait le témoignage d'une imitation radicale du Christ. Sans les dons multiples que l'Esprit de Dieu offre aux fidèles, l'Église serait plus pauvre et elle ne pourrait plus accomplir certaines tâches ou rendre tel ou tel service.

Si nous considérons cela, nous voyons que l'Église est une communauté d'une grande diversité. Cette diversité est une richesse. En même temps nous devons prendre garde à préserver l'unité dans toute la nécessaire diversité.

 

L'unité dans le Christ


Les membres du corps humain forment une unité, parce qu'ils ont la même tête et sont unifiés par elle. Cela va de même avec l'Église: le Christ « est la Tête du Corps de l'Eglise » (Col 1, 18).

Le Christ est notre Rédempteur. Saint Paul écrit: « Dieu a voulu que toute la plénitude habitât en lui; et il a voulu réconcilier par lui toutes choses avec lui-même, celles qui sont sur la terre, et celles qui sont dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix » (Col 1, 19-20). C'est sur la croix que le Seigneur nous a réconciliés avec le Père.

Les sacrements nous unissent au Christ crucifié et ressuscité dans son Corps, l'Église. Le Concile Vatican II enseigne à ce sujet: « Dans ce corps, la vie du Christ se répand dans les croyants, qui par les sacrements sont unis d'une façon mystérieuse mais réelle, au Christ souffrant et glorifié » (Lumen Gentium, 7). Cela vaut surtout pour le baptême, par lequel nous formons « un seul corps » (1 Co 12, 13) et pour l'Eucharistie par laquelle notre union avec le Christ dans son Église s'approfondit continuellement: « Le pain, que nous rompons, n'est-il pas une communion au Corps du Christ? Puisqu'il y a un seul pain, nous formons un seul corps, tout en étant plusieurs; car nous participons tous à un même pain » (1 Co 10, 16-17).

En ce sens, le prêtre prie dans la troisième prière eucharistique: "Quand nous serons nourris de ton Corps et de ton Sang et remplis de l'Esprit Saint, accorde-nous d'être un seul corps et un seul esprit dans le Christ. »

En tant que membres du Corps de l'Église - souvent très différents les uns des autres - nous pouvons toutefois être 'un' et rester unis, parce que nous sommes unis dans le Christ par l'Esprit Saint. Lui, la Tête de l'Église, est la source de notre unité. De lui nous devons toujours implorer à nouveau le don de l'unité.

 

L'unité dans la complémentarité


Les membres du Corps sont unis au Christ, mais aussi les uns avec les autres. « Car, de même que nous avons plusieurs membres dans un seul corps, et que tous les membres n'ont pas la même fonction, ainsi nous qui sommes plusieurs, nous ne faisons qu'un seul corps dans le Christ, et chacun en particulier nous sommes membres les uns des autres » (Rm 12, 4-5).

Les différents membres de l'Église ont besoin les uns des autres. C'est pourquoi saint Paul écrit: « L'œil ne peut pas dire à la main: 'Je n'ai pas besoin de toi'; ni la tête dire aux pieds: 'Je n'ai pas besoin de vous.' Au contraire, les membres du corps qui paraissent les plus faibles sont plus nécessaires » (1 Co 12, 21-22). Les membres qui paraissent insignifiants sont de grande valeur pour Dieu: « Dieu a disposé le corps de manière à donner plus de respect à ce qui est moins digne, afin qu'il n'y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient également soin les uns des autres » (1 Co 12, 24-25). Les membres du corps partagent leurs souffrances et leurs joies. « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui; si un membre est honoré, tous les membres s'en réjouissent avec lui » (1 Co 12, 26).

Dans le Corps de l'Église, nous dépendons les uns des autres. Personne ne peut dire à l'autre: « Je n'ai pas besoin de toi, tu n'as pas d'importance à mes yeux. » Dieu veut que nous nous soucions les uns des autres, que nous nous soutenons et confortons, que nous portons la souffrance ensemble et que nous partageons les joies. C'est ce que nous voulons dire quand nous parlons de complémentarité.

Le pape saint Clément I écrit dans son épître aux Corinthiens (37, 4): « Il y a toujours une espèce de lien et là dedans se trouve l'utilité. » Cela apparaît si nous pensons par exemple à un orchestre. Les différents musiciens qui le forment ensemble, ne peuvent être de simples solistes. Ils doivent jouer en harmonie - chacun avec son instrument et selon ses capacités. Le niveau d'un orchestre et la valeur des musiciens dépendent de la qualité de la consonance des différents instruments. Celle-ci pose de grandes exigences. Il en va de même pour l'Église. Le pape Benoît XVI y fait allusion dans son encyclique Spe Salvi. Comme il note « Le péché est compris par les Pères comme destruction de l'unité du genre humain, comme fragmentation et division. ... Et ainsi, la 'Rédemption' apparaît vraiment comme le rétablissement de l'unité, où nous nous retrouvons de nouveau ensemble, dans une union qui se profile dans la communauté mondiale des croyants » (N° 14).

Mère Julia écrit sur l'unité et la complémentarité entre les membres de l'Église: « La lumière de la complé­mentarité est un grand don et un appel constant. »  En quoi consiste ce don de la complémentarité ? Quelles sont les attitudes requises? En quoi consistent les dangers et les tentations ?

 


II. Vivre la complémentarité

« Avoir soin les uns des autres »


Chaque homme, et encore plus chaque chrétien, a des responsabilités. Aujourd'hui l'on dit souvent que chacun doit suivre sa propre voie, surtout dans le domaine religieux ou moral. Des questions de foi ou de mœurs sont une « affaire privée », qui ne regarde personne. Chacun doit faire ce qu'il croit être bien selon sa propre conscience: l'un croit à Jésus, un autre à Buddha; l'un est contre l'avortement, un autre trouve l'interruption de grossesse légitime dans certaines situations. Et toutes ces opinions doivent être tolérées comme étant équivalentes.

Cette attitude est fausse. Elle méconnait que les questions de foi et de mœurs ne sont pas simplement des affaires subjectives où chacun peut avoir son opinion. Il y a en effet des réponses exactes à ces questions qui orientent notre vie et il y a des réponses fausses qui nous égarent. Dans la révélation, Dieu nous a offert les réponses qui nous montrent le droit chemin et nous guident vers la béatitude. La plupart de ces réponses  sont accessibles, non seulement à la foi, mais aussi à la raison.

L'opinion que la foi est une affaire privée est erronée parce qu'elle nous incite à l'individualisme et à l'in­différence: si chacun peut devenir bienheureux à sa façon, nous ne devons pas nous soucier d'autrui. En réalité nous ne sommes pas seulement responsables pour nous-mêmes, mais nous le sommes aussi pour les autres. C'est pourquoi, en tant que membres de l'Église, nous avons le devoir de prendre « également soin les uns des autres » (1 Co 12, 25). Transmettre la foi aux enfants doit être un souhait ardent des parents. Les prêtres et les consacrés doivent être intérieurement pressés à tout donner pour que le Christ puisse prendre forme dans le cœur des hommes. Et en tant que membres du Corps du Christ, nous sommes tous invités à prier les uns pour les autres, à prendre à cœur les intentions de l'Église universelle et à témoigner de la Bonne Nouvelle.

 

« Distribuant les dons à chacun en particulier »


Il existe une merveilleuse abondance de dons dans l'Église. Saint Paul évoque certains de ces dons dans la première épître au Corinthiens: par exemple le don de « sagesse », c'est-à-dire la possibilité de voir les événe­ments de la vie à la lumière du Crucifié; ensuite le don de « connaissance », le don de connaître le Christ dans l'intimité du cœur et de l'aimer; puis le don d'une foi forte, qui aide à rester fidèle dans la foi même dans les situations difficiles; enfin il y a aussi le don de guérison ou encore le don de reconnaître les signes du temps prophétiquement, de discerner les esprits etc. « Tous ces dons » c'est, comme dit l'apôtre, « le seul et même Esprit qui les produit, les distribuant à chacun en particulier, comme il lui plaît » (1 Co 12, 8-11).

L'Esprit Saint offre aussi à chacun de nous ses dons particuliers : l'un peut très bien se mettre à la place des autres; un autre se distingue par son aptitude d'en­thousiasmer les enfants et les jeunes; un autre sait comment il faut consoler les malades et les souffrants, encore un autre a de grands talents d'organisation etc. Nous devons être reconnaissants pour cette richesse de dons.

Accueillons ces dons avec empressement. Ils viennent de l'Esprit de Dieu qui les distribue comme il lui plaît. Il importe de ne pas envier les dons des autres, mais de les respecter. Mère Julia nous encourage dans ce sens: « Notre vie doit être remplie du respect de la Majesté de Dieu et de sa miséricorde, du respect des dons du Saint-Esprit, du respect du Plan de Dieu sur toute personne et du respect de la réponse de chacun exprimée par son libre choix. »

 

« Pour l'utilité commune »


Les dons que Dieu distribue aux membres du Corps du Christ ne nous sont pas offerts pour en tirer un profit personnel. Chaque don est donné « pour l'utilité commune » (1 Co 12,7). Si les hommes se croient importants à cause de leurs dons, alors ils n'ont pas compris l'essentiel. En plus ils sont injustes envers Dieu, car avec ses dons ils se glorifient eux-mêmes.

Pour bien employer nos dons nous devons être humbles et serviables. L'humilité nous rend conscients de ce que nous sommes devant Dieu: ses créatures qu'il a comblées de la richesse de sa Vie et de ses dons. La serviabilité nous aide à accueillir nos dons avec gratitude, à les développer par la foi, l'amour et le don de soi, et à les employer pour le bien des autres. En ce sens le chemin de la complémentarité est un chemin de vertus, exigeant, mais qui produit beaucoup de fruits: il nous préserve d'une vue unilatérale, d'exagérations et de jugements erronés. Sur ce chemin nous gagnons souvent du temps et ensemble nous trouvons plus rapidement des solutions. C'est un chemin sur lequel nous pouvons mûrir, nos dons peuvent s'épanouir, notre foi grandir et l'Esprit Saint peut nous combler de sa lumière. Il contribue à faire de nous une bénédiction les uns pour les autres et à être utiles les uns pour les autres, même pour les défunts à travers la prière et le saint sacrifice de la Messe.

Saint Paul nous encourage à suivre ce chemin en imitant le Christ : « Si donc il est quelque encou­ragement dans le Christ, s'il est quelque consolation de charité, s'il est quelque communauté d'esprit, s'il est quelque tendresse et quelque compassion, rendez ma joie parfaite: ayez une même pensée, un même amour, une même âme, un même sentiment. Ne faites rien par esprit de rivalité ou par vaine gloire; mais que chacun, en toute humilité, regarde les autres comme au-dessus de soi; chacun ayant égard, non à ses propres intérêts, mais à ceux des autres. » (Ph 2, 1-4).

 

« Ne pas comparer, mais discerner »


Mère Julia a dit: « Qui vit de la Lumière de Dieu ne compare pas mais discerne! » Avec cette parole elle nous rend attentifs à une attitude malsaine très répandue: la comparaison égoïste avec les autres. Celui qui compare ainsi ses propres dons avec ceux des autres, devient soit orgueilleux, s'il pense que ses dons valent plus que ceux des autres, soit envieux, jaloux ou découragé, si les dons des autres lui semblent meilleurs.

La lumière de la foi nous dit, au contraire, que tous les dons viennent de Dieu et que nous devons discerner. L'Esprit Saint offre tel don à l'un et telle qualité à l'autre. De là l'importance de nous compléter et de nous servir mutuellement avec les dons qui nous ont été attribués.

Il importe que nous employions nos propres dons dans notre famille, nos paroisses et nos communautés, avec foi et de façon engagée. Femmes et hommes, ouvriers et savants, personnes consacrées et prêtres: personne de nous ne peut tomber dans le piège de la comparaison égoïste et convoiter les dons des autres comme c'est le cas dans le féminisme radical, le cléricalisme, l'intel­lectualisme, le pragmatisme et beaucoup d'autres « ‑ismes ». Nous sommes appelés à servir avec nos propres dons, à édifier le Corps du Christ et à remplir le monde de la Bonne Nouvelle.

 

« Souffrir avec - se réjouir avec »


L'unité des membres du Corps du Christ est si grande que saint Paul peut écrire: « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui; si un membre est honoré, tous les membres s'en réjouissent avec lui » (1 Co 12, 26).

Si d'aucuns perdent la foi ou ne pratiquent plus, si des consacrés, des prêtres ou des personnes mariées luttent avec des problèmes, si d'autres sont dévoyés du bon chemin, si certains sont touchés par de graves maladies ou par la souffrance, alors cela ne peut pas nous laisser indifférents. Parce que nous aimons l'Église et ses membres, ces situations doivent nous interpeller et nous presser à faire ce que nous pouvons pour aider les personnes concernées: par la prière confiante et pa­tiente, par sa propre fidélité, par un acte de foi, par une lettre, par exemple, à certaines personnes en détresse, par une conversation ouverte ou par d'autres gestes de participation.

Les membres de l'Eglise se distinguent aussi par la capacité de se réjouir pour les autres et avec eux. Cette capacité semble parfois moins présente que la capacité de souffrir avec les autres. Est-ce peut-être l'envie qui diminue la capacité de se réjouir sincèrement des autres?  La plus grande joie de saint Paul était que les autres puissent ouvrir leur cœur pour le Christ. C'est pourquoi il écrit aux Philippiens: « Je rends grâces à mon Dieu toutes les fois que je me souviens de vous, et dans toutes mes prières pour vous tous, c'est avec joie que je lui adresse ma prière, à cause de votre concours unanime pour le progrès de l'Evangile, depuis les pre­miers jours jusqu'à présent » (Ph 1, 3-5).

 

« Une voie excellente entre toutes »


Les dons ont une grande importance dans le Corps du Christ. Ils ne sont pourtant pas la chose la plus importante. Après avoir rappelé aux Corinthiens la nécessité d'employer les dons correctement, saint Paul écrit: « Je vais vous montrer une voie excellente entre toutes. » Cette voie c'est la charité, sans laquelle chaque don, aussi éminent qu'il soit, est sans valeur et futile.

Saint Paul décrit l'amour de façon incomparable: « La charité est patiente, elle est bonne; la charité n'est pas envieuse, la charité n'est point inconsidérée, elle ne s'enfle point d'orgueil; elle ne fait rien d'inconvenant, elle ne cherche point son intérêt, elle ne s'irrite point, elle ne tient pas compte du mal; elle ne prend pas plaisir à l'injustice, mais elle se réjouit de la vérité; elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout » (1 Co 13, 4-7).

La charité rend la complémentarité facile. Elle bannit l'orgueil, l'envie et la jalousie, les plus grands ennemis de la complémentarité et elle encourage l'humilité, le respect et la serviabilité. Elle nous stimule à ne pas utiliser nos talents et nos dons pour nous-mêmes, mais pour la glorification de Dieu, l'édification de l'Église et le bien du prochain.

De saint Paul Mère Julia a appris «que la valeur de notre vie et son rayonnement surnaturel ne dépendent pas de la mesure de notre activité, mais bien plutôt de l'amour qui nous anime. C'est cet amour, infusé dans nos cœurs par l'Esprit Saint, qui nous rend capables de découvrir Dieu en tout et en tous » . L'amour aide aussi à vivre le principe de la complémentarité dans toute sa plénitude afin que la beauté et la force intérieure de l'Église rayonne et que la complémentarité soit utile pour de nombreuses personnes.

 

« Portez les fardeaux les uns des autres »


« Ensemble nous sommes plus forts ! » Si nous em­ployons nos propres talents avec empressement et nous nous aidons mutuellement dans cette voie, alors nous devenons une bénédiction les uns pour les autres. La complémentarité nous rend forts - aussi et surtout si nous faisons l'expérience de nos propres faiblesses et limites. C'est un principe qui renouvelle la vie de l'Église. Elle est une clé du bonheur des hommes car nous sommes créés pour vivre en communauté. Saint Paul nous invite à suivre le Christ sur le chemin de la com­plémentarité: « Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la parole du Christ. » (Ga 6, 2).


Agence Fides 27/6/2009; Directeur Luca De Mata


04.06.2009

Veillée pour la Vie : Homélie du card. Vingt-Trois (28 mai 2009)

Lois de bioéthique, prier pour les parlementaires

 

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ROME, Mercredi 3 juin 2009 (ZENIT.org) - Le cardinal Vingt-Trois (photo) appelle à « prier pour tous celles et ceux qui sont appelés à définir le cadre législatif des lois de bioéthiques » spécialement en France.

Le site Internet du diocèse de Paris publie l'homélie intégrale du cardinal Vingt-Trois, président de la conférence des évêques de France et archevêque de Paris, ainsi qu'un compte-rendu de la veillée pour la Vie, du 28 mai dernier à Notre-Dame de Paris.


Frères et Sœurs,

Dans le débat qui s'est ouvert dans notre pays à propos de la révision des lois de bioéthique, les arguments et les réflexions, les raisonnements et les propositions s'échangent et s'expriment de toutes sortes de manières. Nous-mêmes, évêques de France, avons exprimé les nôtres avec suffisamment de clarté et une certaine publicité, afin que nul ne doute de ce que nous souhaitons partager à nos concitoyens. Mais cette veillée de prière que les évêques d'Ile de France ont souhaité vivre ce soir avec vous et tous ceux qui se joignent à nous et unissent leurs prières aux nôtres, poursuit une autre visée. Il nous a semblé que dans ce grand débat aux enjeux tellement considérables pour l'avenir de notre humanité, nous pouvions être plus que des interlocuteurs crédibles, ou des provocateurs qui incitent nos partenaires à affiner leur réflexion et leurs arguments. Nous avons pensé que nous devions apporter ce quelque chose dont personne ne parle et qui ne se dit pas en termes de licéité de tel dispositif ou de telle décision législative : le sens même de la vie humaine, cette réalité à la fois humaine et mystérieusement divine.


Et pour cela, plutôt que d'ajouter un nouveau message au corpus de la réflexion morale de l'Église depuis des décennies, il nous a paru important de poser un acte qui soit un signe du sens que nous reconnaissons à la vie humaine, qui se devait d'être une démarche devant Dieu, vers Dieu et pour Dieu. C'est le sens de l'invitation que vous avez reçue, de notre rassemblement de ce soir et de notre prière. Nous venons d'entendre des témoignages émouvants. Comme tous les témoignages, ils nous ont donné à voir des situations particulières. Mais ils visaient surtout à ouvrir nos esprits et nos cœurs à la réalité profonde de ce que vivent un certain nombre de nos contemporains. Peut-être l'évangile qui vient d'être proclamé peut-il nous aider à mieux comprendre le sens ultime de ces témoignages ? Dans la rencontre d'Elisabeth et de Marie il y a en effet des choses visibles, que l'on peut décrire, il y a des choses invisibles auxquelles l'interprétation des choses visibles nous conduit, et il y a un mystère. Ce qui est visible c'est qu'elles sont enceintes. Cette réalité, qui est celle de quantité de femmes en tout temps et en tous lieux, a une visibilité évidente et d'une certaine manière banale. Comme le témoignage que nous avons entendu tout à l'heure nous l'a montré, cette réalité visible ne porte pas en elle-même sa signification propre. Mais elle nous tourne cependant vers la réalité invisible qui est à la source de cette vie que portent ces femmes.


L'évangile de saint Luc a pris soin de faire précéder le récit de la Visitation de celui des annonciations. Il nous montre que pour Elisabeth comme pour Marie, leur grossesse n'est pas simplement un phénomène physiologique, ou le fruit de l'union d'un homme et d'une femme. Elisabeth avait en effet dépassé l'âge d'être enceinte et Marie ne connaissait point d'homme. L'Evangile nous révèle que la conception de Jean Baptiste comme celle de Jésus sont liées à un don spécifique. Mais ces récits ne nous sont pas simplement donnés pour nous faire comprendre que nous sommes devant des personnages exceptionnels. Ces deux cas particuliers mettent en valeur une réalité vraie de toute vie humaine. Le don fait par Dieu à Elisabeth, comme l'engendrement de l'Esprit-Saint en Marie, sont des signes qui nous ouvrent au fait que par delà l'invisible de toute conception, il y a le mystère de la vie humaine. Le surgissement de l'existence ne se résume pas à être seulement une réalité humaine. Il est tout ensemble une réalité humaine et divine, non seulement parce que toute vie vient de Dieu mais aussi parce que l'amour et la fécondité de l'amour viennent de Dieu.


Notre foi nous ouvre à ce mystère et nous appelle à participer à sa fécondité, si nous ne nous laissons pas arrêter par l'apparence, et si nous ne nous abandonnons pas à la séduction de l'invisible, pour être entraînés au delà. Comment notre foi nous aide-t-elle à comprendre, respecter et accompagner la vie de tant d'hommes et de femmes qui « n'ont plus figure humaine » comme cela est dit du Christ en sa Passion ? Comment faire lorsque la signification invisible d'une vie en rend la dignité humaine imperceptible ? Comment reconnaître en chaque personne, ce qui dépasse infiniment ce que voyons ou ce que savons, ce que chacun de nous a reçu sans le savoir et sans le voir ? Ainsi, frères et sœurs, notre veillée de prière n'est pas une manifestation. Nous ne sommes pas venus ici pour infléchir quoique ce soit. Nous sommes ici pour poser un acte de foi, dont nous espérons qu'il touchera nos cœurs, pour nous qui participons à cette veillé de prière, et pour ceux qui, sans y participer, pourront en avoir quelque écho ou tout simplement apprendront qu'elle a eu lieu.


Oui, la vie donnée par Dieu dans l'existence humaine est un mystère qui nous ouvre au mystère plénier qu'est la vie même de Dieu. C'est pourquoi nous ne pouvons accepter qu'aucune vie soit perçue comme une menace et un danger. C'est pourquoi nous ne pouvons accepter que l'intelligence et l'ingéniosité humaines soient mises au service de la lutte contre la vie. C'est pourquoi nous ne pouvons accepter que la fécondité soit une culpabilité. C'est pourquoi nous ne pouvons accepter que l'imperfection soit une condamnation à mort. C'est pourquoi nous ne pouvons accepter de nous donner à nous-mêmes le droit de trier, de choisir et de condamner. C'est pourquoi nous ne pouvons accepter que l'homme et la femme soient acculés à transformer leur relation d'amour en une relation de crainte. C'est pourquoi nous ne pouvons accepter que le fruit de l'amour soit fabriqué sans l'amour.


Mais c'est aussi pourquoi nous souhaitons et nous espérons que la venue d'un enfant en notre temps soit vécue comme une bénédiction, que la mission des parents puisse être une source de joie et d'épanouissement, que les plus généreux d'entre nous sachent se mobiliser pour entourer et accompagner jusqu'au bout tous ceux que la vie blesse, que la maladie affecte et que l'espérance déserte. Frères et sœurs, nous allons à présent invoquer le Dieu puissant et vivant qui a envoyé son Fils pour que nous ayons la vie. Nous allons intercéder pour celles et ceux dont la vie est fragile ou blessée. Nous allons prier pour tous celles et ceux qui sont appelés à définir le cadre législatif des lois de bioéthiques, pour les médecins, les chercheurs, le personnel soignant et tous ceux qui peuvent être en ce monde les serviteurs de la vie s'ils la choisissent, plutôt que les complices de la mort.


Nous vous invitons à prolonger la prière de ce soir dans les jours et les semaines qui viennent. Ainsi elle ne sera pas l'effet d'un instant, mais la mise en œuvre de cette attitude radicale de foi, qui nous tourne vers Dieu et nous conduit à rendre grâce devant la vie qu'il nous donne en plénitude. Amen

11.04.2009

Dieu veut te parler: Homélie Jour de Pâques




ÉgIise des hommes, Église des femmes.
Dans l'évangile, les deux plus importants disciples, Pierre, le ministère ecclésial, et Jean, l'amour ecclésial, sont troublés par Marie de Magdala, qui, la première, a vu le tombeau ouvert. Les deux disciples courent « ensemble », est-il dit, et pourtant pas ensemble, parce que l'amour est plus rapide, plus insouciant, que le ministère, qui doit se soucier de beaucoup de choses. Mais l'amour cède le pas pour l'examen au ministère, c'est Pierre d'abord qui voit le suaire plié et juge qu'aucun vol ne peut avoir été commis ici. Cela suffit pour céder la place à l'amour qui « voit et croit » ; qui croit non pas a proprement parler à la résurrection, mais à la vérité de tout ce qui s'est passé avec Jésus. C'est jusque-là que parviennent les deux représentants symboliques de l'Église : ce sont, des choses vraies qui sont arrivées, la foi en Jésus est justifiée, malgré tout ce qui demeure impénétrable dans la situation.

Cette foi devient vraie foi en la résurrection d'abord seulement chez la femme qui ne « s'en retourne pas » chez elle, mais reste constamment à l'endroit où le mort a disparu et le cherche ...

 

 

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Église des hommes, Église des femmes