07.04.2010
Nouveau plaidoyer du cardinal Sodano en faveur de Benoît XVI, victime d'un combat culturel
Dans une interview accordée à l’Osservatore Romano, le journal du Vatican, le doyen du Sacré collège, le cardinal Angelo Sodano (photo) explique que Benoît XVI est la cible d’attaques injustes parce qu’il incarne des vérités morales qui ne sont plus acceptées.

Selon lui, cette campagne a pour origine des conceptions de la famille et de la vie contraires à l’Evangile. Elle s’inscrit donc dans un combat culturel. Comme cela avait été le cas lors des batailles du modernisme contre Pie X, puis l’offensive contre Pie XII pour son attitude pendant la seconde guerre mondiale, et enfin contre Paul VI pour Humanae vitae.
Aujourd’hui, les manquements et les erreurs des prêtres sont utilisés comme des armes contre l’Eglise. On nous dit que notre communication n’est pas bonne, que nous devrions réagir différemment – affirme le cardinal Sodano – mais l’Eglise a son style, elle ne peut pas adopter les méthodes utilisées actuellement contre le Pape. Les catholiques se sentent blessés quand on tente de les impliquer en bloc dans des actions aussi graves. On transforme les fautes individuelles en responsabilités collectives.
Ces jours derniers, des graffitis anticatholiques sont apparus sur les murs d’une église en Italie. Ailleurs en Europe, des célébrations ont été perturbées, des membres du clergé insultés. Un professeur d’éthique sociale a estimé sur notre antenne que la campagne médiatique de haine anticatholique risque de dégénérer. Selon lui, les accusations irresponsables lancées par certains médias relèvent d’une idéologie.
Tous les médias, cependant, ne sont pas concernés par cette campagne. Ainsi le Wall Street Journal prend la défense du cardinal Ratzinger en rappelant qu'il a agi plus que quiconque pour obliger les prêtres coupables d'abus sexuels sur des mineurs à répondre de leurs crimes.
(Radio Vatican)
08:15 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : angelo sodano, cardinaux, vatican, osservatore romano, pape, benoit xvi, morale, familles, evangile, culture, modernisme, pie x, pie xii, paul vi, humanae vitae, pretres, abus sexuels, communication, eglise, vie de l eglise, catholiques, graffitis, italie |
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01.10.2009
La banque du Vatican a un nouveau patron ultralibéral: Ettore Gotti Tedeschi
La banque du Vatican a un nouveau patron ultralibéral: Ettore Gotti Tedeschi
Le nouveau président de l’IOR est fermement partisan d'un capitalisme d'inspiration chrétienne. Selon lui, les naissances nombreuses sont le premier moteur de l'économie. Au même moment, en Italie, un autre changement important se prépare à la tête des médias appartenant à l'épiscopat
par Sandro Magister

ROME, le 1er octobre 2009 – En août et septembre a eu lieu la dramatique éviction de Dino Boffo, directeur unique des médias appartenant à l’Eglise catholique en Italie. Pendant ce temps-là, sur l’autre rive du Tibre, se préparait, en silence et calmement, le changement de patron d’un autre organisme clé, l’IOR, Institut pour les Œuvres de Religion, la banque du Vatican.
A vrai dire, l’IOR vit lui aussi des moments difficiles. Un livre décrivant ses méfaits - nombreux documents irréfutables à l’appui - figure depuis des mois parmi les best-sellers. Ce n’est pas l’IOR en tant que tel qui y est montré du doigt, mais ses moutons noirs de naguère, messeigneurs Paul Marcinkus et Donato De Bonis. Le livre présente le banquier Angelo Caloia, président de l’IOR depuis 15 ans, comme un chevalier blanc, un homme courageux qui a chassé les crapules, nettoyé les écuries d’Augias et rendu à la banque du pape une image de vertu. Son départ et la nomination de son successeur Ettore Gotti Tedeschi (photo) ont été annoncés sur fond de paix et d’estime mutuelle entre les deux hommes, le 23 septembre au matin.
Le même jour, les dirigeants - 30 cardinaux et évêques de premier plan - de la conférence des évêques d’Italie (CEI) étaient réunis à Rome à huis clos pour discuter de nombreux sujets et notamment de la succession de Boffo. Mais jusqu’à présent aucune orientation unitaire n’est sortie de ce sommet ou des conciliabules des jours suivants.
Boffo était bien plus qu’un professionnel des médias : c’était le "projet culturel" du cardinal Camillo Ruini en termes de communication, l’intermédiaire à travers lequel le message de l’Eglise devenait "culture populaire".
Pendant 16 ans, de 1991 à 2007, Ruini a été président de la CEI. Avec lui, l’Eglise est redevenue un acteur majeur dans la sphère publique, comme elle ne l’avait jamais été auparavant. Son projet était la transposition parfaite à l’Italie de la vision planétaire de Jean-Paul II.
Son départ a redonné du tonus à ceux qui, parmi les évêques, le clergé, les laïcs catholiques et à la secrétairerie d’état du Vatican, sont opposés à son projet. C’est Boffo qui leur résistait, aux commandes du quotidien "Avvenire", de la télévision Sat 2000, des radios. Maintenant qu’il est parti lui aussi - renversé par le "Giornale" de Vittorio Feltri et Silvio Berlusconi mais également attaqué par des catholiques influents qui ont figuré parmi ses meilleures signatures, de Vittorio Messori à Giovanni Maria Vian, l’actuel directeur de "L'Osservatore Romano" - le choix de son successeur indiquera aussi dans quelle direction la hiérarchie catholique italienne veut marcher.
***
A l’IOR, c’est tout différent. Le changement a déjà été réalisé, en toute transparence, par la volonté de la secrétairerie d’état et avec l’accord de Benoît XVI.
Les biographies d’Angelo Caloia étaient succinctes, ses actes publics rarissimes et sa pensée insondable. Son successeur à la tête de la banque du Vatican est à l’opposé : d’Ettore Gotti Tedeschi on connaît toute la vie, les sympathies, les fréquentations, l’agenda et les idées.
Son dernier acte public avant sa nomination date du 19 septembre, au Palazzo della Borsa, à Gênes. Lui et le cardinal Angelo Bagnasco, archevêque de la ville et président de la CEI, ont discuté de l'encyclique "Caritas in veritate" de Benoît XVI. Il a affirmé que l'actuelle crise mondiale de l'économie "vient de ce que l’on n’a pas suivi les indications d’'Humanae vitae', c’est-à-dire qu’elle vient de la négation de la vie et du blocage des naissances".
Gotti Tedeschi avait déjà exprimé cette idée dans un éditorial publié par "L'Osservatore Romano" du 6 juin. Si la domination économique du monde va passer de l'Occident à la Chine, écrivait-il, c’est en raison de la différence dans les taux de natalité et de densité de population. L'évolution démographique détermine l’augmentation ou la diminution de la capacité de production d’une économie.
Gotti Tedeschi a cinq enfants, "d’un seul mariage" précise-t-il. Il vit à la campagne près de Piacenza, dans la région où il est né il y a 64 ans, à Pontenure, non loin du Pô. Le matin, il se lève très tôt, comme un moine. A l’aube, il arrive à Milan dans sa BMW. Il lit les journaux dans son bureau de président pour l’Italie de Banco Santander, la première banque privée d'Europe, appartenant à une famille laïque espagnole, les Botín. Puis il va à la messe, tous les matins sans exception.
Il enseigne l’éthique de la finance à l'Université Catholique de Milan. Mais il est aussi conseiller de la banque San Paolo de Turin et de la Cassa Depositi e Prestiti, bras opérationnel du ministère du Trésor.
Le 23 septembre, alors que le Vatican annonçait qu’il était nommé président de l’IOR, Gotti Tedeschi participait, à Rome, à une réunion décisive de la Cassa, portant sur l’approbation d’un plan industriel de 50 milliards d’euros en infrastructures et en logements populaires. La Cassa est l’enfant chéri de Giulio Tremonti, l'actuel ministre du Trésor, dont Gotti Tedeschi est le conseiller "pour les problèmes économiques, financiers et éthiques dans les systèmes internationaux", un poste créé spécialement pour lui.
Avant sa nomination, Gotti Tedeschi n’avait jamais mis les pieds à l’IOR et ne s’en était jamais occupé. Mais, depuis quelque temps, on le voyait souvent au Vatican. Le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’état, l'avait appelé à l’aide, il y a un an, pour redresser la gestion financière du Gouvernorat de la Cité du Vatican, dont les comptes ont été dans le rouge en 2008 pour plus de 15 millions d’euros.
Le traitement paraît avoir réussi. Le principal responsable de la mauvaise gestion, Mgr Renato Boccardo, secrétaire général du Gouvernorat, a été nommé évêque de Spolète et Norcia, alors qu’il espérait une nonciature de tout premier plan et avait refusé pour cette raison celle de Vienne. Il a été remplacé par le lombard Carlo Maria Viganò, qui sera bientôt promu au poste le plus élevé du Gouvernorat, à la place de l'actuel numéro un, le cardinal Giovanni Lajolo.
En tant que banquier, Gotti Tedeschi s’est formé sur ce bateau-école de la grande finance internationale qu’est l'américain McKinsey. En tant que catholique, de "superficiel" qu’il était, il est devenu fervent dans les années 60, sous la direction spirituelle de Giovanni Cantoni. Deux livres ont fait connaître sa pensée au grand public : "Denaro e Paradiso" (Argent et Paradis), publié en 2004 avec une préface du cardinal Giovanni Battista Re, et "Spiriti animali. La concorrenza giusta", (Esprits animaux. La bonne concurrence), édité par l'université Bocconi et préfacé par Alessandro Profumo, président d’Unicredit, la première banque italienne en Europe,.
Parmi ses actes publics, d’autres sont moins importants mais tout aussi révélateurs. En 2007 Gotti Tedeschi, le plus catholique des banquiers, a signé un manifeste ultralibéral en 13 points lancé par l'ancien secrétaire du très laïc parti radical, Daniele Capezzone. Ce manifeste proposait une "flat tax" unique à 20 %, le présidentialisme sur le modèle américain ou français, le crédit d'impôt pour la santé et l’école, l'obligation pour les agents de la fonction publique de payer les dégâts qu’ils auraient causés, la retraite à 65 ans, la détaxation des heures supplémentaires, l'abolition des ordres professionnels et de la valeur légale des diplômes.
Gotti Tedeschi a proposé, il y a quelques années, d’attribuer le Nobel d'économie à Jean-Paul II pour l’encyclique "Centesimus annus" et, plus récemment, à Benoît XVI pour "Caritas in veritate", texte à la rédaction duquel il a lui-même participé.
Cette année, il a aussi proposé pour le Nobel le premier ministre britannique Gordon Brown, parce que celui-ci a appuyé dans "L'Osservatore Romano" sa proposition, grandiose et "avantageuse" pour tous, d’investir dans les pays pauvres en faveur de ces deux ou trois milliards d’hommes qui n’attendent que d’améliorer leur vie.
L’IOR paraît trop limité pour un nouveau président aux projets si vastes et si explosifs. Mais l'aventure ne fait que commencer.
Les précédents articles de www.chiesa à propos de l’IOR et d’Ettore Gotti Tedeschi :
> Tout l'argent de Pierre. Vices et vertus de la banque du Vatican (15.6.2009)
> Crise financière. La bonne nouvelle arrive du Vatican (27.2.2009)
> Pour l'argent de Pierre, c'est le calme dans la tempête (30.1.2009)
> L'encyclique sur la doctrine sociale peut attendre. Pas le pari sur les pays pauvres (5.12.2008)
> Un banchiere cattolico insegna come produrre ricchezza per il Regno dei Cieli (11.10.2004)
Et les précédents articles de www.chiesa à propos de l’affaire "Avvenire":
> "Avvenire" a deux lecteurs qui ne sont pas d'accord entre eux: l'épiscopat et le Vatican (10.9.2009)
> Dino Boffo lascia "Avvenire". "Per gli interessi della mia Chiesa" (3.9.2009)
> L'Eglise, Obama et Berlusconi. La confusion au pouvoir (31.8.2009)
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
www.chiesa
15:39 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paul marcinkus, dei, giovanni maria vian, osservatore romano, benoit xvi, palazzo della borsa, silvio berlusconi, vittorio messori, vatican, banque, ettore gotti tedeschi, ior, capitalisme, italie, dino boffo, eglise catholique, tibre, institut pour les oeuvres de religion, best-sellers, donato de bonis, angelo caloia, pape, cardinaux, eveques, rome, conference des eveques d italie, projet culturel, camillo ruini, communication, culture populaire, jean paul ii, avvenire, sat 200, radios, il giornale, vittorio feltri, genes, angelo bagnasco, caritas in veritate, crise mondiale, conomie, humanae vitae, naissances, avortement, chine, occident, piacenza, pontenure, medias, episcopat |
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25.07.2009
Mort du cardinal Margéot, une sentinelle pour la vie
Le cardinal Jean Margéot est mort ce 17 juillet. L’évêque émérite de Port-Louis, à l’île Maurice, était âgé de 93 ans. Son expérience pastorale fut à l’origine d’Humanae vitae.
Dans les années soixante, l’Ile Maurice, via des « experts » anglais, s’inquiétait d’un risque de surpopulation et se posa la question de la régulation des naissances. Derrière cette question se profilaient les pratiques de la contraception et l’avortement. Jean Margéot, alors vicaire général, prit une position publique pour la vie et mit en œuvre l’Action familiale, une méthode de régulation naturelle des naissances qui aujourd’hui s’est développé et constitue l’un des mouvements les plus importants en Afrique [1].
Cette attitude positive lui valut de siéger dans la commission pour la famille lors du concile Vatican II. Le témoignage de son expérience à Maurice tant auprès de la Commission qu’auprès des cardinaux responsables fut à l’origine de la décision de Paul VI de publier l’encyclique Humanae vitæ, avec l’appui des travaux menés par un certain Karol Wojtyla.
Ce combat de tous les jours a valu sa barrette au cardinal et, plus tard, le voyage de Jean Paul II à Maurice et Rodrigues en 1989. Le cardinal se plaisait souvent à raconter comment plus de vingt ans après le Concile, Jean Paul II l’approcha dans la sacristie de la Basilique Saint-Pierre à Rome et lui dit : « Et la famille ? »
Sentinelle, il veilla jusqu’à sa mort sur ces questions qui agitent encore l’île avec un projet de légiférer sur la dépénalisation de l’avortement. Dernièrement, il rappelait ce que Jean Paul II lui avait dit publiquement à Port Louis :
« Vous avez consacré tous vos moyens et toutes vos forces à faire en sorte que votre diocèse tout entier travaille à la cause de la famille, notamment à son unité, à l’éducation des enfants et à la stabilité du mariage, en même temps vous avez énergiquement défendu le droit à la vie des enfants à naître et vous avez dénoncé les crimes abominables de l’avortement.»
Apprenant le rappel à Dieu du cardinal Margéot, le pape Benoît XVI a rendu grâce à Dieu « pour le ministère de ce pasteur ardent, donnant le meilleur de lui-même pour que le Christ soit annoncé, particulièrement à travers un engagement généreux au service de la défense et la promotion de la famille »
(libertepolitique.com)
24 juillet 2009 |
© Photo : www.jeanmargeot.com
[1] Mauricienne, la présidente de ce mouvement international est aujourd’hui Dany Sauvage.
03:02 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cardinal, jean margeot, port-louis, ile maurice, karol wojtyla, humanae vitae, regulation des naissances, contraception, avortement, methode de regulation naturelle des naissances, afrique, famille, vatican ii, paul vi, jean paul ii, rome, mariage, enfants a naitre, benoit xvi |
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23.03.2009
En Afrique le préservatif, au Brésil l'avortement: Bombes à retardement
... Et, dans la seconde affaire, il y a conflit non seulement entre l'Eglise et l'Etat, mais aussi au sein de la hiérarchie. Rome désavoue un diocèse brésilien, qui répond en accusant le Vatican de ne pas connaître les faits et de mettre la doctrine en doute. Les documents de la dispute
par Sandro Magister

ROME, le 23 mars 2009 – Dans les médias d'Europe et d'Amérique, le voyage de Benoît XVI au Cameroun et en Angola, qui s’achève aujourd’hui, a pratiquement été éclipsé par les polémiques nées d’une phrase qu’il a prononcée à son départ, dans l'avion qui le conduisait à Yaoundé, en réponse à la question d’un journaliste:
"On ne peut pas régler le problème du sida par la distribution de préservatifs: au contraire, le risque est d’aggraver le problème".
Lire :
Ce que Benoît XVI a vraiment dit à propos du SIDA
Au même moment, une seconde polémique éclatait à partir d’un autre pays du Sud, le Brésil, à cause de l'avortement d’une fillette.
Les contraceptifs et l’avortement sont deux des sujets les plus controversés dans les rapports entre l’Eglise et la modernité. L’Eglise catholique s’est notamment prononcée sur les contraceptifs dans l'encyclique "Humanae vitae" de Paul VI et sur l'avortement dans l'encyclique "Evangelium vitae" de Jean-Paul II.
Sur le premier sujet, la polémique de ces jours derniers a été grossie surtout par les réactions irritées que les propos du pape ont suscitées chez les gouvernements français, allemand, belge et espagnol, la Commission Européenne et des dirigeants de l'ONU et du FMI.
Mais, dans le cas de l’avortement de la petite brésilienne, un conflit au plus haut niveau de la hiérarchie catholique s’est ajouté à la polémique entre l’Etat et l’Eglise.
***
A propos du sida, l’Eglise a été accusée pour la énième fois d’en favoriser la diffusion en interdisant le préservatif.
Mais les faits disent qu’en Afrique les initiatives de lutte contre la propagation du sida sont dues pour près d’un tiers à des catholiques. Les préservatifs sont diffusés massivement par des gouvernements, organismes internationaux et ONG; on ne constate pas que les catholiques en empêchent la distribution et l'utilisation, notamment dans le cas d’époux dont l’un est porteur du virus. Mais tout responsable avisé sait qu’ils ne suffisent pas, comme le prouve la diffusion du sida dans les pays riches du Nord où les préservatifs sont à la disposition de tous. L’avis de l’Eglise, confirmé par l'expérience sur le terrain, est qu’à eux seuls les préservatifs ne freinent pas la promiscuité sexuelle, vraie cause de la diffusion du fléau; au contraire ils l’encouragent parfois en créant un sentiment de sécurité trompeur.
C’est pourquoi l’Eglise catholique agit surtout de deux façons contre le sida, comme Benoît XVI l’a rappelé dans sa réponse qui a lancé la polémique: à travers une "humanisation de la sexualité", invitant à limiter celle-ci à l'amour conjugal fidèle, et à travers les soins aux malades. Les enquêtes prouvent que quand l’emploi du préservatif est précédé par une formation au contrôle de la sexualité et par des soins adaptés et gratuits, les résultats sont réconfortants.
Rencontrant à Yaoundé des responsables de la lutte contre le sida puis des malades en traitement, Benoît XVI a comparé l'action de l’Eglise à celle de Simon de Cyrène, le paysan africain qui aida Jésus à porter la croix.
Cette image de proximité vis-à-vis de ceux qui souffrent amène tout droit au second conflit qui a éclaté, ces jours-ci, à propos de l’avortement d’une petite fille.
***
"Du côté de la fillette brésilienne": c’est le titre, dans "L'Osservatore Romano" du 15 mars, d’une note en première page signée par l'archevêque Rino Fisichella, président de l’académie pontificale pour la vie et recteur de l’Université Pontificale du Latran.
L'autorité du signataire, l’emplacement du texte et plus encore son contenu font que l’article est sûrement l’un de ceux que la secrétairerie d’état du Vatican a contrôlés et autorisés.
L’article partait du cas d’une fillette brésilienne déjà fertile à 9 ans qui a été violée à plusieurs reprises par son jeune beau-père, s’est trouvée enceinte de jumeaux et que l’on a fait avorter au quatrième mois de grossesse.
Ce cas, a écrit Fisichella, "n’a été rendu public dans les journaux que parce que l’archevêque d’Olinda et Recife s’est empressé d’annoncer l’excommunication des médecins qui ont aidé à interrompre la grossesse". Mais "avant de penser à l’excommunication", il fallait "avant tout défendre, embrasser, caresser" la fillette avec cette "humanité dont nous, hommes d’Eglise, devrions être des annonciateurs experts et des maîtres". Mais "il n’en a pas été ainsi".
L'attaque contre l'archevêque d’Olinda et Recife – diocèse qui fut celui de Helder Camara – ne pouvait pas être plus dure.
En effet les déclarations de l'archevêque sur l’excommunication des auteurs du double avortement ont aggravé le conflit déjà en cours depuis longtemps au Brésil entre l’Eglise et le gouvernement, la première engagée dans une grande campagne de défense de la vie naissante, le second orienté vers une libéralisation encore plus large de l’avortement.
A Rome, le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la congrégation des évêques, a pris la défense de l'archevêque d’Olinda et Recife dans une interview à "La Stampa".
Au Brésil, la conférence des évêques a fait de même par une note diffusée le 13 mars et par des déclarations de son président, l'archevêque Geraldo Lyrio Rocha, et de son secrétaire, Dimas Lara.
Le nouvel archevêque de Rio de Janeiro, Orani João Tempesta, s’est aussi exprimé dans ce sens, notant entre autres que la mère de la fillette avait dit que "le seul endroit où elle s’était sentie non pas maltraitée mais respectée avait été le bureau de Caritas".
Un soutien autorisé à ce qu’a fait l’Eglise brésilienne est même venu de France. L’évêque de Toulon, Dominique Rey, de retour du Brésil, a déclaré avoir vu de ses yeux "les nombreux témoignages de miséricorde vécue par les communautés chrétiennes qui ont entouré et accompagné la fillette et sa mère".
Mais le Saint-Siège a réagi autrement. En publiant l'article de Fisichella dans "L'Osservatore Romano", il a montré que l’objectif d’aplanir le différend avec l’opinion laïque, le président Luiz Inácio Lula da Silva et son gouvernement passait avant la défense de l’Eglise brésilienne et de sa campagne "pro vie".
Ce qui a eu pour résultat de transporter totalement le conflit à l’intérieur de la hiérarchie et, qui plus est, en ouvrant une controverse sur le jugement à porter sur l’avortement dans des cas semblables.
L'article de Fisichella, en effet, continuait ainsi:
"Du fait de son très jeune âge et de son état de santé précaire, la vie [de la fillette] était sérieusement mise en danger par la grossesse en cours. Que faire en pareil cas? Décision difficile pour le médecin et pour la loi morale elle-même. Des choix comme celui-là se présentent chaque jour [...] et la conscience du médecin se retrouve seule avec elle-même face à l’obligation de décider ce qu’il y a de mieux à faire".
En fin d’article, Fisichella applaudissait ceux qui "ont permis à la fillette de vivre".
Il est vrai que, dans un autre passage, le président de l’académie pontificale pour la vie rappelait que "l'avortement provoqué a toujours été condamné par la loi morale comme un acte intrinsèquement mauvais et cet enseignement reste inchangé de nos jours".
Mais les doutes exprimés précédemment restaient et donnaient sa tonalité à tout l’article. Des doutes visiblement en opposition avec la solidité granitique de ce passage du paragraphe 62 de l'encyclique "Evangelium vitae" de Jean-Paul II:
"Aucune circonstance, aucune finalité, aucune loi au monde ne pourra jamais rendre licite un acte qui est intrinsèquement illicite, parce que contraire à la Loi de Dieu, écrite dans le cœur de tout homme, discernable par la raison elle-même et proclamée par l’Eglise".
***
Le 16 mars, le diocèse d’Olinda et Recife a répliqué à l'article de Fisichella paru dans "L'Osservatore Romano" par des "Eclaircissements" officiels, annoncés très visiblement sur la home page de son site web.
Rome n’a en aucune façon accusé réception. Pas même quand, le 21 mars, le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, est revenu sur l’affaire.
Le père Lombardi était ce jour-là à Luanda, à l’occasion du voyage de Benoît XVI au Cameroun et en Angola.
La veille, parlant au corps diplomatique et se référant à l'article 14 du Protocole de Maputo sur la "santé maternelle et reproductive", le pape s’était exclamé sur un ton polémique:
"Combien est amère l’ironie de ceux qui promeuvent l’avortement au rang des soins de la santé des mamans! Combien est déconcertante la thèse de ceux qui prétendent que la suppression de la vie serait une question de santé reproductive!".
Rencontrant les journalistes, le père Lombardi a exclu tout lien entre les propos du pape et l’affaire de la fillette brésilienne. Et il a continué ainsi:
"A ce sujet, ce qui compte, ce sont les propos de Mgr Rino Fisichella qui, dans 'L'Osservatore Romano' a déploré l’excommunication annoncée trop rapidement par l'archevêque de Recife. Aucun cas-limite ne doit masquer le vrai sens du discours du Saint-Père, qui se référait à quelque chose de très différent. [...] Le pape n’a absolument pas parlé de l’avortement thérapeutique et n’a pas dit qu’il doit toujours être refusé".
Il est frappant que, près d’une semaine après la diffusion des "Eclaircissements" du diocèse brésilien, le porte-parole officiel du Saint-Siège ait fait comme s’il les ignorait totalement, que ce soit en ce qui concerne la reconstruction des faits opposée ou les objections à caractère doctrinal et moral.
On trouvera ci-après le texte intégral du document du diocèse brésilien:
Eclaircissements du diocèse d’Olinda et Recife
A propos de l’article intitulé "Dalla parte della bambina brasiliana", publié dans "L’Osservatore Romano" du 15 mars, les soussignés déclarent:
1. Les faits de viol n’ont pas eu lieu à Recife comme il est écrit dans l’article, mais dans la ville d’Alagoinha, diocèse de Pesqueira. C’est l'avortement qui a été pratiqué à Recife.
2. Tous – à commencer par le curé d’Alagoinha, soussigné – nous avons traité la fillette enceinte et sa famille avec toute la charité et la tendresse possibles. Dès qu’il a été au courant des événements survenus sur le territoire de sa paroisse, le curé, par sollicitude pastorale, s’est rendu immédiatement au domicile de la famille. Il y a rencontré la fillette et l’a assurée de son soutien et de sa présence face à la situation grave et difficile où elle était. Cette attitude s’est poursuivie chaque jour, d’Alagoinha jusqu’à Recife où a eu lieu le triste événement de l’avortement des deux bébés innocents. Il est donc évident et indubitable que personne n’a pensé en premier lieu à une “excommunication”. Nous avons utilisé tous les moyens à notre disposition pour éviter l’avortement afin de sauver les trois existences. Le curé de la paroisse s’est personnellement associé à tous les efforts du Conseil des Enfants local en vue du bien-être de la fillette et de ses deux enfants. À l’hôpital, lors de ses visites quotidiennes, il a eu une attitude, faite d’attention et de sollicitude, qui a clairement manifesté à l’enfant et à sa mère qu’elles n’étaient pas seules mais que l’Église, représentée par le curé de leur paroisse, leur garantissait toute l’aide nécessaire et la certitude que tout serait fait pour le bien-être de la fillette et pour sauver ses deux enfants.
3. Une fois la fillette transférée dans un hôpital de Recife, nous avons tenté d’utiliser tous les moyens légaux pour éviter l’avortement. L’Église n’a à aucun moment failli dans cet hôpital. Le curé de la paroisse de l’enfant lui a rendu visite chaque jour à l’hôpital, venant d’une ville située à 230 km de Recife, faisant tous les efforts possibles pour que l’enfant et sa mère ressentent la présence de Jésus, le Bon Pasteur qui part à la recherche de la brebis qui a le plus besoin d’aide. L’affaire a donc été traitée par l’Église avec toute l’attention voulue et pas de manière "expéditive" comme le dit l’article.
4. Nous ne sommes pas d’accord avec l’affirmation que "la décision est difficile... pour la loi morale elle-même". La Sainte Église ne cesse de proclamer que la loi morale est très claire: il n’est jamais licite de détruire la vie d’une personne innocente pour sauver une autre vie. Voici les faits objectifs: il y a des médecins qui déclarent explicitement qu’ils pratiquent l’avortement et qu’ils continueront à le pratiquer, tandis que d’autres déclarent avec une fermeté identique qu’ils ne pratiqueront jamais l’avortement. Voici la déclaration écrite et signée d’un médecin catholique brésilien: "Comme obstétricien pendant 50 ans, diplômé de la Faculté nationale de médecine de l’Université du Brésil et ancien directeur du service d’obstétrique de l’hôpital d’Andarai où j’ai exercé pendant 35 ans jusqu’au moment où j’ai pris ma retraite pour me consacrer au diaconat, j’ai accouché 4 524 bébés, dont beaucoup sont nés de mères mineures, et je n’ai jamais eu besoin de recourir à l’avortement pour 'sauver des vies', de même que tous mes confrères, professionnellement sincères et honnêtes et fidèles à leur serment d’Hippocrate".
5. L’affirmation que le fait n’a été rendu public dans les journaux que parce que l’archevêque d’Olinda et Recife s’est empressé d’annoncer l’excommunication, est fausse. Il suffit de constater que l’affaire a été rendue publique à Alagoinha le mercredi 25 février, que l’archevêque a fait sa déclaration à la presse le 3 mars et que l’avortement a été pratiqué le 4 mars. Il serait absurde d’imaginer que, devant un fait aussi grave, la presse brésilienne aurait pu rester silencieuse pendant six jours. Donc, les informations sur la fillette enceinte – "Carmen" – ont été rendues publiques dans les journaux avant que l’avortement n’ait été pratiqué. Ce n’est qu’ensuite que l’archevêque, interrogé par les journalistes le 3 mars, a évoqué le canon 1398 [du code de droit canonique]. Nous sommes convaincus que la révélation de cette peine thérapeutique, l’excommunication, fera du bien à beaucoup de catholiques en les incitant à éviter ce péché grave. Le silence de l’Église aurait été préjudiciable, surtout quand on pense que, chaque année, 50 millions d’avortements sont pratiqués dans le monde et que, rien qu’au Brésil, un million de vies innocentes sont supprimées. Le silence peut être interprété comme une connivence ou une complicité. Si un médecin éprouve une "perplexité de conscience" avant de pratiquer un avortement (ce qui nous semble très improbable), il devrait, s’il est catholique et entend suivre la loi de Dieu, consulter un conseiller spirituel.
6. Autrement dit, cet article constitue une attaque directe contre la défense de la vie de ces trois enfants assurée avec ardeur par l’archevêque José Cardoso Sobrinho. Il montre combien son auteur manquait des bases et des informations nécessaires pour s’exprimer sur ce sujet, en raison de sa totale ignorance des faits. L’hôpital où a été pratiqué l’avortement de cette petite fille est, dans notre état, l’un de ceux où cette opération est constamment pratiquée sous couvert de la "légalité". Les médecins qui ont pratiqué l'avortement de ces jumeaux ont déclaré et continuent à déclarer dans les médias qu’ils ont fait ce qu’ils ont l’habitude de faire "avec une grande fierté". L’un d’entre eux a même déclaré: "Et alors, j’ai déjà été excommunié de nombreuses fois".
7. L’auteur a cru pouvoir parler de ce qu’il ne connaissait pas et, plus grave encore, il n’a pas même pris la peine d’en parler préalablement avec son frère dans l’épiscopat. À cause de cette attitude imprudente, il a provoqué un grand désarroi chez les fidèles catholiques du Brésil. Plutôt que de solliciter son frère dans l’épiscopat, il a choisi de croire à notre presse, souvent anticléricale.
Recife, le 16 mars 2009.
Edvaldo Bezerra da Silva
Vicaire général de l'archidiocèse d’Olinda et Recife
Cicero Ferreira de Paula
Chancelier de l'archidiocèse d’Olinda et Recife
Moisés Ferreira de Lima
Recteur du séminaire archidiocésain
Marcio Miranda
Avocat de l’archidiocèse d’Olinda et Recife
Edson Rodrigues
Curé de la paroisse d’Alagoinha, diocèse de Pesqueira
L'article, paru dans "L'Osservatore Romano" du 15 mars 2009, qui a donné lieu à la déclaration du diocèse d’Olinda et Recife:
Du côté de la fillette brésilienne
par Rino Fisichella
Le débat sur certaines questions est souvent serré et les points de vue différents ne permettent pas toujours de mesurer à quel point l’enjeu est vraiment important. C'est alors qu'il faut s’en tenir à l'essentiel et laisser de côté un moment ce qui ne concerne pas directement le problème. Cette affaire, tout en étant dramatique, est simple. Il y a une fillette innocente que nous devons regarder droit dans les yeux, sans détourner le regard un seul instant, pour lui faire comprendre à quel point on l'aime. Nous l'appellerons Carmen. Ces derniers mois, à Recife, au Brésil, elle a été violée à plusieurs reprises, à l'âge de neuf ans, par son jeune beau-père, et s’est retrouvée enceinte de jumeaux ; sa vie ne sera plus facile. La blessure est profonde car cette violence totalement gratuite l'a détruite intérieurement et lui laissera peu de possibilités, à l'avenir, de regarder les autres avec amour.
Carmen représente une histoire de violence quotidienne; elle n'est apparue dans les pages des journaux que parce que l'archevêque de Recife s'est empressé d'annoncer l'excommunication des médecins qui ont aidé à interrompre sa grossesse. Une histoire de violence qui, hélas, serait passée inaperçue - tellement nous sommes habitués à supporter chaque jour des faits d'une gravité sans égale - sans le tapage et les réactions suscitées par l'intervention de l'évêque. La violence sur une femme, déjà grave en soi, devient encore plus condamnable lorsque celle qui la subit est une petite fille sans défense, avec la circonstance aggravante de la pauvreté et de la misère sociale dans lesquelles elle vit. Il n’y a pas de langage approprié pour condamner de tels faits : ils inspirent souvent un mélange de colère et de rancœur, sentiments qui ne s'apaisent que lorsque la justice est réellement rendue et quand on est sûr que le criminel en question purgera sa peine.
Carmen devait avant tout être défendue, embrassée, caressée avec douceur, pour qu’elle sente que nous étions tous avec elle; tous, sans aucune distinction. Avant de penser à l'excommunication, il était nécessaire et urgent de sauvegarder sa vie innocente et de la ramener à un niveau d'humanité dont nous, hommes d'Eglise, devrions être des annonciateurs experts et des maîtres. Il n'en a pas été ainsi et la crédibilité de notre enseignement s'en ressent, hélas: beaucoup de gens le trouvent insensible, incompréhensible et dépourvu de miséricorde. Il est vrai que Carmen portait en elle d’autres vies, innocentes comme la sienne bien qu'elles aient été le fruit de la violence, qui ont été détruites; mais cela ne suffit pas pour rendre un jugement qui pèse comme un couperet.
Dans son cas, la vie et la mort se sont affrontées. Du fait de son très jeune âge et de son état de santé précaire, sa vie était sérieusement mise en danger par la grossesse en cours. Que faire en pareil cas? Décision difficile pour le médecin et pour la loi morale elle-même. Des choix comme celui-là, même si les cas sont différents, se présentent chaque jour dans les salles de réanimation et la conscience du médecin se retrouve seule avec elle-même face à l’obligation de décider ce qu’il y a de mieux à faire. En tout cas, personne n'arrive à une décision de ce genre avec désinvolture; le seul fait de le penser est injuste et blessant.
Le respect dû au professionnalisme du médecin est une règle qui doit s’appliquer à tous et qui ne peut pas permettre de parvenir à un jugement négatif sans avoir préalablement réfléchi au conflit qui s'est créé en lui. Le médecin porte avec lui son histoire et son expérience. Devoir sauver une vie en sachant que l’on en met une autre en grand danger n’est jamais un choix facile à vivre. Bien sûr, certains s'habituent à ces situations au point de ne plus éprouver la moindre émotion; mais alors le choix d'être médecin se réduit à n'être qu'un métier vécu sans enthousiasme et subi passivement. Mais il serait non seulement incorrect mais injuste de faire d'un seul cas une généralité.
L’histoire de Carmen a posé, une nouvelle fois, un problème moral des plus délicats; le traiter de manière expéditive ne rendrait justice ni à sa personne fragile ni à ceux qui sont impliqués à divers titres dans cette histoire. Comme chaque problème particulier et concret, il mérite cependant qu’on l’analyse dans sa spécificité, sans généralisations. La morale catholique a des principes dont elle ne pourrait pas faire abstraction même si elle le voulait: la défense de la vie humaine dès sa conception en est un. Elle se justifie par le caractère sacré de la vie; en effet, dès le premier instant, chaque être humain porte l'image du Créateur imprimée en lui; c'est pourquoi nous sommes convaincus qu’on doit lui reconnaître la dignité et les droits de tout être humain, le premier d'entre eux étant son intangibilité et son inviolabilité.
L'avortement provoqué a toujours été condamné par la loi morale comme un acte intrinsèquement mauvais et cet enseignement reste inchangé de nos jours, depuis l'aube de l'Eglise. Dans "Gaudium et spes" - document qui manifeste beaucoup d’ouverture et de perspicacité envers le monde contemporain - le concile Vatican II utilise de manière inattendue des mots très clairs et très durs contre l'avortement direct. La collaboration formelle elle-même constitue une faute grave qui, lorsqu'elle est commise, conduit directement hors de la communauté chrétienne. Techniquement, le code de droit canonique utilise l'expression "latae sententiae" pour indiquer que l'excommunication a lieu au moment même ou le fait se produit.
A notre avis, il n'était pas nécessaire d’annoncer aussi vite et avec autant de publicité un fait qui se produit de manière automatique. Ce qui paraît le plus nécessaire en ce moment, c’est un geste témoignant que l’on est proche de ceux qui souffrent. Un acte de miséricorde qui, tout en maintenant fermement le principe, soit capable de regarder au-delà de l’aspect juridique pour parvenir à ce que le droit lui-même prévoit comme but de son existence: le bien et le salut de ceux qui croient à l'amour du Père et de ceux qui accueillent l'Evangile du Christ comme les enfants que Jésus appelait à ses côtés et serrait dans ses bras en disant que le royaume des cieux appartient à ceux qui sont comme eux.
Carmen, nous sommes de ton côté. Nous partageons avec toi la souffrance que tu as éprouvée, nous voudrions tout faire pour te rendre la dignité dont tu as été privée et l'amour dont tu auras encore plus besoin; ce sont d'autres personnes qui méritent l'excommunication et notre pardon, non pas ceux qui t'ont permis de vivre et qui t'aideront à retrouver l'espérance et la confiance, malgré la présence du mal et la méchanceté de beaucoup de personnes.
Le site web du journal du Saint-Siège:
> L'Osservatore Romano
Le texte original, en portugais, de la déclaration du diocèse d’Olinda et Recife:
> Esclaricimentos sobre o artigo publicado no "L'Osservatore Romano"...
Le commentaire de l’évêque de Fréjus-Toulon, Dominique Rey:
> À propos de l’affaire de la petite fille brésilienne
Tous les discours et homélies du voyage de Benoît XVI en Afrique, sur le site du Vatican:
> Voyage apostolique au Cameroun et en Angola, 17-23 mars 2009
A propos de l’Eglise catholique et du sida, sur www.chiesa:
> Preservativo sì o no: “La Civiltà Cattolica” sbarra la strada (22.5.2006)
Ce que Benoît XVI a vraiment dit à propos du SIDA
Traduction française par Charles de Pechpeyrou
13:31 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vatican, fmi, polemique, verite, modernite, evangelium vitae, france, ong, simon de cyrene, osservatore romano, rino fisichella, universite pontificale du latran, olinda, excommunication, helder camara, preservatif, sida, avortement, bresil, afrique, eglise, charite, etat, medias, benoit xvi, cameroun, angola, yaounde, journalistes, contraceptifs, humanae vitae, paul vi, jean paul ii, hierarchie, onu, commission europeenne, allemagne, belgique, espagne, recife, giovanni battista re, la stampa, eveques, geraldo lyrio rocha, dimas lara, rio de janeiro, orani jo o tempesta, toulon, dominique rey, saint-siege |
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02.01.2009
Pour une écologie de l'homme
"Veni Creator Spiritus". Pour une écologie de l'homme
Et de l'être humain créé homme et femme. Dans son discours de vœux à la curie romaine, Benoît XVI conteste l'idéologie du "gender". Et prend la défense de la plus contestée des encycliques, "Humanae Vitae"
par Sandro Magister

ROMA, le 24 décembre 2008 – Quand il a souhaité un joyeux Noël à la curie romaine, il y a deux jours, Benoît XVI s’est en fait adressé à toute l’Eglise et au monde. Comme les années précédentes, il a voulu mettre en évidence, dans son discours de vœux, quelques unes des grandes idées de son pontificat.
En 2005, le cœur du discours avait été l'interprétation et la mise en oeuvre du concile Vatican II, ainsi que le rapport entre continuité et renouveau dans l’Eglise.
En 2006, le pape avait axé son propos sur Dieu. S’inspirant de son voyage à Istanbul, il avait aussi présenté très clairement sa vision du rapport avec l'islam, proposant au monde musulman de suivre le parcours déjà accompli par le christianisme en réponse au défi des Lumières.
En 2007, Benoît XVI avait insisté sur l'urgence pour l’Eglise de partir en mission vers tous les peuples de la terre.
Cette année, partant de la Journée Mondiale de la Jeunesse et du Synode des Evêques sur la Parole de Dieu, le pape a présenté une réflexion sur le Saint-Esprit, la plus "oubliée" – avait-il dit à Sydney – des trois personnes de la trinité divine, malgré sa suprême influence sur la vie de l'homme et du cosmos.
Le discours peut être lu en entier sur le site web du Vatican; il est en cours de traduction en différentes langues. On en trouvera ci-dessous la partie principale, où Benoît XVI médite d’abord sur la Journée Mondiale de la Jeunesse, puis sur le Saint-Esprit.
A propos de la Journée Mondiale de la Jeunesse, le pape contredit le jugement fréquent – y compris de la part de "voix catholiques" – qui réduit ces rencontres à "une sorte de festival rock revu dans un sens ecclésial, avec le pape comme star". Non, dit-il. Le pape est "totalement et uniquement vicaire" de la seule présence qui compte, celle de Jésus crucifié et ressuscité.
Quant au Saint-esprit, Benoît XVI insiste surtout sur le fait qu’il est "créateur". Le cosmos en porte les signes en tant que "structure mathématique", ordonnée, et de ce fait intelligible pour les sciences de la nature modernes. Mais l'homme a aussi en lui les signes de l'ordre de la création. Le fait qu’il soit homme et femme "n’est pas une métaphysique dépassée" et le mariage est "sacrement de la création". L'idéologie du "gender" qui laisse à chaque individu le libre choix de son sexe, finit en réalité par détruire au lieu de protéger. Il faut une "écologie de l'homme" en plus de celle de la nature. Le respect de l'ordre de la création "n’est pas une opposition à notre liberté, mais sa condition".
Sur la base de ces réflexions, le pape termine le passage consacré à l’Esprit créateur par un vibrant hommage à l'encyclique "Humanae Vitae" de Paul VI, parce qu’elle défend "l'amour contre la sexualité comme consommation, l’avenir contre la prétention exclusive du présent et la nature de l'homme contre sa manipulation".
Il repousse ainsi les critiques récemment dirigées contre cette encyclique par un éminent cardinal, Carlo Maria Martini.
Voici donc la majeure partie du discours lu par le pape, le 22 décembre 2008, à la curie romaine réunie à la Salle Clémentine:
"La foi en l’Esprit créateur est un contenu essentiel du Credo chrétien"
par Benoît XVI
[...] Il a été question de la présence de la Parole de Dieu et de Dieu lui-même au moment actuel de l’histoire [au Synode mais aussi] lors des voyages pastoraux de cette année: leur vrai sens ne peut être que de servir cette présence. Ce sont des occasions de rendre l’Eglise publiquement perceptible, à travers elle la foi et donc au moins la question de Dieu. Cette manifestation publique de la foi interpelle désormais tous ceux qui cherchent à comprendre le temps présent et les forces qui y agissent.
Le phénomène des Journées Mondiales de la Jeunesse, notamment, fait de plus en plus l’objet d’analyses. [...] Les analyses en vogue tendent à voir dans ces journées comme une variante de la culture des jeunes d’aujourd’hui, une sorte de festival rock revu dans un sens ecclésial, avec le pape comme star. Au fond ces festivals, avec ou sans la foi, seraient tous pareils: on croit pouvoir ainsi supprimer la question de Dieu. Il y a même des voix catholiques qui s’expriment en ce sens, réduisant le tout à un grand spectacle, beau sans doute, mais peu significatif quant aux questions sur la foi et sur la présence de l’Evangile à notre époque. Ce serait des moments d’extase festive mais, en fin de compte, ils laisseraient tout comme avant, sans influer de manière plus profonde sur la vie.
Mais cela n’explique pas la spécificité de ces journées, le caractère particulier de la joie qu’elles créent ou de leur capacité à créer une communion. Avant tout, il faut tenir compte du fait que les Journées Mondiales de la Jeunesse ne se réduisent pas à la semaine où elles sont vues par le public du monde entier. Elles sont le terme d’un long parcours extérieur et intérieur. La croix, accompagnée de l'image de la Mère du Seigneur, fait un pèlerinage à travers les pays. La foi a besoin, à sa manière, de voir et de toucher. La rencontre avec la croix que l’on touche et que l’on porte devient une rencontre intérieure avec Celui qui est mort pour nous sur la croix. La rencontre avec la croix réveille dans le cœur des jeunes le souvenir de ce Dieu qui a voulu se faire homme et souffrir avec nous. Et nous voyons la femme qu’Il nous a donnée comme Mère. Les Journées solennelles ne sont que le sommet d’un long chemin, par lequel on va les uns vers les autres et ensemble vers le Christ. Ce n’est pas un hasard si, en Australie, le long chemin de croix à travers la ville est devenu l’événement phare de ces journées. Il résumait encore une fois tout ce qui était arrivé les années précédentes et il montrait Celui qui nous réunit tous ensemble: ce Dieu qui nous aime jusqu’à la Croix. Le pape n’est donc pas la star autour de qui tout tourne. Il est totalement et uniquement vicaire. Il renvoie à l'Autre qui est au milieu de nous. Enfin la liturgie solennelle est le centre de l'ensemble, parce que c’est par elle qu’a lieu ce que nous ne pouvons réaliser et que, pourtant, nous attendons toujours. Il est présent. Il vient parmi nous. Le ciel s’ouvre, ce qui éclaire la terre. C’est ce qui rend la vie heureuse et ouverte et unit les uns aux autres dans une joie qui n’est pas comparable à l'extase d’un festival rock. Friedrich Nietzsche a dit: "L'habileté ne consiste pas à organiser une fête, mais à trouver ceux qui seront capables d’en tirer de la joie". Selon les Saintes Ecritures, la joie est fruit du Saint-Esprit (Galates 5, 22): ce fruit était très perceptible aux journées de Sydney. De même qu’un long chemin précède les Journées Mondiales de la Jeunesse, un autre chemin leur fait suite. Des amitiés se forment, incitent à adopter un autre mode de vie et aident, de l’intérieur, à s’y tenir. Ce n’est pas le moindre des buts des grandes Journées que de susciter de telles amitiés et de faire ainsi naître dans le monde des lieux de vie dans la foi, qui sont aussi des lieux d’espérance et de charité vécue.
La joie comme fruit du Saint-Esprit: nous voilà arrivés au thème central de Sydney qui, justement, était le Saint-Esprit. Dans cette rétrospective, je voudrais évoquer de manière résumée l'orientation implicite de ce thème. En se fondant sur le témoignage des Saintes Ecritures et de la Tradition, on trouve facilement quatre dimensions du thème "Saint-Esprit".
1. Il y a tout d’abord l'affirmation qui nous vient du début du récit de la création: on y parle de l’Esprit créateur qui plane sur les eaux, crée le monde et le renouvelle sans cesse. La foi en l’Esprit créateur est un contenu essentiel du Credo chrétien. Le fait que la matière porte en elle-même une structure mathématique et soit pleine d’esprit est la base sur laquelle reposent les sciences de la nature modernes. C’est seulement parce que la matière est structurée de manière intelligente que notre esprit peut l’interpréter et la remodeler activement. Le fait que cette structure intelligente provienne du même Esprit créateur qui nous a donné l’esprit à nous aussi, implique à la fois un devoir et une responsabilité. La foi à propos de la création est le fondement ultime de notre responsabilité envers la terre. Celle-ci n’est pas simplement pour nous une propriété que nous pouvons exploiter selon nos intérêts et nos désirs, mais plutôt un don du Créateur qui en a conçu l’organisation intrinsèque, nous donnant ainsi les orientations auxquelles nous devons nous tenir en tant qu’administrateurs de sa création. Le fait que la terre, le cosmos, reflètent l’Esprit créateur, signifie aussi que leurs structures rationnelles qui, au-delà de l'ordre mathématique, deviennent presque palpables par l'expérience, comportent aussi une orientation éthique. L’Esprit qui les a façonnés est plus que la mathématique: c’est le Bien en personne qui, à travers le langage de la création, nous indique la route de la vie droite.
Puisque la foi en le Créateur est une partie essentielle du Credo chrétien, l’Eglise ne peut pas, ne doit pas se limiter à transmettre à ses fidèles le message du salut. Elle a envers la création une responsabilité qu’elle doit aussi faire valoir en public. Et en le faisant, elle ne doit pas seulement défendre la terre, l'eau et l'air comme dons de la création appartenant à tous. Elle doit aussi protéger l'homme contre la destruction de lui-même. Il faut qu’il y ait quelque chose comme une écologie de l'homme, au vrai sens du mot. Quand l’Eglise parle de la nature de l'être humain comme homme et femme et demande que cet ordre de la création soit respecté, ce n’est pas une métaphysique dépassée. En fait il s’agit ici de croire en le Créateur et d’écouter le langage de la création, dont le mépris serait une autodestruction de l'homme et donc une destruction de l’œuvre même de Dieu. Ce qui est souvent exprimé et compris sous le nom de "gender", aboutit en définitive à ce que l'homme se libère de la création et du Créateur. L'homme veut se faire tout seul et disposer tout seul, toujours et exclusivement, de ce qui le concerne. Mais en cela, il vit contre la vérité, contre l’Esprit créateur. Les forêts tropicales méritent notre protection, certes, mais l'homme ne la mérite pas moins en tant que créature, dans laquelle est inscrit un message qui ne s’oppose pas à notre liberté, mais en est la condition. De grands théologiens de la Scholastique ont défini le mariage, c’est-à-dire le lien de toute une vie entre un homme et une femme, comme le sacrement de la création, institué par le Créateur lui-même et accueilli ensuite par le Christ – sans modifier le message de la création – dans l’histoire de son alliance avec les hommes. Le témoignage en faveur de l’Esprit créateur présent dans la nature dans son ensemble et spécialement dans la nature de l’homme, créé à l’image de Dieu, fait partie de ce que l’Eglise doit annoncer. Partant de cette perspective, il faudrait relire l'encyclique "Humanae vitae": l'intention du pape Paul VI était de défendre l'amour contre la sexualité perçue comme consommation, l’avenir contre la prétention exclusive du présent, et la nature de l’homme contre sa manipulation.
2. Juste quelques mots rapides sur les autres dimensions de la pneumatologie. Si l’Esprit créateur se manifeste surtout dans l’immensité silencieuse de l'univers, dans sa structure intelligente, la foi nous dit en outre quelque chose d’inattendu, à savoir que cet Esprit parle aussi, pour ainsi dire, avec des mots humains, il est entré dans l’histoire et, comme force qui façonne l’histoire, c’est aussi un Esprit parlant, en fait il est la Parole qui, dans les Ecrits de l'Ancien et du Nouveau Testament, vient à nous. Saint Ambroise a merveilleusement exprimé, dans une de ses lettres, ce que cela signifie pour nous: " Maintenant aussi, tandis que je lis les Saintes Ecritures, Dieu se promène au Paradis" (Ep. 49, 3). En lisant les Saintes Ecritures aujourd’hui, nous pouvons presque circuler aussi dans le jardin du Paradis et rencontrer Dieu qui s’y promène: entre le thème de la Journée Mondiale de la Jeunesse en Australie et celui du Synode des Evêques il y a une profonde connexion intérieure. Les deux thèmes "Saint-Esprit" et "Parole de Dieu" vont ensemble. Mais en lisant les Saintes Ecritures nous apprenons aussi que le Christ et le Saint-Esprit sont inséparables. Si Paul affirme, en une synthèse déconcertante: "Le Seigneur est l’Esprit" (2 Corinthiens 3, 17), ce qui apparaît, ce n’est pas seulement, à l’arrière-plan, l'unité trinitaire entre le Fils et le Saint-Esprit, mais surtout leur unité par rapport à l’histoire du salut: dans la passion et la résurrection du Christ, les voiles du sens purement littéral sont arrachés et la présence du Dieu qui parle devient visible. En lisant les Saintes Ecritures avec le Christ, nous apprenons à entendre dans les mots humains la voix du Saint-Esprit et nous découvrons l'unité de la Bible.
3. Nous arrivons ainsi à la troisième dimension de la pneumatologie qui consiste, justement, en l’inséparabilité du Christ et du Saint-Esprit. Sa plus belle manifestation se trouve peut-être dans le récit, par saint Jean, de la première apparition du Ressuscité aux apôtres: le Seigneur souffle sur les apôtres et leur donne ainsi le Saint-Esprit. Le Saint-Esprit est le souffle du Christ. Et de même que le souffle de Dieu, au matin de la création, avait transformé la poussière du sol en un homme vivant, de même le souffle du Christ nous accueille dans la communion ontologique avec le Fils, faisant de nous une nouvelle création. Voilà pourquoi c’est le Saint-Esprit qui nous fait dire avec le Fils: "Abba, Père!" (Jean 20, 22; Romains 8, 15).
4. Alors, la connexion entre l’Esprit et l’Eglise apparaît spontanément comme quatrième dimension. Paul a présenté, en Corinthiens 1, 12 et en Romains 12, l’Eglise comme Corps du Christ et, par là, comme organisme du Saint-Esprit, en laquelle les dons du Saint-Esprit fondent les individus en un tout vivant. Le Saint-Esprit est l’Esprit du Corps du Christ. Dans l'ensemble de ce Corps nous trouvons notre devoir, nous vivons les uns pour les autres et les uns dépendant des autres, vivant en profondeur de Celui qui a vécu et souffert pour nous tous et qui, par son Esprit, nous attire à lui dans l'unité de tous les fils de Dieu. "Veux-tu toi aussi vivre de l’Esprit du Christ? Alors sois dans le Corps du Christ", dit Augustin à ce sujet (Tract. in Jo. 26, 13).
Avec le thème "Saint-Esprit", qui orientait les journées en Australie et aussi, de manière plus cachée, les semaines du Synode, on rend donc perceptible toute l’ampleur de la foi chrétienne, une ampleur qui, depuis la responsabilité envers la création et envers l'existence humaine en harmonie avec la création, conduit, à travers les thèmes des Saintes Ecritures et de l’histoire du salut, jusqu’au Christ et, de là, à la communauté vivante de l’Eglise, dans ses ordres et responsabilités comme aussi dans son ampleur et sa liberté, qui s’exprime aussi bien dans la multiplicité des charismes que dans l'image pentecostale de la multitude des langues et des cultures.
Une partie intégrante de la fête est la joie. On peut organiser la fête, pas la joie. On ne peut que l’offrir en don; et, en fait, elle nous a été donnée en abondance: nous en sommes reconnaissants. De même que Paul dit que la joie est fruit du Saint-Esprit, de même Jean, dans son Evangile, a lié étroitement l’Esprit et la joie. Le Saint-Esprit nous donne la joie. Et Il est la joie. La joie est le don qui résume tous les autres dons. Elle est l'expression du bonheur, de l’harmonie avec soi-même, ce qui ne peut venir que de l’harmonie avec Dieu et avec sa création. Il est dans la nature de la joie de rayonner, de devoir se communiquer. L’esprit missionnaire de l’Eglise n’est rien d’autre que le besoin de communiquer la joie qui nous a été donnée. Qu’elle soit toujours vivante en nous et qu’elle rayonne donc sur le monde dans ses tribulations: voilà mon vœu en cette fin d’année. En vous remerciant vivement pour tous vos efforts et vos travaux, je vous souhaite à tous que cette joie venue de Dieu nous soit donnée en abondance pour cette nouvelle année aussi. [...]
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
18:35 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : benoit xvi, curie, gender, ecologie, humanae vitae, pape, cardinaux |
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