30.04.2010

Le nouvel ambassadeur de Belgique près le Saint-Siège répond aux questions de Radio Vatican


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Charles Ghislain (photo), nouvel ambassadeur de Belgique près le Saint-Siège qui a remis ses lettres de créances au Pape samedi dernier, est le représentant d’un pays en pleine crise identitaire et politique. Il a pu noter à quel point la situation de son pays et celle de l’Église belge étaient mal connues ou mal appréciées à l’étranger, et notamment au Saint-Siège.

Il revient pour Radio Vatican sur les raisons de ce qui peut paraître comme une incompréhension: >>

Propos recueillis par Xavier Sartre (Radio Vatican).

29.04.2010

Nouvelles pensées critiques : des courants qui influencent aussi la bioéthique

Le quotidien Libération revient sur un livre du sociologue Razmig Keucheyan intitulé Hémisphère gauche. Une cartographie des nouvelles pensées critiques * qui dresse un état des lieux des courants de pensée dans le monde depuis une quinzaine d'années.

 

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De l'altermondialisme sud-américain au néomarxisme européen ou aux gender studies en vogue dans les universités américaines, l'auteur repère 4 critères auxquels obéit la pensée depuis les années 1960 : la coupure avec l'action politique, la remise en cause du projet d'une prise de pouvoir, l'exploration de nouveaux terrains - parmi lesquels l'épistémologie, l'écologie, le féminisme, l'identité, les cultures populaires - et la relégation du prolétariat en tant que figure traditionnelle du dominé au profit d'autres catégories (le colonisé, la femme, le queer). Les nouvelles pensées critiques ne plébiscitent plus l'idée de solutions globales à appliquer, ni celle "d'un 'maître' dont il faudrait suivre l'enseignement" et se caractérisent par une certaine absence de marche à suivre. La théorie "explore l'instant où ce qu'on croyait impossible cesse de l'être".


Cela prend une tournure différente selon les penseurs : chez les théoriciens du Genre telle Judith Butler ou la féministe américaine Donna Haraway, le thème central est la "'désidentification', processus par lequel l'individu se libère de son identité préétablie pour construire la sienne". Pour Judith Butler, le genre comme le sexe sont des constructions culturelles. Contre les catégories oppressives et ennuyeuses "homme" et "femme" qui "enferment les individus", il s'agit pour elle "d'expérimenter de nouvelles identités (dont l'exemple-type est le dragqueen)". 

 

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Donna Haraway, auteur de Manifeste cyborg ** (A cyborg manifesto : Science, Technology, and Socialist-Feminism in the Late Twentieth Century), utilise la métaphore du cyborg pour montrer que l'organique et le machinique se mêlent désormais en l'homme. Le cyborg, être hybride, subvertit les identités traditionnelles, les oppositions entre nature et culture, objet et sujet, et l'essentialisme qui voit dans le corps une réalité naturelle.  De façon générale, là où le libéralisme conservateur veut définir la nature de l'homme, la pensée critique  refuse "toute idée d' 'essence humaine', sinon comme renouvellement perpétuel. Mais si l'enjeu est de se mettre en mouvement, de s'inventer une nouvelle vie, de nouveaux lieux, encore faut-il être capable de s'orienter".

* Razmig Keucheyan, Hémisphère gauche. Une cartographie des nouvelles pensées critiques, Zones/La Découverte, 2010

** Donna Haraway, Manifeste cyborg : science, technologie et féminisme socialiste à la fin du XXe siècle

Libération (Eric Aeschimann) 29/04/10 - Gènéthique

27.11.2009

Le cardinal Tauran évoque le triple défi posé aux chrétiens et musulmans

Le cardinal Tauran évoque le triple défi posé aux chrétiens et musulmans

Lors d’une conférence à Villeurbanne (France)

 

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ROME, Vendredi 27 Novembre 2009 (ZENIT.org) - C'est un « triple défi » que chrétiens et musulmans doivent relever, a affirmé le cardinal Jean-Louis Tauran : « le défi de l'identité » (savoir et accepter ce que nous sommes nous-mêmes), « le défi de l'altérité » (nos différences sont sources d'enrichissement) et « le défi de la sincérité » (les croyants ne peuvent pas renoncer à proposer leur foi, mais ils doivent le faire dans les limites du respect et de la dignité de chaque être humain).

Le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux s'est exprimé à l'occasion d'une conférence à Villeurbanne, le 17 novembre 2009. L'intégralité de son intervention a été publiée sur le site du diocèse de Lyon.

Dans son intervention, il a rappelé combien le dialogue interreligieux « repose sur des rapports de confiance entre adeptes de religions diverses en vue de se connaître, de s'enrichir mutuellement et de considérer comment ensemble coopérer au bien commun ».

« Il ne s'agit pas de renoncer à sa propre foi ». « Il s'agit de se laisser interpeller par les convictions d'autrui, d'accepter de prendre en considération des arguments différents des miens ou de ceux de ma communauté ».

Ainsi, pour le cardinal Tauran, les « conditions d'un dialogue interreligieux fécond » sont multiples : « avoir une idée claire de sa propre religion », « être humble » (reconnaître les erreurs d'hier et d'aujourd'hui), « reconnaître les valeurs de l'autre » (il n'est pas nécessairement un ennemi) et « partager les valeurs que nous avons en commun ».

Dans le dialogue interreligieux, « on ne met pas sa foi entre parenthèses, ce qui implique une connaissance de sa propre tradition ». « Le dialogue n'est pas une stratégie ou un moyen pour convertir, bien qu'un tel dialogue puisse favoriser la conversion ». « Le dialogue, pour être sincère, doit être mené sans arrière-pensée ».

Pour le cardinal français, les « réflexions, rencontres et initiatives » de chrétiens et musulmans « constituent un apport particulièrement positif pour nos sociétés qui si souvent se sont organisées sans Dieu, parfois contre lui ». « Les croyants peuvent offrir à leurs compagnons d'humanité, en particulier aux responsables des sociétés, des valeurs susceptibles de contribuer à l'harmonie des esprits, à la rencontre des cultures et à la conservation du bien commun ».

Malgré tout, « de graves difficultés subsistent », a-t-il ajouté, citant « les responsables musulmans les plus éclairés (qui) ne parviennent pas à faire admettre à leurs coreligionnaires le principe de la liberté de changer de religion selon sa conscience », ou encore « le climat nouveau que nous expérimentons au niveau des élites (qui) n'a pas encore pénétré la base de la société ».

« Mais je suis persuadé qu'il faut continuer à se rencontrer pour écouter, comprendre et suggérer des accommodements concrets et modestes qui puissent ouvrir la voie à des discussions à la fois plus concrètes et plus profondes », a conclu le haut prélat. « L'histoire comme les religions enseignent qu'il n'y a qu'un seul avenir possible : l'avenir partagé ».