13.09.2011

La christianophobie en Europe inquiète le Vatican

chretiens,europe,pape,benoit xvi,liberte religieuse,andrea tornielli,massimo introvigne,racisme,dominique mambertie,eveques,saint-siege,rome,organisation pour la securite et la cooperation en europe,violence,antichretien,discrimination,xenophobie,osce,eglises,cimetieres,sites internet,haine,gendarmerie,france,medias,hooligans,slogans,ideologie,eglise,pretres pedophilesLes Chrétiens en Europe sont de plus en plus marginalisés. C’est le constat de Mgr Dominique Mamberti, Secrétaire du Saint-Siège pour les Rapports avec les États. Ce lundi le prélat a fait part de sa préoccupation lors du sommet organisé à Rome par l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe sur le thèmes des violences antichrétiennes. « Nous observons une augmentation importante de l’intolérance envers les chrétiens » a expliqué Mgr Mamberti en rappelant que même dans les pays à majorité chrétienne ces phénomènes de discrimination et de xénophobie existent.

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05.09.2011

Vent de changement à Cuba

virgen el cobre.jpgMini-révolution à Cuba : une procession menant la statue de la Vierge de la Charité d’El Cobre de l’Est de l’île jusqu’à La Havane a été autorisée par le régime castriste cet été. Une première depuis près de 60 ans. La seule autre procession comparable de la sainte patronne de l’île avait eu lieu au début des années 1950 pour le 50e anniversaire de la République. 

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26.11.2010

Benoît XVI aux médias : il n'y a pas plusieurs vérités possibles et légitimes

pape.vie.JPGBenoît XVI a plaidé une fois encore ce vendredi matin en faveur de la vérité menacée par le relativisme. Le Pape, qui recevait les participants à l’assemblée de la Fédération italienne des hebdomadaires catholiques, a relevé que la culture dominante, la plus répandue dans l’aréopage médiatique, avait adopté une attitude sceptique et relativiste à l’égard de la vérité, en la mettant sur un même pied d’égalité avec les simples opinions.

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09.07.2010

Russie : 67 avortements pour 100 naissances

Alors que la Russie célébrait, le 8 juillet 2010, la troisième édition du "Jour de la famille, de l'amour et de la fidélité", certains démographes s'inquiètent du peu de naissances dans le pays, alors que l'on compte 67 avortements  pour 100 nouvelles naissances.

Le vaste pays ne compte que 26 millions d'enfants. Près de 20% des couples russes sont aujourd'hui sans enfants. Plus de 2 millions d'avortements sont pratiqués chaque année. Les IVG sont le plus souvent effectués sur des femmes très jeunes : en 2009, près de 90 000 avortements  concernaient des femmes de moins de 19 ans selon Pavel Astakhov, délégué aux droits de l'enfant auprès du président russe. L'Etat reste silencieux devant ce problème remarque Elena Mizoulina, présidente du comité de la Douma russe aux affaires de la famille, des femmes et des enfants.

Pendant l'époque soviétique, des statistiques montrent que les femmes "
pratiquaient, en moyenne, au moins 5 avortements au stade initial de la grossesse". Aujourd'hui, les raisons expliquant le nombre élevé d'avortements ne sont pas forcément d'ordre socio-économique selon la journaliste Olga Sobolevskaïa. Bien que l'année 2009 ait enregistré le plus fort taux de naissances (1 764 000) depuis 1991, les démographes restent vigilants. Si l'assistance sociale et financière de l'Etat incite des familles à avoir des enfants, "la conjoncture économique n'est déterminante en matière de planification familiale que pour 8% des familles" selon Sergei Zakharov, directeur adjoint de l'Institut de démographie de l'Ecole supérieure d'économie.

Ce sont d'abord des raisons "
idéologiques" qui, depuis bientôt 20 ans, motivent le refus de nombreux couples d'avoir des enfants. Suite à l'importation des "valeurs occidentales" en Russie, Sergei Zakharov explique que "les personnes en âge de se reproduire ont désormais d'autres priorités, à savoir leur carrière et le besoin de se réaliser". La transmission de "stéréotypes familiaux" expliquerait aussi le déclin des naissances : les anciens enfants uniques, c'est-à-dire la majorité des adultes actuels, ne souhaitent probablement pas avoir plusieurs enfants. De façon générale, la naissance d'un troisième enfant est jugée indésirable.

Pour prévenir les avortements, certains experts souhaitent que des psychologues, médecins et assistants sociaux s'investissent activement auprès des jeunes dans les écoles, ainsi que dans les services de gynécologie-obstétrique et les services d'aide psychologique. Différentes régions russes comptent des associations de soutien pour les femmes enceintes en situation de crise.


Aujourd'hui, les cliniques privées d'avortements pratiquent des IVG "
sans répit", 24h sur 24, et "la publicité de ces 'usines' est débordante dans la plupart des médias", au point que l'on peut dire "les avortements au stade initial de la grossesse continuent de rester l'outil principal de la planification familiale en Russie".

Elena Mizoulina juge inacceptable la possibilité "
d'avorter presque sans restrictions jusqu'à la 12ème semaine de grossesse". Elle évoque des moyens concrets pour aider à réduire les avortements dont celui de faire écouter aux femmes les battements du coeur de leur enfant. Actuellement, un groupe interministériel travaillerait sur un projet de loi.

Ria Novosti (Olga Sobolevskaïa) 08/07/10

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26.03.2010

Internet et l’enjeu de la liberté d'expression

Internet est le nouveau théâtre de l’opposition politique et idéologique dans le monde. Google est le symbole de ce combat qui se livre au nom de la liberté d’expression. Depuis mardi, le site du moteur de recherche américain en Chine est suspendu.

 

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La censure ne concerne pas que Pékin, les régimes dictatoriaux ont déclaré la guerre à la toile qu’ils cherchent à contrôler, censurer voir interdire. Reporters sans frontière a dressé une liste des pays ennemis d’Internet. L’Iran, Cuba, la Chine y figurent en bonne place bien évidemment, mais aussi la Russie, la Turquie et même l’Australie. Une soixantaine de pays ont été concernés en 2009 par une forme de censure du Web, soit deux fois plus que l’année passée.

(Radio Vatican)

26.02.2010

L'idéologie talibane

Existerait-il une internationale islamiste et terroriste ? Une question récurrente, face à la multiplication des foyers islamistes somaliens, afghans, yéménites ou pakistanais.

 

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Deux fers de lance seraient à son service, le réseau terroriste Al Qaida et le mouvement des talibans pour mener la guerre contre l’Occident et ses valeurs.

 

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Mais pas de guerre sans idéologie. Quelle est celle des talibans ? Eléments de réponse avec Olivier Roy (photo), politologue et spécialiste de l’Islam: >>

Dossier réalisé par Olivier Tosseri (Radio Vatican).

20.10.2009

Le Pape rappelle à l’Union européenne que ses racines sont chrétiennes

Benoît XVI a reçu ce lundi matin le Représentant de la Commission des Communautés Européennes près le Saint-Siège, Yves Gazzo (photo), venu lui présenter ses lettres de créance.

 

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Le Saint-Siège – a souligné le Pape dans son discours - suit avec respect et attention l’activité des Institutions européennes. Mais il rappelle à l’Europe que le socle de ses valeurs fondatrices et constitutives provient principalement de l’héritage chrétien. Si cette vérité est, passée sous silence, comme cela est de plus en plus le cas, l’Europe risque d’être instrumentalisée par des individus et des groupes de pression désireux de faire valoir des intérêts particuliers au détriment d’un projet collectif ambitieux


Cliquez ici pour écouter le compte-rendu de Romilda Ferrauto sur Radio Vatican: >>

 
Vous trouverez, ci-dessous, de larges extraits du discours prononcé par le Pape:

« Cette année, l’Europe commémore le 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin. J’ai voulu saluer de façon particulière cet événement en me déplaçant en République tchèque. Sur cette terre éprouvée par le joug d’une douloureuse idéologie, j’ai pu rendre grâce pour le don de la liberté recouvrée qui a permis au continent européen de retrouver son intégrité et son unité. Vous venez de définir, Monsieur l’Ambassadeur, la réalité de l’Union européenne comme « une zone de paix et de stabilité qui réunit 27 États avec les mêmes valeurs fondamentales ». C’est une heureuse présentation. Il est juste cependant de relever que l’Union européenne ne s’est pas dotée de ces valeurs, mais que ce sont plutôt ces valeurs partagées qui l’ont fait naître et qui ont été comme la force de gravitation qui a attiré vers le noyau des Pays fondateurs les différentes Nations qui l’ont successivement rejointe au fil du temps. Ces valeurs sont le fruit d’une longue et sinueuse histoire dans laquelle, nul ne le niera, le Christianisme a joué un rôle de premier plan. L’égale dignité de tous les êtres humains, la liberté de l’acte de foi comme racine de toutes les autres libertés civiques, la paix comme élément décisif du bien commun, le développement humain – intellectuel, social et économique – en tant que vocation divine et le sens de l’Histoire qui en découle sont autant d’éléments centraux de la Révélation chrétienne qui continuent de modeler la civilisation européenne.

Lorsque l’Église rappelle les racines chrétiennes de l’Europe, elle n’est pas en quête d’un statut privilégié pour elle-même. Elle veut faire œuvre de mémoire historique en rappelant d’abord une vérité – de plus en plus passée sous silence – à savoir l’inspiration décisivement chrétienne des Pères fondateurs de l’Union européenne. Plus profondément, elle désire manifester aussi que le socle de valeurs provient principalement de l’héritage chrétien qui continue encore aujourd’hui de le nourrir. Ces valeurs communes ne constituent pas un agrégat anarchique ou aléatoire, mais elles forment un ensemble cohérent qui s’ordonne et s’articule, historiquement, à partir d’une vision anthropologique précise. L’Europe peut-elle omettre le principe organique originel de ces valeurs qui a révélé à l’homme à la fois son éminente dignité et le fait que sa vocation personnelle l’ouvre à tous les autres hommes avec qui il est appelé à ne constituer qu’une seule famille ? Se laisser aller à cet oubli, n’est-ce pas s’exposer au risque de voir ces grandes et belles valeurs entrer en concurrence ou en conflit les unes avec les autres ? Ou bien encore celles-ci ne risquent-elles pas d’être instrumentalisées par des individus et des groupes de pression désireux de faire valoir des intérêts particuliers au détriment d’un projet collectif ambitieux – que les européens attendent – ayant le souci du bien commun des habitants du Continent et de l’ensemble de notre monde ? Ce danger est d’ores et déjà perçu et dénoncé par nombre d’observateurs appartenant à des horizons très divers. Il est important que l’Europe ne laisse pas son modèle de civilisation se défaire, pan par pan. Son élan originel ne doit pas être étouffé par l’individualisme ou par l’utilitarisme.

Les immenses ressources intellectuelles, culturelles, économiques du continent continueront de porter du fruit si elles demeurent fécondées par la vision transcendante de la personne humaine qui constitue le trésor le plus précieux de l’héritage européen. Cette tradition humaniste, dans laquelle se reconnaissent beaucoup de familles de pensée très différentes parfois, rend l’Europe capable d’affronter les défis de demain et de répondre aux attentes de la population. Il s’agit principalement de la quête du juste et délicat équilibre entre l’efficacité économique et les exigences sociales, de la sauvegarde de l’environnement, et surtout de l’indispensable et nécessaire soutien à la vie humaine depuis la conception jusqu’à la mort naturelle et à la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme. L’Europe ne sera réellement elle-même que si elle sait conserver l’originalité qui a fait sa grandeur et qui est susceptible de faire d’elle, demain, un des acteurs majeurs dans la promotion du développement intégral des personnes que l’Église catholique considère comme l’unique voie susceptible de remédier aux déséquilibres présents de notre monde.

Pour toutes ces raisons, Monsieur l’Ambassadeur, le Saint-Siège suit avec respect et grande attention l’activité des Institutions européennes, souhaitant que celles-ci, par leur travail et leur créativité, honorent l’Europe qui est plus qu’un continent, mais une « maison spirituelle » (cf. Discours aux Autorités civiles et au Corps diplomatique, Prague, 26 septembre 2009). L’Église désire « accompagner » la construction de l’Union européenne. C’est pourquoi elle se permet de lui rappeler quelles sont les valeurs fondatrices et constitutives de la société européenne afin qu’elles puissent être promues pour le bien de tous. »

14.10.2009

La théorie du genre préoccupe les pères synodaux, par Mgr Anatrella (1)

La théorie du genre préoccupe les pères synodaux, par Mgr Anatrella (1)

Une théorie « désincarnée », irréaliste », « meurtrière »

 



ROME, Lundi 12 octobre 2009 (ZENIT.org) - « La théorie du genre préoccupe les pères synodaux » : Mgr Tony Anatrella, psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale, a bien voulu évoquer pour ZENIT les problèmes que soulève cette nouvelle idéologie et ses incidences sur la famille et la société dans la mesure où elle se répand en Afrique. 

Mgr Anatrella reçoit en consultations et enseigne la psychologie à Paris. Il est consulteur du Conseil pontifical pour la famille et du Conseil pontifical pour la pastorale des services de la santé. Il travaille, entre autres, les questions relatives à la théorie du genre auprès de plusieurs dicastères romains. Il vient de publier un ouvrage sur ce thème : « La tentation de Capoue, Anthropologie du mariage et de la filiation, éditions Cujas » (cf. ZENIT du 8 octobre 2009). 

 

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Mgr Sarah est intervenu pendant le débat du synode des évêques pour l'Afrique sur ce thème. L'archevêque a évoqué cette théorie « irréaliste et désincarnée » et même « meurtrière », étrangère aux valeurs africaines. Nous avons demandé à Mgr Anatrella d'expliquer ces termes et de préciser comment cette idéologie s'infiltre en Afrique - sans que les présupposés ne soient annoncés - et comment, « l'échange de dons entre l'Afrique et l'Occident » pourrait permettre d'élaborer des « anticorps ». Nous publions aujourd'hui le premier volet de cet entretien exclusif, et demain le second. Il souligne notamment que « les Africains ne veulent pas être colonisés par des idéologies occidentales ». 


ZENIT - Mgr Sarah, qui est le « numéro deux » de la Mission dans l'Eglise à la Congrégation pour l'évangélisation des peuples, a traité, à la surprise de quelques uns du danger de la théorie du genre pour l'Afrique. Pouvez-vous, Mgr Anatrella, résumer ce que signifie cette théorie? 

Mgr Tony Anatrella - Quelques uns ont été étonnés notamment parmi les observateurs car certains mouvements chrétiens s'habituent à utiliser les concepts du genre sans avoir conscience des enjeux. La théorie du genre présente les relations entre les hommes et les femmes en termes de pouvoir, de rivalité et d'opposition là où, d'une façon réaliste, elles se conçoivent dans la solidarité, la coopération et la complémentarité. Cette théorie désolidarise l'homme de la femme et prétend que les hommes ont, de tout temps, dominé les femmes. Autrement dit, l'inégalité entre les sexes est le produit des relations de pouvoir entre les hommes et les femmes (un genre domine l'autre). Ainsi, on préfère parler de genre masculin ou féminin, voire d'un genre neutre qui inclut les orientations sexuelles, plutôt que d'homme et de femme car on considère que le genre masculin et le genre féminin, ou encore la différence sexuelle, ne sont que des constructions culturelles de pouvoir. L'identité personnelle du sujet est évacuée puisque l'homme et la femme ne sont que des productions sociales. 

La théorie du genre est une idéologie sociologisante produite par les sciences humaines dans laquelle on retrouve des aspects de la dialectique marxiste. La différence sexuelle est devenue la nouvelle caractéristique de la lutte des classes sexuelles dont il faut se libérer. Il faut même délivrer la société de ses normes hétérosexuelles afin de faire droits aux revendications des personnes homosexuelles. Au nom de l'égalité, nous sommes invités à ne plus faire référence à la catégorie même de sexe. Dans un premier temps, on distinguait le sexe du genre, actuellement on franchit une limite supplémentaire en abandonnant le sexe pour le genre. Il faut donc déconstruire tout ce qui peut rappeler les normes d'une société fondée sur la différence sexuelle, ne plus parler de père, de mère, de mariage et de la filiation enracinée sur des rapports biologiques. La famille sociale serait privilégiée au détriment de la famille biologique. Ainsi pour favoriser le mariage entre personnes de même sexe, le Québec a rayé dans son Code civil les notions de « père » et de « mère » au bénéfice de la notion étrange et confuse de « pourvoyeur de forces génétiques ». L'Espagne est dans la même dérive en parlant « de progéniteur 1 » et « de progéniteur 2 ». La France se prépare à créer le statut du beau-parent qui donne un pouvoir relativement parental à toutes les personnes qui se succèdent dans la vie affective de l'un ou l'autre des parents de l'enfant. Le législateur est davantage attentif aux intérêts subjectifs des adultes qu'aux besoins structurels de l'enfant. Il y aurait ainsi matière à réfléchir sur ce qu'est « l'intérêt supérieur de l'enfant » que l'on confond souvent avec des considérations affectives ? Sans avoir à s'interroger sur le sens de ces errances, les responsables politiques morcellent toujours davantage le sens de la filiation. Toutes les manipulations et les tricheries sont possibles avec les mots quand une société ne voit plus l'enjeu de la différence sexuelle et de ce qui structure le lien familial et social. 


ZENIT - Mgr Sarah a contesté cette théorie « irréaliste et désincarnée » au nom des valeurs africaines : quelles valeurs africaines sont en danger? 

Mgr Tony Anatrella - Les Africains ont le sens des réalités là où l'Occident construit des théories idéalistes dans le déni des conditions objectives de l'existence humaine. Les Africains ne sont pas intellectuellement encombrés par des idéologies totalitaires qui se créent à la suite de chaque génération. Ils sont néanmoins confrontés à d'autres maux comme la corruption, le pouvoir usurpé, la polygamie et la maltraitance des femmes (que la théorie du genre ne saura guérir), l'injustice et les crises économiques vecteurs de guerres, les pratiques occultes et la mise en cause de la liberté religieuse. En revanche, ils sont souvent pollués par des idées qui leur parviennent via les paraboles satellitaires et les ONG. Après le marxisme et le nazisme, l'Occident n'a pas retenu la leçon et recommence avec une nouvelle idéologie tout aussi oppressive et imposée aux États par l'ONU et ses agences mais aussi par l'Europe dans l'aveuglement le plus complet des citoyens. Le Traité de Lisbonne (13 décembre 2007) est structuré autour du genre et, en ce sens, cette référence nivelle la famille. 

Engager une lutte entre les hommes et les femmes au nom du genre est incompréhensible pour les Africains et encore davantage lorsqu'il s'agit de privilégier des orientations sexuelles pour initier la vie conjugale et familiale. Dans le meilleur des cas, les Africains savent, comme le rappelle Mgr Robert Sarah, que « l'homme n'est rien sans la femme et la femme n'est rien sans l'homme. L'un et l'autre ne sont rien si l'enfant n'est pas au centre de la famille, constituée seulement par un homme et une femme, cellule de base de la société ». La question n'est pas tant d'appliquer une vision égalitariste, mais de savoir traiter en justice la vie conjugale et familiale. 

La théorie du genre véhicule en Afrique une vision morcelante de la famille qui va à l'encontre de la culture africaine. C'est pourquoi Benoît XVI a souligné avec force cette idée dans son homélie à l'ouverture du Synode : « Naturellement, en Afrique, il y a de multiples cultures différentes, mais elles semblent toutes d'accord sur ce point : Dieu est le Créateur et la source de la vie. Or, la vie - nous le savons bien - se manifeste en premier dans l'union entre l'homme et la femme et dans la naissance des enfants ; la loi divine, écrite dans la nature, est par conséquent plus forte et l'emporte sur toute loi humaine, selon l'affirmation nette et concise de Jésus : « Que l'homme ne sépare pas ce que Dieu a uni » (Mc 10, 9). La perspective n'est pas d'abord morale : avant même le devoir, elle concerne l'être, l'ordre inscrit dans la création ». Cela veut dire que l'identité sponsale de la personne humaine et l'être familial sont constitutifs de la condition humaine. Le pouvoir politique a la responsabilité de les organiser pour le service du bien commun, mais ils ne sont pas à leur libre disposition pour attribuer légalement les caractéristiques du couple et de la famille à des situations qui leur sont contraires. 

En Occident, nous avons une vision cassée de la famille, du père et de la mère alors que les Africains les tiennent en estime et entendent en respecter les fondements et les principes. Une conception fractionnée en plusieurs modèles du couple et la famille leur est étrangère et nous commettons l'erreur de diagnostic de confondre les situations accidentelles et particulières comme autant de références possibles. A l'évidence, nous ne savons plus penser de façon cohérente le couple, le mariage, la famille et la filiation à partir des deux seules identités qui existent celle de l'homme et de la femme, du mariage et de l'être familial. Comment ne pas voir, par exemple en France, que l'idéologie du genre inspire des lois civiles qui, en s'accumulant, tentent de répondre à d'autres lois qui ont produit des effets pathogènes et insécurisants sur le sens de l'engagement dans le mariage et dont il faut maintenant réparer les dégâts en modifiant le sens du couple et de la famille en allant du Pacs à la création d'un statut du beau-parent. Autrement dit, les divorces et les unions de fait créent de multiples confusions et génèrent des troubles du sens de l'engagement, de l'alliance et de la filiation ; et l'on va jusqu'à les inscrire dans la loi. Une fois de plus, les Africains ne veulent pas être colonisés par des idéologies occidentales qui leur imposent des comportements moyennant des aides financières et sanitaires de la part des agences de l'ONU et des ONG. 


ZENIT - Mgr Sarah va jusqu'à dire que c'est une théorie « meurtrière » : elle est donc un vecteur de violence dans les sociétés? 

Mgr Tony Anatrella - Cette théorie au nom de l'égalité de tous devant la loi est en train de paralyser et d'anémier le sens du couple et de la famille. Elle est source d'injustice et ne favorise pas la paix dans la société. 

Entendons-nous bien, les injustices et les violences envers les femmes doivent être dénoncées. Dans sa lettre adressée aux femmes, Mulieris dignitatem, (15 août 1988) Jean-Paul II soulignait qu'il faut tenir compte de l'existence des deux sexes dans le sens où « l'être humain existe toujours et uniquement comme femme et comme homme ». Il est donc indispensable d'éviter « une égalité statique et nivelante » et une « différence abyssale et inexorablement conflictuelle ». Il est tout aussi nécessaire de porter attention aux personnes qui sont dans des conditions particulières de vie et de les soutenir à bien des égards. Cela ne veut pas dire pour autant que ces conditions singulières seront une source pour inspirer des lois en contradiction avec les édifices juridiques majeurs de la société. 

Cette idéologie est meurtrière dans le sens où elle déstabilise et comme le dit Mgr Robert Sarah « s'attaque à l'identité sponsale de la personne humaine, à l'identité masculine et féminine comme réalité intrinsèque à chacun, au mariage, à la maternité, à la paternité, à la famille et à la procréation ». Toucher à ces réalités fondatrices et formatrices de l'humain en chacun de nous, ne peut que produire toujours davantage de violences. Celles-ci ne cessent de se développer dans les sociétés occidentales notamment à partir des enfants et des jeunes. Lorsque, dans ses lois, la société dénie la différence sexuelle, encourage la déliaison du lien conjugal à la moindre difficulté, favorise la mort des enfants en gestation, laisse entendre qu'un couple et une famille se forment dans n'importe quelles conditions alors il ne faut pas s'étonner que, le cadre porteur se fragilisant, les personnalités deviennent instables et impulsives et rencontrent de sérieuses difficultés pour élaborer leur vie pulsionnelle. Plus la société a une vision cohérente du couple, du mariage et de la famille et plus les sujets, à commencer par les plus jeunes, y trouvent de la force, de la sécurité et de l'autonomie pour se construire. L'avenir de la société repose sur la famille lieu premier de socialisation, de transmission et d'apprentissage des savoirs être et des savoirs faire. Il n'y a pas de société stable et paisible sans famille qui soit, elle-même, stable et fondée sur les repères de base de l'humanité : l'homme et la femme, le père et la mère. Laisser entendre autre chose est à la fois une vision idéaliste qui a souvent conduit des pays au totalitarisme, et un comportement contraire aux valeurs conjugales et familiales source de désarroi et de confusion. 
 

(à suivre) 

Propos recueillis par Anita S. Bourdin

12.10.2009

L'Espagne catholique a un nouveau héraut: Juan Manuel de Prada

L'Espagne catholique a un nouveau héraut: Juan Manuel de Prada

Cet écrivain confirmé est devenu un défenseur infatigable de l'Eglise et du pape, y compris dans "L'Osservatore Romano". Son histoire est celle d'une conversion, comme il y en a tant en Europe, qui l'a fait passer de l'incroyance à la foi chrétienne. Contre la "tyrannie" progressiste


par Sandro Magister





ROME, le 12 octobre 2009 – On trouve depuis quelques jours dans les librairies italiennes un recueil d’interviews de gens convertis à la foi catholique. Certains sont très connus, du Français Jean-Claude Guillebaud à l’ancien vice-ministre des Affaires étrangères de Norvège, Janne Haaland Matlary, auteur de livres traduits en plusieurs langues, dont un qui a été préfacé par celui qui était alors le cardinal Joseph Ratzinger.

Le recueil d’interviews, édité par Lindau, est de Lorenzo Fazzini. Son titre est : "Nuovi cristiani d'Europa. Dieci storie di conversione tra fede e ragione [Nouveaux chrétiens d’Europe. Dix récits de conversion entre foi et raison]".

Mais "L'Osservatore Romano", le journal du Saint-Siège, compte lui aussi un converti célèbre parmi ses signatures de renom.

Il s’agit de l’écrivain espagnol Juan Manuel de Prada, en photo ci-dessus avec la couverture-manifeste du roman qui a consacré définitivement son succès en 2003 : "La vida invisible [La vie invisible]".

De Prada, 39 ans, a réuni dans son dernier livre les articles "de combat" qu’il a écrits pour défendre le catholicisme dans les journaux espagnols "ABC" e "XL Semanal", mais aussi dans "L'Osservatore Romano", auquel il collabore depuis 2007. En cinq mois seulement, le livre en est déjà à sa cinquième édition en Espagne. Depuis un mois, de Prada est aussi l’une des principales voix de "Cope", la plus importante radio catholique espagnole.

Le 2 octobre, "L'Osservatore Romano" a traduit et reproduit la préface du livre, dans laquelle de Prada rappelle comment et quand "le cours de la vie a changé" en lui.

C’était au printemps 2005, au moment de la mort de Jean-Paul II. De Prada était à Rome et "à l’improviste" il a voulu adhérer définitivement à cette "vieille liberté" qui est le trésor religieux et culturel de l’Eglise catholique : une liberté qui est "l'antidote contre toutes les tyrannies du monde".

C’est d’ailleurs le titre du livre : "La nueva tiranía. El sentido común frente al Mátrix progre [La nouvelle tyrannie. Le sentiment commun face à la Matrice progressiste]".

La "Matrice progressiste", c’est le nom que de Prada donne au grand piège qu’il voit à l’œuvre dans la culture dominante en Europe : "Dans le passé, les dictatures réprimaient les libertés personnelles. Aujourd’hui elles incitent l'homme à s’adorer lui-même et à nier ainsi sa nature".

Il écrit aussi :

"La bataille qui s’engage aujourd’hui tend à rendre aux hommes leur véritable nature. En cas de victoire – si la Matrice était désactivée – les hommes découvriraient qu’ils n’ont pas besoin de construire des tours afin d’atteindre le ciel, pour la simple raison que le ciel est déjà en eux, même si la nouvelle tyrannie cherche à le leur arracher".

On pourra lire ci-dessous la traduction de la préface écrite par de Prada pour "La nueva tiranía". Le texte original se trouve dans l'édition espagnole de cette même page de www.chiesa.

De Prada a dédié ce livre à son ami Giovanni Maria Vian, directeur du "journal du pape".



La matrice progressiste de la nouvelle tyrannie

par Juan Manuel de Prada



"Comment peut-on parler de 'nouvelle tyrannie' alors que jamais jusqu’à présent l’homme n’a eu autant de liberté et de droits ?" pourrait se demander un lecteur naïf. En effet les tyrannies classiques se caractérisaient par le fait qu’elles réprimaient la liberté et niaient les droits. Les hommes avaient conscience de cette usurpation parce que, privés de quelque chose qui leur appartenait par nature, ils se sentaient diminués.

Au contraire la nouvelle tyrannie à laquelle nous faisons référence exalte l’homme jusqu’à l'adoration, lui donnant la possibilité de transformer ses intérêts et ses désirs en libertés et en droits. Toutefois ceux-ci ne sont plus inhérents à sa nature mais deviennent des "concessions gracieuses" d’un pouvoir qui les consacre légalement. Ainsi, transformé en enfant qui voit ses caprices grandir démesurément et se réaliser, l'homme de notre temps est plus que jamais l’otage de pouvoirs qui lui garantissent la jouissance d’une liberté globale et de droits en expansion continue. Dans les tyrannies classiques, le sujet gardait au moins la consolation de se savoir opprimé par un pouvoir qui violentait sa nature ; au contraire ceux qui sont soumis à cette nouvelle tyrannie n’ont d’autre consolation que la protection du pouvoir même qui les a élevés sur l’autel de l'adoration. L’homme est ainsi devenu, sans même s’en rendre compte, un instrument dans les mains de ceux qui s’occupent de lui avec un soin minutieux, comme les fourmis s’occupent des pucerons avant de les traire.

En échange de ces "concessions gracieuses", l'homme accepte une vision hégémonique du monde qui lui est imposé et qui le transforme en objet d'ingénierie sociale. Nous appellerons Matrice progressiste cette vision hégémonique : un mirage, une grande illusion, un trompe-l'œil, que l’on accepte avec un esprit grégaire. Celui qui ose mettre en doute le trompe-l’œil est tout de suite frappé d’anathèmes, considéré comme un réprouvé ou un blasphémateur, un ennemi de l'adoration de l'homme. La Matrice progressiste, utilisée par la gauche, a aussi été assimilée par la droite, qui a renoncé à se battre sur le terrain où la confrontation avec l'adversaire s’avérerait efficace et valorisante : celui des principes. Boiteuse, la droite se limite à introduire des variantes insignifiantes dans le fonctionnement de la grande machine, sans oser en utiliser les engrenages. C’est comme labourer sans bœufs.

La Matrice progressiste est ainsi devenue une sorte de foi messianique ; elle a instauré un nouvel ordre, imposé des modèles culturels inattaquables, mis en place une nouvelle anthropologie qui promet à l'homme la libération finale mais ne lui réserve que le suicide pour l’avenir. Seul l'ordre religieux se dresse contre ce nouvel ordre. Il rend à l’homme sa vraie nature et lui propose une vision correcte du monde qui sape les bases du trompe-l'œil sur lequel s’appuie la nouvelle tyrannie, en détruisant ses falsifications. Une vision que le pouvoir combat avec de grands efforts, l'ordre religieux étant la seule forteresse qu’il lui reste à prendre d’assaut pour que son triomphe soit complet.

Le laïcisme rampant accuse l’Eglise de se mêler de la politique. Il prend comme prétexte cette phrase de l’Evangile souvent mise en avant par ceux qui ne le lisent pas : "Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu". Mais qu’est-ce qui est vraiment à César ? Les choses temporelles, les réalités terrestres ; mais pas, bien sûr, les principes d’ordre moral qui naissent de la nature humaine elle-même, pas les fondements éthiques de l'ordre temporel. La nouvelle tyrannie, si attentive à accroître les "libertés" de ses sujets, refuse à l’Eglise la liberté de juger la moralité des actions temporelles, parce qu’elle sait que ce jugement inclut un bouleversement radical du trompe-l'œil sur lequel elle fonde son existence même. Le pouvoir souhaite une Eglise pharisaïque et corrompue qui renonce à rendre à l'humanité sa vraie nature et qui accepte ce "mystère d'iniquité" qu’est l'adoration de l'homme ; elle espère une Eglise agenouillée devant César, transformée en cette "grande prostituée qui fornique avec les rois de la terre" dont parle l'Apocalypse.

Aujourd’hui, en Occident, s’engage ce grand conflit que la nouvelle tyrannie présente très habilement sous les apparences d’une "bataille idéologique". Mais si c’était vraiment d’une "bataille idéologique", le pouvoir n’y verrait pas un bouleversement ; parce que l'idéologie est justement le terrain fertile qui favorise sa domination, dans la mesure où elle instaure une "démo-rixe", c’est-à-dire une lutte "démocratique" de tous contre tous, capable de transformer les hommes en enfants irrités qui se battent pour leurs "libertés" et leurs "droits", comme les bâtisseurs de Babel luttaient, dans la confusion, pour construire une tour qui atteignît le ciel.

La bataille qui s’engage aujourd’hui n’est pas idéologique, mais anthropologique, car elle vise à rendre aux hommes leur véritable nature, en leur permettant de sortir de la confusion babélienne fomentée par l'idéologie, jusqu’à atteindre le chemin qui conduit aux principes originels. En cas de victoire – si la Matrice était désactivée – les hommes découvriraient qu’ils n’ont pas besoin de construire des tours afin d’atteindre le ciel, pour la simple raison que le ciel est déjà en eux, même si la nouvelle tyrannie cherche à le leur arracher.

Les articles réunis dans ce volume sont des comptes-rendus de cette bataille, émis depuis les tribunes que le journal "ABC" et la revue "XL Semanal" m’accordent généreusement depuis plus de 13 ans et que "L'Osservatore Romano", "Capital" et "Padres y Colegios" m’ont ouvertes depuis peu. Le lecteur curieux constatera que dans ces "comptes-rendus de bataille" se côtoient la diatribe et l'introspection, l'invective et l'élégie, la réflexion à caractère politique et la divagation artistique. Il trouvera même une sélection de chroniques écrites au cours d’un printemps romain qui a changé le cours de ma vie, puisque c’est alors – dans les jours qui ont suivi la mort de Jean-Paul II – que j’ai adhéré définitivement à la "vieille liberté", l'antidote contre toutes les tyrannies du monde. A une époque d’incertitudes qui laissent l’home égaré dans un océan d'inquiétudes, Rome s’est dressée à l'improviste devant moi comme un rocher de salut : je ne pense pas seulement au salut religieux, mais aussi au salut culturel, parce que je considère la foi de Rome comme une forteresse qui clarifie les termes de notre généalogie spirituelle et nous protège des intempéries dans lesquelles la nouvelle tyrannie voudrait nous jeter. Rejeter cette possession illimitée revient à signer un arrêt de mort sociale ; la faire sienne ne constitue pas un acte de soumission, mais d’orgueilleuse et joyeuse liberté.

L’éternelle révolution du christianisme, c’est de nous révéler le sens de la vie, en nous rendant notre nature ; de cette découverte naît une joie sans date limite. Quand un minimum de sensibilité artistique s’ajoute à cette joie, la vie devient une fête de l'intelligence. Chesterton écrivait que la joie, qui est la petite publicité du païen, devient le gigantesque secret du chrétien. Moi qui suis un chrétien un peu impudique, j’ai cherché dans ces articles à rendre public ou au moins à faire entrevoir ce secret gigantesque qui m’envahit et me transcende.

Madrid, mars 2009.

Les livres :

Juan Manuel de Prada, "La nueva tiranía. El sentido común frente al Mátrix progre", Libros Libres, Madrid, 2009.

Lorenzo Fazzini, "Nuovi cristiani d'Europa. Dieci storie di conversione tra fede e ragione", Lindau, Turin, 2009.


Le journal du Saint-Siège, auquel Juan Manuel de Prada collabore :

> L'Osservatore Romano"

Dans cet article de "L'Osservatore Romano" du 26 juin 2008, il répondait à des polémiques sur les vêtements portés par Benoît XVI en concluant : "Le pape ne s’habille pas en Prada, il a revêtu le Christ" :

> Le vesti liturgiche secondo Ratzinger


Janne Haaland Matlary, une convertie interviewée dans le livre de Lorenzo Fazzini, a été nommée, le 1er octobre, membre de l’Académie Pontificale des Sciences Sociales. A l’occasion de cette nomination, le Vatican a diffusé d’elle le portrait suivant :

"Professeur de politique internationale au département de sciences politiques de l'université d’Oslo et au Collège universitaire de la défense nationale norvégienne, elle a été secrétaire d’état (vice-ministre des Affaires étrangères) aux Affaires étrangères de Norvège de 1997 à 2000. Elle est membre expert de la commission du parlement norvégien chargée de proposer des modifications de la Constitution norvégienne pour son 200e anniversaire en 2014. Elle a aussi été membre de la Commission de défense nationale norvégienne et du conseil d’administration du Centre pour la paix et pour les droits de l’homme d’Oslo. Elle a également été membre norvégien de la task-force de haut niveau pour la Biélorussie. Ses principaux domaines de recherche sont les politiques étrangère et de défense européennes et la politique de sécurité internationale.

"Elle est membre du Conseil pontifical Justice et Paix et consulteur du Conseil pontifical pour la Famille. Elle a aussi fait partie, comme chef de délégation ou comme membre, de délégations du Saint-Siège auprès de diverses conférences internationales. En 2007 elle a reçu le prix Saint Benoît, qui lui a été attribué par la communauté bénédictine de Subiaco pour son engagement en faveur de la culture et de la politique européennes. Madame le professeur Haaland Matlary est mariée, elle a quatre enfants et elle est dame de l’Ordre Souverain Militaire de Malte".

www.chiesa a publié d’elle, il y a quelque temps, une analyse des conflits planétaires en matière d’avortement, d’euthanasie et d’homosexualité :

> Papa resto del mondo. Analisi d'una grande partita (17.4.2001)



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

18.09.2009

Menace sur le respect du mariage au Luxembourg

Le programme du gouvernement luxembourgeois présenté le 29 juillet dernier prévoit l’ouverture du mariage « aux personnes de même sexe ». Les intellectuels et dirigeants catholiques du Cercle Beaumont réagissent, stupéfaits par ce projet soutenu par des chrétiens sociaux.

LE CERCLE BEAUMONT constate tout d’abord que la question de l’ouverture du mariage aux « personnes de même sexe » n’a pas été abordée pendant sa campagne électorale par le principal parti de la coalition, à savoir le CSV (Chrëschtlech Sozial Vollekspartei-Parti populaire chrétien social). L’annonce du 29 juillet 2009 ne reflète donc en aucun cas l’opinion des électeurs, et en particulier ceux du CSV. Le Cercle Beaumont s’interroge par conséquent sur les motivations de la direction de ce parti.

Si elle paraît actuellement en vogue, du moins en certaines régions, la proposition visant à autoriser les personnes de même sexe (c’est-à-dire les personnes homosexuelles) à contracter mariage dénature radicalement la réalité du mariage et ce qui en constitue la caractéristique principale, à savoir la différence sexuelle. Le Cercle Beaumont réaffirme la définition, classique, du mariage : l’union stable d’un homme et d’une femme.

À cet égard, le Cercle Beaumont rejoint le constat formulé par l’anthropologue structuraliste Françoise Héritier, peu suspecte de sympathie pour la pensée judéo-chrétienne, qui note : « Il n’y a pas de sociétés qui aient jamais été fondées en donnant le même poids à des unions homosexuelles et à des unions hétérosexuelles. C’est une simple constatation que font les historiens ou les anthropologues » (entretien accordé à la Radio France-Culture, repris par les Editions de l’Aube en 2008).
 
Loin de faire l’unanimité, la légalisation du « mariage homosexuel » est en butte à des très fortes oppositions dans de nombreuses juridictions. Aux États-Unis même, territoire emblématique, tous les référendums populaires réaffirment avec régularité la définition du mariage comme l’union d’un homme et d’une femme. D’autres pays ont décidé d’inscrire dans leur constitution cette définition afin de couper court à toute initiative « politiquement correcte ». Allant plus loin, certains États ont même décidé d’interdire l’adoption d’enfants par des ressortissants de juridictions ayant légalisé le « mariage homosexuel ».  

Le Cercle Beaumont note qu’au-delà de la question du « mariage homosexuel », le programme gouvernemental envisage d’introduire la « dimension du genre… comme axe horizontal et vertical dans les formations universitaires et les activités de recherche de l’Université du Luxembourg » (point 4 b) du programme défini pour le ministère de l’Égalité des chances). Cette proposition n’est pas anodine : en effet, selon l’idéologie du genre, la différence sexuelle n’est pas d’abord physique ni biologique, mais culturelle. Le sexe n’étant que construction culturelle, les catégories « homme » et « femme » peuvent tomber.

Le Cercle Beaumont attire l’attention du public et des décideurs sur les dérives possibles auxquelles peut donner la diffusion des concepts liés à cette idéologie.

Une forme subtile de discrimination tend à se répandre et à s’imposer. Alors que les institutions publiques, et en premier lieu, l’État, reconnaissent diverses formes d’union et de cohabitation (mariage, concubinage, partenariat sous la forme du « pacs », union libre), elles imposent le mariage civil préalable aux couples qui veulent se marier religieusement. En d’autres termes, et à titre d’exemple, un couple en situation de partenariat ne peut obtenir un mariage religieux.

Le Cercle Beaumont en appelle à l’ouverture intellectuelle de la classe politique pour qu’au Luxembourg, comme dans plusieurs autres pays européens, le mariage prononcé par les autorités religieuses soit reconnu par les autorités civiles.

Enfin, la loi disant, hélas, de moins en moins le droit et acceptant de plus en plus l’inacceptable, le Cercle Beaumont lance un appel citoyen au public pour s’opposer au projet de la coalition gouvernementale. Il soutient dès à présent toute initiative défendant et promouvant le mariage.  

Luxembourg, le 8 septembre 2009.

 

18 septembre 2009 | Christian Descoups

libertepolitique.com