16.05.2012

CHINE - Inauguration du premier Musée dédié au Père Matteo Ricci en Chine continentale

CHN4829_ricci.gifWen Zhou (Agence Fides) – Le 13 mai a été inauguré le premier Musée existant en Chine dédié à la mémoire du Missionnaire jésuite Matteo Ricci (1552-1610), fruit de la collaboration entre les autorités civiles et l’Eglise catholique. Selon les informations parvenues à l’Agence Fides, le Musée se trouve dans la ville de Zhao Qing, dans la province de Guang Dong, lieu où le missionnaire italien débarqua en 1583, arrivant en Chine continentale en compagnie du Père Ruggieri. Ce « Musée de l’échange culturel entre la Chine et l’Occident de Matteo Ricci » selon la dénomination officielle complète se trouve dans les environs du Temple des Fleurs des Saints (Xian Hua Si), première église construite par le Père Ricci dans le style du temple bouddhiste afin de favoriser l’inculturation et dédié à la Très Sainte Vierge Marie.

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01.06.2010

Matteo Ricci - L'Evangile en Chine

CITE DU VATICAN, 29 MAI 2010 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin les participants aux pèlerinage organisé par les diocèses des Marches (Italie), à l’occasion du IVe centenaire de la mort du jésuite Matteo Ricci.

 

MatteoRicci


Il leur a rappelé que le P. Ricci, né à Macerata et mort en 1610 à Pékin, a été un "grand missionnaire et l’annonciateur de l’Evangile en Chine à l’époque moderne après la première évangélisation de Giovanni da Montecorvino". Il eut "le privilège extraordinaire, impensable pour un étranger, d’être enterré en terre chinoise... Matteo Ricci est un cas particulier de synthèse réussie entre l’annonce évangélique et le dialogue avec la culture du peuple à qui on l’apporte, un exemple d’équilibre entre clarté doctrinale et action pastorale prudente... L’œuvre de ce missionnaire se présente sous deux aspects inséparables: l’inculturation chinoise de l’annonce évangélique et la présentation à la Chine de la culture et de la science occidentale... Il ne s’était pas rendu en Chine pour y apporter la science et la culture de l’occident mais pour y apporter l’Evangile, pour faire connaître Dieu".

  "La rencontre motivée de la foi devient aussi un dialogue entre les cultures, un dialogue désintéressé, libre de toute prétention économique ou politique, vécu dans l’amitié et qui place l’œuvre du Père Ricci et de ses disciples à l’un des points les plus hauts et heureux dans la relation entre la Chine et l’occident". Le Pape a alors souligné que "l’admiration pour le P. Ricci ne doit pas faire oublier le rôle et l’influence de ses interlocuteurs chinois. Les choix qu’il a fait ne dépendait pas d’une stratégie abstraite d’inculturation de la foi, mais de l’ensemble des évènements, des rencontres et des expériences qu’il faisait. Ainsi, ce qu’il a pu réaliser l’a été grâce aussi à sa rencontre avec les Chinois, une rencontre vécue de différentes façons mais approfondie dans son rapport avec quelques amis et disciples, en particulier les quatre célèbres convertis, "piliers de l’Eglise chinoise naissante", et dont le premier et plus célèbre fut Xu Guangqi". Benoît XVI a ainsi demandé aux 7.000 fidèles présents Salle Paul VI que "le souvenir de ces hommes de Dieu dédiés à l’Evangile et à l’Eglise, leur exemple de fidélité au Christ, leur amour profond envers le peuple chinois, leur engagement en intelligence et travail, leur vie vertueuse, soient l’occasion de prier pour l’Eglise en Chine et pour tout le peuple chinois, comme nous le faisons chaque année le 24 mai, en nous adressant à la Vierge Marie, vénérée dans le célèbre sanctuaire de Sheshan à Shanghai".

  "Puisse l'exemple de Matteo Ricci nous stimuler et nous encourager à vivre intensément la foi chrétienne, dans le dialogue avec les différentes cultures, mais dans la certitude que c’est dans le Christ que se réalise le vrai humanisme, ouvert à Dieu, riche de valeurs morales et spirituelles et capable de répondre aux désirs les plus profonds de l’âme humaine. Je veux dire, moi aussi, comme le P. Ricci, ma profonde estime au noble peuple chinois et à sa culture millénaire, convaincu qu’une nouvelle rencontre avec le christianisme apportera des fruits abondants de biens, comme il favorisa alors une pacifique coexistence entre les peuples".
 

(VIS)

24.05.2010

Des prières pour la Chine, sous le signe de Matteo Ricci

Encore une journée de prière pour l’Église en Chine, en ce 24 mai, mémoire liturgique de la Vierge Marie, Secours des Chrétiens, vénérée avec dévotion dans le sanctuaire marial de Sheshan, près de Shanghai.

 

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Cette journée annuelle a été voulue par Benoît XVI, un souhait exprimé en 2007 dans sa lettre aux catholiques de la République Populaire de Chine. Elle revêt cette année une importance particulière à l'occasion du 4° centenaire de la mort du jésuite Matteo Ricci, missionnaire à Pékin, un précurseur de l’inculturation qui a su tisser des liens solides entre la civilisation occidentale et la culture chinoise.

Romilda Ferrauto (Radio Vatican): >>


14.05.2010

Matteo Ricci, un missionnaire d’avant-garde

En Chine, on l’appelle Li Madou. Matteo Ricci fut l’un des plus grands missionnaires jésuites des temps modernes. Aujourd’hui, 400 ans après sa disparition, les initiatives fleurissent pour lui rendre hommage, et mieux faire connaître sa trajectoire exceptionnelle.

 

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C’est en 1555, à Macerata, que le petit prodige italien voit le jour. Ordonné novice à Rome à 23 ans, il prend rapidement le chemin de l’Asie, direction : l’Inde. Très vite, il débarque en Chine, près de Canton. Là, ce grand humaniste entame une formidable entreprise d’intégration qui ne cessera qu’à sa mort à Pékin, le 11 mai 1610. L’empereur permettra même qu’il soit inhumé tout près de la Cité interdite. Pour qualifier la méthode d’évangélisation de ce missionnaire avant-gardiste, les spécialistes ont parlé d’« inculturation ».

 

http://www.jesuites.com/actu/edition/images/ricci_masson2.gif


Le Père Michel Masson, jésuite, sinologue et directeur de l’Institut Ricci de Paris, revient sur ce concept fondamental et, plus largement, sur l’héritage laissé par Matteo Ricci: >>


Gros plan réalisé par Faustine Prévot (Radio Vatican).

09.03.2010

Pourquoi le riche Japon accorde si peu de valeur à la vie

Dans le pays le plus efficace du monde, un suicide toutes les 15 minutes. Une enquête exclusive explique pourquoi. L’évêque et le nonce: il manque à ce peuple qui honore huit millions de dieux la foi en un Dieu personnel


par Sandro Magister





ROME, le 8 mars 2010 – En Italie et en Chine, les célébrations et les expositions se multiplient en l’honneur du jésuite Matteo Ricci, que les Chinois appellent Li Madou, génial annonciateur de la foi chrétienne dans l’Empire Céleste d’il y a quatre siècles.

Le génie de Matteo Ricci a été de comprendre et d’accueillir la part de culture chinoise qui pouvait être acceptée comme préliminaire à la foi chrétienne. Il a vu dans le confucianisme – pas dans le bouddhisme et le taoïsme auxquels il était fermement opposé – les tables de cette loi universelle à laquelle l'annonce chrétienne pouvait ajouter sa nouveauté inouïe. Et cette annonce, quand Matteo Ricci était en Chine, a été suivie par d’importantes conversions aux plus hauts niveaux de la société et de la culture.

Il n’en a pas été de même pour un autre grand pays et une autre grande civilisation d’Orient : le Japon.

L’histoire du christianisme au Japon est une histoire de martyrs. Aucune autre civilisation au monde ne s’est montrée plus imperméable au christianisme que la civilisation japonaise. Dans le passé, elle a tué ceux qui venaient l’annoncer. A des époques plus récentes, elle les a accueillis avec courtoisie, mais sans que ce soit jamais suivi de vagues de conversions.

Mais, de leur côté, ceux qui sont venus annoncer le christianisme au Japon n’ont pas non plus su, jusqu’à maintenant, pénétrer à fond le mystère de cette civilisation, pour y "inculturer" leur annonce.


***


Un indice impressionnant du mystère de la culture japonaise est que ce pays est le premier pour le nombre de suicides.

Toutes les quinze minutes, en moyenne, un Japonais met fin à ses jours. En un an, cela fait plus de 30 000 personnes. "Kamikaze" et "harakiri" sont les mots de la langue japonaise les plus connus dans le reste du monde.

Aujourd’hui, au Japon, les raisons de ce phénomène sont discutées beaucoup plus ouvertement que par le passé. Et l’enquête ci-dessous rend justement compte de cette discussion.

L'auteur de cette enquête, Silvio Piersanti, est un journaliste italien qui possède une grande expérience internationale. Il vit à Tokyo et il est marié à une Japonaise qui est écrivain. Il a interrogé sur cette question, entre autres, l’évêque catholique de la capitale et le nonce apostolique au Japon.

Ceux-ci sont d’accord pour indiquer que la question de Dieu constitue la racine ultime de la facilité avec laquelle les Japonais se donnent la mort.

D’après eux, les Japonais "ont huit millions de dieux, des milliers de temples et deux religions officielles, le bouddhisme et le shintoïsme", mais il leur manque la foi en un Dieu personnel, tout-puissant et miséricordieux, proche de tous les hommes et plein d’amour pour eux.

Une fois encore, Benoît XVI a vu juste quand il a indiqué que la question de Dieu était la "priorité" de son pontificat, sous tous les cieux.

Voici l’enquête, menée à Tokyo.



SUICIDES AU JAPON. L’ÉPINE DANS LE CHRYSANTHÈME

par Silvio Piersanti



Il n’est pas rare de voir, à l’entrée d’une station du métro de Tokyo, l'annonce d’un retard provoqué par un "ginshinjico", c’est-à-dire un “accident avec une personne” : c’est là l’euphémisme qui sert à définir le suicide de quelqu’un qui s’est jeté sur les rails au passage d’un train. L’annonce fait désormais partie de la routine. Le corps est rapidement enlevé, les documents de la police sont remplis à toute vitesse et la circulation reprend son cours en très peu de temps, frénétique et efficace comme d’habitude.

Toutes les 15 minutes, un Japonais met fin à ses jours. D’après des données officielles désormais rendues publiques par le commandement central de la police depuis douze années consécutives, plus de 30 000 personnes se donnent la mort chaque année au Japon. Les premières données statistiques pour l’année en cours laissent présager que ce chiffre pourrait atteindre les 35 000 en 2010 : ce serait le nombre de suicides le plus élevé dans le pays le pays le plus avancé du monde au point de vue social.

Yukio Hatoyama, chef du parti démocrate et de l'actuel gouvernement de centre-gauche qui a interrompu des décennies de gouvernements formés par coalitions de centre-droit, a déclaré que ces suicides constituaient un grave problème social qui devait être traité avec énergie et qu’il fallait trouver les moyens financiers mais également stratégiques pour l’endiguer. Il a commencé son discours de début d’année à la nation en déclarant :

“Je veux protéger la vie des gens, la vie de ceux qui sont nés, qui grandissent et qui deviennent adultes".

Et il a continué en prononçant le mot “vie” 24 fois et en affirmant que l’objectif principal de son gouvernement était précisément de “protéger la vie humaine”.

En cinq mois, la task force créée par le gouvernement pour traiter le problème des suicides a affecté aux agences chargées du travail plusieurs milliers de psychologues spécialisés dans le traitement des dépressions dues aux problèmes de travail ou d’argent et l’assistance temporaire aux sans-abri a été étendue, un logement, de la nourriture et des vêtements leur étant fournis pendant les deux semaines de Noël et du Nouvel An, période où le nombre de suicides augmente généralement de manière spectaculaire. L’année dernière, 800 personnes en avaient bénéficié à Tokyo, cette année 230 000. Des brochures ont été distribuées, des lignes téléphoniques amicales ont été mises en place, un entraînement spécifique a été organisé pour des groupes de volontaires. Mais aucune de ces mesures ne semble avoir d’effet.

Un suicide tous les quarts d’heure, c’est un chiffre effrayant ; mais si l’on fait l’analyse des statistiques, l’angoisse augmente encore. On constate en effet qu’un tiers des suicidés est âgé de 20 à 49 ans ; ce sont des hommes et des femmes dans la force de l’âge qui ne voient dans leur présent et dans leur avenir aucune raison de ne pas renoncer à la vie. Et si l’on descend dans la tranche d’âge, on découvre que le Japon est le premier pays au monde pour le nombre de suicides d’étudiants : 552 en 2009. Chaque jour de l’année universitaire, donc, deux étudiants décident de se donner la mort, victimes d’un système scolaire terriblement compétitif et d’actes de harcèlement d’une cruauté impitoyable.

Le résultat le plus important qu’ait obtenu le gouvernement est peut-être d’avoir mis le problème des suicides sous les yeux de tous. En résumé, le message du gouvernement semble être ceci : voyons ensemble ce qu’il est possible de faire, aidez-nous à comprendre ce qui pousse tant de gens à refuser la vie dans notre société qui est pourtant si opulente.

Jusqu’à présent, en effet, le suicide n’était pas perçu par l’opinion publique comme un problème social concernant le pays tout entier. Chacun y voyait un malheur qui touchait la famille du suicidé et à propos duquel il était plus digne de se taire. Mais maintenant - après la divulgation des données statistiques et la promesse du premier ministre Hatoyama d’en faire une priorité de son programme de gouvernement - les télévisions, les journaux, des livres, les universités discutent ouvertement du problème. On cherche à comprendre pourquoi l’un des pays les plus riches et les plus développés, où le taux de criminalité est l’un des plus bas du monde, où la longévité élevée devrait être le signe d’une vie sociale sereine, est au contraire le pays qui connaît le plus grand nombre de suicides.

Les Japonais ne sont pas heureux. Des données officielles, publiées récemment par l’association nationale des psychiatres et des neurologues, révèlent que de 30 à 40 % des personnes qui sont hospitalisées au Japon souffrent de troubles psychiatriques et que les 13 000 psychiatres qui sont en activité dans le pays ne suffisent pas à faire face à l’importante demande d’aide émanant des malades mentaux.


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Dans le message par lequel il a ouvert le Carême de cette année, Benoît XVI a rappelé que le principe du juriste latin Ulpien selon lequel ”dare cuique suum” était la formule qui permettait d’assurer la justice dans le monde s’était en réalité révélé fallacieux. Pour être heureux, l’homme a besoin de quelque chose qui ne peut pas lui être garanti par la loi : il a besoin de l’amour gratuit de Dieu. Le Japon qui, ne connaissant pas un Dieu transcendant, est devenu un pays-guide de la justice sociale est affecté par cette profonde pulsion suicidaire. Il semble donc donner une preuve lumineuse et dramatique de la vérité de cette pensée de Ratzinger : sans Dieu, l’homme ne peut pas être heureux. Les biens matériels sont nécessaires, mais ils ne garantissent pas le bonheur, la pleine jouissance de la vie.

Il serait peut-être simple de lier la forte progression du nombre de suicides à la crise économique dans laquelle le pays se débat depuis la fin de ce que l’on a appelé la "bubble economy" de la seconde moitié des années 80, mais le nombre de faillites et de chômeurs n’est que l’une des causes, et peut-être pas la plus importante, de cette vague de désespoir qui frappe le pays.

Bien évidemment, il y a des causes de suicide universelles, telles que les maladies incurables, les chagrins d’amour, les crises de dépression, etc. Mais ce qu’il faudrait déterminer, c’est ce qu’il y a derrière l’apparente facilité avec laquelle les Japonais arrivent à la décision de mettre fin à leurs jours. Des sociologues et des psychologues estiment qu’il pourrait exister une tendance au suicide dans la culture et dans la tradition des "samouraïs", c’est-à-dire "ceux qui servent", pour qui le suicide – "seppuku", plus connu en Occident sous la forme de son  synonyme "harakiri" – accompli avec une dignité rituelle, en portant un kimono de cérémonie et en s’enfonçant une lame dans le ventre, était considéré comme le seul moyen honorable d’effacer la honte d’une défaite ou d’une humiliation.

Cette tradition a ensuite été reprise par les pilotes "kamikaze", c’est-à-dire "vent divin", qui, au cours de la seconde guerre mondiale, se fracassaient avec leur avion de chasse contre les navires de guerre américains. Peut-être l’ultime manifestation publique de ce stoïcisme exacerbé a-t-elle été le double "seppuku" que le célèbre écrivain Yukio Mishima mit en scène avec son plus fidèle disciple, Morita, le 25 novembre 1970, devant un millier de soldats et des dizaines de caméras, après avoir occupé le ministère de l’Intérieur avec une poignée de ses fidèles. C’était la protestation ultime de Mishima et de sa petite armée privée contre l’accord par lequel le Japon acceptait de ne pas avoir d’armée nationale et confiait la défense de son sol aux forces armées américaines.


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Le nonce apostolique au Japon, l’archevêque Alberto Bottari de Castello, qui dirige la nonciature de Tokyo depuis 5 ans, nous explique :

“Les Japonais n’ont pas un rapport personnel avec Dieu. Le concept d’individu, qui est au centre de la culture occidentale, ne fait pas partie de leur ADN culturel. Ils s’identifient au groupe, à la société, à l'entreprise, au pays. Quand un chrétien en arrive à la décision de mettre fin à ses jours, il sait qu’il va contrevenir à une règle sacrée : c’est Dieu qui lui a donné la vie et seul Dieu peut la lui ôter. Le Japonais qui est tenté par le suicide n’a pas ce frein. Il ne connaît pas le concept de péché. En dehors de son propre monde matériel et culturel, il n’a rien ni personne à qui demander de l’aide. Mais, dans son monde, demander de l’aide est déshonorant. Alors il doit résoudre à l’intérieur de lui-même le drame de son malheur qui est devenu insupportable. Les chrétiens, même aux moments les plus sombres, peuvent toujours tendre la main vers Dieu. Les Japonais, eux, ne le peuvent pas. Ils ont huit millions de dieux, des milliers de merveilleux temples, sanctuaires ou autels, deux religions officielles, le bouddhisme et le shintoïsme, mais ils vivent sans le Dieu unique, tout-puissant et miséricordieux, sans le concept de Dieu père de toute l’humanité et toujours présent en chacun de nous".


Hiroko Nakamura, traductrice appréciée de livres de récits italiens, ne croit pas que la relative facilité avec laquelle les Japonais en arrivent à la décision de renoncer à la vie doive être imputée à leur apparent athéisme :

“Au contraire, je pense que c’est justement notre croyance religieuse la plus répandue, le bouddhisme, qui nous rend l’idée du suicide plus facilement acceptable comme solution extrême à nos problèmes terrestres, aussi bien matériels que spirituels. Le bouddhisme prêche la réincarnation, c’est-à-dire le transfert de l’âme d’un individu dans un autre corps physique, pas nécessairement humain. La vie est considérée comme une épreuve permettant de gagner une nouvelle vie, en progressant d’existence en existence vers le nirvana, l'éternelle béatitude céleste. Lorsque l’on croit à cela, il est plus facile, quand la pression des problèmes de la vie semble insoutenable, de céder à la tentation de tout laisser derrière soi et de tenter de faire mieux dans l'existence suivante. Bouddha, Jésus, saint François, Gandhi, nous les avons connus dans leur dernière existence, avant qu’ils ne parviennent au nirvana".


L’évêque catholique de Tokyo, Paul Kazuhiro Mori, est d’accord avec le nonce Bottari de Castello pour penser que le concept de Dieu et celui du péché font défaut aux Japonais. Lorsqu’un Japonais décide de se donner la mort, il ne considère pas qu’il enfreint une loi divine, il n’éprouve pas de remords de ce qu’il fait. Il n’y voit rien de condamnable, de négatif du point de vue éthique. Au contraire, en se suicidant, le Japonais sauve son honneur et celui de sa famille, s’il en a encore une.

“Lorsque vous, journalistes, venez au Japon”, nous dit Mgr Mori, “vous admirez nos réussites extraordinaires dans le domaine social. Écoles, hôpitaux, abondance de biens matériels, salaires élevés, faible niveau de criminalité, sécurité sur les routes, transports publics admirés par le monde entier, industries florissantes, ordre public très stable. Si vous considérez que c’est le bien-être social qui donne le bonheur, alors vous pouvez conclure que notre pays est un pays heureux, dans les limites humaines. Mais si vous voulez bien regarder en-dessous de cette croûte d’abondance matérielle, alors vous découvrirez l’un des pays les plus pauvres qui soient, quant au respect de l’individu et à sa nourriture spirituelle".


 
Les chiffres officiels, en dépit de leur effrayante cruauté, ne sont rien par rapport à ce qu’ils dissimulent. D’après certaines sources, le nombre réel de suicides est au moins deux fois plus élevé que celui des suicides déclarés ; les tentatives qui échouent sont au moins une douzaine de fois plus nombreuses que celles qui aboutissent à la mort, et ceux qui sont en train de préparer leur suicide sont aussi nombreux. "Vivre au Japon, c’est comme vivre une guerre en première ligne", a dit un jour le célèbre écrivain bouddhiste Hiroyuki Itsukio. Et il se demandait : si l’on a qualifié de "guerre civile sauvage" la guerre entre les catholiques et les protestants en Irlande du Nord, qui a coûté la vie à 5 000 personnes en 40 ans, alors comment faudrait-il qualifier la situation au Japon où, pendant la même période, au moins un million de personnes se sont donné la mort ?

“Je suis tout à fait d’accord avec Itsukio”, commente Mgr Mori. “L’opinion publique s’indignait en prenant connaissance des informations concernant cette guerre fratricide. Mais personne ne semblait se préoccuper de ce carnage qui s’accomplit sous nos yeux tous les jours depuis tant d’années”.


***



Le révérend Samuel Koji Arai, 80 ans très bien portés, est pasteur de l’Église protestante interdénominationnelle du quartier de Mabashi. Ses fidèles sont environ un millier et ils appartiennent en grande partie à la couche sociale moyenne-supérieure.

“Mais il n’y en avait qu’une douzaine quand je suis arrivé, il y a 46 ans” nous dit-il. Pour nous souhaiter la bienvenue, il s’est arrêté au milieu d’une fugue de Bach qu’il était en train de jouer à l’orgue. À côté de l’orgue, il y a deux pianos et un violoncelle. “Nous faisons beaucoup de musique”, dit-il en souriant, “du classique avec les vieux, du rock avec les jeunes. Quand je parle à mes fidèles aussi, je dois utiliser deux langages : l’un pour les jeunes et l’autre pour les personnes âgées. Ils vivent dans des mondes différents. Il est plus facile pour les jeunes de comprendre le message de l’Évangile, parce que l’Évangile est révolution. Mais les vieux sont si profondément enracinés dans la tradition japonaise que pour eux l’Évangile est souvent incompréhensible. Les suicides ? Je n’ai pas le moindre doute quant à leur cause : c’est l’absence de Dieu dans la vie des Japonais. Leur vie frénétique, vouée à la consommation, à l’hédonisme, me rappelle les Hébreux qui dansaient autour du veau d’or et oubliaient Dieu. Une fois dissipée l’ivresse de l’alcool ou l’excitation de la danse, on se retrouve seul, sans but, sans valeur qui transcende le bien-être physique. On voit la vie comme une course à qui franchira la dernière ligne d’arrivée. Après la ligne d’arrivée, c’est l’obscurité. Et l’on se demande si cela vaut la peine de continuer à lutter pour gagner toujours plus, pour dépenser toujours plus, pour se soigner toujours plus, pour finir, de toute façon, tout seul dans une résidence pour personnes âgées riches ou dans un hospice. Alors l’idée de se jeter sous un train commence à entrer dans la tête de plus en plus souvent, jusqu’au jour où l’on descend les escaliers du métro pour la dernière fois. Il aurait suffi de pouvoir dire 'Jésus, aide-moi', il aurait suffi de lever les yeux au ciel, sans avoir même besoin de dire ces trois mots, et la vie aurait eu une toute autre saveur, un tout autre sens. Quatre fois par heure je me sens en faute, quatre fois par heure je sens comme un coup de poing dans l’estomac. Ces quatre frères qui, à chaque heure du jour et de la nuit, s’en vont sans connaître Dieu, je les ressens comme quatre échecs de ma mission de pasteur. Nous, Église, devrions faire beaucoup plus".


“L’Église catholique a beaucoup fait au Japon, mais elle peut certainement faire davantage" nous dit le nonce Bottari.

“Nous avons construit des écoles, des hôpitaux, des collèges, des universités. Nos écoles sont très appréciées. L’Université Sophia de Tokyo est l’une des plus prestigieuses du pays. Nous finançons aussi un téléphone amical géré par des protestants pour apporter une assistance psychologique à ceux qui ont décidé de se donner la mort. Mais là nous sommes confrontés à un grand drame national. Pour agir positivement sur le phénomène des suicides, nous devons faire pénétrer dans la culture japonaise le concept de Dieu et celui du caractère sacré de la vie. Pour le moment, c’est un objectif encore lointain. Il y a un peu plus d’un million de catholiques au Japon, dont plus de la moitié sont des immigrés. Nous enregistrons chaque année environ 4 000 conversions, notre vision de Dieu avance, mais lentement. Il y a une question que je me pose depuis des années sans trouver de réponse satisfaisante : pourquoi les Japonais, qui ont fait de la courtoisie et du respect du prochain la base de leur comportement social, sont-ils tellement réfractaires au message d’amour universel de l’Évangile ? Pourquoi ne se convertissent-ils pas ? Je crois que l’obstacle principal est leur profond enracinement dans leur culture millénaire, qui les amène à percevoir la conversion à une foi monothéiste occidentale comme une trahison des traditions, de la patrie et de toute la civilisation orientale en général".



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En effet, les Japonais ont avec l’Occident un classique rapport amour-haine. Ils sont attirés par les valeurs exprimées par la culture occidentale dans tous les domaines : sciences, arts, littérature, architecture, musique, médecine, recherche spatiale, mais en même temps ils se sentent victimes d’une colonisation intellectuelle. “Dans tous les domaines c’est vous qui établissez les règles, les critères de jugement, l’esthétique et même l’éthique”, nous dit Kyoko Asada, japonaise et écrivain. “ C’est vous qui, depuis des siècles, vous arrogez le droit de définir ce qui est bien et ce qui est mal, ce qui est beau et ce qui est laid, quel est le vrai dieu et quel est le faux".

L’évêque Mori lui donne en partie raison quand il nous dit :

"Au Japon, il y a en réalité un grand besoin de valeurs religieuses, il y a même des fidèles qui pratiquent deux religions différentes. Mais l’Église ne parvient pas à satisfaire cette soif de religiosité parce qu’elle se trompe de stratégie : l’Église ne doit pas se limiter à faire connaître la doctrine, la foi et les traditions catholiques, mais elle doit trouver le moyen de les combiner avec la culture et avec les problèmes de la vie quotidienne des Japonais, en évitant la fracture entre l’enseignement de la doctrine et le quotidien de la vie au Japon. Evidemment c’est une tâche très difficile, rendue encore plus ardue par la diminution des vocations et par le vieillissement des prêtres locaux".



L’évêque Mori pense-t-il qu’il y a de l’espoir ?

“Oui, je crois que oui. Il me suffit de penser à l’exemple de mère Teresa, qui a su trouver la manière de parler au cœur des Indiens par-dessus les différences de foi, grâce au simple langage de ses actes. Si nous réussissons, nous aussi, à donner un grand témoignage de l’amour de Jésus, je pense que nous pourrons également ralentir de manière significative l’avalanche de suicides qui afflige ce pays".


Dans un récent débat télévisé auquel participaient trois jeunes femmes ayant tenté de se suicider, l’une d’elles, Shinohara Eiji, 26 ans, a raconté son drame, qui a commencé au lycée où l’on se moquait d’elle parce qu’elle était grosse. Cette humiliation permanente, année après année, l’a conduite à la décision de mettre fin à ses jours. Quand elle est sortie de l’hôpital où elle avait été soignée parce qu’elle s’était tranché les veines, elle a été accueillie, à son retour à la maison, par son père qui l’a embrassée. C’était la première fois de sa vie que son père la prenait dans ses bras. “On ne s’est pas dit un mot, mais à ce moment-là, dans ses bras, j’ai compris que la vie était belle et qu’elle valait la peine d’être vécue".

Les trois jeunes femmes se sont trouvées d’accord pour estimer que ce dont elles auraient eu besoin pour vaincre le désespoir était “ai o kometa osekkai”. "Ai o kometa” signifie “être accompagnées, motivées, par l’amour”, et “osekkai” veut dire “faire l’objet d’intérêt et d’attention” : une manière japonaise de faire comprendre qu’elles auraient eu besoin de quelqu’un qui se serait intéressé avec amour à leurs problèmes. Pour dire les choses plus simplement, un peu d’amour les aurait empêchées de faire ce geste extrême. Et ce ne sont pas les biens matériels et les justes redistributions de richesses qui peuvent garantir cet amour. Dieu le peut.



A propos de la récente béatification de 188 martyrs japonais :

> Le samouraï à la croix. Extrait des actes des martyrs du Japon
(26.11.2008)


A propos de l'inculturation de la foi chrétienne, la conférence faite à Macerata, le 4 mars 2010, par le cardinal Camillo Ruini lors du colloque international consacré à Matteo Ricci :

> Ragione, cultura e fede


Sur la photo de Silvio Piersanti, prières dans un temple bouddhiste du quartier d’Asagaya à Tokyo.



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

02.03.2010

Card. Rylko, Le père Matteo Ricci et le dialogue entre foi et culture

Texte intégral de la conférence du cardinal Rylko sur le P. Matteo Ricci

Une des figures « les plus significatives de l’histoire de l’humanité »

 

matteo ricci


ROME, Jeudi 25 février 2010 (ZENIT.org) - Pour le cardinal Rylko, le P. Matteo Ricci, sj, est « une figure comptant parmi les plus significatives de l'histoire de l'humanité » : un savant et un missionnaire qui « jeta les bases d'un développement de la connaissance réciproque et du dialogue entre l'Orient et l'Occident ».

Soulignant l'actualité du P. Ricci, il ajoute : « L'exemple du père Ricci indique clairement la route à suivre pour vaincre la méfiance et préparer le terrain en vue d'une collaboration effective et durable ».

Le cardinal Stanislas Rylko, président du Conseil pontifical pour les laïcs est intervenu à Paris, à l'UNESCO, de façon passionnante sur le thème : « Le père Matteo Ricci et le dialogue entre foi et culture », lors du colloque du 16 février, sur le thème : « Aux carrefours de l'histoire : le jésuite Matteo Ricci (1552-1610) entre Rome et Pékin ».



« Le père Matteo Ricci et le dialogue entre foi et culture »

par le card. Rylko

Mesdames et Messieurs,

J'adresse mes salutations les plus cordiales à toutes les personnes présentes à la projection du document-film « Matteo Ricci. Un jésuite au royaume du Dragon », et en particulier aux autorités de l'UNESCO qui ont permis la réalisation de cet événement. Une initiative - parmi de nombreuses autres - qui, pour le IVème centenaire de sa mort, nous fournit l'occasion de faire mémoire d'une figure comptant parmi les plus significatives de l'histoire de l'humanité et d'honorer sa stature spirituelle et intellectuelle. Homme de science et missionnaire, à une époque de grand ferment culturel et économique, à cheval entre le XVIème et le XVIIème siècle, Matteo Ricci jeta les bases d'un développement de la connaissance réciproque et du dialogue entre l'Orient et l'Occident ; entre Rome, cœur de la chrétienté, et Pékin, où depuis plus de deux siècles régnait la grande dynastie des Ming.

Ce jésuite, originaire de Macerata, dans les Marches italiennes, s'est gagné l'estime et l'admiration, en Chine comme en Europe, pour avoir ouvert la voie à la rencontre entre deux cultures aussi éloignées qu'inconnues l'une de l'autre ; une entreprise extraordinaire, plusieurs fois tentée par d'autres précédemment, mais que personne n'était jamais parvenu à faire aboutir. Et, par bien des aspects, bien plus importante par rapport à ce qu'avait fait et raconté l'autre grand Italien, Marco Polo, qui était entré indirectement en contact avec la Chine, trois siècles auparavant, par le biais d'échanges commerciaux avec les Mongols. L'œuvre du père Matteo Ricci mérite donc d'être davantage connue et approfondie, aussi bien pour mieux en comprendre les raisons et les modalités que pour mettre en valeur son actualité indéniable et permanente.

Les célébrations du IVème centenaire de sa naissance au Ciel constituent donc une heureuse occasion de relire cette œuvre, de retrouver le témoignage de Matteo Ricci et, par là même, l'enseignement qui en dérive pour notre monde, engagé précisément à tisser des rapports stables et constructifs entre l'Orient et l'Occident, entre le grand peuple chinois et les autres peuples. L'exemple du père Ricci indique clairement la route à suivre pour vaincre la méfiance et préparer le terrain en vue d'une collaboration effective et durable. Quel est donc son témoignage ? Quel chemin a-t-il entrepris ? Et nous, comment pouvons-nous l'aborder aujourd'hui ?

En dépit des difficultés de la langue, de la politique très fermée de la dynastie Ming et de la nouveauté totale des rapports avec le peuple chinois, Matteo Ricci sut développer un dialogue basé sur l'amitié, sur le respect des us et coutumes, sur la connaissance de l'esprit et de l'histoire de la Chine. C'est cette attitude, dépourvue de préjugés et de tout esprit de conquête, qui a permis à ce jésuite européen d'établir avec le peuple chinois un rapport de confiance et d'estime. Ce n'est pas un hasard si sa première œuvre en langue chinoise fut consacrée au thème de l'amitié. Or, ce recueil de 100 maximes sur l'amitié, puisées chez les classiques grecs et latins, suscita une grande stupeur chez les Chinois qui admirèrent la sagesse et la richesse spirituelle de cet homme venu de l'extrême Occident.

Toutefois, le père Matteo Ricci, ne se limita pas à manifester son amitié à l'égard du peuple chinois et son intérêt pour sa vie et sa culture. Il s'engagea pleinement pour apprendre sa langue et approfondit l'étude des classiques confucéens, au point d'être considéré comme un expert égal, sinon supérieur, aux lettrés chinois qui se pressaient pour le connaître et s'entretenir avec lui. En somme, il se fit Chinois parmi les Chinois, en s'adaptant en tout à leurs coutumes et en adoptant - après dix années d'analyse attentive et de connaissance de leur réalité - le profil et la teneur de vie du lettré, c'est-à-dire de cette catégorie de personnes qui orientait et guidait la société chinoise dans la ligne de la continuité avec la philosophie et la tradition confucéennes.

Ce trait caractéristique de son approche de la Chine ne doit certes pas être dissocié de l'échange culturel bénéfique qu'il instaura avec les Chinois sur tous les fronts du savoir humain. De la cartographie à l'astronomie, de la philosophie à la religion, des mathématiques aux techniques mnémoniques, en passant par les horloges mécaniques, la peinture et la musique : aucun domaine du savoir humain qui n'ait constitué un terrain fécond de confrontation et d'enrichissement réciproque entre les Chinois et cet homme que la Providence, selon ses amis lettrés chinois eux-mêmes, avait envoyé pour donner encore plus de lustre à la dynastie des Ming et pour faire participer les Chinois aux progrès que la science et la technique avaient réalisés au cours de la Renaissance européenne. Un exemple parmi tant d'autres de la haute considération en laquelle il était tenue : dès son arrivée à Pékin en 1601, selon la volonté de l'empereur Wanli, tous ses frais furent pris en charge par le trésor public et, à sa mort, le 11 mai 1610, il eut le privilège - jamais concédé jusqu'alors à un étranger - d'être enterré dans la Cité impériale. Ce n'est pas non plus un hasard si rien moins que la direction de l'Observatoire astronomique de Pékin et la révision du Calendrier chinois, achevée quelques années après la mort de Matteo Ricci, furent confiées aux jésuites qui poursuivirent son œuvre. La vaste documentation conservée dans l'ancien Observatoire astronomique de Pékin et l'inscription du père Matteo Ricci parmi les personnages les plus illustres de Chine témoignent aujourd'hui encore de la gratitude des Chinois pour la contribution apportée par le missionnaire jésuite et par ses confrères au progrès des connaissances humanistes et scientifiques dans leur pays.

Mais en quoi s'enracinait l'intuition géniale du père Matteo Ricci ? Quel peut être le motif de son actualité permanente ? Ce ne furent ni l'esprit d'aventure, ni la volonté de se faire l'ambassadeur de la Renaissance européenne en Chine qui poussèrent le missionnaire jésuite, mais bien le désir d'apporter au grand peuple chinois l'annonce évangélique comme couronnement de ce riche cheminement culturel et social qu'il allait d'ailleurs admirer et apprécier, comme en témoignent sa correspondance et son célèbre et minutieux compte-rendu autographe intitulé De l'entrée de la Compagnie de Jésus et de la Chrétienté en Chine.

Formé à la rigoureuse école des Jésuites et fasciné par l'esprit missionnaire de saint François-Xavier, qui avait dépensé sa vie pour l'évangélisation de l'Orient, alors qu'il n'avait pas encore trente ans, et avec une grande ardeur missionnaire, il commence son entreprise par Macao en 1582. A la différence de ceux qui l'avaient précédé dans les nombreuses tentatives d'entrer en Chine, le père Matteo Ricci comprend qu'il faut trouver une nouvelle méthode pour voir la culture chinoise s'ouvrir à la nouveauté de l'Evangile. Avec ses confrères responsables des missions de l'Orient, en particulier avec le père Alessandro Valignano, il élabore donc une nouvelle stratégie que l'on pourrait résumer par le mot " inculturation " : une optique dans laquelle la culture du peuple chinois n'est plus un obstacle à surmonter, mais une ressource pour l'Evangile.

Cette originalité de la méthode de Matteo Ricci, née d'une vision de la foi qui ne s'oppose ni à la science, ni à la raison, ni à la culture, mais qui entre en harmonie profonde et substantielle avec elles, a été soulignée par le pape Benoît XVI dans son Message pour le IVème centenaire de la mort du père Ricci :

« En considérant son intense activité scientifique et spirituelle, on ne peut manquer de rester favorablement impressionné par la capacité innovatrice et particulière avec laquelle il se familiarisa, dans un plein respect, avec les traditions culturelles et spirituelles chinoises dans leur ensemble. Cette attitude a en effet caractérisé sa mission visant à rechercher la plus grande harmonie possible entre la noble civilisation chinoise millénaire et la nouveauté chrétienne, qui est ferment de libération et de renouveau authentique au sein de toute société, étant donné que l'Evangile est un message universel de salut, destiné à tous les hommes, quel que soit le contexte culturel et religieux auquel ils appartiennent » (Benoît XVI, Message à S. Exc. Claudio Giuliodori, évêque de Macerata, 6 mai 2009).


Voilà pourquoi il est donc tout à fait approprié de commémorer, au siège de l'UNESCO aussi, le père Matteo Ricci, un grand homme qui a su tisser un réseau de relations et d'échanges culturels sans égaux dans l'histoire de l'humanité, en aidant ainsi l'Europe à connaître et à découvrir la sagesse et la civilisation chinoises et en introduisant en Chine, d'une manière judicieuse et avec beaucoup d'intelligence, le patrimoine de culture, de science, d'art et de foi de l'Occident. Il a concrètement démontré, de la sorte, que l'Evangile, précisément parce qu'il conduit au cœur de la vérité sur l'homme et sur son destin, est en mesure de se rapporter positivement à toute culture et à toute société capables de reconnaître la dignité et la grandeur de la personne humaine. Son labeur intellectuel et spirituel a eu pour finalité ultime de greffer dans les consciences et dans la culture chinoise les germes de la nouveauté et de la plénitude de la Révélation chrétienne. Il savait que le plus grand don que les chrétiens peuvent offrir aux peuples de l'Asie, c'est d'annoncer Jésus-Christ, qui répond à leur profonde quête d'Absolu et dévoile les vérités et les valeurs qui garantissent un développement intégral (cf. Jean-Paul II, Exhortation apostolique Ecclesia in Asia, n̊ 20).

Un an avant sa mort, il écrivait au Supérieur de la vice-province du Japon et de la Chine :

« Les Chinois ont une belle intelligence naturelle et aiguë ; ce qui transparaît bien dans leurs livres, dans leurs discours [...] et dans le gouvernement de cette machine qui émerveille tout l'Orient. Aussi, si nous pouvions leur enseigner nos sciences, [...] pourrions-nous à travers elles les conduire aisément à notre sainte loi et ils n'oublieront jamais un si grand bienfait, [...] car ne leur ayant enseigné jusqu'ici que peu de choses des sciences mathématiques et de la cosmographie, ils nous en sont tellement reconnaissants que bien des fois j'ai entendu, de mes oreilles, dire de personnes importantes que nous avons ouverts les yeux aux Chinois qui étaient aveugles ; et ils ne parlaient que de ces sciences naturelles que j'ai dites, de la mathématique ; que diront-ils donc des autres [...] comme les sciences physiques, métaphysiques, théologiques et surnaturelles ? » (Lettre au P. Francesco Pasio. Pékin, le 15 du mois de février 1609).

Ces mots explicitent, on ne peut mieux, aussi bien l'esprit qui animait son engagement missionnaire que la méthode avec laquelle le père Matteo Ricci a tracé un sentier indélébile dans l'histoire des rapports entre les peuples et les civilisations et du rapport entre la foi et les cultures. Ambassadeur d'amitié et de vérité, quatre cents ans après sa mort, il se dresse encore comme un exemple fulgurant d'ouverture universelle et de capacité à bâtir des ponts entre les civilisations et les cultures, en se faisant - en tant que messager de l'Evangile - l'artisan du bien véritable et du développement authentique des peuples. Je vous remercie de votre attention.

© PCPL

24.11.2009

La vie consacrée et la culture numérique

Congrès à Rome sur l’usage des médias dans les communautés religieuses



ROME, Mardi 24 novembre 2009 (ZENIT.org) - La culture numérique et le virtuel traversent désormais aussi la vie consacrée, qui est donc appelée à s'interroger sérieusement sur le changement qui s'opère en l'homme et dans sa manière d'être, au plan religieux et comme croyant.

C'est la réflexion qui ressort du récent congrès sur « l'utilisation et les abus des moyens de communication en communauté », organisé les 20 et 21 novembre à l'université pontificale « Regina Apostolorum » (APRA) de Rome. 

 


Dans son intervention, Marcela Lombard, professeur à l'Institut supérieur des sciences religieuses de l'APRA, a rappelé que l'Eglise ne condamne pas les moyens de communication, qui sont « des dons de Dieu », mais invite à aborder avec réalisme et prudence ces moyens qui peuvent comporter « certains risques pour la vie intérieure et le vécu authentique et réel, au-delà même de la vie consacrée, de vertus importantes pour la vie chrétienne ».

« La vision du sexe comme divertissement, l'infidélité et l'absence d'une vision morale et spirituelle du contrat de mariage sont décrits de manière acritique dans les moyens de communication », a-t-elle souligné. Si bien que la personne consacrée est « exposée à ces images qui pénètrent la conscience morale des personnes et peuvent provoquer son relâchement ». 

« Dans la publicité, a-t-elle poursuivi, on tend à créer des nécessités à l'égard de produits ou de services dont on n'a, en réalité, pas besoin », ceci exigeant donc une plus grande capacité à identifier ce qui est essentiel.  

Généralement, dans les moyens de communication, le pouvoir est exalté, la transgression proposée et vantée, l'autorité contestée et sous-évaluée.

« Les vertus cardinales doivent se cultiver afin que les moyens de communication ne portent pas atteinte à la vie chrétienne et consacrée, a souligné Marcela Lombard : la prudence, la justice, la force et la tempérance appliquées à l'usage des moyens de communication éviteront de tomber dans l'abus ».  

Autre intervention au congrès de l'APRA, celle de l'écrivain Ángeles Conde qui a souligné pour sa part, comment l'Eglise continue d'inviter les fidèles et les agents de la pastorale à intégrer l'Evangile dans la nouvelle culture créée par la communication moderne pour pouvoir transformer le continent numérique en utilisant l'unique Parole qui peut sauver l'homme : le Verbe incarné. 

Cette « inculturation médiatique », a-t-elle dit, est possible pour tous et aussi pour les religieuses qui souhaitent vivre leur charisme en évangélisant les laïcs, impliquant les jeunes et cherchant les vocations là où elles se trouvent, donc aussi sur Internet.

D'innombrables initiatives de ce genre existent déjà : du Vatican sur You Tube aux cours de catéchèses on-line, aux écoles de prière sur le web. 

« L'Eglise peut donner du sens et une dimension humaine à la culture numérique, a-t-elle ajouté. Mais il faut qu'elle soit plus présente, ce qui demande un élan tous azimuts, plus de formation à la communication, auprès notamment des agents de la pastorale; plus d'intérêt à collaborer avec les autres initiatives catholiques ; mêler l'initiative et la créativité à la prudence évangélique pour offrir un service permanent d'animation évangélique dans cette culture numérique, en encourageant les laïcs, spécialement les jeunes, à devenir sur le web de vrais apôtres et missionnaires auprès de leurs contemporains » .  

Selon sœur Nicla Spezzati, a.s.c., professeur à l'Institut de théologie de la vie consacrée « Claretianum », « nous vivons dans les cultures des médias qui nous proposent une hiérarchie interprétative du monde : de bas en haut, selon l'indication d'Edmund Husserl, mais aussi de haut en bas » . 

Les médias, a-t-elle expliqué, « procèdent par généralisations toujours plus amples jusqu'à massifier une donnée occasionnelle et accidentelle » et « en même temps construisent ‘d'en haut' des nouvelles et des images qui descendent comme paramètres d'interprétation visant à orienter et diriger les convictions personnelles et locales » .

Dans la civilisation médiatique actuelle, les moyens de communication sont devenus « un 'acteur substantiel' dans la compréhension des processus sociaux, jusqu'à influencer de manière réductive la personne humaine, sujet pensant qui devient sujet voyant d'une 'représentation' de la réalité ». 

C'est pourquoi, « devant notre téléviseur, nos défenses s'amenuisent, nous devenons vulnérables et sensibles à une séduction multi sensorielle », tout ceci finissant par créer « une inversion dans  la ‘relation de pouvoir' entre le consommateur et le producteur d'images et d'informations » .  

Les médias, a expliqué  encore sœur Nicla Spezzati, annulent « le lieu réel de la communauté, de la croissance humaine, le remplaçant, peu à peu, par les 'non-lieux' de l'homo videns, de l'homo tecnologicus-oeconomicus ». 

Mais ce qui est encore plus dangereux, a-t-elle ajouté, c'est que ces médias ouvrent la voie à « un processus d'individualisme, solipsisme selon lequel la personne vit en communauté mais comme une 'étrangère', une 'touriste'; se rattache et grandit en relation avec un monde tout autre », un monde fait « d'images positives et gratifiantes de beauté, de sérénité, de rêve, d'affirmation professionnelle, de relations humaines satisfaisantes » ; un monde capable de « faire taire angoisses et insatisfactions », de « se détourner de la réalité quotidienne » et d'« intégrer les relations humaines peu gratifiantes » . 

Pour cela, il est nécessaire de se réapproprier cette attitude critique qui permet de déchiffrer et de reconnaître la « force » des communautés religieuses ; cette lecture critique du langage que les médias utilisent, mélangeant les choses et les faits, pour représenter la réalité » .  

Il est en même temps nécessaire de prendre des décisions concrètes qui soient en mesure d'influer sur toute la vie communautaire, sur la vie personnelle, donnant forme « à un environnement où le climat habituel serait celui d'un regard sage, attentif, amoureux de la vie et des personnes »; « qui permet à l'intellect de respirer, de sonder avec amour et simplicité » soutenu « par son sens de l'écoute et du silence », « par le simple partage du fruit de ses propres efforts », « par sa passion pour l'homme dans sa quête de sens et ses souffrances ». 

Mirko Testa

27.10.2009

'Entre Rome et Pékin' : Exposition sur Matteo Ricci au Vatican

« Entre Rome et Pékin » : Exposition sur Matteo Ricci au Vatican

IVe centenaire de la mort du grand jésuite italien


ROME, Lundi 26 octobre 2009 (ZENIT.org) - « Entre Rome et Pékin » : une exposition sur Matteo Ricci est organisée sur ce thème au Vatican sous la direction du prof. Antonio Paolucci. Elle sera présentée mercredi prochain, 28 octobre. 

 

 


Tombe de Matteo Ricci à Pékin


L'exposition est organisée par le Comité pour les célébrations du IVe centenaire de la mort du P. Matteo Ricci (1552-1610), en collaboration avec les Musées du Vatican, la curie généralice des jésuites et l'université pontificale grégorienne. 

Elle est organisée place Saint-Pierre dans le « bras de Charlemagne, » du nom de la statue équestre de Charlemagne qui trône au départ du côté gauche (en regardant la basilique Saint-Pierre) de la colonnade du Bernin. L'exposition sera ouverte du 30 octobre 2009 au 24 janvier 2010. 

La conférence de presse sera présidée par le cardinal Giovanni Lajolo, président du gouvernorat de l'Etat de la Cité du Vatican, qui sera entouré de Mgr Claudio Giuliodori, évêque de Macerata-Tolentino-Recanati-Cingoli-Treia, du prof. Antonio Paolucci, directeur des Musées du Vatican, du prof. Giovanni Morello, président de la Fondation pour les Biens et activités artistiques de l'Eglise, de l'avocat Adriano Ciaffi, président du comité promoteur pour les célébrations du IVe centenaire de la mort du P. Matteo Ricci, et du P. Federico Lombardi, s.j., directeur de la salle de presse du Saint-Siège. 

Déjà, en mai dernier, le pape Benoît XVI a invité à « approfondir la connaissance »  de la « personnalité » et de l' « activité  » du P. Matteo Ricci, s.j., et spécialement du Traité sur l'Amitié (De amicitia - Jiaoyoulun) dans lequel le pape voit un « modèle de rencontre fructueuse entre les civilisations européenne et chinoise » et pour « l'inculturation du christianisme en Chine ». 

Le pape Benoît XVI a adressé un message à Mgr Claudio Giugliodori, évêque de Macerata-Tolentino-Recanati-Cingoli-Treia, à l'occasion de différentes initiatives pour la célébration du IVe centenaire de la mort, survenue à Pékin le 11 mai 1610, du P. Matteo Ricci, jésuite, apôtre en Chine, et originaire de Macerata. 

Anita S. Bourdin

 

10.08.2009

Les évêques d'Asie réunis pour relever le défi de l'évangélisation

La Fédération des Conférences épiscopales d’Asie se réunit pendant toute la semaine à Manille. Plus de cent cardinaux et évêques venus de tout le continent, représentant environ 120 millions de chrétiens. Avec en toile de fond l’inquiétude suscitée par les récentes vagues de violence antichrétienne et par les atteintes aux libertés dans plusieurs pays du continent.

 


L’Asie est le continent le plus peuplé de la terre, mais c’est aussi celui où les catholiques sont les moins nombreux. Le défi de l’évangélisation y est donc important pour l’avenir de l’Eglise.

Parmi les thèmes à l’ordre du jour de cette assemblée figure la question cruciale de la liberté religieuse. En Asie, les minorités chrétiennes sont la cible de discriminations, harcèlements, intimidations, avec la complicité passive des forces de sécurité. Comment ne pas penser à l’Inde, au Pakistan, au Népal ?

Les participants entendent soulever aussi la question de la communication qui devrait être améliorée. Les chrétiens ne parviennent pas à se faire entendre en Asie où ils sont souvent assimilés à des ennemis. Leur présence dans les médias devient essentielle.

A Manille, cette semaine, on parlera également des travailleurs migrants et des déplacés; de la crise économique et de l’absence de démocratie, de l’inculturation de la liturgie dans le respect de la tradition.

Un agenda chargé pour une assemblée qui n’a lieu que tous les 4 ans. Signe de l’importance des enjeux: Benoît XVI y est représenté par un envoyé spécial : le cardinal Francis Arinze, Préfet émérite de la Congrégation romaine pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements.


*****


Après les violences perpétrées au début du mois au Pakistan, les chrétiens ont lancé une pétition pour faire abolir la loi anti-blasphème, l'une des plus sévères dans le monde. Cette loi, qui prévoit la peine de mort, est souvent utilisée comme prétexte pour déclencher des attaques contre les minorités. La communauté chrétienne compte profiter de la vague d’indignation suscitée par les récentes violences, vraisemblablement planifiées depuis longtemps, pour faire pression sur les autorités pakistanaises. Ces jours derniers, le premier ministre pakistanais s’est dit favorable à une révision des lois qui portent atteinte à l’harmonie religieuse.

(Radio Vatican)

05.06.2009

Mission et émigration: 'Le sac avec la ficelle'

MISSION ET ÉMIGRATION - “Le sac avec la ficelle” : quelles réponses donner aujourd’hui, sans tomber, à notre tour, dans la démagogie ou dans le néo-paternalisme d’assistance


Roma (Agence Fides) – “Le sac avec la ficelle” : 4 rendez-vous d’une enquête sur l’émigration qui seront transmises sur RaiUno, dans la seconde partie de la soirée à partir du lundi 22 juin, pour le courage de la démocratie, non en parole mais en fait. Démocratie et réalisme concret des règles qui aujourd’hui ont changé des régions illimitées de notre planète. Territoire d’espérance qui attirent des millions de désespérés.

Si le colonialisme et l’inculturation ont échoué, justement parce qu’ils se fondent sur les logiques de l’idéologie du siècle passé, alors quelles réponses donner aujourd’hui, sans pour cela tomber, à notre tour, dans la démagogie ou dans le néo-paternalisme assistance. Le temps est-il à sa fin ? L’imbrication de l’histoire recueillie dans tous les continents ne pourra donner une réponse, mais seulement accentuer une demande ou plusieurs demandes. Être voix. Cela pour tous les programmes.

“La valise avec la ficelle” pour tourner la demande à travers la Télévision devant des millions de personnes, c’est-à-dire devant nous tous, qui ensuite, à la fin de l’histoire, sommes tous protagonistes. Émigrant ? Toi ou nous ? Es-tu toi ou est-tu nous, un de nous. La valise avec la ficelle parce que, en conclusion, aujourd’hui où tout tourne plus vite dans notre perception, la parole émigrant a encore une signification, parce qu’elle n’a plus de valise ? Et cette ficelle visible autour du cou ?... L’émigration ne peut continuer à être l’énième affaire pour la criminalité organisée de la planète.

L’idée de fond de cette enquête est de se rappeler que derrière chaque femme, homme, quelque soit sa condition, il y a une Personne. Et jamais, comme dans ce cas, le raisonnement s’élargit à un phénomène planétaire qui implique tout le monde et qui change tout le monde. Nous ne pouvons plus tourner la tête d’un autre côté. Le monde change, et sommes-nous changés ? Quelles lois peuvent arrêter un tsunami humain du désespoir et de la misère qui frappe dans une ville comme Rome, des enfants à dormir dans les trous de la rue. Quand on arrive de nulle part, même un trou devient une région, mais combien d’entre nous peuvent accepter cela ? Et même si personne ne connaît la solution réelle du problème, nous devons trouver la réponse. L’émigration ne peut continuer à être l’énième affaire pour la criminalité organisée de la planète. (Luca De Mata)


(Agence Fides 3/6/2009)