25/05/2010

« Première femme ordonnée prêtre en Italie », des gros titres ambigus…

« Pour la première fois en Italie, une femme a été ordonnée prêtre ce samedi dans une église du centre historique de Rome, à quelques encablures seulement du Vatican qui, malgré une crise des vocations, se refuse à l’accession des femmes à la prêtrise ». Voici quelques lignes émises par des agences de presse qui ont été au cours des derniers jours largement reprises, et qui laissent entendre qu’une femme a été ordonnée prêtre au sein de l’Église Catholique, or il n’en est rien et ces titres jouent probablement sur une ambiguïté.

 

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En effet, c’est la « vieille Église » qui a ordonné « prêtre », samedi 24 mai à Rome, une femme : Maria Vittoria Longhitano (photo). Certains articles annoncent même que c’est au grand dam « du Vatican »… Or le Saint-Siège n’a absolument pas commenté les faits et par ailleurs les « vétérocatholiques » n’ont plus aucun lien avec le Pape depuis le concile Vatican I (précédant de plus d’un siècle l’excommunication de Mgr Lefèbvre), lors duquel ils s’opposèrent à la proclamation du dogme de l’infaillibilité pontificale.

Cette « vétéro-Église » appelée également « Vielle Église » est une congrégation qui groupe quelques milliers de fidèles en Europe, rassemblés dans un mouvement nommé l’Union d’Utrecht, en partie liés aux Anglicans. Comme tous les groupes qui ont contesté l’autorité pontificale et qui s’en sont affranchis, la première communauté se subdivise à chaque génération en des communautés rivales qui ajoutent divers qualificatifs à leurs titres comme le font les Églises évangéliques…

Samedi 24 mai l’évêque vétérocatholique d’Utrecht a « ordonné » prêtre une mère de famille dans une église anglicane jouxtant la place d’Espagne, ce n’était donc pas vraiment, comme le sous entendent certains médias, sous les fenêtres de Benoît XVI…

Sans revenir sur les raisons théologiques qui s’opposent à l’ordination sacerdotale de femmes, il est intéressant de rappeler que l’Église Anglicane a fait le choix depuis 1984 d’ordonner des femmes à la prêtrise et plus récemment à l’épiscopat. Des ordinations qui n’ont guère été commentées par le Saint-Siège hormis pour annoncer que cela modifie les conditions du dialogue entre catholiques et anglicans.

A travers cette affaire qui ne concerne finalement qu’un groupe schismatique bien réduit, il est surtout intéressant de se demander quelle est la ligne éditoriale de certains médias, qui se préoccupent de façon démesurée avec des titres souvent ambigus de quelque chose qui n’à rien à voir l’Église Catholique.

Charles-Antoine Callerot (Radio Vatican)