13.03.2009

Le service de la Primauté pour l’unité de l’Eglise

VATICAN - LES PAROLES DE LA DOCTRINE par l’Abbé Nicola Bux et l’Abbé Salvatore Vitiello - Le service de la Primauté pour l’unité de l’Eglise

 

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Rome (Agence Fides) – Il y a soixante-dix ans, le Cardinal Eugenio Pacelli était élu Pape et prenait le nom de Pie XII. Personne alors ne pouvait concevoir que le collège des Cardinaux et le Collège Episcopal ne doivent être « tous unanimes dans le langage, selon les paroles de l’Apôtre, pour qu’il n’y ait pas de divisions entre vous, mais que vous soyez en parfaite union de pensée et d’intentions » (1 Corinthiens 1, 11).

Jean XXIII lui aussi, dans son discours d’ouverture du Concile, pouvait parler « d’adhésion nouvelle ; sereine et tranquille à tout l’enseignement de l’Eglise, dans son intégrité et dans sa précision, tout comme elle brille encore dans les actes conciliaires, de Trente à Vatican I ».

Pourrait-on imaginer en effet que l’Eglise, Corps Mystique du Christ, s’exprimât de manière incohérente ? Pourrait-on concevoir l’ecclésiologie de communion, en oubliant ce que le Concile a déclaré sur la Primauté (cf. Lumen Gentium 13, 22 e 23) ?

Alors il faut que tous, dans l’Eglise, Evêques, prêtres et fidèles, réfléchissent sur les paroles humbles et bien fondées de notre Saint-Père le Pape Benoît XVI prononcées au Grand Séminaire de Rome et à l’occasion de l’Angélus du 22 février, et fassent cesser les polémiques qui
« naissent là où la foi dégénère en intellectualisme, et où l’humilité est remplacée par l’arrogance d’être meilleurs que l’autre… C’est là une caricature de l’Eglise qui devrait former un seul cœur et une seule âme ».

Ces paroles manifestent l’exercice de la Primauté dans la patience, et à cette Primauté doit correspondre la docilité humble de tous les catholiques.

Le Saint-Père sait que la Primauté a une ‘structure martyrologique’, parce que « la Parole de Dieu n’est pas enchaînée » (2 Timothée 2, 9), et cela vaut pour chaque Pape. La Primauté Pétrinienne existe et œuvre, parce que la communion ecclésiale ne peut être destructrice, au contraire, le Credo la déclare ‘Catholique’. Il convient d’aller, à ce sujet, à tout ce qu’il a écrit, en tant que théologien dans « Introduzione al Cristianesimo » (Introduction au Christianisme) :

« Une idée fondamentale est documentaire, dès le début, comme déterminante ; par cette parole on se réfère à l’unité de lieu : c’est seulement la communauté unie à l’Evêque qui est ‘Eglise Catholique’, et non pas les groupes partiels qui, pour n’importe quelle raison, s’en sont détachés.
En deuxième lieu, est rappelée ici l’unité des Eglises locales entre elles, qui ne peuvent se fermer sur elles-mêmes, mais ne peuvent rester Eglise qu’en se maintenant ouvertes l’une vers l’autre, formant une unique Eglise […]. Dans l’adjectif ‘catholique’ s’expriment la structure épiscopale de l’Eglise, et la nécessité de l’unité de tous les Evêques entre eux […] » ((ed. Queriniana-Vaticana, 2005, p 335).

Après avoir observé que cela n’était pas l’élément premier, il déclare, comme un rappel :

« Les éléments fondamentaux de l’Eglise apparaissent plutôt être le pardon, la conversion, la pénitence, la Communion Eucharistique, et à partir de cette dernière, la pluralité et l’unité : pluralité des Eglises locales, qui restent toutefois Eglise uniquement par leur insertion dans l’organisme de l’unique Eglise […]. La constitution épiscopale apparaît sur le fond comme un moyen de cette unité […].
Un autre stade, toujours dans l’ordre des moyens, sera constitué ensuite pas le service de l’Evêque de Rome.
Une chose est claire : l’Eglise ne doit pas être pensée en partant de son organisation, mais c’est l’organisation qui doit être comprise en partant de l’Eglise. Toutefois, il est clair dans le même temps que, pour l’Eglise visible, l’unité visible est quelque chose de plus que la simple ‘organisation’ […]. C’est seulement en tant que ‘catholique, c’est-à-dire visiblement Une malgré sa multiplicité, qu’elle correspond à tout ce requiert le Symbole. Dans le monde déchiré et divisé, l’Eglise doit être un signe et un instrument d’unité ; elle doit dépasser les barrières, et réunir les Nations, les races et les classes. Jusqu’à quel point, y compris dans cette tâche, a-t-elle manqué à son devoir, nous le savons assez bien […].
Malgré tout… au lieu de nous limiter à dénigrer le passé, nous devrions surtout nous montrer prêts à accueillir l’appel du présent, en cherchant à ne pas nous limiter à confesser la catholicité du Credo, mais de la réaliser dans la vie de notre monde déchiré » (Ibid. p 336-337).

(Agence Fides, 12 mars 2009)


24.02.2009

Benoît XVI dénonce des polémiques destructrices qui caricaturent l’Eglise

ROME, Lundi 23 février 2009 (ZENIT.org) - Dans une longue méditation sur la liberté, Benoît XVI a dénoncé « des polémiques » qui naissent par une « arrogance intellectuelle » et qui caricaturent l'Eglise.

 

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Comme chaque année, le pape a rendu visite, le 20 février en fin de journée, au Séminaire majeur romain. Après avoir prié devant l'image de la Vierge de la Confiance, le pape a rencontré la communauté du séminaire. Il a proposé une lectio divina sur un passage de la Lettre de saint Paul aux Galates (5, 13-16).

Devant les séminaristes, le pape a cité saint Paul :

« Si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde : vous allez vous détruire les uns les autres... vivez sous la conduite de l'Esprit de Dieu ».

Saint Paul « montre ainsi des polémiques qui naissent là où la foi dégénère en intellectualisme et où l'humilité est substituée par l'arrogance de se sentir meilleurs que l'autre », a affirmé le pape.

« Nous voyons bien qu'aujourd'hui encore il y a des choses similaires où, au lieu de s'insérer dans la communion avec le Christ, dans le corps du Christ qui est l'Eglise, chacun veut être supérieur à l'autre et par une arrogance intellectuelle, veut faire croire qu'il serait meilleur », a poursuivi Benoît XVI. « Et c'est ainsi que naissent des polémiques qui sont destructrices, c'est ainsi que naît une caricature de l'Eglise qui devrait être une seule âme et un seul cœur ».

Pour le pape, « nous devons trouver un motif d'examen de conscience dans cet avertissement de saint Paul : ne pas penser être supérieurs à l'autre, mais nous trouver dans l'humilité du Christ, nous trouver dans l'humilité de la Vierge, entrer dans l'obéissance de la foi ». « C'est ainsi que le grand espace de la vérité et de la liberté dans l'amour s'ouvre vraiment à nous », a-t-il ajouté.

Dans sa méditation sur la liberté, le pape a rappelé qu'« il n'y a pas de liberté contre l'autre ». « Si je m'absolutise, je deviens ennemi de l'autre, nous ne pouvons plus vivre ensemble et toute la vie devient cruauté, devient un échec », a-t-il estimé. « Seule une liberté partagée est une liberté humaine ; en étant ensemble nous pouvons entrer dans la symphonie de la liberté ».

Tout en rappelant que la liberté avait toujours été « le grand rêve de l'humanité » et cela « particulièrement à l'époque moderne », Benoît XVI a expliqué que, paradoxalement, elle se réalise « dans le service ». « Nous devenons libres si nous nous mettons au service les uns des autres », a poursuivi le pape. « Nous sommes des êtres de relation et ce n'est qu'en acceptant » cela « que nous entrons dans la vérité ». « Autrement, nous entrons dans le mensonge et finalement, nous nous détruisons », a-t-il ajouté.

Marine Soreau