10.05.2011

Nominations importantes au Vatican

fernando filoni ivan dias.JPGBenoît XVI a nommé, ce mardi, Préfet de la Congrégation pour l’Évangélisation des Peuples Monseigneur Fernando Filoni, jusqu’à présent substitut pour les affaires générales de la Secrétairerie d’État. Il succède au Cardinal Ivan Dias dont le Pape a accepté la démission pour raison d’âge. 


Monseigneur Giovanni Angelo Becciu, nonce apostolique à Cuba, devient le nouveau substitut pour les affaires générales de la Secrétairerie d’État.

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01.05.2011

Exposition « Jean Paul II, un Pape missionnaire » au Musée missionnaire de Propaganda Fide

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Pays visités par Jean Paul II

Cité du Vatican (Agence Fides) – « A partir du jour de son élection comme Evêque de Rome, le 16 octobre 1978, depuis le jour de mon élection comme Evêque de Rome, le 16 octobre 1978, a retenti dans mon coeur avec une intensité et une urgence particulières le commandement de Jésus: « Allez dans le monde entier, proclamez l'Evangile à toute la création ». J'ai donc ressenti le devoir d'imiter l'Apôtre Pierre qui « passait partout »pour confirmer et consolider la vitalité de l'Eglise dans la fidélité à la Parole et dans le service de la vérité : c’est ainsi que Jean Paul II s’adressait, le 12 juin 2003, aux participants à l'audience spéciale pour commémorer les cent voyages apostoliques du Saint-Père.

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28.04.2011

Un représentant du Saint-Siège au Vietnam, pour la première fois depuis 1975

vietnam.jpgUn évènement historique pour l’Église du Vietnam et pour tout le pays : la visite d’un représentant officiel du Saint Siège depuis le 18 avril. Mgr Leopoldo Girelli a participé lundi à la séance inaugurale de la première assemblée annuelle des évêques vietnamiens à Saigon. Cet événement fait partie des efforts déployés pour améliorer les rapports bilatéraux. En janvier, le Pape avait envoyé le Cardinal Ivan Dias, Préfet de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples, le représenter à la Cathédrale de Hanoï, pour la messe votive en l’honneur des 117 Saints Martyrs du Vietnam. L’événement marquait la conclusion du grand jubilé de cette Église. L’Année Sainte avait été proclamée pour célébrer le 350e anniversaire de la fondation des deux premiers vicariats apostoliques du pays et le 50e anniversaire de l'établissement de la hiérarchie catholique du Vietnam. 

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04.01.2011

Une Année Sainte s'achève pour les catholiques du Vietnam

vietnam annee sainte.JPGLe cardinal Ivan Dias, Préfet de la Congrégation pour l’Évangélisation des peuples, représentera Benoît XVI aux célébrations conclusives de l’année jubilaire de l’Église au Vietnam, un triduum qui débute ce mardi au sanctuaire marial de La Vang et qui s’achèvera jeudi, fête de l’Épiphanie. Ce haut lieu de pèlerinage, où est vénérée Notre Dame des victoires, attend à cette occasion plus d'un million de pèlerins. 

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29.12.2010

Un envoyé spécial du Pape attendu au Vietnam

vietnam.JPGLe cardinal Ivan Dias, Préfet de la Congrégation pour l’Évangélisation des peuples, représentera Benoît XVI aux célébrations conclusives de l’année jubilaire de l’Église au Vietnam. Cette Année Sainte a été proclamée pour commémorer les 350 ans de la création des deux premiers Vicariats Apostoliques et le cinquantenaire de l'établissement de la hiérarchie catholique au Vietnam.

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26.12.2010

La Chine : un dossier prioritaire pour le Saint-Siège

savio hon tai-fai.JPGBenoît XVI a nommé un théologien de Hong Kong numéro deux de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples, le poste le plus élevé auquel un Chinois ait jamais accédé au sein de la Curie romaine. Salésien, âgé de 60 ans, le père Savio Hon Tai-Fai succède au cardinal Robert Sarah, nommé le 7 octobre dernier président du Conseil pontifical Cor Unum. Le préfet de ce dicastère romain est un cardinal indien Ivan Dias. Signe que le continent asiatique occupe une place de choix parmi les priorités actuelles du Saint-Siège.


Précisions et éclairage Romilda Ferrauto (Radio Vatican): >> RealAudioMP3 

04.02.2010

Chine: La trompette de Zen et la cloche de Bertone

Chine. La trompette de Zen et la cloche de Bertone

Deux points de vue s’opposent en ce qui concerne l'avenir de l'Eglise catholique chinoise, celui du cardinal de Hong-Kong et celui de la diplomatie vaticane. Un dossier du mensuel "30 Giorni" donne la parole à la seconde. Avec une interview d'un intellectuel proche du gouvernement de Pékin


par Sandro Magister




ROME, le 4 février 2010 – Le cardinal Joseph Zen Zekiun, évêque émérite de Hong-Kong et stratège passionné de l’Église catholique en Chine, n’a jamais ménagé ses critiques contre la diplomatie vaticane, qu’il trouve trop accommodante vis-à-vis du régime communiste de Pékin, ni aux prêtres et évêques qui lui paraissent trop soumis.

La dernière polémique – relatée par www.chiesa dans un précédent article – a porté sur l’affaire de l’évêque coadjuteur du diocèse Baoding, Joseph An Shuxin, rendu à la liberté après dix années passées en prison et qui s’est inscrit à l’Association Patriotique gouvernementale, geste que beaucoup ont interprété comme une reddition à l’ennemi.

D’après le cardinal Zen, la faiblesse de l’évêque de Baoding et d’autres comme lui serait encouragée de façon coupable par les autorités vaticanes qui considèrent que la période héroïque de l’Église clandestine est terminée et que ses évêques et ses prêtres devraient tous entrer dans l’Église officielle reconnue par le régime.

Mais en est-il vraiment ainsi ? Selon les autorités vaticanes, non : la situation n’est pas du tout celle que décrivent le cardinal Zen et l'agence "Asia News" dirigée par le père Bernardo Cervellera, de l’Institut Pontifical des Missions Étrangères.


***


La diplomatie vaticane ne s’exprime pas directement mais, pour connaître ses prises de position, il suffit de lire la revue qui reflète le mieux sa pensée : le mensuel international en six langues "30 Giorni", édité à Rome et dirigé par le vieux sénateur Giulio Andreotti, plusieurs fois président du conseil et ministre des Affaires étrangères de la république italienne, de tout temps très introduit à la curie.

 

 

 

 

Dans son dernier numéro, "30 Giorni" consacre un dossier à l’Église chinoise. Mais ce n’est pas tout. Il annonce aussi la diffusion en Chine, à un grand nombre d’exemplaires, d’un livret de prières intitulé "Qui prie est sauvé" (voir photo ci-dessus), traduit pour la première fois en mandarin et préfacé par l’évêque de Shanghai, Aloysius Jin Luxian, celui des évêques reconnus à la fois par le régime et par l’Église de Rome qui fait le plus autorité (et par le cardinal Joseph Ratzinger? ndlr).

Pour le moment, le nouveau numéro de "30 Giorni" n’a été publié qu’en italien. Mais bientôt il sortira aussi en anglais, français, espagnol, portugais et allemand, avec la possibilité pour tous de lire intégralement le dossier.

Celui-ci comprend une grande enquête de Gianni Valente qui reconstitue l’affaire de l’évêque de Baoding, avec des détails qui démentent la "trahison" de ce dernier et prouvent sa rectitude. Mais il fournit aussi deux documents d’un grand intérêt, qui appuient cette reconstitution des faits.

Le premier document est une lettre du 29 juin 2008, écrite par le cardinal Ivan Dias, préfet de la congrégation vaticane Propaganda Fide, aux prêtres, aux religieux et aux fidèles du diocèse de Baoding.

Dans cette lettre, le cardinal Dias – dont dépendent formellement les diocèses de Chine – défend pleinement les choix faits par l’évêque An Shuxin après sa sortie de prison et il enjoint au clergé et aux fidèles de faire preuve envers lui de respect et d’obéissance :


"Tout le monde doit savoir que l’estimé évêque jouit de la faveur et de la confiance totale du Saint-Siège. Personne ne peut donc se permettre de suspecter sa sincérité ou de s’opposer à son autorité, en diffusant des jugements inconsidérés qui troublent les fidèles. Non seulement cela réjouit beaucoup les ennemis de l’Église, mais c’est un grave manque de charité devant Dieu et devant l’Église ".


Le second document, datant de novembre dernier, est un long interrogatoire de l’évêque An Shuxin par un prêtre chinois en désaccord avec lui, diffusé par un site web lié à des groupes de l’Église catholique clandestine : www.ccccn.org.

La traduction intégrale du texte chinois de l'interrogatoire sera bientôt disponible sur le site web de "30 Giorni".

Le dossier de la revue comporte de graves critiques contre le cardinal Zen, accusé de se présenter abusivement comme le seul interprète véridique de la lettre adressée par Benoît XVI aux catholiques chinois en 2007, c’est-à-dire du document essentiel pour l’Église catholique de Chine.

Il défend également avec vigueur le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’état et donc chef de la diplomatie du Vatican.

Curieusement, Bertone et Zen sont salésiens l’un et l’autre mais se disputent même lors des réunions confidentielles de la commission créée par le Vatican pour suivre la mise en œuvre de la lettre-programme de Benoît XVI en Chine, commission dont ils font partie tous les deux.

On trouvera ci-dessous le texte intégral d’une autre pièce majeure du dossier di "30 Giorni" : l'interview accordée à Gianni Valente par le professeur Ren Yanli. Celui-ci, membre de l’académie chinoise des sciences sociales et de l’institut de recherches sur les religions mondiales, suit depuis des décennies la vie de l’Église catholique chinoise et les rapports entre la Chine et le Vatican.

Ren Yanli exprime le côté "soft" des positions des autorités chinoises en ce qui concerne l’Église catholique.

Mais, bien sûr, d’autres expriment le côté "hard". La Chine aussi a ses Bertone et ses Zen.



Hu Jintao et le pape. Cette audience manquée de peu

Interview de Ren Yanli



Q. – Professeur Ren Yanli, des opinions contradictoires circulent à propos de la situation de l’Église catholique chinoise...

R. – Les catholiques chinois sont des catholiques comme tous les autres. Ils ont la même foi, lisent la même Bible, vont librement à l’église pour la messe, pour prier et recevoir les sacrements. Ils aiment leur patrie, comme les autres catholiques, et ils veulent participer à la vie et à la modernisation de la Chine.

Q. – D’où viennent donc les problèmes ?

R. – Il y a eu un temps où, pour différentes raisons, il ne semblait pas possible d’aimer en même temps la patrie et l’Église. Quand la République Populaire de Chine est née, le Vatican était considéré comme un ennemi politique de la nouvelle Chine communiste. Ainsi, à la fin des années Cinquante, au plus fort du mouvement anti-impérialiste qui dominait alors la politique chinoise, les relations avec le Saint-Siège ont été rompues et l’Église chinoise a été poussée vers la ligne politique de l’indépendance et de la nomination autonome des évêques. Mais déjà alors, ceux qui, par patriotisme ou seulement en paroles, avaient adhéré à cette ligne ont fini par perdre leur tranquillité spirituelle. Ils semblaient profondément partagés. Comment une Église qui n’a pas de lien avec le siège apostolique peut-elle être catholique ? Et en effet, après la malheureuse période de la Révolution Culturelle, le souci principal des catholiques chinois, lors de la réouverture de la Chine réalisée par Deng Xiaoping, a été de rétablir, dans les temps et selon les modalités qui leur étaient possibles, les relations avec le Saint-Siège, le pape et l’Église catholique universelle.

Q. – Un désir qui a trouvé pour se réaliser des voies diverses.

R. – Certains ont serré les rangs autour des évêques ordonnés clandestinement qui étaient en communion avec le pape et qui refusaient tout rapport avec le pouvoir politique et tout contrôle de sa part. Mais les évêques qui avaient été ordonnés sans le consentement du siège apostolique ont commencé eux aussi à prendre cette voie et ont demandé à être reconnus et légitimés par le pape. Eux aussi, de fait, se sont détachés de la perspective de l’indépendance. Cela a été un phénomène général et on doit le considérer dans sa globalité.

Q. – Comment expliquez-vous ce phénomène ? Quelles en sont les causes profondes ?

R. – Il est de plus en plus clair pour moi que le facteur décisif a été la foi des catholiques chinois elle-même, qu’il s’agisse des laïcs ou du clergé. Aujourd’hui les prêtres ne sont pas disposés à devenir évêques si leur nomination ne vient pas du pape et si le mandat apostolique manque. Beaucoup de nouveaux évêques ont voulu, au début et à la fin de leur consécration, montrer en public la lettre de nomination reçue du pape, ne serait-ce que parce qu’ils savent très bien que les fidèles n’écouteront jamais des pasteurs élus et consacrés de façon autonome, sans le consentement du pape. Les derniers évêques nommés sans mandat pontifical restent isolés et personne ne veut recevoir l’eucharistie de leurs mains pendant la messe. Bref, s’il est vrai que certains ont eu par le passé quelque tentation de faire carrière dans une Église indépendante, la foi du peuple a aidé tout le monde à rendre irréalisable ce projet d’indépendance. Et cela a aidé le gouvernement à réorienter sa ligne d’action.

Q. – Où voyez-vous cette réorientation ? Il y a des gens qui disent que la position du pouvoir chinois reste rigoureusement la même.

R. – Le gouvernement a compris que, s’il veut que les évêques soient des pasteurs estimés et suivis par les fidèles et qu’ils ne soient pas perçus comme des fonctionnaires isolés et imposés de l’extérieur, il doit admettre - ce qu’il fait maintenant - que la nomination venant du pape et la pleine communion avec lui sont des éléments absolument indispensables. Cela veut dire que, dans les faits, l’idée d’imposer à l’Église une indépendance qui serait une séparation du pape et de l’Église universelle a été abandonnée. Le processus qui mène à une affirmation de plus en plus explicite de la communion des évêques chinois avec le pape – et de tout ce que cela comporte – est irréversible. Sur cette voie il ne pourra y avoir de retour en arrière.

Q. – Comment voyez-vous la phase récente des rapports entre la Chine et le Vatican ?

R. – Selon moi, continuer à parler de dégel n’a pas de sens parce que la glace est brisée depuis longtemps : il y a des années que les deux parties ont commencé à avoir des contacts directs. Mais il reste entre elles un climat d’agression-riposte : chaque fois qu’une partie considère les initiatives de l’autre comme des tentatives unilatérales pour se débarrasser d’elle, elle répond par des actions qui peuvent être interprétées comme des contre-attaques.

Q. – Un exemple ?

R. – Partons de 2005. Tous les évêques ordonnés cette année-là avaient déjà en poche, avant leur consécration, la nomination du pape. Cette année-là s’est entièrement déroulée dans la paix. En 2006, l’évêque de Hong-Kong, Joseph Zen, a été créé cardinal : aussitôt, en avril et en novembre, l’élection d’évêques sans mandat pontifical a recommencé en Chine. Un nouvel échange de déclarations sévères s’est alors ouvert entre le gouvernement chinois et la curie romaine. Mais en janvier 2007, quand la nouvelle que Benoît XVI allait envoyer une lettre pastorale à l’Église de Chine s’est répandue, les consécrations d’évêques non autorisés par Rome ont cessé. Cette année-là, le nouvel évêque de Pékin a été élu avec le consentement du pape. Mais ensuite le cinquantième anniversaire de l’Association Patriotique et des premières nominations épiscopales sans mandat pontifical qui avaient eu lieu en 1958, a été célébré en grande pompe en Chine. Au cours des cérémonies, les dirigeants politiques ont rappelé la ligne indépendantiste à laquelle doit se tenir l’Église chinoise.

Q. – Bref, un signal de raidissement, un énième retour en arrière.

R. – Dans ce contexte, le Saint-Siège a publié le "Compendium" de la Lettre écrite par Benoît XVI en 2007. Dans un appendice de ce nouveau document, il est indiqué que le Saint-Siège pourra, si c’est nécessaire, concéder de nouveau aux évêques chinois la faculté de consacrer d’autres évêques en demandant l’approbation pontificale dans un second temps. Concrètement, on avertit que les facultés spéciales qui avaient été révoquées par la lettre du Pape pourront être à nouveau attribuées aux communautés clandestines.

Q. – Quelles ont été les réactions du côté chinois ?

R. – On pouvait craindre le début d’une nouvelle phase de conflits. Mais ensuite, quand [en 2009] Hu Jintao est venu en Italie pour participer au G8, le pape lui a fait savoir qu’il serait heureux de le recevoir au Vatican. La rencontre n’a pas pu avoir lieu mais l’invitation du Pape a été appréciée.

Q. – Et maintenant ? Que se passe-t-il ?

R. – Le huitième congrès des catholiques chinois aurait dû se tenir ces derniers mois. Il s’agit de l’assemblée des délégués des diocèses enregistrés auprès de l’administration d’État des affaires religieuses, qui a aussi pour tâche de distribuer les charges à la tête des organismes officiels de l’Église de Chine, comme l’Association Patriotique et le collège des évêques, charges restées vacantes depuis que les évêques qui les occupaient sont morts. Mais les autorités politiques ont décidé de renvoyer le congrès à 2010.

Q. – Comment interprétez-vous ce renvoi ?

R. – Il est possible que l’on ne souhaite pas forcer la main. On a compris à Pékin que les chefs des organismes officiels doivent, pour être vraiment reconnus et respectés, être des évêques en communion avec le pape. Et les évêques légitimes, qui sont déjà un peu réticents, auraient du mal à assumer leur charge s’il y avait une opposition explicite du Saint-Siège. Il faut du temps pour organiser les choses de manière à ce que le choix tombe sur l’homme qui convient et que tout se passe bien. Les hommes politiques chinois d’aujourd’hui sont pragmatiques et tendent à résoudre les problèmes un par un. Sans changements de cap ostentatoires. Cela dit, ma crainte est que, si l’on ne commence pas par résoudre certains problèmes de fond, d’exténuantes phases d’un conflit désormais dépassé ne s’ouvrent à nouveau, ce qui nuirait à tout le monde.

Q. – Que faudrait-il faire en ce moment pour interrompre cette spirale d’actions-réactions que vous avez décrite ?

R. – Le Saint-Siège ferait bien, en ce qui le concerne, de tenir compte de l’Église chinoise et de l’impliquer dans les problèmes actuels : comme je l’ai dit, pendant tout ce temps, la fidélité des catholiques chinois à la foi des apôtres a été le facteur décisif, entre autres dans l’évolution des rapports avec les dirigeants politiques du pays.

Q. – Et qu’attendez-vous des leaders politiques chinois ?

R. – En mai dernier, une personnalité chinoise anonyme mais influente a signalé dans un journal de Hong-Kong que les autorités de Pékin pourraient proposer une révision des catégories d’autonomie, d’indépendance et d’autogouvernement telles qu’elles sont appliquées à l’Église locale. Ce sujet est déjà traité depuis quelque temps dans des séminaires d’étude réservés aux responsables politiques. La question est de savoir comment trouver une nouvelle définition de l’indépendance qui distingue l’aspect ecclésial et celui de la foi de l’aspect politique. Le concept d’indépendance ne peut plus être appliqué aux aspects de la vie de l’Église qui concernent la foi et ne doit être considéré que dans sa perspective politique.

Q. – Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ? Pouvez-vous donner un exemple concret ?

R. – Le gouvernement veut avoir la garantie que l’Église ne se comporte pas comme un corps politique ; que les évêques chinois sont indépendants d’éventuelles orientations politiques et géopolitiques de la curie romaine. Pratiquement, on veut éviter qu’un évêque ou un nonce puisse attaquer la politique du gouvernement. C’est pourquoi il y a à Pékin des gens qui s’obstinent à vouloir maintenir un certain contrôle sur la nomination des évêques.



L'édition italienne de la revue qui a publié le dossier, avec les liens vers les éditions en d’autres langues

> 30 Giorni


La lettre adressée le 27 mai 2007 par Benoît XVI aux catholiques chinois :

> Lettre du Pape...


Son "Compendium" par questions et réponses, diffusé le 23 mai 2009 :

> Compendium of the Letter of the Holy Father...


Et le guide de lecture de la lettre papale diffusé par le cardinal Zen le 18 novembre 2009 :

> An Aid for Reading the Holy Father's Letter to the Church in China



Tous les articles de www.chiesa sur ce thème :

> Focus CHINE



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

02.06.2009

Benoît XVI: Je n’aurais jamais pensé devenir pape

Benoît XVI répond aux enfants de l’Enfance missionnaire


« Je n’aurais jamais pensé devenir pape »



ROME, Lundi 1er juin 2009 (ZENIT.org) - « Je n'aurais jamais pensé devenir pape, parce que, comme je l'ai déjà dit, j'ai été un garçon assez ingénu dans un petit village très loin des centres, dans une province oubliée », a confié Benoît XVI en répondant aux enfants italiens de l'Enfance missionnaire. 

 


Le Pape avec les enfants de l'Enfance Missionnaire
source: PhK


Benoît XVI a rencontré, samedi 30 mai, dans la salle Paul VI au Vatican près de 7000 enfants de l'Enfance missionnaire auxquels il a répondu d'abondance du coeur. 

Le pape a été accueilli par le cardinal-préfet de la congrégation pour l'évangélisation des peuples, Ivan Dias.  
 

Première question - Je m'appelle Anna Filippone, j'ai 12 ans, je suis servante de messe, je viens de Calabre, du diocèse d'Oppido Mamertina-Palmi. Pape Benoît, mon ami Giovanni a un papa italien et une maman de l'Equateur, et il est très heureux. Tu penses que les différentes cultures pourront un jour vivre sans se disputer au Nom de Jésus ? 

Benoît XVI - J'ai compris que vous voulez savoir comment nous, lorsque nous étions enfants, nous avons fait pour nous aider réciproquement. Je dois dire que j'ai vécu mes années d'école élémentaire dans un petit village de 400 habitants, très loin des grands centres. Nous étions donc un peu ingénus et dans ce village, il y avait d'une part les agriculteurs très riches et d'autres moins riches, mais à l'aise, et d'autre part, des employés pauvres, des artisans.

Un peu avant le début de l'école élémentaire, notre famille était arrivée dans ce village provenant d' un autre village, donc nous étions un peu des étrangers, le dialecte aussi était différent. Dans cette école, se reflétaient des situations sociales très différentes. Cependant il y avait entre nous une belle communion.

Ils m'ont enseigné leur dialecte, que je ne connaissais pas encore. Nous avons bien collaboré, et je dois dire que parfois naturellement, nous nous sommes aussi disputés, mais ensuite, nous nous sommes réconciliés et nous avons oublié ce qui était arrivé. Cela me semble important. Parfois, dans la vie humaine, il semble inévitable de se disputer ; mais ce qui est important, de toute façon, c'est l'art de se réconcilier, le pardon, le fait de recommencer et de ne pas garder d'amertume dans le cœur. Je me souviens avec gratitude de la façon dont nous avons tous collaboré : l'un aidait l'autre et l'on marchait ensemble sur notre route.

Nous étions tous catholiques, et ceci, naturellement, était d'une grande aide. Nous avons ainsi appris ensemble à connaître la Bible, en commençant par la création jusqu'au sacrifice de Jésus sur la croix, et aussi les débuts de l'Eglise. Nous avons appris le catéchisme ensemble, nous avons appris ensemble à prier, nous nous sommes préparés ensemble à la première confession, pour la première communion : ce jour-là a été splendide. Nous avons compris que Jésus lui-même vient chez nous, qu'il n'est pas un Dieu lointain : il entre dans ma vie, dans mon âme. Et si le même Jésus entre en chacun de nous, nous sommes frères, sœurs, amis et nous devons donc nous comporter en tant que tels. Pour nous, cette préparation à la première confession comme purification de notre conscience, de notre vie, et ensuite aussi à la première communion, comme rencontre concrète avec Jésus qui vient chez moi, qui vient chez nous tous, ont été des facteurs qui ont contribué à former nos communautés. Ils nous ont aidés à marcher ensemble, à apprendre ensemble à se réconcilier lorsque c'était nécessaire. Nous avons fait aussi des petits spectacles : il est important aussi de collaborer, de montrer de l'attention les uns envers les autres.

Puis, à huit ou neuf ans, je suis devenu enfant de chœur. A cette époque il n'y avait pas encore de filles, mais les filles lisaient mieux que nous. Elles faisaient donc les lectures de la liturgie et nous nous faisions les enfants de chœur. A cette époque, il y avait encore de nombreux textes en latin à apprendre, et chacun a eu ainsi sa part de fatigue.

Comme je l'ai dit, nous n'étions pas des saints : nous avons eu nos disputes, mais cependant, il y avait une belle communion, dans laquelle les distinctions entre riches et pauvres, intelligents et moins intelligents ne comptaient pas. C'était la communion avec Jésus sur le chemin de la foi commune et dans la responsabilité commune, dans les jeux, dans le travail commun. Nous avons trouvé la capacité de vivre ensemble, d'être amis, et bien qu'à partir de 1937, c'est-à-dire depuis plus de 70 ans, je n'ai plus été dans ce village, nous sommes restés amis. Nous avons donc appris à nous accepter l'un l'autre, à porter le poids l'un de l'autre. Cela me semble important : en dépit de nos faiblesses, nous nous acceptons et avec Jésus Christ, avec l'Eglise, nous trouvons ensemble la route de la paix, et nous apprenons à bien vivre. 


Deuxième question - Je m'appelle Letizia et je voulais te poser une question. Cher pape Benoît XVI, qu'est-ce que cela voulait dire pour toi lorsque tu étais enfant la formule : « Les enfants aident les enfants ». Est-ce que tu as jamais pensé à devenir pape ? 

Benoît XVI - A dire la vérité, je n'aurais jamais pensé devenir pape, parce que, comme je l'ai déjà dit, j'ai été un garçon assez ingénu dans un petit village très loin des centres, dans une province oubliée. On était heureux d'être dans cette province et nous ne pensions pas à autre chose. Naturellement, nous avons connu, vénéré et aimé le pape - c'était Pie XI - mais pour nous, il était à une hauteur impossible à atteindre, quasi dans un autre monde : un père pour nous, mais cependant une réalité très supérieure à nous tous. Et je dois dire qu'aujourd'hui encore, j'ai du mal à comprendre comment le Seigneur a bien pu penser à moi, me destiner à ce ministère. Mais je l'accepte de ses mains, même si c'est une chose surprenante et qui me semble bien au-delà de mes forces. Mais le Seigneur m'aide. 


Troisième question - Cher pape Benoît, je suis Alessandro. Je voulais te demander : tu es le premier missionnaire, nous, enfants, comment pouvons-nous t'aider à annoncer l'Evangile 

Benoît XVI -   Je dirais qu'une première façon est la suivante : collaborer avec l'Œuvre pontificale de l'Enfance missionnaire. Vous faites ainsi partie d'une grande famille, qui apporte l'Evangile au monde. Vous appartenez ainsi à un grand réseau. Nous voyons ici comment se reflète une famille de peuples différents. Vous êtes dans cette grande famille : chacun fait sa part, et ensemble vous êtes missionnaires, porteurs de l'œuvre missionnaire de l'Eglise. Vous avez un beau programme, indiqué par votre porte-parole : écouter, prier, connaître, partager, être solidaire. Ce sont des éléments essentiels qui sont réellement une façon d'être missionnaire, de faire grandir l'Eglise et la présence de l'Evangile dans le monde. Je voudrais souligner certains de ces points.

Avant tout prier. La prière est une réalité : Dieu nous écoute, et, lorsque nous prions, Dieu entre dans notre vie, devient présent au milieu de nous, agissant. Prier est une chose très importante, qui peut changer le monde, parce que cela rend présente la force de Dieu. Et il est important de s'aider à prier : prions ensemble dans la liturgie, prions ensemble en famille. Et je dirais qu'il est important de commencer la journée par une petite prière et aussi de finir la journée par une petite prière : se souvenir de nos parents dans la prière. Prier avant le déjeuner, avant le dîner, et à l'occasion de la célébration commune du dimanche. Un dimanche sans messe, la grande prière commune de l'Eglise, n'est pas un vrai dimanche : il manque le cœur même du dimanche et ainsi aussi la lumière pour la semaine. Et vous pouvez aussi aider les autres - spécialement lorsque peut-être on ne prie pas à la maison, qu'on ne connaît pas la prière - enseigner aux autres à prier : prier avec eux et ainsi introduire les autres dans la communion avec Dieu.

Et puis écouter, c'est-à-dire apprendre réellement qu'est-ce que Jésus nous dit. En outre, connaître l'Ecriture Sainte, la Bible. Dans l'histoire de Jésus, nous apprenons - comme l'a dit le cardinal - le visage de Dieu, on apprend comment est Dieu. Il est important de connaître Jésus profondément, personnellement. Ainsi, il entre dans notre vie, il entre dans le monde.

Et aussi partager, ne pas vouloir les choses seulement pour soi, mais pour tous ; partager avec les autres. Et si nous voyons l'autre qui peut-être est dans le besoin, qui est moins doué, nous devons l'aider et rendre ainsi l'amour de Dieu présent sans grandes paroles, dans notre petit monde personnel, qui fait partie du grand monde. Et ainsi, on devient ensemble une famille, où chacun respecte l'autre : supporter l'autre dans son diversité, accepter justement même ceux que l'on aime moins, ne pas laisser l'autre être marginalisé, mais l'aider à s'unir à la communauté.

Tout ceci veut simplement dire vivre dans cette grande famille de l'Eglise, dans cette grande famille missionnaire. Vivre les points essentiels comme le partage, la connaissance de Jésus, la prière, l'écoute réciproque, et la solidarité, est une œuvre missionnaire, parce que cela aide à faire en sorte que l'Evangile devienne réalité dans notre monde.