20/08/2009

Les humanitaires à l'honneur: entretien avec Jacky Mamou

Le 19 août est désormais classé journée mondiale de l’aide humanitaire. Les Nations Unies ont voulu rendre hommage aux travailleurs humanitaires qui ont perdu leur vie en assistant des populations. Une date qui n’est pas un hasard, puisque le 19 août 2003, 22 membres des Nations Unies, dont le chef du bureau irakien de l'organisation Sergio Vieira de Mello, ont trouvé la mort dans un attentat à Bagdad…

 

Une spécialiste des affaires humanitaires de la Mission intégrée des Nations Unies pour le Timor-Leste discute avec le chef d’un camp pour personnes déplacées, de l’acheminement de l’aide humanitaire.

Une spécialiste des affaires humanitaires de la Mission intégrée des Nations Unies pour le Timor-Leste discute avec le chef d’un camp pour personnes déplacées, de l’acheminement de l’aide humanitaire.

Photo ONU/ Martine Perret, 2 avril 2009


Des victimes qui symbolisent une nouvelle réalité de terrain: la violence, de plus en plus meurtrière, des besoins qui ne cessent d’augmenter, des désastres climatiques exponentiels, une criminalité rampante et impunie. 2008 a atteint des records en terme de violences avec 260 travailleurs humanitaires victimes d'enlèvements et attaques, dont 122 ont trouvé la mort.


Souvent perçus comme des agents occidentaux, les humanitaires sont même devenus des cibles dans les pays à fort taux de kidnapping. Les pays les plus dangereux sont le Soudan, le Tchad, l'Afghanistan, le Pakistan et surtout la Somalie.


Jacky Mamou, président du collectif Urgence Darfour et ancien président de Médecins du Monde, revient sur le sens de cette initiative.

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Face à cette inquiétante évolution, Caritas Internationalis souhaite mettre l'accent sur les grands principes de base de l'aide humanitaire : l'impartialité (une aide basée sur des besoins réels, sans distinction de race, de religion ou de conviction politique), la neutralité (ne pas prendre parti dans les hostilités), l'humanité (tout être humain doit être traité humainement dans le respect de l'individu) et l'indépendance (définir et mettre en oeuvre ses propres politiques, indépendamment des politiques ou des actions gouvernementales).


 « En Afghanistan tout comme au Zimbabwe, en Géorgie, à Gaza, au Sri Lanka ou au Soudan, nous avons constaté que le libre accès aux zones de conflit ainsi que le respect du travail humanitaire étaient régulièrement bafoués. Or, il s'agit là de conditions essentielles pour pouvoir secourir les victimes de situations d'urgence. Nous demandons donc aux parties en conflit de profiter de cette première Journée Humanitaire Mondiale pour honorer leurs engagements, tels que définis dans la Convention de Genève » déclare Jan Weuts, coordinateur d'urgences de Caritas Internationalis