14.02.2010
Haïti: A un mois du séisme, souvenir des victimes, envie de reconstruire
Dans les quartiers détruits de Port-au-Prince, des milliers de Haïtiens se sont vêtus vendredi de noir et blanc, telles les couleurs choisies pour commémorer leurs 230.000 compatriotes morts dans le séisme du 12 janvier dernier.

Le ministre de l'Intérieur, Paul-Antoine Bien-Aimé, a proclamé le 12 février journée de deuil afin de permettre aux pratiquants de toutes les religions de rendre hommage aux victimes.
En Haïti, le christianisme et la tradition vaudou coexistent et ont uni leurs prières en ces jours de douleur pour le peuple haïtien. Les commémorations se multiplieront tout au long de la journée, dans chaque quartier, des bidonvilles de Cité-Soleil au parc du Champ de Mars devant le palais national, devenu depuis le séisme un village de toile délabré.
Le 12 janvier dernier, en fin de journée, une secousse d'une magnitude supérieure à sept sur l'échelle de Richter a dévasté la capitale haïtienne, sa périphérie et les communes voisines de Jacmel et Léogâne. Un mois après, le cadre laissé derrière lui par le séisme est, certes, dramatique, mais parsemé ça et là de quelques signes d'espoir.
"Les problèmes les plus graves – dit à la MISNA Kristin Knutson, porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires (Ocha) de l'Onu, contactée à Port-au-Prince – regardent le relogement de 1,2 million de sans-abri et le maintien de conditions d'hygiène minimales". Les Nations Unies, qui coordonnent les opérations de secours, font en sorte de ne pas créer de villages de toile trop étendus et surpeuplés, misant plutôt sur des camps de petite et moyenne dimensions pour y abriter les habitants d'un quartier.
"C'est notre objectif – poursuit Mme Knutson – même si l'arrivée imminente de la saison des pluies, dans un mois environ, et la période des ouragans à partir de juillet pourraient nous contraindre à trouver d'autres solutions pour raisons de sécurité".
Ces derniers jours, il a plu dans plusieurs parties du pays et dans quelques quartiers de la capitale. Selon Jean-François Mattei, président de la Croix Rouge française, une seconde catastrophe se produira à défaut d'une nouvelle intervention massive : des craintes justifiées par le souvenir des inondations des dernières années, soldées par 800 victimes il y a deux ans et 3000 en 2004. Mais la peur laisse la place à l'espoir et aux efforts.
"Beaucoup des 500.000 habitants qui ont quitté Port-au-Prince – ajoute la porte-parole de l'Ocha – ont été accueillis chez des parents ou des amis dans les zones rurales ou dans d'autres villes : les familles pauvres sont encore plus dans le besoin mais témoignent pourtant d'une ténacité et d'une solidarité caractéristiques des Caraïbes".
Contactée par la MISNA, Michelle Bonnardeux, porte-parole à Port-au-Prince de la Minustah (mission de paix locale de l'Onu), indique pour sa part que "certaines routes ont retrouvé la circulation d'avant le séisme, les supermarchés ont rouvert leurs portes, l'eau courante est revenue dans les habitations", faisant état de l'envie de reconstruire qui anime les habitants, grâce aussi à l'aide internationale. "Les journaux ont dernièrement exagéré certains faits – explique Mme Bonnardeux – comme sur la prétendue situation d'insécurité : je n'ai pas encore vu une seule machette dans les ruines de Port-au-Prince". (VG/CN)
(MISNA)
16:35 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : victimes, jean-francois mattei, france, vaudou, haiti, seisme, port-au-prince, christianisme, deuil paul-antoine-bien-aime, cite-soleil, champ de mars, jacmel, leogane, kristin knutson, bureau de coordination des affaires humanitaires, ocha, onu, sans-abri, nations unies, saison des pluies, croix rouge, inondations, michelle bonnardeux, minustah |
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15.01.2010
Haïti: le séisme et le monde missionnaire
"Peut-être que cette fois, pour une fois, ce sont les plus pauvres, les habitants des bidonvilles, où rares sont les bâtiments à plusieurs étages, qui auront la vie sauve. Mais en réalité, nous ignorons totalement quelle est la situation à Cité Soleil ou Bel Air, quartiers densément peuplés de Port-au-Prince", dit à la MISNA père Michel Ménard, supérieur général de la Société des pères de Saint Jacques - congrégation missionnaire française fondée vers 1860 à Haïti -, contacté par téléphone en France.

Les habitants de Port-au-Prince ont presque tous abandonné leurs maisons ou ce qui en reste pour se réfugier dans les rues et les places publiques.
"Depuis hier - continue-t-il - nous sommes assaillis par les coups de fil et les messages e-mail de personnes désireuses de recevoir des nouvelles de leurs proches ou de leurs parents. Même si nous pensions au début que tous nos confrères étaient vivants, nous sommes nous-mêmes sans nouvelles d'un de nos missionnaires et d'un diacre à Jacmel. Il semblerait que cette ville aussi, à 90 kilomètres environ de la capitale, ait été violemment frappée".
Entièrement retourné par les événements, père Ménard parvient néanmoins à fournir à la MISNA quelques informations sur les répercussions du séisme qui s'est vérifié mardi 12 janvier à Haïti à 17 heures locales : les sources contactées à Gonaïves, à 110 kilomètres au nord de Port-au-Prince, assurent que les dégâts enregistrés sur place sont relativement superficiels.
"Par contre, aujourd'hui, nous n'avons aucune nouvelle de Port-au-Prince. Nous n'avons pas encore reçu de message de nos confrères. Notre dernier contact remonte à hier soir. À cause des destructions, il est impossible de se déplacer en voiture dans le secteur de notre centre, rue Lafleur Duchêne, qui relie la zone centrale du stade Silvio Cator au quartier de Pacot, un des quartiers les plus nantis et coquets de la ville, avec ses maisons typiquement haïtiennes de style Gingerbread ('pain d'épices') aux multiples ornements en bois. "
"Là-bas aussi - poursuit père Ménard - nous avons trois confrères, qui portent assistance aux personnes réfugiées dans notre jardin. Mais ils sont isolés et ne peuvent se déplacer qu'à pied".
Les missionnaires scalabriniens font état pour leur part de graves dommages subis par leur centre en ville :
"Nous avons pu brièvement parler hier avec notre confrère, père Durante, avant d'être coupés. Mais les quelques secondes de communication nous ont permis de savoir que tous les religieux (dont deux Italiens, Giuseppe Durante et Sergio Marotti, Ndlr) et les séminaristes vont bien, c'est-à-dire 15 personnes en tout. La structure de notre mission a subi de grands dommages tout comme le quartier autour, à Port-au-Prince",
indique père Sergio Geremia, contacté à la maison générale de la congrégation à Rome. Les frères mineurs (capucins) ont eux aussi reçu un e-mail à leur maison générale, confirmant que le tremblement de terre n'a pas touché Les Cayes, dans le Sud du pays, et que tous les missionnaires (deux Français, un Brésilien et quatre Haïtiens) vont bien ; aucun d'entre eux néanmoins n'est en mesure de fournir des renseignements sur la situation dans la capitale haïtienne depuis que les communications ont été interrompues. En revanche, les informations sont plus confuses en provenance de Villa Manrèse, construction moderne où est sise à Haïti la congrégation des Clercs de Saint Viateur et centre d'accueil pour de nombreux voyageurs, qui surplombe le Sud de la capitale.
"Nous avons entendu dire par une source qu'il n'y aurait pas de gros dégâts mais une autre nous a affirmé que le centre avait été détruit et qu'une personne peut-être y aurait trouvé la mort - disent à la MISNA les membres de la congrégation contactés à Rome - et nous aussi attendons avec impatience des nouvelles".
Aucune trace pour l'instant de deux ou trois des 38 religieux, 13 associés et quelques novices de la congrégation présents à Haïti. Les missionnaires spiritains, dont la maison générale a été contactée par téléphone à Rome, sont à la recherche de nouvelles.
"Je suis attristé par l'ampleur de la dévastation, des souffrances, de la mort et du désespoir qu'a laissée derrière lui le séisme",
écrit père Pascual Chávez, recteur majeur des salésiens, dans un message adressé à père Ducange Sylvain, nouveau supérieur de la Quasi-Province “Bienheureux Filippo Rinaldi” de Haïti. La congrégation s'est déjà activée pour organiser un réseau mondial de collecte de fonds et d'aides en collaboration avec Catholic Charities, Catholic Relief Services et Feed the Children. Des informations viennent de parvenir des salésiens de la Quasi-Province “Bienheureux Filippo Rinaldi” de Haïti : père Attilio Stra, directeur de l'œuvre de Port-au-Prince-Enam, aurait été blessé, tandis que père Simon Gatine Joseph Maceus, fondateur du projet “Timkatec” en faveur des enfants des rues de Pétionville, a été emmené à Miami (États-Unis) pour y recevoir des soins bien que les médecins aient assuré qu'il était hors de danger. En revanche, personne ne connaît encore le sort des plus de 200 élèves de l'école de Port-au-Prince-Enam. (CC/CN)
MISNA
03:10 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : catholic charities, catholic relief services, haiti, seisme, tremblement de terre, port-au-prince, misna, bidonvilles, cite soleil, bel air, michel menard, societe des peres de saint jacques, france, jacmel, gonaives, rue lafleur duchene, stade silvio cator, pacot, gingerbread, missionnaires scalabriens, giuseppe durante, sergio marotti, seminaristes, sergio geremia, rome, freres mineurs, capucins, les cayes, villa manrese, clercs de saint viateur, spiritains, missionnaires spiritains, pascual chavez, ducange sylvain, feed the children, attilio stra, simon gatine joseph maceus, timkatec, petionville, miami, etats-unis |
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14.01.2010
Séisme à Haïti: la zone de Jacmel gravement touchée et dans l'attente d'aide
Au fil des heures, des "dégâts énormes" sont également signalés à Jacmel, ville portuaire de 40.000 habitants située à 40 kilomètres au sud de la capitale Port-au-Prince.

"La ville de Jacmel est détruite entre 60 et 80 %. On compte déjà des dizaines de morts et particulièrement des gens de la connaissance de nous tous et beaucoup de gens sont encore sous les décombres", indique Zidor Fednel, dirigeant local, au portail d'informations Haiti press network. "On est en train de mettre en place des campements pour lesquels on n'était pas prêts.
La presse internationale, particulièrement la presse francophone, ne parle pas de Jacmel qui est a plus de la moitié dévastée", ajoute-t-il dans un message diffusé via Internet. Comme pour Port-au-Prince, aucun bilan précis ne peut encore être dressé. Les communications téléphoniques avec Haïti sont toujours interrompues et les principaux médias locaux gardent le silence, à l'exception de quelques brèves mises à jour faites tout au plus de photographies de milliers de rescapés contraints de passer leur seconde nuit dehors, au milieu de bâtiments rasés au sol et de corps sans vie.

"Port-au-Prince ressemble à un immense champ de bataille", observe de son côté Radio Kiskeya. On apprend qu'un temple protestant s'est écroulé alors que de nombreux fidèles se trouvaient à l'intérieur, pendant que s'allonge la liste des bâtiments gouvernementaux, des écoles, des universités, des lieux de culte et des centres commerciaux n'ayant pas tenu le coup.
De plus, l'institut géophysique américain vient d'enregistrer une nouvelle secousse de magnitude 4,7 sur l'échelle de Richter à 50 kilomètres environ de la capitale, à 10 kilomètres de profondeur.
En attendant, le président haïtien René Preval a confirmé mercredi soir la disparition du chef de la mission locale de l'Onu (Minustah), Hedi Annabi. De même, Michelle Montas, ancienne porte-parole de l'Onu mais surtout personnalité emblématique de la lutte contre les dictatures et la mauvaise gouvernance haïtienne, serait elle aussi portée disparue, tel que l'a confirmé le porte-parole des Nations Unies, Martin Nesirsky.
La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a averti que le bilan des victimes serait l'un des plus élevés des dernières années, tandis que l'ex-président américain Bill Clinton, représentant spécial de l'Onu à Haïti, a sollicité toutes les contributions possibles de la communauté internationale.
À l'issue de la tragique journée de mercredi, le Premier ministre Jean-Max Bellarive a évoqué un bilan provisoire de plus de 100.000 victimes, alors que le Comité international de la Croix Rouge (Cicr) estime qu'un tiers des neuf millions de Haïtiens pourraient avoir besoin d'une assistance. La gouverneure générale, Michaëlle Jean, a quant à elle invité la population haïtienne a s'armer de courage, alors que la nation commençait à peine à se relever du passage de plusieurs ouragans en 2008. Le président du Brésil Luiz Ignácio Lula da Silva a quant à lui appelé le président des États-Unis, Barack Obama, à "accélérer" les opérations de secours, réitérant l'entière disponibilité de son pays - sous l'égide duquel est placée la Minustah - à participer à la reconstruction de Haïti.
Pendant ce temps, les marques de solidarité internationales se multiplient, du Canada à Cuba, en passant par l'Union européenne, le Venezuela et la Chine. Selon les Nations Unies, en dépit de dizaines de nouvelles répliques, l'aéroport de Port-au-Prince serait "pleinement opérationnel" et devrait permettre aux autorités compétentes de réceptionner les aides internationales.
Selon Kimberley Shoaf, directrice du Centre sur la Santé publique et les catastrophes à l'Université de Californie (Ucla), un des problèmes les plus urgents consiste actuellement dans les complications dues à l'inhalation de la poussière des bâtiments effondrés et à la consommation d'eau non potable.
MISNA
17:26 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : haiti, seisme, tremblement de terre, jacmel, port-au-prince, haiti press network, zidor fednel, radio kiskeya, rene preval, onu, minustah, hedi annabi, michelle montas, martin nesirsky, hilary clinton, bill clinton, jean-max bellarive, cicr, comite international de la croix rouge, michaelle jean, bresil, luiz ignacio lula da silva, barack obama, canada, cuba, union europeenne, venezuela, chine, areroport, kimberley shoaf, ucla |
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