11/09/2009

Journée mondiale de prévention du suicide

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« La prévention du suicide dans les différentes cultures » : c’est le thème cette année de la Journée mondiale qui est consacrée à cet important problème de santé publique organisée par l’Organisation mondiale de la santé.

Trois mille personnes en moyenne se suicident chaque jour dans le monde et l’on compte vingt tentatives ou plus pour un suicide. Les jeunes son parmi les groupes les plus exposés. Comment expliquer leur passage à l’acte ? Nous avons posé la question à Jacques Arènes, psychologue et psychanalyste chrétien. Radio Vatican: >>

Des Propos recueillis par Hélène Destombes.

Transcription de l’interview :


D’abord il y a la pathologie, il y a des jeunes qui sont dans de graves difficultés psychiques et évidemment la tentation de suicide est plus importante. Puis je crois qu’il y a aussi effectivement ce que Durkheim appelait l’anomie, c’est-à-dire des difficultés à retrouver des repères, de retrouver une guidance des réponses autour de soi quand on est en recherche de sens, peut-être que dans nos sociétés un peu ou très civilisées, si je puis dire, très éduquées, la question du sens est peut-être plus douloureuse aujourd’hui. Il me semble que les gens qui ont des pulsions suicidaires, beaucoup de jeunes en ont. Cela ne veut dire pas nécessairement qu’on passe à l’acte dans ce cas-là. Parfois dans nos sociétés, on se retrouve bien seul quand on a une pulsion suicidaire, c’est-à-dire qu’on est beaucoup renvoyé à sa propre liberté, à sa propre décision, au moment même de l’acte et je crois qu’il y a peut-être moins de soutenance et moins de guidance qu’auparavant. Donc les gens ont peut-être plus de mal à contrôler ces pulsions. La liberté est très sacro-sainte à ce niveau-là.



Comment justement prévenir ce passage à l’acte ?

D’une part je crois que c’est important que les adultes disent aux jeunes que la vie est belle, ce n’est pas seulement dans une attention vis-à-vis de la souffrance des jeunes, je crois que c’est très important d’être attentif aux signes dépressifs en particulier, aux signes d’un jeune qui est en retrait qui montre des signes de moins investir sa vie, sa vie aussi scolaire, etc. Donc d’être attentif aussi à des signes qu’on ne peut pas voir directement, des signes indirects de souffrance des jeunes mais cela je crois que les parents et éducateurs peuvent être attentifs à cela. Et puis je crois que c’est aussi important d’être soi-même dans cette espèce de désir de montrer que la vie vaut la peine d’être vécue. Ce n’est pas seulement la méthode Coué, c’est aussi important je crois d’avoir des adultes entraînants autour de soi quand on ne va pas très bien.