14.05.2010

Le Pape déplore la pensée unique qui méprise la dimension religieuse de la vie

Ils l’entouraient depuis son arrivée au Portugal, ils ont déjeuné avec lui ce jeudi midi après la messe sur l’esplanade du sanctuaire de Fatima. Les évêques portugais ont rencontré Benoît XVI ce jeudi soir. Le pape leur a adressé un message fort les appelant à l’engagement et à ne pas craindre de prendre la parole.

 

 

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Il faut – a-t-il dit - d’authentiques témoins de Jésus Christ, surtout dans ces milieux humains où le silence de la foi est plus vaste et plus profond : les hommes politiques, les intellectuels, les professionnels de la communication qui professent et promeuvent une orientation culturelle unique, en méprisant la dimension religieuse et contemplative de la vie. Dans ces milieux, il y a des croyants honteux de leur foi qui prêtent leur concours au sécularisme, qui fait obstacle à l’inspiration chrétienne. La parole ne peut être enchaînée.

Compte rendu de cette rencontre avec notre envoyé sur place Xavier Sartre (Radio Vatican): >>

08.01.2010

Un différend religieux en voie de résolution au Sénégal

Au Sénégal, le président a nommé un ministre chargé des affaires religieuses, ce qui est une première en la matière. Une décision qui fait suite à la crise entre l’Église et la présidence après des propos tenus par le président Wade à des imams : « Dans les églises, on prie un homme, Jésus Christ qui n’est pas Dieu. Quand je passe devant les églises, je ne m’intéresse pas à ce qui se passe à l’intérieur. Ce n’est pas mon problème. Parce que je suis musulman. C’est ça la tolérance ».

 

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Des réflexions jugées humiliantes par l’Église catholique du pays. Après de très vives protestations du cardinal Sarr, le président sénégalais (photo) avait fait transmettre ses excuses par son fils. Il entend maintenant avec ce ministère des affaires religieuses éviter qu’un tel épisode ne se reproduise et disperser tous les malentendus.

Écoutez l’analyse d’Antoine Diouf, rédacteur en chef de Radio Futur Media à Dakar (Radio Vatican). >>

21.10.2009

À l’Audience générale, Benoît XVI évoque saint Bernard de Clairvaux

Ce matin, le Pape, à l’Audience générale place Saint-Pierre, a articulé sa catéchèse autour de saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), « un des plus importants Pères de l’Église », voire un des derniers Pères de l’Église « par la capacité dont il fit preuve à recueillir avec sagesse le riche héritage de la doctrine patristique ». Il renouvela radicalement la vie monastique de son époque, en rappelant « la nécessité d’une vie sobre et mesurée » et en recommandant le soutien et le soin aux pauvres.

 

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Lors des saluts aux pèlerins de langue polonaise, le Pape a rappelé les travaux du Synode pour l’Afrique en évoquant les difficultés de ce continent et a appelé les pèlerins à soutenir l’Église en Afrique spirituellement et matériellement.

Écoutez sur Radio Vatican le résumé de la catéchèse et les paroles que Benoît XVI a adressés aux pèlerins de langue française: >>

Résumé de la catéchèse en langue française

Chers Frères et Sœurs,

Saint Bernard est l’un des plus grands Docteurs de l'Église. Né en 1090 à Fontaines, en France, il entre à Cîteaux, nouvelle fondation monastique, vers l’âge de 20 ans. Quelques années plus tard, en 1115, il fonde le monastère de Clairvaux, où il va affiner sa conception de la vie monastique et la mettre en pratique, soulignant particulièrement la nécessité d’une vie sobre et mesurée, et recommandant le soutien des pauvres. En ces années, il développa une vaste correspondance avec de nombreuses personnes, de haute et de modeste condition. A partir de 1130 il s’occupera aussi de graves questions concernant le Saint-Siège et l'Église. Deux aspects centraux de la doctrine de saint Bernard concernent Jésus Christ et Marie, sa sainte Mère, qui nous conduit à son Fils. Pour l’Abbé de Clairvaux, la vraie connaissance de Dieu consiste dans l’expérience personnelle de Jésus Christ et de son amour. La foi est avant tout une rencontre intime avec Jésus, qui nous permet de faire l’expérience de sa proximité, de son amitié, de son amour. C’est seulement ainsi qu’on apprend à le connaître toujours plus, à l’aimer et à le suivre. Que cela se réalise pour chacun de nous !



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Je salue cordialement les pèlerins de langue française, particulièrement les jeunes d’Alsace et de Normandie ainsi que les servants de messe des unités pastorales Notre-Dame et Sainte-Claire du canton de Fribourg. Que l’enseignement de saint Bernard vous aide à découvrir toujours plus en Marie la Mère qui protège de toute crainte et qui nous guide vers son divin Fils. Que Dieu vous bénisse !

15.09.2009

L'Eglise libre dans l'état libre. Selon le cardinal Ruini

L'Eglise libre dans l'état libre. Selon Ruini

Le cardinal relance, avec un livre puis avec un grand colloque à Rome portant sur rien de moins que Dieu, le "projet culturel" de l’Eglise d’Italie. Qui coïncide avec la "priorité" que Benoît XVI a fixée à son pontificat


par Sandro Magister





ROME, le 14 septembre 2009 – La tempête qui a frappé ces jours-ci le journal de la conférence des évêques d’Italie, "Avvenire", a relancé la discussion sur les relations entre Eglise et pouvoir politique.

Au même moment, une circulaire sur l'enseignement de la religion catholique dans les écoles, adressée aux évêques du monde entier par la congrégation vaticane pour l'éducation catholique, a soulevé à nouveau une question sur laquelle la protestation laïque est plus récurrente.

Les relations entre religion et politique sont une question classique de "frontières", comme le dit aussi le titre d’un dialogue, devenu un livre, entre le penseur laïc Ernesto Galli della Loggia et le cardinal Camillo Ruini.

La présentation de son livre au Palazzo Marino de Milan, le 9 septembre, a donné à Ruini l’occasion d’expliquer de manière synthétique comment il conçoit le rôle public de la religion dans les démocraties modernes et quels sont les points d'accord et de désaccord entre l’Eglise et la vision laïque.

Son intervention, que l’on pourra lire intégralement ci-dessous, est d’autant plus intéressante qu’elle porte sur les "fondamentaux" de la controverse sur la laïcité.

Une controverse qui implique forcément la question suprême à propos de Dieu. Parce que "avec Dieu ou sans Dieu, cela change tout", a dit le cardinal. Il a justement choisi la question de Dieu comme thème d’un grand colloque qui aura lieu à Rome du 10 au 12 décembre, à l’initiative de la conférence des évêques d’Italie et en particulier de son comité pour le "projet culturel", dont Ruini est le président.

Le colloque ne sera pas uniquement “d’Eglise”. Il s’étendra de la philosophie à la théologie, de l’art à la musique, de la littérature à la science. Les orateurs seront vraiment de niveau international dans leurs domaines respectifs : catholiques ou non, croyants ou agnostiques, de Robert Spaemann à Aharon Appelfeld, de Roger Scruton à Rémi Brague, de Martin Nowak à Peter van Inwagen.

Ce ne sera pas une succession d’opinions juxtaposées et moins encore une sorte de “chaire des non croyants” comme ce que le cardinal Carlo Maria Martini avait organisé il y a des années. Ciblé, le projet vise à mettre en œuvre cette “priorité” qui, pour Benoît XVI “est au-dessus de toutes les autres”, en un temps “où, dans de vastes régions de la terre, la foi risque de s’éteindre comme une flamme qui ne trouve plus d’aliment”.

La priorité est donc – comme l’a écrit le pape dans sa lettre du 10 mars 2009 aux évêques – “de rendre Dieu présent en ce monde et d’ouvrir aux hommes l’accès à Dieu. Pas à n’importe quel dieu, mais à ce Dieu qui a parlé sur le Sinaï ; à ce Dieu dont nous reconnaissons le visage dans l’amour poussé jusqu’au bout, en Jésus-Christ crucifié et ressuscité”.

Pour la conférence des évêques d’Italie un colloque d’une telle importance est une véritable première. Le "projet culturel" dont Ruini a été le concepteur y trouve l’une de ses grandes explications. Parce que ce projet n’est rien d’autre qu’un "effort pour transformer le message de l’Eglise en culture populaire", comme l’a dit Lorenzo Ornaghi, recteur de l'Université Catholique de Milan, en commentant le livre de Ruini et Galli della Loggia. Un effort qui a eu et a toujours dans le quotidien "Avvenire" l’une de ses principales tribunes.

Mais laissons la parole au cardinal.



Une laïcité positive pour l’avenir

par Camillo Ruini



La laïcité est un vaste sujet, dont on débat depuis des années avec un intérêt qui semble inépuisable. Il est donc difficile de proposer des "idées innovantes" en ce domaine, comme cela est souhaité pour cette rencontre.

A propos de l’émergence de quelque chose de nouveau, je voudrais surtout signaler le risque contenu dans le mot italien "laicità". Non pas en lui-même mais parce que, dans le débat culturel et politique italien, il est facilement affecté par sa parenté avec le terme français "laïcité". Ce dernier est historiquement porteur d’un sens très précis et à mon avis assez étroit, par rapport aux problèmes actuels et à l’importance de l’autre courant que, pour plus de clarté, nous appellerons "nord-américain".

Pour qu’une "nouvelle" laïcité soit élaborée conceptuellement et surtout pour qu’elle puisse prendre pied dans la réalité, la matrice américaine me paraît beaucoup plus utile que la française. Mais avant tout il faut mesurer sérieusement l’importance prise par la présence des diverses religions sur la scène publique, ainsi que les questions posées par la transformation des coutumes et modes de vie ou par les développements scientifiques et technologiques, en particulier dans le domaine des biotechnologies.

Je voudrais aussi apporter un élément de réflexion dont on ne parle pas d’habitude, mais qui me paraît indispensable pour mettre en place correctement – ou, si l’on veut, avec honnêteté intellectuelle – toute la discussion sur la laïcité et sur le rôle public des religions.

Cet élément de réflexion est contenu dans le sous-titre du colloque international sur Dieu, organisé pour décembre prochain [à Rome] par le comité pour le projet culturel [de la conférence des évêques d’Italie] : "Avec Lui ou sans Lui, cela change tout ".

En 2001, Robert Spaemann a expliqué le sens de cette affirmation de façon à la fois très synthétique et magistrale, précisant que la réponse à la question "cela fait-il une différence que Dieu existe ou non ?" change profondément selon qu’il s’agit des croyants ou des non croyants, que ceux-ci soient athées ou agnostiques.

Les vrais croyants répondent que non seulement la différence existe mais qu’elle est grande et radicale – c’est même la première et la plus grande – quant à la manière de concevoir la réalité mais aussi quant à l’orientation à donner à notre vie : pour eux, en effet, Dieu est l’origine, le sens et le but de l’homme et de l’univers.

Les non croyants, quant à eux, peuvent se différencier dans leurs réponses, suivant qu’ils considèrent la foi en Dieu comme négative, positive ou indifférente pour la vie de l’homme et de la société, mais à proprement parler ils ne se réfèrent qu’à notre foi en Dieu, pas à la réalité même de Dieu, puisque, selon eux, Dieu n’existe pas ou que, en tout cas, on ne peut rien savoir de lui, pas même s’il existe.

Reconnaître cette profonde différence d’approche entre croyants et non croyants libère le terrain des équivoques des fausses uniformités, mais n’implique pas du tout une impossibilité de converger sur des objectifs concrets et importants, ou même très importants dans les circonstances historiques actuelles. Tout à l’heure, j’en citerai quelques uns.


***

Pour en revenir à la question de la laïcité, je voudrais distinguer, d’une part, les aspects sur lesquels il y a aujourd’hui un large consensus, même s’il est souvent masqué par des polémiques non dépourvues d’arrière-pensées et, d’autre part, les points sur lesquels au contraire l’opposition est profonde et tend peut-être même à s’aviver.

En nous référant, d’une part, à l’entrée "Laïcisme", rédigée par Giovanni Fornero, de la troisième édition du "Dictionnaire de philosophie" d’Abbagnano et, d’autre part, aux documents "Gaudium et spes" et "Dignitatis humanae" du concile Vatican II, nous pouvons identifier les aspects sur lesquels il y a consensus, surtout dans le principe de l’autonomie des activités humaines, c’est-à-dire dans l’exigence qu’elles soient exercées selon des règles propres et non pas imposées de l’extérieur. Derrière ce consensus, on retrouve aussi la différence entre croyants et non croyants : les premiers pensent en effet que cette autonomie trouve en Dieu créateur son origine et sa condition ultime de légitimité ("Gaudium et spes" 36).

Contrairement à beaucoup d’apparences, un second élément de consensus est l’affirmation de la liberté religieuse, comme droit inaliénable de toute personne et, au moins selon l’Eglise catholique, de toute communauté.

A ce sujet, le virage opéré par Vatican II par rapport aux positions précédentes de l’Eglise en ce domaine avec la déclaration "Dignitatis humanae" a été décisif. Une différence par rapport aux opinions répandues dans le monde laïc concerne le fondement ultime de cette liberté, que le concile comprend de manière à exclure une approche relativiste incompatible avec la revendication de vérité du christianisme. J’ajoute que "Dignitatis humanae" (n. 7) affirme nettement que la liberté de l’homme dans la société doit être reconnue de la manière la plus large possible, en la limitant seulement si et dans la mesure où c’est nécessaire.

Sur la base des deux principes partagés de l’autonomie des activités humaines et de la liberté, notamment religieuse, il y a aussi un large consensus – contrairement aux apparences, de nouveau – sur les normes ou les critères de fond qui doivent régler les rapports entre l’état et les communautés religieuses, y compris entre l’état et l’Eglise en Italie.

Concrètement, il s’agit de leur distinction et de leur autonomie réciproque, mais aussi de l’ouverture pluraliste des institutions de l’état démocratique et libéral aux positions les plus diverses – y compris celles à caractère religieux et même confessionnel –, qui ont toutes, par elles-mêmes, les mêmes droits et la même dignité face à l’état.

Mais les motivations et les dimensions de cette ouverture sont très diverses, selon les points de vue des interlocuteurs, comme nous allons le voir.

L’obstacle qui existait en Italie – et qui survit encore d’une certaine manière dans d’autres pays, y compris en Europe – c’est-à-dire la "religion d’état" ou le caractère confessionnel de l’état, a été surmonté institutionnellement grâce à l’accord de 1984 portant révision du Concordat. Dans son protocole additionnel, en relation avec l’art. 1, il stipule : "Le principe de la religion catholique comme seule religion de l’état italien, originellement rappelé dans les Accords de Latran, est considéré comme n’étant plus en vigueur".

A la base de la révision du Concordat il y a, comme chacun sait, d’une part la constitution de la République et de l’autre le concile Vatican II avec la reconnaissance de la liberté religieuse.

L’objection selon laquelle le maintien même du Concordat constitue un privilège, contraire au principe de l’ouverture pluraliste et paritaire de l’état aux diverses confessions religieuses et positions culturelles, ne paraît pas insurmontable après l’accord de révision. En effet les relations concrètes entre un état et les diverses confessions religieuses présentes dans le corps social ne peuvent pas ne pas tenir compte de la situation historique et des façons dont, dans le cadre de celle-ci, l’état peut reconnaître un caractère public, et pas seulement privé, aux diverses confessions, avec les effets concrets découlant d’une telle reconnaissance.


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Venons-en maintenant aux aspects de la laïcité sur lesquels il y a des divergences profondes, c’est-à-dire aux problèmes qui sont aujourd’hui vraiment ouverts. Dans les pays de démocratie libérale auxquels je limite mon propos, ils se concentrent principalement sur le rôle public que les religions peuvent ou non jouer et sur les conditions dans lesquelles elles peuvent éventuellement le jouer.

La gamme des opinions et positions à ce sujet est vaste et variée, mais il paraît possible d’identifier deux orientations, et je dirais deux sensibilités, de fond.

L’une d’elles tend à réduire le rôle public des religions, parfois jusqu’à une quasi-suppression. On la justifie, d’une part, en soulignant le caractère personnel, spirituel et intime, plutôt que social et institutionnel, de la religiosité authentique ; d’autre part en privilégiant, dans la vie d’une nation, la sphère proprement politique par rapport à celle du social.

L’autre orientation tend, au contraire, à favoriser ou du moins à accueillir sans restrictions mentales le rôle public des religions, en considérant aussi les dimensions sociales et institutionnelles comme essentielles pour les religions et en insistant sur l’autonomie et l’importance irréductible de la sphère du social.

Il faut dire clairement qu’aujourd’hui ces différences d’orientation sont transversales par rapport à la distinction, habituelle en Italie, entre catholiques et laïcs, et entre croyants et non croyants. Parmi les catholiques il y a en effet de nombreux partisans d’une religiosité concentrée sur son aspect spirituel, qui critiquent volontiers le rôle public des religions et en particulier du catholicisme. Parmi les laïcs, surtout depuis l’émergence des nouvelles et grandes questions éthiques et anthropologiques et la présence accrue des religions non chrétiennes sur la scène mondiale, beaucoup de gens admettent volontiers ce rôle et, assez souvent, le souhaitent.


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Je vais maintenant essayer d’exposer synthétiquement mon point de vue sur ce problème.

Les phénomènes religieux, autrement dit toutes les religions, y compris bien sûr le christianisme, n’ont en eux-mêmes pas moins de titres que tout autre organisme ou phénomène social à influer sur la scène publique, y compris dans le domaine proprement politique. Cela, bien sûr, dans le respect des règles de la démocratie et de l’état de droit ou, pour utiliser une terminologie en vogue aujourd’hui, des procédures à travers lesquelles se forment et s’expriment les décisions politiques.

Il n’y a donc pas de raison d’imposer des conditions spéciales aux religions pour qu’elles jouent un rôle public, par exemple des conditions quant à la rationalité de leur argumentaire. En effet, dans un système démocratique, pour décider si une façon d’argumenter est rationnelle ou peut-être, plus précisément, plausible et convaincante, on s’en remet uniquement, en dernière analyse, à l’appréciation de l’ensemble des citoyens dans les cadres appropriés, surtout le cadre électoral.

Enfin je voudrais indiquer les motifs pour lesquels le rôle public des religions – notamment le christianisme – est important et peut rendre un service positif à la vie de la société. Autrement dit, je voudrais indiquer les raisons pratiques de cette laïcité "saine" ou "positive" dont Benoît XVI a parlé plusieurs fois, c’est-à-dire ouverte aux aspirations éthiques fondamentales et au sens religieux que nous portons en nous.

Une motivation très importante a été indiquée par E.-W. Böckenförde, il y a des années, dans son essai classique "La formation de l’état comme processus de sécularisation" : l’état libéral sécularisé vit en effet de principes que lui-même ne peut garantir, parmi lesquels, comme Hegel le soulignait déjà, les impulsions et les liens moraux dont la religion est la source semblent jouer un rôle particulier.

Récemment, Rémi Brague, dans une intervention sur "Foi et démocratie" publiée par la revue "Aspenia" en 2008, a proposé une mise à jour intéressante et à mon avis acceptable quant au fond, de la thèse de Böckenförde.

En premier lieu il a étendu cette thèse de l’état à l’homme d’aujourd’hui, qui a dans une large mesure cessé de croire en sa propre valeur, à cause de cette tendance à réduire l’homme lui-même à un phénomène de la nature et à cause de ce relativisme total qui sont à la base des interprétations actuelles de la laïcité, contraires à l’ouverture demandée par Benoît XVI. C’est donc l’homme, et pas seulement l’état, qui a besoin aujourd’hui – et même presque toujours, selon moi – d’un soutien qu’il n’est pas capable de s’assurer lui-même.

En second lieu la religion n’est pas uniquement, et même pas principalement, source d’impulsions et de liens éthiques. Aujourd’hui, avant d’assurer des limites et des digues, il s’agit de trouver des raisons de vivre. C’est là, depuis le début, la fonction, ou mieux la mission la plus spécifique du christianisme : ce qu’il nous dit surtout, ce n’est pas "comment" vivre, mais "pourquoi" vivre, pourquoi choisir la vie, pourquoi en profiter et pourquoi la transmettre.

Comme le précise son sous-titre, le livre "Frontières" est un exercice de "dialogue sur le christianisme et le monde contemporain". Il cherche à approfondir dans ses motivations et à rendre concrète cette laïcité non hostile au christianisme, et même largement alimentée par lui, en laquelle le professeur Galli della Loggia et moi, malgré nos points de vue différents, percevons tous les deux une défense essentielle de l’inspiration humaniste de notre civilisation.



Le livre :

Ernesto Galli della Loggia, Camillo Ruini, "Confini. Dialogo sul cristianesimo e il mondo contemporaneo", Mondadori, Milan, 2009.

Le professeur Galli della Loggia est revenu sur l’un des sujets discutés dans ce livre dans un éditorial publié par le "Corriere della Sera" le 30 août 2009 :

> Quelle distanze con la Chiesa


La lettre du Vatican sur l'enseignement de la religion à l’école, citée au début de cet article :

> Lettre circulaire sur l'enseignement de la religion dans l'école, le 5 mai 2009

Les articles de www.chiesa sur l’affaire "Avvenire", concentrés sur les aspects ecclésiaux :

> L'Eglise, Obama et Berlusconi. La confusion au pouvoir (31.8.2009)

> Dino Boffo lascia "Avvenire". "Per gli interessi della mia Chiesa" (3.9.2009)

> "Avvenire" a deux lecteurs qui ne sont pas d'accord entre eux : l'épiscopat et le Vatican (10.9.2009)

Et l'analyse d’ensemble de l’affaire, y compris l’aspect politique, par le professeur Pietro De Marco :

> "La questione non finisce qui". Sul caso Boffo e sul suo successore



Un précédent article de www.chiesa sur la question de la laïcité, avec des interventions des cardinaux Camillo Ruini et Angelo Scola, et des professeurs Ernesto Galli della Loggia et Pietro De Marco:

> La laïcité en danger. Deux cardinaux à son secours (23.2.2009)

Et une lecture "américaine" des mêmes questions, dans un livre de l'archevêque Charles J. Chaput:

> Comment faire de la politique quand on est catholique. L'aide-mémoire de Denver
(13.8.2008)



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

23.06.2009

Benoît XVI, Angélus depuis San Giovanni Rotondo

ROME, Dimanche 21 juin 2009 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte de l'Angélus que le pape Benoît XVI a prononcé ce dimanche matin, à l'issue de la messe qu'il a célébrée à San Giovanni Rotondo, le 21 juin, à l'occasion de sa 15e visite pastorale en Italie.

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http://www.sacred-destinations.com/italy/images/puglia/san-giovanni-rotondo/resized/xti_4107.jpg


Chers frères et sœurs,

Au terme de cette célébration solennelle, je vous invite à réciter avec moi - comme chaque dimanche - la prière mariale de l'Angélus. Mais ici, dans le sanctuaire de saint Pio de Pietrelcina, il nous semble entendre sa voix, qui nous exhorte à nous adresser à la Vierge Sainte avec un cœur d'enfant : « Aimez la Vierge et faites-la aimer ». C'est ce qu'il répétait à tous, et plus que les mots, c'est le témoignage exemplaire de sa profonde dévotion à la Mère céleste qui était valable. Baptisé dans l'église de Sainte-Marie-des-Anges de Pietrelcina du nom de Francesco, comme le Pauvre d'Assise, il nourrit toujours pour la Vierge un amour très tendre. La Providence le conduisit ensuite ici, à San Giovanni Rotondo, au sanctuaire de Sainte Marie de la Grâce, où il resta jusqu'à sa mort et où repose sa dépouille. Toute sa vie et son apostolat se sont donc déroulés sous le regard maternel de la Vierge et avec la puissance de son intercession. Il considérait aussi la « Maison du Soulagement de la Souffrance » comme une œuvre de Marie, « Santé des malades ». C'est pourquoi, chers amis, sur l'exemple de Padre Pio, je veux aussi aujourd'hui vous confier à la protection maternelle de la Mère de Dieu. Je l'invoque de manière particulière pour la communauté des Frères Capucins, pour les malades de l'hôpital et pour tous ceux qui prennent soin d'eux avec amour, ainsi que pour les Groupes de prière qui portent en Italie et dans le monde la consigne spirituelle du Saint fondateur.

Je voudrais confier de manière spéciale à l'intercession de la Vierge et de saint Pio de Pietrelcina l'année sacerdotale, que j'ai inaugurée vendredi dernier, solennité du Sacré Cœur de Jésus. Qu'elle soit une occasion privilégiée de mettre en lumière la valeur de la mission et de la sainteté des prêtres au service de l'Eglise et de l'humanité du troisième millénaire !

Prions aujourd'hui aussi pour la situation difficile et parfois dramatique des réfugiés. La Journée mondiale du Réfugié, encouragée par les Nations Unies, a justement été célébrée hier. Beaucoup de personnes cherchent refuge dans d'autres pays, fuyant des situations de guerre, des persécutions et des catastrophes, et leur accueil pose beaucoup de difficultés mais il est toutefois juste. Que grâce à Dieu, avec l'engagement de tous, on réussisse le plus possible à éliminer les causes d'un phénomène si triste.

Je salue avec une grande affection tous les pèlerins ici rassemblés. J'exprime ma reconnaissance aux autorités civiles et à tous ceux qui ont collaboré à la préparation de ma visite. Merci de tout cœur ! Je le répète à tous : cheminez sur la voie que Padre Pio vous a indiquée, la voie de la sainteté selon l'Evangile de notre Seigneur Jésus Christ. Sur ce chemin, la Vierge Marie vous précèdera toujours, et de sa main maternelle, elle vous guidera vers la patrie céleste.

© Copyright du texte original plurilingue : Librairie Editrice du Vatican

Traduction : ZENIT

22.05.2009

Pope: Bring the Gospel to the Internet

At the end of the General Audience, Benedict XVI recalled that the Church celebrates World Communications Day on Sunday, May 24th.

The new technologies have brought about fundamental shifts in the ways in which news and information are disseminated and in how people communicate and relate to each other. I wish to encourage all those who access cyberspace to be careful to maintain and promote a culture of respect, dialogue and authentic friendship where the values of truth, harmony and understanding can flourish.

"Young people in particular, I appeal to you: bear witness to your faith through the digital world! Employ these new technologies to make the Gospel known, so that the Good News of Gods inf ...