07.03.2009

Congrès international sur l’ « évolution biologique »

Scientifiques, théologiens et philosophes appelés à « croiser leurs regards »

Mgr Ravasi ouvre les travaux du Congrès international sur l’ « évolution biologique »


ROME, Mercredi 4 mars 2009 (ZENIT.org)  - « Croiser les regards » et « penser sérieusement » sont les deux vœux exprimés par Mgr Gian Franco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture, en ouvrant mardi les travaux de la Conférence internationale sur l' « Evolution biologique. Faits et théories. Une approche critique 150 ans après l' ‘origine des espèces' ».

Le congrès, organisé par l'Université pontificale grégorienne en collaboration avec l'Université Notre-Dame (Indiana), et placé sous le haut patronage du Conseil pontifical de la culture, entend marquer le bicentenaire de la naissance de Charles Darwin (1809-1882) et le 150e anniversaire de la parution de son livre « L'origine des espèces ».

 


Statue de Charles Darwin, père de la théorie de l'évolution
source: Kerknet


« Il faut que scientifiques, théologiens et philosophes, croisent leurs regards », a déclaré d'emblée  Mgr Ravasi, à l'ouverture des travaux, insistant une fois encore sur la nécessité d'un dialogue entre théologie et philosophie, et plus largement entre la foi et la science.

Et cette nécessité de « croiser les regards », a-t-il précisé en reprenant l'expression du père jésuite Marc Leclerc, biologiste et philosophe à la Grégorienne, et chargé de la direction des travaux de la conférence, doit se faire à deux niveaux  « subjectif » et « objectif ».

Au « niveau subjectif »,  a expliqué Mgr Ravasi, car « il faut que théologiens et scientifiques se regardent à visage ouvert, s'écoutent, qu'ils aient des échanges sereins » ; et à un niveau « objectif », de manière à ce que « ces regards examinent la réalité sous différents angles, cette même réalité qui implique plusieurs lectures ».     

A ce propos, Mgr Ravasi suggère une attitude de « noblesse » dans la manière d' « aborder chaque différence, de reconnaître la diversité des approches, de respecter les statuts épistémologiques » car, a-t-il mis en garde, « nous ne devons pas céder à la misère de l' ‘hybris' intégriste, de l'arrogance exclusive ».

Mais pour cela, a-t-il ajouté, il s'agit d'être conscients « non pas de posséder la vérité, comme un bien objectif », mais d' « être dans la vérité, celle qui nous transcende, nous dépasse, nous enveloppe ».

« Croiser les regards » et « penser sérieusement » demande donc « humilité et efforts dans la recherche et dans l'écoute » a poursuivi Mgr Ravasi. D'où, a-t-il dit, « l'importance d'une recherche patiente, faite d'analyses personnelles et des autres ».

Telle recherche, estime donc en substance Mgr Ravasi, suppose « humilité et conscience que la vérité est plus grande ».

Pour le président du Conseil pontifical de la culture, « le grand scientifique, le grand théologien, n'est pas celui qui donne toutes les réponses, mais celui qui se pose toujours les vraies questions, les questions nécessaires ».

 « Si elle n'est pas pensée, la foi n'est rien, elle est vide », a-t-il insisté en citant l'affirmation de saint Augustin que Jean Paul II  a reprise dans son encyclique « Fides et Ratio ».

« Bien que leurs parcours soient différents, la foi et la raison se retrouvent sur un territoire analogue », a-t-il fait remarquer.

« L'Intelligence a des parcours différents », il n'y a pas « un seul et unique parcours », a-t-il souligné, expliquant qu' « il y a la rigueur scientifique, la logique formelle », mais qu'il y a aussi « d'autres parcours cognitifs et intellectuels, comme la philosophie et la théologie, mais aussi l'art et la poésie, chacun avec ses propres statuts, ses propres méthodes, sa propre cohérence ».

D'où l'importance pour Mgr Ravasi, de « comprendre également ce qui est à l'intérieur de la théologie », de remonter à la pensée de Saint Paul, le théologien, dont l'année 2008-2009 qui lui est consacrée, véhicule le message, 2000 ans après sa naissance.

« Paul, a conclu Mgr Ravasi en citant les paroles d'Albert Schweitzer, a garanti pour toujours, dans le christianisme, le droit de penser : il fonde à jamais la confiance que la foi n'a rien à craindre de la pensée ».

Isabelle Cousturié

12.02.2009

200e anniversaire de la naissance de Darwin: congrès sur l'évolution au Vatican

Un congrès sur la théorie de l’évolution à la lumière de la foi

A l’occasion du 200e anniversaire de la naissance de Darwin


ROME, Mercredi 11 février 2009 (ZENIT.org) - Un événement qui cherche à démontrer que « la foi et la science sont complémentaires et non pas incompatibles, et rétablir ce dialogue dans la diversité ».

 

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C'est ainsi que Mgr Gianfranco Ravasi, (photo) président du Conseil pontifical pour la culture, a défini le congrès ‘Biological Evolution, facts and theories' (Evolution biologique, faits et théories), durant une conférence de presse de présentation qui s'est déroulée le 10 février au Vatican.

L'événement se déroulera du 3 au 7 mars à l'université pontificale de la Grégorienne à Rome, en lien avec l'Université Notre Dame de l'Indiana (Etats-Unis) et avec le soutien du Conseil pontifical pour la culture.

 

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La rencontre commémorera les 200 ans de la naissance de Charles Darwin et les 150 ans de la publication de son œuvre ‘L'origine des espèces' (1859).

« Il ne s'agit pas ici de ‘célébration' en l'honneur du scientifique anglais ; il s'agit de prendre la mesure de l'événement qui a marqué pour toujours l'histoire de la science et a influencé la manière de comprendre notre humanité », a affirmé le père jésuite Marc Leclerc, directeur du congrès.

Durant les 9 sessions de l'événement, qui se dérouleront sur 4 jours, les participants proposeront de réconcilier les termes de création et d'évolution sans transformer la première en théorie scientifique ou réduire la seconde en un dogme.

Scientifiques, théologiens et philosophes de plusieurs universités dans le monde parleront du rapport entre science, théologie et philosophie et rappelleront que chacune d'entre elles représente un domaine différent du savoir.

Ils analyseront aussi le fait qu'une conjugaison erronée des termes peut provoquer une confusion et des controverses idéologiques qui concernent tant la théologie que la science.

Le congrès souhaite par ailleurs proposer une réflexion philosophique qui souligne l'apport de la science et de la théologie, montrant des points de convergence qui pourront être complétés.

Les personnes présentes pourront réfléchir sur la complexité des problèmes que comporte le divorce entre création et évolution, la distinction entre les deux termes et leur articulation rationnelle juste.


La structure du congrès

Durant la première session, des faits essentiels seront exposés, dont la présentation de la théorie de l'évolution, unis à la paléontologie, à la systématique et à la biologie moléculaire. On cherchera aussi à analyser différents aspects de la théorie de l'évolution, à la lumière de son développement, du débat idéologique et des questions relatives à la théologie bio-évolutive.

Les deux sessions successives seront consacrées à l'étude scientifique des mécanismes de l'évolution, essentiels pour toute théorie interprétative et qui veulent donner raison à des faits observés. La quatrième session étudiera au contraire les théories scientifiques sur l'origine de l'homme.

Le point central du congrès sera la 5e session, qui cherchera à donner un regard interdisciplinaire aux différentes branches du savoir sur l'évolution et sur les questions anthropologiques.

Par la suite, deux sessions philosophiques chercheront à analyser les implications rationnelles de la théorie, que ce soit dans le domaine épistémologique que métaphysique ou de la philosophie de la nature.

Les deux dernières sessions sont reliées à l'aspect théologique de l'évolution du point de vue de la foi chrétienne, partant d'une exégèse des textes bibliques qui traitent de la création et du compte rendu de la théorie de la part de l'Eglise.

Pour le professeur de zoologie Saverio Forestiero, de l'université romaine de Tor Vergata, cet événement sera, du point de vue d'un scientifique non-croyant, « une occasion, non pas de propagande ni d'apologétique, mais de rencontre entre scientifiques, philosophes et théologiens autour de thèmes fondamentaux suscités par l'évolution biologique ».

Carmen Elena Villa