13/03/2010

Dieu veut te parler - Homélie 4° Dimanche du Carême C 2010

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La parabole que nous venons d’entendre est l’un des récits les plus connus de toute la littérature, toutes religions, nations, et époques confondues. Mais quelle en est vraiment la signification ?

 

Elle est communément appelée la parabole du fils prodigue. Mais est-ce vraiment le fils cadet, qui abandonne son père et qui dilapide son héritage dans les plaisirs de la sensualité, qui en est le personnage principal ? Jésus a raconté cette parabole en présence des collecteurs d’impôts et des pécheurs, mais en s’adressant surtout aux scribes et aux pharisiens, en réponse à leurs récriminations.

 

Or, les scribes et les pharisiens étaient considérés comme des experts dans la religion, ceux qui se faisaient un point d’honneur d’éviter le péché et de suivre la loi scrupuleusement. Ils ont pu se reconnaître dans le fils aîné de la parabole. Alors, au lieu de l’appeler la parabole du fils prodigue, ne devrait-on pas l’appeler plutôt la parabole du fils arrogant, par exemple ? Le fils aîné faisait bien preuve d’arrogance : son cœur était dur comme pierre, jugeant son frère et se considérant supérieur à lui, exactement comme les pharisiens.

 

Alors à qui Jésus s’adresse-t-il vraiment : aux fils prodigues ou aux fils arrogants, à ceux d’entre nous qui ont un complexe de supériorité et sont des juges sévères de leurs frères, ou à ceux qui n’arrivent pas à contrôler leurs instincts ?

 

Mais il y a une troisième option. Après tout, le personnage principal de la parabole n’est ni le fils aîné, ni le cadet, mais le père. C’est lui qui se précipite pour accueillir le fils prodigue, sans conditions. C’est lui qui s’est humilié en allant à la rencontre de son fils aîné en colère. Cette parabole est donc la parabole du père. Jésus la raconte pour faire le portrait de Dieu, qui fait toujours le premier pas pour nous rétablir dans son amitié, quelle que soit la distance que nous avons prise avec lui. Cette parabole devrait donc être appelée la parabole du père miséricordieux. Elle nous révèle que la miséricorde est la caractéristique principale de Dieu.

 

La compréhension de la miséricorde de Dieu nous aide à comprendre pourquoi la compassion humaine qui pousse à tuer par l’avortement ou par l’euthanasie est mauvaise. Nous savons combien aujourd’hui, après la légalisation de l’avortement, les pressions pour légaliser l’euthanasie sont croissantes. Dans un article du Sunday Times, l’auteur est allé jusqu’à proposer qu’on mette des échoppes aux coins des rues, où les personnes âgées pourraient acheter une boisson pour mettre fin à leur vie. Son raisonnement était qu’il y a trop de personnes âgées.

 

« Comment la société pourrait-elle faire face à ce tsunami argenté ? … Il va y avoir une population composée de personnes démentes très âgées, comme une invasion de migrants puants dans les restaurants, les cafés et les boutiques… »

 

Ces vues extrêmes ne sont pas partagées par tous les partisans de l’euthanasie, mais c’est toujours la même logique diabolique qui se cache sous le voile d’une fausse compassion. Quelle est cette logique ? ...

 

 

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