08.05.2012

Année de la Foi: oser davantage pour la proclamation de l’Evangile et élargir la coopération missionnaire

Cardinal Fernando Filoni.jpegCité du Vatican (Agence Fides) – « L’Evangélisation est une activité qui se situe au cœur de l’Eglise. Elle n’est pas l’œuvre de navigateurs solitaires mais au contraire, elle accompagne et s’allie au chemin du peuple de Dieu. Par conséquent, nous devons nous insérer et prendre part aux événements ecclésiaux qui, cette année, ont une importance et une signification particulière. Je me réfère à l’Année de la Foi, au Synode des Evêques sur la Nouvelle Evangélisation et au 50ème anniversaire du Concile Vatican II ». C’est ce qu’a souligné S.Em. le Cardinal Fernando Filoni (photo), Préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples, dans son intervention à l’Assemblée générale des Œuvres pontificales missionnaires (OPM) qui s’est ouverte hier, 7 mai, à la Maison des Salésiens à Rome (voir Fides 03/05/2012).

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17.04.2010

Une religieuse française reçoit le prix « Henri de Lubac »

Pour sa sixième édition, le prix « Henri de Lubac » a été attribué mercredi à la Française Alexandra Diriart, religieuse apostolique de Saint-Jean, pour sa thèse sur « L’inséparabilité du Christ, de l’Esprit Saint et de l’Eglise dans l’unique mission du salut ».

Le prix a été remis une nouvelle fois par le cardinal Paul Poupard, ancien président du Conseil Pontifical de la Culture, à l’Ambassade de France près le Saint-Siège. La religieuse, dont la thèse s’appuie sur la constitution conciliaire Lumen Gentium, estime que « l’Eglise corps du Christ a été oubliée et que l’on a assisté depuis lors à “une interprétation réductrice du Concile Vatican II », et que l’on réduit trop souvent l’Eglise à son institution.

Ecoutons-la au micro de Romilda Ferrauto: >>


À l'occasion du Prix de Lubac 2010

14 avril 2010

Éminence,

Monsieur l'Ambassadeur,

Éminents membres du jury,

 

Dans ses Carnets du Concile, à la date du 5 décembre 1965, Henri de Lubac (1896-1991) note les souvenirs de son déjeuner avec le Pape Paul VI qui l'avait invité. Il écrit notamment, je cite : « [Le Pape nous dit] que Mgr Journet, à l'annonce de son cardinalat, lui a expédié un télégramme pour lui dire son angoisse. »[1] Dans ce fameux télégramme, Journet avait écrit : « C'est l'agonie, l'agonie »[2]. Alors, même si l'on sait que le cardinal Journet (1891-1975) fuyait les honneurs plus que tout, au moment où vous me faites l'honneur de me remettre ce Prix de Lubac, je le reçois avec joie et, rassurez-vous, je ne suis pas à l'agonie, mais au contraire très heureuse.

Je suis heureuse qu'avec ce prix, l'ecclésiologie du cardinal Journet soit elle aussi à l'honneur, car je suis persuadée de son importance aujourd'hui pour la compréhension du mystère de l'Église.

À cette joie, j'associe avec gratitude mon directeur de thèse, le P. Charles Morerod. Non seulement celui-ci m'a fait découvrir et aimer l'œuvre de son compatriote, mais il a accompagné ce travail de façon stimulante, avec une disponibilité et une patience inégalables.

Il peut paraître paradoxal de recevoir le Prix de Lubac pour un travail sur Journet, car on sait que les deux grands théologiens n'ont pas toujours été d'accord. Mais s'il est un thème qui les réunissait, c'est bien celui de l'Église - thème qui a justement fait l'objet de ma thèse. Les deux hommes étaient pleinement épris du mystère de l'Église et en profonde syntonie à cet égard. Lumen Gentium doit d'ailleurs beaucoup à leurs travaux, aussi bien de l'un que de l'autre.

Je terminerai par une petite anecdote qui, aujourd'hui, prend une signification touchante. Lorsque j'ai commencé ma thèse, l'abbaye bénédictine de Saint-Wandrille, qui offrait la bourse d'études de ce doctorat à ma Congrégation, m'avait proposé l'hospitalité pour les mois d'été, me permettant ainsi de fuir la chaleur romaine tout en ne perdant pas le rythme de travail. Et pour rendre l'offre plus attrayante encore, le frère cellérier m'avait vanté les mérites de la bibliothèque de Saint-Wandrille et il avait ajouté encore un autre argument : le cardinal de Lubac, m'expliquait-il, avait souvent pris ses quartiers d'été à l'abbaye de Saint-Wandrille pour y travailler dans le calme de la vallée de Fontenelle tout en jouissant de la belle liturgie grégorienne des moines[3]. Trois étés durant, lors de mes séjours studieux dans cette belle abbaye normande, je ne pouvais m'empêcher de penser au Père de Lubac. Vous comprendrez donc qu'après avoir travaillé cette thèse dans un cadre familier au cardinal de Lubac, je sois heureuse de recevoir un prix qui porte son nom.

Alors, je vous remercie de tout cœur et forme les meilleurs vœux pour vos propres travaux au service ou au contact de l'Église.

Sr Alexandra Diriart


[1]      H. de Lubac, Carnets du Concile, II, Cerf, Paris, 2007, 5 décembre 1965, pp. 479-480.

[2]        Ch. Journet, Télégramme à Paul VI, 25 janvier 1965, in Ch. Journet / J. Maritain, Correspondance (1965-1973), vol. VI, Éditions Universitaires - Fribourg (Suisse) / Éditions Saint-Paul - Paris, 2008, p. 926.

[3]        Henri de Lubac a effectué quatre longs séjours à l'abbaye de Saint-Wandrille : du  29 juillet au 2 septembre 1983, du 15 juillet au 17 août 1984, du 8 juillet au 16 août 1985 et du 30 mai au 1er juillet 1986.


23.09.2009

Le prochain congrès eucharistique à Dublin en juin 2012

Le prochain congrès eucharistique à Dublin en juin 2012

Benoît XVI approuve le thème de cette rencontre

 

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ROME, Mardi 22 septembre 2009 (ZENIT.org) - Le prochain congrès eucharistique international se teindra en Irlande, à Dublin, du 10 au 17 juin 2012, sur le thème : « L'eucharistie, communion avec le Christ et entre nous ».

Benoît XVI vient d'approuver le thème de ce 50e congrès eucharistique mondial.

Le choix de ce thème est inspiré par le 50e anniversaire de l'inauguration de Vatican II qui a constitué, commente l'archevêque de Dublin, Mgr Diarmuid Martin, « un moment de renouveau et d'approfondissement de l'Eglise et de sa compréhension en tant que Corps du Christ et du Peuple de Dieu ».

De fait, ce thème s'inspire directement du § 7 de la constitution conciliaire Lumen Gentium qui dit : « Dans la fraction du pain eucharistique nous avons réellement part au corps du Seigneur et nous sommes élevés à la communion avec lui et entre nous. "Parce qu'il y a un seul pain, nous ne sommes qu'un corps malgré notre grand nombre, attendu que tous nous recevons notre part de ce pain unique" (I CoCo 12, 27) "et respectivement, membres 1es uns des autres" (Rm 12, 5) ». 10, 17). Ainsi tous nous devenons membres de ce corps (cf. I Co 12, 27) "et respectivement, membres 1es uns des autres" (Rm 12, 5) ».

Un comité local a déjà été constitué dans le diocèse de Dublin. Il sera chargé de l'élaboration du document théologique de base et de la préparation de l'événement.

Mgr Martin est président de droit de l'événement et le secrétaire est le P. Kevin Doran, consulteur de la Congrégation pour l'éducation catholique, ancien secrétaire général du service européen des vocations.

On se souvient que le dernier - et 49e - congrès eucharistique international s'est tenu à Québec, du 15 au 21 juin 2008, sous la présidence du cardinal archevêque de Québec Marc Ouellet, et sur le thème : « L'eucharistie, don de Dieu pour la vie du monde ».

Anita S. Bourdin


01.07.2009

Saint Paul : La complémentarité, un principe vital de la vie ecclésiale


Saint Paul : La complémentarité,
un principe vital de la vie ecclésiale

P. Hermann Geissler FSO




Le plan de Dieu avec les hommes

I. L'Eglise, Corps du Christ

L'unité dans la diversité

L'unité dans le Christ

L'unité dans la complémentarité



II. Vivre la complémentarité

« Avoir soin les uns des autres »

« Distribuant les dons à chacun en particulier »

« Pour l'utilité commune »

« Ne pas comparer, mais discerner »

« Souffrir avec - se réjouir avec »

 « Une voie excellente entre toutes »

« Portez les fardeaux les uns des autres »



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«L'union fait la force!» comme nous l'apprend une maxime connue. De nos jours on parle souvent d'unité et de communauté. De nombreuses personnes se rendent à nouveau compte combien nous dépendons les uns des autres, combien nous avons impérativement besoin les uns des autres, combien la collaboration et l'entraide réciproques sont importantes. Cette conscience nouvelle, qui, certes, ne surgit pas partout avec la même intensité et qui va à l'encontre du penchant de maintes personnes vers l'individualisme, correspond à ce que le Créateur à déposé dans la nature humaine.


Le plan de Dieu avec les hommes

« Et Dieu créa l'homme à son image; il le créa à l'image de Dieu: il les créa mâle et femelle » (Gn 1,27). La création de la personne humaine couronne la création. Dieu a tout créé pour les hommes et l'homme a été créé pour reconnaître et aimer Dieu et pour gérer la terre en son nom, de façon responsable.

De cette grande tâche l'homme doit s'acquitter dans la complémentarité. La Bible le montre clairement avec les mots suivants: « Il n'est pas bon que l'homme soit seul; je lui ferai une aide semblable à lui » (Gn 2, 18). La femme, que Dieu façonna en la tirant d'une côte de l'homme et qu'il amena à l'homme, le faisant s'écrier plein d'admiration et d'amour : « Celle-ci cette fois est os de mes os et chair de ma chair! » Selon le plan de Dieu les hommes et les femmes doivent exister les uns pour les autres. Cette complémentarité se montre particu­lièrement dans le mariage, qui porte fruits dans les enfants et qui pose le fondement de la société. Il s'agit néanmoins d'un principe qui est d'une importance fondamentale pour la vie commune en général et à tous les niveaux.

Il est vrai que le péché originel, par lequel l'homme a perdu l'amitié avec Dieu, a sérieusement compliqué la complémentarité entre les hommes. La vie commune de l'homme et de la femme n'est plus marquée par l'harmonie originelle, mais par la concupiscence et la domination (cf. Gn 3, 16). Le lien entre les hommes n'est plus caractérisé uniquement par l'amour et le respect, il l'est aussi par l'envie et la jalousie, de sorte que Caïn tue son frère Abel (cf. Gn 4). Les hommes sont devenus orgueilleux; ils veulent construire une tour dont le sommet touche le ciel. Mais Dieu rejette leur langage. Ils ne se comprennent plus et deviennent des ennemis les uns des autres (cf. Gn 11). L'histoire entière montre combien la concorde entre les hommes et les peuples est difficile et combien il s'agit souvent plutôt d'une simple coexistence, oui, même souvent d'un état de conflit.

Dieu n'a toutefois pas abandonné les hommes après le péché originel. Il a élu la famille d'Abraham et plus tard le peuple d'Israël, pour attirer les hommes à nouveau à lui et pour leur révéler sa volonté. Quand la plénitude des temps arriva Il envoya son Fils, parce qu'Il voulut réconcilier les hommes et les rassembler dans une famille. Cette famille, c'est l'Église. Dans son sein, la complémentarité par la grâce de la Rédemption n'est non seulement possible, mais elle est aussi une source de bénédictions multiples. Cela nécessite, certes, une foi profonde et la volonté de se laisser renouveler con­tinuellement.

Dans les réflexions suivantes, qui résument l'en­seignement de l'Église sur la complémentarité, quelques conseils pratiques nous sont donnés. Nous nous lais­sons surtout guider par l'apôtre Saint Paul. En même temps nous écoutons quelques paroles de Mère Julia, Fondatrice de la Famille Spirituelle « L'Œuvre ». Elle a souvent rappelé l'importance de la complémentarité.


I. L'Eglise, Corps du Christ

Saint Paul utilise plusieurs images pour rendre le mystère de l'Église intelligible. Dans ses épîtres, il la compare à un corps, dont la tête est le Christ et dont nous, les fidèles, sommes les membres. Que signifie cette comparaison?


L'unité dans la diversité


Le corps humain est composé de différents membres qui ont des tâches différentes. « Ainsi le corps n'est pas un seul membre, mais il est formé de plusieurs. Si le pied disait: "Puisque je ne suis pas la main, je ne suis pas du corps," en serait-il moins du corps pour cela? Et si l'oreille disait: "Puisque je ne suis pas l'œil, je ne suis pas du corps," en serait-elle moins du corps pour cela? » (1 Co 12, 14-16). Cette diversité des membres est vitale pour le corps. « Si tout le corps était œil, où serait l'ouïe? S'il était tout entier ouïe, où serait l'odorat? Mais Dieu a placé chacun des membres dans le corps, comme il l'a voulu. Si tous étaient un seul et même membre, où serait le corps? Il y a donc plusieurs membres et un seul corps » (1 Co 12, 17-20). Même s'il y en a beaucoup, tous les membres du corps s'appartiennent et forment « un seul corps » (1 Co 12, 12).

L'apôtre applique ces pensées à l'Église. La diversité des membres s'y montre par la variété des peuples, des milieux, des langues et des classes: « soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres » (1 Co 12, 13). L'Eglise est ouverte à tous les hommes, races et nations. La spé­cificité des hommes n'est pas abolie, mais purifiée et sanctifiée. Dans l'Église il y a aussi une pluralité de services et de grâces que Dieu accorde dans sa bonté. Il a « établi dans l'Eglise premièrement des apôtres, deu­xièmement des prophètes, troisièmement des docteurs, ensuite ceux qui ont les dons de guérir, d'assister, de gouverner » (1 Co 12, 28). La plupart des membres de l'Église vivent en tant que croyants laïques au milieu du monde; certains servent l'édification du corps dans une tâche hiérarchique (pape, évêques, prêtres et diacres): d'autres sont appelés à suivre Jésus dans la vie con­sacrée; partout le Seigneur offre une plénitude de talents, de dons et de charismes, dont plusieurs sont visibles, d'autres deviennent moins visibles, mais n'en sont pas moins importants pour autant.

Cette diversité est nécessaire pour le Corps du Christ. Si l'Église excluait certains peuples, milieux ou professi­ons, elle ne serait plus vraiment catholique. Si dans son sein il n'y avait plus de fidèles laïques elle ne pourrait plus pénétrer le monde du levain de l'Evangile. Sans officiants les sacrements vitaux ne seraient plus admini­strés. Sans femmes et hommes consacrés il nous man­querait le témoignage d'une imitation radicale du Christ. Sans les dons multiples que l'Esprit de Dieu offre aux fidèles, l'Église serait plus pauvre et elle ne pourrait plus accomplir certaines tâches ou rendre tel ou tel service.

Si nous considérons cela, nous voyons que l'Église est une communauté d'une grande diversité. Cette diversité est une richesse. En même temps nous devons prendre garde à préserver l'unité dans toute la nécessaire diversité.

 

L'unité dans le Christ


Les membres du corps humain forment une unité, parce qu'ils ont la même tête et sont unifiés par elle. Cela va de même avec l'Église: le Christ « est la Tête du Corps de l'Eglise » (Col 1, 18).

Le Christ est notre Rédempteur. Saint Paul écrit: « Dieu a voulu que toute la plénitude habitât en lui; et il a voulu réconcilier par lui toutes choses avec lui-même, celles qui sont sur la terre, et celles qui sont dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix » (Col 1, 19-20). C'est sur la croix que le Seigneur nous a réconciliés avec le Père.

Les sacrements nous unissent au Christ crucifié et ressuscité dans son Corps, l'Église. Le Concile Vatican II enseigne à ce sujet: « Dans ce corps, la vie du Christ se répand dans les croyants, qui par les sacrements sont unis d'une façon mystérieuse mais réelle, au Christ souffrant et glorifié » (Lumen Gentium, 7). Cela vaut surtout pour le baptême, par lequel nous formons « un seul corps » (1 Co 12, 13) et pour l'Eucharistie par laquelle notre union avec le Christ dans son Église s'approfondit continuellement: « Le pain, que nous rompons, n'est-il pas une communion au Corps du Christ? Puisqu'il y a un seul pain, nous formons un seul corps, tout en étant plusieurs; car nous participons tous à un même pain » (1 Co 10, 16-17).

En ce sens, le prêtre prie dans la troisième prière eucharistique: "Quand nous serons nourris de ton Corps et de ton Sang et remplis de l'Esprit Saint, accorde-nous d'être un seul corps et un seul esprit dans le Christ. »

En tant que membres du Corps de l'Église - souvent très différents les uns des autres - nous pouvons toutefois être 'un' et rester unis, parce que nous sommes unis dans le Christ par l'Esprit Saint. Lui, la Tête de l'Église, est la source de notre unité. De lui nous devons toujours implorer à nouveau le don de l'unité.

 

L'unité dans la complémentarité


Les membres du Corps sont unis au Christ, mais aussi les uns avec les autres. « Car, de même que nous avons plusieurs membres dans un seul corps, et que tous les membres n'ont pas la même fonction, ainsi nous qui sommes plusieurs, nous ne faisons qu'un seul corps dans le Christ, et chacun en particulier nous sommes membres les uns des autres » (Rm 12, 4-5).

Les différents membres de l'Église ont besoin les uns des autres. C'est pourquoi saint Paul écrit: « L'œil ne peut pas dire à la main: 'Je n'ai pas besoin de toi'; ni la tête dire aux pieds: 'Je n'ai pas besoin de vous.' Au contraire, les membres du corps qui paraissent les plus faibles sont plus nécessaires » (1 Co 12, 21-22). Les membres qui paraissent insignifiants sont de grande valeur pour Dieu: « Dieu a disposé le corps de manière à donner plus de respect à ce qui est moins digne, afin qu'il n'y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient également soin les uns des autres » (1 Co 12, 24-25). Les membres du corps partagent leurs souffrances et leurs joies. « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui; si un membre est honoré, tous les membres s'en réjouissent avec lui » (1 Co 12, 26).

Dans le Corps de l'Église, nous dépendons les uns des autres. Personne ne peut dire à l'autre: « Je n'ai pas besoin de toi, tu n'as pas d'importance à mes yeux. » Dieu veut que nous nous soucions les uns des autres, que nous nous soutenons et confortons, que nous portons la souffrance ensemble et que nous partageons les joies. C'est ce que nous voulons dire quand nous parlons de complémentarité.

Le pape saint Clément I écrit dans son épître aux Corinthiens (37, 4): « Il y a toujours une espèce de lien et là dedans se trouve l'utilité. » Cela apparaît si nous pensons par exemple à un orchestre. Les différents musiciens qui le forment ensemble, ne peuvent être de simples solistes. Ils doivent jouer en harmonie - chacun avec son instrument et selon ses capacités. Le niveau d'un orchestre et la valeur des musiciens dépendent de la qualité de la consonance des différents instruments. Celle-ci pose de grandes exigences. Il en va de même pour l'Église. Le pape Benoît XVI y fait allusion dans son encyclique Spe Salvi. Comme il note « Le péché est compris par les Pères comme destruction de l'unité du genre humain, comme fragmentation et division. ... Et ainsi, la 'Rédemption' apparaît vraiment comme le rétablissement de l'unité, où nous nous retrouvons de nouveau ensemble, dans une union qui se profile dans la communauté mondiale des croyants » (N° 14).

Mère Julia écrit sur l'unité et la complémentarité entre les membres de l'Église: « La lumière de la complé­mentarité est un grand don et un appel constant. »  En quoi consiste ce don de la complémentarité ? Quelles sont les attitudes requises? En quoi consistent les dangers et les tentations ?

 


II. Vivre la complémentarité

« Avoir soin les uns des autres »


Chaque homme, et encore plus chaque chrétien, a des responsabilités. Aujourd'hui l'on dit souvent que chacun doit suivre sa propre voie, surtout dans le domaine religieux ou moral. Des questions de foi ou de mœurs sont une « affaire privée », qui ne regarde personne. Chacun doit faire ce qu'il croit être bien selon sa propre conscience: l'un croit à Jésus, un autre à Buddha; l'un est contre l'avortement, un autre trouve l'interruption de grossesse légitime dans certaines situations. Et toutes ces opinions doivent être tolérées comme étant équivalentes.

Cette attitude est fausse. Elle méconnait que les questions de foi et de mœurs ne sont pas simplement des affaires subjectives où chacun peut avoir son opinion. Il y a en effet des réponses exactes à ces questions qui orientent notre vie et il y a des réponses fausses qui nous égarent. Dans la révélation, Dieu nous a offert les réponses qui nous montrent le droit chemin et nous guident vers la béatitude. La plupart de ces réponses  sont accessibles, non seulement à la foi, mais aussi à la raison.

L'opinion que la foi est une affaire privée est erronée parce qu'elle nous incite à l'individualisme et à l'in­différence: si chacun peut devenir bienheureux à sa façon, nous ne devons pas nous soucier d'autrui. En réalité nous ne sommes pas seulement responsables pour nous-mêmes, mais nous le sommes aussi pour les autres. C'est pourquoi, en tant que membres de l'Église, nous avons le devoir de prendre « également soin les uns des autres » (1 Co 12, 25). Transmettre la foi aux enfants doit être un souhait ardent des parents. Les prêtres et les consacrés doivent être intérieurement pressés à tout donner pour que le Christ puisse prendre forme dans le cœur des hommes. Et en tant que membres du Corps du Christ, nous sommes tous invités à prier les uns pour les autres, à prendre à cœur les intentions de l'Église universelle et à témoigner de la Bonne Nouvelle.

 

« Distribuant les dons à chacun en particulier »


Il existe une merveilleuse abondance de dons dans l'Église. Saint Paul évoque certains de ces dons dans la première épître au Corinthiens: par exemple le don de « sagesse », c'est-à-dire la possibilité de voir les événe­ments de la vie à la lumière du Crucifié; ensuite le don de « connaissance », le don de connaître le Christ dans l'intimité du cœur et de l'aimer; puis le don d'une foi forte, qui aide à rester fidèle dans la foi même dans les situations difficiles; enfin il y a aussi le don de guérison ou encore le don de reconnaître les signes du temps prophétiquement, de discerner les esprits etc. « Tous ces dons » c'est, comme dit l'apôtre, « le seul et même Esprit qui les produit, les distribuant à chacun en particulier, comme il lui plaît » (1 Co 12, 8-11).

L'Esprit Saint offre aussi à chacun de nous ses dons particuliers : l'un peut très bien se mettre à la place des autres; un autre se distingue par son aptitude d'en­thousiasmer les enfants et les jeunes; un autre sait comment il faut consoler les malades et les souffrants, encore un autre a de grands talents d'organisation etc. Nous devons être reconnaissants pour cette richesse de dons.

Accueillons ces dons avec empressement. Ils viennent de l'Esprit de Dieu qui les distribue comme il lui plaît. Il importe de ne pas envier les dons des autres, mais de les respecter. Mère Julia nous encourage dans ce sens: « Notre vie doit être remplie du respect de la Majesté de Dieu et de sa miséricorde, du respect des dons du Saint-Esprit, du respect du Plan de Dieu sur toute personne et du respect de la réponse de chacun exprimée par son libre choix. »

 

« Pour l'utilité commune »


Les dons que Dieu distribue aux membres du Corps du Christ ne nous sont pas offerts pour en tirer un profit personnel. Chaque don est donné « pour l'utilité commune » (1 Co 12,7). Si les hommes se croient importants à cause de leurs dons, alors ils n'ont pas compris l'essentiel. En plus ils sont injustes envers Dieu, car avec ses dons ils se glorifient eux-mêmes.

Pour bien employer nos dons nous devons être humbles et serviables. L'humilité nous rend conscients de ce que nous sommes devant Dieu: ses créatures qu'il a comblées de la richesse de sa Vie et de ses dons. La serviabilité nous aide à accueillir nos dons avec gratitude, à les développer par la foi, l'amour et le don de soi, et à les employer pour le bien des autres. En ce sens le chemin de la complémentarité est un chemin de vertus, exigeant, mais qui produit beaucoup de fruits: il nous préserve d'une vue unilatérale, d'exagérations et de jugements erronés. Sur ce chemin nous gagnons souvent du temps et ensemble nous trouvons plus rapidement des solutions. C'est un chemin sur lequel nous pouvons mûrir, nos dons peuvent s'épanouir, notre foi grandir et l'Esprit Saint peut nous combler de sa lumière. Il contribue à faire de nous une bénédiction les uns pour les autres et à être utiles les uns pour les autres, même pour les défunts à travers la prière et le saint sacrifice de la Messe.

Saint Paul nous encourage à suivre ce chemin en imitant le Christ : « Si donc il est quelque encou­ragement dans le Christ, s'il est quelque consolation de charité, s'il est quelque communauté d'esprit, s'il est quelque tendresse et quelque compassion, rendez ma joie parfaite: ayez une même pensée, un même amour, une même âme, un même sentiment. Ne faites rien par esprit de rivalité ou par vaine gloire; mais que chacun, en toute humilité, regarde les autres comme au-dessus de soi; chacun ayant égard, non à ses propres intérêts, mais à ceux des autres. » (Ph 2, 1-4).

 

« Ne pas comparer, mais discerner »


Mère Julia a dit: « Qui vit de la Lumière de Dieu ne compare pas mais discerne! » Avec cette parole elle nous rend attentifs à une attitude malsaine très répandue: la comparaison égoïste avec les autres. Celui qui compare ainsi ses propres dons avec ceux des autres, devient soit orgueilleux, s'il pense que ses dons valent plus que ceux des autres, soit envieux, jaloux ou découragé, si les dons des autres lui semblent meilleurs.

La lumière de la foi nous dit, au contraire, que tous les dons viennent de Dieu et que nous devons discerner. L'Esprit Saint offre tel don à l'un et telle qualité à l'autre. De là l'importance de nous compléter et de nous servir mutuellement avec les dons qui nous ont été attribués.

Il importe que nous employions nos propres dons dans notre famille, nos paroisses et nos communautés, avec foi et de façon engagée. Femmes et hommes, ouvriers et savants, personnes consacrées et prêtres: personne de nous ne peut tomber dans le piège de la comparaison égoïste et convoiter les dons des autres comme c'est le cas dans le féminisme radical, le cléricalisme, l'intel­lectualisme, le pragmatisme et beaucoup d'autres « ‑ismes ». Nous sommes appelés à servir avec nos propres dons, à édifier le Corps du Christ et à remplir le monde de la Bonne Nouvelle.

 

« Souffrir avec - se réjouir avec »


L'unité des membres du Corps du Christ est si grande que saint Paul peut écrire: « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui; si un membre est honoré, tous les membres s'en réjouissent avec lui » (1 Co 12, 26).

Si d'aucuns perdent la foi ou ne pratiquent plus, si des consacrés, des prêtres ou des personnes mariées luttent avec des problèmes, si d'autres sont dévoyés du bon chemin, si certains sont touchés par de graves maladies ou par la souffrance, alors cela ne peut pas nous laisser indifférents. Parce que nous aimons l'Église et ses membres, ces situations doivent nous interpeller et nous presser à faire ce que nous pouvons pour aider les personnes concernées: par la prière confiante et pa­tiente, par sa propre fidélité, par un acte de foi, par une lettre, par exemple, à certaines personnes en détresse, par une conversation ouverte ou par d'autres gestes de participation.

Les membres de l'Eglise se distinguent aussi par la capacité de se réjouir pour les autres et avec eux. Cette capacité semble parfois moins présente que la capacité de souffrir avec les autres. Est-ce peut-être l'envie qui diminue la capacité de se réjouir sincèrement des autres?  La plus grande joie de saint Paul était que les autres puissent ouvrir leur cœur pour le Christ. C'est pourquoi il écrit aux Philippiens: « Je rends grâces à mon Dieu toutes les fois que je me souviens de vous, et dans toutes mes prières pour vous tous, c'est avec joie que je lui adresse ma prière, à cause de votre concours unanime pour le progrès de l'Evangile, depuis les pre­miers jours jusqu'à présent » (Ph 1, 3-5).

 

« Une voie excellente entre toutes »


Les dons ont une grande importance dans le Corps du Christ. Ils ne sont pourtant pas la chose la plus importante. Après avoir rappelé aux Corinthiens la nécessité d'employer les dons correctement, saint Paul écrit: « Je vais vous montrer une voie excellente entre toutes. » Cette voie c'est la charité, sans laquelle chaque don, aussi éminent qu'il soit, est sans valeur et futile.

Saint Paul décrit l'amour de façon incomparable: « La charité est patiente, elle est bonne; la charité n'est pas envieuse, la charité n'est point inconsidérée, elle ne s'enfle point d'orgueil; elle ne fait rien d'inconvenant, elle ne cherche point son intérêt, elle ne s'irrite point, elle ne tient pas compte du mal; elle ne prend pas plaisir à l'injustice, mais elle se réjouit de la vérité; elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout » (1 Co 13, 4-7).

La charité rend la complémentarité facile. Elle bannit l'orgueil, l'envie et la jalousie, les plus grands ennemis de la complémentarité et elle encourage l'humilité, le respect et la serviabilité. Elle nous stimule à ne pas utiliser nos talents et nos dons pour nous-mêmes, mais pour la glorification de Dieu, l'édification de l'Église et le bien du prochain.

De saint Paul Mère Julia a appris «que la valeur de notre vie et son rayonnement surnaturel ne dépendent pas de la mesure de notre activité, mais bien plutôt de l'amour qui nous anime. C'est cet amour, infusé dans nos cœurs par l'Esprit Saint, qui nous rend capables de découvrir Dieu en tout et en tous » . L'amour aide aussi à vivre le principe de la complémentarité dans toute sa plénitude afin que la beauté et la force intérieure de l'Église rayonne et que la complémentarité soit utile pour de nombreuses personnes.

 

« Portez les fardeaux les uns des autres »


« Ensemble nous sommes plus forts ! » Si nous em­ployons nos propres talents avec empressement et nous nous aidons mutuellement dans cette voie, alors nous devenons une bénédiction les uns pour les autres. La complémentarité nous rend forts - aussi et surtout si nous faisons l'expérience de nos propres faiblesses et limites. C'est un principe qui renouvelle la vie de l'Église. Elle est une clé du bonheur des hommes car nous sommes créés pour vivre en communauté. Saint Paul nous invite à suivre le Christ sur le chemin de la com­plémentarité: « Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la parole du Christ. » (Ga 6, 2).


Agence Fides 27/6/2009; Directeur Luca De Mata


05.05.2009

L’identité et le rôle du laïc catéchiste dans l’Eglise Communion et Mission

« L’identité et le rôle du laïc catéchiste dans l’Eglise Communion et Mission » :


Rome (Agence Fides) – La deuxième et dernière Journée d’étude, organisée par le Collège Missionnaire Saint Joseph à l’Université Urbanienne, a été consacrée à l’identité du laïc catéchiste dans une perspective théologique et pédagogique.


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Le matin du 29 avril le point de départ a été le Décret Conciliaire « Lumen Gentium » qui, explique Madame Sandra Mazzolini (photo), professeur à la faculté de Missiologie,

« qualifie l’Eglise comme Mystère de communion, Sacrement et Peuple de Dieu. C’est l’horizon ecclésiologique de fond, dont découlent les fondements de l’identité et du rôle des catéchistes… Dans l’Evangile de Luc, le titre d’Apôtre est utilisé de manière presque exclusive pour les Douze, alors que, dans la prédication de saint Paul, il est utilisé pour préciser un concept d’apôtre différent en partie de celui de Luc, plus proche du modèle de la vocation prophétique, et centré sur l’annonce de l’Evangile. Le concile Vatican II a redonné tout son caractère central à ce modèle, par la valeur du sacerdoce commun de tous les baptisés, qui implique une communication circulaire de tout les biens spirituels. On comprend ainsi comment l’apostolat devient une fonction essentiellement liée à la fondation et à la croissance de chaque nouvelle communauté de croyants dans le Christ ».


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La formation spécifique des catéchistes a été l’objet de l’intervention du professeur Silvestro Paluzzi (photo), professeur de psychologie à l’Institut Supérieur de Catéchèse et de Spiritualité Missionnaire.

« Il est demandé avant tout au catéchiste d’entrer dans un itinéraire de conversion continue et de mise à jour constante, pour une mission plus efficace auprès des hommes. Se configurer au Christ dans l’être et dans l’action, et non seulement apprendre des notions ou se mettre à jour, mais se décider pour le Christ et l’imiter… La formation comprend aussi des éléments fondamentaux de psychologie (structure de la personnalité, psychologie religieuse et autres). Mais la psychologie, à elle seule, n’est pas en mesure d’offrir une vision vraiment intégrale de la personne. Il est nécessaire en revanche de faire la synthèse interdisciplinaire (différente de toute forme de syncrétisme) entre sciences humaines et métapsychologies, et la récupération de cette complexité qui inclut esprit et psyché, vit et foi ».


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Le professeur Luca Pandolfi (photo), Directeur du Centre de Communications Sociales de l’Université Urbanienne, a ouvert la deuxième partie des interventions consacrées aux moyens de communication de masse et aux nouvelles technologies pour la catéchèse. Un parcours « multimédia » réalisé en collaboration avec les étudiants du campus universitaire présente les « sept pas sur le chemin d’Emmaüs », représentation métaphorique des langages qui vont au cœur du témoignage chrétien (silence, écoute, annonce, prophétie). « Le corps humain, dans son intégrité et dans sa complexité, est le centre du processus de communication.

Madame Yolanda Valero Cardenas, catéchiste colombienne, souligne en revanche l’influence des moyens d’information et d’Internet dans l’expérience de foi.

« Il ne fait pas de doute que l’une des tâches de la catéchèse est l’éducation à la vie communautaire, qui se fonde sur les rapports vitaux entre personnes et groupes pour parcourir ensemble un chemin d’interaction et de communion. S’il est vrai que l’espace cyber ne peut remplacer une communauté interpersonnelle authentique, ni même l’annonce directe de l’Evangile, il est non mois vrai le fait qu’il peut servir de complément, en aidant les personnes à vivre pleinement leur foi. Si le Christ est incarné dans notre histoire et a parlé notre langage, alors, aucun catéchiste ne peut penser qu’il peut parler à ses interlocuteurs sans se servir des langues des nouveaux moyens de communication, qu’il faut certainement utiliser avec sagesse et avec prudence, comme le conseille le Magistère de l’Eglise ».


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Dans l’après-midi, le Cardinal Ivan Dias (photo), Préfet de la congrégation pour l’Evangélisation des Peuples, a présidé la Messe concélébrée dans la chapelle de l’Université Urbanienne, et a remis le Mandat Missionnaires aux catéchistes du Collège Saint Joseph. Il leur a déclaré :

« Je vous demande d’approfondir votre foi par l’écoute et par la méditation de la Parole, et de collaborer à la recherche commune pour trouver les voies les meilleurs pour l’inculturation de l’Evangile ».

(Agence Fides, 30 avril 2009)

19.03.2009

Saint Joseph et le sacerdoce

CITE DU VATICAN, 18 MAR 2009 (VIS). Benoît XVI s'est rendu dans l'après-midi en la basilique mineure Marie Reine des Apôtres pour présider les premières vêpres de la solennité de saint Joseph. Aux côtés des évêques camerounais, de prêtres, séminaristes, diacres, religieux et membres de mouvements ecclésiaux, on notait la présence de membres d'autres confessions chrétiennes.


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  "A la foule et à ses disciples, Jésus déclare: Vous n'avez qu'un seul Père. Il n'est en effet de paternité que celle de Dieu le Père, l'unique Créateur du monde visible et invisible. Il a cependant été donné à l'homme, créé à l'image de Dieu, de participer à l'unique paternité de Dieu. Saint Joseph illustre cela d'une façon saisissante, lui qui est père sans avoir exercé une paternité charnelle. Il n'est pas le père biologique de Jésus dont Dieu seul est le Père, et pourtant il va exercer une paternité pleine et entière. Etre père, c'est avant tout être serviteur de la vie et de la croissance. Saint Joseph a fait preuve, en ce sens, d'un grand dévouement. Pour le Christ, il a connu la persécution, l'exil et la pauvreté qui en découle... Chers frères prêtres, cette paternité, vous avez à la vivre dans le quotidien de votre ministère. En effet, comme le souligne la Constitution conciliaire Lumen Gentium, les prêtres doivent avoir, dans le Christ, un souci paternel envers ceux qu'ils ont spirituellement généré par le baptême et l'enseignement".

 

   Le sacerdoce ministériel, a poursuivi Benoît XVI,

 

"comporte un lien profond avec le Christ qui nous est donné dans l'Eucharistie. Que la célébration de l'Eucharistie soit vraiment le centre de votre vie sacerdotale, alors elle sera aussi le centre de votre mission ecclésiale... En célébrant ce sacrement au nom et en la personne du Seigneur, ce n'est donc pas la personne du prêtre qui doit être mise au premier plan ; celui-ci est un serviteur, un humble instrument qui renvoie au Christ lui-même s'offrant en sacrifice pour le salut du monde... Le ministère pastoral demande beaucoup de renoncements, mais il est aussi source de joie. Dans une relation confiante avec les évêques, fraternellement unis à l'ensemble du presbytérium, et soutenus par la portion du Peuple de Dieu" qui leur est confiée, les prêtres sauront "répondre avec fidélité à l'appel que le Seigneur vous a fait un jour, comme il a appelé Joseph à veiller sur Marie et sur l'Enfant-Jésus... Lorsque Marie reçoit la visite de l'ange lors de l'Annonciation, elle est déjà promise en mariage à Joseph. En s'adressant personnellement à Marie, le Seigneur associe donc déjà intimement Joseph au mystère de l'Incarnation. Celui-ci a consenti à se lier à cette histoire que Dieu avait commencé d'écrire dans le sein de son épouse. Il a alors pris chez lui Marie. Il a accueilli le mystère qui était en elle et le mystère qu'elle était elle-même. Il l'aima avec ce grand respect qui est le sceau des amours authentiques. Saint Joseph nous apprend que l'on peut aimer sans posséder".

 

En suivant l'exemple de Joseph, chacun

 

"peut être conduit à la guérison de ses blessures affectives à condition d'entrer dans le projet que Dieu a déjà commencé à réaliser dans les êtres qui sont auprès de lui".

 

  Le Pape a ensuite invité les mouvements ecclésiaux à

 

"être attentifs à ceux qui nous entourent et manifester le visage aimant de Dieu pour les plus humbles, notamment à travers l'exercice des œuvres de miséricorde, l'éducation humaine et chrétienne des jeunes, le service de la promotion de la femme et de tant d'autres manières... Par votre fidélité sans réserve à vos engagements vous êtes dans l'Eglise -a-t-il dit aux consacrés- un germe de vie qui grandit pour l'avènement du Royaume de Dieu. A tout moment, mais d'une façon particulière lorsque la fidélité est éprouvée, saint Joseph rappelle à chacun le sens et la valeur de ses engagements".

 

Il nous invite

 

"à prendre la mesure de toute la richesse de sa vocation et du modèle qu'il demeure pour tous ceux et toutes celles qui ont voulu vouer  leur existence au Christ, dans le sacerdoce comme dans la vie consacrée ou dans divers engagements du laïcat. Joseph a en effet vécu dans le rayonnement du mystère de l'Incarnation. Non seulement dans une proximité physique, mais aussi dans l'attention du cœur. Joseph nous livre le secret d'une humanité qui vit en présence du mystère, ouverte à lui à travers les détails les plus concrets de l'existence. Chez lui, il n'y a pas de séparation entre la foi et l'action. Sa foi oriente de façon décisive ses actions. Paradoxalement, c'est en agissant, en prenant donc ses responsabilités, qu'il s'efface le mieux pour laisser à Dieu la liberté de réaliser son œuvre, sans y faire obstacle. Joseph est un homme juste... La vie de saint Joseph, vécue dans l'obéissance à la Parole, est un signe éloquent pour tous les disciples de Jésus qui aspirent à l'unité de l'Eglise. Son exemple nous incite à comprendre que c'est en se livrant pleinement à la volonté de Dieu que l'homme devient un ouvrier efficace du dessein de Dieu qui désire réunir les hommes en une seule famille, une seule assemblée, une seule Ecclesia".

 

  Benoît XVI a conclu en s'adressant aux membres des autres confessions chrétiennes: La recherche de l'unité des disciples du Christ, leur a-t-il dit,

 

"est pour nous un défi majeur. Elle nous conduit d'abord à nous convertir à la personne du Christ, à nous laisser toujours plus attirer par lui. C'est en lui que nous sommes appelés à nous reconnaître frères, enfants d'un même Père".


(VIS)

13.03.2009

Le service de la Primauté pour l’unité de l’Eglise

VATICAN - LES PAROLES DE LA DOCTRINE par l’Abbé Nicola Bux et l’Abbé Salvatore Vitiello - Le service de la Primauté pour l’unité de l’Eglise

 

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Rome (Agence Fides) – Il y a soixante-dix ans, le Cardinal Eugenio Pacelli était élu Pape et prenait le nom de Pie XII. Personne alors ne pouvait concevoir que le collège des Cardinaux et le Collège Episcopal ne doivent être « tous unanimes dans le langage, selon les paroles de l’Apôtre, pour qu’il n’y ait pas de divisions entre vous, mais que vous soyez en parfaite union de pensée et d’intentions » (1 Corinthiens 1, 11).

Jean XXIII lui aussi, dans son discours d’ouverture du Concile, pouvait parler « d’adhésion nouvelle ; sereine et tranquille à tout l’enseignement de l’Eglise, dans son intégrité et dans sa précision, tout comme elle brille encore dans les actes conciliaires, de Trente à Vatican I ».

Pourrait-on imaginer en effet que l’Eglise, Corps Mystique du Christ, s’exprimât de manière incohérente ? Pourrait-on concevoir l’ecclésiologie de communion, en oubliant ce que le Concile a déclaré sur la Primauté (cf. Lumen Gentium 13, 22 e 23) ?

Alors il faut que tous, dans l’Eglise, Evêques, prêtres et fidèles, réfléchissent sur les paroles humbles et bien fondées de notre Saint-Père le Pape Benoît XVI prononcées au Grand Séminaire de Rome et à l’occasion de l’Angélus du 22 février, et fassent cesser les polémiques qui
« naissent là où la foi dégénère en intellectualisme, et où l’humilité est remplacée par l’arrogance d’être meilleurs que l’autre… C’est là une caricature de l’Eglise qui devrait former un seul cœur et une seule âme ».

Ces paroles manifestent l’exercice de la Primauté dans la patience, et à cette Primauté doit correspondre la docilité humble de tous les catholiques.

Le Saint-Père sait que la Primauté a une ‘structure martyrologique’, parce que « la Parole de Dieu n’est pas enchaînée » (2 Timothée 2, 9), et cela vaut pour chaque Pape. La Primauté Pétrinienne existe et œuvre, parce que la communion ecclésiale ne peut être destructrice, au contraire, le Credo la déclare ‘Catholique’. Il convient d’aller, à ce sujet, à tout ce qu’il a écrit, en tant que théologien dans « Introduzione al Cristianesimo » (Introduction au Christianisme) :

« Une idée fondamentale est documentaire, dès le début, comme déterminante ; par cette parole on se réfère à l’unité de lieu : c’est seulement la communauté unie à l’Evêque qui est ‘Eglise Catholique’, et non pas les groupes partiels qui, pour n’importe quelle raison, s’en sont détachés.
En deuxième lieu, est rappelée ici l’unité des Eglises locales entre elles, qui ne peuvent se fermer sur elles-mêmes, mais ne peuvent rester Eglise qu’en se maintenant ouvertes l’une vers l’autre, formant une unique Eglise […]. Dans l’adjectif ‘catholique’ s’expriment la structure épiscopale de l’Eglise, et la nécessité de l’unité de tous les Evêques entre eux […] » ((ed. Queriniana-Vaticana, 2005, p 335).

Après avoir observé que cela n’était pas l’élément premier, il déclare, comme un rappel :

« Les éléments fondamentaux de l’Eglise apparaissent plutôt être le pardon, la conversion, la pénitence, la Communion Eucharistique, et à partir de cette dernière, la pluralité et l’unité : pluralité des Eglises locales, qui restent toutefois Eglise uniquement par leur insertion dans l’organisme de l’unique Eglise […]. La constitution épiscopale apparaît sur le fond comme un moyen de cette unité […].
Un autre stade, toujours dans l’ordre des moyens, sera constitué ensuite pas le service de l’Evêque de Rome.
Une chose est claire : l’Eglise ne doit pas être pensée en partant de son organisation, mais c’est l’organisation qui doit être comprise en partant de l’Eglise. Toutefois, il est clair dans le même temps que, pour l’Eglise visible, l’unité visible est quelque chose de plus que la simple ‘organisation’ […]. C’est seulement en tant que ‘catholique, c’est-à-dire visiblement Une malgré sa multiplicité, qu’elle correspond à tout ce requiert le Symbole. Dans le monde déchiré et divisé, l’Eglise doit être un signe et un instrument d’unité ; elle doit dépasser les barrières, et réunir les Nations, les races et les classes. Jusqu’à quel point, y compris dans cette tâche, a-t-elle manqué à son devoir, nous le savons assez bien […].
Malgré tout… au lieu de nous limiter à dénigrer le passé, nous devrions surtout nous montrer prêts à accueillir l’appel du présent, en cherchant à ne pas nous limiter à confesser la catholicité du Credo, mais de la réaliser dans la vie de notre monde déchiré » (Ibid. p 336-337).

(Agence Fides, 12 mars 2009)