15.09.2010

Violences au Cachemire indien : le Saint-Siège appelle à la culture du respect

inde_cachemire.gifLe Cachemire indien a été le théâtre d’une flambée de violence dans le sillage des représailles qui ont suivi l’initiative d’un pasteur américain appelant à la profanation du Coran. Une école protestante a été attaquée. Le Saint-Siège a exprimé sa peine et invité à la culture du respect, tout en déplorant une violence gratuite, incompatible avec les principes sacrés de la religion.

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09.03.2010

Pressions autour du 'génocide' arménien

C’était une promesse de campagne. Aux Etats-Unis, Barak Obama reconnaîtrait, une fois élu, le génocide arménien. Cet engagement lui tient encore à cœur, mais il ne l'a pourtant pas respecté.

 

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La Maison Blanche ne voulait pas raviver de tensions alors que l’Arménie et la Turquie semblaient, enfin, se réconcilier de l’autre côté de l’Atlantique. En octobre 2009, 2 protocoles ont en effet été signés, prévoyant l'établissement de relations diplomatiques et l'ouverture de leur frontière commune.


À Washington, on joue donc l’équilibre, jusqu’à ce vote de jeudi 4 mars. Dans une résolution non contraignante, une commission du Congrès américain a qualifié de « génocide » les massacres d'Arméniens sous l'Empire ottoman. Une trahison pour Ankara qui a rappelé son ambassadeur.

Gaiz Minassian, chercheur en relations internationales au groupe d'analyse politique Paris Ouest et maître de conférences à Sciences Po, nous explique cette prise de position américaine: >>

Gaiz Minassian était interrogé par Marie Duhamel (Radio Vatican).

06.07.2009

Bienvenue à Obama. Le Vatican lui joue un prélude de fête

A la veille de la visite du président des Etats-Unis au pape, le cardinal Cottier, théologien officiel de la maison pontificale pendant de nombreuses années, écrit à son sujet un commentaire enthousiaste. Obama répond par une interview très amicale. Mais les points de conflit subsistent



par Sandro Magister

 



ROME, le 5 juillet 2009 – Pour préparer la rencontre qu’il va avoir avec Benoît XVI au Vatican, dans l’après-midi du vendredi 10 juillet, le président des Etats-Unis, Barack Obama, a réuni à la Maison Blanche six journalistes représentant autant de journaux catholiques américains : "Catholic News Service", "America", "National Catholic Reporter", "Catholic Digest", "National Catholic Register", "Commonweal". Il y avait aussi le journaliste chargé des questions religieuses au "Washington Post" et une seule journaliste étrangère, Elena Molinari, pour Radio Vatican et "Avvenire", le quotidien de la conférence des évêques d'Italie, le pays qui accueille le G8.

L'interview a eu lieu le matin du jeudi 2 juillet et les questions n’avaient pas été communiquées d’avance. Le lendemain, à Rome, "Avvenire" l'a reproduite presque intégralement, en lui donnant beaucoup d’importance.

Obama a dit qu’il comptait bien trouver une convergence de vues avec le pape sur des sujets comme la paix au Moyen-Orient, la lutte contre la pauvreté, la sauvegarde du climat, la politique d’immigration.

Mais il n’a éludé aucun des sujets – en premier lieu l’avortement – sur lesquels il y a conflit entre lui et une part importante de l’Eglise catholique américaine, avec au premier rang le cardinal Francis George, président de la conférence des évêques des Etats-Unis et archevêque de sa ville, Chicago.

Au conflit entre Obama et un bon tiers des évêques des Etats-Unis s’est ajoutée, au cours des derniers mois, une autre ligne de fracture entre ces évêques et le Vatican, qu’ils jugent trop conciliant envers la politique du nouveau président.

On trouvera ci-dessous les passages de l'interview qui concernent les sujets les plus controversés, de l’avortement à l'homosexualité. Dans ses réponses, Obama tend un rameau d’olivier à l’Eglise, comme il avait déjà essayé de le faire, le 17 mai, dans son discours à l'université catholique Notre Dame. Mais il indique aussi les points sur lesquels il n’y a et il n’y aura pas d’accord.

 



***

 



Mais Obama n’est pas le seul à se préparer à l’audience pontificale. Le Vatican aussi joue un prélude à sa façon.

Le jour même où le président des Etats-Unis accordait l'interview aux journalistes religieux, à Rome, un cardinal faisant autorité publiait un commentaire simplement enthousiaste des discours prononcés par Obama le 17 mai à l'université Notre Dame et le 4 juin à l'université al-Azhar, au Caire.

Il s’agit du cardinal Georges Cottier, 87 ans, suisse, dominicain, présent à la curie depuis des années comme théologien officiel de la maison pontificale. Il a publié son commentaire dans une revue catholique en six langues, "30 Giorni", très liée aux milieux diplomatiques de la curie et très attentive à la politique de l’Eglise dans le monde, envoyée gratuitement à des évêques et à des monastères du monde entier, dirigée par Giulio Andreotti, ancien président du conseil et ministre des Affaires étrangères italien.

Le savant cardinal trouve la vision d’Obama très proche de celle du catholicisme, à commencer par la conscience du péché originel. Il lui reconnaît de bonnes et constructives intentions même sur le terrain miné de l’avortement. Il dit qu’Obama ne peut être considéré comme un "partisan de l’avortement" et, au contraire, il lui reconnaît la volonté de "tout faire pour que le nombre d’avortements soit le plus faible possible", comme le firent "les premiers législateurs chrétiens qui n’abrogèrent pas tout de suite les lois romaines tolérantes envers des pratiques non conformes ou même contraires à la loi naturelle, comme le concubinage et l’esclavage". Il appelle en renfort saint Thomas d'Aquin, selon qui "l’Etat ne doit pas créer de lois trop  sévères et exigeantes, parce qu’elles seront méprisées par les gens qui ne seront pas capables de les appliquer". Il applaudit "L'Osservatore Romano" justement pour l'article pro-Obama du 19 mai qui avait irrité tant d’évêques américains.

Le cardinal Cottier paraît presque glorifier Obama comme un nouveau Constantin, chef d’un empire moderne lui aussi utile pour l’Eglise.

Les passages du commentaire de Cottier relatifs à la question de l'avortement sont reproduits ci-dessous.

On trouvera, tout de suite après, un extrait de l'interview accordée par Obama aux journalistes religieux, tiré principalement d’"Avvenire", avec des compléments notés par d’autres journalistes présents.


 

1. "Obama me rappelle les premiers législateurs chrétiens..."

par Georges Cottier



[...] J’ai été frappé par le fait que, dans son discours à l’université Notre Dame, Obama n’a pas évité d’aborder la question la plus épineuse, celle de l’avortement, à propos de laquelle il avait reçu tant de critiques, y compris des évêques américains. D’une part ces réactions sont justifiées : des valeurs non négociables sont impliquées dans les décisions politiques concernant l’avortement. Pour nous, ce qui est en jeu, c’est la défense de l’être humain et de ses droits inaliénables, dont le premier est justement le droit à la vie. Mais, dans la société pluraliste, il y a des divergences radicales sur ce point. Il y a ceux qui, comme nous, considèrent l’avortement comme un "intrinsece malum", ceux qui l’acceptent, et même quelques-uns qui le revendiquent come un droit. Le président n’adopte jamais cette dernière opinion. Au contraire, il me paraît faire des suggestions positives - "L’Osservatore Romano" l’a également souligné dans son numéro du 19 mai - en proposant de chercher, dans ce cas aussi, un terrain d’entente. Dans cette recherche - avertit Obama - personne ne doit censurer ses propres convictions, mais au contraire les soutenir devant tous et les défendre. Son relativisme n’est pas du tout celui, mal compris, des gens qui disent qu’il s’agit d’opinions opposées à d’autres opinions, que toutes les opinions personnelles sont incertaines et subjectives, et donc qu’il faut les laisser de côté quand on parle de ces sujets.

De plus, Obama reconnaît que le problème est d’une gravité tragique. Que la décision d’avorter "déchire le cœur de toute femme". Le terrain d’entente qu’il propose, c’est de travailler tous ensemble à réduire le nombre de femmes qui cherchent à avorter. Et il ajoute que toute législation en la matière doit garantir de manière absolue l’objection de conscience au personnel sanitaire qui ne veut pas prêter son concours à des pratiques abortives.

Ce qu’il dit va dans le sens d’une diminution du mal. Le gouvernement et l’Etat doivent tout faire pour que le nombre d’avortements soit le plus faible possible. Ce n’est qu’un "minimum", certes, mais un minimum précieux. Cela me rappelle l’attitude des premiers législateurs chrétiens qui n’abrogèrent pas tout de suite les lois romaines tolérantes envers des pratiques non conformes ou même contraires à la loi naturelle, comme le concubinage et l’esclavage. Le changement s’est fait selon un cheminement lent, souvent marqué par des régressions, au fur et à mesure de l’augmentation du nombre de chrétiens dans la population et, avec eux, l’impact du sens de la dignité de l’être humain. Au début, pour assurer le consensus des citoyens et sauvegarder la paix sociale, on maintint en vigueur les "lois imparfaites", qui évitaient de poursuivre des actes et comportements contraires à la loi naturelle. Saint Thomas d’Aquin lui-même, bien que convaincu que la loi devait être morale, ajoute que l’Etat ne doit pas créer de lois trop sévères et exigeantes, parce qu’elles seront méprisées par les gens qui ne seront pas capables de les appliquer.

Le réalisme de l’homme politique distingue le mal et l’appelle par son nom. Il admet qu’il faut être humble et patient, combattre le mal sans prétendre l’éradiquer de l’histoire humaine au moyen d’instruments de coercition légale. C’est la parabole de l’ivraie, également valable en politique. D’autre part, cela ne devient pas, chez lui, une raison pour être cynique ou indifférent. L’effort pour réduire le mal autant que possible est maintenu. C’est un devoir.

L’Eglise, elle aussi, a toujours perçu comme lointaine et dangereuse l’illusion selon laquelle on peut éliminer totalement le mal de l’histoire par voie légale, politique ou religieuse. L’histoire, y compris récente, est pleine de catastrophes dues au fanatisme de gens qui prétendaient tarir les sources du mal dans l’histoire des hommes et finissaient par tout transformer en un grand cimetière. Les régimes communistes suivaient exactement cette logique. Même chose pour le terrorisme religieux, qui tue précisément au nom de Dieu. Et lorsqu’un médecin pratiquant l’avortement est tué par des militants anti-avortement – c’est arrivé récemment aux USA – il faut admettre que même les élans d’idéal les plus élevés, comme la sacrosainte défense de la valeur absolue de la vie humaine, peuvent se corrompre et se transformer en leur contraire, devenant des mots d’ordre à la disposition d’une idéologie aberrante.

Dans le monde les chrétiens sont porteurs d’une espérance temporelle réaliste, pas d’un vain rêve utopique, même quand ils témoignent de leur fidélité à des valeurs absolues comme la vie. Sainte Gianna Beretta Molla, la doctoresse morte pour avoir refusé les soins qui auraient pu faire du mal à l’enfant dont elle était enceinte, ne touche pas que le cœur des chrétiens par son héroïsme ordinaire et silencieux ; elle rappelle à tous le destin commun vers lequel nous tendons. C’est une forme prophétique du style évangélique du témoignage chrétien.

Dans son discours à l’université Notre Dame, Obama fait justement une allusion très importante à cet aspect. Il raconte comment il fut impliqué dans un projet d’assistance sociale pour les quartiers pauvres de Chicago - financé par des paroisses catholiques - auquel participaient aussi des volontaires protestants et juifs. A cette occasion, il lui est arrivé de rencontrer des gens accueillants et compréhensifs. Il a vu le spectacle des bonnes œuvres alimentées par le Seigneur. Et à cause de ce spectacle il fut "attiré par l’idée de faire partie de l’Eglise. C’est à travers ce service", conclut-il, "que j’ai été conduit au Christ". Il fait aussi un éloge émouvant du grand cardinal Joseph Bernardin, alors archevêque de Chicago, qu’il définit comme "un phare et un carrefour", aimable dans sa façon de persuader et dans son effort continu pour "rapprocher les gens et trouver un terrain d’entente". A travers cette expérience, dit Obama, "les mots et les actes des gens avec qui j’ai travaillé dans les paroisses de Chicago ont touché mon cœur et mon esprit".

Le spectacle de la charité, qui vient de Dieu, a la force de toucher et d’attirer l’esprit et le cœur des hommes. C’est là l’unique germe de changement réel dans l’histoire des hommes. Obama cite aussi Martin Luther King, dont il se sent un disciple. Qu’il soit président des Etats-Unis seulement 41 ans après l’assassinat de King est un signe et une preuve de l’efficacité historique de la confiance en la force de la vérité. [...]

2. "Je défendrai toujours avec force le droit des évêques de me critiquer..."

Interview de Barack Obama



Q. – Les évêques catholiques américains ont exprimé leurs critiques et leurs préoccupations quant à vos positions sur le respect de la vie et sur le mariage. Comment pensez-vous répondre à ces critiques? Ou pensez-vous que vous finirez par faire comme si elles n’existaient pas ?

R. – Tout d’abord, l’une des forces de notre démocratie est que chacun est libre d’exprimer ses opinions politiques. Il n’y aura jamais un moment où je déciderai de faire comme si les critiques des évêques catholiques n’existaient pas, parce que je suis le président de tous les Américains et pas seulement de ceux qui, par hasard, sont d’accord avec moi. Je prends très au sérieux les opinions des autres et les évêques américains ont une influence profonde sur l’Eglise et sur la communauté nationale. Plusieurs évêques ont été généreux dans leurs opinions et encourageants à mon égard, même s’il reste des divergences sur certaines questions. En ce sens les évêques américains représentent un carrefour d’opinions comme c’est le cas dans d’autres groupes. Je défendrai toujours avec force le droit des évêques de me critiquer, même sur un ton passionné. Et je serais heureux de les recevoir ici, à la Maison Blanche, pour parler des sujets qui nous unissent et de ceux qui nous séparent, en une série de tables rondes. Je pense qu’il y aura encore des domaines dans lesquels nous sommes profondément d’accord et d’autres dans lesquels il ne sera pas possible de trouver un plein accord. C’est sain.

Q. – Vous avez formé un groupe de travail, composé de représentants pro-life et d’autres qui soutiennent le droit à l’avortement, dont l’objectif est de trouver des positions communes. Quelles sont vos attentes réalistes quant au résultat des travaux ?

R. – Ce groupe devra me fournir un rapport final dans le courant de l’été et je n’ai pas l’illusion qu’il parviendra à supprimer les divergences rien que par la discussion. Je sais qu’il y a des points sur lesquels le conflit ne peut être réglé. Mais je peux vous dire qu’il y a des gens de bonne volonté des deux côtés et je serais surpris qu’ils ne trouvent pas des points significatifs sur lesquels ils puissent travailler ensemble. Par exemple, la nécessité d’aider les jeunes à prendre des décisions intelligentes de manière à éviter les grossesses non désirées, l’importance de renforcer l’accès à l’adoption comme alternative à l’avortement, ou le devoir de prendre soin des femmes enceintes et de les aider à élever leurs enfants. Mais il y a des points, comme la contraception, sur lesquels les divergences sont profondes. Mon opinion personnelle est qu’il faut associer une solide éducation morale et sexuelle à la mise à disposition de contraceptifs, pour prévenir les grossesses non désirées. Je reconnais que c’est en contradiction avec la doctrine de l’Eglise catholique et je ne m’attends donc pas à ce que ceux pour qui c’est vraiment une question de foi puissent être d’accord avec moi sur ce point, mais c’est mon opinion personnelle. Je serais étonné que les partisans du droit à l’avortement ne soient pas d’accord avec l’idée qu’il faut limiter les circonstances où une femme décide d’interrompre sa grossesse. Si c’était le cas, je ne serais pas d’accord avec eux. Je ne connais pas de circonstances où l'avortement soit une décision heureuse et, si l’on peut aider une femme à éviter de se trouver dans une situation où cela devient une possibilité, je pense que c’est une bonne chose. Mais, je le répète, c’est mon opinion.

Q. – Certains catholiques louent votre contribution à la promotion de questions de justice sociale, tandis que d’autres critiquent vos positions sur les questions de la vie, depuis l’avortement jusqu’à la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Y voyez-vous une contradiction ?

R. – Cette tension du monde catholique existait bien avant mon arrivée à la Maison Blanche. Quand j’ai commencé à m’intéresser à la justice sociale, à Chicago, les évêques catholiques parlaient d’immigration, de nucléaire, des pauvres, de politique étrangère. Puis, à un certain moment, l’attention de l’Eglise catholique s’est déplacée vers l’avortement, ce qui a eu le pouvoir de déplacer l’opinion du congrès et du pays dans la même direction. Ce sont des sujets auxquels je pense beaucoup, mais, puisque je ne suis pas catholique, ce n’est pas à moi de chercher à résoudre ces tensions. Mais j’ai vu comment on peut tenter une conciliation. Le cardinal Joseph Bernardin, que j’ai connu à Chicago, parlait de manière claire et explicite en faveur de la vie. Mais il la considérait comme un "vêtement sans coutures" et il y incluait, de manière cohérente, une gamme de questions faisant partie de ce qu’il pensait être pro-life et sur quoi il s’engageait, comme la lutte contre la pauvreté, le soin de l’enfance, la peine de mort, la politique étrangère. Cette partie de la tradition catholique est quelque chose qui m’inspire continuellement. Et je pense qu’il y a eu des moments, au cours des deux dernières décennies, où cette tradition plus inclusive s’est trouvée comme enterrée sous le débat sur l’avortement. Je désire au contraire qu’elle reste au premier plan dans le débat national.

Q. – Bien des gens - pas seulement des médecins - qui exercent leur activité dans des institutions non gouvernementales s’inquiètent beaucoup de ne pas pouvoir faire jouer l’objection de conscience dans des domaines éthiquement sensibles. La position de votre administration à ce sujet n’est pas tout à fait claire...

R. – Ma position personnelle a toujours été cohérente : je suis fermement convaincu que l'objection de conscience doit être garantie. J’ai défendu une forte objection de conscience dans l’Illinois pour les hôpitaux catholiques et les structures sanitaires, j’en ai discuté récemment avec le cardinal Francis George lors d’une rencontre dans le Bureau Ovale et je l’ai répété dans mon intervention à l’université Notre Dame. Je comprends qu’il y a des gens qui s’attendent toujours au pire de ma part, sans que j’aie rien dit ou fait, mais c’est plus un préjugé qu’une opinion justifiée par une "ligne dure" que nous chercherions à imposer. Je pense que la seule raison pour laquelle ma position peut ne pas paraître claire est que nous avons changé une mesure relative à l’objection de conscience approuvée à la dernière minute, à la onzième heure, par la précédente administration et que nous avons décidé de l’annuler parce qu’elle n’était pas bien formulée. Mais nous sommes en train de réexaminer la question et nous avons demandé aux gens leur avis à ce sujet ; nous avons reçu des centaines de milliers de réponses. Je peux vous assurer que, quand ce nouvel examen sera terminé, une forte objection de conscience entrera en vigueur. Elle pourra ne pas répondre aux critères de toutes les critiques possibles de notre approche, mais elle ne sûrement pas plus faible que celle qui existait avant que le changement ne soit fait.

Q. – Comment conciliez-vous votre foi chrétienne avec les promesses faites aux homosexuels pendant la campagne électorale ?

R. – En ce qui concerne la communauté gay et lesbienne de ce pays, je crois qu’elle est blessée par certains enseignements de l’Eglise catholique et par la doctrine chrétienne en général. En tant que chrétien, je combats sans cesse entre ma foi et mes devoirs et mes préoccupations à propos des gays et lesbiennes. Et souvent je découvre qu’il y a beaucoup de passion des deux côtés, même chez ceux que je considère comme des gens très bien. D’autre part, je m’en tiens à ce que j’ai dit au Caire : toute opinion qui liquide de manière automatique les convictions religieuses et la croyance d’autrui comme intolérantes ne comprend pas le pouvoir de la foi et le bien que celle-ci accomplit dans le monde. En tout cas, en tant que croyants, nous devons examiner nos convictions et nous demander si parfois nous ne faisons pas souffrir les autres. Je pense que tous, quelle que soit notre foi, nous devrions admettre qu’il y a eu des cas où la religion n’a pas été mise au service du bien. C’est à nous, je pense, d’accomplir une profonde réflexion et d’être prêts à nous demander si nous agissons en cohérence non seulement avec les enseignements de l’Eglise, mais aussi avec ce que Jésus-Christ, notre Seigneur, nous a demandé de faire : traiter les autres comme nous voudrions être traités.
> La politica, la morale et il peccato originale

Pour le moment, l'article est paru dans les éditions italienne et anglaise de "30 Giorni". Dans les semaines à venir, il paraîtra aussi dans les éditions française, allemande, espagnole et portugaise de la revue.


L'interview d’Obama dans la longue transcription qu’Elena Molinari a publiée dans "Avvenire" du 3 juillet 2009 :

> Obama : une collaboration avec le pape pour aider le monde



Sur www.chiesa, les articles relatifs aux hauts et bas entre Obama et l’Eglise catholique :

> Obama diplômé à Notre Dame. Mais les évêques lui font repasser l'examen
(26.5.2009)

> Ange ou démon? Au Vatican, Obama est l'un et l'autre
(8.5.2009)


Traduction française par
Charles de Pechpeyrou.


 



Le texte intégral de l'article du cardinal Cottier, dans "30 Giorni" n° 5, 2009 :

www.chiesa

26.05.2009

Obama diplômé à Notre Dame. Mais les évêques lui font repasser l'examen

La conférence des évêques des Etats-Unis veut que, dans la lutte contre l'avortement, le président passe des promesses aux faits. Beaucoup de catholiques n'ont pas confiance en lui et accusent aussi le Vatican de céder. Ont-ils raison? Une analyse à contre-courant par le théologien Robert Imbelli


Par Sandro Magister





ROME, le 26 mai 2009 – Le diplôme "honoris causa" remis, la semaine dernière, au président Barack Obama par l'université catholique de Notre Dame, à South Bend, dans l’Indiana, a provoqué un nouveau sursaut de protestations.

Mais elle a aussi donné des motifs de réflexion et d’action plus calmes.

Les protestataires les plus sévères ont été les chefs de file de la pensée catholique néoconservatrice: Michael Novak, George Weigel, Deal Hudson.

Leur protestation a surtout visé le Vatican et "L'Osservatore Romano", accusés d’être trop indulgents pour Obama malgré ses positions contraires à la doctrine de l’Eglise en matière de bioéthique.

Deal Hudson, depuis le site "Insidecatholic.com" dont il est le fondateur, a demandé la tête de Giovanni Maria Vian, directeur du quotidien du Saint-Siège et il a invité ses lecteurs à en réclamer la destitution en écrivant au secrétaire d’état du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone. D’après Hudson il faudrait aussi renvoyer le père Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Vatican.

George Weigel, sur "National Review Online", a dit que "L'Osservatore Romano" n’exprime pas automatiquement à chaque ligne les positions du Saint-Siège mais qu’il a en tout cas démontré, par son attitude dans cette affaire, la présence au Vatican d’un fort courant pro-Obama et une "triste ignorance de l’histoire américaine récente" et de l'attaque du nouveau président contre la doctrine de l’Eglise en matière de vie.

Michael Novak, dans un commentaire publié par le quotidien italien "Liberal", a lui aussi accusé "L'Osservatore Romano" de ne pas comprendre la réalité américaine, ce qui fait qu’il "s’est mis du côté des pro-avortement et contre la minorité marginalisée des fidèles catholiques pratiquants". C’est comme si les papes qui ont qualifié l'avortement de "mal intrinsèque" avaient parlé en vain: "Nous avons demandé du pain à Rome et 'L'Osservatore Romano' nous a donné des pierres".

Hudson, Weigel et Novak n’ont montré aucune confiance en l’offre de dialogue lancée par Obama aux défenseurs de la vie naissante, dans son discours du 17 mai à l'université de Notre Dame. Selon eux, le nouveau président reste ferme sur ses positions pro-avortement. Aux "pro life" et à eux seuls il demande d’accepter des compromis: ainsi, en fin de compte, ce qu’il appelle dialogue "n’est qu’une demande de reddition sans conditions".


***


Certains évêques – parmi ceux qui, à plus de 70, avaient critiqué avant le 17 mai la décision de l'université catholique de Notre Dame de récompenser le président "pro-avortement" – ont aussi réagi négativement à l’offre de dialogue lancée par Obama dans son discours à la cérémonie de remise de diplômes.

Au contraire les dirigeants de la conférence des évêques des Etats-Unis ont montré qu’ils trouvaient dans le discours d’Obama des éléments positifs, tout en gardant de fortes réserves sur certaines décisions déjà prises par le président.

Dans une note officielle du 22 mai, le président de la conférence, le cardinal Francis E. George, archevêque de Chicago, a remercié le président de ce qu’il avait dit à propos du droit à l'objection de conscience pour les opérateurs sanitaires opposés à l’avortement. Il a ajouté que personne ne doit être obligé de financer les avortements avec l’argent de ses impôts. Il l’a invité à concrétiser ses promesses et l’a assuré de la volonté de la conférence des évêques de "travailler avec l'administration et les législateurs" pour réduire le plus possible les avortements.

Le même jour, le secrétaire général de la conférence des évêques, Mgr David Malloy a de nouveau critiqué le décret par lequel, le 9 mars, Obama a levé l’interdiction de détruire des embryons à des fins de recherche: une décision dans laquelle "ni la science ni l'éthique n’ont été prises en compte".

"L'Osservatore Romano", dans son édition du 24 mai, a parlé de ces deux prises de position, sous le titre, repris en première page: "Les évêques des Etats-Unis parlent de recherche et d’objection de conscience. Les limites infranchissables du dialogue avec la Maison Blanche et le Congrès en matière d’éthique".


***


La note du 22 mai du cardinal George fait donc naître cette question naturelle: qu’a dit précisément Obama dans son discours à Notre Dame, pour amener le président des évêques des Etats-Unis à lui faire confiance, même si c’est avec prudence et dans des limites "infranchissables"?

En effet, dans le feu des polémiques, le discours d’Obama a été peu lu et analysé. Il doit pourtant s’y trouver quelque chose de significatif pour qu’en Italie un commentateur au-dessus de tout soupçon comme Giuliano Ferrara – le plus "ratzingerien" des défenseurs laïcs de la vie naissante – l'ait publié intégralement dans le quotidien "il Foglio" qu’il dirige et qu’il y ait reconnu un terrain commun sur lequel "pro life" et "pro choice" puissent agir ensemble pour réduire le nombre de femmes qui cherchent à avorter.

Un autre discours important du 17 mai à Notre Dame a été encore moins lu et analysé: celui du juge John T. Noonan, qui a reçu en 1984 la plus haute distinction de cette université catholique, la médaille "Laetare".

La note ci-dessous comble ce manque. Elle analyse les discours d’Obama et de Noonan. Elle en fait ressortir les éléments de conflit mais surtout d’espoir. Avec des observations aiguës et surprenantes.

Son auteur, Robert Imbelli, prêtre du diocèse de New-York, enseigne la théologie au Boston College.

Mais il écrit aussi pour "L'Osservatore Romano". Le 28 janvier 2009, il y a publié un commentaire du discours de prise de fonctions du nouveau président, intitulé "Obama, Lincoln et les anges", qui se terminait ainsi:

"Cela reste l’espérance et la prière de l'Amérique. Mais nous prions aussi pour que les anges des enfants conçus mais pas encore nés ne soient pas négligés. Nous prions pour que les liens d'amour du pays aillent jusqu’à eux. Pour qu’ils ne soient pas exclus du pacte de citoyenneté".

Précédemment, le 12 août 2008, toujours dans "L'Osservatore Romano", Imbelli avait fait un compte-rendu favorable du livre "Render Unto Caesar" de l'archevêque de Denver, Charles J. Chaput, qui est aujourd’hui l’un des critiques les plus sévères de la présidence Obama.

C’est donc un commentateur équitable qui écrit...



Conflit et espoir à l'université de Notre Dame

par Robert Imbelli



Cette année, la cérémonie de remise des diplômes à l'université de Notre Dame, dans l'Indiana, a été l’une des plus controversées de la prestigieuse histoire de cette éminente université catholique. Le motif: Barack Obama, le nouveau président des Etats-Unis, a été invité à faire un discours aux diplômés et à recevoir un diplôme "honoris causa" en droit. Ce qui a provoqué une explosion de critiques, c’est notamment l’attribution d’une récompense honorifique à un président dont la politique défend le droit à l’avortement et soutient la recherche sur les cellules souches embryonnaires.

En un blâme public sans précédent, plus de 70 évêques catholiques des Etats-Unis ont sévèrement reproché à Notre Dame d’avoir violé les indications de la conférence des évêques sur l’attribution de récompenses honorifiques à ceux qui s’opposent à l'enseignement de l’Eglise catholique sur des points fondamentaux. L’évêque du diocèse où se trouve Notre Dame a boycotté la cérémonie en signe de protestation. De plus, Mary Ann Glendon, ex-ambassadeur près le Saint-Siège et professeur de droit à Harvard, qui avait été choisie pour recevoir la médaille "Laetare", la plus haute récompense à Notre Dame, l’a refusée en raison de la désobéissance de Notre Dame à la directive des évêques.

La polémique, ayant fait rage pendant plusieurs semaines avant la cérémonie, a été l’objet d’une large couverture par les médias laïcs et religieux. Puis le débat a continué avec la même vigueur sur des sites web catholiques, des journaux et des revues. Je propose ici quelques réflexions inspirées à la fois par le discours du président et par celui qu’a prononcé, pour la médaille "Laetare", John Noonan, juge à la cour d'appel des Etats-Unis, ancien professeur de droit à Notre Dame et auteur apprécié de nombreux essais sur le développement de l’enseignement moral catholique.

Comme on pouvait s’y attendre, le président Obama a fait un discours à la rhétorique puissante et efficace. Il a combiné d’émouvantes références à son histoire personnelle et un appel passionné à la courtoisie et au dialogue, notamment quand des citoyens ont des croyances et des points de vue différents. Il en a fait une condition préalable pour un échange constructif dans une démocratie et pour créer un "terrain commun". Il a mis en garde contre la tentation de diaboliser ceux avec qui l’on n’est pas d’accord.

Obama a dit que, jeune travailleur social à Chicago, il avait été inspiré par feu le cardinal Joseph Bernardin, qu’il a qualifié d’"homme gentil, bon et sage". Il a aussi indiqué combien il avait été impressionné par les Eglises chrétiennes qui, dans la zone de Chicago, travaillaient ensemble au service des pauvres et des marginaux. C’est leur témoignage qui l’a incité à devenir membre de l’une des paroisses protestantes.

Même ceux qui ont critiqué l’invitation de Notre Dame et le discours du président reconnaissent qu’il a fait des gestes en direction des préoccupations de ceux qui le critiquent. Il a parlé d’un effort commun pour réduire le nombre d’avortements, promouvoir l'adoption d’enfants en bas âge et protéger par une "clause de conscience" les médecins et infirmiers opposés à l’avortement. Ce serait des pas significatifs, s’ils entraient en vigueur.

Mais les critiques soulignent que l'appel du président au dialogue, s’il est habile stratégiquement, sert à camoufler des questions d’une importance considérable. Selon eux, son appel à une discussion courtoise masque un soutien inflexible au droit à l’avortement, qui frappe le droit à la vie des plus vulnérables créatures de Dieu. Et, clairement, l'invitation à continuer le dialogue peut être un expédient commode puisque, en définitive, le pouvoir de décision et de mise en œuvre est uniquement aux mains de celui qui lance l'appel et détient l’impressionnant pouvoir de la présidence.

Alors, dans cette impasse apparente, où se trouve l’espoir? Je voudrais attirer l'attention sur trois points du discours présidentiel qui ont été peu commentés jusqu’à présent. D’abord, il n’a pas simplement dit que, grâce au témoignage de chrétiens socialement engagés, il était devenu membre d’une Eglise. Il a dit une chose plus remarquable: que, grâce à leur témoignage, "il avait été conduit au Christ". Aller au Christ, bien sûr, comporte des conséquences morales, mais, au-delà de la morale, cela implique un nouvel ordre de relations et une conversion permanente.

Deuxième point: est-ce à la lumière de cette venue au Christ que le président Obama a pu parler, de façon presque augustinienne, de "péché originel"? Je ne me souviens pas d’avoir entendu le concept de péché originel dans la bouche d’un précédent président américain et sûrement pas avec la force et la conviction dont Obama a fait preuve. Il a parlé de "notre égoïsme, notre orgueil, notre obstination, notre volonté de posséder, nos incertitudes, nos egos", tout ce qui nous atteint tous, brouille notre intelligence et diminue notre amour.

Enfin, le président Obama a fait appel à la "loi qui unit tous les peuples croyants et incroyants... C’est bien sûr la règle d’or: l'appel à traiter l'autre comme nous voulons être traités, l'appel à l'amour, l'appel à servir". Même s’il n’a pas employé le mot, c’est ce que dit la tradition catholique quand elle parle de la loi naturelle inscrite dans le cœur des hommes par leur Créateur.

Donc, si à un premier niveau le président a paru se concentrer surtout sur un dialogue respectueux et sur des "mots impartiaux", à un niveau plus profond il a semblé chercher des principes unificateurs, peut-être même différents de ses positions précédemment exprimées. En effet ces principes, s’ils étaient pleinement développés, pourraient même amener le président – non sans sacrifices personnels – à revoir certaines des pratiques qu’il soutient actuellement.

En un généreux hommage, le président Obama a appelé Notre Dame un "phare spécifique, qui apporte les lumières de la sagesse de la tradition catholique". Un bel exemple de cette sagesse catholique est le juge John Noonan, qui a fait le discours "Laetare" à la place de l'ambassadeur Glendon. Il est regrettable que son discours mesuré n’ait presque pas été cité dans les comptes-rendus des médias, obsédés par les célébrités et les polémiques. Mais ses propos, concis, respectueux, mais ciblés, méritent une grande attention. Il a parlé d’une voix douce et calme, comme un murmure de la conscience.

Le juge Noonan a parlé du développement de la sensibilité morale de l’homme, qui a amené le monde civilisé à dénoncer les génocides, les tortures, l’esclavage comme d’inqualifiables maux moraux. Mais il a bien montré que cette netteté morale est le fruit de siècles de conflits, d’expériences, d’intuitions douloureuses et "de la lumière qu’irradie l’Evangile". Et il a insisté sur le fait que, si la "conscience" doit être toujours respectée et jamais contrainte, toutes les consciences ne sont pas aussi éclairées moralement et aussi droites.

De manière significative, Noonan a choisi un exemple frappant pour expliquer sa pensée: le débat entre le président Abraham Lincoln et l'ancien esclave Frederick Douglass. La clarté morale et la conviction de Douglass contribuèrent à guider la démarche morale de Lincoln jusqu’à ce qu’il publie la "Proclamation d’émancipation" qui donna la liberté aux esclaves dans les Etats sécessionnistes. Cela implique, de manière subtile mais tout à fait claire, que le président Obama peut, comme Lincoln qu’il vénère, parvenir à plus de clarté à propos de la grave question morale de l'avortement.

Un autre aspect du discours du juge Noonan, qui a échappé même à ceux qui ont pris la peine de l’écouter, est la référence implicite à John Henry Newman. Dans une phrase qui fait écho à Newman à la fois quant au fond et à la forme, Noonan a dit: "Par la conscience nous percevons ce que Dieu attend de nous... Ce guide mystérieux, impalpable, imprescriptible, indestructible et indispensable gouverne notre vie morale". Pour Newman comme pour Noonan, la conscience n’est ni un besoin atavique, ni une impulsion émotionnelle, ni une création de l’homme, mais la voix de Dieu. Ainsi comprise, la conscience est, pour reprendre la forte formule de Newman, "le premier de tous les vicaires du Christ". Comme Newman l’écrivit dans sa célèbre lettre au duc de Norfolk: "La conscience a des droits parce qu’elle a des devoirs; mais aujourd’hui, pour bien des gens, la conscience a tout à fait le droit et la liberté de faire abstraction de la conscience, de ne pas tenir compte du Législateur et Juge, de se libérer des obligations invisibles".

L’enjeu du conflit sur l’avortement, aux Etats-Unis et ailleurs, est de savoir quelle forme de conscience prévaudra: la conscience comme volonté de Dieu ou comme volonté personnelle? L’espoir qui soutient ceux qui ont été formés dans la tradition de la sagesse catholique est la formule inscrite sur la médaille "Laetare", citée par le juge Noonan en conclusion de son discours: "Magna est Veritas et praevalebit", la Vérité est grande et elle prévaudra.

Mais il y a un autre espoir, tissé presque imperceptiblement dans le tissu des toges académiques de Notre Dame, y compris celle que portait le président Obama pour recevoir son diplôme honoraire. Trois mots latins - Vita, Dulcedo, Spes - qui viennent, bien sûr, de la vieille prière à la Vierge, le "Salve Regina". Marie est vie, douceur et espérance, trois valeurs incarnées dans le fruit de ses entrailles et des entrailles de toutes les mères: "benedictum fructum ventris". Puisse la Mère de Dieu, Siège de la Sagesse, guider et inspirer son université afin que la Vérité de l’Evangile puisse effectivement prévaloir.


Le texte intégral du discours d’Obama à l'université de Notre Dame:

> Commencement Address


Et celui du juge John T. Noonan:

> "Laetare" Remarks


Trois commentaires critiques contre le Vatican et "L'Osservatore Romano". Celui de Deal Hudson sur "Insidecatholic.com":

> "L'Osservatore Romano" Needs a New Editor

Celui de George Weigel sur "National Review Online":

> Parsing the Vatican Newspaper

Celui de Michael Novak dans le quotidien italien "Liberal":

> Osservatore traditore


La note (22 mai) du cardinal Francis E. George, président de la conférence des évêques des Etats-Unis:

> Cardinal George grateful for Obama promise...


Et celle du secrétaire de la conférence, David Malloy:

> USCCB General Secretary urges respect for human life...


Le commentaire de Robert Imbelli sur le discours de prise de fonctions d’Obama, dans "L'Osservatore Romano" du 28 janvier 2009:

> Obama, Lincoln e gli angeli

Et son analyse du livre "Render Unto Caesar" de l'archevêque de Denver, Charles J. Chaput, dans "L'Osservatore Romano" du 12 août 2008:

> Comment faire de la politique quand on est catholique. L'aide-mémoire de Denver


A propos d’Obama, Notre Dame et "L'Osservatore Romano", le précédent article de www.chiesa:

> Ange ou démon? Au Vatican, Obama est l'un et l'autre (8.5.2009)



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

01.05.2009

Barack Obama et l´avortement, du 'mauvais côté de l'histoire'

Etats-Unis : Barack Obama et l´avortement, du « mauvais côté de l'histoire »


Selon le card. George (photo)

 

http://douglawrence.files.wordpress.com/2008/11/card_george-informal1.jpg


ROME, Jeudi 30 avril 2009 (ZENIT.org) - Le président des Etats-Unis Barack Obama s'inscrit « du mauvais côté de l'histoire » étant donné ses positions sur l'avortement, selon des propos du cardinal George. Une synthèse de presse de « Gènéthique ».

A l'occasion d'une conférence marquant ses 100 jours à la Maison Blanche, Barack Obama a en effet vivement défendu le "droit" à l'avortement qui, selon lui, relève à la fois de la morale et de l'éthique.

Le cardinal Francis George, président de la Conférence épiscopale américaine, a estimé que le président Obama était "du mauvais côté de l'histoire" en raison de "son soutien fervent au "droit" à avorter".

Rappelons qu'en matière de bioéthique, ces 100 premiers jours ont été également marqués par l'autorisation du financement public de la recherche sur les cellules souches embryonnaires humaines (cf. Synthèse de presse du 09/03/09) et le financement d'organisations pratiquant ou facilitant l'avortement à l'étranger (cf. Synthèse de presse du 20/01/09).

Par ailleurs, Kathleen Sebelius, ex-gouverneur du Kansas, vient d'être nommée secrétaire à la Santé. Elle s'était fait connaître pour ses positions en faveur de ce qu'elle appelle le "droit" des femmes à l'avortement.

Enfin, Madame l'ambassadeur Mary-Ann Glendon (ancienne ambassadeur des USA au Vatican) et également professeur à la faculté de droit de Harvard vient de refuser la Laetare Medal que l'Université de Notre Dame voulait lui décerner. Elle proteste ainsi contre l'invitation faite à Barack Obama par cette Université de prononcer le discours qui précède la remise des diplômes. L'Université doit également remettre au président des Etats-Unis un doctorat honoris causa en droit public. Or, la Conférence des évêques demandait dans un document publié en 2004, que les institutions catholiques n'honorent pas ceux qui agissent au mépris des principes moraux fondamentaux. La décision de Mary-Ann Glendon a été remarquée dans le monde entier. Elle a adressé un message sans ambiguïté : une université catholique qui prétend être contre l'avortement doit s'en tenir à ses paroles. En réaction, Bradley Mattes, administrateur délégué du Life Issues Institute, a décidé de lui attribuer le prix Hero at Heart qui est donné, chaque année, à une personne ayant manifesté un courage hors pair pour défendre la vie humaine innocente.

Sources : NouvelObs.com 30/04/09 - La Croix 30/04/09 - Cyberpresse.ca 28/04/09 - Zenit 27/04/09 - Famille Chrétienne (Jean-Claude Bésida) 02/05/09 - La Croix.com 20/04/09 - Liberté Politique.com 24/04/09