26/02/2009

Haiti : Des milliers de personnes sans abris, six mois après les ouragans

L’archevêque de Cap-Haitien dénonce l’inaction du gouvernement

 

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ROME, Mercredi 25 février 2009 (ZENIT.org) - Plus de six mois après le passage dévastateur des ouragans sur Haiti, le président des évêques du pays souligne que des milliers de personnes sont encore aujourd'hui sans maison et accuse le gouvernement de ne pas prendre ses responsabilités.

Dans des déclarations à l'œuvre internationale Aide à l'Eglise en Détresse (AED), Mgr Louis Kebreau de Cap-Haitien, dans le nord du pays, déclare avoir constaté personnellement la souffrance des gens.

« Les personnes souffrent. Qui a perdu sa mère, son père, sa famille... il y a beaucoup d'orphelins », lit-on dans un communiqué de l'AED.

Mgr Kebreau affirme l'urgence de se préparer pour les mois à venir : « Le gouvernement ne veut pas prendre la situation au sérieux ; la saison des ouragans arrivera en septembre ».

D'après les statistiques officielles, près de 800 personnes sont mortes à cause des tempêtes tropicales qui ont frappé Haïti du 15 août au 8 septembre ; 310 personnes seraient par ailleurs toujours portées disparues.

Après la catastrophe, l'AED a fourni plus de 41.000 dollars d'aides d'urgence pour faire face aux besoins de première nécessité de la population (vêtements, nourriture) et a promis d'autres aides pour soutenir des projets de l'Eglise.

« Aujourd'hui encore, tant de mois après, de nombreuses maisons sont abandonnées, les routes ne sont pas réparées. Les gens vivent dans une grande misère, sont affamés », dénonce Mgr Kebreau.

La saison des ouragans a détruit et endommagé plus de 10.000 habitations, jetant dans le désarroi quelque 165.337 familles.

L'archevêque de Cap-Haitien estime que le gouvernement doit agir rapidement et prendre la décision de reboiser avant l'arrivée de la prochaine vague de tempêtes.

Le manque de couverture forestière contribue en effet aux inondations dévastatrices qui, chaque année, tuent beaucoup de personnes après le passage d'un typhon. La couverture forestière d'Haïti ne dépasse aujourd'hui pas les 2%, alors qu'elle s'élevait à 25% en 1980.

Durant leur dernière rencontre, les évêques d'Haïti ont pris la décision de reboiser la zone autour des Gonaïves, la seconde ville d'Haïti, et la plus touchée par les tempêtes de l'année dernière, qui ont fait au moins 500 morts.

Soulignant que chaque jour « les habitants viennent à l'église en quête de nourriture, en quête de pain », Mgr Kebreau déplore par ailleurs que des sectes profitent de cette pauvreté provoquée par les ouragans pour faire du prosélytisme parmi les habitants de Haïti : « elles utilisent la pauvreté pour manipuler les personnes, sous prétexte qu'elles peuvent leur donner de la nourriture ».

Face à l'action de ces groupes qui, dénonce-t-il, attaquent également les enseignements chrétiens, l'archevêque appelle à faire la distinction entre les sectes et les « Eglises historiques » comme les Eglises épiscopales et méthodistes.

Mgr Kebreau termine son communiqué en remerciant l'AED pour les secours fournis, entre autres aux prêtres, un aspect fondamental, vu la pauvreté de la population haïtienne.

« Je tiens à remercier tous les bienfaiteurs, conclut-il. Je sais que l'Europe traverse des difficultés économiques, la crise, néanmoins vous partagez avec les autres la richesse et la joie que Dieu vous donne ».