14/01/2010

Séisme à Haïti: la zone de Jacmel gravement touchée et dans l'attente d'aide

Au fil des heures, des "dégâts énormes" sont également signalés à Jacmel, ville portuaire de 40.000 habitants située à 40 kilomètres au sud de la capitale Port-au-Prince.

 

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"La ville de Jacmel est détruite entre 60 et 80 %. On compte déjà des dizaines de morts et particulièrement des gens de la connaissance de nous tous et beaucoup de gens sont encore sous les décombres", indique Zidor Fednel, dirigeant local, au portail d'informations Haiti press network. "On est en train de mettre en place des campements pour lesquels on n'était pas prêts.

 

La presse internationale, particulièrement la presse francophone, ne parle pas de Jacmel qui est a plus de la moitié dévastée", ajoute-t-il dans un message diffusé via Internet. Comme pour Port-au-Prince, aucun bilan précis ne peut encore être dressé. Les communications téléphoniques avec Haïti sont toujours interrompues et les principaux médias locaux gardent le silence, à l'exception de quelques brèves mises à jour faites tout au plus de photographies de milliers de rescapés contraints de passer leur seconde nuit dehors, au milieu de bâtiments rasés au sol et de corps sans vie.

 


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"Port-au-Prince ressemble à un immense champ de bataille", observe de son côté Radio Kiskeya. On apprend qu'un temple protestant s'est écroulé alors que de nombreux fidèles se trouvaient à l'intérieur, pendant que s'allonge la liste des bâtiments gouvernementaux, des écoles, des universités, des lieux de culte et des centres commerciaux n'ayant pas tenu le coup.

De plus, l'institut géophysique américain vient d'enregistrer une nouvelle secousse de magnitude 4,7 sur l'échelle de Richter à 50 kilomètres environ de la capitale, à 10 kilomètres de profondeur.

En attendant, le président haïtien René Preval a confirmé mercredi soir la disparition du chef de la mission locale de l'Onu (Minustah), Hedi Annabi. De même, Michelle Montas, ancienne porte-parole de l'Onu mais surtout personnalité emblématique de la lutte contre les dictatures et la mauvaise gouvernance haïtienne, serait elle aussi portée disparue, tel que l'a confirmé le porte-parole des Nations Unies, Martin Nesirsky.

La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a averti que le bilan des victimes serait l'un des plus élevés des dernières années, tandis que l'ex-président américain Bill Clinton, représentant spécial de l'Onu à Haïti, a sollicité toutes les contributions possibles de la communauté internationale.

À l'issue de la tragique journée de mercredi, le Premier ministre Jean-Max Bellarive a évoqué un bilan provisoire de plus de 100.000 victimes, alors que le Comité international de la Croix Rouge (Cicr) estime qu'un tiers des neuf millions de Haïtiens pourraient avoir besoin d'une assistance. La gouverneure générale, Michaëlle Jean, a quant à elle invité la population haïtienne a s'armer de courage, alors que la nation commençait à peine à se relever du passage de plusieurs ouragans en 2008. Le président du Brésil Luiz Ignácio Lula da Silva a quant à lui appelé le président des États-Unis, Barack Obama, à "accélérer" les opérations de secours, réitérant l'entière disponibilité de son pays - sous l'égide duquel est placée la Minustah - à participer à la reconstruction de Haïti.

Pendant ce temps, les marques de solidarité internationales se multiplient, du Canada à Cuba, en passant par l'Union européenne, le Venezuela et la Chine. Selon les Nations Unies, en dépit de dizaines de nouvelles répliques, l'aéroport de Port-au-Prince serait "pleinement opérationnel" et devrait permettre aux autorités compétentes de réceptionner les aides internationales.

Selon Kimberley Shoaf, directrice du Centre sur la Santé publique et les catastrophes à l'Université de Californie (Ucla), un des problèmes les plus urgents consiste actuellement dans les complications dues à l'inhalation de la poussière des bâtiments effondrés et à la consommation d'eau non potable.

 

MISNA