18.11.2010

Mgr Sarah, président de Cor Unum, souhaite se rendre en Haïti

haiti.JPGLe choléra se propage dans les Caraïbes. Il a atteint la République dominicaine mardi. En Haïti, l’épidémie a déjà fait plus d’un millier de morts. La population accuse la mission de l’ONU d’être à l’origine de la propagation. Des heurts ont éclaté. Des soldats de la Minustah ont été pris à partie et plusieurs d'entre eux blessés. L'ONU a reconnu lundi avoir tiré, en état de légitime défense, sur un homme qui est décédé. Le président René Préval a lancé un appel au calme.

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14.02.2010

Haïti: A un mois du séisme, souvenir des victimes, envie de reconstruire

Dans les quartiers détruits de Port-au-Prince, des milliers de Haïtiens se sont vêtus vendredi de noir et blanc, telles les couleurs choisies pour commémorer leurs 230.000 compatriotes morts dans le séisme du 12 janvier dernier.

 

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Le ministre de l'Intérieur, Paul-Antoine Bien-Aimé, a proclamé le 12 février journée de deuil afin de permettre aux pratiquants de toutes les religions de rendre hommage aux victimes.

En Haïti, le christianisme et la tradition vaudou coexistent et ont uni leurs prières en ces jours de douleur pour le peuple haïtien. Les commémorations se multiplieront tout au long de la journée, dans chaque quartier, des bidonvilles de Cité-Soleil au parc du Champ de Mars devant le palais national, devenu depuis le séisme un village de toile délabré.

Le 12 janvier dernier, en fin de journée, une secousse d'une magnitude supérieure à sept sur l'échelle de Richter a dévasté la capitale haïtienne, sa périphérie et les communes voisines de Jacmel et Léogâne. Un mois après, le cadre laissé derrière lui par le séisme est, certes, dramatique, mais parsemé ça et là de quelques signes d'espoir.

"Les problèmes les plus graves – dit à la MISNA Kristin Knutson, porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires (Ocha) de l'Onu, contactée à Port-au-Prince – regardent le relogement de 1,2 million de sans-abri et le maintien de conditions d'hygiène minimales". Les Nations Unies, qui coordonnent les opérations de secours, font en sorte de ne pas créer de villages de toile trop étendus et surpeuplés, misant plutôt sur des camps de petite et moyenne dimensions pour y abriter les habitants d'un quartier.

"C'est notre objectif – poursuit Mme Knutson – même si l'arrivée imminente de la saison des pluies, dans un mois environ, et la période des ouragans à partir de juillet pourraient nous contraindre à trouver d'autres solutions pour raisons de sécurité".

Ces derniers jours, il a plu dans plusieurs parties du pays et dans quelques quartiers de la capitale. Selon Jean-François Mattei, président de la Croix Rouge française, une seconde catastrophe se produira à défaut d'une nouvelle intervention massive : des craintes justifiées par le souvenir des inondations des dernières années, soldées par 800 victimes il y a deux ans et 3000 en 2004. Mais la peur laisse la place à l'espoir et aux efforts.

"Beaucoup des 500.000 habitants qui ont quitté Port-au-Prince – ajoute la porte-parole de l'Ocha – ont été accueillis chez des parents ou des amis dans les zones rurales ou dans d'autres villes : les familles pauvres sont encore plus dans le besoin mais témoignent pourtant d'une ténacité et d'une solidarité caractéristiques des Caraïbes".

Contactée par la MISNA, Michelle Bonnardeux, porte-parole à Port-au-Prince de la Minustah (mission de paix locale de l'Onu), indique pour sa part que "certaines routes ont retrouvé la circulation d'avant le séisme, les supermarchés ont rouvert leurs portes, l'eau courante est revenue dans les habitations", faisant état de l'envie de reconstruire qui anime les habitants, grâce aussi à l'aide internationale. "Les journaux ont dernièrement exagéré certains faits – explique Mme Bonnardeux – comme sur la prétendue situation d'insécurité : je n'ai pas encore vu une seule machette dans les ruines de Port-au-Prince". (VG/CN)

 

(MISNA)

14.01.2010

Séisme à Haïti: la zone de Jacmel gravement touchée et dans l'attente d'aide

Au fil des heures, des "dégâts énormes" sont également signalés à Jacmel, ville portuaire de 40.000 habitants située à 40 kilomètres au sud de la capitale Port-au-Prince.

 

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"La ville de Jacmel est détruite entre 60 et 80 %. On compte déjà des dizaines de morts et particulièrement des gens de la connaissance de nous tous et beaucoup de gens sont encore sous les décombres", indique Zidor Fednel, dirigeant local, au portail d'informations Haiti press network. "On est en train de mettre en place des campements pour lesquels on n'était pas prêts.

 

La presse internationale, particulièrement la presse francophone, ne parle pas de Jacmel qui est a plus de la moitié dévastée", ajoute-t-il dans un message diffusé via Internet. Comme pour Port-au-Prince, aucun bilan précis ne peut encore être dressé. Les communications téléphoniques avec Haïti sont toujours interrompues et les principaux médias locaux gardent le silence, à l'exception de quelques brèves mises à jour faites tout au plus de photographies de milliers de rescapés contraints de passer leur seconde nuit dehors, au milieu de bâtiments rasés au sol et de corps sans vie.

 


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"Port-au-Prince ressemble à un immense champ de bataille", observe de son côté Radio Kiskeya. On apprend qu'un temple protestant s'est écroulé alors que de nombreux fidèles se trouvaient à l'intérieur, pendant que s'allonge la liste des bâtiments gouvernementaux, des écoles, des universités, des lieux de culte et des centres commerciaux n'ayant pas tenu le coup.

De plus, l'institut géophysique américain vient d'enregistrer une nouvelle secousse de magnitude 4,7 sur l'échelle de Richter à 50 kilomètres environ de la capitale, à 10 kilomètres de profondeur.

En attendant, le président haïtien René Preval a confirmé mercredi soir la disparition du chef de la mission locale de l'Onu (Minustah), Hedi Annabi. De même, Michelle Montas, ancienne porte-parole de l'Onu mais surtout personnalité emblématique de la lutte contre les dictatures et la mauvaise gouvernance haïtienne, serait elle aussi portée disparue, tel que l'a confirmé le porte-parole des Nations Unies, Martin Nesirsky.

La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a averti que le bilan des victimes serait l'un des plus élevés des dernières années, tandis que l'ex-président américain Bill Clinton, représentant spécial de l'Onu à Haïti, a sollicité toutes les contributions possibles de la communauté internationale.

À l'issue de la tragique journée de mercredi, le Premier ministre Jean-Max Bellarive a évoqué un bilan provisoire de plus de 100.000 victimes, alors que le Comité international de la Croix Rouge (Cicr) estime qu'un tiers des neuf millions de Haïtiens pourraient avoir besoin d'une assistance. La gouverneure générale, Michaëlle Jean, a quant à elle invité la population haïtienne a s'armer de courage, alors que la nation commençait à peine à se relever du passage de plusieurs ouragans en 2008. Le président du Brésil Luiz Ignácio Lula da Silva a quant à lui appelé le président des États-Unis, Barack Obama, à "accélérer" les opérations de secours, réitérant l'entière disponibilité de son pays - sous l'égide duquel est placée la Minustah - à participer à la reconstruction de Haïti.

Pendant ce temps, les marques de solidarité internationales se multiplient, du Canada à Cuba, en passant par l'Union européenne, le Venezuela et la Chine. Selon les Nations Unies, en dépit de dizaines de nouvelles répliques, l'aéroport de Port-au-Prince serait "pleinement opérationnel" et devrait permettre aux autorités compétentes de réceptionner les aides internationales.

Selon Kimberley Shoaf, directrice du Centre sur la Santé publique et les catastrophes à l'Université de Californie (Ucla), un des problèmes les plus urgents consiste actuellement dans les complications dues à l'inhalation de la poussière des bâtiments effondrés et à la consommation d'eau non potable.

 

MISNA

13.01.2010

'Les cris au milieu des décombres' - Témoignage de Port-au-Prince

Il fait encore nuit à Port-au-Prince, isolée du reste du monde depuis le séisme d'une magnitude 7 sur l'échelle de Richter qui l'a frappée mardi à 17 heures locales.

 

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Photo Reuters


"Nous sommes tous dans la rue. On entend les appels des gens qui recherchent leurs proches, des parents ou des amis. Les équipes de secours ne sont jamais parties car les dégâts ont immédiatement empêché tout déplacement pendant les trois heures ayant fait suite au séisme. Ensuite, la nuit est tombée et la ville, qui est déjà dépourvue aux trois quarts de tout éclairage, s'est malheureusement retrouvée immobilisée. Ce sont les gens ordinaires qui s'activent à la recherche des disparus et d'éventuels rescapés et les seuls moyens en service, notamment grâce à des dispositifs photoélectriques, appartiennent à la Minustah (mission locale de l'Onu, Ndlr)",

déclare à la MISNA Fiammetta Cappellini, responsable de l'Avsi (Association des Volontaires pour le Service international) à Haïti, contactée à Port-au-Prince.

"En sortant du travail, j'ai traversé la route de Delmas - raconte la responsable humanitaire -, une des rues principales : un immeuble sur trois a été détruit et de nombreuses personnes blessées dans l'effondrement de leurs habitations tentent de gagner les hôpitaux. Le séisme a frappé vers 17 heures, soit une heure après la fermeture des bureaux. Beaucoup ont retrouvé leur maison détruite et leurs proches disparus. Nous avons porté secours à quatre jeunes frères et sœurs ayant perdu leurs parents ; l'un d'eux est grièvement blessé".

"Les téléphones et les portables ne marchent pas - poursuit-elle dans son récit, fourni grâce à une connexion Internet de fortune - de même que la télévision et la radio ne semblent pas retransmettre leurs programmes. Mais nous sommes surtout préoccupés par ce qui nous attend au lever du jour. J'ai vu le commissariat de Delmas de mes propres yeux : il s'est complètement écroulé, comme la prison pour mineurs, la cathédrale, le siège de l'Union européenne et le palais présidentiel. Un communiqué du gouvernement a indiqué que le président était sain et sauf. L'immeuble de l'Onu est gravement endommagé".

L'ampleur du drame que connaît le pays américain le plus pauvre est encore difficile à envisager.

"Dès qu'il fera jour, nous irons à Martissant. C'est la zone qui nous inquiète le plus. À partir des informations que nous possédons, tout le centre-ville a été lourdement touché : Canapé vert, Delmas, Bourdon, Pétionville…",

conclut notre interlocutrice, avant d'aller prendre un peu de repos, en prévision d'une dure journée. (Gianfranco Belgrano  - MISNA)

L’archevêque de Port-au-Prince est mort

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L’archevêque de Port-au-Prince (photo) a été tué dans le puissant séisme qui a ravagé la capitale d'Haïti. Son corps a été retrouvé sous les décombres de l’archevêché. L’information a été communiquée à l’agence de presse Misna par les missionnaires de la Société de saint Jacques, présents en Haïti depuis plus de quarante ans. Mgr Joseph Serge Miot était archevêque de Port-au-Prince depuis mars 2008. Il était âgé de 64 ans.

 

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photo Reuters


Dans un entretien accordé à l’agence Fides, de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, le nonce apostolique en Haïti, Mgr Bernardito Auza confirme que Port-au-Prince a été entièrement dévasté. La cathédrale, l’archevêché, toutes les grandes églises, tous les séminaires sont réduits à un amas de gravats. Des centaines de séminaristes et de prêtres seraient sous les décombres. Le Cifor, l’institut d’études pour les religieux et les religieuses, s’est effondré. Des étudiants participaient à une conférence à l’intérieur de l’édifice. Tous les ministères, à l’exception du ministère de la culture sont détruits, tout comme le parlement, les écoles, les commerces et le quartier général de la Minustah, la mission de l’ONU. La nonciature est toujours debout. Personne n’a été blessé. Le nonce apostolique a fait part de ses condoléances et de sa solidarité au Président de la République.


(Radio Vatican)