22.01.2010
Le Président de Caritas-Haïti parle du courage des habitants de Port-au-Prince
À plus de 10 jours du début des opérations de secours à Port-au-Prince, gravement affectée par un violent séisme, Mgr Pierre-André Dumas (photo), évêque du diocèse d'Anse-à-Veau et Miragoâne et président de l'organisation Caritas-Haïti, fait le point sur la situation dans une conversation téléphonique avec la MISNA, dans le cadre du premier contact direct depuis la secousse du 12 janvier dernier.
"Nous ne nous laissons pas abattre ! Face à cette dure épreuve, le peuple haïtien fait preuve d'un immense courage et d'une grande résistance. Dans cette "dynamique du provisoire", avec calme et dignité, sous les tentes et dans la foi, la confiance revient peu à peu", déclare notre interlocuteur contacté dans la banlieue de la capitale haïtienne, où il se trouve pour coordonner l'aide humanitaire.
Le président de Caritas ajoute : "Nous travaillons sans répit pour trouver les moyens de faire parvenir les aides à tout le monde et surtout à ceux qui en ont le plus besoin", soulignant les grandes difficultés rencontrées dans la distribution des ressources envoyées par la communauté internationale. "C'est le temps de la solidarité et non pas de la compétitivité. Ce qui compte, c'est de soutenir les Haïtiens dans cette épreuve. Nous sommes là pour apaiser leurs souffrances et non pas pour la gloire", précise Mgr Dumas, condamnant le désir évident de visibilité montré par certains gouvernements ou organisations en un moment si grave.
L'évêque signale que la Caritas haïtienne a sollicité à plusieurs reprises l'arrêt de la distribution des aides larguées des hélicoptères - un procédé utilisé ces derniers jours par les Américains - car, explique-t-il, dans une telle situation de besoin, "cela peut donner lieu à des heurts entre ceux qui tentent à terre de se procurer de quoi manger".
La voix du président de Caritas vient se joindre à celles qui ont dernièrement soutenu - démentant les reconstitutions fournies par les grands médias internationaux - que les épisodes de violence découlant de la recherche désespérée d'aliments ne sont que sporadiques et isolés. "Dans cette urgence, nous devons unir nos forces et "chanter en chœur"", ajoute-t-il, avant de conclure : "Que cette phase de grande vulnérabilité nous aide à devenir plus sages, plus généreux et plus ouverts. Et face à cette énième épreuve, il faut en finir avec le fatalisme. Nous devons nous relever, Haïti doit se relever". (interview réalisée par Céline Camoin)
(MISNA)
21:02 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : haiti, seisme, tremblement de terre, pierre-andre dumas, anse-a-veau, miragoane, caritas, caritas-haiti, misna |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook |
15.01.2010
Haïti: le séisme et la communauté des 'Restavecs'
Caché dans les décombres du séisme qui a frappé mardi soir Haïti figure également le triste sort des Restavecs ou Restaveks - du français "reste avec" -, constitués par plus de 225.000 enfants de familles extrêmement pauvres qui les ont envoyés vivre et travailler dans des foyers un peu moins pauvres pour gagner de quoi manger.

De nombreux rapports et sondages publiés ces dernières années par la Fondation panaméricaine sur le développement (Padf) ont largement dénoncé ce phénomène, précisant notamment que les deux tiers de ces "jeunes nouveaux esclaves" sont constitués de fillettes âgées de six à 12 ans. Un rapport de la Padf intitulé "Enfance Perdue" décrit dans le détail la journée caractéristique des jeunes Restaveks, qui sont les premiers à se réveiller le matin et les derniers à se coucher le soir, qui travaillent de 12 à 16 heures par jour, ne vont pas l'école et doivent effectuer des travaux de toute sorte : puiser de l'eau, faire le ménage, aller au marché, accompagner d'autres enfants à l'école ; ils peuvent même être battus voire tués. Le recrutement de ces enfants, parfois véritablement réduits à l'esclavage - précise le rapport -, est dû à la pauvreté extrême de larges franges de la population dans un pays où de 70 à 80% des habitants vivent avec moins de deux dollars par jour. Il est assez facile d'imaginer que le séisme a contribué à détériorer davantage les conditions d'existence des enfants restaveks rescapés.
MISNA
08:15 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : enfants, restavecs, restaveks, esclavage, padf, enfance perdue, haiti, seisme, tremblement de terre, port-au-prince, misna |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook |
Haïti: le séisme et le monde missionnaire
"Peut-être que cette fois, pour une fois, ce sont les plus pauvres, les habitants des bidonvilles, où rares sont les bâtiments à plusieurs étages, qui auront la vie sauve. Mais en réalité, nous ignorons totalement quelle est la situation à Cité Soleil ou Bel Air, quartiers densément peuplés de Port-au-Prince", dit à la MISNA père Michel Ménard, supérieur général de la Société des pères de Saint Jacques - congrégation missionnaire française fondée vers 1860 à Haïti -, contacté par téléphone en France.

Les habitants de Port-au-Prince ont presque tous abandonné leurs maisons ou ce qui en reste pour se réfugier dans les rues et les places publiques.
"Depuis hier - continue-t-il - nous sommes assaillis par les coups de fil et les messages e-mail de personnes désireuses de recevoir des nouvelles de leurs proches ou de leurs parents. Même si nous pensions au début que tous nos confrères étaient vivants, nous sommes nous-mêmes sans nouvelles d'un de nos missionnaires et d'un diacre à Jacmel. Il semblerait que cette ville aussi, à 90 kilomètres environ de la capitale, ait été violemment frappée".
Entièrement retourné par les événements, père Ménard parvient néanmoins à fournir à la MISNA quelques informations sur les répercussions du séisme qui s'est vérifié mardi 12 janvier à Haïti à 17 heures locales : les sources contactées à Gonaïves, à 110 kilomètres au nord de Port-au-Prince, assurent que les dégâts enregistrés sur place sont relativement superficiels.
"Par contre, aujourd'hui, nous n'avons aucune nouvelle de Port-au-Prince. Nous n'avons pas encore reçu de message de nos confrères. Notre dernier contact remonte à hier soir. À cause des destructions, il est impossible de se déplacer en voiture dans le secteur de notre centre, rue Lafleur Duchêne, qui relie la zone centrale du stade Silvio Cator au quartier de Pacot, un des quartiers les plus nantis et coquets de la ville, avec ses maisons typiquement haïtiennes de style Gingerbread ('pain d'épices') aux multiples ornements en bois. "
"Là-bas aussi - poursuit père Ménard - nous avons trois confrères, qui portent assistance aux personnes réfugiées dans notre jardin. Mais ils sont isolés et ne peuvent se déplacer qu'à pied".
Les missionnaires scalabriniens font état pour leur part de graves dommages subis par leur centre en ville :
"Nous avons pu brièvement parler hier avec notre confrère, père Durante, avant d'être coupés. Mais les quelques secondes de communication nous ont permis de savoir que tous les religieux (dont deux Italiens, Giuseppe Durante et Sergio Marotti, Ndlr) et les séminaristes vont bien, c'est-à-dire 15 personnes en tout. La structure de notre mission a subi de grands dommages tout comme le quartier autour, à Port-au-Prince",
indique père Sergio Geremia, contacté à la maison générale de la congrégation à Rome. Les frères mineurs (capucins) ont eux aussi reçu un e-mail à leur maison générale, confirmant que le tremblement de terre n'a pas touché Les Cayes, dans le Sud du pays, et que tous les missionnaires (deux Français, un Brésilien et quatre Haïtiens) vont bien ; aucun d'entre eux néanmoins n'est en mesure de fournir des renseignements sur la situation dans la capitale haïtienne depuis que les communications ont été interrompues. En revanche, les informations sont plus confuses en provenance de Villa Manrèse, construction moderne où est sise à Haïti la congrégation des Clercs de Saint Viateur et centre d'accueil pour de nombreux voyageurs, qui surplombe le Sud de la capitale.
"Nous avons entendu dire par une source qu'il n'y aurait pas de gros dégâts mais une autre nous a affirmé que le centre avait été détruit et qu'une personne peut-être y aurait trouvé la mort - disent à la MISNA les membres de la congrégation contactés à Rome - et nous aussi attendons avec impatience des nouvelles".
Aucune trace pour l'instant de deux ou trois des 38 religieux, 13 associés et quelques novices de la congrégation présents à Haïti. Les missionnaires spiritains, dont la maison générale a été contactée par téléphone à Rome, sont à la recherche de nouvelles.
"Je suis attristé par l'ampleur de la dévastation, des souffrances, de la mort et du désespoir qu'a laissée derrière lui le séisme",
écrit père Pascual Chávez, recteur majeur des salésiens, dans un message adressé à père Ducange Sylvain, nouveau supérieur de la Quasi-Province “Bienheureux Filippo Rinaldi” de Haïti. La congrégation s'est déjà activée pour organiser un réseau mondial de collecte de fonds et d'aides en collaboration avec Catholic Charities, Catholic Relief Services et Feed the Children. Des informations viennent de parvenir des salésiens de la Quasi-Province “Bienheureux Filippo Rinaldi” de Haïti : père Attilio Stra, directeur de l'œuvre de Port-au-Prince-Enam, aurait été blessé, tandis que père Simon Gatine Joseph Maceus, fondateur du projet “Timkatec” en faveur des enfants des rues de Pétionville, a été emmené à Miami (États-Unis) pour y recevoir des soins bien que les médecins aient assuré qu'il était hors de danger. En revanche, personne ne connaît encore le sort des plus de 200 élèves de l'école de Port-au-Prince-Enam. (CC/CN)
MISNA
03:10 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : catholic charities, catholic relief services, haiti, seisme, tremblement de terre, port-au-prince, misna, bidonvilles, cite soleil, bel air, michel menard, societe des peres de saint jacques, france, jacmel, gonaives, rue lafleur duchene, stade silvio cator, pacot, gingerbread, missionnaires scalabriens, giuseppe durante, sergio marotti, seminaristes, sergio geremia, rome, freres mineurs, capucins, les cayes, villa manrese, clercs de saint viateur, spiritains, missionnaires spiritains, pascual chavez, ducange sylvain, feed the children, attilio stra, simon gatine joseph maceus, timkatec, petionville, miami, etats-unis |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook |
14.01.2010
Haïti: le silence de Phaubert et les mots réconfortants de Charles
Phaubert a 14 ans : il est allongé sur un brancard pendant que son petit frère de 12 ans, Charles, lui serre la main et le console à voix basse. "Tu vas t'en sortir - lui dit-il -, tu verras. Maman et papa vont bientôt arriver".
En silence, Phaubert, dont le jeune visage est défiguré par la souffrance et les blessures, écoute son frère. Pendant qu'autour d'eux - dans le quartier de Delmas, dans la capitale Port-au-Prince, dont un bâtiment sur trois s'est effondré -, les pleurs et les cris désespérés retentissent sans répit, Phaubert et Charles ainsi que deux de leurs frères ont eu la chance de pouvoir être immédiatement secourus par les sauveteurs internationaux, bien que le diagnostic tombe, impitoyable : fracture du crâne dans sa zone frontale.

photo Keystone
Le récit parvient à la MISNA alors qu'il est quatre heures du matin à Haïti. Ce n'est qu'une histoire parmi d'autres, mais une histoire révélatrice des événements qui se produisent actuellement à Port-au-Prince. L'école de Phaubert a été rasée au sol, tout comme sa maison et celle de ses voisins n'existent plus. Quand le séisme a frappé la capitale, les parents de Phaubert n'étaient pas encore rentrés du travail et personne ne sait s'ils sont encore vivants.
"Il y a des tas d'enfants qui n'arrivent pas à trouver leurs parents et vice-versa - dit à la MISNA Fiammetta Cappellini, responsable de l'Avsi (Association Volontaires pour le service international) -, le travail avec les enfants est prioritaire pour reconstruire, quand ce sera possible, les familles…".
Sur le plan humanitaire, à presque 48 heures du séisme, l'urgence se concentre malheureusement sur les cadavres, pendant que les recherches de rescapés ensevelis sous les décombres se poursuivent et que les agents prennent en charge les blessés avec les quelques moyens dont ils disposent.
"Il faut trouver le moyen d'enlever rapidement les corps des rues pour éviter la propagation de maladies - poursuit la responsable de l'Avsi -, de même qu'il est urgent de trouver de l'eau potable et des vivres de première nécessité. On manque de tout : les blessés sont innombrables, je ne saurais même pas dire combien il y en a ; les hôpitaux publics sont pour la plupart gravement endommagés et à court de matériel ; il n'y a pas assez de médecins, de chirurgiens et de matériel chirurgical. Une fois que cette phase sera terminée, le problème le plus important consistera à organiser des refuges provisoires pour les sans-abri et à se procurer des kits d'hygiène et de cuisine. C'est une catastrophe d'une ampleur inimaginable, c'est tout ce que je peux dire".
(GB/CN)
MISNA
18:00 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : haiti, delmas, port-au-prince, seisme, tremblement de terre, misna, fiammetta cappellini, avsi, enfants |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook |
13.01.2010
L’archevêque de Port-au-Prince est mort

L’archevêque de Port-au-Prince (photo) a été tué dans le puissant séisme qui a ravagé la capitale d'Haïti. Son corps a été retrouvé sous les décombres de l’archevêché. L’information a été communiquée à l’agence de presse Misna par les missionnaires de la Société de saint Jacques, présents en Haïti depuis plus de quarante ans. Mgr Joseph Serge Miot était archevêque de Port-au-Prince depuis mars 2008. Il était âgé de 64 ans.

photo Reuters
Dans un entretien accordé à l’agence Fides, de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, le nonce apostolique en Haïti, Mgr Bernardito Auza confirme que Port-au-Prince a été entièrement dévasté. La cathédrale, l’archevêché, toutes les grandes églises, tous les séminaires sont réduits à un amas de gravats. Des centaines de séminaristes et de prêtres seraient sous les décombres. Le Cifor, l’institut d’études pour les religieux et les religieuses, s’est effondré. Des étudiants participaient à une conférence à l’intérieur de l’édifice. Tous les ministères, à l’exception du ministère de la culture sont détruits, tout comme le parlement, les écoles, les commerces et le quartier général de la Minustah, la mission de l’ONU. La nonciature est toujours debout. Personne n’a été blessé. Le nonce apostolique a fait part de ses condoléances et de sa solidarité au Président de la République.
(Radio Vatican)
17:13 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : archeveque, misna, ministeres, agence fides, joseph serge miot, religieuses, port-au-prince, haiti, bernardito auza, president de la republique, nonce apostolique, seminaristes, pretres, cifor, religieux, parlement, ecoles, commerces, minustah, onu, nonciature |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook |






