21.02.2011

Canonisations au Vatican le 23 octobre

Luigi Guanella.JPGBenoît XVI canonisera trois nouveaux saints le 23 octobre prochain : deux italiens, Guido Maria Conforti (photo), fondateur de la Congrégation de saint François Xavier pour les Missions étrangères, et Luigi Guanella, l’apôtre des pauvres et des souffrants, fondateur des Serviteurs de la Charité et des Filles de Sainte Marie de la Providence et une religieuse espagnole, Bonifacia Rodriguez de Castro, fondatrice des Servantes de Saint-Joseph. La date de la célébration a été annoncée par le Pape ce lundi matin au cours d’une Consistoire ordinaire public, en présence des cardinaux qui résident à Rome. 

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15.07.2010

Les Missions Étrangères de Paris, plus de 3 siècles au service de l'évangélisation

Ces jours derniers, on a beaucoup parlé d’évangélisation avec la décision de Benoît XVI de créer un nouveau dicastère traitant de la nouvelle évangélisation, celle en direction des pays de tradition chrétienne, comme les pays européens. Les Missions Étrangères de Paris n’ont pas pour vocation d’évangéliser les occidentaux mais leur but reste bien celui de porter la bonne nouvelle partout dans le monde depuis 352 ans.

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22.03.2010

Cambodge: La réconciliation, principal enjeu pour le nouvel évêque de Phnom Penh


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Mgr Olivier Schmitthaeusler (photo), âgé de trente-neuf ans, est le plus jeune évêque français. Il a été ordonné samedi matin à la tête du vicariat apostolique de Phnom Penh au Cambodge. Prêtre des Missions étrangères de Paris, il est au Cambodge depuis douze années.

Le jeune évêque, qui n’a pas connu les années les plus sombres de l’histoire du pays (la guerre civile sous la République de Lon Nol, le régime khmer rouge puis l’occupation vietnamienne), fait de la réconciliation dans son Église, une de ses priorités.

A Phnom Penh, Jérôme Boruszewski  (Radio Vatican): >>

19.03.2010

Japon: Mère Teresa à l'origine du baptême de l'épouse et de la fille d'un prêtre shintô

Japon : L’épouse et la fille d’un prêtre shintô recevront le baptême à Pâques

Mère Teresa pour inspiratrice


ROME, Vendredi 19 mars 2010 (ZENIT.org) - Au Japon, lors de la veillée pascale, l'épouse et la fille d'un prêtre shintô recevront le baptême, rapporte « Eglises d'Asie » (EDA), l'agence des Missions étrangères de Paris.

 

 

Wife  and daughter of Shinto priest prepare for baptism thumbnail
Miyuki Ito et sa fille Kotone avec le mari et le père Haruhiko

Le 3 avril prochain, Ito Miyuki, 38 ans, et sa fille, Kotone, 5 ans, seront baptisées dans la foi catholique. La célébration aura lieu dans l'église de la paroisse de Yonezawa, localité de la préfecture de Yamagata, à un peu moins de 300 km au nord de Tokyo. Miyuki et sa fille rejoindront ainsi les milliers de catéchumènes qui seront baptisés de par le monde lors de la veillée pascale, mais leur situation a ceci de particulier que Miyuki est l'épouse d'un prêtre shintô dans un pays où les catholiques représentent à peine 1 % de la population. « Ma maison est un temple shintô. Mon travail est celui d'une miko » (nom qui désigne l'assistante féminine du principal desservant d'un temple shintô), rapporte la jeune femme à l'agence Ucanews (1).

Le shintôïsme est intimement lié à la civilisation japonaise. Aujourd'hui encore, il existe plus de 100 000 sanctuaires shintô en activité au Japon, où l'on prie les kami (2). Religion première de l'archipel, considéré comme un animisme, le shintô demeure étroitement lié à la vie de tous les jours des Japonais et présente la particularité de ne pas posséder de corpus doctrinal établi. Quand un enfant naît au Japon, un prêtre ajoute son nom au registre du sanctuaire local et le déclare « Ujiko », littéralement « nom enfant ». Après sa mort, un « Ujiko » devient un « Ujigami », c'est-à-dire un kami. Une personne peut choisir d'avoir son nom ajouté à une autre liste lorsqu'elle déménage et ainsi être sur les deux registres. Des noms peuvent être ajoutés à un registre sans avoir le consentement de la personne et sans considération pour ses croyances. Cela n'est pas considéré comme une tentative d'imposer ses croyances mais plutôt comme un signe de bienvenue des kami de l'endroit, avec la promesse d'accéder au panthéon des kami après la mort.

A quelques semaines de son baptême, Miyuki continue de jouer de la musique sacrée lors des cérémonies où officie son mari. Après son baptême, elle continuera de faire de même. C'est à l'âge de 23 ans qu'elle a commencé à travailler dans un sanctuaire shintô, situé dans la préfecture de Shimane. Plus tard, elle est retournée vivre auprès de ses parents à Yamagata, où elle a rencontré Haruhiko, prêtre shintô de son état, et tous les deux se sont mariés. Sa connaissance de la foi chrétienne était alors très faible mais pas inexistante. Ses années de lycée s'étaient en effet déroulées dans un établissement catholique où elle avait été fascinée par le récit qu'on lui avait fait de la vie et de l'œuvre de Mère Teresa. Trois ans après son mariage, au cours d'un voyage en Inde, à Calcutta, elle avait visité les Missionnaires de la Charité et avait été bénie par leur fondatrice qui lui avait remis un chapelet, précieusement conservé depuis.

La conversion de Miyuki a toutefois eu lieu plus tard. En 2008, lors d'un repas, la jeune femme s'est mise à cracher du sang. Les médecins ont diagnostiqué un cancer du pharynx, très certainement mortel. Sans qu'elle puisse l'expliquer, elle eut alors à l'esprit l'image de Mère Teresa et s'est dit à elle-même : « Je veux être baptisée avant de mourir ! » A sa sortie de l'hôpital, elle se mit donc à chercher comment recevoir ce sacrement mais une personne proche de l'Eglise lui dit que, dans sa situation de miko, elle devrait reconsidérer sa décision. Malgré cela, elle persista dans son désir et se mit en contact avec la paroisse de Yonezawa où l'équipe responsable de catéchuménat l'accueillit. Deux mois plus tard, alors qu'elle commençait à se faire à l'idée de sa maladie, son cancer disparut. « Ma vie a été sauvée par Jésus Christ. Je veux passer le restant de mes jours auprès de l'Eglise », pensa-t-elle alors, réalisant également qu'elle était devenue « spirituellement assoiffée ».

De son expérience de miko, Miyuki retire l'impression que les personnes qui se rendent au sanctuaire shintô y viennent pour des considérations plus terrestres que spirituelles. « Lorsque [mon mari Haruhiko et moi] essayons de parler des dieux aux fidèles, ils nous demandent, incrédules : ‘Mais de quoi parlez-vous ?' Pourtant, nous avons vraiment, tous les deux, le désir de les entretenir à propos des dieux », témoigne-t-elle.

Miyuki a envisagé un temps d'abandonner ses fonctions de miko au sanctuaire, mais le curé de la paroisse et l'équipe de laïcs qui l'entourent l'en ont dissuadé. Quant à sa fille, Kotone, c'est elle-même qui est allée voir le curé pour demander, elle aussi, à être baptisée. « Je veux connaître Jésus. J'aime Jésus et j'aime Marie », affirme-t-elle du haut de ses cinq années.

Aujourd'hui, le mari de Miyuki ne voit pas d'objection à la perspective prochaine du baptême de son épouse et de sa fille. Il s'en dit même profondément heureux. « Etant donné ma position, je ne peux pas moi-même être baptisé, précise-t-il. La région où nous sommes installés voit sa population vieillir et décroître, mais, malgré cela, tous les habitants continuent à soutenir de leurs offrandes le sanctuaire lors des grandes fêtes shintô. J'estime que je dois faire tout ce qui est possible pour répondre aux attentes de ceux qui font tant pour assurer la vie de ce sanctuaire. »

Après Pâques et le baptême, la famille Ito projette de partir en France, où, en compagnie de plusieurs prêtres catholiques, ils iront en pèlerinage à Lourdes.



(1)           Ucanews, 12 mars 2010.

(2)           Les kami s'attachent à des objets sacrés, êtres spirituels, animaux, sources, chutes d'eaux, montagnes sacrées, phénomènes naturels, symboles vénérés. Ils sont réputés favoriser les rapports entre les parents et les enfants et les ancêtres et leurs descendants. Ce sont des esprits célestes ayant des pouvoirs, mais qui ne sont pas tout-puissants, et aussi des esprits terrestres dispensant des bénédictions ou des sanctions aux gens sur terre. Les kami inspirent le plus souvent une crainte respectueuse. On trouve parmi eux des animaux comme le tigre, le serpent ou le loup. L'empereur du Japon lui-même était auparavant considéré comme un kami. Un ministre impérial du IXème siècle est par exemple le kami de la calligraphie. La plus importante divinité est le soleil qui, entre autres vertus, protège contre les invasions. On peut donc dire que le drapeau du Japon est un symbole shintô.

Il y aurait huit millions de kami au Japon, qui a pour surnom Shinkoku (‘pays des divinités'). Ce nombre symbolise au Japon l'infini, il y aurait donc en réalité une infinité de kami, un pour chaque chose qui existe. (source : Wikipédia).

© Les dépêches d'Eglises d'Asie peuvent être reproduites, intégralement comme partiellement, à la seule condition de citer la source.

16.09.2009

Vietnam : 2010, année du 300e anniversaire de l’arrivée du christianisme

ASIE/VIETNAM - L’année 2010 sera une année jubilaire pour l’Eglise du Vietnam: un évènement culminant, le Congrès national à Hué

 


Hanoi (Agence Fides) – L’année 2010 sera une année jubilaire pour l’Eglise du Vietnam: comme le communique à l’Agence Fides la Conférence épiscopale du pays, l’Eglise vietnamienne fêtera le 50ème anniversaire de l’institution de la hiérarchie, et en même temps le 300ème anniversaire de l’arrivée du christianisme au Vietnam.

Parmi les initiatives qui rythmeront l’Année jubilaire, l’évènement culminant de l’année a déjà été annoncé et programmé : le Congrès national qui se tiendra à Hué du 7 au 10 octobre 2010. Le Congrès, qui réunira tous les membres de la communauté catholique vietnamienne, sera l’occasion de faire le point sur la vie et sur la mission de l’Eglise au Vietnam, de nouveau marquée, ces derniers mois, par plusieurs évènements dus aux rapports difficiles avec les autorités civiles locales.

Pendant l’année jubilaire, seront évoquées les figures d’éminents missionnaires qui ont offert une importante contribution à l’évangélisation du pays, comme le P. Cardiere, des Missions étrangères de Paris (MEP) et le père jésuite Alessandro De Rhodes, SJ. Comme l’explique Sœur Elisabeth Tran Thi Quynh Giao, des Franciscaines missionnaires de Marie, pour la préparation de cette année, la Conférence épiscopale du Vietnam et le Comité organisateur ont envoyé aux paroisses, aux différentes congrégations religieuses et aux associations une invitation à sensibiliser les fidèles et à préparer cet évènement historique, en relisant leur histoire surtout dans les périodes suivantes : celle des premières missions (1553 – 1659); celle du Vicariat apostolique (1659 – 1960); celle des diocèses (1960 – 2010).

Après cette recherche, les congrégations religieuses pourront offrir une vision d’ensemble sur leurs activités passées, montrant les résultats positifs dans le domaine de la mission, ainsi que les difficultés traversées dans le contexte culturel, social et politique de chaque période. Elles donneront en outre un profil de leurs actions et de leurs stratégies pastorales futures. Tout ce matériel sera recueilli dans un livre, dans le but de présenter les différentes congrégations religieuses et leur mission, de procurer des informations officielles à ceux qui désirent connaître ces congrégations et promouvoir les vocations religieuses et sacerdotales.

(Agence Fides 14/9/2009)

30.06.2009

Viêt-Nam : Les évêques vietnamiens invitent Benoît XVI

Visite ad limina

 

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Cathédrale de Saïgon


ROME, Lundi 29 juin 2009 (ZENIT.org) - Lors de leur visite ad limina à Rome, les évêques vietnamiens ont invité Benoît XVI à accomplir un voyage dans leur pays, indique Eglises d'Asie, l'agence des Missions étrangères de Paris.

Le 27 juin 2009, à midi, le pape Benoît XVI a reçu les trois archevêques (dont un cardinal) et les 26 évêques du Vietnam venus à Rome pour y accomplir leur visite ad limina. Bien que l'adresse au pape prononcée par le président de la Conférence épiscopale vietnamienne, Mgr Pierre Nguyên Van Nhon, à cette occasion et la réponse de Benoît XVI aient été relativement courtes, les thèmes abordés dans les deux textes (1) ont touché à des aspects concrets de la situation actuelle de l'Eglise de ce pays d'Asie. Mgr Nhon, à la fin de son allocution, a fait part à son interlocuteur du désir des pasteurs et du laïcat au Vietnam de l'accueillir sur le sol de leur pays et, plus particulièrement, au centre de pèlerinage marial de La Vang.

L'adresse du président de la Conférence épiscopale a été surtout consacrée à présenter au Souverain Pontife l'année jubilaire 2010, que l'Eglise du Vietnam s'apprête à vivre à partir du 29 novembre 2009, fête des saints martyrs du Vietnam. L'évêque a précisé que cette année était destinée à commémorer le 350ème anniversaire de la création des deux premiers vicariats apostoliques au Tonkin et en Cochinchine (la partie nord et la partie sud du Vietnam), dont les deux premiers responsables furent Mgr François Pallu et Mgr Pierre Lambert de La Motte, fondateurs des Missions Etrangères de Paris, ainsi que le 50ème anniversaire de l'établissement de la hiérarchie au Vietnam en 1960, alors que le Vietnam était encore divisé en deux Etats. Cette commémoration, a ajouté l'actuel responsable de la Conférence épiscopale, ne vise pas à enfermer la communauté catholique dans son passé mais à la guider « sur les chemins nouveaux du temps présent et de l'avenir ». L'Eglise du Vietnam se trouve en effet aujourd'hui à un nouveau tournant de son histoire, qui exige d'elle qu'elle « grandisse dans la foi, se construise dans la charité et s'engage résolument dans l'évangélisation du monde (...) ».

Dans son allocution aux évêques vietnamiens (1), le pape a témoigné d'une grande connaissance des réalités de l'Eglise du Vietnam. Il a fait un éloge appuyé du cardinal Pham Dinh Tung, ancien archevêque de Hanoi, récemment décédé ; il a commenté la dernière lettre commune de  la Conférence épiscopale ainsi que la première de 1980 ; il a longuement évoqué l'année sainte 2010, dont il a répété et approuvé les objectifs.

Benoît XVI s'est également montré très au courant des problèmes et difficultés rencontrés par la communauté catholique au Vietnam. Un paragraphe du discours du pape était consacré aux rapports de l'Eglise et de la communauté politique. L'Eglise, souligne le pape, doit « prendre une juste part à la vie de la nation, au service de tout le peuple ». En outre, « l'Eglise ne peut jamais se dispenser de l'exercice de la charité en tant qu'activité organisée des croyants ». Le pape n'a pas répondu publiquement à l'invitation à accomplir en voyage au Vietnam, formulée par le président de la Conférence épiscopale. Mais peut-être cette réponse sera-t-elle donnée discrètement et par d'autres voies.

(1)            Ces deux textes ont été publiés en français dans le Bulletin de presse du Saint-Siège (27 juin 2009) ; une traduction vietnamienne par le P. Tran Duc Anh a été diffusée par Radio Vatican, émissions en langue vietnamienne.

©  Les dépêches d'Eglises d'Asie peuvent être reproduites, intégralement comme partiellement, à la seule condition de citer la source.

24.02.2009

Corée: hommage au cardinal Kim par des centaines de milliers de Coréens

ROME, Lundi 23 février 2009 (ZENIT.org) - Entre le 17 et le 20 février ce sont près de 400.000 Coréens qui sont venus se recueillir au pied de la dépouille du cardinal Kim Sou-hwan (photo), décédé le 16 février à l'âge de 86 ans.

 

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Selon une dépêche de l'agence des missions étrangères de Paris, « Eglises d'Asie », durant quatre jours, la cathédrale Myeongdong n'a pas désemplie, ouverte de 5h30 du matin à minuit. 

Parmi eux de très nombreux non-catholiques pour « partager la peine des catholiques, qui ont perdu un grand maître spirituel », a déclaré entre autre le vénérable Jikwan, principal responsable de l'Ordre Jogye, la plus importante branche du bouddhisme en Corée, mettant ainsi en évidence « l'œuvre du cardinal en faveur de l'œcuménisme et du dialogue interreligieux », souligne l'agence.

Vendredi matin, 20 février, rapporte « Eglises d'Asie », la messe de funérailles du cardinal Kim Sou-hwan, a réuni une foule de plus de 10 000 personnes dont une grande partie a dû suivre la cérémonie à l'extérieur, sur écran géant.

A l'intérieur, 31 évêques, dont deux évêques japonais, et quelque 500 prêtres concélébraient l'office, qui a duré une heure et demie et a été retransmis en direct dans sa totalité par l'ensemble des chaînes nationales de télévision.

Dans son homélie, l'actuel archevêque de Séoul, le cardinal Nicholas Cheong Jin-suk, rapporte l'agence missionnaire, a rappelé que « la mort n'est pas la fin de toutes choses mais l'entrée dans la vie nouvelle ». Il a souligné que l'amour du cardinal Kim pour les pauvres était ce qui lui avait donné la force de se dresser contre les généraux au pouvoir en Corée du Sud jusqu'à la fin des années 1980.

Mgr Peter Kang U-il, évêque de Cheju, a relevé quant à lui que les non-catholiques étaient très nombreux parmi les personnes qui portaient le deuil du cardinal Kim et que l'unité de la nation autour du prélat était « un bienfait » qu'il léguait à son pays, « en cette période de conjoncture économique déprimée ».

L'hommage rendu ces derniers jours au cardinal défunt a été unanime. L'agence Eglises d'Asie souligne dans sa dépêche un long défilé de personnalités civiles devant son cercueil, entre autres l'actuel président, Lee Myung-bak, un protestant et l'ancien président Kim Dae-jung, un catholique.  

Du côté des responsables religieux, la tonalité était semblable, relève « Eglises d'Asie ». Le Conseil national des Eglises en Corée, qui regroupe de nombreuses Eglises protestantes coréennes, a publié un message où l'on pouvait lire : « Nous réalisons à quel point le cardinal a été un don de Dieu ».

Isabelle Cousturié

Vietnam : Benoît XVI salue le « courage » du défunt cardinal Pham Dinh Tung

L’ancien archevêque de Hanoi avait pour devise : « Je crois à l’amour de Dieu »

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ROME, Lundi 23 février 2009 (ZENIT.org) - Benoît XVI salue en la personne du défunt archevêque de Hanoi (photo) un pasteur « éminent », qui a « servi l'Eglise avec un grand courage et une généreuse fidélité au Siège de Pierre ». Il avait pour devise : « Je crois à l'amour de Dieu ». Il avait exercé sa charge jusqu'à l'âge de 84 ans.

Benoît XVI a adressé un télégramme de condoléances à Mgr Joseph Ngô Quang Kiêt, actuel archevêque de Hanoi à l'occasion du décès de son prédécesseur, le cardinal Paul-Joseph Pham Dinh Tung, qui s'est éteint dimanche, 22 février, à l'âge de 89 ans (il était né le 15 juin 1919).

« Je tiens à vous exprimer ma fervente union de prière avec tous les évêques du Vietnam, avec les fidèles du diocèse de Hanoi et de tout le pays, ainsi qu'avec la famille du défunt et tous ceux que touche ce deuil », déclare le pape.

Benoît XVI lui rend cet hommage :

« Je demande à Dieu, Père de qui vient toute miséricorde, d'accueillir auprès de lui dans sa paix et dans sa lumière ce pasteur éminent qui, dans des circonstances difficiles, a servi l'Eglise avec un grand courage et une généreuse fidélité au Siège de Pierre, se dévouant sans compter pour l'annonce de l'Evangile ».

« En gage de réconfort, conclut Benoît XVI, à vous-même, à votre auxiliaire, aux évêques du Vietnam, aux prêtres, aux religieux, aux religieuses et aux fidèles de l'archidiocèse de Hanoi, ainsi qu'aux membres de la famille du cardinal défunt, et aux personnes qui prendront part à la liturgie des obsèques, j'accorde de grand coeur la bénédiction apostolique ».

« Eglises d'Asie » (EDA), l'agence des Missions étrangères de Paris (MEP), indique de son côté qu'un faire-part de l'archevêché de Hanoi, diffusé sur Internet dimanche, a annoncé le décès du cardinal Paul-Joseph Pham Dinh Phung. L'ancien archevêque de la capitale s'est éteint dans la matinée du 22 février 2009, à 10 h10. Dans l'après-midi, à 17 heures, toutes les cloches des églises de la capitale ont sonné le tocsin. Les funérailles auront lieu à la cathédrale de Hanoi, le jeudi 26 février, à 9 heures.

EDA cite quelques réactions et rappelle le parcours du défunt archevêque, courageux et fidèle au milieu des tribulations. « Sa vie est représentative de notre histoire », titrait l'an dernier une revue vietnamienne (1). Comme les prêtres et laïcs catholiques du Vietnam du Nord de sa génération, il a vécu la longue passion et la résurrection progressive de la communauté catholique dans la deuxième moitié du XXe siècle. Il était originaire de la paroisse de Quang Nao dans le diocèse de Phat Diêm, province de Ninh Binh. C'est là qu'il était né le 20 mai 1919 d'une famille chrétienne depuis plusieurs générations. Après de premières études à l'école de son village, il est remarqué par un prêtre vietnamien qui le conduit à Hanoi pour y poursuivre sa formation. En 1931, il est au petit séminaire de Hoang Nguyên, Hà Tây. Il rentre en 1940 au grand séminaire Saint Sulpice de Hanoi. Il y poursuit ses études de philosophie et de théologie, entrecoupées d'un stage pastoral dans une paroisse du diocèse.

En 1945, lorsqu' éclatent, au mois d'août, la révolution et les troubles qui s'ensuivent, il n'a pas encore terminé sa formation. Bientôt le grand séminaire est obligé de fermer ses portes. Paul Pham Dinh Phung est alors livré à lui-même jusqu'en 1948, date à laquelle l'ordre social est rétabli. Il réintègre alors le grand séminaire installé dans les lieux où il est aujourd'hui au 40 de la rue Nha Chung. Il y termine ses études. Comme ses confrères, il va chaque jour suivre des cours de théologie au scolasticat des rédemptoristes à Thai Hà, dans la paroisse aujourd'hui connue du monde entier. En 1949, il est ordonné prêtre en la cathédrale de Hanoi et nommé à l'orphelinat de Sainte-Thérèse dirigé alors par le P. Paul Seitz, futur évêque de Kontum. En 1950, il assure les fonctions de vicaire à la paroisse de Hàm Long à Hanoi. Il y fonde le foyer de Bach Mai destiné à accueillir les migrants qui fuient la guerre sévissant aux alentours et viennent se réfugier à la capitale.

Un nouveau bouleversement historique se produit au Vietnam, en 1954 avec la division du pays en deux parties, séparées par le 17e parallèle. Le gouvernement communiste s'apprête à s'installer à Hanoi et un grand exode vide les diocèses du Nord d'une partie de leurs prêtres et de leurs fidèles. Le P. Paul Pham Dinh Tung reste à Hanoi. En 1955, il prend la direction du petit séminaire Saint-Jean qui accueille encore, malgré l'époque, quelque 200 séminaristes provenant de tous les diocèses du Nord. En 1960, il défend l'indépendance et l'autonomie de l'institution qu'il dirige et refuse d'accueillir les instructeurs envoyés par le gouvernement pour dispenser aux séminaristes un enseignement politique orienté. Il est alors obligé de mettre un terme à l'existence de cette maison de formation.

En 1963, le Saint-Siège le nomme évêque de Bac Ninh. Il est consacré à Hanoi le 15 août 1963. Le nouvel évêque a pris comme devise « Je crois à l'amour de Dieu ». Un immense travail l'attend dans son diocèse ravagé par la guerre, démuni de tout et souffrant des contrôles incessants et des persécutions des autorités locales. Mgr Tung prend un certain nombre d'initiatives pastorales originales destinées à préserver la foi, à encourager les chrétiens, à sauvegarder et à édifier l'Eglise. Dans la discrétion et le secret, il forme et ensuite ordonne prêtres, un certain nombre de jeunes gens qu'il estime capables. Il fonde même une congrégation religieuse féminine. En 1990, le siège de l'archidiocèse de Hanoi est vacant et il en est nommé administrateur apostolique. Il sera nommé archevêque en titre quatre ans plus tard, le 13 avril 1994. Le 26 novembre de la même année, le Souverain pontife le fait accéder à la dignité de cardinal, comme deux de ses prédécesseurs.

En plus de ses charges d'archevêque de Hanoi, il assume aussi diverses fonctions au service de son diocèse et de l'Eglise du Vietnam : directeur du grand séminaire (1990-2003), administrateur apostolique du diocèse frontalier de Lang Son (1998-1999), président de la Conférence épiscopale du Vietnam (1995-2001). Il s'est particulièrement investi dans sa tâche de directeur du séminaire, dialoguant avec les autorités pour que l'Eglise puisse garder son indépendance et son autonomie dans le recrutement des candidats au sacerdoce, pour que les prêtres ordonnés clandestinement puissent exercer ouvertement leur ministère. Il a beaucoup œuvré pour faire exister et intensifier les relations entre le gouvernement vietnamien et le Saint-Siège, en vue du bien de l'Eglise qu'il défendait avec ferveur. C'est lui qui, le premier, a fait lire dans les églises de la capitale une protestation contre l'accaparement par l'Etat de l'ancienne Délégation apostolique (2).

Il avait déjà 84 ans en 2003 lorsque le Saint-Siège a accepté sa démission et nommé son successeur, Mgr Joseph Ngô Quang Kiêt. En mars 2006, il tomba gravement malade. Pendant ses dernières années, il a continué de recevoir de nombreux visiteurs et de se préoccuper des problèmes de l'Eglise et de la société vietnamienne.

Le cardinal Pham Dinh Phung qui aura été un des témoins les plus illustres de l'histoire et de la persévérance de la communauté catholique au Nord Vietnam dans des temps tourmentés, souligne encore EDA, était un homme simple cultivant les vertus fondamentales du christianisme. Après 1975, à un prêtre vietnamien vivant à l'étranger qui lui demandait ce que les catholiques vietnamiens de la diaspora pouvaient faire pour aider le Vietnam, il avait répondu simplement : « Soyez de bons chrétiens ! ».


(1)    La plupart des informations de cet article proviennent de l'agence VietCatholic News, 24 Janvier 2008.

(2)    Le cardinal Paul-Joseph Pham Dingh Tung était également membre honoraire de  la Société des Missions Etrangères de Paris  (MEP).